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Punk : musique crêteuse (mais pas seulement). Déconstruction, désolation, révolution ?
Albums cultes des géants du bizarre #37 : Chrome - Alien Soundtracks
Dès Alien Soundtracks (quel titre !), deuxième album et véritable mutation du groupe, Chrome s'embarque dans un voyage au long court vers des contrées jusqu'alors uniquement explorées par les plus barges des groupes acid-rock du moment, et encore, très vaguement. Rapidement, le duo met au point une recette à base de synthétiseurs tranchants, de bandes magnétiques triturées, de guitares à l'arrachée, de rythmes dopés au speed et de chant vrillé/hurlé déformé par un vocoder. Ce truc bien à eux, ils décident de l'appeler : acid-punk. On ne pouvait trouver mieux ! Mélange de déviances psychédéliques et d'urgence punk, Chrome entamait son ascension vers... le néant ! Car malgré une batterie d'album plus novateurs et plus brutalement passionnants les uns que les autres, le groupe ne rencontre que peu de succès à la fin des mornes 70's. Et pour cause.
Si la musique de Chrome est bel et bien "acide", elle évoque plus un bad trip au LSD mâtiné d'abominations cosmiques évoquées par Lovecraft ou encore les paysages glacés du cyberpunk des années 80 (bien avant que le genre littéraire, et même le mot, n'existe), que son pendant hippie, fleuri et bucolique. En ce sens, Alien Soundtracks ne pouvait mieux porter son titre : début 77 c'est un ovni qui vient d'atterrir dans la baie de San Francisco, et ses occupants n'étaient pas des plus sympathiques, plutôt du genre à vous bouffer tout cru sans états d'âmes.
Sur les 10 titres originaux de cet album prémonitoire (le punk lui doit beaucoup), la voix effroyablement déformée de Damon Edge, les riffs de Moog hallucinés de Gary Spain et la guitare coupante comme des lames de rasoir sur du fil de fer barbelé d'Helios Creed, invoquent la face noire du psychédélisme de la fin des 70's. En ce sens, Alien Soundtracks est clairement le fruit de la rencontre de la paranoïa d'une époque abusée par les drogues et désabusée politiquement et socialement. Mais c'est surtout le témoignage inquiétant des survivants d'un voyage dans l'inconnu. Un périple intensément perturbant, que durent effectuer Edge et Creed pour créer cette musique mutante au beau milieu d'une époque où tout s'écroulait, les idéaux pacifistes, comme la grande vague d'espoir des 60's. Chrome c'est la perte absolue de tout repères, l'ouverture des portes de la perception qui ouvre aussi la boîte de Pandore, le total dérèglement des sens dans le sens flippant du terme, quand le voyage vous échappe et que vous vous réveillez avec le masque grimaçant de quelque succube, ou incube, au dessus de vous. Une musique pour extra-terrestre, faite par des aliens égarés sur terre. Un chef d'œuvre, totalement culte et vraiment, vraiment, bizarre.
Chrome - Alien Soundtracks (Siren Records, 1977) Post Punk, Cold Wave et Culture Novö en France, exposition à la galerie du jour agnès b
Agnès B présente : « DES JEUNES GENS MÖDERNES »
Avec une trentaine d'années de recul, le projet "Des Jeunes Gens Mödernes" propose de réactiver cette scène post punk / novö diskö / new & cold wave hexagonale, à travers une exposition, un livre, une compilation et un documentaire, mettant ainsi en évidence sa spécificité et sa diversité créative de manière transversale, en s'intéressant aussi bien à sa production musicale, qu'à l'esthétique, l'attitude, et aux problématiques qu'elle a développées en parallèle _et notamment son rapport à la modernité, précisément.
(via www.90bpm.net)
Lire notre dossier Histoire de la New Wave Albums cultes des géants du bizarre #35 : Suicide – St
Avec un tel passif et un tel parcours, facile de deviner que Suicide est un projet culte et bizarre. Forcément leur discographie ne l'est pas moins. Pour illustrer cette chronique, je choisirais pourtant la première éjaculation électrique, le fameux album sanglant, celui que l'on connaît désormais sous le nom de Suicide l'album. Paru en 1977 ce disque est un choc pour l'industrie du disque et le public. Une électrocution. Tous les morceaux emblématiques joués live par le duo depuis 76 sont présents, sous une pochette digne du nom que se sont choisi ces deux mutants : une scarification ensanglantée sur fond "blanc lavabo". Plus qu'un disque, Suicide est le manifeste d'une ville malade mais libre, celle du No New York de Lydia Lunch, de James Chance, de DNA et Mars, des premières expériences de Jim Jarmush (Permanent Vacation), bref, celui de la No Wave à venir. Suicide sur scène est plus proche de la performance que du véritable concert. Alan est vêtu de noir, uniquement muni d'un micro et Martin arborant ses célèbres lunettes de ski géantes, se tient raide, en retrait, derrière un orgue électrique bricolé, voire parfois une simple boite de sa fabrication équipée de quelques touches. Il ne "joue" qu'avec une main, l'autre servant à rejeter les débris que le public lance sur la scène. La musique du duo fait immanquablement penser au célèbre tableau du peintre expressionniste Edward Munch, "Le Cri". Et le cri, c'est Vega bien sûr.
Sur l'éponyme Suicide, Alan Vega éructe, geins et hulule des textes parlant de motard fantôme ("Ghost Rider"), de chômeur désespéré exécutant toute sa famille avant de mettre fin à ces jours ("Frankie Teardrop") ou de bombes nucléaires frappant les Etats-Unis ("Rocket U.S.A"). Hypnotique. Envoûtant. Effrayant. De son côté, Martin Rev fait bourdonner ses machines, attise les infrabasses et développe des boucles hypnotiques pour une musique répétitive et robotique, qui annoncera avec 5 ans d'avance la scène industrielle et, plus loin encore, la techno. Je n'ai jamais rien entendu qui soit de l'avant-garde, déclare Alan Vega en 1980, en parlant de Suicide. Pour moi, c'était seulement le blues de New York City. Un blues urbain perverti par les machines, qui s'assagit malgré tout dés le deuxième album sobrement intitulé Alan Vega - Martin Rev. Avec des titres comme "Diamonds, Fur Coat, Champagne", "Shadazz" ou "Dance", Vega et Rev célèbrent les fêtes underground de New York et mélangent sans complexe l'esprit disco du Paradise Garage et du Studio 54 avec les remugles du punk et le désespoir de la new wave naissante. Encore un must, mais c'est une autre histoire...
Suicide - St (Ariola, 1977) + de multiples rééditions, dont une en double CD accompagnée d'un live. Excepter : The Last Dance
Ainsi, quand la morosité vous gagne, faites-vous donc prescrire un peu d'Excepter. Un conseil avisé, faites-moi confiance. D'autant que pour leur seconde signature sur Paw Tracks le label d'Animal Collective (la première étant un split single avec Panda Bear, l'inénarrable "Carrots - kkkkk"), le collectif de Brooklyn s'est adjoint la compagnie de deux charmantes jeunes femmes qui viennent pimenter l'electro déglinguée d'Excepter d'une touche d'hystérie féminine bienvenue et donne à ce Debt Dept un faux air de B-52's en mode freestyle. A l'origine Excepter est plus connu pour ses performances mi-tribales, mi-industrielles au kilomètre. On peut d'ailleurs en trouver de nombreux exemples distribués gratuitement en podcast sur le net. Si leur musique hypnotique est connue pour emprunter à toute la gamme de musique expérimentale, du krautrock au punk en passant par la techno ou le dub (impossible de ne pas penser à Faust, PiL période Metal Box ou au mythique "Cave Rock" de Cromagnon - obscur projet rock improvisé brut de décoffrage - à l'écoute d'Excepter), on ignore souvent ce qu'elle doit à la pop. John Fell Ryan, leader du combo new yorkais est d'ailleurs grand fan de girls bands (Shangri-La's, Silly Sisters ou Sandy Bull), mais aussi de rock saccadé (Bo Diddley) et de funk (James Brown). Il distribue d'ailleurs fort à propos un mix de ses 10 albums à emmener sur une île déserte que vous trouverez ici.
Des références "pop" donc, qui servent en quelque sorte de justificatif à un Debt Dept nettement plus calibré que leurs précédentes productions. Si la folie demeure (thèmes frappadingues, voix démentes, hurlements de chouettes sous la lune, distorsions psychédéliques, rythmes répétitifs, chamanisme urbain), Excepter réconcilie en quelque sorte la frénésie infernale de leurs prestations scéniques ("The Last Danse", "Shots Ring") avec les constructions plus formatées de la pop ("Sunrise"), ou du post-punk ("Entrance", "Kill People"). Attention, les productions du groupe restent belles et bien folles à lier ("Walking Trough the Night", "Greenhouse/Sttetch") même quand le combo, qui excelle dans l'expression décalée d'un dancefloor hors-normes toujours hilarant, nous offre avec "Burger" (uniquement sur la version CD), un exercice dub désarticulé et vrillé qui vient prendre la relève de l'impeccable "Rock Stepper" éthylique de leur précédent album Alternation. Du grand art dans la déviance.
Excepter - Debt Dept (Paw Tracks/La Baleine, avril 2008) La Phaze, la tournée "Miracle"![]() Après leur album Fin de Cycle, qui s'était plutôt bien vendu, le groupe français La Phaze prépare son retour pour avril 2008. Miracle, un album qui transpire l'esprit citoyen et la révolte et qui écablousse de ses riffs de guitares. Comme à son habitude, le trio formé à l'origine par David Baluteau (Damny) et Arnaud Fournier et rejoints depuis 2006 par Guillaumé Rousé (Rouzman), évolue dans leur terrain de jeu de prédilection. Une aire musicale entre punk-rock, reggae et chanson contestataire. Histoire de faire entendre sa voix avant la sortie de Miracle La Phaze est en tournée de fin mars à fin mai dans toute la France. Coup de départ donné le 28/03 à Paris dans la salle de la Boule Noire avec Dj Scratchy en première partie. Toutes les dates de la tournée sont sur le myspace de La Phaze. En attendant la sortie de Miracle, une preview de l'album de 10 minutes est dispo à l'écoute sur leur msypace. Vidéo live de "Little Face", extrait de Miracle : Réservez vos places pour la tournée 2008 de La Phaze. The Fall : 51 + 27
"Alton Towers"
On notera une reprise de Groundhogs ("Strangetown") ainsi qu'un morceau co-écrit avec Andi Toma de Mouse On Mars ("Is This New"). La sortie du disque coïncide avec la publication de l'autobiographie officielle du chanteur, The Lives and Tales of Mark E. Smith. Il ne reste plus qu'à souhaiter que cette nouvelle livraison soit meilleure que la dernière (Reformation Post-TLC), mais on ne peut jamais savoir dans le Wonderful and Frightening World of of Mark E. Smith... Albums cultes des géants du bizarre #33 : Young Marble Giants - Colossal Youth
Tic Tic, Toc Toc, Tic Tic, Toc Toc, c'est ainsi que débute ce Colossal Youth dont le titre ne peut se lire que comme une énorme blague, tant les compositions de ces trois-là feraient passer n'importe quel titre de Wire pour du rock progressif boursouflé. A eux trois, ces Anglais introvertis signèrent pas moins qu'une vingtaine (plus un) de classiques instantanés ("N.I.T.A.", "Salad Days", "Wurlitzer Jukebox!"). A la fois poétique et surannée, leur musique construite sur de petits riffs nerveux ("Include Me Out", "Music for Evening"), accompagnée d'une boite à rythmes rachitique ("Searching for Mr Rigth"), le fameux stylophone ("The Taxi") et d'une basse post-punk - autant dire new wave - ("Eating Noddemix", "Constantly Changing") s'intronise pop minimale avant-gardiste malgré elle et ouvrira la voie au mouvement lo-fi dans les années 90. Adulé par Peter Buck de R.E.M., Colossal Youth était aussi le disque fétiche de Kurt Cobain tandis que "Credit In The Straight World" fut repris par Courtney Love de Hole. Intemporel, il inspirera plus tard des artistes comme The Notwist, Tarwater ou To Rococo Rot. Musique pour robots en manque d'amour ("The Man Amplifier") piqueté de funk blanc dépressif ("Wurlitzer Jukebox!") et de calypso racho ("Salad Days"), Colossal Youth est aussi l'album de chevet de Thomas Morr, le fondateur du label de référence de la pop électronique et mélancolique, Morr Music. Cet aspect à la fois funky et anémique des derniers morceaux de l'album, sera d'ailleurs la carte de visite d'Alison Statton qui partira plus tard fonder Week-end. 28 ans après, Colossal Youth nous laisse toujours sur les genoux, époustouflés. Et dire qu'il y en a encore pour penser qu'il ne s'est rien passé dans les années 80, alors que le talent et le génie de ces trois-là auraient pu, à lui seul, suffire à toute une décennie. A noter que le groupe s'est réuni exceptionnellement à l'occasion du festival ATP (All Tomorrow's Parties) 2007, dont le curateur était le webzine Pitchfork. Colossal Youth a également été réedité en 3 CD remplis de bonus et de goodies. On lui préférera pourtant à jamais la version originale, et séminale, de Rough Trade.
Young Marble Giants - Colossal Youth (Rough Trade, 1980) Disco not Disco : Deep into Disco Culture
Au rayon funk blanc, les amateurs apprécieront les fulgurances synthétiques, les guitares aigrelettes, les voix blanches faméliques, ou leurs pendants viriloïdes vocodés sous influence disco, et les saccades épileptiques évoquant une éjaculation douloureuse. Côté "african reggae" comme dirait Nina Hagen, c'est plutôt assise rythmique énorme, répétitions, avalanches de percussions, basses volumineuses et cuivres à l'hystérie tout droit héritées du punk. Un punk qui aurait réussi le mariage du nihilisme occidental et d'un groove jouissif - mais engagé - tout droit débarqué du palais nigérian du roi Fela Kuti. A ce titre on retiendra les performances de Shriekback, aka Barry Andrews, également membre d'XTC (!), avec l'edit d'un titre emblématique "My Spine Is The Bassline" (grossièrement "Ma colonne vertébrale est la ligne de basse", qui dit mieux ?), mais aussi les New Yorkais de Konk, l'inévitable leader no wave James White & The Blacks (alias James Chance) pour un "Contort Yourself" d'anthologie remixé par August Darnell, ou encore Quando Quango, le all time classic "Sharevari" de A Number Of Names et "l'énaurme" "Don't Lose Control" de Material, groupe formé en 1979 par le bassiste Bill Laswell. Sur ce troisième volume on trouve également Vivien Goldman, co-fondatrice de The Flying Lizards, sur un "Launderette" qui évoque le pendant disco dub d'une Nancy Sinatra élevée aux musiques caribéennes plutôt qu'à la pop, le "Mind Your Own Business" des rejetons de la scene post-punk de Leeds, Delta 5 ou le transcendant "Silent Street/Silent Dub" de Maximum Joy, qui porte décidemment bien son nom. Disco not Disco se veut aussi un hymne à ce que l'on appelait à l'époque la "sono mondiale", d'où la présence des Japonais de Yellow Magic Orchestra (excellent "Seoul Music"), du jazz rock funky et sophistiqué d'Isotope, de l'electro mécanique et moite des pionniers de l'EBM Liaisons Dangereuses (formé à l'époque de Beate Bartel d'Einstürzende Neubauten et Chrislo Haas de D.A.F. pour un mix 12" du cultissime "Los Niños Del Parque". Bref, une fois encore, Strut nous gratifie d'une sélection imparable qui ravira les nostalgiques et étonnera - et séduira - je l'espère les plus jeunes et les plus curieux d'entre vous !
Et pour se faire plaisir (ou rire, ça dépend du niveau de nostalgie) matons ensemble le fameux Los Niños Del Parque" de Liaisons Dangereuses
Disco not Disco : Post punk, Electro & Leftfield Disco Classics (1974 - 1986) (Strut/Pias) Mahjongg : Le funk de l'homme blanc Où se cache la pulsion primitive aujourd'hui ? Est-il encore possible de créer une musique de manière simple et instinctive, à la fois authentique et sincère, puissante et prenante, au milieu de toute la technologie, du confort (et du conformisme) qui nous entourent ? Pour Mahjongg, la réponse est claire : Oui ! C'est même vital semble-t-il. Mystérieux collectif originaire de Columbia, récemment émigré à Chicago, les membres de Mahjongg assument leur obsession pour une certaine idée primitive de la musique, le rythme, la répétition, la transe, fusse-t-elle moderne. "Tropical industrial", telle est l'étiquette un rien provocate dont s'affublent ces quatre résidents de l'Illinois, cela n'empêche, Mahjongg cultive un respect évident pour l'afro-beat et plus généralement pour tout ce que l'Afrique des 70's a produit comme musique libre et funky depuis 30 ans. Signé pour un second album sur K Records, le fameux label de Calvin Johnson, Mahjongg nous offre ici un album qui réunit dans un même élan libérateur post-punk et funk blanc.Sur Kontpab, ce collectif de multi-instrumentistes nord-américains se la joue donc sauvages urbains, noyant basse, guitare, batterie et casio keybords maltraités sous un déluge de percussions et de polyrythmies indigènes. Le quatuor accouche ainsi de pièces répétitives et obsédantes qui incarnent le pendant rachitique, mais tout aussi convaincant, des tambours du Burundi ou des gamelan balinais, joués dans une cave de la banlieue de Chicago (voir le prenant "Pontiac" qui ouvre l'album). Avec un naturel de ceux qui savent où ils vont, Mahjongg mélange musique post-industrielle (le mélancolique "Problems"), new wave afro ("Mercury"), jeu de guitare highlife (style original, principalement rythmique, prenant sa source au Ghana), pop arty ("Teardrops") et punk ("Tell The Police The Truth", "Those Birds are Bats" visiblement composé sous l'emprise de quelque stupéfiante substance), le tout dans l'improvisation la plus sauvage. On pense parfois à Liars unplugged, à Battles sans les maths, à Excepter en version acoustique, ou à certain "Collectif d'Animaux" de Brooklyn qui préfèrerait le béton aux sous-bois, si vous voyez ce que je veux dire. Au sommet de leur art ("Kottbusser"), Mahjongg va jusqu'à évoquer Talking Heads dans ce qu'ils ont de meilleur, la complexité des mélodies et des instruments qui s'entrechoquent en rythme dans un funk blanc joué à l'os, aussi exubérant que mélancolique. Le sommet de l'album étant "Rice Rise", une cavalcade post-rock de plus de 8 minutes qui plonge aussi bien ses racines dans l'Afrique ancestrale et tribale, que dans tout ce que la musique occidentale a fait de bon ses trente dernières années. Après les éloquents albums de C.O.C.O. et Dub Narcotic Sound System, Kontpab est donc une excellente surprise. C'est aussi une nouvelle preuve de la vitalité de K Records, l'un des fleurons de la musique indé des 90's, qui poursuit ici brillamment sa route.
Mahjongg - Kontpab (K Records/Differ-Ant, janv 2008) A noter que tout l'album est en écoute sur la page dédiée au groupe sur le site de K Records, ainsi que quelques uns de leurs meilleurs morceaux, sur leur profil myspace. Punk Instantané![]() Le principal attrait du punk dans les années 1970 c'était l'idée que n'importe qui, même vous, pouvait prendre une guitare, une basse, une batterie et deux potes et jouer sa première chanson une heure plus tard. C'était révolutionnaire à l'époque mais franchement, dans ce nouveau siècle qui est le nôtre où un groupe ne peut jamais être qu'un des nombreux onglets ouverts dans l'explorateur de notre vie et où on fait passer notre speed du petit déj' avec du Red Bull importé illégalement juste pour pouvoir tenir le rythme de productivité minimal requis sans perdre la trace de ce que font nos deux cent potes sur Facebook, qui de toute façon habitent tous très très loin et n'ont pas plus de temps à y consacrer que vous, qui peut encore consacrer une heure à la formation de son groupe punk ? Punk-O-Matic et heureusement là pour combler vos envies d'accords simples, d'arrangements minimalistes et de plans usés jusqu'à la corde, tout ça sans quitter votre bureau. Les "vrais" groupes punk encore en activité ne sont pour la pluaprt pas meilleurs que ce petit jeu flash. Albums cultes des géants du bizarre #29 : John Zorn - Naked City
Bien sûr une bonne partie de l'album tient plus du hardcore école Fugazi/Cop Shoot Cop (même si ces groupes n'existent pas encore à sa parution) que de ce qu'il reste du cadavre jazz réanimé de force sans respect aucun par ces suppôts de satan. Les âmes sensibles zapperont certainement l'album de "Reanimator" à "Speedball" le bien nommé, mais ce serait dommage de passer sur ces chef-d'œuvres bruitistes de quelques secondes, des titres comme l'incroyablement funky "Snagglepuss", "You Will Be Shot" rock'n'roll en diable, "Igneous Ejaculation" qui vous ramone les oreilles jusqu'au cervelet ou "A Shot in The Dark", d'Henry Mancini en version cartoon de Tex Avery. Tout ce bruit ne vient pas de nul part et Zorn contrairement à ce que laisse penser son disque a encore du respect pour le jazz, il le montre en reprenant l'incontournable "Lonely Woman" d'Ornette Coleman, son maître à penser. Finalement, ce qu'on retient de ce disque, après le plaisir, c'est son incroyable virtuosité, c'est l'aisance avec laquelle Zorn et sa bande passent de la noise music la plus impitoyable aux mélodies les plus divines comme sur ce "Saigon Pickup", beau à pleurer qui passe du piano solo à la country, au rock et au dub dans le même morceau, ou encore "Den of Sins" convoquant ambiant et free jazz hystérique, "Contempt" la reprise poignante de George Delerue, ou le metal bouillonnant mêlé de jazz saignant de "Graveyard Shift". Une succession de chaud et de froid, de douceur et de brutalité qui sied si bien à John Zorn, adepte des jeux sadomasochistes, en musique comme dans le privé. Et on finit par se demander si par delà l'impertinence, Naked City n'est pas aussi un hommage transversal d'un des plus grands saxophonistes de l'histoire du rock à la culture américaine. Ancêtre du fameux The Director's Cut de Fantomas (un autre grand disque de score cinématographique torturé) et album culte et bizarre indispensable, Naked City remet tout simplement le jazz à sa place dans la grande histoire des musiques populaires, l'imposant à nouveau comme une musique libre, urbaine et sauvage, profondément subversive et enfin, excitante !
*Eye, qui s'exprime aujourd'hui dans l'univers du neo disco en signant des édits stupéfiants sur le label Smalltown Supersound
John Zorn - Naked City (Nonsuch, 1989) Plus d'infos sur Weegee, le photographe du sordide des rues new yorkaises, ici. Albums cultes des géants du bizarre #27 : Cabaret Voltaire – Voices of America The "Cab", un terme dont les plus jeunes d'entre vous ignorent le sens. Et pourtant, que serait la musique électronique aujourd'hui sans Cabaret Voltaire ? "Nag Nag Nag", "The Set Up", "Yashar", "Here To Go", autant de morceaux cultes et d'hymnes entêtants qui préfigurent la musique industrielle des 80's, puis la techno. Mute, le célèbre label à la Grey Area, ne s'y est pas trompé et réédite régulièrement albums et compilations rétrospectives de ce trio légendaire. Toujours actifs, ces pionniers de la musique électronique - et même, de l'électroacoustique - continuent à produire séparément des œuvres passionnantes et originales. Le prolifique Richard H. Kirk propose une musique électronique matinée de dub, d'industrial, de world et de punk sur son propre label ou chez ses très pointus confrères, Warp, Cocosolidciti, Soul Jazz, et bien d'autres. Le discret Chris Watson, s'engagera un temps dans The Hafler Trio et propose aujourd'hui des documents sonores ethnographiques sous forme de field recordings (enregistrements live, pris sur le vif) et de l'ambient. De son côté, Stephen Mallinder, l'ex-préposé aux vocaux scandés, puis au chant dans la période "mainstream" du groupe, émigre en Nouvelle Zélande après le split dans les 80's et formera, entre autre, un groupe avec Dave Ball (de Soft Cell). Chaotique et créative, c'est ainsi que se présente cette "généalogie du désordre", à laquelle ont largement participé Stephen Mallinder, Richard H. Kirk et Chris Watson sous le nom emblématique de Cabaret Voltaire.
Difficile de faire un choix dans l'œuvre plus que complète des trois de Sheffield, mais c'est sur Voices of America que je jette mon dévolu sans hésiter. Pourquoi ? Simplement parce qu'il s'agit de leur premier véritable album et que c'est principalement sur ce disque complexe que Cabaret Voltaire croise le fer avec la musique industrielle tout en incluant des réminiscences rock. Définissant ainsi ce que devrait être le post-punk et plus tard, la new wave. Soit une musique expérimentale, profondément imbibée de conscience politique et sociale. Les échos de la fin de l'ère industrielle sont particulièrement retentissants, en effet, dans le nord de l'Angleterre. Sheffield vit au rythme des licenciements, de l'inflation et du chômage. Dans ce contexte social chaotique Cabaret Voltaire propose une réflexion sur ce que doit être l'art en général, et la musique en particulier, à l'orée des 80's. Dès le début Cabaret Voltaire se situe dans la mouvance expérimentale, usant des technologies de leur époque, trafiquant les bandes audios, pratiquant le collage et le détournement d'actualités enregistrées en ondes courtes sur leur radio. L'usage de documents sonores les place dans l'héritage direct de personnalité comme l'écrivain outsider William S. Burroughs, manipulateur de mots et de sons, co-inventeur du concept de cut-up et d'Electronic Guerrilla.
Toutes ces idées et ces techniques sont présentes sur Voices of America "The Voice of America / Damage is Done" et "Obsession" sont des dubs industriels lents, portés par une basse élastique glissant sur les éclats de verre pilée de la guitare de Kirk, jouée d'une manière à la fois délicate et bruitiste. "Décharnée" serait le mot juste. "Stay Out of It" et "Messages Received", sonnent comme des reprises garage rock anémiées et annoncent des morceaux comme le mythique "Nag Nag Nag". "This Is Entertainment" se présente comme un funk bancal, basse en avant et cris de clarinette presque free jazz, accompagnés des vocaux scandé d'un horrible accent du Yorkshire par Mallinder qui répète : "This Is Entertainment, This Is Fun" d'une voix tendue qui en dément complètement l'optimisme idiot, tandis que "Premonition" s'abandonne dans la mélancolie non sans une certaine inquiétude. "If The Shadows Could March?" et "Partially Submerged" l'aspect le plus expérimental de Cabaret Voltaire, sonnant comme une electronica electrocutée, saturée de percussions rouillées et de grésillements de machines en déroute. Culte mais franchement bizarre...
Cabaret Voltaire - Voices of America (Rough Trade, 1980) Soul Jazz Singles : Radio Babylon
Imaginez la radio idéale compilée sur deux CD de plus de 77 minutes chacun (mode random conseillé) et vous avez, peu ou prou, une idée juste de ce que donne Soul Jazz Singles. Une sélection hyper éclectique donc, qui relie le post-funk d'ESG (le fameux "Insane") à l'electronica de Kit Clayton, le space disco tout en arpegiatos de Subway (le tunnel motorick de "Sattelites" et la saga cosmique de "44110"), l'incroyable reprise de "I Will Survive" malicieusement glissée au sein du ragga "Dem a Bomb We" par les filles Ladybug, les clicks et les cut housey de Sutekh ("Kill The Monkey"), le trip hop jazzy de Soul 223, l'acid house de Capracara (excellent "Opal Ruch"), l'electro classic de Private Lives, le funk'n'dub de Mathias Aguayo ("Uno"), etc. Comme la passion originelle de Soul Jazz est avant tout le reggae et le dub (le label tourne d'ailleurs dans le monde entier sous le forme d'un sound system), il était évident de voir Stuart Baker, son patron, se pencher sur le cas dubstep. C'est pourquoi on retrouve également ici la crème du genre, Digital Mystikz, Kode 9 et Skream. Soul Jazz s'est d'ailleurs fendu de deux fameux volumes explorant le sujet, Box of Dub (sous titré "dubstep and future dub") mais c'est une autre histoire sur laquelle nous reviendrons bientôt. Stay tuned !
V/A - Soul Jazz Singles (Soul Jazz/Discograph) Dan Deacon : Le roi de la déconnePosté par Maxence le 12.12.07 à 18:37 | tags : vidéos musicales, youtube, myspace, rigolo, punk, électro
C'est mercredi, c'est donc le jour des petits. Ça tombe plutôt bien parce que je vais vous présenter Dan Deacon. Cet Américain originaire de Baltimore, la ville du cinéaste trash John Waters, est un cas ! Gras du bide, habillé comme un sac, il incarne un genre de professeur Tournesol de l'electro expert en enfantillages, auquel viendraient s'ajouter un humour informe et souvent limite, une touche d'hystérie et un don inné pour transformer toutes ses débilités en instants de pure magie pop. Prenons par exemple "Woody Woodpecker", le titre qui ouvre le bal folledingue de son Spiderman of The Rings. Tout commence par quelques notes de vibraphones doucettement égrenées et puis tout part en sucette avec l'arrivée inopinée du fameux ricanement de l'oiseau agaçant qui donne son nom au morceau. Pourtant derrière la répétition illimitée et insupportable des cris de ce personnage de cartoon idiot, la mélodie se poursuit comme si de rien n'était dans un parfait exercice de schizophrénie musicale. On oscille alors entre l'horreur totale, le fou rire ou la béatitude devant tant d'ingéniosité - et d'ingénuité - régressive.Tout l'album est de cette trempe. Deacon y maltraite allègrement ses machines (pour la plupart récupérées dans les poubelles de sa ville) et réussit a accoucher de véritable hymnes pop punk comme le terrible "The Crystal Cat", trois minutes de plaisir pur évoquant le croisement incroyable de Suicide, Zig Zig Sputnik et Yo La Tengo, de petites douceurs electronica enlevées comme "Snake Mistakes" ou de mini-symphonies de 11 minutes de poésie electro lo-fi ("Wham City") dédiées à Baltimore, où l'Américain s'accompagne au chœur avec de joyeux gogols, déclamant à tue-tête leur impatience de voir la race humaine disparaître de la surface de la planète pour laisser la place "aux gentils animaux des champs zz'é des prairies". Car en plus d'être bien secoué, Deacon adore les animaux, d'où de nombreuses références dans ses morceaux. A me lire, il ne faudrait pas pourtant que vous imaginiez Spiderman of The Rings comme une de ces sympathiques excentricités inécoutables et juste bonnes à faire rigoler sur les pages d'un blog. Ce serait vraiment injuste parce que vraiment, Dan Deacon au sommet de sa forme, produit une musique à la fois enjouée et angoissée, mélodique et bordélique, pop et punk, souvent foutraque mais qui vaut largement Aphex Twin dans ses moments les plus inspirés (soit "Pink Batman", "Big Milk", "Okie Dokie", "Trippy Green Skull"), c'est dire le talent du bonhomme. Alors, rendez service à l'humanité, achetez Spiderman of The Rings, offrez-le à vos amis, passez-le dans vos soirées, alleeeez !
Dan Deacon - Spiderman of The Rings (Carpark/La Baleine) Faites un tour sur son profil myspace et pour juger sur pièce, Flu' vous offre cette vidéo de "The Crystal Cat", un concentré d'enthousiasme et de folie furieuse :
The Thermals are not deadTrop de groupes nous font penser que le punk n'est qu'une étape à traverser quand on a quatorze ans dont on se souvient avec une nostalgie teintée d'ironie ("ahlala, j'écoutais les Bérus et j'avais écrit "Anarchie" au typ-ex sur ma trousse, que j'étais mignon"). C'est là tout le mérite de The Thermals : ils parviennent à être punk sans être datés, ridicules ou ironiques. Et ils n'ont rien non plus à voir avec des surfeurs californiens à numéros (Blink 182, Sum 41) ou des chialeuses emo. Ne nous trompons pas, le punk reste mort, mais les Thermals eux sont bien vivants. Von Südenfed live à Edinburgh : Mark E. Smith was the DJ !Cela faisait longtemps, trop longtemps, que nous n'avions pas parlé de Mark E. Smith. Heureusement l'irrascible et excentrique leader de The Fall ne reste jamais absent longtemps de l'actualité. Pour preuve, sur cette nouvelle vidéo qui circule actuellement sur youtube, on voit le power trio composé de Mark E. Smith et des deux souris allemandes de Mouse On Mars executer un "Flooded" proprement électrocuté ! Avec Von Südenfed, le leader mancunien du groupe le plus tenace de la planète vire clairement post-punk et electro. Oscillant entre le PiL de Metal Box (quoique Flower of Romance n'est pas loin non plus) et une version masculine et tarée d'un ragamuffin de Nina Hagen, "Flooded" est un grand moment de dancefloor éthilique. Outre les paroles totalement hilarantes (et idiotes) du morceau (je vous renvois à notre chronique et à notre interview exclusif), on appréciera la façon dont "mémé" s'amuse avec sa voix, tantôt véhémente, tantôt scandée, et en tout cas totalement dans l'ambiance tout en étant complètement à côté de la plaque. Du "grand art" pour certain (et j'en suis !), un bel "exercice de j'm'en-foutisme" pour d'autre (j'en suis aussi !), et les deux à la fois bien évidemment puisque tout l'art de M.E.S est dans la manière, et sa manière à lui est... hé bien... vraiment particulière ! C'est l'art du décalage et du saccage en somme, ou bien un exercice d'anti-dancefloor qui sied parfaitement à notre vieil anar et à ses deux compères situationnistes. Allez, on aboit tous en coeur : "I AM THE GREAT M.E.S ! I AM THE DJ TONIGHT ! I FLOOD THE CLUB TONIGHT !"
Albums cultes des géants du bizarre #24 : Pylon - Gyrate (Plus)
Avec Gyrate Plus, Pylon réussit l'exploit de vous faire effectuer les contorsions les plus sauvages tout en restant parfaitement rigide ! La dance du zombie quoi ! C'est la quintessence du disco punk américain, à la fois dansante et désossée, tel qu'entendue chez les tenants de la no wave new yorkaise, comme James Chance, DNA ou Bush Tetras, et dont le slogan pourrait clairement être : "Contort Yourself !". On peut aussi oser une autre comparaison en déclarant que, tout en cultivant le même sens du rythme monolithique et en jouant dans la même cour, celle du punk funk, Pylon c'est un peu ESG à l'os, sans les rondeurs et sans la soul. Deux groupes exécutant le même genre de musique à la fois funky et janséniste, mais dont les origines diamétralement opposées aboutissent au final à un résultat aussi totalement différent qu'étonnamment proche. C'est ce que j'appelle le paradoxe du funk blanc. Sur Gyrate Plus, le combo interprète donc une forme parfaitement froide et minimaliste du funk, mais il l'exécute avec une frénésie communicative et jouissive. Un peu à la manière de Talking Heads période Stop Making Sens, sans les apports ethniques "kora, sanza, balafon et blablabla" ! Musicalement on pense aussi au Wire de Colin Newman, si les Anglais avaient jamais su (et surtout voulu !) nous faire danser, ou encore à une troupe de robots répétant les tubes de Gang Of Four. Soutenu par la voix de félin famélique de Vanessa Briscoe Hay qui nous déchire littéralement le cœur sur "Feast on My Heart", Pylon balance ses bombes dancefloor disco punk avant l'heure, avec une telle facilité qu'on finit par se dire qu'il y a des chances pour que ce soit eux qui aient inventé le genre ! Leur musique aussi répétitive et saccadée soit-elle ("Cool", "Volume") n'en est pas moins rageuse et engagée (écoutez "Human Body", "Driving School" ou "Read A Book" !). Le groupe pond aussi de véritableS tubes en puissance, comme l'hypnotique "Dub", ou "Danger", le morceau que LCD Soundsystem aurait rêvé signer, et c'est ce qu'il a fait en quelque sorte puisque grâce à cette magnifique réédition tout le monde va pouvoir écouter Pylon. Loué soit DFA et son saint patron (on ne le dira jamais assez !)
Une fois n'est pas coutume, de nombreux morceaux (dont les excellents "Cool", "Stop it", "Volume" et "Danger 2", la version dub de "Danger", sont disponible à l'écoute sur leur profil myspace. PYLON - Gyrate Plus (DFA/Differt-Ant) Liars chauffe les internautes en vidéo et concoursNe passons pas par quatre chemins pour d'une, vous balancer la vidéo flippante de Liars pour "Plaster Casts Of Everything", de deux vous annoncer qu'on vous offre des places de concerts et des CD de Liars dans notre rubrique concours et de trois vous inviter à voir notre interview vidéo avec Liars et lire la chronique de leur album Liars. Et en quatre, je rajouterais que Liars c'est achement bien !
LCD Soundsystem : l'heure du bilan ?
A noter que ces titres n'étaient auparavant trouvables que sur A Bunch of Stuff, une compilation en édition digitale qui inclut la reprise de "All My Friends" par Franz Ferdinand. Au moment où vous lisez ces lignes le 7" LCD Soundsystem/Arcade Fire, est lui aussi dans les bacs, en ligne, bref, partout (!) avec côté LCD, une reprise du "No Love Lost" de Joy Division et côté Arcade, "Poupee De Cire" de Serge Gainsbourg. Aujourd'hui, on a beau dire, on peut aimer ou pas LCD Soundsystem, difficile de nier pourtant que le groupe est sur tous les fronts et qu'il aura largement marqué l'année 2007. Sound of Silver est pour ma par en bonne place dans le palmarès des "disques de l'année."
Nous reviendrons très bientôt sur le mix Fabriclive 36 de James Murphy et Pat Mahoney (aka "DJ Tyrant et Disco Dad") dans nos pages, so stay tuned ! En attendant, comme un bonheur ne vient jamais seul, ne ratez pas la winter 2007 edition des DFA free mix !
!!! roule sur ton chatUn jour j'ai écrasé un chat avec ma voiture. Il se tenait au milieu de la voie, j'ai tourné pour l'éviter, lui aussi, mais au lieu de foncer sur le bas côté cet idiot s'est jeté contre mon pare choc. Ca a fait POC. Peut-être était-il suicidaire, me suis-je dit. Je n'aurais pas vraiment pu faire quoi que ce soit d'autre. j'ai essayé de l'éviter, bon sang ! J'ai beau plaisanter tout le temps sur mon aversion pour les chats et les choses que je voudrais leur faire, j'étais en fait tout retourné par l'incident. Si j'avais du écrire une chanson à ce moment-là, elle aurait ressemblé à du Radiohead. Brrr, ça fait froid dans le dos Fort heureusement pour nous, !!! n'est pas le genre de groupe à se laisser aller à la contemplation et à la déprime. Quand ils écrasent un animal sur la route dans ce clip pour la chanson "Yadnus" extraite de leur dernier album Myth Takes, c'est parce qu'ils étaient défoncés et qu'ils roulaient à fond vers le couchant et de toute façon, tout ça est une super expérience mystique et on danse et même l'animal mort chante et tiens on a perdu un membre en route, on est plus que sept mais, oh, voilà qu'une fille s'ammène et maintenant on est huit à nouveau et en plus c'est une fille. Trop. Bien.
Albums cultes des géants du bizarre #21 : The Fall, 3 albums cultesEn matière d'albums cultes et bizarres, impossible de passer à côté de The Fall (surtout que cela fait bien 2 semaines que nous n'avons pas évoquer Mark E. Smith sur nos pages, n'est-ce pas Myoso ?). Il en fallait au moins un, mais impossible de se contenter d'un seul album dans la discographie (plus d'une trentaine d'albums officiels sans compter le double de lives !) d'un groupe comptant autant de bizarreries. C'est pourquoi j'en ai choisi 3. Trois disques de The Fall, symbolisant trois périodes différentes de ce groupe incontournable et inclassable.
Attention, il ne s'agit pas là des "meilleurs" albums de The Fall mais des plus bizarres (hormis peut-être en ce qui concerne The wonderful and frightening world). Les curieux désireux de se mettre à The Fall sans tomber dans l'excès d'excentricité devraient plutôt se pencher d'abord sur The Frenz Experiment (le plus accessible), Extricate (le plus équilibré en valeur expérimentation et accessibilité), idem pour The Real New Fall Album. Ecoutez également Bend Sinister, Perverted By Langage, Code:Selfish, les 2 merveilles que sont Infontainement Scan et The Unutterable ainsi que l'avant dernier Fall Head Rolls (le plus rock).
The Fall - Hex Enduction Hour (Kamera, 1982, réédité en 2007 chez Sanctuary Que faire de John Lydon ?
Le NME, sur qui on peut toujours compter, a bien lancé une campagne pour faire monter "God Save The Queen" sur la première place des charts britons qui lui aurait été "volée" en 1977 (et c'est vrai que si les disquaires avaient tous accepté de vendre le disque, peut-être que...). Imaginez qu'ils y parviennent ça voudrait dire que... euh, les vieux punks ont de l'argent à foutre en l'air aujourd'hui ? John Lydon, transformé depuis quelques années en bouffon médiatique professionnel à plein temps, un peu comme Paris Hilton, s'est beaucoup mieux débrouillé pour faire parler de lui en choquant le bloggueur lambda avec des déclarations du style "Pour moi les Ramones n'ont jamais été vraiment punks, ils étaient plus proches de Status Quo" et "Je n'ai jamais aimé le Clash... et je ne l'ai jamais considéré punk". Les réactions en général ont été de l'ordre de "Oh mon dieu, comment ose-t-il ?" et "Pour qui se prend-il, ce vieux bouffon ?". Le mot d'ordre du punk, ça a bien toujours été le respect des vieux et des idoles, hein ? Généralement, je ris bien en lisant les déclarations de Johnny. Je suis aussi toujours autant fasciné par les gens qui, trente ans après, prennent encore les Sex Pistols au premier degré. Ils étaient une blague élaborée et géniale et chaque reformation ridicule, chaque réédition "trop abusée" sont un prolongement de cette blague. Leur film s'appelait "la grande arnaque du rock'n'roll", bon sang ! Le temps passe cependant et les meilleures blagues sont souvent les plus courtes (vous savez : six mois, un an). Une première reformation ? Très drôle. Une deuxième, je ris encore un peu. Et pourquoi s'arrêter s'il y a toujours des couillons pour croire qu'il y a quelque chose à dégrader, une légende à détruire ? Pourquoi monsieur Rotten ne ferait pas une apparition télé ridicule de plus ? Le message est toujours d'actualité, tant qu'il en reste pour s'outrer. Oui, mais le message, ceux qui veulent bien le comprendre l'ont fait depuis longtemps. Il serait peut-être temps de passer à autre chose, non ? John Lydon pouvait jouer au con tant qu'il voulait quand il produisait encore quelque chose d'un peu plus intéressant à côté. Aujourd'hui, on doit se demander : qu'est-ce qui différencie un type qui fait semblant en permanence d'un type sincère et honnête ? Dans le showbiz, rien du tout. John Cooper Clarke : prince des slammeursSalford, banlieue de Manchester, est avec Portland (USA) l'une des zones les plus riches en musiciens de génie au m2. Un homme, une drogue (des drogues), une voix : John Cooper Clarke ou l'un des princes du spoken word, art beat des Ginsberg et Orlovsky, devenu aujourd'hui et après de multiples re-créations : le slam. Voir John Cooper Clark sur scène faire claquer les mots dans sa langue anglaise originale ravale les Grand Corps Malade et Abd Al Malik au rang de joyeux farceurs. John Cooper Clarke qu'on aperçoit quelques dizaines de secondes dans son propre rôle, maquillé pour faire 25 ans de moins dans le film Control sur Joy Division, est une légende urbaine, un poète qui a les traits usés et marqués d'un Keith Richards, l'homme qui a scandé des vers, ses vers, ses textes devant des foules punk médusées et qui se surprenaient à l'acclamer et à sourire alors qu'elles étaient venues pour en découdre. John Cooper Clark est l'homme dont on envierait pas la place pour un trésor. La personne qui a joué les faire-valoir, parfois jeu égal, avec Joy Division, Elvis Costello, avec les Buzzcocks, Joe Strummer et évidemment |