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Guitares tranchantes, basse gonflée et volume à volonté ! Ici, le métal et ses dérivés font les honneurs de Playlist.
Fete de la musique 2008: Strasbourg entre folk pastoral et black métalPosté par Slick Rick le 19.06.08 à 13:37 | tags : folk, rock, rigolo, fête de la musique, metal, news
Lauter - "A walk will take my mind off things" Strasbourg, ville des extrêmes! Parmi les meilleurs concerts proposés pour la fête de la musique, le public aura le choix entre deux ambiances contrastées: le folk pastoral et le black metal. Commençons par les folkeux (nos préférés), petites douceurs avant la grande frayeur. Le Parisien Boris Kohlmayer aka Lauter, n'a rien inventé en matière de folk, mais ses chansons sensibles et délicatement boisées convoquent les banjos de Calexico, la douceur d'Iron and Wine et la mélancolie lo-fi de Bonnie Prince Billy avec un talent certain. On s'incline tout autant devant les comptines pop-folk de T, son acolyte samedi soir. T, c'est Thomas Walter, cofondateur du jeune et prometteur label Hertzfeld, sur lequel Lauter est également signé. Leur mélodies raffinées méritent qu'on s'y attarde, ces deux garçons valent le détour. A moins, forcément, d'être allergique au calme et à la subtilité! Et dans ce cas vous serez servis, copieusement même. En entrée, les lyonnais Where is my flesh, dont le noise rock épicé aux larsens ravira sans doute les amateurs de Sonic Youth. Voilà pour l'échauffement. Après, grand Dieu, c'est le plat de résistance: la Soirée métal. Du black métal, du death métal, du goth-metal...Ca va saigner sévère. Un conseil, ne loupez pas Kaos Frequenz. Projet solo d'un obscur teuton, le "groupe" marie les genres les plus féroces avec une violence peu banale. Recette du poison: de la hard-tek vraiment hard avec quelques cris en Allemand, le tout mis en valeur par des éclairages apparamment inspirés de l'Apocalypse Sur Terre. Une fois dans sa vie, il faut avoir vu en live des chansons aux noms trognons comme "never ending torture" (voir la saisissante video), "When the angels burn", "killer dog" ou "terror night". Kaos Frequenz - "Never ending torture" PROGRAMME: T et Lauter, au BMS - Robertsau - 67000 - Strasbourg Where's My Flesh - à la La Perestroïka - 67000 – Strasbourg Kaos Frequenz (+ Arts of Erebus et Désidéria) - à la Place de Zurich - 67000 – Strasbourg Le MySpace de Where is my Flesh Drone metal : Le chapitre final
Finalement, de 2006 (année métal) à aujourd'hui, le genre bourdonnant et puissant, dont certains d'entre nous continuent d'observer les mutations les plus improbables, semble avoir (déjà) fait le tour de ce que la musique contemporaine - acousmatique, ambiant, dub, industriel, math - pouvait lui apporter. Du noise extrême au metal manga, en passant par le revival Black Sabbath et l'hommage appuyé à Earth, le metal a parcouru toute la fréquence du spectre pour revenir là où tout commence : la haute fréquence indomptable et indomptée, le drone ultime, ce bourdonnement venu du fond des âges incarné par Sunn O))), KTL (dont nous parlons ici et ici) et autres évocations maléfiques, mais, forcément, salvatrices en ces temps d'ascèse électronique minimale ou d'hédonisme proto-néo-disco.
En ce sens, les albums qui nous intéressent ici, sont symptomatiques d'une époque. Avec Smile par exemple, le dernier album de Boris, les japonais se réfugient dans les bras de maman, entamant une régression infantile bienvenue, celle que pratiquent les grands artistes quand ils veulent retrouver l'innocence des origines. On se couvre la tête de boue et on crie à la lune tout nu dans la prairie. En l'occurrence, le combo japonais préfère revenir à la simplicité J-pop, aux génériques d'anime des années 80, au hair metal le plus improbable, bref, à mille lieux de la noise pure et dure, Smile est un album revigorant, psychédélique en diable, jouissif et jouisseur, qui fera bondir plus d'un fan de musique torturée et malade. Et c'est tant mieux.
A l'autre bout de ce spectre musical, il y a, encore et toujours, la puissance brute. L'agression sauvage, incarnée dans la rencontre Boris + Merzbow. Entre heavy rock maltraitant les solis comme de beaux diables et drone post-rock vrillés, Rock Dream offre en effet, le temps de deux CD magnifiquement packagé par Stephen O'Malley, la parfaite antidote à un metal qui se prend trop au sérieux. Ironique, cette double galette de "rock de rêve" n'est que résurgence d'un passé rock imaginaire, où le grotesque se dispute au pachydermique. Drôle, mais plombant. Le champ du cygne en quelque sorte. Encore, une fois, Rock Dream illustre bien la situation dans laquelle se trouve le metal aujourd'hui : Les années d'or du "metal pour hypster" sont certainement derrière nous, mais gageons que le genre n'a pas fini de nous surprendre, pour cela, nous pouvons encore lui faire confiance.
Boris - Smile (Southern/differ-ant) OM et Buried at Sea : l'anti-musique de greugreuSoyons honnête, pourquoi écrire sur le metal dans ces pages alors que je n'en écoute jamais, ou presque ? Parce que la plupart des disques que je chronique ne sont pas vraiment du metal tout simplement. A la rigueur du metal pour "hipster", et encore. Il est évident de toute façon que les vrais amateurs du genre ne viennent pas sur Playlist pour nous lire, ou alors par hasard. Et puis que reste-t-il du genre lourd bardé de riffs qui correspond à cette musique chez les deux autistes de OM par exemple ? Pas grand-chose en fait.
Après le sublime Conference of The Birds, OM, incarné par Al Cisneros et Chris Hakius, soit la section rythmique de feu-l'entité stoner-doom metal Sleep, poursuit sa route vagabonde vers d'autres cieux et nous offre avec Pilgrimage, une nouvelle raison de s'extasier sur les mutations du genre énervé par excellence. Car malgré le calme relatif qui règne sur cet album, à quoi pouvions-nous nous attendre avec un titre pareil si ce n'est à une musique onirique et farouchement mystique ? De fait OM, c'est un peu ce qui reste du metal quand la guitare et les gargarismes viriloïdes ont laissé tomber la partie. Pilgrimage c'est une longue plainte chuchotée où la poésie farouche des bourdonnements profonds générés par les riffs de basse et les roulements de batterie, n'empêchent en rien la mélodie. Un paysage de sons troublés qui se répètent à l'infini, pure drone music de l'âme qui offre une plage de rêve à l'auditeur capable d'une écoute respectueuse et attentive. Quatre morceaux donc, et un peu moins de 40 minutes de délicieuses dérives et vibrations au coeur d'un sanctuaire englouti. Magique !
Dans un genre proche, bien que plus impitoyable, Buried at Sea signe son dernier opus (la séparation du groupe est officielle), avec Ghost. Oeuvre dépressive et angoissante, Ghost est emblématique de ce metal en perte de repères dont on dirait que les exécutants ont glissé dans une faille temporelle le temps de l'enregistrement. Avec Ghost, Buried at Sea perd la boussole pour notre plus grand plaisir. Sur cet unique morceau de plus de 30 minutes, la marée monte lentement, la houle se fait de plus en plus forte, portée par une basse encore une fois omniprésente, jusqu'à ce qu'un déluge de guitare et la furie vocale du chanteur, qui évoque parfois celle d'Aaron Turner d'Isis, déclenchent la tempête tant redoutée. La métaphore marine est facile, mais à l'écoute de Ghost, on ne peut s'empêcher de penser à un ultime voyage. Buried at sea signe là un manifeste post-doom suicidaire, une noyade sonique et tragique dont peu, à commencer par les membres du groupe, se remettront. Prenant mais salvateur. OM - Pilgrimage (Southern Lord/Differ-Ant) Buried at Sea - Ghost (Neurot Recordings/Differ-Ant)
http://www.myspace.com/variationsontheme Lolmetal![]()
Les lolcats sont, si vous n'avez pas la chance de les connaître, un des "mèmes" les plus pitoyables du net : des images de chats (eurk) auxquelles on prête des paroles dans un langage débile/mignon (aaargh!) dans un but qu'on présume comique à défaut de le comprendre vraiment. Il faut être un sociopathe au dernier degré pour mettre des lolcats sur son blog ou son profil Myspace/Facebook. Le seul intérêt des lolcats, c'est d'offrir des possibilités de parodies illimitées : je connaissais déjà les lolbots, voici maintenant les lolmetals ! Moquons-nous du métal en nous moquant des lolcats. Et des chats. Et des geeks. Et de nous même, probablement.
![]() Il n'y a pas d'excuse pour écouter ToolUn peu comme avec la vidéo de Céline Dion la semaine dernière, celle-ci ne peut vous ammener qu'a deux conclusions : soit Tool est le meilleur groupe de l'histoire du monde de l'univers (mais ça vous en êtiez déjà persuadés) soit, oh mon dieu, ils sont pires que ce que vous avez toujours cru. Composer en suivant des formules mathématiques, ça s'appelle le sérialisme, ce n'est pas nouveau du tout, ce n'est plus exceptionnel (des milliers d'élèves apprennent ça en école de musique tous les ans) et ça ne justifie en rien de jouer du mauvais métal, d'écrire des paroles stupides ou de se coiffer comme ça, tout comme ce n'est pas parce que vous avez eu la moyenne en maths au bac que vous devez jouer à World Of Warcraft, écouter du prog-rock et r3mpl4c3r l3s l3ttr3s par des chiffres quand vous tapez. Intervention nécessaire de Maxence : Oui, sauf que ça c'est une vidéo de fan taré, la vraie vidéo de Tool est là (il faudrait quand-même le signaler, Tool ne s'est jamais vanté de faire de la musique sérielle). J'aime bien Tool, ça aide à soulever de la fonte, maintenant, je n'ai pas eu la moyenne en maths au bac, et je n'ai jamais joué à Warcraft ; )) Chrome Hoof : Metalheadz
Après une telle description, vous l'avez compris il ne s'agit pas de fusion "metal funk" ici, on n'est pas chez Living Colors (quel horreur !). Chrome Hoof expérimente constamment. Sur "Tonyte", par exemple, cela donne une intro pilonnée par le staccato martial d'une énorme basse rebondie, un 4x4 très four to the floor et une envolée de cordes synthétique. Du disco analogique comme on en avait jamais entendu, même à l'époque ! Plus loin, la folle Lola Olafisoye, geint, feule, hurle, scande follement des lyrics endiablées sur du metal de dessin animé ("Circus 9000", "Leave This Ruined Husk", "Spoke of Iridium"), tandis que le groupe au grand complet nous offre des cavalcades de free funk à danser en tournant en rond comme des derviches de plus de 9 minutes ("Moss Covered Obelisk") ou d'étonnants morceaux abstraits et spatiaux qui ne se terminent jamais comme on l'imaginait ("Symbolik 180°", "Egg n' Bass"), quand ce n'est pas de pur moment de heavy rock à vous décoffrer les tympans et vous briser les vertèbres ("Death is Certain"). Transcendé par le jazz cette folie donne "Astral Suicide", au croisement de Black Sabbath et Tex Avery. Sur "Pronoïd" enfin, l'un des meilleurs morceaux de ce disque diabolique avec "Tonyte", "l'Arkestra" se livre à un exercice de punk funk science-fictionnesque de haute volée, de ceux que l'ont avait plus entendu depuis... oh et bien presque jamais en fait ! Même Sun Ra ne s'y serait pas risqué, c'est dire la folie du machin !
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Téléchargez et écoutez "Pronoïd" et visitez le profil myspace du monstre.
Chrome Hoof - Pre-Emptive False Rapture (Southern/Differ-ant) Kinski : métal slacker
On pourrait croire ce disque fait pour un type comme moi qui n'est ni fan de métal ni de post rock mais qui ne dit non ni à l'un ni à l'autre et qui apprécie plutôt les mélanges, au moins le temps d'un "crybaby" qui sonne comme l'intro d'un bon morceau de Deep Purple (oui, je sais, j'ai beaucoup d'imagination). Sauf qu'on attend qu'un moustachu bedonnant avec une voix qui sent le Johnny Walker vienne beugler des paroles stupides sur la moto de satan et sur toutes les drogues qu'il a pu prendre dans sa vie. Au lieu de ça on a des instrumentaux dont la structure classique et les solos discrets entretiennent ce sentiment de manque, sentiment que les rares irruptions du chanteur-marmonneur ne dissipent absolument pas. Le problème c'est que les riffs monstrueux du métal appellent le mélodrame, sous la forme d'un chanteur plus grand que nature à la David Lee Roth ou celle des solos overzetop d'un Jimmy Page. Le chant désaffecté d'un slacker indie et un "paysage sonore" à base de larsen ne font juste pas le poids face à un mastodonte de blues tout en fuzz et disto. Le mariage a beau marcher par moment (comme sur l'excellent "Silent Biker Type" qui clôt l'album) et tous les éléments pris séparément étant très bons, on entend trop le disque qui aurait pu être pour vraiment apprécier celui qu'on écoute.
Kinski - Down Below It's Chaos (Sub Pop/Pias, sept 2007) Albums cultes des géants du bizarre #16 : Lou Reed – Metal Machine Music
Pourtant, ce double album ne vient pas de nulle part. Comme l'indique ses notes de pochette, il est l'héritier dénaturé des avant-gardes et connaît de nombreux précurseurs, des Futuristes Italiens (Luigi Russolo bien sûr) à Edgar Varèse et Karlheinz Stockhausen, en passant par La Monte Young, Tony Conrad et Angus MacLise, sans oublier John Cale et le Velvet Underground. Egalement sous-titré An Electronic Instrumental Composition, on oublie souvent également que MMM est un album électronique. Pour le réaliser Lou Reed utilise deux guitares, mais elle ne sont là que pour générer du feedback modulé à différentes vitesses. Ce qui en fait l'un des premiers albums de "rock machinique", ou de rock industriel si vous préférez, de tous les temps. Une histoire d'électricité et de machines. Ce qui lui vaut le titre d'ancêtre de la "noise music" représentée par Merzbow et les rois du feedback nippons, Incapacitants, KK Null et Masonna, mais aussi de Peter Rehberg de Mego, Fennesz, Sonic Youth, Jim O'Rourke, Matthew Bower (Skullflower, Hototogisu, etc) ou MAIN. Une filiation évidente en forme de name dropping qui prouve une chose : aujourd'hui Metal Machine Music n'a plus rien d'inaudible, d'autres musiciens produisent des disques beaucoup plus extrêmes en s'inspirant tous, inconsciemment ou non, d'une école remontant aux années 50 (Karlheinz Stockhausen) ou 60 (La Monte Young, Tony Conrad et le Velvet Underground). Certains vont même jusqu'à sampler l'album. C'est le cas de TV On The Radio sur "Let the Devil In" ou Sonic Youth sur Bad Moon Rising. Ce qui n'est pas sans rappeler les citations glissées par Lou Reed dans les 4 plages de son disque (la symphonie pastorale de Ludwig van Beethoven notamment).
Lou Reed - Metal Machine Music (RCA,1975) Tool vs Björk à Rock en Seine Après Arcade Fire, très belle tête d'affiche de vendredi à Rock en Seine, Tool et Björk ont eux aussi tenté de remplir cette mission. Samedi pendant la journée, quelques porteurs de t-shirts Tool ou A Perfect Circle parsemaient ici et là le Domaine National de St Cloud. L'effet grande scène d'un festival oblige, le public était déjà assez nombreux avant le début du concert ; certes rien à voir avec celui venu en masse pour les Canadiens la veille...je me demandais alors combien on serait à la fin du concert, voire dans une demi-heure. Chez Tool, il n'y a presque rien à voir, ou du moins ce n'est pas vraiment sur scène que ça se passe. Le groupe propose une sorte de concert virtuel, une sorte car les membres de Tool sont quand même bien présents. Ils sont quatre, et Maynard James Keenan, le chanteur, se place à l'arrière de la scène sur une estrade. En ombre chinoise, Keenan entretient le culte que les fans vouent à sa voix si particulière dans le domaine du rock métal/progressif. Une voix étonnamment douce et apaisante à certains moments et d'autres fois carrément plus rageuse. Les autres membres se cachent derrière leurs instruments ou leur cheveux. Le spectacle n'est à pas à proprement dit sur la scène, mais plutôt sur l'ensemble du dispositif qui comprend deux écrans disposés aux cotés de la scène. Deux écrans qui diffusent continuellement les clips et autres créations visuelles apparentées au groupe. Certaines images sont assez vilaines et relèvent au mieux des animations du lecteur Windows Media, tandis que le reste frôle étrangement le très beau. Etrangement oui, car l'univers de Tool est sans lumière et habité de corps désarticulés et malades. Difficile de ne pas se laisser happer par ce concert, par cette chape de plomb sonore qui s'abat, par ces images en boucles... L'aspect visuel prend parfois beaucoup trop le dessus sur le concert en lui-même. Pendant la première partie du set le groupe plante son ambiance pesante et atmosphérique. Côté setlist, j'ai retenu "Stinkfist" et son riff en intro qui ravit à chaque fois comme un coup de massue, et "Vicarious" extrait du dernier album. A une bonne moitié du concert, le temps se fait pourtant long, il se fait tard et avouons-le, même si le succès du groupe n'est plus à prouver, leur programmation en tant que tête d'affiche d'un festival assez grand public comme Rock en Seine m'interpelle. Le lendemain, la présence de Björk en tant que tête d'affiche n'étonnera personne, son statut n'est plus à prouver. Tout concorde à faire de son concert, un moment d'exception : sa présence vocale, la section de cuivres qui l'accompagne, la qualité des chansons, sa capacité à réinterpréter ses compositions...Et Björk en elle-même, petit bout de femme aux pieds nus et empapillotée dans une robe-couverture de survie. "Yoga", "Pagan Poetry", "Earth Intruders", "Declare Independance", "Army of Me", "Hidden Place" interprétés avec savoir-faire par Björk et ses musiciens. Le concert alternera moments calmes et passages techno sur la fin. Tout est savamment mis en oeuvre pour magnifier ce concert. La scène a été redécorée à l'aide d'étendards (à l'éffigie d'animaux), certains musiciens/choristes ont le front maquillé et le bouquet final c'est cette explosion de cotillons dorés. Tout était donc là pour en faire un concert parfait. Etait-ce trop ? Trop préparé, trop parfait ? Björk a-t-elle encore les moyens de nous suprendre en live ? Travailler moins pour écouter plus
Bien sûr certains médecins suédois, sans nul doute de vieux bougons corporatistes et passéistes, se sont élevés contre cette décision en prétextant que "si quelqu'un est accroc au jeu, on l'envoie pas au champ de course. On essaye de soigner l'addiction". Une logique qui m'échappe complètement et qui, j'espère, ne sera pas celle du docteur que je vais voir tout à l'heure pour lui parler de la carence en fun de mon organisme qui ne saurait être soignée que par un voyage d'urgence aux Bahamas. Marylin Manson : la critique subjective en rébusAprès la critique la plus courte du monde, la plus bête de l'histoire de fluctuat : le nouvel album de Marylin Manson, Eat Me, Drink Me, est un album tout à fait NORMAL (non, ce n'est pas une insulte), un album de guitares indie rock ou si ce n'était la voix caverneuse de l'ancien Prince des Ténèbres (le seul élément qui le rattache à son passé), on se croirait partout ailleurs sur une jolie bande FM. N'ayez plus peur, parents d'Amérique et d'ailleurs. Marylin parle rupture et raconte sa vie comme tous les autres. Enlevez les belles images gothiques qui donnent couleur et texture à l'ouvrage et il ne reste plus que le petit coeur qui vomit au lieu de pleurer, tendre comme de la pop music, électrique comme un très bon rock français. La balade au Marylinland ressemble à une excursion bucolique dans un champ de coquelicots carnivores. Dita, pourquoi m'as-tu abandonné ? Critique rébus en images :
A écouter d'urgence : "If I Was Your Vampire" (qui rappelle le "If I Was Your Girlfriend" de Prince); "Mutilation Is The Most Sincere Form Of Flattery" (on croirait un titre de Morrissey) ; "Just A Car Crash Away" (superbe morceau romantique et ballardien); "Are You The Rabbit ?" (très Alice au Pays des Merveilles). L'album est placé sous le parrainage sonore de Cure, véritable influence cachée du natif de Canton (Ohio). KTL : L'exorciste 2
De leur côté, Rehberg/O'Malley, le duo atypique désormais bien rodé, continue son exploration du post-doom metal dans une vaine expérimentale, mêlant l'electronica la plus ardue et le rock le plus abstrait. A l'écoute de ces quatre nouveaux titres plombés, on imagine aisément l'ambiance sur scène, entre sado-masochisme orgiaque, meurtre rituel et torture au rasoir, castration, viol à la batte de baseball, "plaisir d'offrir, joie de recevoir" comme dirait l'autre. A ce propos, les titres sont évocateurs : "Game" (le genre de jeu dont on ne veut rien savoir et auquel on joue entre adultes consentants) ou "Abattoir" pourtant le plus psychédélique. A l'instar de l'opus 1, KTL 2 en secouera plus d'un, mais risque bien de s'imposer tant au niveau de l'impact que de l'originalité. Imaginez un jam sludge metal entre My Bloody Valentine et Scorn, sans la lourdeur rythmique du second, mais tout aussi hypnotique. Une suite bourdonnante et oppressante, parcourue de stridences lancinantes, soutenue par une batterie d'effets tarés et un martèlement cadencé qui ne déparerait pas dans les forges de Sauron. Mais ne vous laissez pas impressionner par ses abords difficiles, cette bande son pour cauchemar idéal a beau se mériter, elle n'est pas non plus insurmontable. Et ceux qui s'accrocheront connaîtront l'extase viriloïde, et légèrement masochiste, du club très fermé des dompteurs de bruit. KTL - 2 (Mego Production/La Baleine, mai 2007) QOTSA, Franz Ferdinand et tous leurs amisPosté par 2goldfish le 08.06.07 à 10:26 | tags : disques de l'été, vidéos musicales, pop, new wave, métal, youtube, rock
J'ai hésité quand j'ai vu la vidéo de "Sick Sick Sick" des Queens Of The Stone Age, celle où un cuisinier fou cuit des doigts. Elle était pas mal mais j'avais déjà mis ici celle avec Bulby l'ampoule qui fume. Et puis il y a maintenant cet autre clip pour le même morceau, il est réellement fabuleux, puis de toute façon on a établit au billet précédent que si on met à part le schtroumpf grincheux, tout le monde aime QOTSA. Donc re-voilà "Sick Sic Sick", premier single d'Era Vulgaris : L'intégralité de l'album Era Vulgaris est audible en streaming chez Muchmusic. Tant qu'on est dans la redite, j'ai hésité tout pareil sur cette reprise de "All My Friends" par Franz Ferdinand après vous avoir déjà embêté avec l'originale de LCD Sounsystem alors je vous la mets là, en bonus, parce que les images sont belles et parce que les Ecossais permettront aux sourds qui n'auraient pas entendu New Order dans la chanson de James Murphy de comprendre de quoi on parle tous. Oups, j'ai bien mis QOTSA et Franz Ferdinand à la suite ? Désolé, mon prochain billet ne ressemblera pas à la playlist de Oui FM, c'est promis. Grails : Doom Generation
Puissante, sans concession, Burning Off Impurities (c'est son titre et quel titre !) relie les expériences néo-doom d'Isis, Boris, KTL et Sunn O))) et les divagations folk-rock spatiales de Om (on pense forcément au Conference Of The Bird) ou du Kammerfliemmer Kollektief dont nous vous parlions la semaine dernière. Vous l'avez compris, il n'est point question d'électronique ici, seulement des mecs et leurs guitares, jammant chez eux par une nuit noire et interprétant le blues de l'homme blanc, le "black snake moan" du white trash. Nul besoin ici de décrire l'album track by track, c'est sensiblement la même chose tout du long et ma chronique depuis le début s'évertue à en donner une idée fidèle. Ajoutons juste que de "Soft Temple" à l'éponyme "Burning Of Impurities", la musique de Grails révèle bien des surprises et même des moments d'extase. Quand le mur de guitares et de drones se fissure, apparaît alors à travers la brèche une lumière éblouissante, quasi-divine, comme une révélation. La purification incandescente. La moindre des choses pour un album se proposant de "laver" ou du moins "d'incinérer" (chez Grails on ne fait pas dans la demi-mesure) nos impuretés. L'épiphanie dans la douleur en quelque sorte, une philosophie tout ce qu'il y a de doom. Amen. Grails - Burning Off Impurities (Temporary Residence/Differ-ant, avril 2007) Du savoir vivre dans un pogo
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J'ai très rarement participé à des pogos. Je me considère comme une petite nature et je n'ai pas peur de crier mon amour pour Belle & Sebastian (ce qui fait de moi un centriste sexuel paraît-il) mais je ne dis pas non plus non systématiquement à un peu de sueur et de salive, m'arrêtant tout de même avant le sang. Le problème c'est que dans la plupart des concerts auxquels j'assiste les gens restent peu mobiles, ou bien ils dansent comme des idiots. C'est que si un groupe sur deux depuis quelques années débarque avec une variation du slogan "indie kids can dance too !", ces fameux indie kids eux n'ont pas vraiment appris à danser. L'an dernier un concert de TV On The Radio à l'Ubu fut une des expériences musicales les plus physiques que j'ai vécu, pourtant mis à part une jolie jeune fille avec qui nous nous sommes énervés un peu sur "Wolf Like Me", le public est resté dans sa bonne vieille habitude de remuer mollement en gardant le regard fixé vers le chanteur. Dans les rares occasions où ce public de coincés du cul et un autre plus remuant comme celui du métal se croisent, pour un concert des Queens Of The Stone Age ou d'Isis par exemple, le pauvre indie kid est souvent désemparé. S'il y a une chose qu'il sait cependant, c'est qu'on peut tout apprendre sur internet, aussi en prévision de la saison des festivals qui nous plonge souvent dans une foule disparate aux attitudes très différentes d'un concert à l'autre, voici une page Wikihow très complète de conseils pour votre dépucelage de pogoteur. Tant que vous y êtes vous pourrez aussi apprendre comment devenir punk et comment apprécier le Death Metal, deux savoir-faire sûrement très appréciables en ces temps de revalorisation de la valeur travail. Il y a des jours comme ça...... on se sent vide. "Ich habe keine lust" (je n'ai plus de désir, littéralement "plus envie de rien"), "Mir ist kalt, so kalt" (j'ai froid, si froid). C'est un peu l'ambiance aujourd'hui. Désolé. Rammstein - "Kein Lust" Qui n'aime pas les Queens Of The Stone Age ?Qui n'aime pas les Queens Of The Stone Age ? Je vis peut-être dans un monde un peu fantaisiste où tout le monde sait qui est ce vieux type qui danse sur commande dans la pub SFR, mais même dans ce monde il est rare de rencontrer un groupe qui fasse autant l'unanimité que QOTSA. Les rockeurs les aiment, les métalleux les aiment, les indie-poppeux les aiment et les junkies les adorent. On se demande à ce stade pourquoi ils éprouvent le besoin de faire de la pub pour Era Vulgaris, leur prochain album, et pour "Sick Sick Sick" la chanson avec Julian Casablancas des Strokes (que par contre personne n'est d'accord pour aimer). Sauf que bon, évidemment, la pub est sympa et contient de gros morceaux de musique dedans :
Les Stones et le métal
D'un autre côté, au rayon merchandising, rien ne vaut sans doute le détecteur de métal de Bill Wyman. Oui, tout à fait : si George Foreman peut griller des steacks, le bassiste des Rolling Stones peut bien nous vendre un détecteur de métal. Apparement, Billou serait un fan de l'archéologie du dimanche depuis longtemps et aurait été contacté par un fabriquant de détecteurs de métaux pour les aider à créer un super nouvel appareil qui porterait son nom. On veut bien croire qu'il n'est pas là dedans pour l'argent, et en plus ça colle avec sa personnalité d'archiviste compulsif des Stones.Enfin bon, on vit dans un monde bizarre, vraiment. Le métal et votre cerveau
Autre confession : justifiée ou non, j'ai toujours tiré une certaine fierté des capacités de mon cerveau. J'avais des bonnes notes à l'école, j'ai fait le test de Q.I. de M6 et j'ai même passé beaucoup de temps sur le Programme d'Entraînement Cérébral du Dr. Kawashima. Sans que ça ne surprenne personne qui a déjà traversé l'adolescence (ou, vous savez, "lu un article") ces deux phénomènes sont liés : une étude britannique a démontré que les métalleux seraient meilleurs étudiants que les autres. Etre intelligent, voyez-vous, c'est beaucoup de pression, pas tant au niveau des résultats scolaires que dans les relations avec le commun des mortels, surtout quand les dits mortels sont une bande d'adolescents aux hormones en folie et au savoir vivre douteux. C'est pour évacuer ces pressions que les gamins se mettraient à écouter ces musiques si violentes selon le psychologue qui a mené l'étude. C'est soit ça, soit le headbanging muscle le cerveau. En bref, nous n'apprenons pas grand chose que nous ne sachions déjà. Il serait beaucoup plus intéressant de se voir confirmer quel genre de musique a le plus d'auditeurs stupides, même si on a bien sûr déjà de sérieux soupçons. Le hair-métal dans le flou
Un petit jeu idiot et terrifiant, idéal pour tuer le temps au bureau entre deux parties de 5 minutes to kill yourself. En bonus, essayez de deviner qui se cache derrière cette photo inédite flouttée par mes soins. Une nouvelle raison de ne pas aimer les chatsSunnO))), Boris et KTL : Power ambiant electronic
Boris/SunnO))) - Altar (Southern Lord/Differ-ant) KTL - st (Mego/La Baleine) Isis : Metal Machine Mystique
"Où étiez-vous le 06 juin 2006" (06/06/06) demande Pitchfork dans son panorama annuelle de la scène néo-metal mondiale. En effet, si 2006 aura sans conteste été l'année du metal, elle est plus certainement encore, "l'année de son retour sur le devant de la scène", pour autant que les groupes phares de cette vaste nébuleuse aient encore quelque chose à voir avec ce que l'on appellait "metal", il y a dix ou 20 ans de cela. Toujours est-il qu'il est difficile aujourd'hui pour l'auditeur curieux de faire l'impasse sur les Sunn o))), Boris, Mastodon, Tool, Jesu, Isis et autres bruyants adorateurs du bruit. Isis - In The Absence of Truth (Ipecac/Differ-Ant) Mouse On Mars : Full Metal MangaDécidément, Mouse on Mars n'est jamais où on l'attend. Ses leaders, Jan St Werner et Andi Thomas, semblent bien Mouse On Mars - Varcharz (Ipecac/Differ-ant) Lorie change de style"On va vraiment s'enfermer en studio, évoluer dans la musique, dans les paroles, dans les textes..." Ok, vas-y montre... Ah ouais, quand-même... O_o (Flyer, reviens, ils sont devenus fous !) (Merci à Fred, notre homeboy zombie) |
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