Je me suis laissé tenter cette semaine à la Péniche Excelsior du Mans (hé oui) par le nouveau groupe de Marc Huyghens, ex-Venus, baptisé paradoxalement Joy. Si le nom de ce nouveau groupe composé de Huyghens à la guitare, aux distorsions et au chant, d'une très jolie batteuse chanteuse et d'une violencelliste appliquée, est paradoxal, c'est parce que le nouveau groupe du Belge volant est tout sauf un groupe joyeux. L'autocollant distribué à l'entrée du concert le dit asez explicitement, ce Joy ne revendique pas le bonheur mais a pour sous-titre "Parce qu'on a trop soupé de la..." Joy ou quelque chose dans ce goût-là.
Sur scène, et devant la quarantaine de spectateurs réunis là par hasard ou pour le bonheur de découvrir, le trio Joy livre un concert impeccable, à l'image de ceux donnés un peu partout depuis 6 mois et qui précèdent, sûrement, la sortie d'un album à venir. Avec une petite heure de concert et une dizaine de titres à leur actif, les Joy sont assis sur un petit tas d'or soyeux. Leur musique est riche d'une belle texture musicale, très soignée, ajustée avec la précision d'une montre suisse et la dégaine grésillante d'une parfaite copie indé. Comme avec Venus, mais en moins rock, Huyghens chante l'alcool, la perte, la peine, l'amour sur un mode qui rappelle le folk rock d'un Bonnie Prince Billy parfois par ses sonorités country, plus souvent les balades hypnotiques et crépusculaires des meilleurs Low. La batteuse aux gants de velours et le chanteur déglingué (pas tant que ça) emmêlent leurs organes sur la plupart des titres pour un chant qui suggère des paysages à l'irlandaise, nuageux et fantômatiques. Si le groupe abuse peut-être des crescendos à deux voix (technique qui fatigue dans la durée et tend à lisser la singularité des titres), l'ensemble est de très très bonne tenue, très classe et d'une élégance folle. On se demande du reste si le résultat sur disque ne sera pas meilleur que le résultat sur scène.
Au final, Joy, avant même d'avoir gravé quoi que ce soit, s'impose parmi les groupes à suivre. On peut parier que le premier album du groupe ne déclenchera pas de phénomènes passionnés, pas plus qu'il ne franchira les limites d'une confidentialité admirative. Il rejoindra tout simplement la liste des disques chéris par les uns et ignorés des autres, la liste des outsiders chevronnés et inestimables auprès des Low, des Tindersticks, des frères Deus et quelques autres. Ce n'est déjà pas mal. Pour ceux qui veulent écouter cela, c'est ici pour le moment.
En l'espace de trois albums, Victoria Legrand et Alex Scally ont fait de Beach House, l'un des groupes les plus appréciés sur la scène indé US. Un duo que l'on décrit comme les héritiers des Cocteau Twins et qui de Beach House, à Devotion en passant par le dernier Teen Dream s'est placé comme les leaders d'une scène dream pop.
Une musique à dormir debout (dans le bon sens du terme), obsédante, que l'on a d'ailleurs sélectionné dans notre playlist de titres pour dormir. Avec Teen Dream, un album que le groupe a eu le temps et les moyens de réaliser sans pression, le duo devrait considérablement élargir sa fan base. Julian Casablancas, MGMT ou encore Grizzly Bear (avec qui Victoria Legrand a déjà chanté sur scène) font partie de leur admirateurs. Depuis leur débuts, chaque album est un ravisssement, impossible de ne pas les rencontrer à l'occasion de la sortie de leur 3ème opus.
Et avant de pouvoir apprécier Beach House en concert le 20/02 à Paris, un extrait vidéo de leur dernière date, c'était en août 2009 au Nouveau Casino et c'est filmé par Grandcrew.
Si vous habitez Paris, laissez-moi vous poser une question : où étiez-vous hier? Et si votre réponse est autre que "à la Maroquinerie", permettez-moi de vous dire que vous pouvez vous mordre les doigts, là, maintenant. Deux mois après leur premier concert en France à la Boule Noire qui avait marqué les esprits des 400 chanceux présents ce soir là (dont certains diront que c'était le meilleure prestation de l'année), Fanfarlo était de retour dans nos contrées.
Pour ceux qui ne verraient pas de qui je parle, ne vous inquiétez pas : c'est probablement le groupe le plus underrated de l'année dernière. En d'autres termes plus respectueux de notre langue, leur album Reservoir a largement sa place dans le top 10 des albums de 2009. Et parce que les écouter vaut mieux que n'importe quelle présentation habituelle (comparaisons hasardeuses, détails biographiques peu intéressants), nous vous proposons deux morceaux enregistrés en session live acoustique hier, deux heures avant leur concert. Et parce qu'on est super sympas, on vous indique aussi que Fanfarlo est en concert au Grand Mix à Tourcoing ce soir, et qu'il reste des places.
Le Festival Super Mon Amour!, 3ème édition, a lieu dans diverses salles parisiennes du 16 au 21 février. Quand on voit les précédentes éditions, on peut dire qu’ils n’ont pas volé leur réputation de festival phare de la création musicale émergente. Il y a deux ans, ils avaient amené dans notre capitale Fuck Buttons, Crystal Castles ou encore Telepathe ; l’année dernière, on avait applaudi Black Lips, Radioclit et Gang Gang Dance. Vous l’aurez compris, cette année encore, Super! nous gâte. Jetez-donc un œil à la programmation :
Le 16 février, au Point Ephémère : King Khan, BBQ et Beat Mark.
Le 17 février, au Social Club : Koudlam, Bot’ox, Toro Y Moi et Qoso.
Le 18 février à la Cigale : The XX & These New Puritans.
Le 19 février à la Maroquinerie : Chokebore, Le Prince Miiaou.
Réservez vos places pour le concert du Prince Miiaou et de Chokebore.
Le 20 février au Point Ephémère : Dent May, Think About Life, FM Belfast, Glass Candy, Desire, Logo, Chateau Marmont, Mondkopf, Futon et Chevalier Play.
Réservez vos places pour le concert de FM Belfast, Dent May et Think About Life.
Le 21 février à la Maroquinerie : Mugison, Tune Yards et Mumford & Sons.
Réservez vos places pour le concert de Mugison, Tune Yards et Mumford & Sons.
Gagnez des places pour King Khan

C'est presque devenu un gimmick chez la rock star anglaise. Pete Doherty donnera ce soir l'énième concert surprise de sa carrière et pour la deuxième fois à Paris. Après la Maroquinerie, c'est la Flèche d'Or qui accueillera l'artiste et sa horde de fans.
Même scénario que la dernière fois, il suffit à Doherty d'à peine quelques jours pour organiser un concert dans une petite salle parisienne. L'annonce a été faite hier dans la journée et personne ne sait vraiment ce qui va se passer côté scène ce soir. Ni les fans, ni la salle ne sait à quoi s'attendre, même si tout le monde espère entendre de nouveaux morceaux du "génie", voir Carl Barat débarquer sur scène, Kate Moss et Amy Winhouse aux choeurs... Aux dernières nouvelles, la rock star n'a rien sorti dans les bacs depuis son album solo, Grace/Wastelands (mars 2009) et s'arrange toujours pour laisser planer le doute d'une reformation des Libertines. Le concert de ce soir se déroule donc à la Flèche d'Or (75020), pas de préventes, les billets à 8 euros (avec une conso comprise) seront en vente sur place. Il va falloir s'attendre à la file d'attente la plus longue de toute l'histoire de la Flèche d'Or ! S'il est connu pour ses (mauvaises) suprises de dernière minute, Doherty quand il organise des concerts et les honore, trouve assez souvent une façon de créer l'événement. La preuve en trois vidéos :
Pete Doherty est-il stupide ou nazi ?
C'est la reprise pour tout le monde et y compris pour les artistes qui avaient déserté les salles de concert ces dernières semaines. Reprise du live et des soirées mensuelles organisées par Super Mon Amour, les soirées Club Folamour.
Le principe est toujours le même : réunir sur une même scène (Le Point Ephémère) le meilleur de la scène musicale indé et actuelle. Sont déjà passés par la case Club Folamour : Yacht, Girls, Banjo Or Freakout, Delorean ou encore Wavves. Au programme de la prochaine soirée, les Norvégiens électro-pop Casiokids, la formation pop-rock Good Shoes et les Parisiens de Trésors qui qualifient eux-même leur son "d'étrange musique dorée".
Le rdv est donc pris pour le 27 janvier au Point Ephémère, réservez vos places de concerts pour les Good Shoes.
PIL - Warrior - Brixton Academy
Il fallait un John Lydon survolté et en voix du dimanche pour nous faire oublier que 2 jours avant, bloqué dans l'eurostar, on avait raté lamentablement le concert de Noël de Shane Mac Gowan et ses Pogues. Mission quasi réussie avec ces Public Image Limited nouvelle formule : Lydon et les siens, efficaces jusqu'au bout de la nuit neigeuse, ont enchanté les 3000 spectateurs de la Brixton Academy par un spectacle grandiose de plus de 2h15, parcourant avec fidélité et inventivité parfois (une version intéressante de "Flowers of Romance") l'ensemble de leur répertoire.
Sans Jah Wobble et Keith Levene, les deux grands artisans du son PIL, on craignait un peu que l'affaire PIL ne se résume à un one-Lydon-show. Ce fut bien le cas, le public étant là avant tout pour voir et entendre le phénomène, celui-ci se montrant à la hauteur de sa légende : loquace, sérieux, incandescent, charismatique, mais le son n'en souffrit pas. Le groupe reconstitué avec à la guitare un virtuose fantastique en forme (étrange) de croisement entre Sim et Garcimore assure l'essentiel : restituer le son riche en basses et en bonnes vibrations d'un groupe qui sut se montrer, dès 1978, à la pointe du progrès. Le son PIL en 2009 garde la même actualité et la même pertinence : un mélange de rythmes world, de reggae transgenre, de krautrock, de punk et de mélodies pop. Il ne faut pas aller bien loin dans le concert pour se rendre compte que Lydon a bien fait de ressortir son groupe de la naphtaline : chaque chanson jouée est impressionnante de tenue, aventureuse et électrisante pour un public qui ne demande que ça. Lydon résume l'affaire d'emblée :"Public Image Limited. Proper Music for Proper People", avant de se lancer menton en avant sur "Public Image". Le show déroule les classiques : un "Albatross" somptueux, un "This Is Not A Love Song" épique et interminable, un "Death Disco" habité et mené jusqu'aux larmes, entre autres pépites. Entre les titres, Lydon marche à sa manière, les pieds à 11h15, les bras de côté. Il balance la tête comme un canard sans cou et s'enfile des lampées de brandy qu'il crachouille dans un fût disposé près de la basse, avant de se jeter vivant sur une bouteille de jus de pomme. Il passe de droite à gauche, lance une giclée dans son fût, sort la tête des épaules, globule des yeux et passe sa langue entre ses dents. L'homme est effrayant mais dégage une sorte de grâce pataude qui tend à se renforcer avec les années. Docks au pied, Lydon est massif, court sur pattes, les cheveux dressés fièrement sur le crâne, le corps enrobé passé dans une chemise à carreaux qu'aucun autre homme ne porterait sans déclencher l'hilarité.
Son hurlement est magnifique et ses mouvements de glotte confinent au génie. La conjonction des basses et de cette forme de chant primitif est une tuerie capable d'exprimer n'importe quelle émotion. Le public est timide. Lydon menace :"Si je ne reçois pas immédiatement les applaudissements que je juge suffisant, je ne quitterai jamais cette scène !" Etrange menace qu'on aurait souhaité voir mise à exécution. "Four Enclosed Walls" et "Disappointed" sont succulents. Plus loin, Lydon se lance dans une diatribe anti-politicien épatante et une relecture incroyable de l'horripilant "Warrior". Martial, le groupe le suit sur un mouvement de bottes et transforme cet air daté et kitsch en un manifeste révolutionnaire qui s'avérera la plus belle surprise de la soirée. Ceux qui auraient raté les albums solo du chanteur tiennent leur chance de se rattraper : le groupe enchaîne l'excellent "Psychopath" puis en rappel le country pop "Sun" qui achève de balayer la large gamme sonore embrassée par le groupe. Que demander de plus ? "Rise" en rappel, "Open Up", titre revisité en son temps avec Leftfield et puis, un peu avant, ce "Religion" d'anthologie qui justifie à lui seul le déplacement. Un ange passe sur la salle. Lydon s'arrête et menace solennellement ses fidèles. "Merci pour les basses. Merci pour les basses. Je veux jouer cette chanson jusqu'à voir vos oreilles saigner. Plus de basses". L'ingénieur du son s'exécute et les murs tremblent. Les fidèles commencent à craindre pour leurs tympans. "Plus de basses". Le chanteur commande plusieurs fois et s'engage dans sa diatribe spectaculaire contre les fausses croyances. Venu tout droit du premier album de PIL, "Religion" (II, donc) s'étire sur plus de 10 minutes hypnotiques. Les coeurs ne battent plus. This is religion. Your Religion. Et Dieu se meurt...
Ceux qui veulent revivre ça sur CD pourront aller voir du côté de chez Concertlive qui les grave et les vend pour pas cher tout à fait officiellement à la fin du concert et après (voir Les concerts à emporter sur clés USB). Les enregistrements sont d'une belle qualité et rendent justice à l'une des reformations les plus réussies qu'on ait croisée ces dernières années. On espère du coup revoir Lydon avec de nouvelles chansons bientôt, lui qui a disparu des nouveautés depuis 1997.
Un Nouveau Casino bien rempli pour la découverte rap UK de cette année. Speech Debelle, protégée de Roots Manuva (et gagnante du Mercury Prize 2009) était hier soir au Nouveau Casino pour défendre son premier et réussi album, Speech Therapy. 3 vidéos de son live.
Très belle suprise que ce premier album qui héberge le flow de Speech, mélange d'accent londonien et de rap posé et des compos mi-folk, mi-rap. L'album vaut tant pour l'ambiance mélancolique et apaisante qui peut en découler que pour les "speeches" de la jeune femme qui ont le mérite d'être compréhensibles par un auditeur loin d'être bilingue anglais. Sur scène, enthousiasme, et un backing band qui accentue et met en valeur les instrumentations un poil jazzy par moment. A voir "The Key", "Spinnin" et "Wheels In Motion"
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Voir notre interview avec Speech Debelle
Lire la chronique de Speech Therapy
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posté par Caro Michael Jackson vivant ! La preuve par le...
posté par LovelyRita Sauvons Britney Spears, sauvons le monde
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