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La musique s'écoute, se sent, se lit et vit aussi à travers les médias. Actualité des différents médias musicaux actuels : presse papier, blogs spécialisées, télévision, radio...sur Flu, le média en ligne.
Deezer se rabiboche avec UniversalIls se faisaient la gueule, ils se sont retrouvés. Le géant du disque Universal music a finalement signé le 14 mai un accord portant sur 35 pays (Europe, Maghreb, Moyen-Orient) avec le géant du streaming musical Deezer. L'internaute peut désormais écouter gratos des artistes tels que Portishead, Amy Winehouse, Kanye West, Bashung. Un million de titres supplémentaires sont disponibles.
![]() Les deux fondateurs de Deezer, leader du streaming en France, ne cachent pas leur joie : "Cet accord unique démontre encore une fois, qu'il existe des solutions et des démarches positives pour répondre à une nouvelle configuration de la demande, reposant sur un accès libre et légal à la musique." Pascal Nègre, PDG d'Universal Music France, aussi : « Les services d'écoute de musique financés par la publicité font partie de ces nouvelles offres qui permettent au plus grand nombre de découvrir les artistes et leurs oeuvres, tout en respectant le droit des artistes et des producteurs ». Tout le monde est content, les oiseaux chantent. Mais avant de s'envoyer des mots doux, les deux géants s'étaient un peu frités. On se souvient qu'Universal n'avait pas trop apprécié que ses artistes figurent sur la plate-forme de streaming gratuit, sans rien percevoir en retour. En septembre dernier, la major avait même menacé Deezer de représailles judiciaires. Depuis, Deezer a tout fait pour légaliser et légitimer son offre, d'abord en signant un accord avec la Sacem (pour les droits d'auteur), puis avec Sony BMG, et enfin avec la SPPF, qui représente les labels indépendants, en octobre dernier. Universal est content, Deezer est content. Mais les artistes ? Les artistes aussi, puisqu'ils touchent de 15 à 20% sur leur passage en web radio, et jusqu'à 50% pour l'écoute à la demande. Personne n'y trouve à redire, Deezer poursuit sa conquête effrénée, actuellement en négociation avec Warner et EMI. Et le perdant dans l'histoire, parce qu'il y en a forcément un...toujours le même: ce bon vieux CD, cet abracadabrant anachronisme à l'heure de l'i-pod, encore défendu par une curieuse race, mais en voie d'extinction : le disquaire. Souvent reconnaissable à son look de nerd débraillé, sa barbe de trois jours, ses goûts pointus, et à son désir de propager la bonne parole... Désormais, le disquaire est presque un antiquaire. The Wire : de l'eau dans le Gas !
Rappelons que Gas forme un des plus ambitieux, énigmatique et magistral projet techno de la fin du siècle dernier. Créé à partir de samples infiniment retravaillés de musique classique et orchestrale allemande sur une base rythmique filtrée downtempo, la musique de Gas est un voyage enivrant au cœur de la mythologie musicale austro-allemande. Voigt, qui a produit une quantité vertigineuse de musique sous d'innombrables pseudonymes, ne s'est jamais caché de vouloir rendre hommage aux grands compositeurs classique de son pays. Lui qui explora les paysages arides de la véritable techno minimal avec son projet Studio 1, lui qui a touché à l'electro-pop matinée de glam rock avec M:I:5 et Wassermann, signa entre 1995 et 2000, une série de pièces maîtresses de la techno contemporaine, l'imposant comme un artistique définitif.
Initialement publié sur le mythique label Mille Plateaux au milieu des 90's, les quatres albums de Gas, l'éponyme Gas, Zauberberg, Konigsforst et Pop, initialement épuisés, sont aujourd'hui de nouveau trouvable sur Kompakt. Réunis dans un coffret de quatre CD sous le titre « Gas - Nah un Fern », l'ensemble est accompagné d'un luxueux livret, ainsi que d'une version limitée double vinyle, décorée d'une pochette unique qui va permettre à une nouvelle génération d'auditeurs de se perdre, elle aussi, dans les forêts imaginaires et psychédéliques de Voigt et cela méritait bien une couverture de The Wire.
Les 4 CD de Nah un Fern paraîtront sur Kompakt le 26 Mai prochain. Justice: beaucoup de "Stress" (pour rien?)Posté par Slick Rick le 14.05.08 à 11:08 | tags : news, politique, vidéos musicales, électro, médias
Rappel des faits : le très branché duo d'electro Parisien Justice a sorti il y quelques jours un clip qui fait désormais couler beaucoup d'encre. Pourquoi ? Parce qu'on y voit une poignée de "cailles" tout casser sur leur passage, de la petite vieille à la voiture, en passant par un barman, un joueur de guitare, des flics et j'en passe, pour finalement se retourner contre le caméraman. L'écran devient noir, une voix rageuse interroge le cameraman/spectateur/voyeur: "ça te fait kiffer de filmer ça fils de p***?" Polémique.
Devant le buzz de la video de Romain Gavras (fils de Costa), uniquement sur Internet (déjà vue près de 600 000 fois sur Dailymotion), la presse s'est vite emparée du sujet. Pour la condamner unanimement, dans les colonnes du Monde comme dans celles du Figaro, de Marianne ou de Libération. En cause : la gratuité de la violence, voire son utilisation à des fins purement marketing (chaque membre de la bande porte une veste siglée "Justice", avec la croix en relief dans le dos). Alors, messieurs les justiciers, on en était restés au clip sympatoche de "D.A.N.C.E." avec les chouettes T-Shirts barriolés...Et le fan branché "French Touch" de se demander, tétanisé: "C'est quoi cette horrible video hardcore, là?"
Gaspard Auger et Xavier de Rosnay ont enfin réagi dans un communiqué le 14/05. On les écoute. "La vidéo de "stress" est née d'une idée : offrir un clip indiffusable en télé à un titre indiffusable en radio. Sans la contrainte de réaliser un clip "diffusable", nous avons pris toutes les libertés avec ce support. Pas pour choquer gratuitement : juste pour ouvrir le débat, susciter des questions, comme le font régulièrement le cinéma, la littérature ou l'art contemporain." Voilà. C'est bien ce qu'on pensait, comme leur nom l'indique, ils sont gentils en fait les Justice. Ils veulent nous faire réfléchir ! Ouf alors, on a eu peur qu'ils virent voyous et tout. Ils ajoutent même, penauds: "Nous étions conscients que le clip était sujet à controverse. Nous n'imaginions pas un instant que le débat irait si loin, que nous nous retrouverions à devoir nous justifier sur des sujets aussi graves." Des sujets comme le sort des banlieues, leur stigmatisation par les médias, et même le racisme (les protagonistes du clip sont blacks et beurs). Du lourd, quoi. Mais n'accablons pas les Justice, qui font mine d'être surpris (un comble d'hypocrisie!) par le buzz qu'ils ont eux-mêmes orchestrés. Et ne les surestimons pas. Finalement, ils voulaient leur coup de pub, ils l'ont eu: ça peut agacer mais c'est comme ça.
En fait, c'est plutôt Romain Gavras, réalisateur remarqué du fameux/fumant clip (après d'excellentes vidéos pour The last shadow puppets, Dj Mehdi et Simian Mobile Disco), que l'on aimerait interroger. L'artiste de l'écurie très "ghetto friendly" Kourtrajmé a-t-il voulu dénoncer le traitement complaisant des médias à l'égard des banlieues, ou, comme le duo parisien semble l'entendre, s'est-il contenté de faire de "l'art et du divertissement", pour la beauté du geste ? Dans le premier cas, c'est plutôt raté, trop complaisant pour être honnête. Un peu à la manière de Mickael Haneke dans Funny Games U.S., qui nous en fait baver grave avec des images insoutenables, pour nous dire finalement, goguenard: "alors , ça vous a plu ?" Et nous dégouter à jamais des films d'horreurs (enfin , c'est le but). Chez le glacial Autrichien, c'est souvent efficace, mais un peu facile, voire prétentieux. Et donc énervant. Mais je crois que Gavras a plutôt visé le second cas. L'axe "artistico-divertissant" susnommé. Il s'est fait plaisir, voilà tout. A la manière - ambigue - d'un Kassovitz dans La Haine, en stylisant la violence à l'extrême, tout en constatant une réalité sociale. DuTarantino, façon banlieue.
Avec "Stress", c'est plutôt Orange Mécanique In the Hood. Et là, chapeau bas, la vidéo remplit son contrat : c'est nerveux, original, flippant et brillant. Une vraie décharge d'adrénaline. Comme l'étaient le clip de Prodigy "Smack my bitch up" ou les délires visuels de Chris Cunningam pour Aphex Twin. Comme du N.W.A insultant copieusement les "cops", ou Sid Vicious cassant sa gratte. Seule différence, de taille, on touche ici à l'actu chaude, les émeutes. C'est ce qui choque tout le monde. Et c'est le coup de génie commercial du clip, opportuniste certes, mais finalement plus jouissif que subversif. Mais une question me taraude encore : pourquoi les Justice, qui aiment tant la té-ci, n'apparaissent-ils pas dans leur vidéo? Le stress peut-être ? His Name is Krautrock, Alain Finkielkrautrock
Sur Alain Finkielkrautrock c'est simple, on trouve de tout ! C'est la caverne d'Ali qui vous rendra baba (au grand dam du vrai Finkielkraut) en matière de sons inouïs, de mixes inédits, de podcast délirants (sont invités Quiet Village, Aeroplane, Pilooski bien sûr, et j'en oublie), de chroniques marrantes, de reportages gonzo (actuellement "Turzi en Corse pour l'enregistrement de son nouvel album") ou de flashback d'utilité public. Car côté musique, les membres d'Alain Finkielkrautrock ne s'embarrassent pas de barrières, dans ce domaine, le blog est même un cas d'école : BO de film porno italien des 70's, Giallo, bande son science-fictionnesques de série Z, italo disco, exotica psychédélique, psychédélisme exotique, tout y passe. Dernier délire en date, célébrer Mai 1968 en exhumant le document Groupement Culturel Renault, dont le 45 tours "Cadences" (voir notre illustration), à la fois expérimental, revendicatif et dansant, s'arrache aujourd'hui sur Ebay. D'utilité public on vous dit !
http://alainfinkielkrautrock.blogspot.com/ Egalement sur myspace : http://www.myspace.com/alainfinkelkrautrock Nouvelle Star 2008 : rock attitude et sens du grotesque![]()
Il ne faut pas le cacher : cela fait un bail que regarder la Nouvelle Star n'est plus une honte. Si la Star Ac' souffre légitimement d'une image vieillotte (les chorégraphies de Kamel Ouali, les paillettes, les éclats de Nikos Alliagas, et l'apparition des dinosaures de la chanson), les efforts de la Nouvelle Star pour prendre la tangente alternative (on n'ira pas jusqu'ici lâcher le mot "indépendant") sont non seulement louables mais bien réels : présentation sobre et relativement sensuelle de Virginie Efira, groupe efficace, jury de vrais professionnels, varié (rock, funk, variét'), amusant et bien inspiré, mais aussi un choix de chansons qui réserve, parfois, voire souvent, de bonnes surprises.
Parmi les candidats, avec la réussite de Christophe Willhem, les résultats honorables de Steeve Estatoff, la Nouvelle Star a décidé de fouiller à fond le créneau du "beautiful freak", tout en ne perdant pas de vue la nécessité de cibler toutes les parts de marché. Dans le panier de cette année (qui ne marche pas fort niveau audimat, soit dit en passant), on a donc droit à un échantillon particulièrement curieux de jeunes gens dont les qualités sont mises en avant avec une roublardise marketing qui ne doit pas occulter complètement leurs qualités personnelles. Jules est dans le rôle du jeune con, double pasteurisé des Naast et autres BB Brunes qui font la couverture de Rock'n'Folk, bébé rock qui affiche Pete Doherty dans sa chambre, fume des menthol et joue principalement sur la corde funky comme s'il était né dans l'Angleterre des années 60. A l'arrivée, ses prestations manquent de sel et ne pèsent pas lourd malgré un soutien suspect et inconditionnel de Philippe Manoeuvre. Benjamin a lui tout pour plaire : le visage de Doherty justement, avec des paupières tombantes mais une allure du feu de dieu, un brin de classe et une culture musicale au dessus de la moyenne puisque son papa dirige une revue de jazz. C'est l'un des favoris des gens qui aiment la musique et cela ne trompe pas. Il n'est pas certain qu'il arrive à rallier jusqu'au bout les filles de 12 ans. Cédric, le plus âgé de la bande, est un type assez curieux également : le physique de Big Jim (brun, beau comme un Pierce Brosnan), des allures de rockeur mais un mauvais air d'avoir eu sa carte jadis à l'Action Française. Cédric a cette classe dérangeante et arrogante qui nous fait détester le John Spencer Blues, quelque chose de raide dans l'attitude qui donne le sentiment qu'il a une chemise à vichy sous son perfecto (ce qui n'est qu'à moitié faux - voire sa tenue de casting). Une vraie curiosité donc qui est capable de belles envolées vocales. Au jeu des pronostics, Cédric est ce qu'on appelle une grosse cote : trop typé, trop vieux pour le public.
Côté filles (il en reste 2), on retiendra, pour le moment, celle qui est vendue comme la performeuse de la saison : une dénommée Amandine, qui, bien qu'originaire du Sud de la France (vache à lait de la téléréalité cagole), incarne une Amy Winehouse carburant au Ricoré light et à la cigarette au chocolat. Amandine a une belle voix grave et surjoue les performances désespérées. Elle a évidemment repris le No, no, no, je ne veux pas aller en réhab sinistre mais également taquiné les [/people_restrictif]Patti Smith[/people_restrictif] ou les Janis Joplin. Sans qu'on sache pourquoi, cette fille au physique modeste est en train de devenir un phénomène. Ses récentes prestations témoignent d'une bonne adaptabilité aux différents registres qui lui sont proposés mais d'une tendance de plus en plus prononcée et agaçante à composer un personnage "en souffrance". Son menton est un peu flasque, ses cheveux un peu gras et ses yeux trop globuleux pour une chanteuse qui ne ferait pas d'excès, aussi est-on amené à se poser la question : comment peut-on trouver aussi facilement des jeunes apparemment très BCBG avec des allures de rockeurs aussi abouties ? C'est là tout le savoir-faire de la Nouvelle Star et de ses équipes de détection, de sélection et de préparation : on s'y croirait.
Le seul élément qui trahit encore la grande mascarade (il ne faut pas oublier qu'on est ici dans une académie et que très peu de ces jeunes qui savent chanter parfaitement se tailleront une route vers le public et le succès) : c'est l'acharnement à faire crédible. La Nouvelle Star souffre aujourd'hui au dernier degré du syndrome Canada Dry : cette volonté de faire comme si on faisait un télé-crochet alternatif alors qu'on fait un télé-crochet populaire. Du coup, on glisse des titres qui tuent dans une émission de prime time mais aussi des séquences à l'imagerie rock dans des prestations qui ne durent que 2 minutes 20. Les candidats savent qu'il y a désormais une prime à l'énervement, à l'excitation, une prime SMS à celui qui sautera le plus haut, roulera le plus vite à terre, serrera le plus de mains en sautant dans tous les coins. Malgré leurs atouts naturels (des belles voix), les candidats se livrent à une lutte à mort qui est celle d'une surenchère dans le "spectacle rock", au point qu'on trouverait presque Johnny Rock un modèle de sobriété là-dedans. Il semble bien (et cinquante ans après sa naissance) que l'imagerie rock n'ait pas avancé d'un pouce : pour tout le monde, la musique reste associée à la folie, à la drogue et au désir sexuel. Cette conception qui explique pourquoi Manoeuvre est la tête d'affiche de cette année, OBLIGE les candidats qui sont en sang frais (on le suppose à voir les bouteilles de Banga dans les coulisses) à se produire à 20H20 comme s'ils avaient 3 heures de picole dans les jambes, une heure de concert derrière eux ou le passé d'un Johnny Rotten ou d'un Shane Mc Gowan. Ainsi, d'un bon spectacle populaire, on passe de plus en plus à un spectacle théâtral, à une mise en scène de poncifs (instructifs) sur l'histoire du rock.
On peut donc regarder la Nouvelle Star avec enthousiasme mais être certain qu'on éprouvera, à un moment donné, un sentiment de frustration et de dérangement par rapport à l'outrance et au grotesque du spectable global. La limite de l'émission, inhérente à sa nature (une série de scènes, répétées à l'infini, une ritualisation du spectacle musical rock qui en est, par définition, la dénégation), est qu'elle ne pourra jamais donner que l'illusion d'être authentique. Cette limite est sans rapport avec les qualités et les défauts des acteurs principaux mais constitue leur fardeau le plus lourd, celui dont 80% ne se débarrasseront pas.
Chante ta chanson et fais comme si tu savais pas que tu chantes faux
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Possible qu'on en ait déjà dit un mot par le passé, mais les détours par le site Oh My Songs (http://www.oh-my-songs.com) sont toujours tout sauf du temps perdu. Le principe de cet espace d'accueil est de proposer des chansons célèbres réenregistrées par les internautes à partir des musiques originales. En clair, il s'agit d'un karaoké (sans le texte) chanté et mis en ligne par ceux que ça amuse. Evidemment ce n'est pas très sérieux, pas très bon souvent mais cela a le mérite de montrer : 1) qu'on ne s'improvise pas chanteur 2) que même les mecs dont on se moque parfois, ceux de la Nouvelle Star ou de la Star Ac', ont une belle voix comparée à la nôtre (enfin à la mienne) et savent s'en servir 3) que franchement, et quoi qu'on en pense, Kurt Cobain avait un grain de voix inimitable. Je ne parle même pas ici des reprises de Radiohead, qui font regretter le temps où je coupais la tête des poulets et les laissais se vider de leur sang avec mon grand-père.
Parmi mes chouchous du rire mais qui choisit généralement des titres intéressants, j'ai un petit faible pour l'ami Gyokusai et notamment sa très bonne livraison (je déconne) du "Delivery" des Babyshambles. Même Pete Doherty bourré et défoncé n'avait jamais réussi à la chanter comme cela. Le principe du site est évidemment comme dans tout bon skyblog de "lâcher des com" et de dire ce qu'on en pense. En attendant, c'est assez drôle et c'est complètement légal.
Morrissey est-il raciste ou la revanche du NME...
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Réconciliés depuis une série de couvertures offertes à l'ex-chanteur des Smiths pour la sortie de Ringleader of Tormentors, son dernier album en date, Morrissey et le NME sont à nouveau fâchés. L'affaire fait les gros titres de toute la presse britannique et a figuré en bonne place ces derniers jours dans les tabloïds comme dans les plus sérieux Guardian, the Independent ou le Daily Mail. Le chanteur n'avait plus déclenché pareille controverse depuis la fameuse couverture du Finsbury Park de 1992 où, après un concert de charité, on l'avait accusé de s'être enveloppé dans un drapeau britannique et de frayer de plus en plus dangereusement avec l'imagerie ultranationaliste. L'objet du délit, cette fois, et qui s'ajoute, pour ceux qui ont suivi les précédents épisodes, aux diverses polémiques soulevées dans les années 80 et 90, autour de titres comme "Asian Rut", "Bengali in Platforms" (il chantait alors "Bengali, Bengali, shelve your Western plans / Life is hard enough when you belong here" Indiens, indiens, remisez au placard vos plans vers l'Ouest / la vie est suffisamment difficile quand on est d'ici) ou "National Front Disco", est une interview donnée à un pigiste du journal pendant laquelle Morrissey aurait tenté d'expliquer pourquoi il ne se sentait plus prêt à vivre en Angleterre. Son imagerie homoérotique à base de boxeurs, de jeunes gars blancs et loubards, son goût pour le thé et l'eau de la Tamise, ses références historiques ont toujours fait du Moz un client parfait pour de telles accusations mais le procès à charge n'est pas sans fondement cette fois. Le roi des taupes aurait ainsi exposé :
La lecture complète de la transcription audio disponible depuis le site http://www.morrissey-solo.com/ peut au choix alourdir le dossier (Morrissey parle de l'Allemagne comme d'un pays où l'on n'a pas trop dilué la culture originelle... gloups !) ou considérablement l'alléger. Le journaliste du NME a, en effet, choisi d'élaguer des passages moins typés où le chanteur discute de la perte des valeurs d'Albion, sur un ton beaucoup plus subtil que les arguments retenus dans le magazine. Morrissey explique que la vie à Londres est devenue difficile pour tout un chacun à cause du coût de la vie, de la politique, du prix des loyers, de la tristesse ambiante. Il se demande alors dans une interrogation assez commune chez lui et qu'on trouve aussi chez d'autres "popeux" britanniques (Doherty, Ian Mc Culloch, Gallagher) ou écrivains (Self, Moorcock, Moore, Priest) comment la culture britannique peut "résister" et "subsister" face au multiculturalisme. Cette question qui a des senteurs nauséabondes se justifie dans le contexte insulaire à la fois par la vigueur du lien entre le rock et le "terroir" urbain, mais aussi par la connexion entre la nation (l'Englishness de... Sting) et le format chanson qui est celui de la pop... anglaise. L'inquiétude de Morrissey "partagée par la plupart des gens", disent ses défenseurs, repose moins sur une méfiance vis-à-vis de l'étranger que sur la peur de sa propre disparition, peur elle-même au coeur de l'Englishness précitée et qui est, en soi, un thème quasi institutionnel des artistes du cru, source de mélancolie et de rêverie nostalgique qu'on peut retrouver chez à peu près tous les Anglais depuis le XVIIIème siècle (Burton, Wilde), et notamment chez les Anglais d'adoption (irlandais, etc). Entre la défense de l'identité et la xénophobie, entre la peur de disparaître et la méfiance vis-à-vis de l'étranger, la distance est mince mais Morrissey n'a jamais franchi le pas. Les textes de ses chansons incriminées ont toujours relevé d'une analyse plutôt mesurée et d'un réel travail d'écriture. La séduction pour l'appareil nationaliste reste, quant à elle, liée aux rapports étroits entre la culture ouvrière, la castagne et le conservatisme.
La polémique continue d'enfler sur le web et dans la presse, Morrissey ayant fait sonner la charge par son manageur et réclamé des excuses du NME. Pas d'excuses en vue pour le moment mais des chiffres de vente qui s'envolent. Pas maladroit généralement pour générer le débat (on se souvient de ses déclarations sur Thatcher), Morrissey semble quelque peu débordé par l'événement cette fois, mais continue de dénoncer le lynchage. Le NME aurait-il voulu se payer un pic de ventes avec son meilleur soldat ? Pourquoi risquer de saborder un travail de plus de dix ans de réconciliation d'une manière aussi peu subtile ? N'est-ce pas le débat lui-même sur l'Englishness qui génère la polémique ? Bizarre. Le reste de l'interview est, quant à lui, plutôt amusant avec des saillies sur les groupes d'aujourd'hui et quelques considérations sur la musique. Sur le plan musical, gageons que l'épisode devrait renforcer Morrissey dans sa ligne victimaire et sa paranoïa anti-médias. De là, à ce qu'on se retrouve avec un album entier composé de titres revanchards à la Sorrow Will Come in the End ou You Know I couldnt Last, il n'y a qu'un pas.... En attendant, les concerts de Morrissey sont toujours programmés en France. Morrissey et sa caravane rockab débarquent à Clermont Ferrand le 16 janvier, Strasbourg le 18 et Lille le 19, avant de rejoindre Paris pour un Olympia prévu le 4 février. Chouette....
Ian Svenonius présente... le meilleur show indie du monde Ian Svenonius est un type formidable. Non content d'être le meilleur showman rock du monde (si,si,...) et le leader d'un groupe qui sait ce que le mot "frisson" veut dire, les admirables et funky Weird War, Ian Svenonius écrit des livres super-balèzes (l'excellent The Psychic Soviet, dont on a déjà parlé), des articles de presse pertinents et présente, depuis quelques mois, une émission de télé en ligne en passe de devenir la référence indie télévisuelle... mondiale. Soft Focus, le nom de cette émission, dont on peut retrouver la plupart des shows ici http://www.vbs.tv/softfocus, vaut tant pour les qualités d'intervieweur de Svenonius (c'est en anglais évidemment) que pour la qualité de ses invités. Svenonius a été le premier à sortir le scoop des scoops de la bouche de Kevin Shields : My Bloody Valentine se reforme et sortira un album prochainement. Le NME en rêvait depuis des décennies; Svenonius l'a fait. Mark E. Smith dans un fauteuil, Chan Marshall de Catpower en pleine confession ou Will Oldham sous toutes les coutures : c'est ce qu'on peut voir sur ce site tout à fait passionnant. En attendant, vous pouvez toujours écouter un petit Make Up (lancé par Philippe QuelqueChose ?), histoire de remuer les pieds.
Adieu Stylus, je t'aimais bien...
J'ai déjà écrit tout le bien que je pense de Stylus il n'y a pas si longtemps. Stylus était en quelque sorte un fantasme de journaliste, bourré d'articles aussi longs qu'ils le voualient sur des sujets aussi ésotériques ou aussi obscurs qu'ils le voulaient, de chroniques de singles à la chaîne, de listes et tops improbables, de papiers-confessionaux, de podcasts et de tout un tas d'autres choses qui n'intéressent que les gens qui aiment autant écrire sur la musique que l'écouter. On dit que plusieurs contributeurs de Stylus vont probablement être accueillis par Pitchfork (un certain nombre travaillait déjà pour les deux) mais la perte de Stylus est la perte d'un espace unique et il convient de verser une petite larme. Avant de s'en aller, le site offre une orgie de listes de fin d'année/de décade prématurées. A l'heure où j'écris ces lignes nous sommes hier et les listes musicales "importantes" n'ont pas encore été publiées et tout ce vers quoi je peux vous diriger c'est une liste des meilleures rééditions de l'année, des meilleurs films du millenium (ce qui sonne beaucoup que "des sept dernières années") et surtout un best-of de Stylus Magazine lui même, plein de liens vers des articles essentiels sur Mariah Carey, des listes des plus définitives aux plus inconséquentes et puis, côté inédit, les ultimes critiques en haïku, une idée à voler au plus vite. Tsugi : Next Wave
Foin de pinaillage étymologique, Tsugi se présente donc comme une suite logique à l'aventure Trax, sans pour autant copier l'ancien magazine phare de la culture electro. Au sommaire (exhaustif) : Miss Kittin & The Hacker "le retour" (logique après leur maxi tueur - et tuant - de l'été), l'idiotisme serein de Modeselektor, un formidable portrait de Tony Wilson (RIP) et l'épopée Factory, également prétexte à une présentation de Control, le film, un dossier Shoegazing in the 00's (par votre serviteur), la scène electro à Cuba, une belle évocation de notre Chloé nationale à l'occasion de la sortie de son excellent album, une enquête sur le business du remix, des interviews de Trentemoller, Swayzak, Boyz Noise et un micro-trottoir Tektonik (si, si). Du côté des nouvelles rubriques, Kill your Television (le titre parle de lui-même), un portfolio carte blanche mensuel offert à un photographe (non ce n'est pas des "pages modes"), un panorama des pistes chez nos amis belges et suisses et surtout, une très belle idée, la rubrique "Inspiration/expiration" qui retrace en une poignée d'albums le parcours d'un artiste. Tout ça au prix de lancement de 5 €. Pour finir, l'avis d'un de nos lecteurs sur le blog Tsugi : "Tsugi déchire, déboite, explose toutes les barrières... !!!", c'est peut-être un peu fort, mais il faut avouer que l'ouverture du mag est certainement son point fort, en plus de nous régaler tous les mois d'une tonne de références, de pistes musicales, de bons mots et de bons conseils. La presse française était en manque de culture électronique (et affiliée) depuis 3 mois, Tsugi vient pallier ce manque flagrant. Alors, souhaitons lui bon vent !
Outside a new day is dawning Tsugi, le blog du mag (et bientôt, Tsugi le site)
A noter que le mag donne une "Fête de soutien" le 24/10 Paris à La Loco, le programme est ici. Egographie #1 : Du journalisme élitiste et conscientJ'ai toujours détesté les étiquettes.
Ce qui est paradoxal puisque comme tout journaliste s'exprimant dans le domaine musical, j'en colle partout. Pourtant, plus que le fait d'écouter certains styles de musique, c'est celui d'écouter LA musique qui me touche, qui compte.
Evidemment, en temps que critique, cela ne va pas sans mal, car ce genre de philosophie devrait me rendre indulgent envers tous les artistes et tous les "genres" de musique, et par là même, me rendre incapable de critiquer quoi que ce soit.
Comprenez moi bien, je ne méprise pas les auditeurs de ces artistes, mais je ne peux m'empêcher de penser que les apprécier prouve une vision faussée de l'art, de la culture et même de la réalité. Traitez-moi de snob si vous voulez.
Alors pourquoi n'est-ce pas le cas ?
Donc je n'aime pas les étiquettes et logiquement cela veut dire que j'aimerais peut-être un jour un titre de Britney, Diam's ou Marylin Manson, comme j'ai aimé Michael Jackson plus jeune. Mais qui sait... Après tout, ceci est mon espace d'expression sur ce blog, je suis ici pour faire découvrir des artistes que l'on a peut souvent l'occasion de voir et d'entendre dans les grands médias. Et tout cela sans étiquette. Ce qui ouvre la porte à tous les sytles de musique, de la plus commerciale à la plus obscure. Mais dites-vous bien que je l'aurais toujours choisi. Je suis donc un indécrottable snob sans étiquette, élitiste et pédant. Qu'est-ce qu'écoute le grisli ?Le son du grisli c'est le nouveau, enfin presque nouveau venu dans la blogosphère, puisque le site existe tout de même depuis janvier 2007. Le Grisli en question, rédacteur pour Les Inrockuptibles, Jazz Hot ou encore Dmute, propose un blog tout en noir et ocre (est-ce bien du ocre ??) consacré au jazz et aux musiques improvisées. Au programme de ce rejeton de Dmute, des chroniques CD, DVD, livres et des interviews. Pour vous lécher les babines, vous pourez y trouver des chroniques de l'album de Fennesz & Sakamoto (Cendre), de Afternoon in Paris d'Anthony Ortega ou encore du Cornell 1964 de Charles Mingus . Côté interviews : David S. Ware et Ross Bolleter. Ca a commencé avec un post par mois et aujourd'hui le blog en compte de plus en plus !! A suivre, et bon courage au Grisli ! M&CD : Les musiques électroniques résistent Une fois encore je souhaiterais vous parler d'un projet dont je suis partie prenante (ainsi que notre collaborateur Laurent Diouf). Il s'agit du magazine (papier) M&CD. Vous connaissez tous ? Non, certainement pas, il s'agit d'un projet encore confidentiel malgré ses (déjà) 4 ans d'existence. Pour faire court, je dirais que M&CD (pour "musiques et cultures digitales") est la revue du réseau d'information "arts, musiques et médias électroniques". Débuté en 2003 sous forme d'une feuille d'infos (18 pages tout de même, le terme "feuille" correspondant à ce qui se fait dans ce domaine très spécialisé) à la maquette succincte et en noir et blanc, l'aventure prend depuis deux ans la forme d'un vrai petit magazine de 28 pages avec sujet central (la une) en couleur. Au programme, interview d'artistes, mais aussi d'organisateurs de festival, de créateurs contemporains, de body artistes, d'écrivains de SF, d'essayistes, de philosophes, etc, ainsi que des articles de fond et des dossiers variés tournant tous autour de la création à l'heure des technologies numériques et leur impact sur notre quotidien. Côté musique, le magazine peut se targuer aujourd'hui d'avoir rencontré une belle palette d'activistes, dont Plaid, Mouse On Mars, Taylor Deupree, Monolake, Vladislav Delay, Deadbeat, Michael Mayer, Jörg Burger, Beat Pharmacy, Marco Haas de T.Raumschmiere, Takagi Masakatsu, DJ Spooky, Jan Jelinek, Pole, Amon Tobin, Prince Charming, le duo Pékinois FM3, Sixtoo et bien d'autres.Or, surprise ! Au moment où le dernier mag électro proposé en kiosque disparaît, le dernier numéro de M&CD, lui, vient de sortir (le 07 juillet dernier) et tout en couleur ! En plus d'une couverture et d'une interview consacré à Apparat, il propose une interview de Richie Hawtin autour du label Minus qui vient de boucler une très bonne année, une rencontre avec Robin Rimbaud de Scanner, de nombreux compte-rendus/découvertes de festivals (Mal au Pixel, Astropolis, Nuits Sonores, etc.) Les lecteurs pointus trouveront également de nombreuses infos et chroniques (livres, disques, DVD) tournant autour des "arts, musiques et médias électroniques" dans une nouvelle maquette, plus sobre, plus "magazine". Le magazine va encore connaître des développements, puisqu'il annonce la parution très prochaine de leur catalogue des Festivals, indispensable outil au service des organisateurs de spectacles, artistes et associations, ainsi qu'un format augmenté à 38 pages (TBC) très bientôt avec, encore une fois un somptueux sommaire. Les points de distribution auparavant cantonnés aux médiathèques, GRM, IRCAM, INA et autres lieux réservés aux habitués, s'étendent aussi à un réseau dans toute la France (on en trouve même au point "culture" de certain Centre Leclerc !). A noter qu'ils ont également un site proposant pas mal d'extraits assez longs des papiers et interviews réalisés depuis 4 ans. Allez le voir, même s'il ne correspond pas encore à l'aspect du mag. Ne ratez pas la rubrique Flashback des festivals de René Licata, à elle seule elle vaut la visite du site. |
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