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Tous les billets consacrés aux Nuits Sonores, l'un des festivals les plus complets et intéressants de notre hexagone bleu blanc bruit, sur Playlist.
Nos amis de Get The Curse étaient aux Nuits Sonores![]() Pas de Nuits Sonores pour Fluctuat cette année. Il faut varier les plaisirs et on ne peut pas renouveler tous les ans les exploits de l'années dernière (soyons égocentrique, ça fait du bien parfois). De plus, 2goldfish nous a déjà offert de forts beaux témoignages (même si contrastés) du Festival Primavera de Barcelone. Ceux qui sont naturellement curieux et qui souhaitent en savoir plus sur les Nuits de Lyon, seront donc heureux de lire ce court mais sympathique live report sur l'excellent blog de nos amis Get The Curse (Clems et les autres, salut !) Profitez en également pour consulter leur rubrique interview, bien achalandée (Gui Boratto, James Murphy, George Issakidis, The Penelope[s], etc...) ainsi que leurs focus, leurs dossiers/chroniques, leurs "Guest Selektion" ([Raw Material]), leurs mix et leurs podcast. Check it, vous ne le regretterez pas ! Pere Ubu againForcément traumatisé par le concert spécial de Pere Ubu au Ninkasi Kao à l'occasion des Nuits Sonores, je cherchais quelques petites choses sur le sujet on line, et hop, bonheur d'Internet, je tombe sur cette vidéo de 2 minutes et des poussières de "Non-Alignment Pact" sur YouTube et une belle photo du "Pa" très en colère (ça sent les coups de ceinturons, moi j'vous l'dis !)
Pere Ubu aux Nuits Sonores : t'vaar ta gueule ! Bon, c'est vrai je vous l'avais promis ce live report de Pere Ubu aux Nuits Sonores. Et comme flyer pointe un revolver - chargé -sur ma sécurité sociale depuis une semaine, je vais m'y mettre. Surtout que le moins qu'on puisse dire, c'est que Pere Ubu sur scène, c'est du spectacle. Rendez-vous donc, au Ninkasi Kao, salle de concert extrêêêêêmement excentrée, où se donnait, ce jour là, le mythique concert. Rappelez-vous - pour ceux qui ont suivi mes pérégrinations - nous sommes samedi 27 mai et c'est le dernier jour des Nuits. Ce soir là, j'arrive malheureusement trop tard pour voir les excellents Clinic, en première partie. Mais coup de chance, je débarque dans la salle au moment ou David Thomas, leader Ubuesque (et vous allez voir que le terme se mérite) depuis les origines, investit la scène avec son groupe. A l'instar du colérique Mark E. Smith, Thomas est connu pour ces changements de line up incessants. Et on ne rigole pas avec "Môssieur David Thomas". Imaginez la plus grande carcasse du rock indé (je dirais dans les 120 kg pour 1 m 95) affublée de la plus étrange voix flutée qui soit. Autoritaire en plus ! Sans compter que le bonhomme fume et boit sur scène (et pas que de la grenadine…) Le set commence très fort, limite hardcore, dans un garage-rock enlevé sur fond de Theremin exalté. Jusque là tout va bien pour tout le monde, puis soudainement, Thomas se jette sur son harmoniciste et lui plaque brutalement les mains sur le clavier ("Joue, putain !"). On ne peut s'empêcher de se demander ce qui peut bien lier ce chanteur hargneux et ces musiciens masos, bref… La soirée ne fait que commencer. Après quelques signes véhéments, notre "Pa Ubu" très colère, signal d'un doigt rageur un problème de retours. Il s'agace, bougonne, tourbillonne, montre les poings, hurle "Fuck !", "Shit !" au milieu du vacarme, crache et fait signe au groupe d'arrêter. Fin du concert, tout le monde se casse rideau. Pendant ce temps, le technicien du son semble avoir perdu 10 kilos et 20 centimètres. Il se cache derrière sa console. De notre côté, nous n'aurons eu le droit qu'à trois morceaux seulement ! Autant dire que le public n'apprécie pas. Ça siffle sec. Blasé (on m'avait prévenu), je m'apprête à sortir, quand toute la bande revient sur scène. Et reprend direct le concert sur le cultissime "Modern Dance", un titre du premier album. Toute la salle est en transe. Il y a même la petite chanteuse d'ESG dans la salle, elle trépigne de joie ! La suite du set se déroulera sans interventions inopinées du monstrueux chanteur, hormis, normalement, derrière son micro. Après trois rappels, le public termine émotionnellement vidé (Un Pere Ubu en colère, c'est effrayant !) mais heureux. On peut cependant regretter que le groupe ait privilégié les morceaux du nouveau répertoire, ne jouant que peu de classiques, hormis "Non Aligment Pact" et "Final Solution". Et voilà, c'est fini pour les Nuits 2006... A l'année prochaine... Heurg !Visions d'une nuit sonore
Aujourd'hui c'est relache pour votre pauvre reporter, esclave des turpitudes de son chef de rubrique (flyer, je te hais !), et donc, je fais court : les Nuits Sonores en images, c'est par là (merci After8). Ah tiens, pendant que j'y suis, dites moi qu'il ne ressemble pas au personnage de Luz ce bonhomme !!
Hein, alors ?!! Mais c'est QUI ?? Les Nuits Sonores thématiques (2)Last night a DJ nique ma hanche, ou Comment j’ai fais tous les dancefloor, pour vous.
Les Nuits Sonores thématiques (1)I am Luuzing Emotion, ou Comment Luz et moi nous sommes embrassés. Soucieux de ménager vos petites mirettes, j’ai décidé de faire plus court, je lance donc les Nuits Sonores thématiques. Revenons donc, deux jours en arrière, le vendredi 26 donc. Je vous avais laissé sur l'ex-Suicide, Alan Vega. Après, il y a eu The Chap, un trio de barges anglais… Retour donc, suite à un rapide passage au bar – héhéhéhé - en salle 1. Et là, surprise, je retrouve une autre star dans la salle : Emma, la copine de Luz - qu’il crobarde aussi dans ses aventures. Echange de bisous (tiens un peu de vodka tonic, youpi !) et de commentaires sur ESG et l’album de The Chap, puis nous nous approchons ensemble en bord de scène ou Luz et Thierry Blons, autre membre de Trax, m’accueillent chaleureusement. Accolade, embrassade (tiens, un machin roulé sympa, youpi !), on se croirait à Cannes avec Roberto Benigni ("on s’en fout dé la mousique, ici, c’est Cannes, on s’est fait dé bizous !"). Sur scène The Chap tient autant du concert que de la performance. Les Chap sont dadaïstes et pop. Sur scène, on entend des bêbêtes. Pour le morceau d’intro c’est toute la basse court qui y passe (le guitariste, lève le bras, prêt à lancer un riff énorme, et finalement s’approche du micro pour faire : Meuuuuh !), mais The Chap joue également les perles de power pop efficace et loufe de leur dernier album Ham, "I am Oozing Emotion", "Arts Center"… Leurs paroles reflètent bien l’ironie et l’humour qui habite ce trio : "MySpace, good body, bad conversation" (t’es content hein, Frz ?). Malheureusement une sono pas du tout adpaté à leur univers electro-pop-punk-indie-disco-rock ne rend pas hommage à la finesse des compositions (après le set de Vega et surtout ESG, tout en basse) mais pas facile non plus de faire une balance pour ce groupe inclassable enchaînant cheap disco et indie pop. Toujours est-il que le vrai post-punk, post-disco, post-rock était sur la scène 1 ce soir-là, oubliez Panico (désolé, les gars). Anecdote : pendant tous les concert, Luz dessine, imite des riffs de hard rock, m’offre un chewing-gum tombé par terre (heuu, non merci…), me montre ses caricatures de Vega (tiens, Régine !), danse comme dans ses BDs (véridique, les bras en l’air et tout) et m’avoue qu’après une aspirine, il voit des bonhommes en papier mâché (mais qu’est-ce qu’ils mettent dans leurs aspirines aux Nuits Sonores ?!)… A suivre. Demain Nuits Sonores thématique, spécial DJ. Les Nuits Sonores de Lyon, comme si vous y étiez (3)La pression monte, ou Servez m’en un autre, patron !
Cette troisième nuit sonore commence bien tranquillement, vers 21 heures, dans un excellent resto lyonnais, en compagnie de notre rédac’ chef adjoint Benoît Carretier, un gone d’origine, le truculent Franck Bolluyt, Odile de Plas, Patrice Bardot notre chef en chef, Laure Narlian, sa compagne (Attention aux vampires, Laure !), Angelo Perritore, notre DA, Jean-Yves Leloup et le photographe/reporter Pierre-Emmanuel Rastoin. Le Picoton Lyonnais est fameux mais on va certainement rater les Bush Tetras, le mythique groupe free punk new yorkais, dont le guitariste Pat Place jouait avec James Chance aux même Nuits Sonores, l’an dernier. En même temps, je ne vais pas me plaindre, je suis assis à côté d’Arnaud fondateur du projet electronica Portnoy avec qui nous avons une longue et fameuse discussion sur le système des "dates" (les rencontres) aux Etats-Unis. Système qui se décline comme suit : Premier jour restaurant/rencontre. Deuxième jour : French Kiss. Troisième jour : Fellation. Quatrième jour : La totale. Très organisée ces américaines ! De son côté, Jean-Yves Leloup, désireux de recentrer le débat, nous révèle qu’il prépare un nouveau livre. Mais chut, c’est un secret (on en reparlera en temps et en heure). Juste avant ce fascinant intermède anthropologique, nous avions eu droit à la prestation d’un quintette Krautrock parisien, à la piscine du Rhône, Zombie, à la tête duquel on retrouve Etienne Jaumet, le sax de Married Monks. Batterie métronomique à la Can, vocaux lancinants, hypnose électrique, bref, une bonne mise en bouche (en oreille, plutôt) qui n’aurait pas déplu à Bishop, notre fan de Kraut. Suivra Cheveu, que l’on préférera perdre en route… Après une visite rapide (en taxi) du vieux Lyon (ainsi qu’un rapide passage au bar) avec notre vieux lion à nous, le boss et toujours Benoît, notre autochtone qui connaît, aime et sait parler des beautés - comme des horreurs - de sa ville comme personne, nous voilà de retour Quai Rambaud, pour une nouvelle longue nuit sonique.Un petit passage au bar et … malheur, c’est sur les dernières notes de Nathan Fake que je débarque dans la salle 2 ! Et moi qui attendait le bonhomme de pied ferme (putain de picoton Lyonnais). Etrangement, l’anglais termine son set sous un déluge de bruit blanc, plus proche des expériences sonores du japonais Merzbow que du shoegazzing électro de son album Drowning in the Sea of Love. Des personnes interrogées dans le public m’annoncent qu’il s’est défoulé, privilégiant l’aspect ambiant et drone de ses compositions d’origine, délaissant du coup ses superbes mélodies. Ah ces artistes quand ils veulent faire les malins… Mais il est déjà 23 heures et je n’ai pas le temps de me poser de questions, ESG, commence à jouer scène 1. ESG nom de dieu, les quatre gamines du Bronx qui se sont sorties de la débine en inventant une musique unique mêlant rythme funk, basse new wave et guitare rythmique noisy. Un truc totalement inattendu, né à la fin des années 70, au moment même où New York vibrait déjà sous les coups de boutoir de la no wave !! Un passage au bar, et hic hop, me voilà dans la place.Et là, c’est fabuleux, le son est juste absolument fait pour elles. Ces filles sont énormes (oui aussi, mais très très belles, surtout celle du milieu, en robe rouge, vénus callipyge, tellement sensuelle et groovy qu’on en mangerait), les basses rebondissent et le public entre doucement en trance. Les musiciennes sourient, elles sont vraiment avec nous, c’est une généreuse douche sonore, pleine de roulement de hanche (aïe, la mienne !) et de clins d'yeux complices. Magnifique. Tout ça donne soif et un petit passage au bar s’impose. Surtout que The Hacker balance son électro retro-futuriste salle 2. The Hacker pour ceux qui ne connaissent pas, c’est ce français mordu de new wave (sa génération, comme moi il n’est plus très jeune) capable d’enchaîner un vieux Front 242 ou Depeche Mode avec un track de Japanese Telecom ou la dernière hype du moment. Un esthète dans son genre, à qui on aurait confié des platines. La salle répond plutôt bien, et dans mes veines, les passages au bar aussi… C’est la fête ! Youhouu ! zouig, zouig, les genoux, les épaules, ouais, on se la donne tous ! Dansons avec des lunettes noires, tiens, j’en ai jamais eu l’occasion, j’ai l’air d’un cake, c’est super !Pourtant il faut décrocher, car Alan Vega, la légende new yorkaise débarque sur la scène 1. L’inventeur de l’electro body music cultive un faux air de Régine en vieillissant, lunettes d’aviateur, bandeau en strass, tignasse hirsute et lippe boudeuse, il n’en reste pas moins un putain de personnage. Pendant 1 heure, Vega harangue la foule rageusement, pendant que Christine Devier-joncourt (oui, la ressemblance est frappante c'est vrai Erwan - Perron, rédacteur électro de Télérama...) fait du bruit derrière lui. Pas gâteux le papy, il nous arnaque avec quelques secondes de Bip Bop Kid et paf, nous assène une enclume rythmique électro-indus (incontestablement son truc du moment) par surprise. L’apocalypse post 11 septembre, le ground zéro, c’est ici, maintenant. Pour le coup, j’en oublierais presque de passer au bar, tiens ! "Too young too die" qu’il dit l’Alan, bin vrai ça, et comme je me suis couché à 6 heures hier, je vous garde The Chap (extraordinnaire, dans tous les sens du terme), Booka Shade, Trentemoller et Agoria pour demain. Allez, m’en voulez pas… On y parlera de Luz !Les Nuits Sonores de Lyon, comme si vous y étiez (2)J’ai le coeur en feu ou comment Villalobos m'a tué ! Deuxième jour et déjà une petite pause dans le programme ce jeudi de l’ascension, cela me permet entre autres de vous parler concrètement de la première nuit de folies sonores, celle du 24 mai. Et quelle nuit ! C’est donc la faim au ventre que l’équipe de Trax et moi-même nous ruons sur le site dit de La Sucrière, quai Rambaud. Après un épisode digne de Taxi III, où notre chauffeur en rogne nous balance hors de son véhicule comme des malpropres, pour cause de désaccord itinéraire, nous crapahutons à travers chantiers et terrains vagues, pour finalement accéder au Saint Graal du journaliste, le carré Pro ! Lieu de libation et de dépravation, par excellence, des reporters en goguette (imaginez un peu, on y lit même Libé !! Hein, quoi ? Non pas les Inrocks non, c’est pas humain des choses pareilles…) Petite collation entre amis donc, et hop, c’est parti. N’y tenant plus je me lance à fond dans ce pour quoi je suis venu : vous faire le rapport de ces fameuses Nuits Sonores.Salle 2 de cette immense usine à musique, Michael Mayer, le fameux boss du label Kompakt de Cologne, ouvre le bal dans la veine moody et minimale qui est la sienne. L’homme derrière les platines est concentré, mais on sent malheureusement qu’il ne s’agit que d’un tour de chauffe. Petite déception, Mayer est efficace mais sans surprises et surtout, il s’éreinte devant un parterre d’à peine 60 personnes. Pas facile évidemment… Du coup, direction scène 1 où jouent The MFA, les protégés du label Border Community de James Holden, aujourd’hui sur Kompakt. Et là, que du bonheur ! Pendant une heure les auteurs du magique The Difference it Makes, coupes de cheveux à la Scott Walker milésime 64, mixent gros pieds house sur nappes electronica cristallines, dans une ambiance Boards of Canada au pays des clubbers. Coup de bol, un court instant de lucidité me permet d’apercevoir un petit mec à lunette accroché à son calepin en bord de scène, Luz en action, croquant MFA sur le vif ! Je profites d’un moment de répit pour venir le regarder travailler. Nous décidons de nous rendre ensemble à Faust. "On se retrouve à gauche" me lance t’il avant de s’engouffrer à droite dans la foule. Et nous ne nous retrouverons jamais… (un classique, je sais, Luz, si tu me lis…) Faust sur scène est accompagné d’une bétonneuse. Accessoirement, nos pionniers Krautrock teutons ont aussi engagé Olivier Manchion et Amaury Cambuzat d’Ulan Bator, duo de post-rock français. Grand bien leur fasse, c’est excellent ! Faust balance, et pas que des portières de voiture sur le public, même si les premiers rangs voient arriver quelques pièces détachées automobiles. Entre prémisses indus, post-rock et prog-punk psychédélique, les quatre allemands, accompagnés de leur jeunes recrues, enchaînent pur moments bruitistes désaxés et perles mélodiques. Des métallos de Hambourg qui interprètent Picnic on a Frozen Lake (Faust IV), vous voyez le tableau ? J’en ai presque les larmes aux yeux. Un type à côté de moi, âgé, les cheveux en bataille, sourit aux anges, l’air un peu perdu. On se regarde, et je vois le folie – et le bonheur – dans ses yeux. Un peu flippant quand-même : "J’ai fait Faust avec le spectre grimaçant de la cinquantaine à mes côtés !" Mais bon, non loin de là, Villalobos commence et c’est incontournable. A deux mètre déjà, la pression du son se fait sentir. On approche, on s’immerge. Ricardo Villalobos, le chilien, berlinois d’adoption et Luciano, le suisse émigré au Chili sont sur scène, déjà bien partis. Villa balance la tête, ondule de la nuque (véritablement, ou alors c’est le muscadet !), de son côté Luciano, petite moustache et débardeur, prend visiblement son pied... et c’est parti ! 3 heures 30 de DJ set, les amis, 3 heures 30 de pure folie (et ce n’est pas un cliché journalistique). Luciano/Villalobos, c’est un trip mental véritablement chamanique, les boucles hypnotiques fusent, enveloppent, nous emmènent là où plus rien d’autre n’existe que la danse, le mouvement et le halètement du public en transe. Luciano contrôle plutôt cool, et quand Villalobos balance la sauce, toute la salle se soulève, fabuleux ! Nos deux guerriers de platines ont une endurance hors du commun, ce n’est pas mon cas, au bout d’une heure et demi de danse non-stop - pouce - je vais faire un tour voir une autre légende, Jad Fair. Leader des Half Japanese, Jad Fair est un mythe dans le monde du rock indé. Compagnon de route de Yo La Tengo, Daniel Johnson, Kramer, l’américain est maître d’un petit monde surréaliste et bruitiste. Jad Fair en solo (passablement éméché dirait-on, "ah mais non, c’est normal" me glisse t’on…) c’est pop punk, des balades qui partent en vrille, des folk songs dadaïste, bref, un sympathique n’importe quoi et un art de l’impro rarement égalé. Mais les sirènes de la danse sont trop fortes et je rejoins le plateau Kompakt en salle 2, où Mathias Aguayo et son compère Roccness joue leur album Are you Really Lost. Un set live donc, qui bouge bien malgré son aspect performance. Roccness uniquement équipé d’un micro lance des phrases hypnotiques et fait doucement glisser le public dans une trance discoïde, pendant qu’Aguayo enchaîne boucle sur boucle. On se retrouve à bouger, ventre contre fesse avec des inconnues, pas mal du tout… Mais, encore une fois, c’est l’appel du chaos, de l’oubli et un petit goût de reviens-y et je replonge dans l’univers techno-chamanique de Villalobos et Luciano, toujours en forme, malgré, déjà un peu plus de 2 heures et demi de set. Que c’est il passé ensuite? Est-ce le muscadet, les vapeurs de fumigène, les bonnes odeurs autour, la folie des corps en sueur ? Bref, je me souviens vaguement avoir vu arriver DJ Hell, ou non, je sais plus… Ma hanche lâche. Bobo. Dure je vous disais, la vie de journaliste. Ouf, une journée de repos et c'est reparti... A suivre Les Nuits Sonores de Lyon, comme si vous y étiez (1)"Like a Virgin", ou comment je n’ai pas rencontré le dessinateur Luz et finalement si ! Ok, c’est parti ! Comme me le disait flyer, il y a quelques jours, c’est donc moi qui ai la chance d’inaugurer la saison des festivals. Et de la chance, j’en ai, Les Nuits Sonores étant ce qu’il se fait de mieux dans ce domaine. Invité sous la triple casquette Fluctuat.net, Trax et M&CD, je n’ai pas d'angoisse concernant l’accueil sur place, il est généralement chaleureux (salut Vincent !) Pour autant, le métier de journaliste étant ce qu’il est (rude mes amis) ce n’est pas sans inquiétude que je quitte mon petit coin de province tranquille. C’est qu’il n’est plus tout jeune le reporter, et j’ai déjà le bas du dos qui tire méchamment depuis deux jours… Cela étant, j’avais prudemment prévu large. Je débarquais donc la veille, histoire de dire bonjour et d’arroser le petit Kim, un adorable petit bonhomme de trois kilos, et un futur mélomane n’en doutons pas (faites-moi confiance, je connais le père). Le vrai marathon, la grande messe, elle, commence réellement le 24 mai dés 14 heures. C’est l’heure de vérité, la traque aux accréditations, la chasse aux têtes connues - et reconnues (parfois) - la quête des meilleurs plans. C’est là, sur les boulevards qui n’en finissent plus, entre tram, bus, vélos et circulation en folie (tout Lyon est en travaux !) que l’on prend la véritable mesure de la difficulté du métier. C’est donc les jambes flageolantes que j’arrive sur le lieu de l’inauguration de l’édition 2006 des Nuits Sonores, la Piscine du Rhône. Heureux (wouééé de la bière fraîche) mais (déjà) vidé. Pour le coup, dommage que les bassins soient sec, le soleil cogne et on se serait bien baigné et le Rhône en contrebas me direz-vous, heuu… non merci ! Sur place l’ambiance musicale n’est pas désagréable, les lyonnais de Blinks ouvre le bal, mélangeant ragga, dub et jazz, le tout relevé d’une pointe de drum’n’bass, rappelant Thievery Corporation à la grande époque. Reconnaissons le, il faut du courage pour se donner sur scène devant un parterre de journalistes un peu blasés, beaucoups fatigués. Mais les six musiciens de Blinks donnent le meilleur d’eux-mêmes au milieu des échanges d’accolades et de cartes de visite. C’est un verre à la main que l’angoisse du journaliste commence à prendre forme. Aucune connaissance à l’horizon ! Argh, quoi de plus triste qu’un festival, tout seul, perdu au milieu des VIP ? ça y est, c’est la peur du vide, ce symptôme typique de notre époque en suractivité ! Et puis tout s’accélère, car un personnage surgit de la foule et s’avance vers moi trois verres de bière à la main. Le bougre semble monter des bières du carré VIP (en terrasse du bas) pour les monter à ces infortunés camarades ne bénéficiant pas du privilège de boire à l’œil (coincés qu’ils sont sur le balcon du haut). Et tout dans ce personnage ressemble à Luz, le fameux dessinateur de Charlie et surtout Magic, célèbre pour sa peinture cocasse et parfois grinçante du monde du rock et de la nuit. Autant l’avouer, je suis fan ! Ce type génial a illustré mon papier sur The Fall pour les Nuits Sonores, il y a un an, mais situation géographique oblige nous ne nous sommes jamais vu. Je me jette donc sur ce petit bonhomme à moustache, lunette, et démarche à la Luz, et lui lance : « excusez-moi, vous ne seriez pas Luz ? », ce à quoi l’intéressé répond « Ah non désolé, j’aimerais bien, j’adore ce qu’il fait, mais ce n’est pas moi » et continu son chemin. Perplexe, je le regarde tracer et je me dis que je viens de me faire rembarrer. Mais ma déception est de courte durée puisque mon collègue Franck Bedos, une des meilleures plumes de Trax, viens me rejoindre, accompagné de la charmante Aurélia. Un vrai plaisir de revoir ce catalan, passionné de musique électronique et infatigable globe-trotter/intervieweur de ce que la planète compte de meilleurs producteurs. Il en profite pour me présenter Jean-Yves Leloup, autre grand chroniqueur de la sphère électronique, que je n’avais jamais rencontré malgré nos nombreux échanges par mails. J’explique alors mon histoire avec Luz, passé incognito dans la foule du carré pro, tout le monde rigole, me plains ou se moque gentiment. Pour finir c’est une bonne partie de l’équipe de Trax qui débarque, accompagné d’un étrange bonhomme à moustache, affublé (il fallait oser) d’un badge Wham, on nous présente : C’est Luz ! Et là forcément, je dis Non ! Non, Luz, c’est l’autre ! Ou alors, ce type, là, avec sa démarche caractéristique, ses petites lunettes, sa moustache, c’est le personnage de Luz, vu par lui-même, incarné pour de vrai ! Mais qu’ont-ils mit dans la bière aux Nuits ??? Après une franche rigolade et un échange de délire sur les troubles de la personnalité des dessinateurs de BD, nous nous lançons dans une conversation à bâton rompu , où j’apprends que les gens de Charlie n’ont aucun goût musicaux (vous le saviez déjà, ok), qu’il a hésité avant de mettre se badge Wham, surtout qu’il en avait un du groupe nanard de hard 80, Saxon (qu’il me sort ! Horreur, vite range moi ça, on nous regarde !), qu’il cultive un étrange lien de parenté avec James Murphy de DFA/LCD Sounsystem, ayant eu plus ou moins le même parcours musical, du rock à la techno, que je suis un abruti (c’est vrai) d’avoir vendu en 1992 mon maxi vinyl de Blue Monday de New Order (d’ailleurs après cet épisode traumatique, je passe une annonce, si certains parmi vous font les vides greniers, il était un peu corné au coin mon exemplaire de Blue Monday… Snif). Bref, une saine conversation de fondu de musique, quoi… Mais les meilleurs choses ont une fin et il va falloir se rendre Quai Rambaut, lieu des spectacles, accompagné de toute la troupe de Trax, car notre vénéré rédacteur en chef a faim, et quand le chef parle… Bref. C’est donc tout guilleret que votre serviteur se rend sur place et cette page commençant à être un tantinet longuette, c’est donc demain que vous saurez tout ce qu’il y a à savoir sur les prestations de Faust, The MFA, Ricardo Villalobos et Luciano (Aaaargh !), Jad Fair (éthylique), Mathias Aggayo & Roccness (re-Aaaargh !), Michael Mayer et Luz, bien sûr… A demain (et on parlera uniquement de musique, c’est promis !) En attendant, tous le programme des Nuits Sonores, c'est ici Radio Classique s'électronifie aux Nuits Sonores Les Nuits Sonores et leur programmation pléthorique s'acoquinent cette année avec Radio Classique, prouvant aux technoïdes lyonnais qu'une filiation existe bel et bien entre le classique et les musiques électroniques. Tout au long du festival, Radio Classique consacrera une partie de son programme aux lives et interviews d'artistes soigneusement choisis. A suivre : - Mardi 16 mai 18h-18h30 : dans le cadre de "L'actualité musicale et artistique", interview des Emeudroïdes, groupe d'improvisation qui puise ses influences dans le jazz, les musiques contemporaines et traditionnelles. 21h-23h : les temps forts du festival, en compagnie de sa directrice artistique : Violaine Didier. 23h-6h : la Nuit blanche de la musique électronique. - Jeudi 25 mai 21h-00h : en direct au concert d' "Architekture Sonore" avec Steinbrüchel, Kangding Ray (illus.), et Alva Noto. - Samedi 27 mai 15h : retransmission du live des Emeudroïdes. Enfin : les fréquences de Radio Classique. Nuits de folie !
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