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En leur temps, ils incendièrent les scènes internationales de leur génie, ils avaient le soutien du public, de la critique... Le lendemain, ils n'étaient plus que de vagues souvenirs dans les esprits. Les oubliés de la pop se rappellent à nous, sur Playlist.
Fight : le retour des Frank and WaltersFrank and Walters - Fight Ceux là ont été à deux doigts de finir dans nos oubliés de la pop, mais leur nouvel album, sorti au Royaume-Uni en 2006 et qui arrive enfin en France cette année, leur sauve la mise pour quelques temps : les Frank and Walters sont de retour donc et plutôt en très bonne forme comme le confirme ce single au riff impeccable, "Fight". L'album Renewed Interest in Happiness vaut le déplacement et réussit assez habilement à renouer avec ce mélange savant de guitares, de pop et de bruit qui situe les Irlandais quelque part entre U2 et Jesus and Mary Chain sur la carte du rock indie. Le groupe qui fête cette année ses 18 ans de carrière n'était pas vraiment porté disparu mais avait connu une belle éclipse depuis l'album Glass en 2000. Les Frank and Walters s'étaient depuis contentés de monter un best of pour Setanta, reprenant les meilleurs titres de leurs années glorieuses (souvenez-vous du "Fashion Crisis Hits New York" de... 1991), et un autre triple album sobrement baptisé Souvenirs en 2005. Depuis, on avait pas pu entendre la voix chaude et profonde de Paul Linehan ailleurs qu'en concert. L'album est peut-être un poil plus optimiste que les précédents, s'ouvrant sur cette déclaration d'intentions en forme d'ouverture au monde "Walk out into the sunlight, it's a new day, it's a new life". L'album parle de solitude, d'espoir et de Johnny Cash. On y entend de la bonne pop, du rock à guitares, de grandes et belles chansons arrangées à la mode des années 90, c'est-à-dire sans beaucoup d'effets, et qui sont servies par un talent de parolier intact. Les Frank and Walters font partie de ces groupes dont personne n'aurait l'idée de vanter les louanges au delà de ce qui est raisonnable, mais également des groupes qui donnent beaucoup de plaisir dans la discrétion d'une chambre ou d'une écoute intimiste. Modestie quand tu nous tiens. Ils seront à Paris le 12 février 2009, au Point Ephémère et il est à peu près certain qu'ils chanteront aussi ce truc là : l'une des dix plus belles chansons des années 90, non ? Cool as fuck comme diraient les Carpets. Frank and Walters - Fashion Crisis Hits New York
Les oubliés de la pop : Half Man Half Biscuit et son humour acideIls ne sont pas nombreux les groupes ou artistes qui peuvent se permettre de manier l'ironie ou l'humour en chanson sans passer pour des plaisantins ou des pros de la godriole. Randy Newman est de ceux-là qui n'hésite pas, souvent, à mêler des blagues, des critiques acerbes ou ironiques à ses textes, sans céder sur le songwriting. Les Half Man Half Biscuit, sans qu'on sache d'où leur est venu ce goût du décalage, de l'ultraréférence pop et de l'irrévérence culturelle, sont quasiment le seul groupe à avoir bâti une carrière entière sur ce mode sans avoir jamais cédé sur la musique : une pop mâtinée de new wave à l'ancienne et secouée régulièrement de bizarreries sonores venues d'autres univers. On avait parlé, jadis, de l'un de leurs titres phares "Joy Division Oven Gloves" (les gants de four Joy Division) mais il y en a des dizaines d'autres tout aussi drôles et obscurs les uns que les autres qui font de la bande de Nigel Blackwell un groupe aussi précieux que méconnu. Comme The Fall et les Smiths, dont ils partagent les origines prolétariennes (les HMHB sont de Liverpool), les Half Man Half Biscuit ont fait leur lit dans la description détaillée et critique de la vie des vraies gens. Ils viennent du post-punk, jouent de la vraie bonne musique rock comme le montre ce petit film réalisé par un internaute autour de l'un de leurs singles les plus emblématiques : "Shit Arm Bad Tatoo" et bossent dans l'ombre depuis plus de 20 ans maintenant. Le titre évoque le (mauvais) investissement que l'on peut faire en achetant le disque de groupes qui n'en valent pas la peine et démarre par cette saillie imparable et représentative de leurs talents d'écriture : "I could have put my head in a bucket full of porridge and moaned about the hospital parking sheme / I would have saved £14, that I just splashed out on your second album." Certains y ont vu postérieurement une critique des Libertines et de leur fameuse pochette tatouée et cette légende urbaine court toujours sur le net. Cela reste tout à fait possible, voire probable puisque Nigel Blackwell, le leader des HMHB, n'a démenti que du bout des lèvres et fait aussi, dans cette chanson référence au Livre des Révélations, que Doherty a pompé pour certains de ces textes. Le single figure sur l'excellent Achtung Bono, sorti en 2005. Le groupe a sorti depuis un 11ème album en 2008 qui s'appelle CSI: Ambleside et qui est tout simplement très très bon. Les amateurs de vieilleries marrantes, de bons mots et de bons sons iront prêter une oreille sur l'historique Back in the DHSS (on vous laisse trouver la référence tous seuls) de 1985 et au non moins brillant Trouble over Bridgwater en clin d'oeil à Simon and Garfunkel bien sûr. Les oubliés de la pop : I'm Free ou le charme des Soup Dragons
Pour la plupart des gens, The Soup Dragons aura été le groupe d'une seule chanson, un "I'm Free" venu de nulle part en 1990, psychérock accommodé sauce baggy et totalement effondré sur lui-même, comme si le chanteur Sean Dickson avait avalé un plein panier d'ecstasy avant de se mettre au micro. La chanson démarrait impeccablement sur une voix vocoder "Don't be afraid of your freedom", relevée d'un soupçon d'écho qui évoquait immanquablement le son des Happy Mondays, et plus largement ce qu'on entendait alors dans tous les clubs du Nord de l'Angleterre. Le refrain était génial "Freedom / I'm free / To do what I want / Any old time / I said I'm free / To do what I want / Any old time" suffisamment idiot et entêtant pour qu'après une ou deux écoutes on ne puisse plus s'en détacher. Le message (être free, sans trop réfléchir à ce que cela pouvait vouloir dire) était, à sa façon, emblématique du grand mouvement acid qui se mettait alors en place en Angleterre. Les Soup Dragons, d'abord un petit groupe indie passé inaperçu, avait à l'époque déjà jeté un bel album dans la mêlée, This Is Our Art, riche de belles plages de guitares, entre le punk et le rock et qui aurait pu avoir son importance, si tout le monde n'avait décidé par la suite de faire tout à fait autre chose. Car en 1990, il faut bien l'avouer, l'Ecosse commençait à se moquer sacrément du rock à l'ancienne, des Buzzcocks et de tout le reste. Les dealers mancuniens avaient débarqué avec leurs pilules et faisaient le siège des clubs. Les Primal Scream, le grand groupe emblématique de la scène future, étaient en studio pour amorcer la grande révolution sonore. Screamadelica n'arriverait pourtant qu'en octobre 1991. Les Soup Dragons avaient à ce moment précis, et pour quelques mois, une longueur d'avance sur leurs collègues nationaux, même si, à quelques centaines de kilomètres de là, et près de deux ans auparavant, Shaun Ryder avait déjà lancé son classique Bummed et quelques autres missiles à tête dansante. Les Mondays, aidé par Martin Hanett, inventèrent le son Madchester, le baggy par le versant des percussions. Les Soup Dragons et les Primal Scream allaient l'inventer par les guitares. Les uns venaient par la soul. Les autres arrivaient par l'indie rock. C'était toute la différence. "I'm Free" annonçait une nouvelle ère qui, ironie de l'histoire, ne viendrait jamais vraiment pour la bande de Dickson, Paul Quinn et Jim Mc Culloch. Leur nom, emprunté à une série d'animation pour les enfants, les Clangers, évoquait un puits volcanique sur une planète bizarre qui servait de la soupe énergétique aux créatures héroïnes du dessin animé. Tout un symbôle. Le problème est qu'évidemment la chanson n'était pas des Soup Dragons mais une reprise des Rolling Stones, dernier titre de l'album Out of Our Heads, de 1965, composée par Jagger et Richards. Il y a toujours une frustration à n'être connu que pour des chansons qu'on a pas écrites, d'autant plus que les Soup Dragons, groupe écossais, originaires de la région de Glasgow, avaient à leur actif quelques belles compositions. L'album Lovegod, sur lequel le groupe replaça habilement "I'm Free", et sa pochette psychédélique, ouvrirent pour les Soup Dragons un succès qui ne devait malheureusement pour eux durer que deux petites années. Lovegod est un album impeccable et qui ne vaut pas que pour le single : "Backward Dogs" est un titre solide, tout comme "Beauty Freak", un peu plus loin (qui évoque avant l'heure le Beautiful Freak d' Eels), "Kiss the Gun" et bien sûr "Mother Universe". Dickson est alors un frontman assez charmant. Ses cheveux tombent en mèche grasse sur le haut de son front et ses chemises froissées font un malheur. Les Soup Dragons ont de l'attitude, un mélange de majesté et de relâchement, une forme de dignité dans l'abandon au dance-floor qui n'est pas si fréquente dans le mouvement. En 1992, ils sortent un troisième album, Hotwired, à la pochette hideuse, qui entretient, sur le succès de son single "Divine Thing", la magie pendant quelques mois supplémentaires. Sean Dickson évoque à ce moment précis un Kurt Cobain qui se serait mis à la dance music. Il danse comme un pantin, a la voix qui s'écrase et se charge d'un mélange poisseux de tabac, d'alcool et d'on ne sait trop quoi. Les Soup Dragons incarnent le retour de flammes de l'esprit baggy, encore incandescents mais déjà dans l'outrance et le n'importe quoi. Après un ultime album (jamais écouté), le groupe éclate. Paul Quinn retourne en terre indie avec le Teenage Fan Club, tandis que Sean Dickson se fait un nom dans le monde de la nuit et devient DJ pour prolonger la nuit qui danse. Il monte un autre groupe, The High Fidelity, qui se fait, pour ainsi dire, damer le pion à nouveau par les Flaming Lips alors qu'il était sur le point d'inventer un mélange de rock psyché, d'électro et d'indie. Pas de veine.
Les oubliés de la pop : The Shamen, éternelsQui aurait l'idée de se souvenir de The Shamen, groupe électro indie du début des années 90 ? Bah nous pardi, pas parce qu'on aurait continué à écouter leurs disques (il faut être pervers pour ça) mais parce que les Shamen ont fourni en leur temps une poignée de singles imparables et emblématiques d'une culture en devenir. Venus d'Aberdeen en Ecosse avant d'alunir à Londres où ils se retrouvèrent au centre de la culture house en plein essor, ils rencontrent le succès qu'au bout de quelques années. Le groupe explose avec son single phare, le très écoutable et planant Move Any Mountain, extrait de leur 3ème opus. La formation incorpore, en appui de son leader l'excellent Colin Angus, le rappeur et DJ Mister C qui transformera leur son en quelque chose de véritablement original : un mélange de techno rap assez innovant et qui fait d'eux l'un des premiers groupes transgenre de la période. Le flow de C qui rejoint le groupe après plusieurs collaborations confère un caractère humain et festif à une musique qui tenait plutôt jusqu'alors d'une transformation robotique de la new wave. Avec leur album suivant, Boss Drum, les Shamen deviennent les papes de la culture néopsychédélique, celle qui repose presque intégralement sur l'usage de drogues à des fins festives. Le groupe collabore avec Terrence Mc Kenna , l'écrivain adepte du shamanisme, des théories du chaos et ami de la cybergénération anglo-saxonne sur l'album Re-evolution. C'est là qu'on en vient à "Ebeneezer Goode" et à son refrain magique pro-ecsta 'Eezer Goode, 'Eezer Goode / He's Ebeneezer Goode". Le titre fait l'événement et monte très haut dans les charts au point de valoir au groupe un message mémorable à Top of The Pops sur la BBC. A une heure de grande écoute, les références implicites de la chanson à la fumette ("Has anybody got any Veras?", réference à Vera Lynns, argot pour du papier à rouler ou "Got any salmon?", référence à l'expression "salmon and trout" qui désigne en argot carcéral le tabac). Alors que les responsables de la chaîne avaient fait promettre au groupe quelques aménagements du texte, Angus et Mr C en profitent pour souligner les mots et fragments qui dérangent, déclenchant une belle polémique qui agita la presse anglaise la semaine suivante. Paradoxalement, le succès monstrueux d'Ebeneezer Goode sonne la fin des Shamen qui y perdent leur crédibilité underground et sont accusés d'avoir vendu leur âme au diable. Le groupe passe plus de deux ans à vivre sur son succès, entre remixes, versions club et sorties/ressorties de ses titres magiques, avant de produire en 1995 un nouvel album qui se fait descendre par la presse (Axis Mutatis). Si l'album principal est décevant, le pressage originel d'Axis est agrémenté d'un album ambient entier qui prouve que le groupe en a encore sous la pédale question innovation. En 1998, el groupe arrête définitivement et se sépare de sa maison de disques One Little Indian, entretemps enrichie par le succès de Björk. Comme souvent dans notre rubrique, les membres des Shamen plongent dans l'anonymat (électro ici). Mr C refait le DJ et parvient à s'acheter une boîte de nuit à Londres, en même temps qu'il fait de la musique sous le pseudonyme de Sycophant Slags. Colin Angus, l'âme des Shamen, travaillerait désormais sous le nom de Pablo Sandoz, groupe inconnu au bataillon. Lire notre Histoire de la Rave Les Oubliés de la pop : Gene - OlympianIl y a dans le monde des oubliés-de-la-pop des bizarreries qui ne s'expliquent pas. La disparition des Gene, meilleur groupe du monde des années 1995-1996 (devant Blur et Oasis, pendant qu'on y est), fait ainsi partie des anomalies historiques qui ne seront vraisemblablement jamais élucidées. Trop de talent ? Un premier album trop classique et exceptionnel pour que les suivants aient une chance de rivaliser avec lui ? Un groupe trop intelligent, subtil et maniéré pour se payer l'audace de remplir des stades, rallier les supermarchés du disque ? Ou simplement autre chose... Fainéantise, indolence, négligence. L'entrée en matière des Gene intervient en 1994 par une série de trois singles dont l'excellence n'avait pas été égalée depuis l'apparition des Smiths, modèles avoués du groupe et de leur chanteur Martin Rossiter, la véritable star du groupe. For the Dead, Be My Light, Be My Guide et Sleep Well Tonight font d'emblée un effet boeuf : la pop est gracile, aérée, les textes ambigus, romantiques et pleins de sous-entendus, le leader est beau comme un dieu malgré une coupe de cheveux (blonds) à la Menswear qui a un peu vieilli. Quelques mois plus tard, les Gene, propulsés par la hype, lancent dans la mêlée Olympian, leur premier album, et probablement ce qui était arrivé de meilleur à la pop depuis une dizaine d'années. L'album est concis (11 titres), sans aucune faiblesse et délicieusement crâneur. Gene grimpe en tête des charts et aligne les tubes. "Car That Sped" fait de l'oeil à "There Is A Light That Never Goes Out", "London Can You Wait" rappelle le désenchantement et la poésie urbaine de Oasis ou de Suede, la classe et la culture en plus. Venu du Pays de Galles, Rossiter en met plein la vue avec des paroles brillantes, une capacité à décrire des situations désespérantes et désespérées avec une justesse, une énergie et une intensité rares. Lancé enfin en single (il grimpera à la 18ème place des charts UK), la chanson "Olympian" est à elle seule un petit joyau et un condensé de l'écriture des Gene. Le titre parle d'amour d'une manière inattendue : la relation est perçue comme tendue et douloureuse, passionnelle au point que l'amant qui chante semble se donner en offrande à son partenaire mais aussi reposer entièrement sur l'autre. C'est l'amour qui rend raisonnable, normal et son absence qui plonge dans la folie. Les références uraniennes sont inversées et le romantisme qui se dégage de l'ensemble imparable. Les Gene enchaîneront assez vite avec un deuxième album, Drawn to the Deep End, plus sophistiqué que le premier et sur lequel la place des guitares (Steve Mason, le Johnny Marr du groupe) est plus imposante. Les arrangements sont plus travaillés et l'ensemble perd quelque peu en simplicité, même si quelques titres font leur chemin parmi le public fidèle qui accompagne le groupe de villes en villes. "Fighting Fit" se défend bien et "We Could Be Kings" laisse un excellent souvenir. La rupture intervient finalement 2 ans plus tard quand Gene après des problèmes sérieux avec son label, lance dans l'arène un Revelations au son brutal et au contenu plus politique. Excellent et inattendu, le CD désarçonne et se fait étriller par la critique habituée à entendre un groupe aux compositions léchées et plus proches du crooning que de la saillie punk rock. L'album n'est pas sans qualités : "As Good As It Gets", "Mayday" ou "Fill Her Up" sont d'excellents titres mais la période du désamour est ouverte. En 2001, le groupe de Rossiter tentera un tout pour le tout majestueux avec Libertine, une petite merveille autoproduite (les Gene montent leur propre label et remplissent les stades aux Etats-Unis) et qui aurait mérité un meilleur sort. "Is it Over ?" et "Does He Have A Name ?", les deux singles qui échapperont au naufrage sont là pour en témoigner : Rossiter n'a jamais aussi bien chanté. La musique de Libertine est revenue au niveau exceptionnel qui était celui d'Olympian. Rossiter se met à nu mais rien n'y fait. Le groupe semble condamné à enchaîner des tournées victorieuses (des tickets vendus en un temps record comme on viendrait voir des has-been magnifiques ou une reformation avant l'heure d'un groupe qui ne s'est jamais séparé) et des disques boudés par la critique. Rossiter qui rêvait d'une destinée à la Morrissey, se rase la tête et préfère jeter l'éponge. Les Gene explosent en douceur et avec classe en 2004, intégrant la liste (assez fournie) des grands groupes qui sont passés à côté d'une destinée glorieuse. La plupart des membres du groupe se recyclent dans le business du rock : certains comme manageurs (de British Sea Power, notamment), d'autres poursuivant l'aventure dans des groupes obscurs (Palace Fires pour Steve Mason). Martin Rossiter se retire à Brighton où il s'investit dans la vie locale : il monte une boutique de disques, donne des cours à la faculté sur le song writing et mijote depuis, hum, 3 ou 4 ans maintenant, un hypothétique retour en solo qu'on attend avec une impatience non dissimulée. En attendant, on peut se replonger sans hésitation dans l'univers de ce groupe typiquement anglais, injustement sous-estimé et fier comme Artaban. "London, can you wait for all the things I need to say / How long can you wait ? / I was having the time of my life / So why did you have to die ? / I'm lost / Again" chantaient les Gene sur l'un de leurs meilleurs titres. Sûr qu'on peut attendre longtemps après un tel groupe, mais pas trop... Death of the Neighbourhood : Stephen Jones, toujours parfaitStephen Jones, notre chouchou des Babybird, est de re-retour et toujours aussi farceur. Son nouveau projet après la bérézina commerciale de son dernier album solo s'appelle Death of the Neighbourhood, un nom de groupe taillé pour se faire un tas d'amis de proximité (la mort du voisinage) et qui sent bon l'electro expérimentale. Le nom en lui-même n'est pas nouveau puisqu'il avait déjà servi par le passé à baptiser quelques titres de chanson numérotées, notamment sur le rare Plastic Tablets. Les trois titres qui sont actuellement en écoute sur la page myspace du groupe sont assez intéressants, et notamment ce très joli clip de "Cokeholes" qui semble rencontrer un bon écho critique. Le premier album du groupe sera normalement dans les bacs début juin et accueilli sur la structure Atic fondée par l'excellent Aim, avec lequel Stephen Jones avait déjà noué quelques collaborations croisées. Le disque est annoncé comme un double album, un disque en chant vocoder dans la lignée du bizarre Almost Cured of Sadness de 2003 et un disque entièrement instrumental, annoncé comme une musique d'un film non existant. Si l'électronica de Stephen Jones n'a, en soi, rien de novateur, elle dégage à l'instar de celle composée par son ami producteur, une intense émotion mélancolique, qui nous fait attendre ce disque imaginaire avec pas mal d'impatience. Les oubliés du... blues : Tony Mc Phee et les Groundhogs Ce n'est pas parce que Mark E. Smith et The Fall reprennent sur leur nouvel (et excellent) album, un titre des Groundhogs ("Strange Town"), qu'il ne faut pas en parler. Ceux qui aiment et n'aiment pas le blues (Steve Vai joue-t-il du rock ou du blues d'ailleurs) sauront de qui on veut parler rien qu'à les écouter : les Groundhogs sont peut-être l'un des secrets les mieux gardés de la planète blues, l'un de ces groupes légendaires toujours à la limite du supportable et de l'enchanteur qui hantent le circuit depuis maintenant près de 40 ans. Beach Boys du blues pour les uns ou stade ultime du catastrocapitalisme musical selon les autres, les Groundhogs sont un mystère pour le bon goût et la poésie. Si leur chanteur et guitariste en chef, Tony Mc Phee, et son ancienne section rythmique (Ken Pustelnik et Peter Cruishkank) se disputent aujourd'hui le droit de porter le nom du groupe originel, c'est parce que, sur scène, la simple évocation du groupe qui joua avec John Lee Hooker ou Champion Jack Dupree, mais aussi qui ouvrit pour les Rolling Stones (en 1971), suffit à faire entrer la money. Il se raconte même que, depuis leur création en 1963, Tony Mc Phee n'a pas pris un jour de congés, s'assurant concert après concert qu'une majorité d'êtres humains l'ont vu sur scène un jour. Si l'homme a pris un coup de vieux depuis qu'il a récupéré la serpillière qui servait de chevelure à Jay Mascis depuis la séparation des Dinosaur Jr, Mc Phee n'a pas tellement changé depuis leur premier album Scratching the Surface en 1968. Les Groundhogs n'ont cessé d'explorer les possibilités de la guitare électrique et les limites humaines au solo de guitares (de qualité). Bizarremment, c'est leur troisième essai, le bien nommé Blues Oblituary, qui reste aujourd'hui leur disque le plus fréquentable. Sur Light Was The Day, le dernier morceau de 7 minutes et quelques, Mc Phee n'est pas loin d'égaler la virtuosité psychédélique de Jimmy Hendrix. Son slide est monumental, se déployant dans l'espace comme une longue vague (très très longue) d'accords qui vous tombe sur la tronche, fait passer votre surf pour une péniche ailée et prend vite des allures hypnotiques. Heureusement Mc Phee sait aussi chanter et réussit entre Neil Young et... Marillion, à créer de splendides moments de grâce. C'est grâce à ce genre d'enregistrements et à d'autres délires moustachus que les Groundhogs sont devenus au fil des années l'un des groupes pré-progressifs et blues rock les plus célèbres des Iles Britanniques. Ceux qui ne sont pas prêts à franchir le pas du tout expérimental pourront aller faire un (petit) tour du côté de Thank Christ for the Bomb, album concept dont est tiré le "StrangeTown" de The Fall, et qui reste, peut-être leur album le plus accessible. Les chansons sont plus courtes qu'à l'accoutumée et mettent en valeur le jeu de guitares d'un Mc Phee étrangement sobre et peu volubile. Les oubliés de la (dark) pop : Therapy?, princes des bourrinsPosté par Myosotis le 16.01.08 à 11:41 | tags : oubliés-de-la-pop, pop, rock, vidéos musicales, youtube
Il y a pire qu'oublier un groupe qui n'existe plus, c'est d'oublier un groupe qui existe toujours et qui n'est jamais vraiment mort. Les plus anciens se souviennent peut-être qu'en 1994, la presse spécialisée s'interrogeait déjà pour savoir ce qu'il fallait penser des Irlandais de Therapy?. Troublegum, leur deuxième album après le très bon Nurse de 1992, s'était glissé très haut dans pas mal de palmarès annuels et laissait présager, qu'après Nirvana (?), un mariage fructueux et mainstream était envisageable entre le rock bruyant, viril et musclé (une sorte de "metal" disons le) et la bonne musique. Therapy? proposait à cette époque une alternative couillue à la Brit Pop, offrait un refuge aux chevelus qui clamaient haut et fort, à peine descendus de leur mobylette, que Hüsker Dü était le meilleur groupe du monde. C'était l'époque où le Perfecto était encore un peu classe et où des types pouvaient porter (en province, du moins) des santiags sans se faire insulter par des fans de tektonik.
Formé en 1989 autour du guitariste chanteur leader Andy Cairns et du bon batteur Fyfe Ewing, les Therapy? méritent un peu mieux (mais juste un peu mieux) que le désamour dans lequel ils sont tombés aujourd'hui et qui vaut à leurs dernières sorties - Never Apologize Never Explain en 2004 et le bon One Cure Fits All de 2006 - une indifférence quasi-totale en dehors des cercles alternatifs. A réécouter Troublegum aujourd'hui, on se rend compte qu'il y avait un brin de subtilité dans ce quasi-metal là, comme la puissante reprise du "Isolation" de Joy Division, les astuces de production sur "Stop It You're Killing Me" et l'humour du "Knives" inaugural. On se rend compte qu'un album qui s'achevait sur une reprise en boucle et presque scratchée façon vynil de You're My Sunshine :"please dont take my sunshine away", ne pouvait être complètement mauvais. Surtout explose sur chaque titre le phénoménal travail de Fyfe Ewing qui donne l'impression d'avoir une demi-douzaine de paires de bras et de batailler ses fûts avec un impact de plusieurs tonnes au kilomètre carré. On peut imaginer que c'est la dissolution de cette force brute et primale dans un travail plus élaboré qui causa la perte de Therapy?, dès son album suivant, le pourtant estimable Infernal Love, produit à l'époque par le DJ, lui aussi irlandais, David Holmes et habilleur ambiant en chef de l'époque. "Loose", le single, et "Diane", une reprise de Hüsker Dü justement, sont des titres épatants et d'un impact étonnant. Therapy? absorbe littéralement les sonorités électroniques pour défoncer tout ce qui bouge, au point qu'on en arrive à trouver normal qu'Andy Cairns chante aussi mal. Le "Semi-detached" qui suit m'est inconnu, je l'avoue, et coïncide, ce n'est pas un hasard, avec le départ de Fyfe Ewing (officiellement parce qu'il en avait marre des tournées et des contraintes de la vie de pop star).
On raconte que c'est un album qui tient la route et qu'il marque là aussi une évolution du groupe vers plus de respectabilité (lisez "on y joue moins vite et moins fort"). Therapy? se casse alors la gueule commercialement et échoue sans maison de disques. Le groupe devient alors une version dure de Luke Haines et ses atrabilaires et produit un intéressant brûlot Suicide Pact - You First qui tape sur tout ce qui bouge. "He's not that kind of Girl" est un titre mémorable, comme l'évident et programmatique "Hate Kill Destroy". Puisqu'on n'a pas l'intention de les suivre pas à pas, on conseillera (très sincèrement) à ceux qui en ont envie, de se procurer la collection sortie en début d'année 2007 des BBC Sessions enregistrées entre 1994 et 1998 et intitulée Music Through A Cheap Transitor. En 28 titres, ce double CD permet de redécouvrir la machine de guerre à la fois affreusement vulgaire et limite insupportable mais aussi époustouflante qu'a été le groupe à cette époque. Sorte de best-of agrémenté de raretés, le double CD vous donnera notamment l'occasion de vous exploser les tympans sur l'exceptionnel "Innocent X" / "Meat Abstract" (morceau qui témoigne que les métaleux peuvent tutoyer l'expérimental) ou de vous fendre la pêche (et son noyau) sur le génial "Accelerator", l'histoire d'un camionneur qui n'a pas d'amis et s'en bat les couilles. L'univers sombre (dark, comme on disait alors) de Therapy? n'est pas quelque chose qu'on a fréquenté intimement mais qui, pour des titres comme... "Auto Surgery", "PrisonBreaker" ou encore "Teethgrinder", mérite de laisser une petite trace dans l'histoire du rock.
PS : juste au cas où vous vous poseriez la question, la présence insolite du "?" à la fin du nom du groupe a toujours suscité la curiosité. Parmi les dizaines d'explications possibles (des trucs sataniques, sexuels, métaphysiques et j'en passe), la plus crédible reste une stupide histoire de mise en place graphique sur le premier single autoproduit du groupe. Cairns aurait mal collé deux pièces composant la pochette et se serait retrouvé avec un espace idiot qu'il aurait comblé par un "?". Trouvant ça cool, il l'aurait gardé par la suite. Enfin je crois....
http://www.therapyquestionmark.co.uk Les oubliés de la pop : My Life StoryA une époque ancienne où le goût des cordes, des orchestrations échevelées et du transgenre musical n'était pas encore de mise dans la pop internationale, à une époque ancienne où le Neil Hannon de Divine Comedy était encore en culottes courtes (1991) et où on imaginait mal qu'un groupe comme Arcade Fire puisse représenter un jour un sommet de la branchitude et de la modernité musicale, les My Life Story de Jake Shillingford passaient pour un groupe atypique, baroque et souvent à la limite du ridicule mais aussi novateur et plein de promesses. Créés autour d'un leader omnipotent et tyrannique, beau et crâneur comme un mélange de Damon Albarn, dont il aura été l'un des challengers potentiels en pleine brit pop avant de se faire ratatiner, et Brian Jones, pour la coupe de cheveux, perdus dans la masse brit pop des années 1993-1995, les My Life Story ont inventé le croisement du groupe rock et de l'orchestre de chambre, proposant en singles et albums des titres dont on peut aujourd'hui se souvenir sans rougir. Le single "Girl A, Girl B, Boy C" bien qu'un peu agaçant reste un beau morceau et "You Dont Sparkle in My Eyes" (1994) l'une des plus belles chansons de désamour qu'on ait entendu. Après la relative gloire de leur meilleur et premier album Mornington Crescent, les 12 ou 13 membres du groupe abordent inquiets leur deuxième LP qui, bizarrerie, recevra un accueil excellent (ou un désastreux - les MLS ne sont jamais traités comme un groupe moyen), se glissant, certes timidement, à la 36ème place des charts en 1996-1997. L'album, Golden Mile, qui aligne 5 singles n'en reste pas moins truffé de défauts : Shillingford y cabotine un maximum mais sans céder sur son sens mélodique et la virtuosité des arrangements. My Life Story joue sur une exacerbation du glam et multiplie son potentiel baroque par cent. Shillingford agace, en fait des tonnes et devient un rival sérieux du Rondo Veneziano et d'André Rieu, le seul rocker capable (et désireux) de jouer de la musique classique rock dans des stades de football. De cette époque étrange, on retiendra le très beau "12 Reasons Why I Love Her", le "Sparkle", décalqué du précédent, mais aussi de beaux titres émouvants comme "Duchess" ou "November 5th". Quoi qu'il en soit, on peut aisément trouver son compte dans cette pop mainstream et devenue monstrueuse par la force de son leader. Comme le chante le groupe... à ceux qui jurent de ne pas l'oublier et...s'en détournent alors, If You Cant Live Without Me, Why Arent You Dead Yet ? En 2000, Shillingford annonce la séparation du groupe qui ne se reforme (comme tous les autres) qu'en début d'année 2006. Le concert affiche immédiatement complet et se voit gratifié de critiques élogieuses, signe que la roue de la fortune pourrait retourner dans le bon sens pour les mélomanes glam. Au lieu de transformer l'essai, Shillingford prend son temps et renonce à une tournée, se contentant de 2 autres dates fin 2006 et d'un concert exceptionnel (qu'on peut entendre sur quelques sites spécialisés) le 13 décembre 2007 à Londres. Au lieu d'annoncer un nouvel album, Shillingford annonce peu après qu'il a terminé un album solo acoustique, intitulé Written Large, qui sortira dans les prochains jours et dont on reparlera. Dans la période intermédiaire, le leader des My Life Story s'aligne sur un projet electro, lui aussi passé plus qu'inaperçu, Exilinside, qui propose une electro très basique inspirée des années 80. Pour découvrir My Life Story, on conseillera soit de se reporter à leur premier album Mornington Crescent, soit de se procurer l'excellent Best Of - Sex and Violins, sorti l'année dernière, et qui reprend les meilleurs titres du groupe. Ce best-of a été prolongé 6 mois plus tard par une collection de raretés, enregistrements live et faces B plus dispensable mais qui permet de plonger dans les dessous de cette bizarrerie historique. Day One : (très) sûrement de l'art On ne les espérait plus vivants. Notre avis de recherche, lancé il y a trois ou quatre ans, n'avait rien donné, mais les revoilà, ressuscités dans leurs anciens meubles (la reprise d'un album vieux de 4 ans chez One Little Indian, re-encarté avec une pochette un peu moins crado comme s'il avait été composé il y a 2 mois) et aussi bons et percutants qu'au premier jour. Les Day One, auteurs en 2000, d'un unique album, et chef d'oeuvre baptisé Ordinary Man, reviennent et nous rappellent qu'ils ont été les lointains ancêtres de la vague trip-lad, avant Mc Devvo, The Streets et tous les autres. Emmenés par l'impeccable chanteur et lyriciste Phelim Byrne et par le multi-instrumentiste Matthew Hardwidge, les Day One sont d'une certaine façon le groupe le plus cool du monde, capables de poser des titres pop sur des nappes de cordes ou des medium beats sur des guitares acoustiques, du trip hop sur du classique et de la soul dans du n'importe quoi. Probably Art est, dans le registre de la diversité, un album plus complexe et riche que son prédécesseur : les titres empruntent à des ambiances sonores très différentes et jonglent avec les environnements de production. On a droit à quelques cordes un rien "nouveaux riches" et à une apparition de célébrité avec le pompeux Will.i.am. Derrière cet habillage tape à l'oeil (et parfois un peu forcé), on retrouve trait pour trait ce qui nous avait enthousiasmé alors : un univers fait de descriptions réalistes du quotidien, des mélodies qui tiennent la route et évitent les nids de poule, un bon sens populaire aussi amusant que précieux et une mélancolie romantique qui caractérisait à cette époque le son de Bristol.Day One n'est pas un grand groupe, on en était convaincu, mais est un groupe qui écrit de grandes chansons. Sur Probably Art, "Bad Before Good" rappelle les alternatives hésitantes d'un Babybird branché, "Cosmopolita" parle dans une mise en scène virtuose d'une boîte en vue et de son barman anonyme. On retrouve quelques thèmes qui indiquent l'ancienne progression du groupe vers une célébrité évanouie ("Feet Firmly On the Ground", sur la grosse tête post-succès). On passe sur le démonstratif et médiocre "Money", le simpliste "Give It to Me", pour mettre en exergue une belle série de titres intelligents et particulièrement émouvants : l'élégiaque "Saturday Siren" sur une fille du...samedi soir, le poétique "Who Owns the Rain ?", le pop "Probably Art", l'efficace "Travelcard Traveller" et surtout le grandiose "Now I'm A Little Older" qui rappelle le très beau "Autumn Rain", sur Ordinary Man. En 12 titres, Day One livre un album qu'on aime tout autant pour la nostalgie qu'il nous inspire que pour ses qualités propres. Sorti au moment de son enregistrement, il aurait enfoncé le clou du succès. En 2007, il risque de passer complètement et injustement inaperçu. Eux (comme nous) n'ont pas pris une ride mais un peu de plomb dans la cervelle et dans les ailes. En quittant (très temporairement) notre rubrique Les Oubliés de la Pop, ils nous tirent une larme pour hier et des sourires pour demain.
http://www.myspace.com/dayoneprobablyart (malheureusement une seule chanson du nouvel album disponible et c'est la moins bonne) Day One - Probably Art(One Little Indian/Virgin, oct. 2007)
Moose : les oubliés de la Pop (suite)Premier single du groupe Moose, de Russel Yates (chant) et Kevin "Moose" Mc Dillop (guitare), "Jack" est une excellente chanson emblématique de ce qu'était le courant shoegazer (littéralement, les mecs qui regardent le bout de leurs pompes) au début des années 90. Sous l'influence de My Bloody Valentine, des groupes comme Ride, SlowDive ou même les Boo Radleys entamaient leur carrière par des morceaux aux guitares saturées et vocaux très pop, hurlés du haut de leurs 20 ans. Sur leur discographie, on croise, bizarrerie artistique, des collaborations comme avec Dolores O'Riordan (Cranberries) ou Elizabeth Fraser (Cocteau Twins). "Jack" reste, en matière d'entrée en pop, un morceau très réussi, pétaradant et céleste, un morceau qui décolle, emballe et donne une juste idée de ce que peut être ce genre là, exercé au plus haut niveau. Le groupe évoluera ensuite vers plus d'évidence et d'harmonie pop, abandonnant les délires et expériences soniques pour une ligne claire qui rappelle avec un peu d'imagination les Smiths. Les Moose, chouchous d'une partie de la critique française (de Bernard Lenoir aux fondateurs de Magic), auront leur heure de gloire à partir de l'album Honey Bee, paru en 1994 sur le label Play It Again Sam et recentrage très pop de leur musique. Incapables néanmoins de concrétiser leur succès critique en ventes de disques, les Moose attendront 2000 avant de lancer leur dernière bataille : High Ball Me !, assez nettement en retrait par rapport à leurs premiers disques, marquera le début de la fin, malgré le travail de production léché assuré par le comparse de Lawrence sur Denim, Brian O'Shaughnessy. Aux dernières nouvelles, Yates a quitté le business de la musique, et Mc Dillop abandonné la planète terre. O Monde Cruel.... Je suis une couille est de retourOn (enfin "Je" les croyais morts). Je m'attendais déjà à lire quelque part qu'on avait retrouvé les trois Mancuniens de I Am Kloot tête dans le caniveau et pinte à la main. Que de médisance, puisque les I Am Kloot sont vivants et en studio actuellement. La preuve avec cette interview realisée par le fanzine anglais Sandman (numéro d'avril, rubrique Features). Même si leur dernier album ne cassait pas des briques (et encore moins, quand on ne l'a même pas ouvert, comme moi !), ça fait plaisir de les savoir en activité. Et puis, dans ce questions et réponses avec le groupe, on peut quand même lire des choses assez drôles...le groupe a toujours sa parole humoristique. "I got their last album because we met Pete Doherty when he was in the Libertines - but before they were called the Libertines - and we did a gig with them in London. Apparently, at some point I had a drink with him but I don't remember that. And we ended up in a phone box drinking because it was pissing it down outside." Et ça je ne l'avais pas vu passer non plus (la bande-son de Sunshine de Danny Boyle par le groupe) Nostalgie fraichePosté par 2goldfish le 20.03.07 à 12:21 | tags : oubliés-de-la-pop, pop, rock, vidéos musicales, youtube
Comme je n'ai pas trouvé le moindre clip intéressant en ce début de semaine, je vous propose plutôt un petit coup d'oeil en arrière vers un groupe plus ou moins complétement oublié : Madder Rose. Je dis complètement oublié, parce que je n'avais absolument jamais entendu parler d'eux et je vous assure pourtant avoir entendu parler de beaucoup de gens dans ma vie. Ce clip de l'adorable chanson "Swim" sent bon l'indie nineties et fonctionne parfaitement comme madeleine proustienne sans qu'on ne les ait connus à l'époque. Ca aurait presque pu être réalisé aujourd'hui comme un prémice d'un nouveau courant rétro qui ne va pas tarder à venir, avec un biopic des Breeders, un jeune groupe qui prendra le nom d'un personnage joué par Winona Ryder et la reformation de Dinosaur Jr (désolé, je n'ai vraiment pas pu trouver un groupe qui ne s'est pas déjà reformé). Il y a surement déjà pas mal de ça dans l'air avec Broken Social Scene et tous leurs amis. En attendant, Madder Rose vient de rejoindre la liste toujours plus longue des groupes que je dois écouter. Brett Anderson : le retour d'un mal aimé
Après Jarvis Cocker et son désastreux... Jarvis, c'est au tour de Brett Anderson, leader des inégaux (mais parfois très bons) Suede, de signer un retour en forme (moyenne) d'album éponyme. Prévu pour une sortie mi-mars, le premier album solo du beau ténébreux, après l'éclatement des sous-estimés The Tears, formés avec son ancien complice Bernard Butler, est plutôt une bonne nouvelle mais qui ne tient pas toutes ses promesses musicales. Lancé par un single presque aussi mauvais que le Once Upon A Time de Air, l'album présenté comme personnel et brutal s'avère globalement lisse et mélancolique. Anderson comme Cocker semble en recherche de crédibilité et tente, par des arrangements hasardeux (merci la flûte de pan et les synthétiseurs violons cheapos), de se tailler une place dans la catégorie des crooners mi-lourds qui recycle, depuis le succès de Morrissey, les ex-stars glamours de la pop anglaise. Anderson se débarrasse ainsi de la dimension glam-rock et crâneuse qui avait fait sa réputation de showman à l'époque de Suede. Il évacue par la même occasion une bonne partie de son charme vénéneux et des thèmes qui avaient fait l'excellence de Dog Man Star, en 1994, à savoir le désespoir lié au succès, la renommée, les addictions, la rock n' roll attitude, les accidents de bagnole. Pour ceux qui s'en souviennent, Suede aura été, pendant la vague britpop, le plus américain des groupes anglais, le plus sonore et le plus électrisant. Ici, Brett Anderson est à poil (où sont passées les poses androgynes?) et chante comme il se présente sur la pochette de l'album - imaginée avec Pete Saville : sans fausses notes et en bon père de famille. Sa voix si caractéristique (on sait si on aime ou si on déteste instantanément) reste néanmoins un atout extraordinaire par son grain reconnaissable entre mille et sa capacité de modulation. L'écriture d'Anderson est capable du meilleur, le plus souvent (Song For My Father, The More We Possess The Less We Own of Ourselves), comme du pire (le lénifiant Infinite Kiss et le mouille-culottes Love is Dead). Sur Dust And Rain, le meilleur titre de l'album, on croit retrouver le Brett Anderson des meilleures années, tout comme on le poursuivra dans des paroles d'un niveau au dessus de la moyenne. Orphelin de Butler, Anderson assure en effet un service musical minimum sans perdre tout à fait de sa séduction naturelle. Il réussit quelques très bonnes phrases qui l'exposent en phase avec sa nouvelle musicalité, un rien contrit, solitaire et globalement en manque d'amour. the telephone rings but no one ever thinks to speak to me/ the traffic speeds by but no one's ever stopped here yet/ intelligent friends don't care in the end, believe me, love is dead, love is dead, chante-t-il sur le single. On a encore un peu de mal à le voir disparaître derrière son égo formidable : now my body is sand/ and the wind blows through me/ like the soil on your hand/ i am compost and leaves, mais Brett Anderson se soigne et finit par nous émouvoir par quelques jolies formules. Quelques flèches sur Scorpio Rising, mais rien de grave. En baissant la tête, il parvient à enfin nous regarder dans les yeux et à nous faire partager ses larmes acides. Anderson est charismatique. Il a beau faire, son lyrisme lui colle à la peau. Pas sûr qu'il arrive à mettre son passé (The Wild Ones, Beautiful Ones, Trash, The Drowners, pour ne citer que ces quelques titres) derrière lui avec cet album, mais c'est plutôt bien essayé et tout à fait digne d'intérêt. Sister Vanilla : JAMC pour les Nuls
L'album de Sister Vanilla porte en réalité bien son titre Little Pop Rock et offre un joli compromis entre le rock exigeant des frangins et une version pop plus accessible au commun des mortels. Les titres évoquent aussi bien les derniers Jesus que les travaux réalisés avec Hope Sandoval. On se situe ici clairement dans la face claire et joyeuse du JAMC. Sister Vanilla rapelle les meilleurs moments de Lush ou des Breeders par l'urgence et la nervosité de certains titres, le mélange plutôt réussi mais un peu convenu de mélodies travaillées et de nappages de guitares. Comme souvent avec les frères Reid, les chansons sont vite jouées, vite emballées et ne sont jamais alourdies par autre chose que du son blanc. Qu'on tienne ça pour une version féminine du JAMC ou non, une version light ou une déclinaison sous influence tout à fait honorable, Sister Vanilla s'appuie sur des vocaux bien placés, énergiques et sensuels et sur une solide base musicale qui évolue, au fil des titres, entre la pop la plus classique (Pastel Blue, K to Be Lost) et des morceaux plus bruitistes, tendance shoegaze, guitares débridées, électricité crépitante et effets de manche furieux sur Slacker, ou l'excellent Two of Us qui termine l'album. En 11 titres de rock acidulé dont un single en puissance le joli K To Be Lost, la famille Reid revisite d'une manière originale ses fondamentaux, se payant l'audace d'un Can't Stop The Rock qui reprend les affaires là où les I Hate/Love Rock n' Roll les avaient laissées, il y a quelques années. Rappelons pour ceux qui n'ont pas suivi l'actualité des reformations que Jesus and Mary Chain a confirmé fin janvier sa présence au prochain festival Coachella, sans s'engager sur la sortie ou non d'un nouvel album. On regrettera presque cette réunion qui vient saborder les velléités de Jim de composer un nouveau supergroupe avec Phil King de Felt Mush et Loz Colbert, l'ancien batteur de Ride. En attendant, on se barbouillera les oreilles avec plaisir de cette soeur vanillée. Extraits à écouter ici ou depuis le site de Chemikal Underground, le label écossais qui évidemment les abrite pour l'occasion. Ryan Adams, rétro-passéiste On ne s'en souviendra bientôt plus mais il y avait un moment en 2001 où tout le monde croyait en l'avenir de Ryan Adams. Il venait de sortir le monstrueux Gold et la chanson "New York, New York" avait reçu un coup de pub terroriste inespéré. Les Strokes devait être les nouveaux Rolling Stones et lui le nouveau Dylan. C'est le genre d'histoires que les vieux rock critics racontent au coin du feu pour tenter de faire rentrer un peu de plomb dans la cervelle de la jeune garde. Pourtant Adams avait la crédibilité alt-country du groupe Whiskeytown derrière lui, qui sans doute était tenue pour l'équivalent des disques pré-Bringin' It All Back Home de Dylan. Retrospectivement, la logique derrière ce processus nous échappe mais à l'époque il ne faisait aucun doute qu'un double album de folk-rock rétro 70's devait forcément mener au succès planétaire.Depuis, chaque nouveau disque a été comme un pied de plus dans la tombe pour Adams et passé le deuxième, ça commence à faire beaucoup. On ne se préoccupe même plus de le différencier de l'autre, celui avec un B. Il était connu pour ses coups de gueules et ses messages d'insultes laissés sur les répondeurs des critiques. Aujourd'hui pour attirer l'attention, il en est à transformer son site en vaisseau spatial rétro-futuriste avec pour bande son un rap oldschool volontairement ridicule. "Hé, regardez, je ris avec vous, je fais exprès d'être mauvais" semble-t-il vouloir nous dire. Mais il ne peut nous empêcher d'y voir la métaphore parfaite de sa carrière, dont le futur s'est envolé, comme une voiture volante de l'an 2000. Menswe@r : que sont-ils devenus ?En ces temps là, les Anglais étaient les rois du monde. La brit pop innondait le globe de ses hits et de ses querelles de chapelle. En ces temps là, il fallait choisir son camp : Oasis ou Blur comme on avait dû choisir dix ans auparavant entre Michael Jackson et Prince. La lutte des classes battait son plein entre les brat boys et les squares, entre Damon et Noel, avant que Jarvis Cocker I er ne réconcilie tout le monde avec l'irremplaçable et générationnel Different Class.
En 1995, les londoniens (de Camden, précisaient-ils, signe des temps) de Menswe@r (appréciez le @, très tendance) jaillissent sur la scène britannique avec leur look post-mod, leurs yeux à la Duran Duran et leur musique tirée à quatre épingles. Le groupe emmené par le superbe Johnny Dean crée un buzz immense autour de lui. Signé après leur 5ème concert, ils sont les seuls, les premiers et les derniers à passer à Top of the Pops sans avoir enregistré le moindre disque. Le titre "I'll Manage Somehow" électrise la ménagère mais n'atteindra pas les sommets. L'album Nuisance (haha!) sortira quelques mois plus tard, emmenant les Menswe@r jusque sur la grande scène de Glastonbury. Trop beaux, trop parfaits et pas assez bons musiciens, les 5 mannequins n'arrivent pas à capitaliser sur leur succès, malgré de belles pièces mélodiques ("Stardust", "Sleeping In ou Being Brave"). Fin 1997, Hay Tiempo, second album du groupe, ne sortira qu'au Japon et ne laissera pas un grand souvenir. L'aventure des Menswe@ar et leur influence sur le rock ne s'arrêtera heureusement pas là puisqu'il se raconte que leur guitariste Simon White serait l'homme-clé derrière le succès de Bloc Party. Plus qu'un simple manager, il se pourrait que cet homme de l'ombre ait mis la main à la pâte et soit à l'origine, non seulement du succès commercial du groupe (dont l'ascension n'est pas sans rappeler celle des Londoniens), du formatage de leur chanteur afro-gay selon les canons de notre époque, mais également d'une partie (encore à estimer) de leur musique. Certains fans mélomanes se sont amusés, paraît-il, à traquer les ressemblances entre les partitions de Menswe@r et de Bloc Party. Le résultat serait confondant. Les meilleurs titres du Bloc seraient des morceaux de Menswe@r... joués en accéléré. Bizarre, bizarre. On trouve aussi pas mal de scories des Fab 5 dans le son de Keane. Aux dernières nouvelles, le second guitariste du défunt groupe fait de la musique dans un groupe qui s'appelle Vatican DC, le batteur travaille à la programmation de la radio Xfm (d'où il peut évidemment manipuler pas mal de choses), quant au chanteur, il a travaillé quelques années dans le service après-vente de téléphones portables. Ce dernier errerait encore dans les bars de Camden, décrochant de temps à autre un concert solo auprès de tenanciers reconnaissants. C'est triste la brit-pop l'été... Les oubliés de la pop : Flowered Up Toujours plus loin dans mes souvenirs, je suis retombé l'autre jour sur un très très vieil album (l'un de mes premiers Cd) du groupe londonien Flowered Up, intitulé Life of Brian. En 1991, Flowered Up est l'un des premiers groupes à bénéficier de ce qu'on appellera plus tard une "hype", soit la capacité (en résumé) à faire la couverture du NME avant d'avoir enregistré une seule note de musique. Princes du baggy et tête de proue du mouvement "pills n' thrill", les Flowered Up sont réputés pour cette anecdote : lorsque leur producteur les a invités à signer leur premier contrat (en 1990 donc), il aurait sorti d'une valise un plein sac de cocaïne puis gravé sur la table à la poudre blanche les initiales du groupe en lettres de 20cm, "F.U", en disant "je vous aime tellement, que je vous ai dans la peau" et en sniffant un grand coup. Autre époque, autres moeurs.Vendus comme les pendants londoniens des Happy Mondays, lesquels enflamment alors les pistes de danse du Nord de l'Angleterre avec leur cocktail de dub-rock, les Flowered Up sont le groupe d'au moins une chanson, leur premier single "It's On". Ce titre est ce qu'on appelle une bombe, beat imparable + voix éraillée à arrêter de fumer. Emmené par Liam Maher (cousin éloigné de Johnny Marr ?) et Barry Mooncult, le groupe ne fait pas de vieux os néanmoins, et tarde à confirmer ses prestations scéniques très particulières (j'ai eu l'occasion de les voir en concert... lors d'un séjour linguistique estival ). L'album se vend mal et plombe l'avenir du groupe qui dénoncera, l'année suivante dans un single, les excès de la scène dance. On retrouve leur trace ensuite pour une fête appelée la Debauchery weekend Party où ils célèbrent, avec Kylie Minogue et le romancier Hanif Kureishi, leur mort musicale dans un vieux manoir en ruine que Barry Mooncult rénovait lorsqu'il était en sang frais (il aurait terminé, 17 ans après, la peinture de la salle de bains). D'après ce qu'on trouve, l'un des membres du groupe aurait fondé plus tard le groupe Republica (connaîs peu) et un autre sévirait sous le nom de Greedy Soul. Les Flowered Up se seraient reformés pour les festivals en 2006 et avaient prévu de partager quelques plateaux scéniques avec Wolfman, le sinistre comparse et dealer-ami de Pete Pipette Doherty, avant d'annuler... Jolie filiation en perspective. Un site existe toujours sur lequel on peut entendre deux ou trois trucs sympas. Que restera-t-il de Flowered Up ? "It's On" évidemment, mais aussi quelques singles tels que "Phobia" ou surtout "Weekender", morceau au groove long de 13 minutes, qui aurait pu mériter le scandale du Sorted with Ez & Wizz de Pulp en 1995 et garantir la survie du groupe. Un best of est également disponible et de bonne facture. On danse toujours comme une bête sur ce genre de choses. Les oubliés de la pop : Day One En l'an 2000, Phelim Byrne et Doni Hardwidge ont failli devenir énormes. Leur premier album Ordinary Man cartonne dans une sorte de trip-hop slamé avec laquelle Mike Skinner de The Streets décrochera le pompon quelques années plus tard. Ordinary Man avec ses chansons splendides : "Waiting for the Break", "I'm Doin Fine", "Autumn Rain" (ah, autumn rain). Love on the Dole est un album essentiel de ces années là, où le label Melankolic envoie ses missiles un à un. Le groupe de Bristol Day One est emmené par un Phelim à la voix monocorde, au flow inédit et prolétaire. L'album, sans aucun déchet, rappelle les débuts de The Fall, pour ses évocations d'un quotidien sinistre fait de rêveries et de misère. Phelim aime, pleure et se balade beaucoup en traînant les savates et les cordes vocales. Et puis boum.... Day One disparaît, sans qu'on sache trop pourquoi. Sur Internet, ses couches et sous-couches, Day One devient invisible : pas de site, pas de nouvelles, pas de références, pas de discussion. Ceux qui disent qu'on peut tout trouver sur la toile mentent : Day One n'existe plus. Un deuxième album serait sorti il y a peu, sous le titre Probably Art, mais il est quasiment impossible de mettre la main dessus. Après des recherches intensives, j'ai récupéré la pochette mais rien d'autre. Un autre titre pourrait être des mêmes auteurs : un album baptisé FigurHead. Aucune critique, aucune mention (une brève des Inrocks il y a six mois), les Day One sont entrés dans le trou noir de la pop. Ne reste plus qu'Amazon pour entendre des bouts de Day One. On pourrait lancer une recherche : qui peut ramener des informations sur le groupe Day One ? Les oubliés de la pop : Babybird Il fut un temps pas si éloigné où je guettais chaque mois la sortie du nouvel album de BABYBIRD. Pour ceux qui s'en souviennent, Stephen Jones s'était signalé au monde la pop en enchaînant cinq albums en 1995, presque aussi parfaits les uns que les autres, à un rythme effréné. On racontait alors que l'homme avait dans ses valises plus de 400 titres imparables et qu'il n'était pas prêt de s'arrêter.Un peu plus tard, après avoir réenregistré, en forme de 1er album hi-fi, quelques uns des morceaux créés en structure ultralégère, le bonhomme avait atteint une forme de sommet individuel en enchaînant deux singles hits : le fameux "You're Gorgeous" que tout le monde connaît et le non moins excellent "Goodnight". Puis... la dégringolade. Quelques albums chroniqués sur Flu qui ne se vendent pas, rupture avec la maison de disques, écriture de deux romans (je n'en ai lu qu'un - pas mal), déchéance industrielle. Le site de Babybird, dans ses forums, témoigne des traces laissées par Stephen Jones presque semaine après semaine, des signaux envoyés par l'oisillon toujours gaillard se débattant pour enregistrer ses chansons et réussir à les fourguer sur galette. Babybird a vendu ses romans, a vidé son garage en dédicaçant des singles à ses fans, sorti des anthologies de musiques de films laissées sans images. Ce qui frappe et rend triste, lorsqu'on lit tout ça, c'est de voir la manière dont passent les belles années et les ombres de gloire. Sur un dernier post, Stephen Jones qui entretient le dialogue avec ses (dix, vingt) fans annonce un nouvel album pour septembre sur la structure Chrysalis. On croise les doigts pour lui. La musique pop est un vampire qui repasse rarement les plats du succès. |
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