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Punk : musique crêteuse (mais pas seulement). Déconstruction, désolation, révolution ?
Yacht présente la mixtape subconsciente de See Mystery Lights![]()
Retour sur l'excellent See Mystery Lights de Yacht, l'un des albums les plus spirituels et dansants de la rentrée. Nous savions Jona Bechtolt et Claire L. Evans gentiment "allumés" (et extrêmement cultivés quand il s'agit de contre-culture new age américaine), mais ce n'est rien comparé à la grande entreprise mystique dans laquelle les deux Américains se sont embarqués quelques semaines après la parution du disque.
Inspiré par la découverte en 2006 des "lumières de Marfa", un étonnant phénomène lumineux nocturne qui apparaît régulièrement au Texas en été, See Mystery Lights serait, selon ses auteurs (interrogés par votre serviteur) : "Influencée par le fait de vivre un mystère inexpliqué de cette envergure à une époque d'information scientifique omniprésente. Le témoignage d'une expérience transcendante. Il reste très peu de mystère et de magie dans ce monde et pour nous, ses lumières sont la métaphore de tout ce qui est inexpliqué ici bas. Et nos deux Yacht d'ajouter : Dans le cas de See Mystery Lights, l'intention était véritablement de faire un album dansant traduisant notre contact avec ses lumières inexpliquées. Notre musique est un message caché qui parle de ce phénomène, comment il a influencé nos choix par la suite, etc".
Mais bien sûr, See Mystery Lights est avant tout un album. Jona et Claire ont beau être des artistes multimédia, la musique n'en demeure pas moins leur principale référence. Aussi, ont-ils décidé de créer une mixtape qui nous éclaire sur les influences conscientes ou inconscientes qui ont participé à l'élaboration de l'album.
"Lorsque nous regardons en arrière et que nous observons notre musique comme un tout, nous découvrons alors des influences individuelles. Un cocktail de musiques et d'idées qui nous ont permis d'être ce que nous sommes. Depuis nous avons revisité l'album et avons essayé de notre mieux d'établir des parallèles entre la musique et nos vies. Pour cela nous avons composé une mixtape qui vient compléter chaque chanson de l'album et illustre peut-être comment nous avons fabriqué la musique de See Mystery Lights.", nous expliquaient-ils il y a quelques mois.
Cette mixtape, intitulée Anthem of the Trinity, comprend, entre autre, des titres de Terry Riley, Dinosaur L. (aka Arthur Russel), Outkast, Brian Eno, Joy Division, Tears for Fears, Nirvana, The B-52's, Bad Brains, Talking Heads et INXS, elle est disponible contre 5$ (paiement sur paypal) sur le site Teamyacht.com. Il est accompagné depuis peu d'un magnifique poster présentant ses influences - musicales et non musicales - sous la forme d'un arbre généalogique allant d'Aleister Crowley à Raoul Vaneigem en passant par Pier Paolo Pasolini, Star Trek VI : terre inconnue, Nikola Tesla, la secte des Davidiens Adventistes du 7ème jour (!) ou Alex Grey. Yacht distribue également un livre à la fin de ses concerts, The Secret Teachings of the Mystery Lights: A Handbook for Overcoming Humanity and Becoming Your Own God (L'enseignement secret des lumières mystérieuse : Un livre de poche pour le futur de l'humanité ou comment devenir son propre dieu).
Allez en paix, ou faute d'être totalement converti, courrez commander la mixtape, Anthem of the Trinity, sur le site de Yacht, car nos deux Américains ont beau être sérieusement "illuminés" si j'ose dire, ils n'en perdent pas moins ce fameux "esprit du capitalisme protestant" dont parlait Max Weber dans son livre éponyme (The Protestant Ethic and the Spirit of Capitalism) et ça c'est vraiment magique non ?! ;) Liars : L.A. ConfidentialLa rumeur enfle sur le net concernant Sisterworld, le prochain album de Liars, qui devrait sortir début 2010 chez Mute. En effet, une fois n'est pas coutume, ce mystérieux opus s'inscrit dans un concept global illustrant une "certaine idée du monde selon Liars" (remember Drums Not Dead qui nous plongeait déjà dans les méandres d'un album concept énigmatique à souhait).
Après un exercice de haute-voltige consistant à créer en étant séparé par plusieurs continents (Allemagne, Australie, Angleterre, USA), ce nouvel opus est annoncé comme enregistré pour la première fois entièrement aux Etats-Unis, plus exactement à Los Angeles, aux côtés de Tom Biller (collaborateur de Jon Brion qui s'est illustré sur les albums de Robyn Hitchcock, Evan Dando (The Lemonheads), Fiona Apple, Rufus Wainwright, mais aussi Kanye West et Beck). Tout mystérieux qu'il peut encore être à l'heure où vous lisez ces lignes, Sisterworld s'annonce aussi comme un défi. Les membres du groupe ayant en effet déclaré qu'ils s'étaient donnés pour contrainte de rester totalement en dehors de l'influence que peut avoir Los Angeles sur les artistes, et en particulier sur les musiciens, ignorant donc le mythe L.A., son Sunset Boulevard, Venice Beach, Hollywood, le désert, Laurel Canyon, Mulholland Drive et toute la mythologie "rock" entourant la ville. Aaron, Angus et Julian, nos trois Liars, se sont donc enfermés en studio pour créer leur propre univers, le "sisterworld". Un lieu encore bien mystérieux, isolé du monde, qui pourrait faire référence à la nature (Gaïa ?) au vu des petits clips présentant l'album sur le site officiel, mais rien n'est moins sûr, les Liars n'étant jamais là où on les attend comme on a pu le constater sur l'étourdissant Liars, album éponyme de 2007.
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Voir notre interview vidéo avec Liars Jacno : Disparition d'un (éternellement) jeune homme chic![]()
Jacno est mort hier, des suites d'un cancer.
Triste nouvelle, surtout après la mort de Bashung, un artiste avec qui Denis Quilliard (pour l'état civil) partageait de nombreux points communs, obsessions et addictions. Bon vivant à sa façon torturée, Jacno ne faisait pas partie des frileux qui renonçaient à ce qui faisait son personnage et son art. Personnage discret par nécessité, Jacno était de ces artistes avant-gardiste, constamment tiraillés entre les contradictions, résultat d'une vie passée à surfer sur les extrêmes, entre punk rock et pop, synthétiseurs et guitares, Gauloise et pinard, Elli & Jacno.
Jacno était surtout un esthète, de ceux qui font de leur vie, même bancale, une oeuvre d'art. Pionnier de la première vague punk, il fonde les Stinky Toys en 1976, aux côtés d'Elli Medeiros. 1976 ! Rendez-vous compte ! Dans la France de Giscard ! En 1979, il sort Jacno, un mini-album six titres dont on pourrait dire a postériori qu'il est emblématique de toute une époque. Croisement des "Novö Visions" d'Yves Adrien et des sorties de "Nightclubbing" d'Alain Pacadis. Partagé entre la pop autoroutière de Kraftwerk et les comptines électroniques d'un Jean-Jacques Perrey, Jacno, l'album, et surtout "Rectangle" morceau ligne claire par excellence, annonce la new wave avec 2 ans d'avance.
Contrairement à ce que son invisibilité laissait croire, Jacno fut très occupé de la séparation des Stinky Toys à aujourd'hui. Quand son duo avec Elli prend fin, il travaille en solo (7 albums au compteur) ou avec de nombreuses figures de la chanson française, en tant que musicien ou producteur. Toujours classieuses, ses collaborations vont de Daho à Lio, en passant par Françoise Hardy, l'égérie 80 Pauline Lafont, Mathématiques Modernes, Daniel Darc, Les Valentins et Jacques Higelin. L'ex miss France, Mareva Galanter fut sa dernière égérie, juste avant que le crabe ne le ronge jusqu'aux os (qu'il avait fins). Son dernier album, Tant De Temps, date de 2006.
Avec la disparition de Jacno, dandy nucléaire, c'est toute la génération novö qui est aujourd'hui en deuil, celle d'Etienne Daho, des Rita Mitsouko, d'Yves Adrien, du Palace et du Rose Bonbon... Le dernier des jeunes hommes chic, celui pour qui Jean-Charles de Castelbajac avait dessiné un costume de scène en 1985, s'en est allé.
Mark E Smith nous donne des nouvelles de The Fall![]() crédit photos : Visi.com
Enthousiasmé (une fois de plus !), il y a un an par le dernier opus de The Fall, Imperial Wax Solvent, nous attendons patiemment la suite.
Rien ne devrait pourtant plus nous étonner pour ce qui sera le 27 ou 28ème album officiel du groupe de Mark E. Smith (qui est encore capable de faire le compte ?), lui qui a tout exploré, de la disco (voir la reprise de "Lost in Music" de Sister Sledge sur The Infotainment Scan) au reggae ("Why Are People Grudgefull ?" de Lee Perry sur le même) en passant bien sûr par le garage rock, la country, le punk, la new wave, l'hymne footbalistique ("Sparta FC", énorme !), la ballade mélancolique, le brûlot politique, l'improvisation, la techno (avec les souris allemandes de Mouse on Mars), le grand n'importe quoi quand ce n'est pas tout ça sur le même album (ou dans le même morceau !).
Bref, The Fall fait partie du patrimoine musical depuis plus de trente ans et les choses ne changeront pas de sitôt pour un groupe qui est "toujours pareil, sans cesse renouvelé, toujours différent" comme le disait le regretté John Peel dont c'était le combo favori.
Reste que la suite des aventures de Mr Mark, signée chez Domino, dont le titre de travail est pour l'instant Our Futur - Your Clutter et qui devrait atterrir dans les bacs en janvier 2010, s'annonce plutôt bien : "Je suis très content du résultat", déclarait Mark E. Smith il y a peu dans Mojo. "La rythmique est putain de bonne, les synthés sont vraiment mis en avant. Il y a une sorte de thème sur l'album, un truc municipal, à propos de ce qui arrive en ce moment, genre "votre futur, nos profits", toute cette merde ! Mais ça tourne au surréalisme à un certain point, ce que j'aime par dessus tout. Nous avons passé trois ou quatre mois en studio, nous avons travaillé dur - tous les grands studios sont fermés désormais, tout le monde pense que l'on peut enregistrer un album dans sa chambre, mais je ne suis pas d'accord, The Fall ne peut pas enregistrer séparément. Cela a donc pris du temps par rapport à nos standards. Et deux de nos ingés sons sont devenus fous, ha ha !"
Parions qu'il s'agira encore d'un grand cru !
Quelques titres ont déjà été joués sur scène dont, "I'm Not From Bury", "Hot Cake", "Cowboy George", "Slippy Floor", "Funnel of Love" (une reprise de Wanda Jackson) et "Chino Splashback"... En avant première sur Playlist, "Hot Cake" en live :
Health : le bruit et les couleursImaginez Liars converti au disco, Nine Inch Nails s'abandonnant aux rondeurs funk ou Animal Collective jammant avec les visqueux improvisateurs d'Excepter ou les bordéliques Japonais de Boredoms (toutes hypothèses valables et envisageables vous remarquerez) et vous obtenez Get Color, nouvel album de Health, dans les bacs depuis hier ! Un groupe et un disque que l'on appréciera autant pour ses qualités que pour ses faiblesses.
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Dub noise, industrial disco, hardcore funk, electro rock tribal, c'est donc ce que propose Health, quatuor originaire de Californie (Los Angeles Pour être exact), auteur d'un premier album éponyme déjà remarqué en 2007 bien que se voulant plus révolutionnaire qu'il n'était réellement. Le combo passe pourtant le démultiplié avec Get Color, un disque qui gagne exponentiellement en couleurs, en texture et en intérêt, sur une belle poignée de morceaux hargneux et inventifs parmi lesquels le mini-hit "Die Slow", le sidéral "In Heat", "Death+" ou encore "We Are Water" et le rêveur "Before Tiger". Ces amis du duo electro über-hype Crystal Castles, avec qui ils collaborèrent sur le titre "Crimewave" (le seul vraiment bon titre de ce duo "un poil surestimé" ?), font partie de la bruyante génération qui vient, celle qui s'avoue sans complexe héritier du shoegaze et du krautrock. C'est particulièrement évident sur ce Get Color que vous découvrirez certainement un peu partout dans les jours qui viennent. Leur tube no wave, "Die Slow", banger track à la vidéo à la fois baroque et glacée (à déconseiller aux épileptiques), illustre parfaitement le paradoxe Health, un pied dans la dance, un dans l'univers fluo, l'autre dans le noisy rock. Cela fait trois ? Et alors ? Health est un animal à trois pattes en effet, un hybride étrange, tout de synthés grinçants, de break metal et de rythmiques explicites. Si l'on ajoute à cela un don pour les surprises atmosphériques, un goût peu évident pour les polyrythmies africaines et la voix très en retrait évoquant autant le Manchester Sounds of the 90's que My Bloody Valentine (facile) et les Spacemen 3 (déjà mieux), Health a tout du monstre qui séduira même les plus réticents. Seul reproche, une imagerie un peu trop lisse et "générationnelle" malgré l'envie (évidente dans la vidéo de "Die Slow") de choquer l'ado moyen, et une production finalement très propre qui nous laisse penser qu'on pourrait un jour entendre Health dans une publicité pour les produits cosmétiques pour cheveux... Mais qui sait, se sera peut-être dans un film de Larry Clark ? A suivre donc...
No Age : L'âge de déraison![]() Un guitariste, un batteur ! Formation minimale et effet maximal. De fait nous ne sommes toujours pas remis de la déflagration soft de Nouns, deuxième album de No Age. Alors que l'on annonce un peu partout la sortie le 6 octobre prochain du EP Losing Feeling on se dit qu'il est encore temps de se pencher sur le cas de ce jeune duo angeleno (Randy Randall et Dean Allen Spunt), responsable avec cet album d'une des mini-crises cardiaques soniques de l'an passé (9,2 sur l'échelle de Pitchfork quand-même !)
Transfuge de Fat Cat, Randall et D.A. Spunt sont désormais hébergés chez Sub Pop en 2008, signant peu ou prou la renaissance du label ou au moins un regain d'intérêt pour ses productions. Sur Nouns, les deux garçons mélangent avec bonheur blizzard électrique post-shoegaze à haute tension ("Teen Creeps", "Errand Boy"), mélodies douloureuses (le magnifique "Things I Did When I Was Dead" ou l'éthéré "Impossible Bouquet"), ballades slacker à la Pavement ("Eraser", "Cappo", pour la voix) et hardcore punk façon Washington DC période 1990 ("Miner", "Sleeper Hold" ou un "Brain Burner" de moins de 2 minutes).
No Age, c'est donc l'union de l'héritage punk des Fugazi et consort, avec une sensibilité pop qui fait merveille sur des titres comme "Keechie". Les deux Américains en pleine extase sonique pour un morceau blindé de saturation (relegué en arrière-plan cette fois) et portée par une mélodie d'une douceur désarmante. Après une année très active : un remixe pour Bloc Party et une tournée en compagnie de Dean Deacon et Deerhunter, le duo revient donc en octobre avec un nouvel EP comprenant le fameux "You're a Target" qui a déjà fait le tour de la blogosphère.
En plus de savoir manier le bruit et la mélodie, nos deux No Age prouvent également qu'ils ont un sens esthétique affirmé malgré leur jeune âge. En temoigne le clip de "Keechie" justement. Une vidéo dirigée par Andy Bruntel - qui réalisa également la vidéo du titre "Eraser", ainsi que celles de Modest Mouse, The Mountain Goats, Saint Vincent, Bonnie "Prince" Billy ou Stephen Malkmus -, l'une des plus belles et mystérieuses vidéos de 2008.
La preuve par l'image :
A noter que Losing Feeling est proposé en écoute en streaming aux abonnés du site Sub Pop ! Bonne écoute ! Pissed Jeans ne se fait pas dessusPissed Jeans - Au Nouveau Casino juillet 2009 Leur nouvel album vient de recevoir un (indulgent) 8.3 de la part de Pitchfork, l'un des professeurs les plus côtés de la webzone. Leur cote monte en flèche depuis quelques temps et les retours de leur passage parisien au Nouveau Casino en juillet sont dithyrambiques.
Les Pissed Jeans sont le groupe bruyant à la mode, le groupe qui fait mal aux oreilles et qui postillonne partout le plus en vue de la rentrée. A l'écoute de leur "King of Jeans", on s'est remémoré un instant le mauvais souvenir qu'on avait eu à écouter leur précédent et premier essai, le tartignolesque Hope For Men's, sorte de furie punk à connotation sociale, aussi démodée qu'éreintante à écouter. L'écoute de "King of Jeans" est, de ce point de vue plus rassurante. L'album est plus apaisé que le précédent, débarrassé de ses saillies bruitistes hardcore qui vous hantent jusqu'au milieu de la nuit.
La voix du chanteur module moins et se fait plus pop, mise au service de textes inspirés et qui regorgent de détails qui tuent. "Dream Smotherer" est une très belle chanson sur la fatigue et l'épuisement. "Human Upskirt" est un titre exceptionnel dont la rage rappelle (un peu) la furia punk et contenue des Angelic Upstarts. Il y a du Nick Cave des premières années dans l'excellent "Pleasure Race". Plus loin, "Korvette" explore la vie quotidienne par le petit bout de la lorgnette dans le ralenti (pour eux) "Request For Masseuse". Les Pissed Jeans y apparaissent très remontés contre l'ordre social (difficile d'échapper à ça), marginaux jusqu'au bout des guitares et particulièrement observateurs. Il est assez rare qu'un disque aussi brutal soit conçu aussi intelligemment, produit aussi bien et réussisse à canaliser autant de rage et de fiel sans tomber dans le chaos total. Alex Newport qui est à la production ici a travaillé avec Sepultura (influence discrète) et surtout At The Drive In, groupe incandescent et gaucho qui n'est pas si éloigné de l'univers des Pissed Jeans.
Du coup, si on aime le punk rock ouvrier (ils viennent de Pennsylvanie), les guitares qui jouent sans frein, les hurlements, l'analyse sociale et qu'on a une dent contre l'univers et le monde comme il va, on peut enfiler sans hésiter ces Pissed Jeans sans risquer de se mouiller le slip ou le string. PIL rempile (sic) : John Lydon reforme son groupe culteCela faisait quelques mois qu'on n'avait pas eu vent d'une vraie reformation exaltante au point qu'on pouvait croire, avec l'explosion d' Oasis, que le mouvement des particules allait bientôt s'inverser. Après le temps des reformations, celui des déformations.
Et puis, hop, la bonne surprise est venue par où on ne l'attendait pas. Le vieux (53 ans) John Lydon, plus habitué ces derniers temps des shows télé et des événements tiroir-caisse (la reformation des Sex Pistols, rejouée plusieurs fois pour maximiser le profit), prend la parole et déclare qu'il est temps de revenir aux sources (du futur) et de relancer PIL, aka Public Image Limited sur les routes. Formé en 1978, après la fin des Pistols, le groupe fit au moins autant avancer l'histoire du rock que son prédécesseur tonitruant. Mêlant rock expérimental, dub et punk, la musique de PIL passa relativement inaperçue malgré quelques hits single comme "Flowers of Romance" ou l'inévitable "This Is Not A Love Song" mais permit à Lydon, associé au bassiste culte Jah Wobble, de révéler pleinement... son potentiel. Le groupe dont le line-up a beaucoup varié entre 1978 et 1992-93, date supposée de sa séparation, laisse derrière lui quelques pépites depuis son premier album First Issue aux accents krautrock et post-gothique jusqu'au provocateur That What Is Not et ses titres bravaches comme "God" ou "Think Tank". Les puristes préfèrent néanmoins le Metal Box où la basse reggae de Jah Wobble fait des merveilles ou encore l'expérimental Flowers of Romance et ses saillies de musique concrète.
La reformation devrait s'incarner dans une mini-tournée en Angleterre d'ici la fin de l'année. Les tickets seront mis en vente cette semaine. On ne sait en revanche pas qui accompagnera Lydon, seul élément invariable de la carrière du groupe, dans sa virée déjantée. Jah Wobble qui avait quitté le groupe en 1980 et s'était fâché sérieusement avec Lydon (qui l'accusait d'avoir utilisé des chutes de Metal Box pour son premier album solo) ne devrait malheureusement pas en être, c'est une quasi certitude.
PIL - Public Image Voir aussi - Ces groupes qui ne doivent pas se reformer Andrew Weatherall : retour du big bad man, album et podcast !![]()
Andrew Weatherall en vacances de Two Lone Swordsmen depuis plus d'un an, sort A Pox On The Pioneers, son premier véritable album solo, le 21 septembre prochain.
En attendant c'est le DJ qui nous offres deu podcast d'exception sur le site de The Rotter Golf Club, son label, c'est gratuit et vous auriez tort de vous en priver, so, check it!
Et en prime, un morceau en exclu de A Pox On The Pioneers :
Téléchargez Flash Player pour lire cette vidéo
Andrew Weatherall- Selective Walking
Lire aussi : L'avenir de Fuck Buttons révélé dans le Tarot Sport
Qui aurait parié sur les Anglais psyché-noisy encore confidentiels de Fuck Buttons, comme outsiders de cette rentrée 2009 ? Pas beaucoup. Et pourtant, le duo à l'origine du détonnant Street Horrrsing paru en 2008 fait partie des artistes les plus attendus de cette rentrée.
Il est vrai que leur musique, à la fois druggy et décapante, ambient et bruitiste, progressive et punk dans l'âme, dégage une énergie véritablement bluffante, un magnétisme digne des meilleurs combos shoegaze des 90's tout en restant entièrement électronique. La preuve que si les machines changent l'esprit, lui, reste le même. Et ce n'est pas "Surf Solar", le morceau et sa vidéo consultable un peu partout sur le net, qui nous feront dire le contraire. Mieux ! "Surf Solar" est aussi puissant qu'une pile atomique tout en laissant entrevoir toutes les possibilités d'une pop subliminale subtilement cachée derrière le déluge de distorsion et les vagues de sons compressés. Avec ce titre, Fuck Buttons célèbrerait-il la naissance de la "sludge pop" ? On verra...
Reste que l'album, intitulé Tarot Sport, à paraître chez ATP (All Tomorow's Parties) le 12 octobre prochain, est produit pas Andrew Weatherall. Le single, "Surf Polar" quant à lui, est prévu pour le 14 septembre. A très vite donc !
Viza Ouf ! à Perpignan : plus ouf que le off !![]() La plupart d'entre vous, lecteurs de Playlist, connaissez certainement Visa pour l'image, festival de photojournalisme de renommée internationale qui se tient depuis 21 ans à Perpignan, capitale des Pyrénées-Orientales. La manifestation accueil on s'en doute, de nombreux amateurs de photos, mais aussi des journalistes et des photographes professionnels, des rédacteurs en chef et des patrons de presse ou d'autres médias, bref, tout un monde, relié de près ou de loin à l'activité de photographe en relation avec les évènements plus ou moins médiatiques qui secouent notre monde.
Ce que vous connaissez certainement moins j'en suis sûr, c'est Viza Ouf !, une initiative pluridisciplinaire née des cogitations d'une joyeuse bande d'allumés, parmi lesquels on compte de nombreux animateurs de la vie culturelle de la cité catalane (disquaires, artistes, étudiants, professionnels du spectacle, etc.). Evidemment, Visa pour l'Image comporte bien un "off", pendant initialement "non officiel" du festival régional (et actuellement géré par... les officiels du festival !), mais selon les supporters de Viza Ouf !, ce off qui n'en est pas vraiment un, est bien triste, pas indépendant et pas assez "ouf". Ce en quoi ils ont parfaitement raison.
"Et que vient faire la musique là-dedans ?", vous demandez-vous bien légitimement. On y vient, on y vient. Partant du constat que ce grand raout culturel dans une ville pas vraiment active hors de la période des vacances (exception faite de quelques évènements annuels) est l'occasion de faire profiter tout le monde, Perpignanais comme visiteurs, des plaisirs de la culture à la Catalane, les initiateurs du projet Viza Ouf ! ont décidé de mettre la main à la pâte pour concocter un festival pluridisciplinaire au programme duquel la photo rencontrera les autres disciplines tout en profitant des douces soirées du mois de septembre pour faire résonner la ville de toutes les musiques possibles ! (Les soirées étant sous ces latitudes, l'une des attractions de ce festival).
C'est ainsi que depuis le samedi 29 août, le Viza Ouf! nouveau a "officiellement" (si l'on peut dire) ouvert ses portes avec un lancement en feu d'artifice parrainé par Pascal Comelade (rien que ça !) et de nombreux autres groupes dispersés dans toute la cité. Slam, hip hop, folk, rock, raï, post-punk, dub, électro..., Perpignan peut s'enorgueillir de compter en son sein des formations variés qui animeront la ville durant toute la première quinzaine de septembre, présentant en plus de la musique, "un aperçu le plus complet possible de toutes les activités culturelles et artistiques" offerte par la ville.
Ceux qui passent dans la région pour le Festival et ceux qui y vivent, peuvent justement avoir un "aperçu complet" de la programmation de ces 15 jours de folie en se connectant sur le très beau site de Viza Ouf ! James Murphy : mes disques m'ennuientInterrogé par le journaliste de Resident Advisor Nick Sylvester, dans son studio de Los Angeles où il prépare actuellement son troisième album en compagnie de Rick Rubin (Spank Rock, Red Hot Chili Peppers, Run DMC, Justin Timberlake, Saul Williams...) James Murphy, leader de LCD Soundsystem affirme être parfois "lassé des disques qu'il passe en soirée ", voire même "éprouver un certain ennui vis à vis du djing" et de ses contraintes.
On se pose en effet souvent la question quand il s'agit de personnalités (artistes ou journalistes d'ailleurs) à la culture musicale a priori sans bornes et aux projets variés : "Comment peuvent-ils continuer à se passionner aussi longtemps ? Comment arrivent-ils à poursuivre leurs activités avec la même ferveur, la quarantaine - et même plus - parfois largement dépassée ?". On sait à quel point l'exercice du dJing peut être éprouvant et parfois peu gratifiant. Il n'est pas difficile d'imaginer un ras le bol, même momentané, des plus enthousiastes. En but à tous les raseurs, sous la pression de toutes les hypes, il doit rester intègre tout en continuant à cultiver une curiosité sans limite.
Le DJ est souvent caricaturé dans les grands médias, ceux-ci ne connaissant que ses spécimens les plus populaires. Pourtant, l'art du dj set a connu un certain bouleversement avec l'arrivée de gens comme Murphy justement, ou encore Soulwax, Yvan Smagghe, Joakim, Andrew Weatherall, Tim Sweeney ou Optimo. Des gens venant du rock et dont la vocation est aussi de faire danser ceux qui n'en avaient pas l'habitude au début des années 2000. Ou inversement, d'établir des dj set dont le but n'est absolument pas la danse (comme c'est souvent le cas des Ecossais d'Optimo). Aujourd'hui le dj n'est plus seulement un expert du mix, sa sélection elle aussi, doit être irréprochable, ouverte, excitante. Les frères Dewaele arguant même régulièrement qu'un bon dj est plus "un bon selector", qu'un artiste du mix connaissant tous les trucs à base d'enchainements coulés habituellement exigés.
Dans ce long et passionnant interview, James Muprhy se pose en exemple de cette génération qui n'a pas de racines dans la techno ou la house, mais qui y est venue par le biais de la new wave, de la musique industrielle et du rock. "Passer des disques qui déstabiliseront l'auditeur", "avoir parfois envie de cesser de passer ceux que tous ses collègues passent", "plonger dans les racines véritables de la musique et ne pas se contenter des edits et des remixes" (comme c'est le cas aujourd'hui avec le disco), voilà entre autre, quelques sujets abordés par l'un des artistes les plus influents de son époque. A ne pas manquer sur Resident Advisor pour bien commencer la rentrée (Attention, cependant, anglais "lu, parlé, écrit", exigé).
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James Muprhy "harcelé" par les puissants : "Alleeez James, tu passes David Guetta !" (Ici, Richard Branson, fondateur et ex-patron de Virgin) Singapore Sling : cocktail cool et électrique![]()
Non vous ne rêvez pas. Ce n'est pas la reformation (ultime ?) du Velvet Underground avec une jolie eskimaude dans le rôle de Nico, ni celle (tant attendue) de Jesus & Mary Chain (ça vient, ça vient !). Pourtant vous n'en êtes pas loin non plus, puisqu'il s'agit de Singapore Sling, groupe rock islandais 100% pur jus de larsen, largement influencé par les deux groupes suscités (et à côté duquel, avouons-le, nous étions totalement passés). Des influences au rang desqelles il faudra ajouter Spacemen 3 pour se faire la totale et avoir une idée plus nette de ce que vaut ce combo nordique dont le quatrième album, Perversity, Desperation and Death, pas franchement original n'en est pas moins véritablement (totalement !) enthousiasmant.
Fondé par le charismatique Henrik Baldvin Bjornsson en 2001/2002, Singapore Sling est adepte des mélodies sombres qui firent le miel de Psychocandy en 86 : voix grave, lunettes noires, imagerie en noir et blanc, coolitude, répétitions, tout est là pour séduire les fans de rock lysergique amateurs d'harmonies mineures. Il n'y a qu'à écouter "Godman", tout simple mais imparable, ou encore "Demoniac" une pop song obscure dont le ton a rarement autant mérité pareil patronyme, pour s'en convaincre. Singapore Sling ("Sinsling" pour les intimes) n'a pas son pareil pour créer des ambiances obsédantes (voir "Martian Arts" et son clip étrange) et hypnotiques sur moins de 5 minutes.
A la manière de The Black Angels et de leur excellent Directions To See A Ghost de l'été dernier, Perversity, Desperation and Death s'avère un parfait album estival (ou même de fin d'été) Check it !
Singapore Sling - Godman
Singapore Sling - Martian Arts Souvenir, souvenir : Bill Grundy et les Sex Pistols Bill Grundy Interviews the Sex Pistols Entre deux expositions (malheureuses) au soleil, l'été est parfois/toujours l'occasion de réécouter ou de regarder des vieilleries devant son ordinateur (?), sa télévision, sa chaîne hi-fi. C'est ainsi que je me suis retrouvé en complète immersion dans ma période Television Personalities, cet été, en train de revisionner cet extrait culte de la télévision anglaise : l'interview des Sex Pistols par Bill Grundy, devenu depuis (il est mort) le présentateur le plus catastrophiquement légendaire de l'histoire du punk. La scène se passe en 1976, le 1er décembre, si on veut être précis. Bill Grundy anime sur la chaîne Thames Television une sorte de programme local consacré à la musique. Plutôt snob (il est de Manchester et le fils d'un industriel), Grundy a connu son heure de gloire en 1962 en étant le premier à programmer les Beatles sur la chaîne Granada TV. Son show Today présente et reçoit des groupes établis qu'il interviewe assez sérieusement dans des canapés, à une heure de grande écoute où tout écart de langage est proscrit. Lorsque Queen invité se décommande, Bill Grundy les remplace par un jeune groupe, les Sex Pistols, précédés d'une sacrée réputation. L'interview se passe comme elle doit se passer : foireuse, pourrie et exposant un choc des cultures indépassables. Grundy est assez agressif, maladroit et drague l'une des nanas qui accompagne les Pistols au second plan (il s'agit de la chanteuse Siouxsie). Surtout les Pistols n'ont pas leur langue dans la poche et alignent des fuckers, un shit et d'autres fucks (les 4 et 5èmes fuck de l'histoire de la télévision britannique à cette époque, selon la légende) qui vont faire le tour des Iles. Après cette interview, la carrière de Bill Grundy fut ruinée. Preuve s'il en est, il quitta son émission pour présenter une émission.... sur la littérature, le dimanche matin. Autant dire, ce qu'il y a de pire au monde. De shows médiocres en interviews minables, Grundy mourut d'un infarctus en 1993. Si le souvenir de Bill Grundy m'est revenu, c'est parce que j'ai réécouté le morceau des TVPs de 1978 qui lui est consacré. Le titre était à l'époque sorti en single couplé à un autre excellent morceau, "Part Time Punk", et prenait clairement le parti de Bill Grundy (enfin, peut-être) : They said he had too much to drink, eh eh eh eh eh / They said that he just could not think straight. Ah ah ah ah / He set them up then they knocked him down./ Where's Bill Grundy, now? Where's Bill Grundy, now?Poor Bill Grundy Curiosité également, la voix de Grundy a également été samplée un peu plus tard, en 1989, sur le Seminal Live de The Fall. Avant que Mark E. Smith se mette à chanter on entend la présentation du groupe et c'est Bill Grundy qui parle et annonce le groupe. C'est beau la célébrité. Il est possible que dans 20 ans, ou dans 40, on se souvienne encore de ce type pour les 3 minutes qu'il a passées avec Rotten et sa bande. LCD Soundsystem, not dead !
Vous vous souvenez certainement (comment ne pas s'en souvenir d'ailleurs ?!) des 45:33 minutes que James Murphy avait concocté pour Nike avec son groupe LCD Soundsystem en 2007 ? Initialement et uniquement disponible sur Beatport, l'album fut ensuite édité au format CD (et vinyl !) accompagné de morceaux inédits ("Freak Out-Starry Eyes", "North American Scum (Onanistic Dub)" et l'excellent "Hippie Priest Burn Out").
Et bien les amateurs inquiets (dont nous étions) se demandant si le new yorkais mettrait finalement un point final à son projet, comme annoncé à la radio il y a quelques mois, seront rassurés d'apprendre que ces mêmes 45:33 seront très prochainement remixées par la crème de l'electro actuelle dont l'incontournable Prins Thomas, les New Yorkais punk-funk Runaway, le très housey Theo Parrish, Padded Cell (gasp !!), Pilooski (Motorik !!) et Riley Reinhold, boss du très psychédélique label de techno minimal Trapez (Traum, Trapez Ltd, etc). Bien évidemment, remixer l'ensemble de ce disque fou aurait été herculéen, aussi la plupart des artistes présents ici se sont contentés de n'en reprendre qu'une partie chacun.
Le tout paraîtra dans le courant de l'année sous la forme d'une série de maxis (amateur de vinyls only donc) dont les premières copies seront disponibles au téléchargement et sur support physique au plus tard le 14 septembre via DFA Records/Parlophone.
45:33 remixed tracklist : Runaway Remix Prince Language RemixPrins Thomas Diskomiks Remix Theo Parrish’s Space Cadet Remix Trus’ Me Remix Padded Cell Remix Pilooski Remix Riley Reinhold Remix
L'autre bonne nouvelle entérinant le fait qu'LCD Sounsystem est toujours en activité, étant que James Murphy serait actuellement en train de préparer une suite à son excellent Sound Of Silver, également paru en 2007 ! Ce n'est pas des blagues, il aurait même bien avancé comme il le dit lui-même (malgré moulte circonvolutions) sur son blog myspace) So... as usual, stay tuned !
Et pour les plus nostalgiques, ceux qui n'en peuvent plus d'attendre, ceux (et celles !) qui mordent l'oreiller en pensant à James Murphy (heuuuu... ?), une vidéo live de très bonne qualité de LCD sur scène à Manchester interprétant "Us vs Them" en 2007.
The Get Up Kids s'excusent d'avoir causé l'emo
The Get Up Kids n'a certes pas créé l'emo tout seul, mais on aura bien compris malgré la classe avec laquelle Suptic évite de donner des noms, qu'il pense en particulier à Fall Out Boy, le groupe emo le plus vendeur qui cite les Get Up Kids comme source d'inspiration à longueur d'interview.
C'est dificile de vivre avec les conséquences de ses actes quand on est un bon groupe qui en a inspiré des mauvais. C'est pourtant la rançon inévitable du succès. Si Courtney Love existe, c'est la faute à Patti Smith et si Avril Lavigne existe c'est celle de Courtney... La musique pop, c'est parfois comme une famille royale consanguine qui dégénère un peu plus à chaque génération. Il y a tout de même un peu d'espoir : Fall Out Boy, ça reste un meilleur groupe que les Get Up Kids, pauvres nerds pleurnichards sans une idée musicale sur qui les punk originels auraient sans doute craché. Drift, le projet solo de Lee Ranaldo (et Leah Singer)![]()
Quand il est sur la route avec son groupe, que ce soit pour une date américaine ou pour une tournée internationale, Lee Ranaldo, guitariste (et chanteur) des Sonic Youth, préfère prendre sa propre voiture ou en louer une sur place pour faire du chemin en solitaire ou accompagné de sa femme, la photographe Leah Singer.
Il en profite également pour s'arrêter sur le bas-côté et écrire des poèmes inspirés par ce qu'il voit durant ces voyages dans un carnet. Sa femme, quand elle est là, et c'est généralement le cas, prend des photos et fait de petits films. c'est de ces moments vacants qu'est né le projet Drift, une oeuvre expérimentale réalisé par Ranaldo et Singer, une musique fluctuante pour images flottantes crée par deux artistes sur la route, dans le blizzard électrique de notre époque post-moderne.
Yacht : l'été ne fait que commencer (j'ai déjà mal au pied) !
En plus d'être le vidéo clip désormais indispensable de tout musicien contemporain, "Summer Song" se présente comme une leçon hilarante et sacrément féroce de management culturel. Accessoirement, c'est aussi un excellent titre punk-funk à tendance synth-pop et le tube de l'été qui vient. Un gimmick facile à retenir et pourtant savoureux, à base de gros toms synthétiques et de boite à rythmes accompagnée d'une mélodie sautillante 80 qu'on se prend à chanter sous la douche. Il n'y a pas plus simple que "Summer Song" (sans compter son titre limite racoleur et parfaitement synchrone avec la période) et il faut bien avouer que ça marche.
L'erreur serait évidemment de prendre tout ça au premier degré. Avec leur concerts-happening ironiques et totalement irrévérencieux singeant la philosophie consumériste new age typiquement américaine (capitalisme mystique mis en image sur des animations powerpoint cheap, chant scandé comme une leçon de commerce pyramidal, détournement de thème religieux à buts commerciaux), les deux de Yacht, dont le nom lui-même sonne comme une provocation, sont en réalité les adeptes d'un situationnisme dont le message passe avant tout par l'humour et la dérision.
Pour finir, on rebondira sur le cool "Psychic City", l'autre tube très Talking Heads (d'aucun diront Tom Tom Club) de l'album, inspiré d'un morceau préchi-précha de Rich-Jensen, "Voodoo-City". Une autre illustration de la mystique très particulière de Yacht, le duo d'un pays où tout est possible du moment que les bonnes énergies vous apportent de l'argent (le tout sous couvert d'amour... divin, bien sûr !)
So move your feet on the summer song !
Yacht - Summer Song Téléchargez Flash Player pour lire cette vidéo
Rich Jensen - Voodoo City Téléchargez Flash Player pour lire cette vidéo
Voir aussi - le diaporama Tubes de l'été 2009 Sonic Youth : Wipe That Sound (and wipe the world) !![]()
Dans un récent entretien accordé à nos excellents confrères de Noise, Thurston Moore de Sonic Youth, se déclarait fortement influencé, ou du moins, "très attaché", à l'oeuvre magnétique de The Wipers qu'il avait redécouvert sur le tard (il y a deux ou trois ans). The Wipers, infortuné groupe pré-grunge de Portland en Oregon, fondé par Greg Sage à la fin des années 70 (77 et oui, ça ne s'invente pas !), un guitariste et chanteur à la voix mélancolique même dans la rage la plus froide. A trois, nos nettoyeurs (le sens premier de "to wipe") se rendirent responsables d'une poignée de disques séminaux (allons-y) parmi lesquels les incontournables (et introuvables sauf, à certains endroits, mais on ne vous a rien dit), Youth of America et Land of the Lost. A la fois métallique et extrêmement mélodique, la musique des Wipers était pour le moins unique, et elle le reste, près de 30 ans après son invention et, malheureusement, 10 ans après sa complète extinction.
Et en souvenir, un morceau de The Wipers, "Youth of America", tiré de l'album éponyme, 10 minutes de folies électrique, le "Mother Sky" punk rock (Enjoy !) Voir aussi - la chronique de The Eternal - la chronique de Bitte Orca des Dirty Projectors Portrait de Mark E. Smith en oeuvre d'art![]()
Il fallait oser, ils l'ont fait ! Un groupe international d'artistes, constitué d'une bonne partie de ceux qui ont contribué à établir l'esthétique du groupe en réalisant ses pochettes, a organisé une seconde exposition entièrement inspirée par l'increvable leader Mark E. Smith et de son groupe culte The Fall.
Cette manifestion qui fait suite, à une première expérience du même genre, est organisée par Praxis-Hagen, un curateur berlinois, et bénéfice de l'aide et du soutien de Simon Armitage, Jeffrey Lewis et de l'ex-Swell Maps, Jowe Head.
Paintwork#2, puisque tel est son nom, ouvrira ses portes pour un vernissage, le 14 mai prochain et aura lieu du 15 au 29 mai à Londres à la Galerie SW1. Elle présentera, entre autre, les oeuvres de Pascal le Gras, responsable de plus d'une trentaine de pochettes de The Fall et d'autant de groupes de Manchester. Seront également présenter, les oeuvres de Claus Castenskiold, Anthony Frost et Knud Odde.
Quelques exemples, ci-dessous :
![]() ![]() Voir aussi Réédition des premiers albums de Nick Cave & The Bad SeedsAnnoncée pour le 30 mars, la réédition des quatre premiers albums de Nick Cave and The Bad Seeds est finalement repoussée à la fin du mois d'avril (le 27 pour être exact).
Malgré ce léger retard, l'annonce est une bonne nouvelle pour tous les fans, puisque les quatre volumes, respectivement From Her To Eternity, The Firstborn Is Dead, Kicking Against The Pricks et Your Funeral, My Trial, bénéficieront tous de nombreux bonus, outtakes et vidéo clips, ainsi que de Do You Love Me Like I Love You, un documentaire en quatre parties réparti sur chaque CD, réalisé par Iain Forsyth et Jane Pollard. A noter que le mastering sera proposé en 5.1 (ce qui peut en étonner certains, la production des premiers Nick Cave étant plutôt primitive et rugueuse, c'est ce qui faisait son charme d'ailleurs, on peut se demander l'intérêt de cette pratique de plus en plus courante aujourd'hui...).
Reste que cette première vague de réédition (qui devrait être suivie par une autre répertoriant les albums suivants), permettra de revenir sur la période où Nick Cave et ses "mauvaise graines" passaient d'un blues rampant sous influences punk et free rock, à l'évocation de plus en plus précise d'un univers emprunt de lyrisme, mariant (de force) l'esprit du sud profond des Etats-Unis et l'emphase gothique propre à la Mittleeuropa (les Bad Seeds étant à l'époque, domiciliés à Berlin). Parfaite fusion de southern gothic et de swampabilly, ces quatre premiers opus, devenus cultes, sont donc appelés à ressurgir de la tombe pour notre plus grand bonheur. Quoi de mieux en effet, à cette époque aseptisée qu'un petit "Nick Cave revival", surtout quand il s'agit de la meilleur période du bonhomme !
Pour preuve, cette vidéo de "The Singer", reprise de Johnny Cash (dont le titre original est "The Folk Singer") tirée de Kicking Against The Pricks :
Nick Cave - The Singer Lire aussi - Mark E. Smith en roue libre signe The Fall chez Domino- Condo Fucks : Yo La Tengo vous emmerde chez Matador Mark E. Smith en roue libre signe The Fall chez Domino
Mark E Smith, leader de The Fall depuis 1976, est décidément increvable ! Victime d'une (nouvelle) chute durant laquelle il s'est abimé une hanche, le cacochyme mancunien se produit actuellement en fauteuil roulant sur les scènes internationales et finit ses concerts dans les loges d'où il "chante" les derniers morceaux au bout d'un kilomètre de câble (comme il l'avait d'ailleurs déjà fait à Paris il y a trois ans sans pour autant avoir une excuse médicale) !
Ceci étant, ce petit épisode traumatique (un de plus diront les observateurs !) n'a pas empêché le "50 years old man" du post-punk britannique de garder la tête froide et un certain sens des affaires, puisque c'est désormais officiel, The Fall, ultra-légendaire leviathan du punk (kraut)rock anglais, vient de signer pour un nouvel album avec Domino Records, label de Franz Ferdinand, The Kills ou Arctic Monkeys.
Plutôt une bonne nouvelle en somme (un peu comme Sonic Youth chez Matador). Le label ayant déjà sorti Tromatic Reflexxions, l'album de Von Sudenfed, une collaboration entre l'Anglais et les Allemands de Mouse on Mars, celui-ci a visiblement apprécié le deal proposé et a décidé de remettre le couvert. Concernant Von Sudenfed, M.E. Smith a par contre précisé qu'il ne s'agissait que d'un "coup", l'expérience ne sera donc (et bien malheureusement) pas renouvelée.
Pour finir, un grand moment pour tout les fans de The Fall qui se respectent (et les fans de The Fall ne se respectent pas beaucoup vous savez, bref...) une vidéo d'une qualité étonnante de "Wolf Kidult Man" interprété par MES depuis son fauteuil roulant, capturée live à Candem au début du mois. (c'est définitif, The Fall, est le seul combo dont le leader vieillissant donne envie de voir le groupe plus de trente après la bataille !)
Lire aussi Crystal Antlers : clip vs. liveLe son des Crystal Antlers est inépuisablement efficace, et si fouillé qu'il peut être intéressant de le voir sous différents angles pour mieux cerner la bête ou encore en découvrir d'autres facettes. Attardons-nous aujourd'hui sur le single de Tentacles si vous le voulez bien, "Andrew", dans lequel on découvre - en dehors de la moustache afriolante du chanteur - leur relation avec les forces de la nature, mises en parallèle avec les lignes métalliques qui strient les villes. Malheureusement le clip ne magnifie pas les sensations éprouvées lors de l'écoute du morceau :
Crystal Antlers - Andrew Réexaminons maintenant le même morceau en live. Cette deuxième vidéo a été réalisée lors de leur dernier concert à la Flèche d'Or (qui, pour rappel, est menacée de fermeture). Ils venaient y présenter leur premier album le 20 février dernier. L'occasion pour ceux qui n'y étaient pas de les découvrir sur scène, leur lieu de prédilection : Crystal Antlers - Andrew (Live Flèche d'Or) Chant torturé, énergie palpable, grandeur et décadence... Oui, le live dévoile bien tout le potentiel des génies californiens. Cependant, il peut être dur de se rendre compte de l'intensité dégagée en live avec une simple vidéo, alors ne les manquez pas le 26 mai lors de leur passage à Paris au Point Ephémère. Réservez vos places sur Flu' Voir le reste du concert sur le site de Grandcrew Battant : Look Mom, No Head !
![]() Battant c'est la nouvelle sensation post-punk à tendance discrètement électro, que nous ont dégoté - et concocté - nos amis parisiens de Kill The DJ. Aux manettes de ce trio new wave, deux français, bien connus des clubbers décalés et fans des années 80, j'ai nommé Ivan Smagghe et Tim Paris, qui donnent à No Head le bien nommé cette couleur sombre, entre gris terne et noir délavé. Mais Battant c'est avant tout Chloé Raunet, chanteuse androgyne franco-canadienne, Tim Fairplay (guitare cintrée) et Joel Dever (synthés rigides).
Un line-up et des chansons sèches comme un coup de trique qui ne laissent plus de doutes à ceux qui pouvaient encore se poser des questions sur les influences de ces trois là (en vrac, Joy Division, A Certain Ratio, Wire, Gang of Four).
Ceci dit, l'album, lui, n'est pas entièrement convaincant. Trop entendu peut-être ? Reste que cela sonnera certainement plus frais aux oreilles des 15-20 ans et que le groupe sait faire preuve d'assez de sincérité (voir les textes de Chloé, que l'on pourrait taxer de "glauque réaliste", pleine de visions glaçantes et sanglantes) mais également d'humour (comme le démontre la vidéo de "Radio Rod") pour convaincre même le plus ronchon des vieux garçons des années 80... A vous de juger.
Battant - Radio rod Flairs en concert au Panic Room !Vous auriez tort de rater ce concert exceptionnel de Flairs au Panic Room demain, mercredi 18 février. Double évènement, la soirée sera également l'occasion de présenter l'album Sweat Symphony qui intronise le Français dans la catégorie punk funk (pensez LCD Soundsystem, pensez Who Made Who). Après "Better Than Prince" un single remarqué sur Fluctuat.net et ailleurs, Flairs devra prouver qu'il est capable de porter son album sur scène. Un défi, que le plus british des french cowboys saura sans aucun doute relever sans peine, le bonhomme a déjà des heures de vol. Il sera accompagné pour l'occasion d'amis artistes et compagnons de label : Panico, Cocosuma, Housse de Racket et Alex Gopher. En attendant de le découvrir en live, profitez de l'occasion pour lire notre chronique de Sweat Symphony, ainsi que l'interview de celui qui s'impose déjà comme l'un des artistes marquants de 2009.
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