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Musique à l'état brut, directement de l'instrument à vos tympans. Ici, on parle de live, enregistrements du passé, espérances à venir (sur scène).
Interpol à Forest National (Bruxelles) : toujours du solide !
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Deux jours après leur passage convaincant au Zénith, les New-Yorkais d'Interpol était en transhumance au Forest National de Bruxelles, l'une des plus grandes salles belges (entre le Zénith et Bercy), bourrée à craquer pour accueillir les jeunes prodiges et leur album Our Love to Admire. Précédés des peut-être surcôtés Blonde Redhead dont la prestation aura pâti d'une sonorisation médiocre, les 4 membres historiques d'Interpol et leur nouveau clavier ont emballé un set plus que sérieux et inspiré, mettant de leur côté un public conquis bien qu'assez peu remuant en dehors des "PDA" et "Slow Hands" d'usage. Si la qualité de leurs albums studio va decrescendo (on est en droit de préférer le 1er au 2ème et le 2ème au 3ème), les prestations du groupe sont en revanche meilleures avec le temps, laissant plus de place à de légères variations qui, si elles ne peuvent pas encore être assimilées à des improvisations, suffisent à donner un peu de vie à l'ensemble. Quelques mots entre les titres, un salut en français, un merci et, par exemple, une splendide intro instrumentale qui amène, lors du premier rappel, "PDA" et qui sont autant de preuves que les Interpol se sentent à l'aise et s'affranchissent (légèrement) du modèle ultraprofessionnel de leurs premières tournées. Sur scène, la voix de Paul Banks semble avoir encore gagné en puissance et s'affiche comme un double sonore aussi inquiétant, maniable et gracieux que celle de Ian Curtis. Le principal atout d'Interpol, mis en valeur par les dernières compositions ("Rest My Chemistry", longuet mais joliment interprété, "Pioneer to The Falls" très bon), est plus hallucinant que jamais. Banks s'époumone sans ouvrir la bouche, monte en volume et module sans donner l'impression de fournir le moindre effort, réussissant le prodige d'emplir de ses menaces et de ses plaintes une arène de quasiment 10 000 personnes par dessus des guitares tapageuses. Daniel Kessler assure, derrière l'élégance de ses comparses, un spectacle assez dérangeant et ridicule de danse vaudevillesque, fendant la scène d'un pas qui rappelle celui de Bourvil. Carlos baisse les épaules à la basse et enquille cigarette sur cigarillos. Le batteur Fogarino, qu'on dit le véritable leader du groupe (car le plus âgé) réunit de temps à autre ses troupes autour de sa caisse pour un briefing d'équipe de rugby. En milieu de set, le groupe place un "The Lighthouse" expérimental qui n'a malheureusement pas, dans cette salle immense, la récompense à l'applaudimètre et la poésie escomptées. Le moment même décevant reste impressionnant de cohésion et de mélancolie. "Heinrich Manoeuver" fonctionne bien mais ce sont les titres les plus connus du 2ème album qui recueillent le plus de succès : "Evil" et "Slow Hands" en tête, signent que les kids (trentenaires pour la plupart) ont vraiment mordu à l'hameçon à ce moment-là. Sur le plan musical, on continue de chérir particulièrement les morceaux de Turn On the Bright Lights qui trouvent sur scène une énergie et une densité extraordinaires : "PDA", "Obstacle 1", "NYC" et "Stella Was A Diver" (en rappel) figurent parmi les meilleures chansons indie rock de ces 5 dernières années. Le nombre des titres joués tirés de l'album de 2002 ne laisse pas dupe et laisse à penser que le groupe sait déjà (sans se l'avouer) que le meilleur est... derrière lui. Arc-boutés sur un son cold wave qui rappelle les belles années de Cure, les Interpol dégagent alors une vraie force collective qui ne s'assied jamais sur les mélodies. Le "romantisme noir" du groupe, au bruit clair comme de l'eau de roche, fait fondre les Belges comme des gauffres. "Leif Erikson" et "The Specialist" (mes deux titres préférés) manquent à l'appel des 1h45 de concert (Interpol rajoute un second rappel) mais je me console en rêvant du quatuor en groupe de vieux briscards à la Cure, jouant d'ici 10 ou 15 ans des sets de 2h30 et leur premier album dans l'ordre comme s'ils y croyaient encore. Le gros Robert est annoncé au Forest National pour février ou mars 2008 et les spectateurs promettent de s'y retrouver. D'une grosse machine splendide et sans âme, le groupe a grandi pour proposer un spectacle sans sueur mais globalement émouvant et ultrasolide. On peut dire de la musique et du style du groupe qu'ils appartiennent au passé et non à l'avenir du rock; mais de ce passé, on ne se fatiguera pas de si-tôt.
Katerine part en live, vous aussi ! Deux ans de tournée, deux années à s'exhiber en col roulé rose pâle, deux ans de "Et je coupe le son, et je remets le son". Fatigué, certainement, Katerine met fin à cette série de concerts qui l'a emmenée partout en France de 2006 à 2007 en sortant Border Live + Studio Live. Studio Live c'est un peu un faux live ! Même si le nom comporte le mot "studio" on s'attendait, au moins moi, à un live, un vrai, avec clap, clap et pains à la guitare ! Studio Live c'est au final une session enregistrée en studio mais dans les conditions du live, le CD reprenant les titres de l'album "Robots après tout".Le DVD, lui, contient un doc de 90 min que Gaetan Chataigner a réalisé durant la tournée (21 titres), des clips extraits de "Robots après tout" et des clips des personnages que Katerine a inventé, Boulette et Le Général Fifrelin. A cette occasion, le site Borderlive organise un concours de réalisation de clips... ...De notre côté, on organise aussi un concours pour gagner des CD/DVD. Daft Punk en live, c'est clairement...... "Harder Better Faster Stronger" !!! Non ? Bin si ! Dévoilé officiellement sur MTV, le clip officiel du single "Harder Better Faster Stronger" (Alive 2007) de Daft Punk est enfin disponible. Réalisé par Olivier Gondry (le frère de Michel), le clip exploite les images prises par 250 caméras confiées au public lors du concert de Brooklyn, le 9 août dernier. (via Unblogged.fr)
Soirée Macumba au Festival des Inrocks 2007 20ème anniversaire oblige, le festival des Inrocks 2007 avait placé son ouverture sous le signe de la fête à neuneu : concert fiesta à la Cigale avec les Happy Mondays en tête d'affiche et sauterie en te-boî avec des surprises à la clé (que je ne connais pas, faute d'y être allé). Ayant échappé à la vague carnavalesque qui semble déferler sur les milieux rock branchés, j'ai pris dans la face le discorock (europop ? ploucmambo ?) des Parisiens de Koko Von Nappoo, groupe très looké qui envoie une musique transgenre entre Morcheeba et Beck. Bon flow, élégance branchée imparable et jolie fille au clavier qui permet de goûter à sa juste valeur (laquelle ?) ce revival dansant aux beats un rien passés de mode partout ailleurs. La prestation des très attendus brésiliens de Bonde Do Role, vendus, depuis un an, comme la nouvelle merveille musicale, m'a convaincu que les scènes électroniques avaient une longueur d'avance sur la sophistication sonore. A coups de samples, de raps qui font passer Mickael Youn, ses Bratisla Boys et n'importe quel groupe français pour Dr Dre, la prestation amusante sur ses 10 premières minutes, sautillante, vaguement dansante et évoluant entre musique de dancehall, saillie punk et spoken word hirsute, ne m'a pas convaincu. Le groupe nous ramène au moins vingt ans en arrière et serait parfait pour animer les fêtes de mariage ou les soirées dansantes de n'importe quelle boîte de nuit après un bon ball-trap. Le croisement entre l'esprit de Patrick Sébastien et le son de Daft Punk, période débile, ne séduit pas tout le monde. Le décalage s'observe dans la salle où un public tendance trentenaire avancée (tête d'affiche oblige) s'oblige à bouger le cou et les oreilles pour rester dans l'ambiance. Entre les deux pochades, une sorte de Beck ultradoué dont je n'ai pas capté le nom (une chanson sort du lot : "I know Karate") assure un interlude original et foutraque d'une dizaine de minutes qui enterre par son amateurisme et son énergie les 2 groupes dont il se devait d'être le faire-valoir. Il restait aux Happy Mondays la lourde charge de rattraper tout ça, ce qu'ils feront les mains dans la poche et avec un grand professionnalisme (malgré quelques problèmes de son qui gâcheront le meilleur titre de l'album Unkly Dysfunktionnal, "In The Blood", et interrompront en plein milieu le morceau précédent) pendant... 1 heure et 5 minutes (sans rappel).La bande de Shaun Ryder, presque aussi mince et classieux que lors de ses meilleures années (casquette blanche vissée sur le crâne, lunettes noires et qui ne bougera de son carré de 25cm de côté que pour aller s'asseoir, aller pisser ou aller chercher une mousse en coulisses), la joue légende vivante et se hisse presque à la hauteur de sa réputation, déjante et agonie sublime en moins. Bez assure le show en façade avec leur chanteuse-choriste black à voix, tandis que les Mondays alignent anciens tubes (un "Kinky Afro" incisif à l'ouverture, une version somptueuse de "Loose Fit", un excellent "Step On" et son classique "You're twistin my melon, man" et le très très planant et simbiotique "Hallelujah") et titre du très bon dernier album ("Jellybeans", "Unkle Dysfunktional"). Le rap de Ryder est toujours aussi bon et canaille et le son mi-funk, mi-raisin rock imparable. La comparaison entre les vieillards et les prestations précédentes laissent ces derniers à des années lumière dernière, même si, là aussi, l'effet nostalgique joue plein pot. La scène est régulièrement envahie par des trentenaires pacifiques et un rien grotesques : je ne savais pas qu'on pouvait monter sur une scène avec un sac à main. Toujours est-il que le show fonctionne et met le feu au dance-floor, mêlant un public bigarré entre rockeurs égarés, teufeurs et filles à franges. Un sentiment de mélancolie envahit parfois l'auditeur incapable de retrouver néanmoins l'effet que cette musique pouvait produire à sa grande époque. On imagine la détresse d'un Bez obligé de faire le clown pendant une heure, complètement sobre... O tempora, o mores, on s'amuse comme on peut. Le set s'achève un rien brusquement et la magie se dissipe aussi vite qu'elle était venue. Métro, dodo, sans extase, ni ecstasy. Bienvenue dans l'âge mûr.
Brian Wilson, le retour de la revanche du Beach Boys
Brian Wilson a beau porter le jaune poussin, on ne peut pas s'empêcher lorsqu'on le voit sur scène de lui trouver un air gâteux. Lors de ses derniers concerts, à Paris et à Londres, partout en Europe pour présenter l'album mythique, enfoui pendant trois décennies, sous ses névroses, Smile, Wilson paraissait parfois perdre pied, laissant à ses musiciens le soin de donner corps à ses inspirations géniales. La voix fragile entravait à peine les harmonies célestes composées jadis pour ses frères, cousins et amis Beach Boys et aujourd'hui interprétées seul ou avec des choristes professionnels. Revigoré par ce tour triomphal, Brian Wilson a remis le turbo et achevé l'écriture d'un nouveau cycle de chansons, donné pour la première fois sur scène, il y a quelques semaines, dans son nouveau fief londonien, le Royal Festival Hall. That Lucky Old Sun est le titre de ce nouveau cycle de chansons (qu'on trouve depuis en téléchargement un peu partout), ensemble de 10 chansons entrecoupées de textes composés pour l'occasion par Van Dyke Parks, son complice et parolier préféré, et évoquant la vie in Los Angeles. Le nouveau cycle nous ramène près de quarante ans en arrière, à l'époque de Smile et de la Californie de l'Age d'or : les textes sont enjoués mais traversés parfois de doutes et de cicatrices. La musique, un rien kitsch et qui peut paraître dépassée par son temps si l'on ne dépasse pas l'écueil que peuvent représenter les arrangements wilsoniens, se hisse néanmoins sur plusieurs des titres au niveau des meilleurs morceaux de l'époque. Il ne faut pas plusieurs écoutes pour qu'on ait l'impression d'avoir déjà entendu "Forever You'll Be My Surfer Girl", titre au romantisme et à la beauté instantanée, ou le mélodique et gracieux titre éponyme. "Midnight's Another Day" est un modèle de précision minimaliste, tandis qu'Oxygen vous procure au bout de trois mesures un afflux d'ondes positives dans le cortex. S'il est difficile de promettre une postérité à That Lucky Old Sun, l'expérience sonore est suffisamment vivifiante pour qu'on y prête une oreille. On a coutume ici de considérer qu'il n'y a pas de bonne musique joyeuse. Avec sa délicatesse élégiaque, Wilson est, depuis toujours, l'exception qui confirme la règle.
Concours Sigur Ros : places pour l'avant-première On a évoque la sortie du DVD des Islandais il y a peu de temps et on ne peut s'empêcher d'en remettre une couche. Heima sort le 5 novembre dans une édition simple et collector. A cette occasion, Sigur Ros a entamé une petite tournée de promo et d'avant-première. L'avant-première mondiale a eu lieu à Reykjavík fin septembre, le groupe passe ensuite par la Belgique, l'Allemagne, l'Italie et par la France. Le groupe sera de passage le 16 octobre à Paris pour une projection de ce film et en profitera pour assurer un set acoustique de 3 titres. On a raté le coche pour la première mondiale, mais pour la projection de Paris, Flu vous offre des places pour 2 personnes. Comment faire ? Allez sur la page concours de Fluctuat. Live report : Jesus & Mary Chain en concert à Rock en Scène![]() On annonçait une possible reformation du groupe culte des 80's, Jesus & Mary Chain. C'est aujourd'hui chose faite puisqu'ils se sont produits à Paris le 25 août dernier au festival Rock en Seine. En exclusivité Fluctuat et Playlist, un live report et deux photos, signés Guillaume B. : Difficile de critiquer les Jesus and Mary Chain. Aussi c'était cool de les voir de nouveau sur scène, même si on n'entendait que les basses qui vous massaient les intestins, même si William Reid, énorme, était sans doute déjà assez bourré pour se planter dans tout les passages clef et pour détruire "Some Candy Talking". Même si Jim Reid avait l'air de vouloir se barrer pendant tout le concert, lucide, comprenant que décidément jamais ils ne reussiront à avoir le succès qu'ils ont merité (du moins jusqu'à Honey's Dead). Le public a tout de même eu droit a deux nouveaux morceaux, laissant présager un nouvel album malheureusement caricatural. Et puis il y a eu la fin, très belle, reverence contre toute attente, avec enfin le son de guitare de JMC, et là je me suis dit que ca valait le coup encore. Il manquait juste ça ! ![]() Tool vs Björk à Rock en Seine Après Arcade Fire, très belle tête d'affiche de vendredi à Rock en Seine, Tool et Björk ont eux aussi tenté de remplir cette mission. Samedi pendant la journée, quelques porteurs de t-shirts Tool ou A Perfect Circle parsemaient ici et là le Domaine National de St Cloud. L'effet grande scène d'un festival oblige, le public était déjà assez nombreux avant le début du concert ; certes rien à voir avec celui venu en masse pour les Canadiens la veille...je me demandais alors combien on serait à la fin du concert, voire dans une demi-heure. Chez Tool, il n'y a presque rien à voir, ou du moins ce n'est pas vraiment sur scène que ça se passe. Le groupe propose une sorte de concert virtuel, une sorte car les membres de Tool sont quand même bien présents. Ils sont quatre, et Maynard James Keenan, le chanteur, se place à l'arrière de la scène sur une estrade. En ombre chinoise, Keenan entretient le culte que les fans vouent à sa voix si particulière dans le domaine du rock métal/progressif. Une voix étonnamment douce et apaisante à certains moments et d'autres fois carrément plus rageuse. Les autres membres se cachent derrière leurs instruments ou leur cheveux. Le spectacle n'est à pas à proprement dit sur la scène, mais plutôt sur l'ensemble du dispositif qui comprend deux écrans disposés aux cotés de la scène. Deux écrans qui diffusent continuellement les clips et autres créations visuelles apparentées au groupe. Certaines images sont assez vilaines et relèvent au mieux des animations du lecteur Windows Media, tandis que le reste frôle étrangement le très beau. Etrangement oui, car l'univers de Tool est sans lumière et habité de corps désarticulés et malades. Difficile de ne pas se laisser happer par ce concert, par cette chape de plomb sonore qui s'abat, par ces images en boucles... L'aspect visuel prend parfois beaucoup trop le dessus sur le concert en lui-même. Pendant la première partie du set le groupe plante son ambiance pesante et atmosphérique. Côté setlist, j'ai retenu "Stinkfist" et son riff en intro qui ravit à chaque fois comme un coup de massue, et "Vicarious" extrait du dernier album. A une bonne moitié du concert, le temps se fait pourtant long, il se fait tard et avouons-le, même si le succès du groupe n'est plus à prouver, leur programmation en tant que tête d'affiche d'un festival assez grand public comme Rock en Seine m'interpelle. Le lendemain, la présence de Björk en tant que tête d'affiche n'étonnera personne, son statut n'est plus à prouver. Tout concorde à faire de son concert, un moment d'exception : sa présence vocale, la section de cuivres qui l'accompagne, la qualité des chansons, sa capacité à réinterpréter ses compositions...Et Björk en elle-même, petit bout de femme aux pieds nus et empapillotée dans une robe-couverture de survie. "Yoga", "Pagan Poetry", "Earth Intruders", "Declare Independance", "Army of Me", "Hidden Place" interprétés avec savoir-faire par Björk et ses musiciens. Le concert alternera moments calmes et passages techno sur la fin. Tout est savamment mis en oeuvre pour magnifier ce concert. La scène a été redécorée à l'aide d'étendards (à l'éffigie d'animaux), certains musiciens/choristes ont le front maquillé et le bouquet final c'est cette explosion de cotillons dorés. Tout était donc là pour en faire un concert parfait. Etait-ce trop ? Trop préparé, trop parfait ? Björk a-t-elle encore les moyens de nous suprendre en live ? Rock en Seine sous une arcade en feu![]() Un titre poétique pour un concert au lyrisme assumé. Un concert oui, mais aussi un spectacle, une mise en scène. L'arrivée du groupe est précédée par une vidéo pour le moins étrange : une bonne femme aux allures de prédicatrices parlant dans une langue indéterminée. Il fait noir sur le Domaine de St Cloud et Arcade Fire arrive devant un public plein d'attentes et sur une scène transformée en choeur d'église. Un orgue trône à l'arrière de la scène tandis que des grands livres ouverts, pour ne pas dire des bibles, en néon illuminent le décor. On ne les compte pas, les Arcade Fire sont assez nombreux sur scène mais chacun d'entre eux y trouve sa place. Un violon pour souligner la finesse de leurs compositions, une section de cuivres pour magnifier le tout et des choeurs sur scène et dans le public pour la communion. Pour sa setlist, pas de fausses notes : équilibre parfait entre leurs deux albums Arcade Fire et le dernier en date Neon Bible. Expérience mystico-spirituel quand Régine Chassagne se place derrière l'orgue pour jouer les premières notes de "Intervention". Petit temps mort au moment du titre "Neon Bible" puis le concert reprend de ses forces grâce à l'enchaînement parfait des titres suivants (de mémoire) : "Ocean of Noise", "Neighborhood 1 (Tunnels)", "Power Out" et "Wake Up". Un final, avant un rappel, époustouflant et magnifique. Comme si les gens n'attendaient que ça, comme si le public pressentait la fin du set et ses derniers moments d'émotions, tout le monde chante et gueule sur "Wake Up", comme s'il ne restait plus que ça à faire. Oui, Wim Butler a des allures de prêtre, oui, on l'a vu faire le signe de croix à la fin d'une des chansons et oui, l'image est facile mais flagrante. Ce concert avait tout d'une messe, d'une communion exceptionnelle entre le groupe et son public, le plaisir était sur scène et en dehors. Voir et entendre des milliers de personnes chanter derrière un groupe reste une des plus belles images de ce concert, qui a été le plus réussi de ce festival. Crédit photo : Nicolas Joubard Le magic de Les Hives![]() Ce Pelle Almqvist a tout de l'empereur mégalo : grand, ego surdimensionné, toujours au devant de la scène, toujours en train de blablater, de se croire sur la scène d'une tragédie romaine. Le concert de The Hives ce n'était finalemrnt pas qu'une pièce de théâtre, mais juste un pur moment de bonheur à base de "j'ai des crampes dans ma jambe droite", "j'ai la hanche qui me démange"...mais qu'est-ce qui m'arrive ? Derrière leurs costards bicolores, les Hives ont quelque chose de coincé, mais au contact de leur instruments les cinq Suédois sont fantastiques ! Ce n'est pas le chanteur du groupe qui vous dira le contraire. Le jeune homme s'était fixé comme mission de nous faire passer un bon moment et pour s'en assurer chaque titre était précédé de son petit show. Dans le rôle du Suédois qui parle anglais avec l'accent français, Almqvist interpelle donc la foule à base de "Hmm, les Hives c'est bon", "c'est fantastique", "alors les french people"...et ce "c'est le magic de Les Hives". Quand il ne discourt pas, le leader des Hives chante également et s'agite comme un pantin. Le concert en lui-même a été fort en décibels, en riffs claquant sur les fesses, en cris sauvages. Le temps d'une setlist où presque aucun tube du groupe n'a manqué, le public de la Grande Scène s'est vite transformé en une armée de poings levés...des manifestants prêts à suivre au pied de la lettre, les instructions de leur leader bien-aimé....Walk Idiot, Walk !!! Moi, c'est tout vu, demain je m'achète une paire de chaussures blanches et je fais le grand écart...comme Pelle. Ce qui transparait déjà à l'écoute de leurs cds, éclate ici au grand jour. Le constat est simple et sans appel : si The Hives c'est bien sur CD, en concert c'est juste magique et on ne peut que constater les dégâts ! The Hives ou l'art de rendre au live rock ses lettres de noblesse. Crédit photo : Miller Extraits de Rock en Seine![]() Rock en Seine et ses trois pôles : la Grande Scène, la Scène de la Cascade et la Scène de l'Industrie. L'espace ne manque pas au Domaine National de Saint Cloud, alors on passe plus de temps au téléphone et à faire des aller-retours telles des fourmis travailleuses entre chaque scène. Conclusion de la première journée et là je ne vous apprends rien : il est assez difficile de voir un concert en entier, si ce n'est le tout premier de la journée, celui de Dizzee Rascal. Oui, le festival en question s'appelle ROCK en Seine et inaugure sa 5ème édition avec le plus connu des représentants de la scène grime. Et voilà comment on se retrouve à 15h30 à écouter le phrasé percutant et le son froid de ses compositions. Il était certes tôt, et on aurait plus vu, Dylan Mills se produire en soirée, dans la nuit noire, mais tout de même, il était là, accompagné d'un autre MC et d'un Dj. Equipement minimal donc : "2 MCs and one Dj !!", mais à eux trois ils ont réussi à éveiller l'attention du public massé devant la Grande Scène. Le titre "Temptation" en duo avec Alex Turner des Arctic Monkeys (présent sur la platine, pas sur scène !), son "Fix Up, Look Sharp", Dj Semtex (lointain sosie de Shaun Ryder des Happy Mondays) qui "mixe" avec son nez et le tour est joué, Rock en Seine a commencé, sans riffs de guitare et sur un très bon concert. Pour les bouts de concerts : M.I.A., vu de loin, ça ressemblait à une petite poupée en legging doré et en veste de sécurité routière orange. Un son qui crachait un peu, elle qui chante faux, la sauce n'a pas vraiment pris...enfin sur 3 titres mon jugement n'est pas défintif. Côté extraits, les 2 Many Dj's sont des experts en la matière. Impossible de se poser sur un seul titre pour danser et profiter de l'instant présent...un remix de Gossip qui commence et hop on vous coupe l'herbe sous les pieds, agaçant sur la fin. La première journée, prendra fin, sur le final du concert de Unkle, que je croyais presque mort. Arrivée au moment de "Rabbit In Your Headlights"/"An Eye for An Eye", je me demande alors s'ils ont joué des titres plus récents. Rock en Seine, le grand départ![]() La vie est belle pour les rédacteurs de Playlist : tandis que certains sont envoyés en Bretagne à la Route du Rock, d'autres sont expatriés à la Porte de Saint-Cloud à Rock en Seine...mouais, pas très équitable tout ça. Donc pas de galette-saucisse, pas de Fort de St-Père, pas de navette, a priori pas de bottes Aigle chopées au Décathlon du coin, non, juste son ticket de métro et un courage absolu pour affronter la ligne 10 du métro parisien et atteindre Rock en Seine. Donc 3 jours à arpenter le Domaine National de St Cloud à la recherche du ou des concerts ultimes parmi tout ça : VENDREDI 24 AOÛT Dizzee Rascal, Mogwaï, The Hives, Arcade Fire, Dinosaur JR, The Shins, M.I.A., Emilie Simon, 2 Many DJ’s, Rodeo Massacre, Rock & Roll, Hey Hey My My, Biffy Clyro, Noisettes, Unkle SAMEDI 25 AOÛT The Fratellis, Cold War Kids, Jarvis Cocker, The Jesus And Mary Chain, Tool, Puppetmastaz, Hellogoodbye, Erik Truffaz, CSS, Les Rita Mitsouko, I Love UFO, Pravda, Calvin Harris, Terry Poison, Alpha DIMANCHE 26 AOÛT Björk, The Horrors, Mark Ronson, Kings Of Leon, Faithless, Bat For Lashes, Devotchka, Kelis, Just Jack, Craig Armstrong, Housse de Racket, Nelson, Albert Hammond JR, Bromheads Jacket, Enter Shikari Verdict à suivre à partir de demain ! Putain de Sonic Youth![]() "Trop long ?!!" Cette phrase (à prononcer dans un étranglement), je l'ai répété quelques douzaines de fois après le concert aux gens qui me donnaient leur impression générale du set. Dix neuf ans après sa sortie dans le commerce, Sonic Youth joue Daydream Nation, ce monolithe, dans l'ordre et en live. Ces 70 minutes d'indie fondateur, passées à la moulinette des années, renaissent en live avec une fureur et une arrogance bienfaitrice. Tout a déjà été dit sur ce disque bien avant que je ne le découvre, et avec un groupe en aussi bonne forme, il paraît naturel que le live ait été aussi énorme. Les fans de Sonic Youth auront vu passer la performance comme un rêve, électrique et cotonneux à la fois, expérimental, rentre-dedans, frappant de bâtardise et de grâce. Les autres auront été destabilisés par les parties expérimentales du disque/set, et les violences que Thurston Moore inflige régulièrement aux cordes de sa guitare, pour en tirer de très diverses conclusions sur la qualité du concert. "Les vieux groupes qui marchent encore, c'est ceux qui ne se sont jamais arrêtés." Un addage récupéré dans le public des convaincus, alors que le groupe quitte la scène et que le public crie tout de même sa joie en masse. Les minutes s'écoulent, durant lesquelles certains descendent du nuage. Juste à temps pour voir revenir la bande et un nouveau venu, introduit par Moore avec cette phrase : "Back to the 21th century ! My boy is gonna play some songs with us." Et voilà le fiston de Thurston fraîchement débarqué, guitare en main, qui accompagne le groupe sur six titres de Rather Ripped. Parce que jouer Daydream Nation tout seul et se casser était vraiment trop chiant et opportuniste pour eux. Côté public, c'est la cerise sur le gâteau ou la goutte de trop. La vérité, que bien évidemment je suis le seul et unique à détenir, c'est que les deux heures durant lesquelles Sonic Youth a brûlé la scène, les amplis et les tympans font partie, avec LCD Soundsystem, des meilleurs moments de tout le festival. C'est pourtant pas si compliqué, le rock est question d'audace, de son et lei fameux "esprit rock" n'est qu'un synonyme d'"intégrité artistique". "I ripped your heart out from your chest, replaced it with a grenade blast." Comment ça "trop long" ? LCD Sounsystem, I Love You
En bref, LCD Soundsystem est juste un des meilleurs groupes actuels et, comme leur set de la Route du Rock l'a démontré, il n'y a pas à s'en étonner. Quand tout fonctionne parfaitement et quand le batteur joue très vite et très bien et quand le chanteur tire le maximum de ses capacités relativement limitées et que la basse fait bouger des milliers de fesses à l'unisson et que le set compte deux prétendants à la chanson de l'année avec "All My Friends" et "New York, I Love You" (manquait juste "Someone Great", donc) tout ça semble le plus naturel du monde. Bien sûr, c'est juste ça que tous les autres groupes auraient du faire ! Pourquoi n'y ont-ils pas pensé alors que ça parait si facile, si évident ? Ca ne l'est sans doute pas tant que ça mais qui a envie de savoir comment les saucisses sont faites ? Dans la fosse on oublie vite le côté "petit malin" du James Murphy studio qui empile les clins d'oeil comme des boîtes de conserve au supermarché. On retient juste un set ultra efficace, joué à fond et sans temps morts. Au moment de se dire au revoir, on s'est partagé les tâches avec Flyer. Je voulais Sonic Youth et lui aussi. "Je ne me souviens absolument pas de LCD Soundsystem" m'avoue-t-il en usant du ton de petit garçon grâce auquel il m'a déjà refilé les Smashing Pumpkins. Je comprends pourtant parce que j'ai moi-même plus de souvenir dans mon corps que dans ma tête. Outre la ferveur du public (qui pour cet ultime concert était, reconnaissons-le, dans un état qui facilitait grandement la tâche au groupe), ce dont je me souviens c'est de notre amie paralytique dont le stoïcisme n'avait pas été perturbé une seule fois du festival. Dansant comme un fou derrière elle, je lui jetais régulièrement un oeil et je l'ai bien vue, je vous promets, elle a remué doucement la tête. Electrelane, stoner romantique![]() Il n'y a pas grand chose de générique chez Electrelane si ce n'est leur propre musique. En quelques albums et à force de concerts implacables, les quatres Anglaises se sont imposées dans la liste fermée des chouchous de festivals, attendues avec délice et entendues avec ravissement sans coup férir. Une fois n'est pas coutume, leur noyau dur de fans, qui s'étend de plusieurs rangs chaque année, se déhanchait à s'en déboîter les os, tandis que la foule, au début clairsemée, gagnait en densité avec les troupeaux de curieux séduits par leur son. Ces nanas font du stoner, alignent les riffs, carrées et régulières comme des trains, et maltraitent la masculinité du genre par leurs voix, leurs paroles et leurs nappes mélodiques. Flottantes et suaves, elles insufflent une véritable romance dans leur tempête de rock à chaud. Mais ? Oui, un tout petit "mais". Même si leur set paraît (comme à chaque fois) très court, la vague qu'elle jette sur le public a toujours la même saveur. C'est exquis, certes, mais comme sur album, Electrelane n'est pas tant un groupe qui surprend qu'un groupe qui emporte. En tout cas, ces filles-là ont des tonnes de choses à apprendre à énormément de groupes de mecs en cuir ou en Armani qui jouent les rock stars du pauvre. Et oui, les crevards à guitare : la révolte est une affaire d'émotion. Route du Rock en JPEG, les têtes d'affichesRoute du Rock en JPEG, les amuseursLa Route du Rock en JPEGOn a loupé l'accréditation photo cette année pour vous ramener de beaux clichés du devant de scène, alors on fait avec les moyens du bord pour vous donner quelques idées de ce qui s'y passe.
Pictured by 2goldfish The Smashing Pumpkins : Heavy Metal Circus
Les Smashing Pumpkins, j'ai du mal à m'en défaire. J'ai été les voir par pure nostalgie au Grand Rex en mai, je les ai croisé par hasard à Barcelone en juin et là ils viennent dans MA Route du Rock comme si je n'avais pas assez entendu "Today" et "Zero" cette année. Une bonne chose donc, que le groupe se soit radicalement transformé en quelque mois. Exit les tenues de super héros et les robes de mariée, bonjour le look euh.. clodo-chic ? La setlist, si elle fait toujours la part belle aux vieux tubes (on est dans un festival après tout) laisse heureusement peu de place aux extraits du nouvel album qui sont cependant tout à fait corrects une fois défaits des artifices de production de Zeitgeist. Des vieilleries totalement réarrangées et d'autres raretés asurent le contentement de tous, du fan (venu en masse. en grosse, grosse masse) et du passant improbable, peut-être venu pour le concert annulé de Peter Bjorn & John. Même si les sentiments exprimés par Billy Corgan semblent aujourd'hui loin de nous, lui à quarante ans assume totalement ses paroles de goth de quatorze piges et des solos de guitare à la Van Halen entre quelques roulements de batteries spectaculaires de l'excellent batteur Jimmy Chamberlin. Avec l'âge, ils semblent avoir abandonné toute fausse modestie et se lancent dans des jams parfois prétentieux, souvent trop longs mais aussi terriblement satisfaisants par moments. Corgan et son nouveau guitariste Jeff Schroeder se lancent dans des duels de solos avec la jubilation d'un joueur débutant de guitar hero. La foule est devenue une masse compacte violemment secouée par le métal et unie par les hymnes universalistes pré-émo comme "Tonight, Tonight" ou "Disarm". Ces citrouilles sont peut-être le groupe le moins dansant de tout le festival mais qui pourrait danser, de toute façon, quand il se bat amicalement avec son voisin pour assurer son espace vital ? Situé un cran au dessus de toute considération esthétique, ce bon gros show rock a emporté le public et nous avec, nous vidant de toute notre énergie. On est vraiment désolé pour CSS, d'autant plus que le bruit court que Lovefoxx a terminé le show vêtue uniquement de paillettes. Un type bourré et nu me l'a dit, en tout cas. Fujiya & Miyagi résistent à tout
Certains pissent entre copains contre la barrière pendant les instrumentaux kraftwerk-iens, mais recommencent à danser avant d'avoir refermé leur braguette. D'autres s'asseoient pendant les chansons funky/new-wave et ils ne peuvent pourtant s'empêcher de remuer la tête en rythme. Même quand je perçois avec étonnement une ressemblance avec INXS (c'est donc pour ça que Maxence les aime tant ?) je me dois de reconnaître que ça reste très bon. INXS est pourtant à ma connaissance toujours resté loin de l'esprit de tous les réhabilitateurs de la pop. Qu'y-a-t-il de si mal dans un peu de guitare funk à la javel ? Oui, Fujiya & Miyagi sont bons comme ça : j'ai presque envie d'écouter Suicide Blonde. Je n'en ferais rien, rassurez-vous. The Go! Team : Should I Stay or...
Sur disque comme sur scène, ils souffrent de toujours sonner pareil et surtout d'un songwriting faiblard qui n'est jamais caché qu'un temps par l'agitation qui l'entoure. Parfois pourtant, tous ces éléments que j'aime tant chez eux s'unissent en un tout consistant, la sauce prend - un peu par hasard semble-t-il - et le concert devient merveilleux. Ils s'échangent leurs instruments en courant, la rappeuse Ninja danse n'importe comment, le guitariste devient deuxième batteur, la choriste prend le devant de la scène et je me fends d'un de mes célèbres mouvements de danse tueurs, qui suscitent l'admiration de tous autour de moi. En tout cas l'ambiance est suffisamment enjouée pour que j'imagine cette admiration dans le regard des autres et ça me suffit amplement. Au final on reste sur une impression en demi teinte, hésitante, le concert était tour à tour moins bon et meilleur que je ne l'aurais cru, l'enthousiasme de toute l'équipe et les déclarations bancales entre les chansons de la part ailleurs charmante Ninja peuvent basculer de l'insupportable à l'irrésistible à la vitesse du vent qui fait flotter l'écran géant comme une bannière animée du futur. A la fin, l'écran aura disparu, peut-être s'est-il envolé et a-t-il pris aux pièges les VIP en dessous, peut-être a-t-il juste été décroché par l'organisation. Ainsi s'achève ce moment d'ambiguïté. Justice, c'est surfait de dire que c'est surfait
"C'est un album d'une modernité affolante, au tempo souvent lent, à la croisée du métal et de la techno, qui ravit autant les amateurs de house filtrée que les indie kids. Justice pour tous..." dit le Dossier De Presse. Menteur. Justice réanime la flamme Daft Punk avec une recette à peine mise à jour. On repassera pour la modernité. Mais est-ce que c'est mal ? Non. Est-ce que c'est pas mal ? Euh oui. Les filtres sont bidouillés, le mix balancé à la Route du Rock ressemble aux mix servis dans toute l'Europe, à un sample des Klaxons près. Pas d'avant-garde électro là-dedans. De toutes façons, ce n'est pas ce que quiconque y cherche.
Non, c'est pas nul, c'est très bien fait. Non, c'est pas bien non plus, leurs ficelles musicales ont des gueules de câbles pour paquebot. En une heure, on a le temps de danser, de sauter et de s'emmerder. Sans surprise (on est pas chez Fatboy Slim) mais avec conviction. On trouvera surtout chez Justice ce qu'on veut y trouver, du génie ou de l'escroquerie, parce qu'au fond ces mecs ne sont que des marchands de fun. Comme dans une montagne russe, tout l'intérêt réside dans la première fois. Art Brut, concert éthylique
Le groupe derrière joue un rock assez bateau, parfois avec les mêmes tics rythmiques que The National et toute l'Angleterre mais avec un flottement et une classe qui évoquent la technique de l'homme saoul de Jackie Chan. Tout semble joué à côté, tenir a peine debout et pourtant le groupe ne tombe jamais, il ne trébuche même pas. Il faut dire qu'il a le temps de retrouver son équilibre pendant les diatribes d'Argos qui nous raconte sa rencontre imaginaire avec Jay Z ou qui s'amuse à citer Morissey ou les Undertones. Je ne saurais dire s'il avait vraiment bu, ça fait longtemps que je sais que l'ivresse est la chose la plus facile à feindre, mais peu importe : il s'agissait d'un grand numéro de music hall. The Go! Team aura du mal à faire mieux. The National, de la boue jusque dans les oreilles
Ce qu'en dit le dossier de presse. "The National n'en finit plus de nous émerveiller : après un Alligator mordant, c'est au tour d'un Boxer racé de nous mettre KO. Avec une classe affolante, les New-Yorkais enchaînent les chansons d'une beauté fièvreuse, mélanges de spleen et d'espoir, aux éclats dramatiques." New York, New York... Il y a déjà trop d'adjectifs bidons dans ce dossier de presse pour être sincère. Je le sais, j'en écris aussi. Allez, je vous l'avoue, je n'ai jamais aimé The National. Deux albums qui ont la grâce d'un pet et trois concerts avec celui qui vient de s'achever à la Route du Rock : trois grandes plages d'ennui qui m'ont donné l'impression de gâcher mon temps, ma vie et mes oreilles. Qui aime The National ? Que faut-il faire pour aider The National à mieux jouer ? Route du Rock : Départ humide
Herman Dune, il n'y a pas grand chose à en dire : c'est gentil, parfois dansant, vaguement ennuyeux, un peu mignon. Leur ambition semble être de sonner comme la bande son d'un film de Tarantino. Ce qui veut dire un peu rétro, cuivré et (tant qu'ils n'apparaitront pas sur cette bande originale de film) totalement oublié. Objectif atteint. |
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