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Musique à voir, à sentir et à fumer, le psyché vous fait voyager sur ~~PlAY//lIST~~!!!
Nouveau Joakim en septembre, l'évènement psycho-disco![]()
Et en exclu, "Love & Romance & A Special Person" extrait de prochain opus
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Voir aussi Siestes Electroniques 2009 - Horizontal Music #2 : Ariel Pink![]()
Ariel Pink est définitement psychédélique (lisez cette mini-interview, vous comprendrez !). Proche des tarés géniaux d'Animal Collective, le personnage et son groupe originaire de Los Angeles poursuivent à leur manière la grande tradition des freaks des éternelles sixties. Surréaliste, grotesque, totalement déjanté mais toujours poétique, Ariel Pink risque d'en étonner plus d'un aux Siestes Electroniques de Toulouse, avec son folk rock azimuté, présenté au Théâtre de Garonne le 26 juin à partir de 20 heures. Interview croisé en Ariel Pink et son groupe, actuellement en tournée mondiale.
Voir aussi Deezer : Cosmic springtime (printemps 2009)Voilà, on me l'a réclamé, elle est là. La playlist du printemps.
La trance aujourd'hui, pour moi, en cette année psychédélique 2009, illustrée par une poignée de titres immémoriaux et rien de vraiment réçent. Du krautrock bien sûr, mais des plus obscurs (Michael Rother, Cluster ou Harmonia, histoire de changer de la trilogie Can, Neu!, Faust (même si c'est très bien, la preuve, il y aura du Neu!), son adaptation anglaise parmi les plus réussies (Fujiya & Miyagi), de la techno minimale rugueuse (Nazi Trance Fuck Off! de feu-Black Strobe période Rebotini-Smagghe, remixé par James Holden roi du druggy sound), de la musique psychotique (Tuxedomoon, "Desire"), avec une petite accélération en milieu de playlist, incarnée par le néo-disco-metal (Chrome Hoof), le space rock (at his best) des Anglais Hawkwind, le proto-punk épiletpique des Allemands de Neu! donc, le néo disco sous kétamine du "Front Man" de The Emperor Machine, revu et corrigé par The Idjut Boys), pour finir dans l'ivresse du soft rock de Fleetwood Mac et de Dennis Wilson (tout sauf "soft" pour le coup, mais du vrai désespoir qui se cache derrière des cuivres pleureurs, enjolivés d'un sombrero en papier ridicule sur un verre de mezcal).
Bref, de la musique pour sortir de soi, pour l'ivresse des sens, histoire d'oublier un temps le monde qui nous entoure... Vous l'avez voulu, vous l'avez eu. Enjoy !
Note importante : Un bug de Deezer peut apparaître à partir de "Front Man" (Idjut Boys version), pour éviter cela, vous pouvez recliquer sur le morceau et relancer la playlist à partir de celui-ci. cela devrait marcher...
Lire aussi Le nouveau The Horrors : Couleur primaire = noir !
Le combo britannique The Horrors serait-il l'ultime aboutissement des tentatives d'hybridations musicales qui semblent obséder notre époque ? C'est la question que l'on se posera à l'écoute de Primary Colors, le deuxième opus de ce quintet de freaks goths-rock-garage-punk (rayez la mention inutile et ajoutez celle de votre choix) originaire de Londres, à paraître le 5 mai prochain.
Pas désagréable, mais cela suffit-il à faire un bon groupe ? Pour répondre à cette question, une seule solution, se faire sa propre opinion. La vidéo de "Sea Within a Sea" (en soit un choix de single pas évident puisque le morceau fait presque 8 minutes, ce qui est tout à leur honneur) vous y aidera peut-être.
The Horrors - Sea Within a Sea
Lire aussi Le retour des Dukes Of StratosphearEn 1985, le meilleur des poissons d'avril au monde aura certainement été The Dukes Of Stratosphear, un faux groupe psyché des sixties dont on aurait retrouvé l'EP perdu "25 O'Clock". Quiconque avait déjà entendu Andy Partridge chanter a du se rendre compte immédiatement que ceux qui jouaient ces pastiches des Beatles, Pink Floyd, Beach Boys, Small Faces, etc... ne pouvaient être autres que XTC, un peu comme quiconque avait déjà entendu Blur reconnait immédiatement le chanteur de Gorillaz. Peu importe, le disque a mieux marché que tout ce qu'enregistrait XTC à l'époque et a appellé une suite, le tout aussi excellent album Psonic Psunspot (et peut-être même, dans une ceetaine mesure, le virage psyché-light d'un des chefs d'oeuvre de XTC, l'album Skylarking). Les deux disques ont par la suite été compilés sous le titre "chips from the chocolate fireball" avant que cette année on leur redonne leur indépendance à l'occasion de deux éditions deluxe pleines à craquer de bonus tracks. Animal Collective, My Girls en mieuxOn avait beaucoup aimé le clip officiel de "My Girls" d'Animal Collective, malgré ses faux airs d'audition pour une pub iPod. Il tressautait et hypnotisait un peu comme la chanson mais il oubliait aussi totalement les paroles. Il faut dire que tout le monde les a oublié au moment de s'extasier sur la musique, et c'est plutôt généreux. Les paroles de "My Girls" sont mauvaises. On ne peut même pas dire que c'est une question de goût, ces paroles, c'est simplement n'importe quoi : "I don't mean to seem like I care about material things like a social status". Un statut social, ça n'est pas une chose matérielle ! Comment aucun membre du groupe ne s'en est-il aperçu ? Peut-être est-ce parce que les mots "social status" ne collent pas vraiment avec la chanson et que Panda Bear est obligé de manger la dernière syllabe ?
Quoi qu'il en soit, "My Girls" est censé être une chanson qui parle de soucis matériels, de responsabilité, de famille... Pas de lampes à bulles et de LSD. C'est une des raisons pour lesquelles ce clip non officiel signé Rob Chesnutt est bien meilleur, avec ces vidéos multiples qui suivent le rythme de la chanson et ces images nostalgio-psychédéliques.
Lindstrom & Prins Thomas, deuxième round![]()
Retour de Lindstrom et Prins Thomas, le duo phare du néo disco norvégien dans une version plus krautrock et funky que jamais.
Le mélange peut sembler apocryphe à certains et pourtant, bien des chantres du genre underground allemand des 70's l'ont tenté avant eux (voir le "Let's get cool in the pool" d'Holger Czukay en 1980 et toutes ses autres expériences krautdisco). Un son plus chaud, plus organique aussi, proche de sessions instrumentales, à l'image des derniers remixes de Prins Thomas et ainsi que le désirait Hans-Peter Lindstrom après son escapade synthétique et cosmique de l'été (Where You Go I Go Too). C'est aux Siestes électroniques de Toulouse en effet, que le producteur nordique nous avouait son envie de jouer une musique qui sonne comme celle d'un groupe. Un désir qu'il cultive depuis des années, mais qu'il semblait avoir quelques difficultés à mettre en place. Avec le sobrement intitulé II, on peut dire que c'est aujourd'hui chose faite.
Si l'album s'annonce déjà comme un grand moment pour les amateurs, il ne faut pas oublier ce qu'il doit à la complicité qui unit les deux amis. Il leur aura tout de même fallut trouver le temps de se réunir pour travailler ensemble et au vu des agendas chargés de nos barbus favoris cela n'a pas été facile. Reste qu'à la manière de Can ou de Faust en son temps, ce Lindstrom & Prins Thomas II, qui sonne très 70's, risque une nouvelle fois d'imposer son rythme insolent, ses percussions languides et ses déconstructions à toute la planète disco (A l'inverse du dernier Lindstrom qui jouait sur la longueur, le duo a en effet travaillé sur le collage de plus de 98 pistes pour réussir ce monstrueux disque !)
Lindstrøm - The Long Way Home (Prins Thomas Edit)
Lire aussi : Spiritualized : un flop de l'espace en HD sur youtube
![]() Ceux qui n'ont pas encore vu ce film, du moins sa version musicale, ou qui sont passés à côté de ce projet (même s'il s'agit concrètement d'un échec), seront sans doute intéressés d'apprendre que 2001 : A Spiritualized Odyssey est enfin disponible sur youtube en HD, depuis le 09 janvier dernier. Mais résumons : En septembre 2008, le collectif américain The Almighty Sound finalisait en effet son projet pharaonique, 2001 : A Spiritualized Odyssey, une adaptation musicale du film mythique de Stanley Kubrick, 2001 l'Odyssée de l'espace. La bande son devant être assurée par, nul autre que Spiritualized ! Qui mieux que Jason Pierce et son groupe était à même de poser sa musique sur ce film métaphysique, cosmique et psychédélique, référence de toute une génération ? C'est certainement ce que se sont dit les américains quand ils ont choisi ce groupe. Erreur ! L'adaptation, présentée comme révolutionnaire, n'est en fait qu'une vaste supercherie.
2001 l'Odyssée de l'espace étant quasiment sans dialogue, la superposition de la bande son des anglais avec les images de Kubrick ne posait pas réellement de problème. C'était sans compter sur la fainéantise chronique de Jason Pierce qui n'a tout simplement pas proposé un morceau nouveau, se contentant de poser sa musique sur les images du réalisateur culte. De fait, la version de The Almighty Sound et Spiritualized n'apporte rien de nouveau. L'union de ces deux géants, l'un cinématographique, l'autre pop et psychédélique, était tellement évidente qu'on aurait pu y penser nous même, et pourtant, les " auteurs " ont bel et bien réussi à se planter, transformant ce qui aurait pu être un vrai voyage en exercice de veejaying totalement vain. Reste un grand (long) moment d'ennui à déguster impérativement dans un état second (ce qui risque de vous arriver de toute façon au bout des 156 minutes de projection). En attendant de le trouver en DVD (où ailleurs...) ceux qui le désirent toujours et ne l'ont pas encore vu peuvent profiter de ce trailer bizarrement excité qui dénote d'emblée avec les images proposées : Rayon Alien : La TV de Psychic TV![]()
La reine Genesis P-Orridge, leader transgenre de PTV (Psychic Tv pour les intimes) revient avec un album plus lysergique que jamais. Certains pourraient s'étonner, voir s'offusquer de constater l'abandon des machines, de la transe électronique et industrielle (trip vaudou, yeux blancs retournés dans les orbites, bras en l'air et cris d'orfraie) ou de l'electro pop extatique de "Roman P", pour un concept rock plus proche de The Black Angels, ou des Spacemen 3. Composé après la disparition brutale et traumatisante de Lady Jaye Breyer, la compagne du gourou anglais, Mr. Alien Brain vs The Skinwalker est un album au psychédélisme rampant dans la veine immémoriale d'un Rocky Erickson ou d'un Captain Beefheart qui jammerait avec Syd Barrett et le Velvet Underground (cet album de PTV3 reprend d'ailleurs le "Foggy Notion" des New Yorkais, un track caché de "Reverberation" du Thirteen Floor Elevators et propose une adaptation libre du "No Good Trying" du Pierrot Lunaire de la pop anglaise des 60's). Mais après tout, il fut déjà dit que nulle véritable séparation (autre que celle qui règne dans l'esprit des puritains) n'existe entre électronique et psychédélisme, voire entre psyché et techno. PTV en son temps fut également une histoire de trip, fut-il électronique. L'important ici, étant de retenir que ce nouvel opus de PTV est absolument stupéfiant, indispensable. L'autre information d'importance, c'est bien évidemment la présence sur ce CD d'un deuxième disque DVD de 30 minutes. Support sur lequel le groupe de sauvages réunis par notre diva post-indus, donne toute la mesure de son talent d'hypnotisme. Filmés sur scène, en tournée, ou pendant les répétitions, P-Orridge et ses amis donnent l'impression d'atterrir tout droit des 60's. On peut aussi y retrouver Lady Jaye Breyer, juste avant son ultime départ vers d'autres cieux. Mr. Alien Brain vs The Skinwalker, en somme, c'est "la TV de PTV".
Et en bonus, le "No Good To Trying" de Barrett revu et corrigé en live à Barcelone :
Le cercle des reprises improbables #7 : In-A-Gadda-Da-VidaDans la série des reprises vraiment improbables, un sommet du hard rock psychédélique, l'inoxydable "In-A-Gadda-Da-Vida" d'Iron Butterfly (par ailleurs cité dans le top des plus grands morceaux hard-rock) a connu une destinée plutôt cocasse, entre disco, trash métal et jungle. Il faut dire qu'avec sa basse énorme et sa rythmique lourde, le morceau de cette formation de San Diego se prête finalement assez bien aux transformations dansantes.
C'est certainement ce qu'à dû se dire le producteur allemand Franck Farian, l'homme derrière Boney M, quand il a décidé de créer une reprise calibrée pour les pistes de danses et interprétée par le fameux groupe disco vocal jamaïco-antillais. Des trois reprises présentées ici, c'est d'ailleurs à la fois la plus improbable et la plus réussie, surtout dans sa version maxi de plus de 7 minutes, qui en remontre sans complexe à Lindstrom, Skatebård, Prins Thomas et consort.
Slayer, pour le coup, fait figure de petit joueur avec leurs riffs assourdissants, et roulements de grosses caisses, sans aucun intérêt, même s'ils tentent vainement de pérenniser le côté sulfureux de la mélodie hypnotique et répétitive de l'original par des beuglements animaux, ils n'en tirent pas, comme on dit, "la substantifique moelle".
Idem pour l'étrange version drum'n bass du Gallois High Contrast, pourtant normalement versé dans l'art de la danse saccadée au mètre, qui n'arrive décidément pas à faire décoller le morceau. Comme quoi, au final, ce n'est pas aux vieux singes qu'on apprend à faire des grimaces : Boney M = 1, Slayer et les autres = 0.
Iron Butterfly - In-A-Gadda-Da-Vida, 1968
Boney M - In-A-Gadda-Da-Vida, 1980
Slayer - In-A-Gadda-Da-Vida, 1989
High Contrast - In-A-Gadda-Da-Vida, 2007
Noël sur Mars : Les Flaming Lips en DVD
Croisement improbable entre l'inquiétant Eraserhead de David Lynch, Cosmos 1999 et 2001: L'odyssée de l'espace, Christmas On Mars, puisque tel est son titre, ne raconte rien à proprement parler si ce n'est la colonisation de la planète rouge par d'étranges "lutins du père Noël". On prendra ce document éloquent comme une nouvelle preuve de la santé mentale pour le moins écornée de leur leader Wayne Coyne après des années d'addiction à l'héroïne.
Pour l'occasion, Warner sort un stand-alone DVD et une édition spéciale CD + DVD. Avec Christmas On Mars, le psychédélisme a enfin son film de Noël !
Festival Scopitone round 1 : Point, trait, point, carré VS chaos Autant le dire tout net, après une éprouvante traversée de l’hexagone en diagonale (Perpignan - Nantes), comprimé dans un des cercueils roulant offert par la SNCF (que quelqu’un leurs disent que ce n’est pas humain ces couchettes !), il ne me reste plus assez d’os pour vraiment me considérer comme faisant partie des solides ce matin du 18 septembre. Qu’importe, dès ma descente de train, l’accueil souriant et l’œil vif (et noir) de la responsable de la coordination presse de l’évènement me rend un peu de vigueur et j’arrive à me traîner avec elle en clapotant sur "la Friche", haut lieu de la manifestation annuelle Nantaise connue sous le nom de Scopitone (qui entre parenthèse s’étale sur toute la ville, mais nous y reviendrons)
Scopitone est en effet le nom idéal d’un festival jouant autant de l’image que du son depuis 7 ans. Attention, je ne parle pas de simple VJing ici, même si la discipline est présente également, mais bien d’interactions au sens large, et même parfois de synesthésie pour certains, entre arts visuels et sonores. A une époque où la dématérialisation de la musique est un sujet souvent débattu, il est d’ailleurs amusant de voir tous ces artistes rhabiller la muse musicale, impudiquement découverte, dans un flux d’images en mouvement toujours plus hypnotique. V.I.P., j’ai donc droit à un tour de la galerie installée pour l’occasion dans les anciennes usines métallurgiques Alstom. Impressionnant ! Une ambiance industrielle qui sied parfaitement à cet étalage de pixels en mouvement, mur réactif, créative Playstation, dénonciation de l’état policier interactif (vous aussi prenez-vous un coup de Taser !) et autres images mouvantes et musiques fluctuantes, faites de points, de bits, de 0 et de 1, le tout dans une ambiance bon enfant (et justement, c’est plein d’enfants !)
Quelques heures plus tard, c’est avec plaisir que j’assistais à la représentation d’un pionnier des "maths qui groove", j’ai nommé Franck Bretschneider, sorte d’alter ego d’Autechre et d’Alva Noto qui aurait étudié la théorie des quantas, tout en étant tombé dans une grande marmite de ganja quand il était petit. En effet, aussi rigoureuse soit-elle, la musique de Bretschneider est toujours profondément hypnotique et vigoureuse. Ses projections en mouvement accompagnent les rythmes robotiques de son electro carré et carrément funky à certains moments, malgré le sérieux du bonhomme. Rencontré quelques minutes après sur le site, il me dit "avoir du mal à comprendre le public français qu’il ne trouve pas très réceptif à se musique". Je lui propose alors "d’engager un duo de filles blacks en shorts lamés pour symboliser le côté "booty" de son travail", ce qui le fait bien rire. Je crois qu’il va y penser…
La soirée déjà bien entamée, c’est aussi un plaisir de retrouver Etienne Jaumet et Cosmic Neuman de Zombie Zombie. Découvert aux Nuits Sonores de Lyon en 2006, je les redécouvre en live après deux ans, deux maxis et deux albums. Pas rien pour ce duo de copains dont la musique intense est clairement dédiée à leurs obsessions : Carpenter, Can (Neuman est le Jaki Liebzeit français !), Neu!, Suicide et Dario Argento pour l’imagerie. Un pur exercice de chaos (à peine) contrôlé, et d’hystérie collective sur "Psychic Harmonia", le tube infernal de ce duo aussi drôle qu’envoûté (et envoûtant). Suivront les "Principes de Géometries". Surprise, alors que l’album ne nous avait pas totalement convaincu, pas besoin d’être bon en maths cette fois pour apprécier la performance des deux Français. Live, on se laisse facilement prendre par les ritournelles psychédéliques saturées de Principles of Geometry, le flow robotique omniprésent ce soir là et surtout la sincérité de leurs géniteurs.
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Une soirée placée sous le signe des sciences donc, arts graphiques, arts numériques, vidéos et sciences du chaos qui font danser les humains, mais aussi les quarks et les électrons. La suite demain. Rick Wright est mort...Posté par 2goldfish le 16.09.08 à 01:37 | tags : cimetière, news, psychédélique, rock, vidéos musicales, youtube
... A 65 ans, d'un cancer. Il n'a jamais été celui qu'on remarquait le plus chez Pink Floyd : Syd Barrett puis Roger Waters chantaient plus et étaient reconnus comme leaders, Dave Gilmour plaçait des solos démonstratifs partout où il pouvait et Nick Mason tirait toute la puissance dramatique possible de sa batterie. Rick Wright, au milieu de tout ça, aurait pu facilement essayer de concurrencer Rick Wakeman et multiplier les solos les plus compliqués possibles mais il préférait se consacrer aux textures et aux ambiances. Il n'aura de son vivant pondu que deux albums solo, Wet Dreams en 1978 et en 1996. On parlait d'un nouvel album instrumental qui aurait pu sortir cette année et puis il avait aussi enregistré l'album Identity sous le nom de Zee avec Dave Harris du groupe new wave Fashion. Il a aussi écrit et parfois chanté sur plusieurs chansons du Floyd avant que Waters ne s'assure le monopole du songwriting : "Paintbox", "It Would Be So Nice", "Us And Them", "The Great Gig In The Sky"... Ainsi que plusieurs jams instrumentaux (ou presque) comme "Careful With That Axe Eugene" qui lui donnaient l'occasion de triturer ses claviers à loisir.
The Black Angels, clip de Veni Vidi Vici et live à la Maroquinerie"Je marche le long de la voie ferrée, habillé en noir de la tête au pied", sera pour beaucoup le symbole de cette fin d'été 2008 en matière de rock'n'roll. Cette phrase tirée du "Bo Diddley is Jesus" des bien nommés The Jesus & Mary Chain, incarne en effet un été en demi-teinte, que se soit au niveau climatique, comme politique, sociologique et géopolitique. Au vu d'un avenir plutôt sombre, nos rockeurs, comme à leur habitude, préfère s'enfermer dans une spirale sans fin de feedback (c'est la cas de The Black Angels) ou se la jouer "grosse déconne" de sales gosses que plus rien ne touche (comme les Black Lips dont les paroles du "Veni Vidi Vici" sautillant évoquent rien de moins que les guerres de religion).
Deux groupes dont nous parlions il y a quelques jours et qui, comme par hasard, nous ont touché (de plein fouet) cet été, décidément sombrement lysergique. Petit plaisir avant la rentrée, profitez de cette vidéo d'un des meilleurs morceaux des Black Lips et d'un long concert de The Black Angels intégralement filmé live lors de leur passage à la Maroquinerie, Paris, le 09/05/2008.
Visionner le concert de The Black Angels complet sur Youtube, ici. Black hole sun, won't you come ?
![]() L'été n'est pas encore fini les amis, et ceux qui ne virent pas d'actualité durant la période estivale qui nous tourne bientôt le dos doivent faire leur mea-culpa et se l'avouer : ils sont passés à côté de pas mal de choses, particulièrement du côté du rock et de la pop psychédélique de nos amis "corbacks". Car, en plus d'être "cosmic" et "lent", cette année l'été fut également "black" !
Pas question cependant de passer en revue tous les groupes s'affublant de l'adjectif « black » durant l'été, nos confrères de Magic l'ont déjà fait. Pas question non plus de lister tous les groupes utilisant « Black » dans leur patronyme (Black Sabbath, Black Rebel Motorcycle Club, etc.) mais juste de parler des « black bands » qui firent le buzz cet été, les bons et les moins bons, en tout cas les plus spectaculaires. En l'occurrence les Black Lips, Black Kids, The Black Ghosts, The Black Angels, méritent tous d'entrer au palmarès des men in black, pour diverses raisons, pas toutes recommandables comme nous le verrons par ailleurs.
Idem pour The Black Ghosts, soit un ex-membre de Simian et Simian Mobile Disco (dont vous pouvez lire la critique du FabricLive ici). Rien à dire sur un premier album éponyme de brit pop fadasse qui n'a pas résisté à l'écoute de plus de 5 morceaux. Compositions molles, voix ternes, mélodies inexistantes, grosses rythmiques new rave pouèt pouèt, bref, ces fantômes insipides (et non pas « noirs » contrairement à ce qu'ils voudraient nous faire croire) ont tout pour déplaire et une apparition de Damon Albarn des Blur n'y change rien. Les Black Ghosts font bien de choisir l'anonymat d'un tel patronyme, dans le noir il resteront et ne risquent pas de voir la lumière bien longtemps. Verdict : Sans intérêt.
Black Lips - Good Bad not Evil (Vice Records)
http://www.myspace.com/theblackangels Spiritualized revisite le mythe de SisyphePosté par Slick Rick le 12.08.08 à 16:56 | tags : pop, psychédélique, rock, vidéos musicales, youtube
Spiritualized - "You Lie You Cheat" Rescapé d'une double-pneumonie, Jason Pierce savoure à sa manière la "nouvelle" vie qui s'offre à lui. D'une part en écrivant ses meilleures chansons depuis Ladies And Gentlemen We Are Floating In Space, d'autre part en tournant la mort en dérision. C'est du moins ce que suggère la vision des deux nouveaux clips de Spiritualized, émanant de l'émouvant dernier album du groupe, Songs In A&e (chansons aux urgences). "J'ai un ouragan dans mes veines et je veux rester là pour toujours", dit le refrain de "Soul on fire". Jason Pierce est allongé dans un lit d'hopital ou au milieu d'une banquise. Ecroulé, cloué au sol, il se relève à moitié puis flanche, impuissant. "You lie You cheat" peut se lire comme l'exact opposé (horizontal/vertical ; lenteur/vitesse...), mais aussi comme une suite, ou plutôt un préquel de l'anesthésié "Soul on Fire". La caméra subjective de Jake Chapman, nerveuse, mobile, rend compte des tentatives de suicide aussi vaines que répétitives du narrateur-Pierce : le mythe de Sisyphe n'est pas loin. Eternel recommencement. En se relevant à chaque fois de ses défenestrations compulsives, le sujet du clip s'inscrit dans une logique d'acharnement absurde, d'abord vertigineuse mais qui finit, à force de répétitions, par perdre son sens et devenir un motif de fascination. Presque une abstraction. Et bien sûr une métaphore pessismiste sur la vacuité de l'existence. Le procédé répétitif, n'est donc pas drôle comme dans Un jour sans fin : pas de running gag ici, seulement un vertige. La vie comme une interminable chute. Et inutile d'attendre l'amour rédemptoire d'une quelconque Andy McDowell, à la fin... Seulement un corps immobile face au macadam, sans doute apaisé. Ah, il est loin le temps du "Ladies and gentleman, we are floating in space"... Spiritualized - Soul on fire (2008) Beach House : pop de rêvePosté par Slick Rick le 13.07.08 à 14:20 | tags : folk, pop, psychédélique, vidéos musicales, youtube
The White Stripes, The Kills, Crystal Castles, She and Him, Mark Lanegan et Isobel Campbell... On en soupe en ce moment, des couples/groupes ! Un garçon + une fille : serait-ce l'équation rock des années 2000 ? Public et médias raffolent de ces duos cumulant ambiguité (couchent ? couchent pas ?) et minimalisme droit-au-butiste. Tout ça agrémenté d'une bonne tension sexuelle... Et hop, vous l'avez, votre hype ! Les hystériques Ting Tings en sont le dernier exemple, un rien exaspérant. Pourtant, en marge de ces couples rock(stars), existe un groupe génial dont a pas assez parlé : les Beach house. En marge, et pour cause, le duo de Baltimore cumule les handicaps ! Moins frénétiques que The Kills, moins sexys que She and Him, moins electro-clash-branchés que Crystal Castles, les Beach House sont loin d'être dans le coup. Carrément à l'ouest même : Alex Sally et Victoria Legrand n'ont rien trouvé de mieux que de jouer - en 2008 - de la dream pop psychédélique pas pressée. Et c'est magnifique ! Lente, délicieusement trainante et hors mode, leur musique rappelle les nappes vaporeuses de Broadcast, Galaxy 500 et Mazzy Star comme le psychédélisme anglais. Victoria a la classe et le ton sévère de Nico, on songe parfois aussi à El Perro Del Mar ou à Goldfrapp. Jetez donc un oeil aux deux vidéos, "Heart of chambers" (en haut) et "Gila" (en bas, donc). Leur univers visuel, gothico-psyché-folk-vintage, fascine. Les deux singles aussi. Ne tournons pas autour du pot : l'acquisition de Devotion (sorti en février 2008, eh oui déjà!) le deuxième album de Beach House, s'impose. Siestes électroniques 2008 de Toulouse #1 : beat, poésie et whisky
![]() Laissez-moi tout d'abord vous parler whisky. Je ne sais pas vous, mais personnellement je découvre tous les jours une culture absolument incroyable autour de ce spiritueux (tout un mot déjà "spiritueux") trop souvent associé au JB, Four Roses et autre accompagnement malheureux de boisson gazeuse commençant par "Coca". Il existe des saveurs, des finesses, des recettes, bref, comme le bon vin, le whisky se déguste et se respecte. Reste que le fait que nous autres humains fassions cette découverte juste la veille d'un important événement, en l'occurrence la couverture des Siestes Electroniques de Toulouse reste pour moi un mystère. Par là je veux dire que je ne comprend pas (un peu comme Sébastien Tellier) pourquoi il fallait que j'ai mal au cheveux le jour de mon arrivée dans la ville rose, alors qu'Hans-Peter Lindstrom nous attendait pour un blind-test impromptu (que vous retrouverez en septembre dans le magazine Trax, mais passons). Pour plus d'explication sur cette introduction laborieuse (j'en viens aux Siestes rassurez-vous), demandez Frz à la rédaction de Flu', nous nous ferons un plaisir de vous passez son mail et numéro de téléphone.
Les Siestes donc. J'avoue que ce n'est pas sans émotion et impatience que nous arrivions (à trois) à La Prairie des Filtres de Toulouse, samedi 28 juin. L'idée de voir on stage l'electronica mélodieuse et faussement naïve d'Isan, suivi depuis des années et d'assister au show d'Andy Meecham aka The Emperor Machine, en plein air qui plus est, y était certainement pour beaucoup (ainsi que le tournis qui me prenait dès que je tournais trop violemment la tête mais passons). Arrivés quelques morceaux avant la fin de la prestation d'American Tourister (des héritiers electro bucoliques d'Isan à n'en pas douter), nous avons pu apprécier le monde qui se trouvait réuni ce jour-là au bord de la Garonne (merci aux organisateurs des Siestes pour avoir eu l'idée de placer la manifestation au bord de l'eau, un point de fraîcheur appréciable avec la chaleur plombante qui régnait sur la ville ce jour-là). Une foule venue également découvrir les rares A Mountain of One, groupe du renouveau psychédélique britannique proposant une musique instrumentale à la fois trancey et fiévreuse pas déplaisante et malheureusement gâchée en fin de set par un côté virtuose du manche un peu agaçant. Qu'à cela ne tienne, Isan et John Tye le patron du label Lo Recordings, sous le nom de Milky Globe, enchaîna rapidement transportant tout ce petit monde sur les cimes d'un ambient organique parfaitement en phase avec la lumière du soleil traversant les branches de platanes plusieurs fois centenaires et se reflétant sur le large bras du fleuve en contrebas. Allongé, le peuple de l'herbe de Toulouse (c'est nous et n'y voyez aucune allusion psychotrope, je ne suis pas Hunter S. Thompson même si je me la pête gonzo soft aujourd'hui) profita de ce pur moment d'abandon avec le bonheur de celui qui sait que ça va salement groover juste après.
Et groover, cela a salement, au moment où The Emperor Machine, soit le duo Chicken Lips au complet pour l'occasion plus un batteur, monta sur scène pour balancer son show moroderesque et psychédélique entêtant à la face du monde. "And now, something completely different" annonça Andy M. le leader, et il avait bien raison. Sous les coups de boutoir funky punk de The Emperor Machine, Toulouse se révéla soudain être Miami sur Garonne, Magnum cruisant dans sa Ferrari les cheveux au vent, Giorgio Moroder frotti-frottant avec la Toulousaine, le parc résonnant des rythmes répétitifs et des riffs discoïdes de la Machine de l'Empereur jusqu'à ce qu'un bonne partie de la foule se lève et danse (enfin !)
Voilà pour la première partie. Ensuite vint Dieu... heu, Sébastien Tellier pardon, et Lindstrom, mais ça, on en reparle demain. Promis, plus de whisky ! La drogue, c'est mal, surtout quand ça marche pas
Comme beaucoup de monde, j'ai toujours voulu essayer le crack mais mon médecin me l'a formellement déconseillé. Je ne dois pas avoir la constitution en béton d'Amy Winehouse ou Pete Doherty. L'idoser est donc l'occasion que j'attends depuis si longtemps, me suis-je dit en appuyant sur "lecture". Avant d'en arriver là cependant, il aura fallu que je télécharge le programme iDoser et des "doses" de drogue, des fichiers à usage unique qu'on paie très cher. Bien sûr ça sent l'arnaque, me dites-vous, mais les forums iDoser sont remplis de trop de témoignages extatiques et défoncés pour qu'ils soient l'œuvre de simples arnaqueurs. Or, donc, j'ai décidé de commencer doucement avec une dose dont je pourrais comparer l'effet avec celui qu'elle est censée imiter, le cannabis (une fois je me suis retrouvé enfermé dans un ascenceur avec un type qui fumait un pétard, je suis sorti dès que j'ai pu en l'emmenant au commissariat le plus proche). Il faudrait écouter pendant une bonne demi-heure, au casque et dans le noir, des ondes sonores qui vous passent d'une oreille à l'autre à un rythme élevé pour ressentir l'effet du cannabis, nous explique-t-on. Au bout d'une dizaine de minutes, j'ai effectivement senti ma tête devenir plus légère. Puis elle m'a fait mal. Au bout d'un quart d'heure, j'ai arrêté. Le mal de crâne ne me quittant pas, j'ai essayé une dose d'aspirine. Au bout d'un quart d'heure, j'ai arrêté. Si je veux des sensations énergisantes, psychédéliques ou relaxantes, j'ai un tas de CD bien plus efficaces. Si je veux avoir des vertiges et la nausée, j'ai internet. Il est tout à fait possible que l'iDoser ne fonctionne pas sur moi, ni sur aucun de mes amis qui ont essayé mais le site iDoser prévient bien que chez quelques personnes leur produit ne fontionne pas. Moi et mes amis faisant tous partie de la minorité sur qui ces drogues sonores sont inefficaces, il est d'autant plus probable qu'elles soient efficaces sur vous, non ? Il est aussi possible que les témoignages des forums iDoser soient l'œuvre de gamins impressionnables qui ont forcément ressenti quelque chose de bizarre en se faisant masser le cerveau pendant trois quarts d'heure avec des ondes sonores répétitives. Après tout, la foi peut bien déplacer des hormones. Moi je crois que l'iDoser marche. Il marche aussi bien que mes pouvoirs de magnétiseurs. Je fais revenir l'être aimé en deux semaines, je fais disparaitre les verrues, j'apporte le malheur sur la maison de votre voisin et je vous donne les numéros du loto. Demandez ce que vous voulez et laissez-moi votre numéro de carte bancaire dans les commentaires. Justus Köhncke : l'économiseur d'écran (et de cerveau) de la semaine2Goldfish, notre poisson "Feuerland", relecture d'un fameux morceau du guitariste allemand Michael Rother (Kraftwerk, Neu !, Harmonia) est certainement l'un des meilleurs morceaux de l'album de Justus Köhncke (voir notre chronique). Une saga krautrock de presque 8 minutes à la fois psychédélique, onirique et froidement menée comme souvent dans le rock allemand, très subtilement liftée par l'emotional dancer qu'est Köhncke. Et rien que pour ça, cet économiseur d'écran et de cerveau vaut le coup. (PS : vous aurez compris également que, pour l'auteur, ce genre de poste de fin de semaine est aussi une économie de cerveau non ? ; ))
Siestes Electroniques 2008 - Laidback in the sun #6 : A Mountain Of OnePosté par Maxence le 24.06.08 à 17:51 | tags : disco, disques de l'été, psychédélique, siestes électroniques
Suite de nos interviews Laid back in the sun avec A Mountain of One, soit, la réunion d’une poignée de pionniers de la nouvelle vague freak folk psychédélique et soft rock britannique, à l’origine avec Collected Works, d’un premier album qui réunit tous leurs EP’s. A Mountain Of One offre une production léchée pleine de bonnes vibes, au service d'une musique à la fois fervente et dansante, mêlant avec bonheur électronique et analogique. Du psycho disco ?
Le groupe, qui se produira aux Siestes Electroniques de Toulouse le samedi 28 juin à la Prairie des Filtres, a bien voulu se prêter au jeu et répondre à notre questionnaire estival.
Quelle est pour vous la meilleure définition du terme laidback :
Quels sont vos meilleurs souvenirs de soirée estivale ?
Etes-vous des habitués du sud de la France ? Que vous évoque cette partie du monde ?
La majorité du festival Les Siestes Electroniques se déroule en plein-air, dans des parcs ou des cours d'hôtels particuliers : jouer en plein-air représente pour vous un plaisir/une contrainte/vous est égal ?
Citez votre top 5 des albums idéal pour l'été
Retrouvez le site des Siestes electroniques L'été sera... COSMIC !!![]() Ecoute petit homme, tend tes antennes vers le ciel ou ce qui t'en tient lieu, tes cheveux quoi, et capte les ondes qui parcours l'univers. Entends-tu le message ? Il est pourtant clair, toutes les conjonctions planétaires sont réunies mes amis : l'été sera COSMIC !
Libre à vous de ne pas me croire, libre à vous aussi de passer à côté des merveilles qui vont bientôt atterir chez votre disquaire pour célébrer ce nouvel été de l'amour, à commencer par le nouveau mix album de Daniele Baldelli (accompagné ici de Marco Dionig), et judicieusement intitulé Cosmic Disco ?! Nah... Cosmic Rock ! Même si l'idée du rock selon le fameux DJ italien inventeur et promulgateur du cosmic disco dans les années 80 est pour le moins iconoclaste, reconnaissons que sa sélection réunissant les fabuleux Fra Lippo Lippi (grand oublié de la pop new wave des 80's), Martha & The Muffins (dans une version échevelée de "Danseparc"), Positive Noise ou Thompson Twins (inoubliable "Beach Culture" précurseur du "The Beach" la mythique face B du "Blue Monday" de New Order) a de quoi faire carrément pousser les cheveux !
Tout aussi "kosmische" comme dirait les Allemands qui n'en sont pas à leur premières barbes, la sélection de remixes des Suédois de Studio. En plein trip laid-back sur Yearbook 2, les nordiques réhabilitent une belle poignée de titres non moins planants de leurs confrères psychédéliques, dont le "Brown Piano" des Anglais de A Montain Of One (en concert gratuit, les pieds dans l'herbe aux Siestes Electroniques de Toulouse le 28 juin !), "Love on a Real Train" par Williams, "Escape from Chinatown" de Brennan Green, "Turn The Radio Off" des adorables Love Is All et enfin "Room Wihtout a Key" des Rubies. Ambiance west coast 70 garantie, les pieds dans le sable, bandeau dans les cheveux et tee-shirt de Dennis Wilson obligatoire.
Autre sommet du funk blanc, des oubliés de l'histoire du rock cette fois, il s'agit de la réédition des Talking Heads belges, j'ai nommé Allez Allez. Redécouvert fort à propos par Dirk, boss du label Gantois Eskimo (également découvreur de Lindstrom, The Glimmers, Aeroplane, et j'en passe), ce combo des Marolles (fameux quartier bruxellois) mélangeait influence afro, new wave, electro pop et disco de 1981 à 1983. Comme tout groupe de joyeux j'en-foutistes, Allez Allez a disparu dans une des ruelles de l'histoire de la musique après que sa chanteuse d'origine anglaise soit partie convoler avec un East 17 (quelle honte !), mais le groupe réapparaît heureusement aujourd'hui avec Best Of, vrai disque pour l'été, compilant "African Queen" (un hommage à Grace Jones), "She's Stiring Up", "Valley of The King" ou "Flesh & Blood", tous menés de main de maître(sse) par la voix blanche et désinvolte de Sarah Osbourne. Cerise sur le space-cake, quatre remixes sont proposés par Quiet Village, Aeroplane, le duo écossais Optimo et... Lindstrom & Prins Thomas themselves ! Grandiose !
Finissons sur deux bonnes nouvelles, la parution en juillet-août des nouveaux albums de Hans-Peter Lindstrom (également présent aux Siestes Electroniques de Toulouse), Where you Go, I Go (mais on va où tu veux Hans !), soit 3 morceaux space disco oscillant entre 28,39 pour le premier et plus de 10 minutes pour les deux autres, de The Greatest Tits, vol. 1 un double CD mixed, unmixed de son compère Prins Thomas et du nouveau Black Devil Disco Club dont on reparlera sous peu dans nos pages. Autant dire qu'on n'est pas près de redescendre !
Daniele Baldelli & Marco Dionig - Cosmic Disco ?! Nah... Cosmic Rock ! (Eskimo/La Baleine)
http://www.myspace.com/djdanielebaldelli Excepter réveil le primitif qui est en vous !Ok, vous pensez que MGMT est cool ? Que leur dernier clip est un des plus délirants dans le genre exploration du trip néo-tribal ? Vous croyez que les membres d'Animal Collective ont mangé un mauvais champignon et que leurs vidéos sont ce qui se fait de plus allumé de l'autre côté de l'Atlantique ? Vous avez tout faux. les vrais fous dangereux sont bel et bien à Brooklyn en effet, jusque-là on est d'accord, mais les cinq d'Excepter dépassent largement en barjerie, les gentils hippies de MGMT et la bande à Panda Bear. La preuve en image avec leur nouvel vidéo, "Kill People", tirée du dernier album Debt Dept (voir notre chronique). Que dire sinon que ça se passe de commentaire.
PS : Excepter est certainement l'un des derniers vrais groupes iconoclastes de notre temps, The Rock Stepper ou encore Burger sont là pour en attester. Jetez-y un oeil. Tahiti Boy and The Palmtree Family en concert
Si l'envie vous prend de vous évader quelques heures et de goûter aux joies simples des compositions du pianiste barbue, mariant avec bonheur les Beatles et les Beach Boys 70's ("1973", "Not Only For The Weekend", "Sparkle") avec le soft rock californien de la même période (The Eagles, America, Randy Newman) et les outsiders magnifiques que sont (ou furent) Tim Buckley ou Kevin Ayers, n'hésitez pas, il joue au Point Ephémère le 29 mai à 20h00. L'occasion de découvrir Good Children Go To Heaven, un premier album, enregistré par le français entre New York et Paris, aux envolées lyriques et psychédéliques vraiment troublantes. En espérant qu'il jouera l'aérien "Blood in Your Eyes" et le contemplatif "That Song" (feat Tunde Adebimpe de TV On The Radio, sur l'album) aussi poignant qu'un titre solo de Dennis Wilson, le Beach Boys maudit, c'est dire la hauteur du propos. A noter que The Palmtree Family est aussi une sorte de supergroupe puisqu'il réunit Jonathan Morali (Syd Matters), Didier Perrin (Tanger) et Antoine de Poney Poney.
Ne vous attendez pas pour autant à du spectaculaire, si ce n'est qu'une bonne chanson, une belle mélodie et des arrangements à vous faire passer des frissons sur la nuque (pensez "Grizzly Bear meets Michel Legrand") ne le soit pas, mais attendez vous certainement à passer un bon moment, Good Children Go To Heaven étant un des meilleurs remèdes à la morosité actuelle.
Tahiti Boy and The Palmtree Family au Point Ephémère, 20h00.
Tahiti Boy and The Palmtree Family - Good Children Go To Heaven (3RD Side/Discograph)
http://www.myspace.com/tahitiboyfamily
Albums cultes des géants du bizarre #41 : Tipsy - Trip Tease
A ce propos, un titre comme "El Bombo Atomico", sa guitare qui balance doucement sur un rythme de calypso et ses riffs de saxo idiots accompagnant chaque mesure laisse entrevoir un certain (haut) degré d'ironie, évoquant autant la bande son d'un Walt Disney particulièrement allumé (au hasard Les Trois Caballeros) - ou une B.O. de dessins animés de Spike Jones (celui qui illustrait Tex Avery) - que celle d'un reportage de propagande de la dernière guerre sur les premiers essais nucléaires dans le Pacifique. On imagine aisément des GI's en quasi-coma éthyliques, dansant mollement sur la plage tandis qu'un magnifique champignon atomique se déploie en arrière-plan (pensez au fameux film Atomic Café !)
Entièrement instrumental, The seductive sounds of Tipsy fait le grand écart entre post-rock et collage. Pourtant, si l'album doit beaucoup au sampling (nous sommes dans les années 90), c'est un sampling discret, relevé d'effets analogiques dont les bribes sont de toute façon empruntées aux classiques de l'exotica de Martin Denny, Glenn Baxter ou Yma Sumac. Emprunts qui confèrent à l'ensemble un aspect vintage de trip psychédélique et surréaliste sur la lune. Le cosmos est, entre autre thème, très en vogue dans les années 40 et 50, âge d'or de la conquête de l'espace, ce qu'a très bien compris Tipsy (voir "Space Golf", "Nude On The Moon"). Sur "Cinnabar" par exemple, résonne une guitare hawaïenne et un ukulélé, tandis que "Mr. Excitement", "Tuatara", "Liquordelic", "Something Tropical", semblent déplacer les thèmes exotiques sur une autre planète. Une ambiance que l'on doit aussi à l'usage de bruitages rigolos. Les "chtouing !" et autres "plop !" crétins, qui animent des titres comme "Fuad Ramses" ou "Oops ! ", font irrémédiablement penser aux petits bijoux du Français Jean-Jacques Perrey (par ailleurs créateur de la musique de la Grande Parade de Disneyland dans les années 50).
Trip Tease, The seductive sounds of Tipsy est donc un nouvel ovni sonore qui a atterri on ne sait trop comment en pleine fièvre trip-hop sur la label san fransiscain Asphodel (celui-là même qui héberge également les pointures de la vague illbient des 90's, soit DJ Spooky, feu-Sub Dub, We, Byzar, mais aussi des personnalités de la musique expérimentale comme Thomas Dimuzio ou Taylor Deupree, des platinistes (Rob Swift, Christian Marclay & Otomo Yoshihide), ainsi que des œuvres de Zeitkratzer (voir notre chronique de Metal Machine Music) ou de John Cage.
Un ovni donc, mais posé sur une plage des tropiques en plastique, à l'ombre d'un parasol en papier, lui-même plongé dans un grand verre de martini. A déguster (complètement) frappé !
Tipsy - "Trip Tease, The seductive sounds of Tipsy " (Asphodel, 1996) |
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