Faustine Seilman : Vallée, Valse, Valeureuse
Pourtant, je n’enterre pas le disque malgré la légère déception produite par l’effet d’annonce, moi qui imaginais déjà cris, chœurs et morceaux de vingt minutes. D’abord parce que Silent Valley est plaisant : bien écrit, bien réalisé, il porte les stigmates des premiers albums où la crédibilité passe par l’extinction de toute vraie folie. Il y a l’envie d’en découdre dans ces morceaux complexes aux rythmes chahutés, il y a la volonté d’imposer une forme d’écriture "à la française" (accordéon, piano et balais) mais on sent encore que le lion rugit plus fort afin de ne pas laisser voir sa fragilité. Ensuite, parce que Silent Valley cache derrière ses ambiances mortuaires ("The Ballad of The Starving Man"), dépressives (tout l’album) ou faussement enjouées ("Keys Are Bound To Be Found", "Nocturne, Italy Square") une vraie richesse musicale qui tente de s’affranchir de ses références : Cat Power, Shannon Wright… Aussi, les passages intimistes ramènent de ce côté-ci de l’Atlantique : on songe à Pascal Comelade dans les pianos jouets et les senzas disséminés, à "Rue des Cascades" de Yann Tiersen dans le duo piano violon tourmenté de "The Man Who Said No" ou au Solo Piano du "Parisien "Gonzales sur l’instrumental "Nocturne, Italy Square".
Finalement, le jeu des ressemblances s’estompe, et Silent Valley ne brille plus que de sa noire lumière intérieure. Distillant ce mélange imparable de pop et de neurasthénie, le premier opus des Nantais est porté par une batterie gorgée d’émotions et des canevas mélodiques élégiaques, entonnés à l’harmonium ou au violon. L’auditeur bercé pardonnera sans peine les déroulés de piano quelquefois un peu facile, car la promesse d’un groupe émouvant est bien réelle. A découvrir en concert un peu partout en France et notamment le 20 novembre au Nouveau Casino.
Faustine Seilman - Silent Valley (Collectif Effervescence, oct 2007)
|
Discussions en cours sur le forum musique :
|