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Derrière la musique, la loi. La dure, la vraie, plus ou moins surréaliste. Zoom sur la face politique de la musique :

Justice: beaucoup de "Stress" (pour rien?)

Posté par Slick Rick le 14.05.08 à 11:08 | tags : news, politique, vidéos musicales, électro, médias

 
Rappel des faits : le très branché duo d'electro Parisien Justice a sorti il y quelques jours un clip qui fait désormais couler beaucoup d'encre. Pourquoi ? Parce qu'on y voit une poignée de "cailles" tout casser sur leur passage, de la petite vieille à la voiture, en passant par un barman, un joueur de guitare, des flics et j'en passe, pour finalement se retourner contre le caméraman. L'écran devient noir, une voix rageuse interroge le cameraman/spectateur/voyeur: "ça te fait kiffer de filmer ça fils de p***?" Polémique.

 

 

Devant le buzz de la video de Romain Gavras (fils de Costa), uniquement sur Internet (déjà vue près de 600 000 fois sur Dailymotion), la presse s'est vite emparée du sujet. Pour la condamner unanimement, dans les colonnes du Monde comme dans celles du Figaro, de Marianne ou de Libération. En cause : la gratuité de la violence, voire son utilisation à des fins purement marketing (chaque membre de la bande porte une veste siglée "Justice", avec la croix en relief dans le dos). Alors, messieurs les justiciers, on en était restés au clip sympatoche de "D.A.N.C.E." avec les chouettes T-Shirts barriolés...Et le fan branché "French Touch" de se demander, tétanisé: "C'est quoi cette horrible video hardcore, là?"

 

Gaspard Auger et Xavier de Rosnay ont enfin réagi dans un communiqué le 14/05. On les écoute. "La vidéo de "stress" est née d'une idée : offrir un clip indiffusable en télé à un titre indiffusable en radio. Sans la contrainte de réaliser un clip "diffusable", nous avons pris toutes les libertés avec ce support. Pas pour choquer gratuitement : juste pour ouvrir le débat, susciter des questions, comme le font régulièrement le cinéma, la littérature ou l'art contemporain." Voilà. C'est bien ce qu'on pensait, comme leur nom l'indique, ils sont gentils en fait les Justice. Ils veulent nous faire réfléchir ! Ouf alors, on a eu peur qu'ils virent voyous et tout. Ils ajoutent même, penauds: "Nous étions conscients que le clip était sujet à controverse. Nous n'imaginions pas un instant que le débat irait si loin, que nous nous retrouverions à devoir nous justifier sur des sujets aussi graves." Des sujets comme le sort des banlieues, leur stigmatisation par les médias, et même le racisme (les protagonistes du clip sont blacks et beurs). Du lourd, quoi. Mais n'accablons pas les Justice, qui font mine d'être surpris (un comble d'hypocrisie!) par le buzz qu'ils ont eux-mêmes orchestrés. Et ne les surestimons pas. Finalement, ils voulaient leur coup de pub, ils l'ont eu: ça peut agacer mais c'est comme ça. 

 

En fait, c'est plutôt Romain Gavras, réalisateur remarqué du fameux/fumant clip (après d'excellentes vidéos pour The last shadow puppets, Dj Mehdi et Simian Mobile Disco), que l'on aimerait interroger. L'artiste de l'écurie très "ghetto friendly" Kourtrajmé a-t-il voulu dénoncer le traitement complaisant des médias à l'égard des banlieues, ou, comme le duo parisien semble l'entendre, s'est-il contenté de faire de "l'art et du divertissement", pour la beauté du geste ? Dans le premier cas, c'est plutôt raté, trop complaisant pour être honnête. Un peu à la manière de Mickael Haneke dans Funny Games U.S., qui nous en fait baver grave avec des images insoutenables, pour nous dire finalement, goguenard: "alors , ça vous a plu ?" Et nous dégouter à jamais des films d'horreurs (enfin , c'est le but). Chez le glacial Autrichien, c'est souvent efficace, mais un peu facile, voire prétentieux. Et donc énervant. Mais je crois que Gavras a plutôt visé le second cas. L'axe "artistico-divertissant" susnommé. Il s'est fait plaisir, voilà tout. A la manière - ambigue - d'un Kassovitz dans La Haine, en stylisant la violence à l'extrême, tout en constatant une réalité sociale. DuTarantino, façon banlieue.

 

Avec "Stress", c'est plutôt Orange Mécanique In the Hood. Et là, chapeau bas, la vidéo remplit son contrat : c'est nerveux, original, flippant et brillant. Une vraie décharge d'adrénaline. Comme l'étaient le clip de Prodigy "Smack my bitch up" ou les délires visuels de Chris Cunningam pour Aphex Twin. Comme du N.W.A insultant copieusement les "cops", ou Sid Vicious cassant sa gratte. Seule différence, de taille, on touche ici à l'actu chaude, les émeutes. C'est ce qui choque tout le monde. Et c'est le coup de génie commercial du clip, opportuniste certes, mais finalement plus jouissif que subversif. Mais une question me taraude encore : pourquoi les Justice, qui aiment tant la té-ci, n'apparaissent-ils pas dans leur vidéo? Le stress peut-être ?


Radiohead contre l'exploitation des enfants

Posté par Slick Rick le 13.05.08 à 10:33 | tags : vidéos musicales, youtube, politique, rock, pop
Comme U2 et Coldplay, Radiohead fait partie des groupes hautement "engagés", toujours en première ligne pour défendre les nobles causes. La dette du Tiers-monde étant prise (Bono s'y colle), tout comme le commerce équitable défendu par le gentil Chris Martin, que reste-t-il à Thom Yorke et ses amis, déjà impliqués dans la critique de l'administration Bush (le tître brulôt "2+2=5" sur l'album Hail to the Thief) et la cause tibétaine ? Et bien, il reste tout de même l'exploitation des enfants, qui il est vrai devrait être dénoncée plus souvent. Une prise de conscience qu'entend bien susciter le clip de "All I need", réalisé dans le cadre de la campagne de sensibilisation MTV EXIT. On y voit deux réalités parallèles mais injustement différentes entre un enfant occidental aisé et un enfant ouvrier asiatique. Soit deux journées ordinaires pour ces gamins, filmées simultanément grâce au split screen: tandis que l'un sirote un jus d'orange devant sa télé avant d'aller à l'école, l'autre bosse à l'usine. Confrontation efficace, forcément choquante de deux destins scandaleusements contrastés. La chute du clip, aussi tragique qu'ironique, est particulièrement réussie. 
 
 

Tricherie à l'Eurovision !

Posté par 2goldfish le 09.05.08 à 11:26 | tags : eurovision, news, rigolo, politique

Franco, envoyant ses troupes à l'assaut de l'EurovisionEn 1968, c'était véritablement le chaos. En France on envoyait des pavés sur les flics et des chansons sur le viol à l'Eurovision (et on s'étonnait de perdre, en plus). En Espagne, où régnait l'ordre franquiste, on s'amusait beaucoup moins et on avait à l'étranger une bien moins bonne image que ces Anglais qui s'habillaient n'importe comment dans Carnaby Street, envoyaient les Beatles chanter "All You Need Is Love" pour les représenter en mondiovision. Franco l'avait mauvaise : qu'est-ce qu'elles avaient contre le fascisme, toutes ces bordéliques nations européennes ?

 

Alors Franco a pris les choses en main parce qu'il aimait bien tout prendre en main : il a donné des chéquiers à des employés de la télé nationale et ceux-ci ont été un peu partout en Europe acheter des séries qu'ils ne diffuseraient jamais et promettre des enregistrements à des artistes locaux en échange de leur vote. Et l'Espagne a bel et bien gagné avec la chanson "La La La" chantée par Massiel, une chanson pourtant aussi bonne que son titre. Personnellement, j'avais comme toujours une préférence pour les losers, la Finlande, bonne dernière, offrait la même chose en moins putassier et surtout, sans acheter le moindre vote. Cliff Richards, le Johnny Halliday anglais, qui avait fini second cette annéel-là, demande qu'on lui remette le titre. Il faut dire qu'il demande toujours beaucoup de choses (une extension du copyright de ses chansons, qu'on jette tous les internautes en prison, ce genre de choses...). Le directeur des programmes de l'Eurovision a déclaré, en substance "mouais, bof, j'ai d'autres choses à faire".

 

Pas contacté pour savoir ce qu'ils allaient faire pour faire gagner Sébastien Tellier dans trois semaines, Jean-François Copé et Patrick de Carolis n'ont pas réagi. Un silence qui en dit long.

Source


La Playlist de Jack Bauer

Posté par 2goldfish le 19.03.08 à 11:54 | tags : top, mp3, rigolo, politique

On ne sait jamais quand dans la vie de tous les jours on peut avoir à torturer une ou plusieurs personnes. Que vous cherchiez à déloger un culte millénariste de votre jardin, convaincre un terroriste d'avouer des téléchargements illégaux de mp3 de Sylvie Vartan ou juste pour le fun, la torture est une pratique encore désuette il n'y a pas si longtemps mais qui revient en force aux Etats-Unis et, inévitablement, bientôt chez nous. Or bien torturer, c'est un métier.

L'armée américaine a de l'expérience en la matière et, on peut l'imaginer, une certaine expertise... Pourtant quand on jette un oeil et une oreille à cette playlist des chansons de tortures préférées des soldats américains, on est un peu déçu : du métal, du rock patriotique, des ritournelles pour enfant, de simples chansons pop selectionnées sans raison apparente et les prévisibles erreurs de casting ("White American" d'Eminem, pas exactement aussi patriotique que "Star Spangled Banner"). Où donc est l'inventivité, les morceaux de musique avant-gardistes plein de drones d'ultra haute fréquences, les enregistrements de l'enfer, les morceaux de musique concrète à base de hachoir, d'ongles sur tableaux noirs et de bouts de polystyrène frottés les uns contre les autres ?

Chaque jour, des millions de personnes sont soumises à une torture équivalente. on appelle ça la radio commerciale et on l'entend dans les magasins, dans les transports en commun, au boulot et parfois même dans la rue. Pourtant on ne voit pas les gens courir partout en criant à qui veut bien l'entendre leur code de carte bancaire.

"Ventolin" d'Aphex Twin, tiens, ça c'est un choix adapté ! Si j'avais voulu vous torturer, j'aurais coché "lecture automatique" sur Deezer en extrayant ce widget et j'aurais fait chuter l'audience de Playlist en flèche. On aurait bien rigolé, tiens.

 

 

 

 

free music

 


"Si tu reviens, j'annule tout", Jeanne Cherhal chante le SMS de Sarkozy

Posté par LovelyRita le 21.02.08 à 11:41 | tags : myspace, politique, chanson française, rigolo
Après le groupe Facebook "Si tu reviens, j'annule tout" (d'ailleurs, allez faire un tour sur le groupe Flu sur Facebook), voilà que Jeanne Cherhal, chanteuse de profession, propose sa vision des choses quant à cette histoire de SMS que Nicolas Sarkozy aurait envoyé à son ex-femme Cécilia. L'affaire du SMS envoyé quelques jours avant le mariage Sarko/Bruni a inspiré Cherhal qui en a fait une chanson à écouter sur sa page myspace. Une petite berceuse et des paroles énigmatiques bien que drôles : "J'étais comme un cochon qui danse pas très joli à regarder / j'ose l'avouer, mon existence faisait moins envie que pitié". Qui est le cochon, dans cette histoire ?
 

http://www.myspace.com/jeannecherhal


Devo ? -> Mutato !

Posté par 2goldfish le 26.12.07 à 17:32 | tags : rock, new wave, à lire, politique

Il doit bien rester quelques personnes qui se demandent encore ce qu'est devenu Devo. Pour ceux-là : Devo est devenu Mutato. Il y a justement dans le L.A. Weekly un long portrait de Mark Mothersbaugh, fondateur de Devo et de Mutato et vous feriez bien de le lire. Devo était un groupe satirique qui exposait l'absurdité de la société de consommation. Selon eux, elle nous entraine sur le chemin de la dévolution, une régression à l'état de singe, en gros. Mutato, c'est une société qui produit de la musique pour la télévision, le cinéma et surtout la publicité. Leur spécialité, c'est de produire une musique "quirky" : légèrement excentrique, amusante et étonnante mais pas trop. Il faut attirer le téléspectateur en étant original mais ne pas l'être trop pour ne pas le faire fuir.

Mothersbaugh explique aujourd'hui volontiers Devo (le concept était assez transparent de toute façon) mais comment réconcilie-t-il son passé de rockeur subversif avec le fait d'être aujourd'hui à la solde du grand capital ? D'une part il y a le fait que l'argent récolté lui permet de financer ses autres projets (un livre de montage photo "mutato", la fabrication de tapis bizarres et de nombreuses collections ésotériques). D'autre part, on sait que Devo n'a jamais cru au concept de contre-culture. Ils célébraient la dévolution de l'intérieur : en jouant du rock sur MTV. On peut se demander où est la subversion dans une petite musique à peine audible dans le fond d'une pub Apple. Comment est-on subversif sans mots, d'abord ?

Peut-être est-ce à nous d'aller chercher le message. Après tout, on nous dit depuis toujours que la société moderne nous abrutit, ça ne nous a jamais fait faire demi-tour. La musique de Mutato est bizarre... légèrement bizarre. Celle de Devo l'était aussi, ils ont pourtant, pendant un temps, été très populaires. Aujourd'hui, le genre de new wave que le groupe jouait il y a vingt-cinq ans est devenu le mode par défaut du groupe de rock faussement alternatif qui rêve d'être le nouveau Bloc Party. La musique de Mutato est bizarre, elle est aussi infantile. Plutôt, elle est dévolué. Oui, elle est fun, elle est stupide, c'est de la pop music. C'est ça que nous voulons. C'est ça que de riches industriels demandent à Mutato. Mutato nous le met dans les oreilles et la question qui se pose, silencieusement, c'est... "veut-on vraiment en arriver là ?". Si la réponse est oui -et à en juger par le succès de Fergie, c'est le cas- qui est Mothersbaugh pour nous le refuser ?


God Hates The World

Posté par 2goldfish le 06.12.07 à 10:45 | tags : vidéos musicales, politique
L'Eglise Baptiste de Westboro a une chanson pour vous :
 
 
Si vous êtes du genre à aimer les expériences extrêmes, restez pour les vingt dernières secondes avant d'aller vomir. Oh, comme j'aimerais que ce ne soit qu'un canular.

Rock et Racisme

Posté par 2goldfish le 01.11.07 à 11:17 | tags : politique, web, à lire, rock, funk

Sasha Frere-Jones, membre de Ui et contributeur régulier de la rubrique musique du new-yorker vient à nouveau de lancer une polémique bancale sur le net, dont Playlist est fier d'être le dernier à parler. Dans son papier titré "A Whiter Shade Of Pale", Frere-Jones se lamentait d'une dérive ségrégationiste de la musique et en particulier du rejet de ses origines noires par l'indie-rock depuis les années 1990. Initialement je me suis dit qu'il s'agissait encore d'un cas de "le rock était tellement mieux quand j'étais jeune" ou de "je joue du funk dans un groupe, pourquoi les autres groupes ne jouent-ils pas tous du funk ?" habillé d'un vieil argument racial pour se donner des airs de justicier. Ensuite je me suis dit que j'avais raison, et j'aurais pu m'arrêter là, j'aime le sentiment d'avoir raison. Frere Jones ressemble beaucoup à un troll comme on en voit partout sur le net, y compris dans les commentaires de ce blog et, d'ailleurs, il nous avait déjà fait à peu près le même coup l'an dernier. Il s'agit cependant d'un vieux débat qui refuse de disparaître et ça vaut le coup de se pencher un peu dessus pour lui tordre le coup ou au moins lui placer quelques bons coups dans les parties.

 

 

L'article de Frere-Jones commence très mal en prenant l'exemple d'Arcade Fire. Certes, la musique des Canadiens ne comporte que très peu des signifiants traditionellement associés à la musique "noire". On pourrait s'arrêter là et dire "et alors ?". Y-a-t-il beaucoup d'artistes blacks qui prennent la peine d'essayer de sonner comme Arcade Fire ? Ce n'est pas pour faire mon Jean-Pierre Pernaud mais pour qu'il y ait la "fusion" à laquelle Frere-Jones aspire, il faut bien tout d'abord des courants musicaux distincts, un terroir qu'on doit entretenir et laisser évoluer indépendament. On pourrait aussi remarquer qu'Arcade Fire est largement influencé par les Talking Heads et Bruce Springsteen, et que même si en dehors du saxophoniste du E Street Band tous ces gens sont blancs comme neige, ils s'inspiraient du rythm & blues, du funk et des polyrythmies africaines. Et puis Frere Jones n'a pas du entendre Haïti.

 

 

Au delà de l'exemple particulier d'Arcade Fire, il est vrai que toute une branche de l'indie-rock a plus à voir avec Brian Wilson qu'avec Robert Johnson. Et pour toute une autre partie, c'est le contraire, ce qu'oublie volontairement Sasha Frere Jones pour concentrer sa paranoïa politiquement correcte sur Sufjan Stevens au mépris de TV On The Radio, de LCD Soundsystem ou de tous ces artistes "indie" d'aujourd'hui qui contredisent sa théorie. C'est ce qu'explique brillamment le blog de Playboy (via Stereogum). Dans un billet très intéressant (Playboy a depuis sa création, mine de rien, une tradition d'articles de qualité) raconte aussi et surtout une histoire de l'appropriation de la musique noire par les rockeurs blancs totalement différente de celle de l'article de Frere Jones. Les Rolling Stones et Led Zeppelin auraient été des racistes et se seraient appropriés la musique de ceux qu'ils considéraient comme des demi-sauvages pour donner libre cours à leurs propres impulsions primaires et misogynes. L'indie rock, né du rejet de ce type de rock bestial serait donc beaucoup moins raciste. On tombe un peu dans l'excès inverse et l'auteur finit par traiter celui qui le contredit de raciste (rarement une bonne façon de mener un débat) mais, quoi qu'il en soit, on en est nettement à Playboy 1, le New Yorker 0.


Super Girl et l'Amer Yahourt de la Vache Mongole

Posté par 2goldfish le 28.09.07 à 14:50 | tags : politique, pop, télévision, news

Le gros méchant cynique que je fais semblant d'être s'est d'abord réjouit des nouvelles règles imposées aux émissions de type "nouvelle star" en Chine. Ces règles interdisent aux juges de ces émissions de flirter ensemble (?!) et d'être méchants tandis que les candidats doivent être en bonne santé et "mûrs" (pas de Jordy, pas de Priscilla, pas de Lorie.). Pour les spectateurs enfin, pas de SMS payants qui vident le porte monnaie et compliquent inutilement la vie des producteurs qui ont de toute façon déjà choisi leur gagnant. J'imaginais Dove Attia et ses collègues écrasés sous la botte d'un régime communiste autoritaire, et ça me faisait sourire.

Et puis il y a cette règle qui impose que "les tenues, coiffures et discours des candidats devraient s'accorder avec les valeurs du public". Ca pue un peu quand même. "les valeurs du public" c'est déjà terrible chez nous sur TF1, c'est pire quand c'est une véritable dictature officiellement reconnue qui les détermine. C'est encore moins réjouissant quand on se penche sur les raisons qui ont ammené ce nouveau règlement.

Lancé en 2004 sur une chaîne régionale, Mengniu Yoghurt Super Voice Girl Contest, une émission inspirée d'American Idol comme tant d'autres et sponsorisée par des yahourts mongols a rencontré un sucès massif et immédiat. Elle aura connu trois saisons avant que le gouvernement ne choisisse de l'interdire principalement, semble-t-il, à cause du risque que les Chinois prennent goût au vote démocratique. On a beau se moquer ici du vote par SMS, pour beaucoup de Chinois c'était le seul vote qu'ils avaient.

En tout cas l'un des arguments préférés des anti-abstentionnistes "tu peux pas ne pas voter quand y'a tant de mecs ailleurs dans le monde à qui c'est interdit" peut désormais s'appliquer à la Star Ac' et à la Nouvelle Star. La prochaine fois qu'on vous demandera d'envoyer un SMS pour sauver Jacques-Charlie ou Jessibelle, pensez un peu au pauvre Chinois qui n'a pas votre chance avant de changer de chaîne.


Live Earth vs. Live 8 : La Paille et la Poutre

Posté par 2goldfish le 25.05.07 à 12:09 | tags : pop, live 8, politique, people, rigolo

Bob Geldof n'est pas très content de l'existence du Live Earth, le concert du 7 juillet prochain organisé par Al Gore contre le réchauffement climatique en piquant il est vrai le concept des Live Aid/Live 8 de Geldof. Le truc c'est que bien sûr il ne peut pas quand même porter plainte pour plagiat contre une autre organisation caritative, mais ça ne le fait pas moins chier de se voir piquer son fond de commerce pour autant, d'où cette déclaration pleine de rancoeur mal déguisée :

"J'espère que ce sera un succès, mais pourquoi Gore les organise en fait ? Pour nous faire prendre conscience de l'effet de serre ? Tout le monde connait le problème depuis des années. Nous sommes tous (gros mot censuré par ma source) conscient du réchauffement de la planète". Rien à voir donc avec la pauvreté en Afrique dont je n'avais personnellement jamais entendu parler avant de voir Florent Pagny sur la scène Coca-cola du Live 8 parisien en 2005.

"Je n'organiserais Live Earth que si je pouvais monter sur scène et annoncer des mesures environnomentales concrètes des candidats à la présidence américaine, du congrès ou de multinationales. Ils n'ont pas ces garanties, donc c'est juste un énorme concert pop ou la énième fois que Coldplay ou Madonna montent sur scène" Pas du tout encore une fois comme Live 8 où, la énième fois que Coldplay et Madonna sont montés sur scène, la condition de l'africain moyen s'est instantanément améliorée.


Votez pour Hillary Clinton

Posté par 2goldfish le 23.05.07 à 09:24 | tags : politique, web, rigolo

Maintenant que notre période éléctorale est terminée nous allons enfin pouvoir nous intéresser à celle qui approche outre-atlantique, sur laquelle nous allons pouvoir reporter notre consternation, nos espoirs et surtout notre sentiment d'impuissance pour les mois à venir. Le mieux est sans doute encore de regarder ça avec la distance que permet la résignation (ou l'inverse) et de l'apprécier comme on apprécie un beau sport de combat ou une partie d'échec pas très subtile. On peut aussi profiter de la moindre miette qu'on nous lance et voter pour la chanson de campagne d'Hillary Clinton (qui n'a pas encore reçu l'investiture démocrate). Hillary laisse le choix aux visiteurs de son site entre neuf chansons (plus une case de suggestion libre, c'est sympa) :

City of Blinding Lights - U2
Suddenly I See - KT Tunstall
I'm a Believer - Smash Mouth
Get Ready - The Temptations
Ready to Run - Dixie Chicks
Rock This Country! - Shania Twain
Beautiful Day - U2
Right Here, Right Now - Jesus Jones
I'll Take You There - The Staple Singers

S'il faut se placer du simple point de vue musical, il faut bien sûr voter pour "Get Ready", chanson de Smokey Robinson écrite pour les Temptations en 1966. Sauf que nous parlons ici de politique, pas d'art, et qu'Hillary a été pas mal critiquée dernièrement pour avoir de façon assez transparente tentée de séduire la communauté noire alors que, soyons réaliste, elle ne battra jamais Barack Obama sur ce terrain là. KT Tunstall est aussi un choix que je déconseillerais à cause de rumeurs sur sa sexualité dans les journaux à scandale qui prêteraient le flanc à l'autre camp.

Cette élection se gagnera au centre, mais on déconseillera fortement U2 car outre le fait d'être un choix ultra-convenu, il porte son lot d'ambigüités indésirables en la personne de Bono, grand pote de George W. Bush. Les Dixie Chicks par contre semblent un choix judicieux puisque après avoir été mise au ban pour leur prise de position contre le président sortant elles ont effectué un retour triomphal une fois que l'Amérique a rejoint leur avis. Elles jouent en plus de la country et sont de jolies jeunes femmes, bref elles envoient plein de bons signaux dans tous les sens, je regretterais presque d'avoir voté pour les Temptations.


Madonna contre l'environnement

Posté par 2goldfish le 18.05.07 à 10:20 | tags : mp3, web, politique, pop, people

La tentative originale d'Al Gore de résoudre le problème du réchauffement de la planète en flattant l'ego surdimensionné des stars de la pop, le Live Earth a inévitablement attiré les plus imbues d'elles-même à commencer par Madonna. N'hésitant pas à en rajouter quand il s'agit d'un sujet si important (je veux bien sûr parler de son ego), la madone en fait encore plus que les autres puisqu'elle a écrit une chanson pour l'occasion. Elle vient de la mettre sur le net pour que tout le monde l'apprenne par coeur et la chante avec elle sur scène le 7 juillet. C'est qu'elle a vu des concert caritatifs à la télé et elle sait comment ça se passe.

La chanson donc s'appelle "Hey You" et est disponible sur MSN. Le premier million est gratuit, les suivants seront payant mais les sous iront lutter pour l'environnement ou quelque chose comme ça d'une manière ou d'une autre. Pour ma part je suis content d'avoir fait partie du premier million ce qui m'évite ce dilemme cornélien : payer pour un morceau de Madonna ou voler une bonne oeuvre. C'est parait-il produit par Pharrell Williams, mais il s'est selon toute vraisemblance évanoui le nez dans une montagne de coke pendant qu'un ingénieur du son stagiaire s'est retrouvé à devoir enregistrer la musique en cinq minutes avant l'arrivée de Madonna. C'est soit ça, soit Pharrell est un agent infiltré des forces pro-effet de serre.

Madonna elle, on le croit, est arrivée avec les paroles. J'ai été très déçu que ce ne soit pas celles qui ont fait le tour du net récemment, avec des vers excellents comme "The sun is shiiiniiiing/But the earth is whiiiniiiing" mais rassurez-vous, les vraies paroles sont du même niveau, pleine de trucs comme "hey you, just be yourself" et surtout à la fin "you must first love yourself/then you can love someone else then you have saved someone else". Des trucs passe-partout qui pourraient presque s'appliquer à n'importe quelle "grande cause" mais au final ne parlent de rien, ne disent rien et n'engagent à rien, surtout vis-à-vis de l'effet de serre.

Ca pourrait peut-être par contre resservir dans un stage de recrutement pour la Kabbale, où des mots rassurants, des concepts flous et l'attrait glamour d'une star comme Madonna feraient des merveilles sur les esprits vulnérables que la secte de Madonna cherche à attirer.


Keny Arkana dégaine son droit de réponse

Posté par Kris le 24.04.07 à 17:32 | tags : news, dailymotion, hip hop, politique

Suite au détournement d'un clip de Keny Arkana par un partisan du Front National, comme nous vous en parlions il y a quelques jours, la rappeuse marseillaise a voulu y répondre en profitant de ce week-end électoral pour enregistrer un nouveau titre et un clip "Abat Le Front De La Haine". Répondre vite aux attaques pour faire durer le moins longtemps le malentendu. Certes. Mais tant sur le fond que la forme, ce message adressé au Front National, et plus largement à la classe politique française, est plus que dispensable, "Abat Le Front De La Haine" n'étant qu'une plate bis repetita de ses dires présents sur son premier album. Pour la qualité du morceau, on passera également notre chemin, car il s'agit clairement d'un titre baclé et peu travaillé... On laissera à la jeune Keny Arkana au moins le bénéfice de la démarche, se cantonnant dans son rôle de marginale qui ne lui sied pas si mal, assénant à qui veut bien l'entendre ses pamphlets anti-institutionnels.

Clip de "Abat Le Front De La Haine" sur Dailymotion


Détournement de fond politique...

Posté par Kris le 22.04.07 à 15:16 | tags : youtube, hip hop, politique
Surprise lorsqu'arrive dans ma boîte mail un communiqué de presse provenant de la rappeuse marseillaise Keny Arkana, qui avait sorti en 2006 l'album Entre Ciment Et Belle Etoile, affichant un démenti quant à un détournement effectué à partir de son clip "La Rage" et de sa chanson "Nettoyage Au Kärcher" par... des partisans du Front National. Connue pour son engagement prolétaire, à la jeunesse difficile, Keny Arkana s'engageait sur un terrain moral et social plus que politique sur la société et la démocratie en France sur son premier album. Sauf "Nettoyage Au Kärcher" donc qui tapait allègrement sur les doigts de qui vous savez. Le clip de son précédent single "La Rage" remanié, la vidéo diffusée sur Youtube et relayée par des sites internet partisans du Front National se font l'apologie du candidat frontiste en omettant bien évidemment de préciser le montage effectué. Ils tendent à créer la confusion pour peu que l'on ne connaisse pas Keny Arkana (une rappeuse soutenant l'extrême droite ?!).

Communiqué de presse donc de la jeune artiste : "J'ai appris avec horreur que le Front National a détourné le clip de "La Rage" et le morceau "Nettoyage au Karcher" à des fins électorales. En effet le clip diffusé sur le site du Front National ainsi que sur Youtube est le résultat d'un montage réalisé sans mon accord ainsi que sans celui de ma maison de disques. Défenseuse d'une révolution du bas et anti-institutionnelle, je tiens à rappeler que je ne soutiens aucun candidat, encore moins celui du Front National, et que ce clip est en parfaite contradiction avec les valeurs que j'ai toujours défendues. Je ne reste pas indifférente à ce détournement perfide et scandaleux de ma musique et de mon message, mais cela met en évidence leur stratégie éhontée de propagande qui ne manque pas de porter atteinte à mon oeuvre. Le Combat Continue, Vive La Résistance ! Keny Arkana « la fin est dans les moyens comme l'arbre est dans la graine »"

Le clip original :


 

Le clip détourné :

 


La Rage comme au bon vieux temps

Posté par Kris le 18.04.07 à 14:46 | tags : news, rock, fusion, politique

Après The Police, Genesis, The Jam sans Paul Weller ou encore les Smashing Pumpkins sans James Iha, les reformations ne paient pas forcément de mine en ce moment. Pourtant, une en particulier nous fait presque saliver d'avance (pour les fans) ou bien attisera les curiosités (pour les moins fans), celle de Rage Against The Machine. Perdus dans un projet Audioslave peu convaincant, Tom Morello, Brad Wilk et Timmy C voient le retour de leur comparse et figure emblématique de Rage Against The Machine, Zach de la Rocha en ce début d'année. Annoncés sur l'affiche de la prochaine édition du festival de Coachella (Californie) qui essayait de les convaincre de les faire jouer sur scène depuis un bon moment déjà. Motivés pour des raisons politiques à rejouer ensemble, Rage Against The Machine revient sur le devant d'une scène en enjambant une fois de plus leur cheval d'arçon favori : "Est-ce une coïncidence si, en sept ans d'absence de Rage Against The Machine, le pays ait glissé dans un purgatoire de droite ? Je ne pense pas. [...] Nous nous sommes rendus compte que la période était bonne pour voir si nous pouvions entraîner l'administration Bush dans sa chute, et nous espérons bien mener à bien cette tâche" déclare Morello. Engagé et volontaire, Rage Against The Machine fut l'une des plus grosses bombes sonores de la décénnie passée, politiquement sans équivoque, intègre et musicalement impressionnant. Rage Against The Machine, avant, c'était ça :

 

Know Your Enemy (Mexico, Octobre 1999)

 

Le 16 avril, la première apparition du groupe (ici, juste Morello et De La Rocha) depuis le split en 2000, à Chicago. Surprenant. Fini les dreads, fini le sautillement incessant de la sauterelle en furie, un set acoustique mais non moins intense. On retrouve Morello et surtout Zach De La Rocha. Moins explosif, mais plus corrosif, De La Rocha se veut désormais prêcheur de son message, de son dessein de justice sociale, debout sur scène, accompagné par une simple guitare, Rage Against The Machine is back. Différent. Mais tout redevient comme avant. Ils nous avaient manqués.

Bulls On Parade (Chicago, Avril 2007)

Bozhe Moi !

Posté par 2goldfish le 04.04.07 à 10:40 | tags : rock, vidéos musicales, politique

Le groupe s'appelle Κaπntaπ (ou à peu près, j'ai du mal avec le cyrillique), il est je crois russe et j'ai compris les mots "Marx" et "Kapital" dans la chanson, mais je ne saurais vous en dire plus. Il me semble qu'il s'agit d'une chanson anti-communiste primaire, ou secondaire. Ou pro-communiste, j'en sais vraiment rien. Peu importe de toute façon, musicalement ça casse pas une seule patte à un canard, ça donne envie d'aller fouetter des chats, même. Visuellement par contre, je vous laisse regarder, c'est du pur bonbon pour les yeux.


EMI abandonne les DRM

Posté par 2goldfish le 02.04.07 à 15:40 | tags : news, politique, ipod

Ca ressemble à un poisson d'avril en retard, mais il semble bien qu'EMI ait annoncé aujourd'hui la mise à disposition d'une grosse partie de son catalogue de musique et de vidéo sur iTunes sans DRM et avec une qualité sonore deux fois supérieure à celle proposée actuellement. On savait déjà que Steve Jobs en avait marre de vendre ses fichiers musicaux avec une chaîne et un boulet, il semble maintenant qu'il ait convaincu EMI de libérer sa musique (les Beatles, cependant, ne feraient pas encore partie du deal). Les morceaux du catalogue EMI téléchargés légalement sur iTunes auront cet avantage significatif sur les autres de pouvoir être écoutés partout, tout le temps, ce qui pourrait bien porter un coup à la concurrence. On se prend alors à rêver que les autres majors s'alignent sur EMI et qu'on en finisse enfin de la situation ridicule dans laquelle on se trouve actuellement.

Et puis pour nous autres audiophiles, la qualité des fichiers musicaux est aussi importante. Il n'y a aucune raison aujourd'hui pour qu'iTunes ne vende pas la musique en qualité SACD 5.1, il est grand temps qu'on ait la possibilité de télécharger des produits de qualité. Il est encore un peu tôt pour parler du futur ? Attendons au moins ce soir, quand le site de The Good, The Bad & The Queen devrait proposer son premier titre en téléchargement sans DRM et haute-qualité.


Faut-il blanchir le marché noir ?

Posté par 2goldfish le 29.03.07 à 10:03 | tags : live, news, politique

Pour changer, voici une initiative législative qui pourrait être une très bonne nouvelle pour les amateurs de musique. La revente au marché noir de billets à prix gonflé est un problème partout, notamment à New York. La loi qui autorise là-bas la revente jusqu'à 45% plus cher que le prix officiel n'est respectée que quand les revendeurs ne peuvent pas faire mieux. Le gouverneur de l'Etat de New York, Eliot Spitzer est déjà fort sympathique vu d'ici, puisqu'en tant que procureur il avait obtenu des majors le paiement de cinquante millions de dollars de royalties jamais versées aux musiciens et la fin du système "payola" (les maisons de disques qui achetaient des passages radio) qui a aboutit à l'accès des indépendants aux ondes américaines. Spitzer propose maintenant de régler le problème de la revente de billets en l'institutionalisant.

Son idée est de faire sauter la limite à 45% et de délivrer des licences de revendeur agréés par l'Etat. La concurrence accrue et la plus grande lisibilité du marché feraient baisser les prix et empêcheraient les arnaques aux faux billets. Sur le papier ça semble plutôt sensé, et les USA ont une longue et glorieuse tradition d'institutionalisation des délits impossibles à interdire (cf. rubriques "prohibition" et "Las Vegas"). Si ça marche, j'espère bien que la pratique s'étendra jusque chez nous, parce que j'ai toujours le souvenir de cette fausse place pour le concert de John Lennon à la salle des fêtes de Bondy en 1998 et des cinq-cent francs qu'elle m'avait coûté, qui me reste en travers de la gorge.


Le charity-business de Bono

Posté par 2goldfish le 26.03.07 à 10:21 | tags : news, bono, politique

Je ne lis pas suffisamment la presse économique, puisque je viens seulement de découvrir cet article sur Bloomberg.com qui examine l'empire financier de U2 à la lueur du statut de Bono. Sans parler de musique (qui en parle encore ?) ou de l'approche parfois douteuse de Bono. L'article met à jour un certain nombre de contradictions, comme le fait qu'une des nombreuses compagnies lui appartenant développe des jeux vidéos pas très peace and love comme "Destroy All Humans" et "Mercenaries 2", un jeu où l'on massacre du Vénézuélien.

On nous explique aussi que bien qu'on ignore complètement le montant des donations faites par Bono, il est bien plus important pour les organisations qu'il les supporte comme porte parole voire homme sandwich, ce dont on se doutait bien. Dans la campagne des produits "RED" qui (ce que l'auteur de cet article semble ignorer) perd beaucoup d'argent, il n'a jamais rien investi d'autre que son temps et son image.

Rien de bien méchant que tout ça. L'odeur de souffre, c'est au niveau fiscal qu'il faut la chercher : les comptes compagnies dont Bono et The Edge sont propriétaires ainsi que ceux du "trust" U2 ne sont pas publics et, apparemment, les deux musiciens font tout pour payer le moins d'impôt possible. Dans les années 90, des "directeurs" étaient payés par U2 pour vivre dans des paradis fiscaux. La compagnie qui gère les droits de publication de leur musique était basée en Irlande jusqu'en juin dernier, celle ci a déménagé au Pays Bas quand les royalties des musiciens sont devenus imposables au pays de Bono. Tout ça rappelle un peu le blog d'à côté et aussi, surtout l'affaire Hallyday. Johnny cependant, lui, a l'élégance de ne pas dire au gouvernement quoi faire de l'argent qu'il refuse de leur donner.
Sur Chamboultout : Bono contre les mercenaires !

 


Meurtres de popstars au Cambodge

Posté par 2goldfish le 15.03.07 à 10:39 | tags : news, politique, pop

La pop star cambodgienne Pov Panhapich, que vous pouvez voir chanter sur Youtube, est la dernière victime en date d'une série d'attaques parfois mortelles contre les starlettes de son pays. On lui a tiré deux balles dans le corps le mois dernier et elle pourrait rester paralysée à vie. Deux autres popstars ont déjà été assassinées au Cambodge ces dernières années et un certain nombre d'autre auraient été défigurées par des projections d'acide.

Bien que les autorités n'aient encore rien révélé concernant cette dernière affaire, il s'agit vraisemblablement d'un réglement de comptes politique. Des membres du gouvernement et des militaires haut gradés prendraient souvent de jeunes chanteuses pour maitresses, les désignant ainsi comme cible idéale pour leurs ennemis.

Pour trouver un équivalent français, c'est un peu comme si on avait détruit le visage de Lorie après une apparition aux côtés de Jean-Pierre Raffarin chez Michel Drucker. Finalement c'est peut-être pas si mal de vivre dans un pays où Doc Gyneco peut écrire un bouquin dans lequel il déclare sa flamme pour Nicolas Sarkozy. En tout cas je ne leur souhaite pas des Vacances Au Cambodge.


C'est OK de perdre avec Al Gore

Posté par 2goldfish le 01.03.07 à 17:52 | tags : live, rigolo, news, politique

Al Gore, le Nicolas Hulot américain, est, et ce malgré toute la sympathie que sa nouvelle marotte nous inspire, un gros loser. Sa prédilection pour les combats perdus d'avance, d'abord contre la bonne santé du président Clinton et maintenant contre la mauvaise santé du monde, démontre clairement une peur de la réussite. Même quand il part contraint par les circonstances dans un combat gagné d'avance contre un petit sénateur texan trop extrémiste pour être populaire en 2000, il a trouvé le moyen de perdre. On ne lui en veut pas cependant, il y a des choses bien plus terribles qu'être un perdant.

Cette année, après avoir tenté de changer le monde avec un film documentaire (une méthode qui a déja prouvé son inneficacité à maintes reprises par le passé), Al a décidé de prendre modèle sur Bob Geldof en organisant de grands concerts simultanés sur tous les continents façon Live Aid le sept juillet prochain (le 7/7/7). Ca s'appelera Live Earth (Geldof lui fera sans doute un procès) et parmi les artistes annoncés comme participant, il y aura les Black Eyed Peas, les Red Hot Chili Peppers, les Fall Out Boy et Lenny Kravitz et pas grand monde de mieux.

Je ne me déplacerais pas pour aller voir un seul de ces types, mais c'est peut-être bien l'effet voulu. Muse, par exemple, aurait bien aimé participer mais donne déja un concert ce jour là en Irlande et se rend bien compte du problème moral qu'il y aurait à se rendre en jet à un concert pour lutter contre le réchauffement de la planète. A partir de là, on commence à s'interroger : le light-show pourra-t-il être assuré par des ampoules à basse consommation ? Les toilettes seront-elles chimiques ? Surtout, sérieusement, tous les spectateurs ne viendront-ils pas à ces grands rassemblements en voiture ? Ne serait-il pas plus intelligent, en particulier avec tant d'artistes, d'organiser des concerts plus nombreux et plus petits ? On a déja annoncé que les places seront gratuites pour ceux qui viendront au volant d'une voiture au moteur hybride. C'est bien, mais pas du tout suffisant.


Ce que le FBI cachait sur John Lennon

Posté par 2goldfish le 25.01.07 à 12:31 | tags : news, beatles, politique

Dans la légende de John Lennon, le fait qu'il ait été durant les années soixante-dix sous l'observation attentive du FBI est quelque part tout là haut avec la fois où il a rendu sa médaille à la reine. Bien qu'il ne soit jamais rentré dans la liste officielle des ennemis de Nixon, Lennon a tout de même fait l'objet de filatures et d'écoutes visant à alimenter le dosier pour son expulsion du sol américain. Le FBI a longtemps refusé de rendre public le contenu de son dossier "Lennon", arguant qu'il en allait de la sécurité nationale. Qu'y avait-il donc de si dangereux dans ce dossier ?

Après plusieurs années de bagarre juridique, la plus grande partie de ces documents avaient été révélée en 1987, dans lesquelles on apprit un tas de choses incroyables, comme le fait que Lennon était plutôt à gauche, pacifiste, et qu'il avait donné un concert devant des milliers de personnes pour la libération de John Sinclair. Dix pages étaient cependant restées cachées, le FBI prétendant qu'elles contenaient des informations dont la publication pourrait ammener "des représailles diplomatiques, économiques et militaires contre les Etats-unis". Encore vingt ans de démarches juridiques et, ça y est, le contenu de ces pages à été révélé. On y apprend notament que Lennon a été approché par de figures importantes de l'extrême gauche britannique à la recherche de fonds pour l'ouverture d'une librairie spécialisée et il aurait refusé de leur donner de l'argent.

Ce que le FBI cachait vraiment dans ce documents, c'était qu'il n'y avait aucune raison autre que politique derrière cette enquête, ce qu'on savait de toute façon depuis le début. Tant pis pour les amateurs de complot, rien n'indique que Mark Chapman ait travaillé pour le FBI.


Vous avez le droit de céder vos droits

Posté par 2goldfish le 15.01.07 à 18:51 | tags : news, politique
le diableRécemment, le royaume uni a rejeté une proposition de loi visant à étendre la durée du copyright, actuellement limitée à cinquante ans (contre soixante-quinze en France et encore vingt ans de plus aux Etats-Unis). Appuyée par de vieux artistes en voie de voir les droits de leurs oeuvres leur échapper comme Cliff Richards et surtout par l'industrie du disque britannique, l'extension pouvait paraitre plus ou moins justifiée, selon que vous considériez juste qu'un homme soit payé toute sa vie pour avoir travaillé un après midi (pour moi, s'il a enregistré Please Please Me cette après midi là, y'a pas de problème). Ce qui était peut-être moins juste, c'est que la raison pour laquelle l'industrie du disque britannique soutenait cette idée était d'une part qu'elle souhaitait garder l'exclusivité de la distribution d'artistes encore très populaires à l'approche du cinquantenaire des sixties et aussi qu'elle comptait garder le bénéfice des contrats de l'époque où des artistes naïfs abandonnaient les droits de leurs chansons souvent sans même le savoir. Cliff Richards notamment à du se battre en justice pour récupérer ses droits, mais beaucoup d'autres artistes qui ont écrits des tubes énormes dans les années cinquante et soixante n'en ont pas eu les moyens.
Maintenant que sa demande a été rejetée, le BPI (pour British Phonographic Industry) se tourne plutôt vers l'avenir, tout en gardant en mémoire les méthodes qui ont marché par le passé en incitant les jeunes musiciens à abandonner la propriété intellectuelle de leurs compositions aux maisons de disques en échange de leur expertise dans la distribution et le vente de leur musique à la fois en ligne et hors ligne. Parce qu'on sait tous que l'industrie musicale se débrouille si bien pour vendre la musique en ligne.
Ce serait un retour en arrière dramatique pour les artistes qui accepteraient : le plus probable, c'est que la plupart de morde pas à l'hameçon et que les quelques uns qui auraient abandonnés leurs droits verraient leur musique prisonnière d'entreprises en faillites, alors que si le modèle se généralise, l'industrie musicale serait peut-être sauvées, mais les artistes ne seraient plus que des employés comme les autres.

Talib Kweli ne se vend pas

Posté par 2goldfish le 12.01.07 à 10:42 | tags : web, hip hop, mp3, politique
liberation"If skills sold, truth be told/I'd probably be, lyrically, Talib Kweli." disait un Jay-Z encore lucide sur son Black Album. Kweli semble depuis avoir fait son deuil des charts et accepté son rôle de bonne conscience pour millionaires en mal de street-cred puisqu'il nous offre pour la nouvelle année tout un album en duo avec le MC/DJ Madlib, pas vraiment un manche lui non plus. Evidemment, il s'agit d'un album plutôt Lo-Fi et tellement plein de samples que ce sont sans doute leurs avocats qui leur ont recommandé de ne pas le vendre, mais c'est quand même plutôt gentil de leur part.
L'album est loin d'être mauvais aussi, avec le flow décalé de Kweli et les samples vintage de Madlib, et puis comme on le devine à sa pochette (librement téléchargeable elle aussi), le contenu est un peu plus politisé que les histoires de dope de Clipse et les concours de fesses de Spank Rock. La statue de la liberté qui brandit un dollar, C'est peut-être de l'imagerie de collégien, mais après tout, on vit dans un monde de collégiens.

Les artistes sont trop payés.

Posté par 2goldfish le 15.12.06 à 13:02 | tags : news, politique
rapetou"Pendant la période où le piratage ravageait l'industrie, les profits des artistes ont augmenté avec la croissance du revenu généré par les sonneries de téléphone et autres services innovant. Il n'y a donc rien d'étrange à chercher un nouveau taux qui paierait moins ceux qui écrivent la musique."  Voilà, c'était pour ceux qui croyaient encore que la RIAA défendait les intérêts des artistes.
La Recording Industry Association of America fait en ce moment du lobbying auprès du gouvernement américain pour diminuer l'argent touché par les artistes sur les sonneries de téléphone portable pour soutenir les pauvres maisons de disque qui ont bien souffert pendant qu'elles se battaient contre les nouvelles technologies et leurs propres clients alors que les artistes, ces traîtres, se remplissaient les poches en travaillant avec ces technologies et ces clients. On est pas un peu mauvais perdant chez les majors ?



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