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Cuivres en fête, ou en deuil, contrebasse et cymbales discrètes. Coltrane, Davis, Armstrong et leurs descendants.

Voir aussi notre petite histoire du jazz et le who's who du jazz sur l'encylo Musique de Fu.

Fête de la musique 2008: Paris s'évade avec Thomas Dutronc, Catherine Ringer, Goran Bregovic et Mariee Sioux

Posté par Slick Rick le 20.06.08 à 12:00 | tags : chanson française, folk, jazz, fête de la musique, youtube, agenda
Adeptes de nouveaux horizons musicaux, de ciné, de chanson française pas gnan-gnan et de fanfare déglinguée, bref, gens ouverts, vous voilà servis pour la Fête de la musique 2008.
Goran Bregovic, l'homme des halluciantes BO de Kusturica, sera présent avec son Orchestre des Mariages et des Enterrements. Oui, car pour ceux qui n'étaient pas au courant, la musique de film est à l'honneur pour ce 21 juin. En plus de ce cher Goran, un invité de marque à cette chouette soirée. Pas Iggy Pop, avec qui le compositeur yougoslave avait collaboré sur l'immense "In the death Car" (video ci-dessus), dans Arizona Dream du maître Emir. Non, ce sera - surprise! - Catherine Ringer. L'univers poético-déluré de l'ex Rita Miksouko devrait coller à l'ambiance foldingue de la soirée. Elle chantera dans la nouvelle création de Mauro Gioia, "Rendez-vous chez Nino Rota".

Si vous êtes plus calmes, moins fantasques, une sympatique soirée s'offre à vous, à l'Olympia. Fans de jazz manouche, sachez que Thomas Dutronc donne un concert gratuit. Il sera suivi de Bernard Lavilliers, mais aussi de l'electro latine de Zuco 103 et surtout de l'excellente folkeuse Mariee Sioux (video ci-dessous), qui n'a pas grand chose à envier à sa collègue (et amie) Alela Diane. Attention, pour avoir une chance d'assister à la représentation, il faut foncer retirer son billet samedi 21 juin, à partir de 18h30. Bonne chance.

 

 

Thomas Dutronc + Bernard Lavilliers + Mariee Sioux, à partir de 20h à L'Olympia - 75009 – Paris

Goran Bregovic et l'Orchestre des Mariages et des Enterrements + Catherine Ringer, à partir de 20h sur la Cour d'Honneur du Palais Royal - 75001 – Paris


Le Festival Jazz Nomades libère la voix

Posté par Slick Rick le 04.06.08 à 10:32 | tags : agenda, jazz, live

 

Déjà une cinquième bougie pour le festival "La Voix est libre - Jazz Nomades", au Théâtre des Bouffes du Nord. Du 10 au 12 juin, le jazz, la poésie et l'art du spectacle se donneront à nouveau rendez-vous dans le fief de Peter Brook pour trois soirées de création et de rencontres inédites.

Louis Sclavis, Dominique Pinon, Joëlle Léandre, Josef Nadj, Akosh S., Fantazio, Mehdi Haddab, Phil Minton, Médéric Collignon, Novarina, Zad Moultaka, Maja Ratkje, Lazare, Jean-François Pauvros, Ramon Lopez, Denis Charolles, Majid Bekkas, Badila...Autant d'artistes venus d'horizons variés, ayant en commun un désir de faire vivre la langue, à travers la musique, le corps ou la voix.

Pass 3 soirs : 45/33€ TR
Billet pour une seule soirée : 20/14€

Pour plus d'infos:
www.jazznomades.net


N'y pensez plus

Posté par 2goldfish le 02.05.08 à 12:53 | tags : jazz, news, rigolo

L'Institut National de la Surdité et des Autres Troubles de la Communication américain vient de publier une étude intéressante : ils ont bricolé des claviers de piano en plastique qu'ils ont mis dans les mains de pianistes jazz puis ils ont placés les pianistes dans des scanners IRM et leur ont donné des instructions diverses qui peuvent grossièrement être résumées à "jouez ça" et "improvisez". Ce que les scientifiques ont découvert, c'est que les deux activités sont très différentes pour le cerveau : la partie du cortex pré-frontal qui nous donne conscience de nous-même, qui nous permet d'évaluer si on fait bien ou pas et qui est très active quand le musicien suit une partition, cette partie-là n'est plus du tout irriguée quand le musicien improvise. Par contre, le scanner IRM a révélé une activité accrue dans toutes lez zones sensorielles, même celles qui n'étaient pas stimulées comme la vue et l'odorat ; les système qui régulent les émotions se mettent aussi en route au moment d'improviser.

Tout ça n'est en fait que la confirmation scientifique de ce que les bons musiciens savent déjà : quand on improvise, il faut cesser de penser à ce qu'on fait, il faut se laisser porter par ses sens et ses émotions. Ou comme le disait Captain Beefheart à ses guitaristes : "Si vous êtes coupable de pensée, vous êtes viré". J'adore quand la science donne raison aux fous.

Source 


Teo Macero et Miles Davis à nouveau réunis au studio "Heaven"

Posté par Maxence le 29.02.08 à 10:46 | tags : contemporaine, électro, jazz, cimetière, news

Teo Macero est décédé le 19 février dernier à l'âge de 82 ans. Pour beaucoup, Teo Macero restera le petit homme rondouillard derrière Mile Davis. Celui avec lequel l'autoritaire prince du jazz s'enfermait des heures durant dès que les musiciens avaient le dos tourné. Celui qui bricola comme un dieu sur Sketch of Spain, coupant, collant, raccordant à la sauvage, inventant l'échantillonnage et le cut-up sonore, à partir de bandes magnétiques (la technologie électronique high-tech d'alors !) pour un disque sur lequel l'usage de l'électronique justement, ne sera même pas créditée ! Et pourtant, ce disque doit tout aux outils techniques de son époque, aussi artisanaux soient-ils aujourd'hui, et il doit beaucoup plus encore à Macero, tout comme plus tard les fantastiques déconstructions influencées par Sly Stones et Jimi Hendrix de In A Silent Way, On the Corner et Bitches Brew.

 

Ce talent d'innovateur, le producteur, également saxophoniste et compositeur experimental, l'entretenait depuis les années. Déjà à l'époque de Porgy & Bess, en 1958, il copiait-collait des bandes, redonnant vie aux sons, transformant déjà la musique en flux d'information, s'investissant malgré lui précurseur des méthodes qu'utiliseront 40 ans plus tard, les musiciens et producteurs de house et de techno. Jusqu'à la fin, dans sa maison de Long Island, il fut le gardien du temple de la période électrique de Davis, couvant ses archives avec passion et donnant volontiers des interviews sur le sujet. Evidemment, Miles Davis est un grand du jazz, mais il serait injuste d'oublier les travaux de Macero avec Charles Mingus , Duke Ellington, Dave Brubeck, Thelonious Monk, Dave Brubeck, Leonard Bernstein, et j'en oublies, des années 50 jusqu'au début des années 70.

 

Grand ami des compositeurs d'avant-garde Edgard Varèse, Otto Luening et Vladimir Ussachevsky avec lesquels il fonde ce qui deviendra le Columbia-Princeton's Electronic Music Center, Teo Macero était de ces esprits curieux pour qui le jazz n'était qu'une ouverture parmi d'autre dans le vaste océan de sons offert par la musique. Pour preuve, au crépuscule de sa vie, ce fan de rock (il adulait Jimi Hendrix) collabora avec Prince Paul, Bill Laswell, DJ Spooky, DJ Logic et bien d'autres outsiders du dub et du hip hop. Autant dire que son lègue dépasse le cadre étroit des puristes jazz, et des autres. Respect.


Albums cultes des géants du bizarre #32 : Miles Davis - On The Corner

Posté par Maxence le 27.02.08 à 17:24 | tags : jazz, culte et bizarre, rock

New York est vraiment la ville de tous les extrêmes. Hier comme aujourd'hui, elle inspire aux musiciens leurs albums les plus bizarres (et cultes bien entendu). En ce sens, on peut dire qu'On the Corner est un disque éminemment new yorkais. Album de funk psychédélique oxydé, On the Corner ne bénéficiera jamais du retentissement de Bitches Brew, et aujourd'hui encore, nombreux sont ceux qui se demandent bien pourquoi ? Personnellement, On the Corner reste pour moi un sommets dans l'expression de l'art de Miles Davis, le disque où il a su, plus que sur aucun autre, être en totale connexion avec son époque. Fourmillantes, foisonnantes, d'une densité étonnante et d'un magnétisme unique, les compositions d'On the Corner font partie de ce que la musique noire a su produire de plus aventureux. Sur cet album, Miles Davis réussit un double tour de force : quitter la terre et produire une musique nouvelle, hors de toutes académies et qui résonne pourtant des échos de la rue ! Et la rue en 1972 à New York, c'est la jungle ! D'ailleurs, à l'instar de Lee Perry (Super Ape Inna Jungle, Blackboard Jungle Dub) ou de James Brown (In The Jungle Groove), On the Corner aurait bien mérité le sobriquet de "jungle music".

 

Ce feeling on le doit à la trompette de Miles évidemment, ou devrais-je dire, la trompette "fantôme" de Miles en ce qui concerne On the Corner, car l'instrument fétiche de l'inventeur d'un certain minimalisme jazz, n'a jamais été autant à la fois présent et absent que sur cette œuvre au groove proprement chamanique. La trompette de Miles donc, électrifiée, branchée sur une pédale wah wah, ne se décline plus qu'en trilles hystériques, injonctions autoritaires, saillies et riffs désarticulés qui accompagnent la guitare de John Mc Laughlin quand elle ne singe pas carrément le jeu du guitariste au point que l'auditeur n'arrive plus à faire la différence entre les deux instruments. Ce qui est logique quand on sait ce qu'On the Corner doit au rock, autant qu'au jazz. Dans cette musique grouillante comme un "Maggot Brain", on sent l'influence de Sly Stones et de Funkadelic bien sûr, mais également celle de Jimi Hendrix ou de Santana, que Miles vient de découvrir par le biais de sa compagne d'alors, la chanteuse Betty Davis. Eternel curieux en quête de sons nouveaux, Miles Davis n'oubliera pas non plus d'inviter les musiques du monde, c'est pourquoi l'album résonne aussi de raggas urbains et de percussions tout droit importés du continent africain.

 

Mais au milieu de ce fouillis de textures et d'interventions extérieures, l'album bénéficie aussi d'étonnante plages de respiration, des pauses électroniques, qui elles, doivent beaucoup au Karlheinz Stockhausen de Mixture/Kontakt et Telemusik que Miles Davis écoutait avidement à cette époque. A propos de On the Corner les Allemands de Can diront même qu'Ege Bamyasi (1973) n'aurait jamais pu exister s'ils ne l'avaient pas écouté, et il suffit de se concentrer sur le jeu de batterie de Jack de Johnnette et Billy Hart, thème répétitif en constante mutation sur toute la première face d'On the Corner (et particulièrement sur "New York Girls") pour s'en convaincre. Injustement oublié, On the Corner restera l'un des albums les plus groovy du jazzmen emblématique qu'est Miles Davis, à des années lumières de ses expérimentations funk et hip hop des années 80, On the Corner synthétise avec brio la modernité du jazz et son aspect intemporel. Forcément culte !

 

Miles Davis - On the Corner (CBS, 1972)


Albums cultes des géants du bizarre #29 : John Zorn - Naked City

Posté par Maxence le 16.01.08 à 17:07 | tags : jazz, punk, culte et bizarre, contemporaine

Réalisé en 1989 après (déjà) une floppée d'albums perturbants (au hasard, Locus Solus en 83), Naked City explose au sein de la scène jazz, free et rock de l'époque avec la soudaineté vicieuse d'une grenade à main lancée dans une basse cour de volailles transgéniques. Sa pochette déjà montrait une scène de violence urbaine somme toute banale à l'époque où Weegee, photographe freelance, traquait le sordide dans les rues de New York (les années 30 et 40). Un homme abattu dans la rue, mais est-ce encore un homme ? Un corps en tout cas, une enveloppe désormais vide. Le décor est posé. Au saxophone alto, John Zorn c'est un peu Fred Madison, le joueur de jazz atteint de jalousie paranoïaque de Lost Highway de David Lynch. Animé d'une rage qui ne dit pas son nom, Zorn défigure le Batman Theme et celui de James Bond (originalement écrit par John Barry), s'en prend au score du Clan des Siciliens d'Ennio Morricone (d'une façon presque respectueuse), attaque celui de Chinatown (un des meilleurs morceaux de l'album, quasiment zen) et s'inspire du Reanimator de Brian Yuzna, film gore culte des années 80. Bénéficiant du soutient logistique de Fred Frith à la basse, Bill Frisell à la guitare, Wayne Horvitz aux claviers et surtout de l'exubérant Yamatsuka Eye* au "chant" (hurlements conviendrait mieux), ce commando de choc s'inspire de tout ce que la culture américaine peu offrir de mauvais (violence, bruit, fureur) comme de meilleur (audace, créativité, liberté), en un mot, on assiste là, à une réhabilitation du jazz mais également à un hommage au roman noir.

 

Bien sûr une bonne partie de l'album tient plus du hardcore école Fugazi/Cop Shoot Cop (même si ces groupes n'existent pas encore à sa parution) que de ce qu'il reste du cadavre jazz réanimé de force sans respect aucun par ces suppôts de satan. Les âmes sensibles zapperont certainement l'album de "Reanimator" à "Speedball" le bien nommé, mais ce serait dommage de passer sur ces chef-d'œuvres bruitistes de quelques secondes, des titres comme l'incroyablement funky "Snagglepuss", "You Will Be Shot" rock'n'roll en diable, "Igneous Ejaculation" qui vous ramone les oreilles jusqu'au cervelet ou "A Shot in The Dark", d'Henry Mancini en version cartoon de Tex Avery. Tout ce bruit ne vient pas de nul part et Zorn contrairement à ce que laisse penser son disque a encore du respect pour le jazz, il le montre en reprenant l'incontournable "Lonely Woman" d'Ornette Coleman, son maître à penser. Finalement, ce qu'on retient de ce disque, après le plaisir, c'est son incroyable virtuosité, c'est l'aisance avec laquelle Zorn et sa bande passent de la noise music la plus impitoyable aux mélodies les plus divines comme sur ce "Saigon Pickup", beau à pleurer qui passe du piano solo à la country, au rock et au dub dans le même morceau, ou encore "Den of Sins" convoquant ambiant et free jazz hystérique, "Contempt" la reprise poignante de George Delerue, ou le metal bouillonnant mêlé de jazz saignant de "Graveyard Shift". Une succession de chaud et de froid, de douceur et de brutalité qui sied si bien à John Zorn, adepte des jeux sadomasochistes, en musique comme dans le privé. Et on finit par se demander si par delà l'impertinence, Naked City n'est pas aussi un hommage transversal d'un des plus grands saxophonistes de l'histoire du rock à la culture américaine. Ancêtre du fameux The Director's Cut de Fantomas (un autre grand disque de score cinématographique torturé) et album culte et bizarre indispensable, Naked City remet tout simplement le jazz à sa place dans la grande histoire des musiques populaires, l'imposant à nouveau comme une musique libre, urbaine et sauvage, profondément subversive et enfin, excitante !

 

*Eye, qui s'exprime aujourd'hui dans l'univers du neo disco en signant des édits stupéfiants sur le label Smalltown Supersound

 

John Zorn - Naked City (Nonsuch, 1989)

Plus d'infos sur Weegee, le photographe du sordide des rues new yorkaises, ici.


Chet Baker Barclay Sessions 1955 : le coffret magique

Posté par Myosotis le 07.01.08 à 10:49 | tags : jazz
Huit CD rien que ça, c'est ce qu'il a fallu à Universal pour monter cette intégrale splendide des sessions parisiennes de 1955 de Chet Baker et son quartet. Déjà en partie connues par un assez récent disque sélectif (qu'on conseille à ceux qui n'ont pas les 100 euros à investir dans l'intégrale), les sessions Barclay présentent un Chet jeune, fraîchement débarqué des Etats-Unis qui n'a évidemment encore rien à voir avec l'homme fantôme qui hantera le vieux continent 20 ans plus tard. Chet jeune comme Chet vieux parcourt pourtant l'Europe à un rythme de possédé, écume les salles et les bars pour jouer sa musique miellée, démontrant à l'Europe entière qu'il n'est pas que le nouveau James Dean mais possiblement le nouveau Bix Beiderbecke , le cornettiste maudit qui aura été le seul à opposer au jeu enfiévré d'Armstrong un jeu ralenti et aux notes flottantes. Invité par Barclay en étape parisienne, Chet s'associe tout au long de ces enregistrements à des jazzmen relativement peu connus et en devenir, français ou belges, (Jean-Pierre Chautemps, Pierre Michelot ou Bobby Jaspar) mais aussi au pianiste bostonien prodige Dick Twardzick qui décédera d'ailleurs entre deux sessions d'une overdose. Les collaborations incroyables entre les 2 hommes sont reprises en CD depuis longtemps et un titre hommage composé par Baker, In Memory of Dick, est repris ici.
 

Les morceaux rassemblés valent autant par leurs qualités musicales que par leur enveloppe : le coffret est tout bonnement superbe, agrémenté de textes et commentaires en anglais et français qui nous racontent cette époque bénie où l'esprit de Paris pouvait changer un artiste en or. Quelques photographies (jamais vues jusqu'ici ?) relèvent le tout et soulignent la grâce et la poésie du jeune Chet jusqu'à en faire un peu trop. N'oublions pas qu'en bon Dorian Gray, Baker a presque toujours dissimulé sous ses airs d'angelot un personnage assez peu recommandable, certes ultrasensible mais surtout très autocentré et capable de sacrifier à peu près n'importe qui (famille ou amour) à ses intérêts du moment. Toujours est-il que la musique n'en dit rien et est ici d'une luminosité et d'une fluidité étonnantes, quelles que soient les configurations. "Sad Walk" reste un grand morceau, "Cheryl" d'un romantisme à se tailler les veines au couteau à huitres et "These Foolish Things" un sommet de l'oeuvre du trompettiste. On regrettera toutefois, et comme souvent dans ce genre de coffrets "complets", que certains CD soient gorgés de versions alternatives ou cuts qui n'amènent pas grand chose à l'affaire : le CD 6 est à cet égard caricatural qui nous met "Dear Old Stockholm" à 5 versions d'Exitus et à 6 prises du moyen "Chik-Eta". Rebelote en CD 7 où on doit se farcir pas moins de 8 prises de "Anticipated Blues" et autant de "Cheryl". Il faut aimer beaucoup Chet Baker ou être un vrai spécialiste de son travail pour apprécier les nuances, les fautes de doigt qui émaillent ces enregistrements et ne pas regretter (infamie) que ce bel ensemble ait été ramassé sur 3 ou 4 CD et son prix diminué d'autant.

 

 

 

Reste que ces sessions Barclay sont un bel objet et un bel objet musical et méritent tout à fait de se faire acheter sur ebay ou sur ces nouveaux sites de revente de cadeaux de Noël. Il faudrait être un bon blaireau pour vendre ce coffret mais impossible n'est pas français.


Philippe Robert sur les musiques expérimentales et transversales

Posté par Maxence le 04.01.08 à 18:26 | tags : électro, jazz, contemporaine, à lire, rock

Notre collègue Philippe Robert est un veinard. Journaliste et critique (les Inrockuptibles, Vibration, Coda, Jazz Magazine...), infatigable explorateur des marges, le bonhomme sait pourtant prendre le temps. Le temps d'écrire (Rock - Pop, un itinéraire bis en 140 albums essentiels en 2006, bientôt une histoire de la black music, chez le même éditeur très bientôt...), le temps d'écouter (sa discothèque est exceptionnelle), le temps de jouer (il enregistre avec les Sonic Youth ou une bande de copains, des albums freeform freak out sous le nom de Magic Band Of Gypsys), bref, le temps de vivre. Praticien de l'anthologie musicale comme certains pratiquent l'entomologie (sa culture lui permet d'aborder sans peur les plus improbables bêbêtes de l'histoire de la musique), il nous offre aujourd'hui Musiques expérimentales, une anthologie transversale d'enregistrements emblématiques. Un livre présenté comme le précédent, sous forme de fiches richement détaillées des artistes abordés et de leurs œuvres majeures, superbement préfacé par Noël Akchoté. A elle seule, la préface et la quatrième de couv' du musicien vaut l'achat de ce livre ! C'est bien simple, cette introduction du fameux guitariste français, chantre de l'improvisation, est un des meilleurs textes jamais écrit dans ce domaine. Par delà la présentation du "genre" expérimental, qui par essence n'en est pas un bien sûr, puisque l'existence même de ces musiques est due à "d'indomptables réfractaires à toute forme d'académisme", Akchoté fait la part belle à la contradiction qui réside dans le fait même de parler de musiques expérimentales dans le cadre d'écoles ou de "styles". L'expérience étant par son fait même, totalement libre, et l'approche de l'auditeur, comme il l'écrit si bien, totalement subjective, contextuelle, historiographique et même biographique.

 

"Une anthologie comme celle-ci c'est un peu comme une cour de récréation. On n'est pas là pour faire ami-ami avec tout le monde. C'est le moment de vérité, en tête à tête avec l'autre. Au pire, on pourra toujours se faire son album perso des douloureuses, des impossibles et des mochetés. Au mieux, on se sera fait des petites listes et des notes de disques à trouver, que personne n'a chez soi." écrit-il en quatrième de couverture. Et c'est cette simplicité, cette sincérité qui séduit dans la démarche de Philipe Robert, loin de toute prétention et de d'académisme (forcément !), l'auteur échafaude sa petite histoire, tout en en respectant la nécessaire chronologie. D'où, certainement, le choix de présenter ces artistes hors-normes (au sens propre comme au figuré) dans l'ordre chronologique sans parti pris de genres artificiels. De fait, ce livre très complet, reprend où le Experimental music, Cage et au-delà de Michael Nyman, s'étaient arrêtés, puisque Philipe Robert, en plus de recenser les grands "classiques" de l'expérimentale (Russolo, Schaeffer, Isou, Varèse, Scott, Stockhausen, Lucier, etc), fait appel à ses plus "actuels" défenseurs. Citons par exemple Merzbow, Keiji Hano, Phill Niblock, Charlemagne Palestine, Loren Mazzacane Connors, DJ Spooky, Mimeo, Jim O'Rourke, Dean Roberts, Dominique Petitgand, Nurse With Wound, sans oublier l'aspect historique : du psychédélisme pré-ambiant (La Monte Young) à la no wave (DNA), en passant par le krautrock (Damo Suzuki), le post-punk (Throbbing Gristle, Public Image Ltd), les platinistes (Otomo Yoshihide, Martin Trétreault), l'improvisation (Derek Bailey, Joëlle Léandre) et les inclassables (Alan Licht, AMM, Musica Elettronica Viva, Taku Sugimoto). Une bible donc, une somme, allègrement écrite, dans un style fluide et plein de vie par un auteur tout à sa passion, la musique et rien que la musique. On a envie de dire, "exemplaire" ! C'est les fêtes il n'y a pas longtemps, offrez-le !

 

Philipe Robert - Musiques expérimentales, une anthologie transversale d'enregistrements emblématiques, éditions Le Mot et le Reste, avec le concours du GRIM.


John Zorn fait son Malin

Posté par Myosotis le 08.11.07 à 15:00 | tags : contemporaine, classique, jazz
 

A 54 ans, John Zorn règne sur le jazz avant-gardiste et multiplie depuis quelques années les enregistrements, solo ou en groupes, les productions, les compositions, les projets sur un rythme qui ne permet plus au suiveur amateur de l'accompagner. Rien qu'en 2007 et avec ce From Silence to Sorcery, le pape du déconstructivisme a dû livrer 4 ou 5 disques qui auraient tous mérité un petit mot et qui, l'un chassant l'autre, ont rendu tout commentaire superflu. Bizarremment et alors qu'il aurait sans doute mieux valu parler du beau Astronome (2006) ou des Six Litanies for Heliogabalus (2007), c'est avec From Silence to Sorcery qu'on se remet à parler de Zorn.

 

Pour ceux qui n'auraient pas suivi les épisodes précédents, Zorn est un multi-instrumentiste (saxophoniste de prédilection) qui s'est attaqué dans sa longue carrière à à peu près tous les genres musicaux. Les seuls points de convergence dans son oeuvre sont à chercher autour de la notion de déconstruction qui lui permet de varier les travaux (jazz, punk, rock, compo de films) et les formes (voix qui tuent, orchestres qui pleurent, guitares saturées, objets en tous genres), sa fascination pour l'occulte (option kabbale) mais aussi une forte imprégnation juive (Zorn est le fondateur du label Tzadik records et son seul vrai directeur artistique). Au milieu de tout cela, trônent des projets comme Masada, cycle d'interprétation de la culture juive qui reste indépassable sur le plan musical, ou la série horrifique (pour les oreilles) des Painkiller, où l'avant-garde touche au supplice génial. From Silence to Sorcery consiste en une introduction en demie-teinte à l'univers incroyablement riche et varié mais peut consituer une porte d'entrée comme une autre vers une découverte plus approfondie de Zorn. Le disque qu'on peut découper en 3 sous-ensembles est entièrement dédié à l'occulte et plus spécialement à la kabbale qui semble obséder les productions solo de Zorn depuis 3 ans, et après l'album Magick notamment. Le premier ensemble appelé "Goetia" (numéroté de I à VIII) est une sorte de caisse de résonnance interprétée au violon solo pour des ensorcellements, des sorts et des formules magiques qui ne viendront pas. On entend sur ces séquences de quelques secondes à quelques minutes, la mise en place d'une ambiance lugubre, entre le vieux film d'horreur et les couloirs sordides traversés par des créatures mi-comiques, mi-effrayantes. Le rythme s'accélère de temps à autre ("Goetia III"), se fait plus solennel parfois ("Goetia IV") comme si une messe noire allait bientôt être célébrée. Rappelons, pour mémoire, que le violon est l'instrument du Diable par excellence et celui dont le cri de cordes est le plus susceptible de faire rappliquer le Malin. Les pièces restent assez en deça de ce qu'a l'habitude de servir Zorn mais ont le mérite d'amener rapidement aux deux plats de résistance que constituent les séquences suivantes. "Gris-Gris", inspirée (d'après ce qu'on peut en comprendre) par le vaudou africain ou d'Haïti, le chamanisme coréen et une scène du Port de l'Angoisse d'Howard Hawks, est une superbe composition interprétée uniquement par des percussions, soit une légion d'une douzaine de tambours. De longs passages quasi-silencieux viennent perturber l'organisation du morceau et créer une atmosphère à la fois envoûtante, confortable et inquiétante. Là encore, "Gris-Gris" est à inscrire dans la veine morne et expérimentale de Zorn et ne donne pas une juste image de son extrême dynamisme habituel. Le dernier ensemble, "Shibbolethis" est plus classique (clavecin, cordes et percussions) et rend hommage, sur fond de Shoah (récurrente chez Zorn) à la poésie de Paul Celan. Il faut évidemment pas mal d'imagination pour filer les liens entre Celan et ce qu'on écoute, mais l'influence biblico-poétique est opérante et suffit à nous projeter dans un Ailleurs qui est visé par ce nouvel opus.

 

C'est bien le talent de Zorn, quels que soient les moyens qu'il emploie pour y parvenir, de nous projeter chaque fois dans un univers sonore nouveau et presque tout le temps déconcertant. Si From Silence to Sorcery n'est (et de loin) pas son travail le plus intéressant, il constitue un jalon supplémentaire dans une oeuvre cohérente, qui vise à établir des liens logiques entre ce qui s'écrit (textes, musiques) et ce qui s'entend. Zorn, en bon kabbaliste, donne à entendre une totalité qui s'adresse à tous les sens et qui, de fait, ne peut pas s'apprécier comme de la seule musique.

 

http://www.tzadik.com


Hurtmold : Le lièvre et la tortue

Posté par Maxence le 28.09.07 à 18:14 | tags : électro, rock, jazz, myspace

Attention, musique sérieuse ! Hurtmold, groupe post-rock/math rock dans le sens noble du terme, est originaire de la scène indé de Sao Paulo au Brésil. C'est peut-être pour cela que, dès ses débuts en 1998, le groupe a tout fait pour s'inventer un territoire musical pas comme les autres. Du post-rock, Hurtmold a surtout retenu l'aspect rythmique ainsi que l'angle cinématique du genre, mais avec un sens du "jouer ensemble" unique et une liberté toute particulière. Il faut dire que l'ensemble compte pas moins de six musiciens, tous virtuoses. Mené par Maurizio Takara (le batteur d'Institudo l'un des groupes de hip hop les plus respectés du Brésil) Hurtmold se compose de Fernando Cappi (guitare), Guilherme Granado (électronique, vibraphone), Marco Grez (basse), Mario Cappi (guitare), Rogérios Martins (percussions et clarinette) et Maurizio Takara donc (batterie mais aussi vibraphone et... trompette !), soit une belle escouade de multi-instrumentistes experts en orchestrations composées, raisonnées, structurées, et ça, c'est plutôt l'apanage du math rock.

 

Au-delà de ces considérations techniques, celui que l'on a déjà surnommé "le plus Chicagoan des groupes de Sao Paulo", ou "la réponse brésilienne à Tortoise", exprime surtout son amour de la syncope, du beat qui balance des hanches dans un format jazz rock à la manière des précurseurs du psychédélisme brésiliens, de Os Mutantes à Tom Zé (une influence particulièrement flagrante sur "Miniotoria" et l'usage qu'ils y font de l'électronique). Pourtant, si l'on écoute bien Mestro, leur dernier album, on ne peut s'empêcher de penser qu'Hurtmold n'est pas si loin de Tortoise ("Amarelo E Vermelho", "Sova"), The Sea and Cake ("Kampala") ou des Anglais de Corker/Conboy ("Chuva Negra", "Amansa Louco"). Même sens du flux rythmique, mêmes oscillations irrésistibles, même dynamisme. Quand il tourne, Hurtmold est un vrai moteur bien huilé au service de compositions millimétrées oscillant entre rock et jazz, dub et pop, et même hardcore punk ("Quase 6 De Misticismo"). Guitares véloces, furieuses cavalcades urbaines, à la lisière d'une drum'n'bass acoustique, groove mécanique, musique répétitive pour post-raveurs, Mestro ne manque pas de substance, bien au contraire. Même s'il reste encore du chemin à parcourir pour accoucher d'une œuvre totalement personnelle et passer du statut de bons élèves à la production sympathique à celui de véritables chamans post-rock, par ses ouvertures, ses origines et sa technique, Hurtmold n'a pas vraiment de soucis à se faire pour l'avenir, il est devant lui c'est certain. Et rien ne sert de courir, c'est bien connu...

 

 

Hurtmold - Mestro (Nacopajaz/Discograph)

http://www.myspace.com/hurtmold


Ça va jazzer à la Villette du 29 août au 9 septembre

Posté par Maxence le 28.08.07 à 09:43 | tags : agenda, news, jazz, électro

"3 univers singuliers, 3 générations d'artistes, 3 cartes blanches", c'est le programme proposé par la Villette et son édition 2007 du festival Jazz à la Villette qui se tiendra cette année du 29 août au 9 septembre. Les amateurs pourront se régaler des prestations d'une pléthore d'artistes invités. La soirée d'ouverture du 29 août à 20h (grande salle de la Villette) verra intervenir Sonic Youth accompagné de Mats Gustafsson, Jean Marc Montera et Michel Doneda. La première partie étant confiée à Caspar Brötzmann & Hann Bennink en duo.

De son côté, Julien Lourau, invite Fred Wesley, Eric Legnini Trio, le Vincent Courtois Quartet, Maxime Delpierre, et surtout Tom Jenkinson a.k.a. Squarepusher, Anthony Joseph & The Spasm Band (avec Tikiman, le fameux MC's des berlinois électros de Rhythm & Sound).

Steve Coleman propose quant à lui d'explorer les différentes facettes de ses travaux : Coleman et Ravi Coltrane, The Pro-verb Trio, Steve Coleman & Five Elements, etc. Mais Coleman lance aussi des collaborations étonnantes comme cette rencontre de Doug Hammond, batteur de Mingus face aux Français Joakim et Discipline de Tigersushi, ou Aka Moon, où se rencontreront Magic Malik, Baba Sissoko, Sivaraman, etc.

Pour finir, Wayne Shorter sera aussi à l'honneur avec l'hommage rendu par le Thomas Savy "Ugetsu" sextet, le rencontre du Wayne Shorter Quartet et de l'Orchestre National d'Ile-de-France et le Gretchen Parlato Quintet & Wayne Shorter.

Les plus curieux profiteront également de la Nuit Electro avec Jeff Sharel, DJ Oil (Troublemakers), Charles Webters et Simbad. De nombreux films seront également proposés à la projection, dont Do The Right Things de Spike Lee, Mad Dogs de Larry Bishop, Les aventures du baron de Münchausen de Terry Gilliam, Blue Velvet de David Lynch et La Planète Sauvage de René Laloux, ainsi que des débats, master class et rencontres.

Toutes les informations et de plus amples détails sont présents sur le site Jazz à la Villette.


Qu'est-ce qu'écoute le grisli ?

Posté par LovelyRita le 09.08.07 à 11:05 | tags : médias, jazz, web, à lire
 
Le son du grisli c'est le nouveau, enfin presque nouveau venu dans la blogosphère, puisque le site existe tout de même depuis janvier 2007. Le Grisli en question, rédacteur pour Les Inrockuptibles, Jazz Hot ou encore Dmute, propose un blog tout en noir et ocre (est-ce bien du ocre ??) consacré au jazz et aux musiques improvisées. Au programme de ce rejeton de Dmute, des chroniques CD, DVD, livres et des interviews. Pour vous lécher les babines, vous pourez y trouver des chroniques de l'album de Fennesz & Sakamoto (Cendre), de Afternoon in Paris d'Anthony Ortega ou encore du Cornell 1964 de Charles Mingus . Côté interviews : David S. Ware et Ross Bolleter. Ca a commencé avec un post par mois et aujourd'hui le blog en compte de plus en plus !! A suivre, et bon courage au Grisli !

Kuniyuki Takahashi : Le codex jazz de Takahashi

Posté par Maxence le 24.07.07 à 18:51 | tags : myspace, ambient, dub, jazz, électro, disques de l'été

Avant de commencer cette chronique, j'aimerais préciser combien le jazz électro me sort généralement par les oreilles. Je veux dire, il entre d'un côté et sort de l'autre. Pourtant, impossible de rester indifférent à l'écoute d'un disque comme ce We Are Together de Kuniyuki Takahashi, artiste de l'archipel nippon, dont je l'avoue, j'ignorais totalement l'existence avant novembre dernier (oui, bon ça va, comme dirait 2goldfish, "ça ne vous arrive jamais vous d'avoir du retard ?"). Sous une pochette magnifique se présente donc une musique qui ne l'est pas moins. Je sais je n'ai aucune excuse pour ne pas vous en avoir parlé plus tôt, si ce n'est celle d'une actualité 2007 particulièrement bien fournie en coups d'éclat, coups de foudre et coups commerciaux aussi. Du coup (c'est le cas de le dire) We Are Together n'a été écouté qu'une fois, et rapidement placé sur la pile "à chroniquer" pour se voir non mois rapidement - et inconsciemment - relégué au bas de cette même pile. La faute au hasard des sorties, etc. qui privilégie rarement les albums subtils nécessitant de nombreuses écoutes.

Je ne comprends donc pas pourquoi je n'y suis pas revenu plus tôt. Pourtant, ce n'est pas faute d'être resté scotché dès la première écoute (au casque) sur les morceaux de ce disque hors du temps, des modes et des futilités du quotidien. Car derrière son titre en forme de slogan naïf se cache réellement les plus belles combinaisons de musique électronique, de jazz, de dub et de musique afro que j'ai jamais entendues. Dès "People", "Sleepers", "Moonlight" et "Earth Beats", l'auditeur initié retrouvera les ambiances afro-jazz de pointures comme Ornette Coleman ou Pharoah Sanders (dont je conseille à tous l'écoute du formidable Tauhid, un classique de free jazz psychédélique de 1966 qui inspirera autant les amateurs de Liars ou Sonic Youth - pour les prestations du monstrueux guitariste Sonny Sharrock - que ceux de Coltrane, Davis ou Hancock période Headhunter), ambiances ponctuées des trames répétitives de vagues électroniques planantes et des percussions tribales africaines, convergeant dans un crescendo orgasmique totalement hypnotique. Simplement imparable, surtout si vous avez une bonne sono. A partir de "Precious Hall", Kuniyuki Takahashi nous explique à sa manière, c'est-à-dire avec la même expressivité que Jacqueline Caux dans son immense film sur la techno de Detroit, pourquoi house, techno et Afrique sont intimement liées. Ses tracks, à la fois ambient et bondissants dégagent une telle sérénité, et ont un tel impact aussi, que l'on fait évidemment le lien entre les options orientales de la pochette et la musique de Takahashi. Comme Pharoah Sanders en son temps, le jazz electro du Japonais est forcément (racines obligent) imprégné de zenitude. Une philosophie qui transparaît encore mieux sur l'ambient "The Guitar Song", beau à pleurer, avec sons de cloche et field recordings. L'ensemble se conclut sur une ballade croisant Eno et Prince, "Cascades of Colour". Sans commentaire, c'est beau, c'est tout.

Pour finir, signalons que We Are Together n'est qu'une compilation (et profitons en pour remercier en même temps le label Mule Musiq pour cette découverte), cela donne une idée de l'ensemble de l'œuvre du Japonais. Donc, si vous avez un minimum de sensibilité, vous ferez comme moi, et commencerez à chercher ses albums antérieurs (un tour sur son myspace serait bienvenu). Bonne chasse !

Kuniyuki Takahashi - We Are Together (Mule Musiq/La Baleine)


Cabaret Remixé, ce soir jusqu'au 13 juillet !

Posté par Kris le 03.07.07 à 15:11 | tags : rock, jazz, électro, agenda
Pour sa septième édition, le Cabaret Sauvage organise son festival d'été avec le Cabaret Remixé. A l'affiche, des artistes pop-rock, des mixs électro, de la pop, du jazz, du tango, du trip-hop, du gros son pour faire danser comme du doux son pour faire lover. On pourra ainsi voir les frères barbus d'Herman Düne, le jouasse Sébastien Tellier, les fulgurants et virevoltants Birdy Nam Nam et Bumcello, les fantasques et colorés Hot Chip, les dansants Digitalism, les lancinants Cirkus avec Neneh Cherry, les prometteurs The Teenagers ou encore les fougueux Gotan Project. Une programmation alléchante qui promet quelques soirées folichonnes sur les planches du Cabaret Sauvage. A défaut de faire beau et chaud dans la capitale, il y aura au moins un endroit à Paris où il risque de faire chaud tous les soirs du 3 au 13 juillet. Ah tiens, ça commence ce soir ?

 

 

 

mardi 3 juillet : Herman Düne, Sébastien Tellier, Das Pop
mercredi 4 juillet : Birdy Nam Nam meets Bumcello, Chin Chin, BNN Sound System
jeudi 5 juillet : Kitsuné Night avec Hot Chip, Gildas & Masaya, The Cazals, Punks Jump Up, Guns'n'Bombs, Digitalism
vendredi 6 juillet : Gotan Project, Francesco Tristano
samedi 7 juillet : Cirkus feat. Neneh Cherry, Anthony Joseph & The Spasm Band, Soul Jazz Records Sound System
jeudi 12 juillet : New Young Pony Club, The Glimmers, Prinzhorn Dance School, The Teenagers, Brodinski, Simian Mobile Disco, Stereo Pleasure
vendredi 13 juillet : Dj Hype & MC Daddy Earl, TC, Mark One, Elisa Do Brasil vs ROM1, MC General Levy, Viktor

Festival Cabaret Remixé
Au Cabaret Sauvage, 59 bd MacDonald Paris 19ème
http://www.cabaretsauvage.com


Tied + Tickled Trio : Galactica in Dub

Posté par Maxence le 02.07.07 à 18:36 | tags : myspace, électro, dub, jazz

Franchement c'est trop facile. J'aurais pu choisir n'importe quoi comme titre pour cette chronique, du moment que cela évoquait l'espace tant Aelita de Tied + Tickled Trio rappelle cette période bénie (allez, laissez-moi mes illusions de vieux con) du post-rock anglais des années 90. Une époque où des groupes comme Moonshake, Laïka, Loop, Spacemen 3 puis Spectrum, etc. hantaient les pages des canards branchés (enfin DU canard branché, il n'en existait qu'un alors, en France du moins). Et puis il y a les titres, magnifiquement évocateurs : "A Rocket Debris Cloud Drifts", "Tamaghis" (qui évoque aussi bien les Cities Of The Red Night extraterrestres de l'écrivain William Burroughs, que l'évocation de planètes disparues, ou inconnues), "Chlebnikov", en hommage à Vladimir Chlebnikov, poète et pilier fondateur du Futurisme Russe, grand amateur de science-fiction, sans oublier tout simplement "Aelita, 1, 2 & 3" qui font référence au premier film de SF russe, un muet nommé Aelita, ou "Queen of Mars".

Vous l'avez compris, tout dans ce nouvel album de Tied + Tickled Trio, un des projets les plus mystérieux de la galaxie The Notwist/Lali Puna/13 & God (entre autre), est prétexte à léviter dans les sphères évanescentes d'un futur fantasmé. Ou plutôt d'un futur tel qu'on le concevait il y a 100 ans, avant la conquête spatiale, son âge d'or et sa décadence actuelle. L'album s'articule autour des trois morceaux mélancoliques qui donnent son titre à l'album. Trois lentes girations en apesanteur, vibraphone, guitare, basse et piano, des ritournelles tristes qui ouvrent et closent le disque. Entre chaque, Tied + Tickled Trio s'offre de longue respiration dans l'espace encore inconquis qui sépare le dub, le jazz et le post-rock. Un peu comme si King Tubby ou Lee Perry avait construit leur studio dans l'espace, ou sur Mars. Autant dire qu'il y a là un océan de possibilités, où tout est encore possible. Et le groupe ne se prive pas de le démontrer sur l'hybride ethno electronica "You said Tomorrow Yesterday", le vacillant "Chlebnikov" ou les très dub "Tamaghis" et "Other Voices Other Rooms", sans oublier le jazz hanté de "A Rocket Debris Cloud Drifts". L'ensemble, totalement organique, à peine relevé d'une pincé de Moog, prend son temps et c'est tant mieux. La plupart des morceaux s'étalent langoureusement sur plus de 8 minutes, soit le temps qu'il faut pour se sentir vraiment azimuté. Les amateurs apprécieront. Avec un disque pareil, plaignez-vous, vous aurez de quoi vous mettre en orbite pour tout l'été ! En passant, sachez qu'une exploration de leur profil myspace n'est pas déconseillée, au contraire.

Tied + Tickled Trio - Aelita (Morr Music/La Baleine, juin 2007)


Chet Baker : 20 ans après... le silence

Posté par Myosotis le 28.06.07 à 10:06 | tags : jazz, youtube
 
Enregistré à Tokyo, il y a tout juste 20 ans, cette version de "My Funny Valentine" est l'une des plus émouvantes livrées par Chet Baker. Le chanteur et trompettiste semblait y célébrer l'anniversaire de sa propre mort qui, coïncidence, aura lieu jour pour jour un an après cette performance, le 13 mai 1988. La technique est peu assurée, la voix...guère plus vaillante mais chaque note manquante est à sa place (absente, coulée).
Il y a quelques jours, on a appris que le biopic dont on causait en coulisses depuis quelques années était revenu dans l'agenda des studios hollywoodiens. Leonardo DiCaprio, pressenti pour le rôle depuis dix ans, aurait rendu finalement son tablier, au profit de Josh Hartnett. Bruce Beresford (Miss Daisy et son chauffeur) assurerait la réalisation. Véritable baleine blanche du cinéma musical, ce film devrait être tourné rapidement et sortir sous le titre The Prince of Cool. Le script tournerait autour des débuts du beau Chet et de ses errances en Italie, dans les années 60. En pré-production encore, le film ne serait toutefois pas sur les écrans avant 2008-2009, éternité salutaire pour revoir Let's Get Lost en DVD, le film référence sur le musicien. D'ici là, on aura sûrement eu droit au massacre de la vie de Miles Davis par... Don Cheadle (Hotel Rwanda, Ocean 12...).
 

Jimi Tenor, Benny at Home : Soul & Jazz in the House

Posté par Maxence le 30.05.07 à 17:27 | tags : soul, jazz, funk, myspace, label

Joystone signe le retour en fanfare ("de jazz" forcément) du psychotique mélomane finlandais Lassi Lehto, plus connu sous le nom de Jimi Tenor ! Bonne nouvelle, le petit blanc se prend toujours pour un hybride de Sun Ra et d'Isaac Hayes "jammant dans un ascenseur", pour reprendre une phrase désormais fameuse. Sur Joystone, Tenor s'accompagne du trio africain Kabu Kabu et nous offre un album particulièrement inspiré, même si pas vraiment original. Oscillant entre afro-beat, funk jazz et pop, Joystone est une grande débandade (enfin, "débander" n'est pas vraiment le mot ici, au contraire, c'est plutôt l'effet viagra) de funk sensuelle et de groove torride. Une fausse bande originale pour film X blacksploitation, relevée d'une pointe de LSD, à l'image du troisème titre, l'orgasmique "I Wanna Hook Up With You". Elevé à la muzaque de superette, au free jazz le plus engagé et aux génériques de série B américaines, Tenor évoque immanquablement les grandes heures de Lalo Schifrin, [/people_restrictif]Tony Braxton[/people_restrictif] ou Pharoah Sanders. Pas original donc, mais tout de même sacrément classe. Le plus étonnant est de voir cet album 100% pur jazz, sortir chez Sähkö le label electro minimal de ses compatriotes finlandais de Pan Sonic. Bien sûr, Tenor fut longtemps un punk à sa manière. Un terroriste sonique doublé d'un expert en saturation, et n'a rien à apprendre en matière d'expérimentation, mais s'il étonne aujourd'hui c'est plutôt par sa passion des fusions et accouplements contre-nature. Le genre "cachet d'aspirine trempé dans du chocolat". Funk moite, coeurs wagnériens, psychédélisme décalqué, riffs de cuivres déjantés, chuchotements orgasmiques, le tout interprété par un mutant blond déluré, habillé en boubou ! A sa manière Joystone bat le appel du free jazz militant des 70's, une résurrection ! Et rien que pour ça, on a envie de dire "encore" et "waouh" ! Welcome to the Tenordome !

Plus soul que jazz, mais affichant tout de même un groove tranquille très seventies (on est pas loin des "docks sur la baie" de chez Otis ), Benny At Home de Benny Sings lorgne plutôt vers les oeuvres d'orfèvres pop d'un Burt Bacharach (pour le côté "whitey") ou d'un Curtis Mayfield (pour l'aspect "nigga"). De "Coconut" qui évoque le soft-rock de Steely Dan, à "I Can't Help Myself", le hollandais Benny Sing pose sa voix nasale et ses rimes placides et décontractées sans jamais oublier ses racines hip hop (genre dans lequel il s'est longtemps exprimé). L'amour bien sûr ("For Your Love", "We'll Make Lovesongs", la très belle ballade "Feathers"), l'introspection ("I Can't Help Myself", "Let Me In", "All I'm Good For"), la ville (le très funky "Blackberry Street", feat. Urita) et les nuits urbaines ("Overnight"), Benny Sings use de toutes les ficelles de la soul tout en propulsant le genre dans le tourbillon de feeling et de sentiments de notre 21ième siècle balbutiant. Tout d'harmonies et de sincérité, les compositions immédiates mais jamais simplettes de Benny At Home font de ce disque un petit trésor discret pour soul lovers, à chérir à deux. A deux ? Oui, car le gros Benny est smooth, le gros Benny est doux, le gros Benny c'est un peu le Yéti de la pub, ou un Barry White Néerlandais, l'emphase, ni le kitsch. Un parfait album pour se réveiller, ou pour crapuler sous la couette.

Jimi Tenor & Kabu Kabu - Joystone (Sähkö/Differt-ant, avril 2007)
Benny Sings - Benny at Home (Sonarkollektiv/Nocturne, mai 2007)

www.myspace.com/myjimitenor
www.myspace.com/bennysings


Battles : Tribalisme 2.0

Posté par Maxence le 23.05.07 à 17:32 | tags : myspace, funk, électro, rock, jazz, agenda

Voici venu les quatre cavaliers de l'apocalypse math rock ! Vous connaissez Anthony Braxton, le fameux compositeur de free-jazz, multi-instrumentiste (pianiste, percussionniste, saxophoniste...) et grand promulgateur de l'improvisation libre ? Et bien Tyondai Braxton, le frontman de Battles, est son fils ! Ce qui explique beaucoup de choses. Entre autre, le goût immodéré du groupe pour l'aspect free, les enchevêtrements rythmiques, l'hybridation des genres et l'improvisation savamment orchestrée. Si l'on ajoute à cela la présence de John Stanier, l'ex-batteur de Helmet, le groupe hardcore des 90's (proto-mathcore pourrait-on dire) ainsi que de l'ex-Don Caballero Ian Williams, on comprend mieux le pourquoi et le comment des choix artistiques et des prises de risque de Battles. Du math rock chez Battles, on retrouve bien sûr la complexité des constructions et surtout, des déconstructions, mais également les enchaînements de break savants, de riffs escarpés et de mélodies trippées. Du post-rock, on retient les influences du free jazz, de l'afro-beat (Fela n'est jamais loin dans Mirrored), du hardcore américain des années 90 et de la world music. Pour autant, et contrairement à ce que certains ont pu en dire, Mirrored n'est pas un disque de "jazz rock" ! Et ça, c'est plutôt une très bonne surprise d'autant que leurs deux précédents e.p. BEP et EPC, abrupts et froids, ne nous avaient pas franchement convaincu.

Ce qui est évident dès les premières notes, c'est la filiation Liars/Animal Collective. Un rapprochement qui s'impose immédiatement non seulement d'un point de vue géographique (ces groupes sont voisins de paliers, ou presque) mais aussi d'un point de vu sonore. On trouve dans Mirrored la même folie, la même quête de renouveau et d'innocence. A une différence près pourtant. Au contraire des premiers, la musique de Battles est bien souvent lumineuse et enjouée, même si complètement déjantée, et par opposition aux seconds, elle est parfaitement contrôlée, tout en gardant assez d'espace et de liberté pour respirer. "Rainbow" en est le parfait exemple. Mais surtout, par delà ses qualités intrinsèques, relevant principalement d'une habilité technique et d'une maîtrise à toute épreuve (qui aurait pu se révéler saoulante sur la durée), Mirrored contient un vrai tube, ce qui est assez rare dans le domaine de la musique d'avant-garde pour être noté. Cela explique certainement aussi son retentissant et inattendu succès médiatique. Je veux parler d'"Atlas" bien sûr. Un pur moment de folie frénétique et chamanique. Une ritournelle à la fois diabolique et innocente, grisante mais difficile, et pourtant, soyez sûr qu'après deux ou trois écoutes (qui vous laisseront certainement incrédule), vous ne pourrez plus vous en défaire et vous vous surprendrez à imiter les cris égarés de Braxton, ou à chantonner cette litanie exaltée.

Ce qui nous amène à la dimension chamanique et tribale de Battles, dont les racines plongent bien évidemment dans le free jazz et par là même, dans l'héritage fantôme de l'Afrique, sa polyrythmie, sa sauvagerie, sa transe, illustrées entre autre par "Prismism", petit insère en forme de rappel séparant l'hypnotique "Bad Trails" et le très math "Snare Hangar" avec ses yodels pygmés. Enfin, Mirrored contient aussi de très belles "chansons", même si le terme peut sembler éculé pour décrire ses compositions dingos. On peut au moins dire que les Battles savent trousser d'envoûtantes mélodies. On pense à "Atlas" bien sûr pour son côté entêtant, mais aussi à "Race In" et ses faux airs d'Ennio Morricone, à "Tonto" et son intro délicate, à "Leyendecker", son rythme lourd, ses nappes, son chant extra-terrestre. Quant aux autres, "Race Out", "TIJ" ou "DDiamondd", ils dégagent une énergie et une folie rarement égalée sur disque depuis Funkadelic, Sly And The Family Stones, Sonic Youth, TV On The Radio ou Don Caballero. A ce propos, ceux qui auront la chance d'assister à ce déchaînement sonore, sur scène, le samedi 26 à la Maroquinerie, risquent bien de rester durablement scotchés puisqu'on annonce des concerts surpassant largement l'album. Ne ratez pas ça ! Quant à Mirrored, il est intégralement en écoute sur le profil myspace du groupe.

Battles - Mirrored (Warp/Discograph, mai 2007)

Battles en concert le 26 Mai 2007, le samedi de 19h30 à 21h30 à LA MAROQUINERIE, 23 Rue Boyer, 75020 PARIS.


Transe en danse

Posté par Maxence le 05.05.07 à 12:15 | tags : youtube, électro, punk, jazz, rock

Lu sur Youtube à propos d'"Atlas", morceau phare du Mirrored des New Yorkais de Battles : "Hated the voice at start, but now i just love the song" hé bien c'est exactement ça. Et tout l'album est de cette trempe, étrange au début (c'est du Battles hein) et de plus en plus prenant au fur et à mesure des écoutes. Une pièce de transe de plus en plus incontrôlable, comme si Animal Collective s'inspirait plus des sons du hardcore 90's (Unsane, Fugazi) et les croisaient avec les délires actuels de Liars. Un ovni ! Prenant. On en reparle bientôt. (Merci 2Goldfish)


Getatchew Mekuria & The Ex : Jazz éthiopique

Posté par Maxence le 06.02.07 à 18:45 | tags : jazz, punk

Depuis Broken Flowers, le dernier film de Jim Jarmusch avec sa bande son faisant la part belle à la musique éthiopienne, on ne peut nier l'engouement actuel pour la scène musicale de ce mystérieux pays (du moins pour nous, lointains occidentaux). Du barde aveugle Mohammad Jimmy Mohammad, à la discographie du mythique chanteur Mahmoud Ahmed, en passant par les travaux visionnaires du légendaire saxophoniste Getatchew Mekuria, chaque mois ou presque nous apporte son lot de nouveautés en provenance direct du pays du Négus, patrie d'origine de la foi rastafari. Fameux saxophoniste éthiopien, Getatchew Mekuria est à l'origine d'un style musical d'avant-garde nommé Shellele. Il s'agit en fait d'une déviation toute personnelle d'un chant guerrier traditionnel, zébré de riffs de sax sauvage, proche du free-jazz afro-américain du début des 70's. L'originalité, vient du fait qu'en 1947, époque où Mekuria s'initiait au saxophone et lançait ce genre au sein de différents orchestres d'Addis Abeba, le free-jazz n'existait pas ! Accompagné par le collectif free-jazz punk et avant-impro ethno Néerlandais, The Ex, rencontré lors d'une de leurs nombreuses tournées en ethiopie, Getatchew Mekuria mêle son style rythmique si particulier, aux bouffées de folie de la bande des Ex. Pour avoir une idée du vibrato émouvant, allant du fragile au tonitruant, développé par Getatchew, il suffit d'écouter le solo de la troisième minute d'un morceau comme "Eywat Setenafegagn", où de prêter l'oreille aux accélérations incroyables du saxophoniste qui s'emballe et porte littéralement tout le groupe (plus de 12 personnes, quand même !) sur "Ethiopia Agere". Le décollement de tympan, induit par les poussées hystériques de ce bonhomme de 70 ans, finit par induire une véritable transe épileptique. Précurseurs de tous les Sonny Rollins et Ornette Coleman de la terre, Getatchew est aussi à l'origine d'une forme d'énergie très punk. La furie d'un titre comme "Aymotche Terabu" et les trépidations de "Ayanamayé Nesh", sont là pour en attester. Par delà les modes, par essence passagère, la musique de Getatchew Mekuria est à découvrir. Qu'on se le dise.

Getatchew Mekuria & The Ex - Moa Anbessa (Terp Records/www.wallboomers.com)


Billy Idol : OMG WTF

Posté par 2goldfish le 16.11.06 à 10:10 | tags : rigolo, jazz, youtube, vidéos musicales
Dès qu'il commence à entonner White Wedding Christmas, on attend patiemment le moment où ils va quitter le mode swing façon Des Chiffres Et Des Lettres pour son habituel mode punk pour supermarchés, et là, surprise... Non, je ne vous dis rien, regardez. Irving Berlin, Bing Crosby et David Hasselhoff doivent se retourner dans leur tombe.

Ce que je n'aime pas chez Pitchfork

Posté par Flyer le 13.11.06 à 18:15 | tags : web, à lire, rock, jazz, hip hop, soul, pop
PitchforkTout le monde connaît Pitchfork, "the" média des popeux geeks qui chroniquent tout en 4000 signes, jusqu'à l'excès, mêlant les genres et éclatant les frontières musicales dans le même élan hyperspatial. Ne me comprenez pas mal, dans l'absolu, c'est très bien. En pratique, Pitchfork nage pas mal. Et cela en partie à cause de la pire idée imaginable pour un mag', et pourtant érigée sur le réseau en trouvaille et référence majeure : la notation sur dix.
Une superbe fausse bonne idée, aussi ludique que désastreuse pour le propos. Le résumé minimaliste ultime d'une critique entièrement subjective, qui sur Pitchfork n'est définie par aucune marge ni aucun domaine. Tout juste apprendra-t-on en furetant sur le site qu'un 10 n'a jamais été donné (il me semble pourtant qu'à une époque, le premier disque de Clogs jouissait de cet extrême), et que la plus haute note, un 9,7 sert une collection de singles de la Motown, tandis qu'un 0 (avec une vidéo de singe qui boit son pipi) éclate l'album de Jet. Pour l'entre-deux, tout est permis.
En floutant par un référentiel absolu les différences entre les artistes, les genres et les albums, Pitchfork infantilise les lecteurs, propage le fight du chiffre, la polémique de la décimale. Le dernier album de Nelly Furtado est-il réellement un tiers mieux que le double des Red Hot ? Le nouveau Justin Timberlake (8,1) vaut-il autant que le dernier Animal Collective, auquel cas vaut-il mieux s'acheter l'album de Lily Allen (8,3 !) ? En tout cas, évitez Beirut (7,7), ils n'ont même pas un point de plus que le Best of de Moby, d'ailleurs Devendra Banhart a un 8. Et dire qu'on vous a bassiné avec Akron/Family alors que leur Meek Warrior (7,2) vaut 0,1 de moins que l'affreux Reality de Bowie.
Recent ReviewsSi Pitchfork a, au fil des ans, su se donner une réelle importance en terme de médias musicaux en ligne, le site se dévore désormais à force d'élargir son autorité. En février 2006, Ryan Schreiber déclarait en interview à JM d'Interprétations Diverses avoir lancé Pitchfork (sous un ancien nom) en 1996 pour palier à la pénurie de résultats sur les moteurs de recherche dès qu'on tapait le nom d'un artiste un peu confidentiel. Dix ans plus tard, Pitchfork est partout, distribuant ses notes aux derniers nés d'Outkast à Madonna en passant par Moby et le tube des Pussycat Dolls. Mais a oublié Père Ubu sur le quai. Ce qui pourrait n'être qu'une faille dans la machine apparaît comme un symptôme. La case Recent Highlights (mises en avant) propose 4 fois sur 5 des albums qui n'ont pas grand chose de sexy, souvent démolis par le site, mais qui font partie de ses pages les plus visitées. En prenant de l'espace et du poids sur le Web, la référence se tarit.
Click it BitchSoyons honnêtes, au jeu de l'équilibre entre le populaire qui fait de la visite et assure une audience plus-value au site et la critique pure et dure qui lui confère sa popularité critique, Pitchfork s'en sort encore très bien. Mais il est loin le temps où La Fourche (traduction de Pitchfork) était le symbole d'un site qui distribuait les coups de piques aux mauvais élèves et se faisait l'arme des pauvres, en lutte contre les puissants déjà en place. Le site est en conversion (PAS reconversion, notez bien), et incarne de plus en plus le type même du média Web capable de survivre dans la jungle en trois W.
Tous les grands magazines musicaux ont amorcé ce virage en leur temps et très peu l'ont réussi. Dans le cas des critiques pop-rock, il semblerait même que la norme soit de finir vieux con un jour ou l'autre, qu'on le veuille ou non.
Reste à espérer que le Webzine à la fourche réussira à tenir sans trop se trancher les oreilles.

Edit'Over : Pere Ubu, Jarvis, Babybird et la zik 'de cul'

Posté par Flyer le 12.11.06 à 09:09 | tags : web, news, copinage, flu, bob dylan, jazz, édito, michael jackson
Pere UbuTancez le ciel, sortez les tricots, brûlez vos Cd pour vous tenir chaud, l'automne s'affirme et refroidit les peaux.
Qu'est ce qu'on a bien pu inventer pour vous convaincre de rester traîner aux alentours de notre petit univers orange ? On est parti taper dans le gros et le lourd : Père Ubu, avec son nouvel album Why I hate Women doublé pour l'occasion de leur album d'alternate mixes (un remix des masters par les propres membres du groupe, dont David Thomas himself), Why I remix Women.
On s'est ensuite penché vers de vieux oiseaux chanteurs tombés de leur branche il y a dix ans, et qui tentent aujourd'hui de redécoller : Jarvis Cocker d'abord, qui a rencontré le trottoir avec la tête en sortant son Jarvis. Et le bon Stephen Jones, alias Babybird, l'handicapé de l'âge adulte qui nous relance son désarroi adolescent au visage dans un disque inégalement délicieux, Between my ears there's nothing but music. Ni dandy pop, ni copain de Charlotte G, Babybird garde la tête simple et la musique compliquée, on aime ça.
Enfin, dans la série des jolis dossiers à butiner, après Michael Jackson et Bob Dylan, on s'est simplement attaqué à l'Histoire du Jazz en 9 leçons. Sous la plume de Maxence, embarquez à bord du saxo ivre pour une virée toute en sons et images. Jass Music forever...

Louis ArmstrongSur Playlist, le concours pour gagner le nouvel album de Cibelle est toujours ouvert jusqu'au 14 novembre à minuit. Et côté forum musique, j'ai la joie de vous annoncer la naissance de notre sympathique rubrique Métal, un petit débat nul Pink ou Avril Lavigne ?, une excellente vidéo du briton Adrian Legg qui joue tout un morceau en tripotant ses mécaniques, la liste des traîtres du rap, et un lien vers les chelous mixs porno d'Hurlante Nova.

Enfin, et histoire d'être raccord avec mon titre, je signe ici mon dernier édito, puisque je vais m'envoler pour d'autres aventures de l'(hyper?)espace de l'infini dès vendredi prochain. Cette nouvelle en réjouira certains et en attristera d'autres (genre ma mère). En tout cas, il me reste une semaine pour vous faire marrer ou vous fiche la haine.
Anyway, la citation de mon dernier édito sera : "J'aimerai terminer sur un message d'espoir, mais je n'en ai pas. En échange, est-ce que deux messages de désespoir vous iraient ?"

Festival Factory à la Cigale

Posté par Flyer le 28.09.06 à 16:16 | tags : live, news, agenda, électro, jazz
FactoryLancé en octobre 1999, sous l'initiative du Festival d'Ile de France, le mini-festival Factory présente depuis 7 ans une scène jazz et électronique de haut niveau, aux mots d'ordres "novateur, expérimental et actuel", et qui se porte de mieux en mieux, en témoigne le portage de l'édition 2005 du festival des planches du Trabendo vers celles de la Cigale.
Niveau programmation, cela donne (dont nous avions adoré le nouveau disque Scale) avec Joakim le samedi 14 octobre ou encore Bumcello, Birdy Nam Nam et Sub. Sufi. Soul vendredi 13.
La programmation complète, ainsi que la présentation des artistes, est à découvrir par ici.