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Au sein du hip hop, cet univers musical principalement peuplé d'hommes, on croise ici et là des artistes féminines.

Si on peut taxer le genre de machisme, on peut aussi s'enthousiasmer de l'existence d'un rap tenu par des femmes, ces "female MC's". Dédicaces à Missy Elliott, Queen Latifah et leurs copines, aussi talentueuses que leur équivalents masculins.

(Photo : anniversaire de Missy Elliott. Crédit David X Prutting / Patrick Mc Mullan pour SIPA.)


M.I.A. fait équipe avec le "Timbaland indien" pour Danny Boyle

Posté par Definitely Maybe le 24.11.08 à 11:16 | tags : news, rap féminin, uk

On pensait que le prochain film du britannique Danny Boyle serait la séquelle de Trainspotting. On a pensé à mal, puisque son huitième long métrage, qui sortira le 7 janvier 2009 en France, s'intitule Slumdog Millionnaire. Et ne se situe plus dans les banlieues craignos d'Edimbourg, mais en Inde. Scénarisé par Simon Beaufoy et tourné avec des acteurs de nationalité indienne uniquement, le Boyle a eu une idée de génie pour la musique de son film.

On lui reconnaissait un certain talent pour les bandes originales de ses oeuvres (aaahh, "Born Slippy" d'Underworld dans Trainspotting, Brian Eno dans 28 jours plus tard...), mais pour Slumdog Millionnaire, qui raconte en gros les aventures d'un pauvre graçon malchanceux qui devient tout à coup milliardaire, Boyle a fait appel à une pointure : la délurée M.I.A..

La fofolle anglaise d'origine sri-lankaise a collaboré avec celui qu'elle appelle "le Timbaland indien" (alias A.R Rahman de son vrai nom) pour la réalisation de la B.O du film de Danny Boyle. Et on ne doute pas une seconde de la qualité du résultat, puisque le monsieur a déjà travaillé avec M.I.A. sur l'excellent Kala. La B.O de Slumdog Millionnaire, qui sortira le 23 décembre outre-Atlantique (mais qui sera disponible sur Internet dès la fin de ce mois), contiendra un remix exclusif du tube "Paper Planes" et une chanson inédite intitulée "O...Saya". A la limite, le film, on s'en fout un peu. Mais la B.O... On a grand hâte, surtout si c'est aussi Kitsh-chic-ssime que "Jimmy" !



Yo Majesty et Franz Ferdinand dynamitent La Cigale

Posté par Slick Rick le 14.11.08 à 15:05 | tags : hip hop, live, pop, rap féminin, rock

Belle affiche au festival des Inrocks, en ce 13 novembre : Get Well Soon, Yo Majesty et Franz Ferdinand jouent dans la même petite salle, La Cigale. Aucun rapport entre ces trois groupes, si ce n'est qu'ils sont indés, bien reçus par la critique en général...Et c'est tout. Vive l'eclectisme !

 

Le set de Get Well Soon, que j'ai consciencieusement "révisé" sur son MySpace avant de venir, s'annonce intéressant. Il a une jolie voix, ce méchu mélancolique de Konstantin Gropper. Mais la théâtralité ténébreuse du Teuton, qui s'échine à surligner chaque trémolo, chaque envolée lyrique, chaque soupir ému, est assez agaçante. Tout comme l'accompagnement à trompettes "mariachi style", répétitif et lourdingue à la longue : comme si Radiohead avait avalé un Calexico de travers, éructant une soupe grandiloquante... Quelques déchainements noisy n'y changeront rien : je m'ennuie ferme.

 


Léthargique, le public à dominante rock (venu majoritairement pour Franz Ferdinand) prend alors une énorme torgnole hip hop dans la figure. Une mandale qui a pour nom Yo Majesty. Les vociférantes Shunda K and Jwl. B cueillent la Cigale à froid, avant de conquérir la salle par la force, avec leur hymnes electro-crunk imparables. Quel bonheur ! Véritable ouragan verbal, Shunda K, coiffée d'une casquette touristique de Paris, rappe le plus vite possible, tandis que Jwl B, toutes tresses dehors, trémousse son corps agile et potelé, sous les coups de butoir des infrabasses infligées à nos mollets par le DJ David Alexander. Ca part dans tous les sens, hors de contrôle, brutal et sexy : "Kriptonite Pussy", "Club Action", "Blame it on a change", et le phénoménal "Fuck Da Shit"... Plus riot grrrl que jamais, la pétroleuse Jwl B achève sa danse electro-tribale par un joli strip à la Gossip. Paf, elle enlève le haut, le corps secoué de spasmes. Ce bombardement sans répit, épuisant, tétanisant, s'achève par la victoire par KO des deux meilleures MC du moment.

 

Franz Ferdinand n'aura pas à se donner la peine de séduire la salle, hystériquement acquise à sa cause depuis l'achat du billet. La vague orange, fluide et efficace, emporte tout sur son passage. Les chansons du deuxième album (faiblardes "Walk Away", "Do you Want To") n'atteignent pas les sommets du premier (géniales "Matinee", "Take me out", "40'"), mais pas grave, les Ecossais ont fière allure. D'ailleurs, everybody is pogoting, même le parquet. Oui, le sol de La Cigale, mobile, sans doute imaginé par un architecte amateur de trampoline, bouge aussi son boule. Et vous pouvez rester immobile dans votre coin, à faire genre "ouais Franz Ferdinand c'est surfait je reste impassible pour bien montrer mon dédain snob à ces cons d'auditeurs de Ouï FM", rien n'y fait : si une bande de djeunes déchaînés saute sur place dans la fosse, même loin...Et bien vous aussi. Vous pouvez même atterir sur la scène comme ça, trimballé par les soubresauts élastiques du sol, sans avoir bougé le petit doigt. Digne et suant, je choisis de pogoter volontairement.

 

Le France aime Franz Ferdinand... Très décontracté, Alex Kapranos - qui n'a pas oublié d'élaguer proprement sa contestable coupe au bol - se fait visiblement plaisir. Le mélange synthés 80's, guitares post-punk et choeurs 60's, charte esthétique du second LP, fonctionne a plein tubes. Une heure de concert, un rappel déchainé, un public ravi. C'était presque trop facile.







Where the ladies at ? #6 : Lady of Rage contre la machine

Posté par Edouard le 12.10.08 à 11:22 | tags : hip hop, rap féminin
Mouvement machiste par excellence, le Hip-Hop a toujours eu du mal à faire de la place aux filles. Ces dernières ont souvent dû se battre pour faire entendre leur voix. Playlist leur rend hommage dans cette série 100% ladies.
 

Rappeuse promise au succès sous la bannière Death Row, Lady of Rage aura finalement connu une carrière chaotique, entre espoirs déchus et traversée du désert interminable. Victime du machisme et de la descente aux enfers du label fondé par le sulfureux Suge Knight, l'ancienne protégé de Dr Dre espère réussir son retour au sein du collectif FEM (Females Earning Money). Mais à 37 ans, son heure est sans doute passée.

Malgré une discographie maigre comme un bras d'Amy Winehouse, Lady of Rage est souvent considérée comme LA représentante féminine du gangsta rap. Sans doute un peu par défaut, peu de rappeuses ayant donné dans ce sous-genre ultra-mysogine - hormis Yo-Yo, la protégé d'Ice Cube. Mais surtout parce que les quelques couplets qu'elle a claqué sur deux des albums les plus mythiques de l'histoire du rap, The Chronic de Dr. Dre et Doggystyle de Snoop Dogg, resteront à jamais dans les annales. Tout comme le puissant "Afro Puffs", probablement le seul titre solo de la miss qu'un auditeur de rap lambda saurait citer.

Problème, Robin Yvette Allen (son vrai nom) n'aura jamais eu l'occasion de capitaliser sur ce buzz. "Quand je suis arrivée, on m'a dit que mon disque suivrait The Chronic. Snoop a tellement explosé sur cet album qu'il était naturel qu'il soit le suivant. On m'a alors dit que j'arriverais après Snoop", déclarait-elle au site Raptalk.com en 2007. Mais Rage se fera encore doubler par Tha Dogg Pound. "Quand mon disque est finalement sorti, c'était dans la tourmente, l'Empire s'effondrait. 2pac avait été tué, Suge était sous les verrous, Dre parti et Snoop sur le point de le faire. Là-dessus, mon album est sorti sans promotion ni marketing, rien."

Résultat, Necessary Roughness (1997) fait un four. Destin cruel pour cette jeune rimeuse native de la Virginie qui s'apprêtait à enregistrer un disque à New-York sous la houlette de Chubb Rock quand Dr Dre l'a appelé pour l'inviter à rejoindre Death Row. Un couloir de la mort où elle végéta encore quelques années, restant liée par contrat jusqu'en 2003 et donc dans l'incapacité de signer pour un autre label. Même avec quelques apparitions aux côtés de Gang Starr (sur le remix de "You Know My Steez") ou Snoop, le retour à l'anonymat était inévitable. Un beau gâchis pour une des rares rappeuses à pouvoir rivaliser avec les mâles sur le terrain du hardcore.

Loin de baisser les bras, Rage fait son retour en 2005 avec la mixtape From VA 2 L.A.. Mais le rap féminin a depuis bien changé. Les Lil' Kim et autres Foxy Brown sont passées par là, et les female MCs du calibre de Lady of Rage n'ont malheureusement plus leur place dans le "rap jeu". Son projet d'album, Verbal Abuse, qui devait sortir en 2007 est encore dans les cartons. Et ce n'est pas en s'associant avec des rappeuses de seconde zone comme Amil, Babs Bunny et Lady Luck au sein du collectif FEM que ça va s'arranger.


Lady of Rage : Afro Puffs (1994)
 

 




Invincible : la rappeuse qui défie le Detroit d'Eminem

Posté par Slick Rick le 18.09.08 à 18:06 | tags : hip hop, rap féminin, vidéos musicales, youtube
Invincible - Sledgehammer
 
Invincible, un blaze qui claque, et en dit long sur la force que dégage cette jeune MC de 27 ans, blanche et lesbienne, née en Israël et engagée pro-Palestine. Ne pas se fier à son visage d'enfant : le flow s'avère saignant, made in Detroit. La ville...d'Eminem, auquel on est un peu forcé de la comparer compte tenu de notre paresse intellectuelle, certes, mais aussi de sa couleur de peau.


Car hormis un tempérament rageur et une technique de haut vol, le style de la dame n'a pas grand chose à voir avec les outrances narcissiques de son homologue masculin péroxydé. Ilana Weaver (sa mère ne l'a pas nommée Invincible) ne donne pas dans le tape-à-l'oeil. Ses sons, hypnotiques et sombres, sans refrain R'n'B, ne visent pas à prendre les charts d'assaut, mais bien à écraser la concurrence dignement. Sans jouer les biatches, ni les camionneuses. "Je m'efforce d'être une des meilleures de l'époque, rappe-t-elle, pas seulement une des meilleures avec des seins et des règles" ("I'm striving to be one of the best, period/Not just one of the best with breasts and a period").

 
Un style sobre et percutant, qui a plu à Talib Kweli, pour qui elle représente "l'un des plus talentueux MC qu'il n'a jamais croisé", toutes catégories (blanc/noir, homme/femme, etc.) confondues. Sur les traces lyricalles de Pharaoh Monch, la bluffante passionara de Detroit soigne son flow sur son premier album ShapeShifters, avec la poigne d'une pro. Et un esprit old school, engagé, "positif". Signée sur son propre label, Emergence Music, Invincible nous la fait en indé, avec des instrus locales bien senties : les Lab Techs sur "sledgehammer"(ci-dessus), Prod house sur "Locust" (assorti d'une vidéo-documentaire dénonçant la situation immobilière de la Motor City) ou encore Black Milk et Waajeed. Invincible, une rappeuse sans soute là pour durer.
 

Invincible feat. finale : Locust Part II



Where the ladies at ? # 5 : Un peu de respect pour Monie Love

Posté par Edouard le 27.08.08 à 08:19 | tags : hip hop, rap féminin
Mouvement machiste par excellence, le Hip-Hop a toujours eu du mal à faire de la place aux filles. Ces dernières ont souvent dû se battre pour faire entendre leur voix. Playlist leur rend hommage dans cette série 100% ladies.

Tombée dans le quasi-oubli propre aux stars de l'âge d'or du Hip-Hop, Monie Love a refait parler d'elle fin 2006 en se prenant le bec avec un certain rappeur nommé Young Jeezy. L'auteur de "It's A Shame" ou "Money In The Middle", reconvertie animatrice de radio à Philadelphie, recevait le jeune loup dans son émission et avait tenté de débattre avec lui autour de Hip-Hop Is Dead, titre controversé d'un album de Nas paru cette année-là. Insensible aux arguments de la miss, il lui avait balancé un dédaigneux : "Tu viens d'où ? Londres. Ok, je vois.", avant de quitter le studio. Apparemment, ce petit con de Jeezy ne savait pas à qui il avait affaire. Et pourtant.

Si Slick Rick "The Ruler" (le célèbre rappeur, pas notre chroniqueur star de playlist) a sévit avant elle, Simone Wilson aka Monie Love peut être considérée comme le premier artiste rap britannique à s'imposer au Etats-Unis. En effet, Ricky D. est né à Londres tout comme la miss, mais il arpentait les rues du Bronx dès l'âge de dix ans après y avoir déménagé avec sa famille et s'était donc fondé dans la masse. Love, elle, a fait ses débuts discographiques à London avant de venir envahir le marché US. Une performance assez rare pour être notée.

La traversée de l'Atlantique de Monie s'est faite en 1989 avec le concours de Queen Latifah, qui l'invita sur son hit féministe "Ladies First", lui ouvrant les portes du collectif des Native Tongues. Dans la foulée, elle posait sur les classiques de Jungle Brothers, "Doin' Our Dang", et De La Soul, "Buddy", puis décrochait un contrat chez Warner pour son premier album, Down To Earth (1990). Disque où l'on retrouve donc les perles "It's A Shame" et "Money In The Middle", toutes deux nommées aux Grammy Award. Son flow technique et sa petite touche british font mouche à l'époque. Ça ne va malheureusement pas durer.

En dépit de quelques titres bien sentis, et d'un deuxième album, A Word Or 2, produit en majorité par Marley Marl, Monie Love n'aura pu échapper aux destins des pionniers du rap, qui ont pour la plupart sombré au cours des années 90. Et voilà comment on se fait manquer de respect par un MC de la nouvelle vague du "coke rap" qui a vendu des millions de disques en se faisant appeler le "Snowman" (vendeur de coke). "J'espère pour lui qu'on se souviendra dans dix ans qui il est et d'où il vient", asséna Love sur le site hiphopgame, quelques semaines après l'incident.

Malgré sa traversée du désert, "Sister Love", elle, n'a pas été oubliée par Nas lorsqu'il se mis en tête de remixer son titre "Where Are They Now" en invitant des pionniers sur trois différentes versions. Monie fut ainsi convié au "90's remix", en compagnie de Father MC, Mike G. des Jungle Brothers, Do It All des Lords Of The Underground, Dray de Das EFX ou Dres de Black Sheep.

Aujourd'hui mère de quatre enfants, Monie Love a d'autres chats à fouetter et plus grand chose à prouver au monde du rap. Mais la passion, ça ne se contrôle pas. Et la vétéran ne semble pas avoir abandonné l'idée de signer son retour. Impliquée dans la True School Corporation du producteur 9th Wonder, projet dont le but est de remettre au goût du jour l'âge d'or du Hip-Hop, elle a ainsi annoncée l'an dernier qu'elle planchait sur un nouvel album qui serait réalisé par l'ex-concepteur de Little Brother. Young Jeezy n'a qu'à bien se tenir.

Monie Love : "It’s A shame" (1990)


Monie Love : "Monie In the Middle"



Where the ladies at ? #4 : Queen Latifah, de l'art de rue au 7ème art

Posté par Edouard le 16.08.08 à 12:25 | tags : hip hop, rap féminin
Queen Latifah époque afrocentristeMouvement machiste par excellence, le Hip-Hop a toujours eu du mal à faire de la place aux filles. Ces dernières ont souvent dû se battre pour faire entendre leur voix. Playlist leur rend hommage dans cette série 100% ladies.

Passer du Hip-Hop tendance Zulu Nation à Hollywood, des combos avec KRS-One et De La Soul aux collaborations sur grand écran avec Catherine Zeta-Jones et Gérard Depardieu, pour se découvrir sur le tard en "crooneuse" de jazz façon Nina Simone, tel est le destin singulier de la reine des female MC's, miss Dana Elaine Owens aka Queen Latifah. Une touche à tout qui n'a pas fini de nous surprendre.


Avant de reprendre le rôle de Sami Naceri dans le remake américain de Taxi, ou de donner sa voix à Ellie le Mamouth dans l'L'Age de glace 2, Queen Latifah aura donc connu une première vie de rappeuse. Et pas n'importe laquelle. Auteur, entres autres, de deux albums majeurs du rap féminin (All Hail The Queen et Black Reign), proche de la Zulu Nation d'Afrika Bambaataa et du Native Tongue de Jungle Brothers, De La Soul et ATCQ, responsable du décollage de la carrière de Naughty by Nature, le cursus de Latifah impose le respect.


La native de Newark, New Jersey, prend le train du Hip-Hop dès le Lycée au sein du groupe Ladies Fresh. Le temps d'intégrer le Flavor Unit de DJ Mark The 45 King, qui glisse sa démo à Fab Five Freddy, présentateur de l'émission culte Yo ! MTV Raps. Nous sommes en 1988. Elle signe chez Tommy Boy, label phare du Hip-Hop, et sort un an plus tard son premier long format, All Hail The Queen, qui casse la baraque dans le sillage du single "Ladies First", en duo avec la rappeuse anglaise Monie Love.


Latifah et Depardiou dans Vacances sur OrdonnanceSi les Roxanne Shanté, Salt-N-Pepa et autres MC Lyte ont sévit avant elle, Latifah amène le rap féminin à un autre niveau de par la maturité de ses textes et une conscience politique au dessus de la moyenne, influencée par les préceptes afrocentristes de la Zulu Nation (d'où le préfixe Queen accolé à son surnom Latifah). Mouvement aujourd'hui obsolète mais qui aura marqué la philosophie de la première ère du Hip-Hop avec un mot d'ordre salutaire à une époque où la guerre des gangs faisait rage : "transformer l'énergie négative en énergie positive." Message que l'on retrouvera sur un des autres classiques de la Queen, "U.N.I.T.Y.", figurant sur son troisième album (Black Reign, 1993).


Il n'est donc pas tout à fait étonnant que la carrière de MC de Latifah n'ait pas vraiment survécu à la fin de cet âge d'or. Après un dernier disque rap passé à peu près inaperçu, Order In The Court (1998), elle se lancera corps et âme dans le métier d'actrice, avant de revenir avec deux albums de chant. Sans doute parce qu'elle ne se reconnaissait plus dans ce mouvement Hip-Hop qui avait perdu son esprit d'ouverture pour devenir un monstre cynique, véhiculant les pires clichés. Pas l'idéal pour une femme qui n'aura jamais pu assumer son homosexualité (supposée) dans ce milieu et est surnommée "King Latifah" sur les blogs people.


"
C'est insultant de demander à quelqu'un ‘êtes-vous gay", répondait Latifah dans son autobiographie parue en 1998 après que son rôle de braqueuse lesbienne dans Set if Off (Le Prix à payer) a réveillé les soupçons. "Une femme ne peut pas être forte, dire ce qu'elle pense, être compétente et gérer son propre business, se défendre toute seule, jouer un rôle dans un film de manière convaincante, savoir ce qu'elle veut - et l'obtenir - sans être gay ?" Apparemment pas dans le Hip-Hop.

Queen Latifah feat Monie Love : "Ladies First" (1989)

 
Queen Latifah featuring Al Green : "Simply Beautiful" (2004)
 



Where the ladies at ? #3 : MC Lyte a toujours la flamme

Posté par Edouard le 09.08.08 à 09:32 | tags : hip hop, rap féminin

Mouvement machiste par excellence, le Hip-Hop a toujours eu du mal à faire de la place aux filles. Ces dernières ont souvent dû se battre pour faire entendre leur voix. Playlist leur rend hommage dans cette série 100% ladies.

 

Considérée par certains comme la meilleure rappeuse de tous les temps, MC Lyte aura connu un fort succès d'estime au cours de l'âge d'or du Hip-Hop avant de décliner au milieu des années 90 après s'être compromise dans les guimauves R&B. Malgré une traversée du désert qui dure depuis dix ans - et n'est pas tout à fait terminée -, la b-girl de Brooklyn n'a pas renoncé à la pratique de sa passion et tente actuellement un énième come back au sein du groupe Almost September.


De toutes les female MC's qui ont essuyé les plâtres du rap féminin, celle que l'état civil connaît sous le nom de Lana Michele Moorer est sans problème la recordwoman de la longévité et de la productivité avec sept albums studio à son actif. Plus de 20 ans après ses débuts discographiques remarqués sur le single "I Cram To Understand U (Sam)" (1986), où elle racontait l'histoire d'un petit ami accroc au crack, la petite sœur du duo Audio Two a toujours faim de micro. Là où Roxanne Shanté est devenue psychologue, Salt de Salt-N-Pepa mère de famille born again et Queen Latifah actrice dans des films comme le remake américain de Taxi !


Si on l'avait plus ou moins abandonnée sur son dernier album notable, le peu convaincant Bad As I Wanna Be, et un tube calibré ("Cold Rock A Party") par P. Diddy et assisté par Missy Elliot, il faut rappeler que la carrière de MC Lyte ne se résume pas au remuage de popotin. Bien au contraire. Dès son lancement dans la fosse aux lions à l'âge de 15 ans, la jeune fille s'est imposée comme une experte en storytelling, style notamment popularisé par Slick Rick qui consiste à faire voyager l'auditeur dans des histoires fictives ou réelles. Ce en écrivant elle-même ses textes, contrairement à pas mal de rappeuses de sa génération.


Auteur de nombreuses chansons engagées sur le thème du sida ("I Ain't Having That"), de la violence ("Cappucino"), Lyte savait aussi donner dans l'exercice de style ("Paper Thin" "Cha Cha Cha", "Ruffneck", que des classiques) ou remettre en place ses impétueuses collègues ("10 % Dis", "Shut the Eff Up (Hoe)", "Steady Fucking"). Un palmarès qui lui a valu d'être distinguée lors des Hip-Hop Honors organisé par la chaîne VH1 aux côtés de Rakim, Afrikaa Bambataa, des Beastie Boys et du Wu-Tang Clan. La classe.


Almost September, le nouveau groupe formé par MC Lyte


Textes féministes, flow aiguisé et look de garçon manqué, il n'en fallait pas plus pour que Lyte soit soupçonnée d'en pincer pour les filles. Accusation reprise par Antoinette et Roxanne Shanté ("Quelqu'un peut lui dire d'arrêter de se prendre pour un homme", "Big Mama"), les deux rappeuses avec qui elle eut maille à partir dans les années 80. Une rumeur récurrente pour les female MC's.


A trop vouloir se mettre à la page du rap jiggy au milieu des années 90, MC Lyte s'est donc malheureusement fourvoyée, et a fini par rejoindre le placard des vétérans jugés trop ringards. Au point de devoir sortir son dernier album en date, Da Underground Heat Vol.1 (2003), sur un vulgaire label indé avec un buzz quasi inexistant, après avoir tenté une carrière d'actrice sans grand succès. Pis, le plutôt bon single "Wonder Years" (2006), produit par DJ Premier, a été ignoré. Et l'album qui devait suivre, Back To Lyte, attend toujours de sortir.


En 2008, pourtant, le vent semble tourner pour la pionnière aujourd'hui âgée de 36 ans. Lors d'une séance studio pour un album de Macy Gray, qui ne s'est finalement pas pointée, Lyte a fait la rencontre de deux producteurs, Whitey et Jared Lee, avec qui elle forme un combo Hip-Hop/soul, Almost September. Leur disque est en vente sur itunes et les deux premiers extraits, "Beautiful" et "Love", avec KRS-One et Sleepy Brown, bénéficie d'un bon accueil dans les réseaux parallèles. Revenir dans la lumière, MC Lyte n'attend que ça.


MC Lyte : "Paper Thin" (1988) :




Almost September featuring KRS-One et Sleepy Brown : "Love" (2008)




Where the ladies at ? #2 : Salt-n-Pepa, sexe, Hip-Hop et religion

Posté par Edouard le 02.08.08 à 09:22 | tags : hip hop, rap féminin
Mouvement machiste par excellence, le Hip-Hop a toujours eu du mal à faire de la place aux filles. Ces dernières ont souvent dû se battre pour faire entendre leur voix. Playlist leur rend hommage dans cette série 100% ladies.


Peut-être inspiré par la téméraire Roxanne Shanté, dont je vous contais les aventures dans le premier volet de notre série consacrée aux rappeuses, le trio Salt-N-Pepa a fait ses débuts discographiques en s'en prenant ouvertement à des collègues du sexe masculin. Et pas n'importe lesquels, Dougie Fresh et Slick Rick, auteurs du classique "The Show". Moins mémorable que le "Roxanne's Revenge" de Shanté, la réponse des jeunes fille originaires du Queens, "The Show Stopper", où Rick était notamment moqué pour son look et sa "fausse dent en or", leur permit tout de même de faire une entrée remarquée dans le milieu.

Comme souvent dans le Hip-Hop, un homme se cache derrière les rappeuses. Hurby "Luv Bug" Azor, en l'occurrence, alors petit ami de Salt et futur producteur de Kid N Play. Un téléguidage qui n'empêchera pas Salt-N-Pepa de développer un discours féministe sur leur premier album, Hot, Cool & Vicious (1986), à l'image du titre "Tramp", qui tournait en dérision, clip à l'appui, les mecs qui prennent leur désirs pour des réalités.

Sexy, drôle et engagé, Salt-N-Pepa tient une formule imparable. D'autant que le groupe n'hésite pas à donner dans le crossover pop ou R&B. Ce qui fera grincer les dents des puristes Hip-Hop mais assurera au groupe le succès à long terme. Après un deuxième disque décevant, A Salt With a Deadly Pepa (1988), qui vit Dee Dee intégrer le groupe, le trio fait ainsi mouche avec l'universel "Let's Talk About Sex", tiré de l'album Black's Magic (1990). Sans être vraiment sulfureux, le titre brise quelques tabous et enflamme autant les dancefloors que les soirées pyjamas.

Passée du look leggins, veste en cuir oversize et permanente années 80 à des tenues plus suggestives, c'est en femmes fatales qu'elle font leur retour en 1993 avec Very Necessary et le titre "Whatta Man", pour lequel elles invitent les chanteuses d'En Vogue. Le son est un brin édulcoré et l'image plus glamour, mais le flow toujours acéré. Résultat, 6 millions d'albums vendus de part le monde, et un Grammy Award de la "Meilleure Performance Rap" pour le titre "None Of Your Business". Une première pour un girls band rap.

Malgré cette immense succès, la carrière de S&P va s'effondrer en moisn de temps qu'il ne faut pour le dire. En pleine promo de Brand New (1997), leur maison de disque fait faillite. Salt, qui commence à se poser des questions sur le chemin qu'elle veut donner à sa vie profite de la rupture de leur contrat pour jeter l'éponge. Un départ qui scelle la fin de l'aventure, officialisée en 2002.

La tentative de reformation mise en scène dans le Salt-N-Pepa Show, diffusé entre 2007 et 2008 par VH1 et interrompu au cours de la seconde saison, n'aura fait que rendre public les dissensions irrémédiables au sein du groupe. "Ces chansons ont été faites à une époque de ma vie où j'exprimais ce que je ressentais en tant que la personne que j'étais alors. Aujourd'hui, en tant que chrétienne, mère et épouse, ce n'est pas ce que j'ai envie de dire", déclara la "Born Again" Cheryl Wray aka Salt en marge du show. Salt-N-Pepa, lui, ne renaîtra pas.



Where the ladies at ? #1 : Les batailles de Roxanne Shanté

Posté par Edouard le 29.07.08 à 15:13 | tags : hip hop, rap féminin, rigolo, usa, youtube

Mouvement machiste par excellence, le Hip-Hop a toujours eu du mal à faire de la place aux filles. Ces dernières ont souvent dû se battre pour faire entendre leur voix. Playlist leur rend hommage dans cette série 100% ladies.

 

Quand on parle musique, le prénom Roxanne fait généralement référence à la célèbre chanson éponyme de The Police qui raconte l'histoire d'une prostituée du Sud de la France. Pour tout fan de Hip-Hop qui connaît ses classiques sur le bout du doigt, il évoque surtout une pionnière du rap au féminin, Roxanne Shanté, qui connut son heure de gloire dans les années 80 en bottant le cul de ses collègues masculins.


Si les Lil' Kim et autres Missy Elliot jouaient les castratrices dans les 90's, une gamine de 14 ans faisait déjà la nique aux machistes Hip-Hop à l'époque où le mouvement n'en était encore qu'à ses balbutiements. C'est en effet à ce tendre âge que la petite Lolita Shanté Gooden a explosé à la face du rap en s'attaquant au groupe UTFO et son tube "Roxanne, Roxanne". Kangol Kid, Educated Rapper Doctor Ice y racontaient leurs vaines tentatives de séduire une jeune fille nommée Roxanne. Ce qu'ils n'avaient pas prévu, c'est qu'elle allait se personnifier pour les humilier en public.


Chaperonnée par le légendaire DJ Marley Marl et les membres du Juice Crew, la fly girl du Queens se paie donc la tête du trio sur "Roxanne's Revenge" (1984). Le succès est immédiat (250 000 copies écoulées à New York). Shanté se produit un peu partout dans le pays et une centaine d'autres réponses fusent dans les bacs signées par "The Real Roxanne", "Roxanne's Brother" ou "The Parents of Roxanne". Les "Roxanne Wars" sont le premier clash sur disque d'une telle ampleur et précèdent les fameuses "Bridge Wars" qui opposeront peu de temps après le Juice Crew au BDP de KRS-One.


A vrai dire, le culot et la verve de Roxanne n'avaient guère de limites. Epinglée par KRS dans "The Bridge Is Over" en tant que membre du Juice Crew ("Roxanne Shanté is only good for steady fucking"), elle n'hésitera pas à s'attaquer au Blastmaster en personne sur "Have A Nice Day" (1987), comparant même son nom (KRS-1) à ce lui d'une "station de radio pourrie", à une époque où Kris pouvait stopper une carrière en quelques rimes. Un peu plus tôt, elle avait même cité LL Cool J, Kurtis Blow ou Run DMC sur le titre "Bite This" (1985), s'imposant sans doute comme la première rappeuse féministe et un des talents les plus précoces de l'histoire du Hip-Hop. Même si, ironie du sort, bon nombre de ses textes ont été écrits ou co-écrits par des hommes.


Bien sûr, sa carrière s'écourta au tournant des années 90 et son dernier titre important, "Big Mama" où elle s'en prenait violemment à ses concurrentes (MC Lyte, Monie Love, Queen Latifah), était une attaque plus aigrie que subtile. Mais Roxanne Shanté reste donc la première référence des female MC's et un acteur respecté du mouvement encore actif malgré son diplôme de docteur en psychologie. Une reconversion qui lui a peut-être permis de comprendre pourquoi elle en voulait autant aux hommes...

Les "Roxannes Wars" dans le DVD Beef :





Yo Majesty : attention, tornade electro-hip hop

Posté par Slick Rick le 20.07.08 à 12:38 | tags : électro, hip hop, punk, rap féminin, vidéos musicales, youtube


Imaginez un croisement d'ESG, The Gossip et Salt-N-Peppa. Ajoutez un peu de grime, de dubstep, de riot grrrl et de rage hip hop. Vous obtenez un truc de ouf : Yo Majesty ! Hyper péchues, Shunda K and Jwl. B revendiquent leur pétulante féminité à coup de bombes booty jubilatoires comme "Kriptonite Pussy" ou "Hey there girl". On pense à "Caught on there" de Kelis, mais sans les tenues sexy. Des Bikini Kill version hip hop si vous voulez. Les deux pétroleuses de Floride foncent dans le tas, crachent leurs acrobatiques lyrics à la Missy Elliott sur des instrus electro-punk-dub addictives, entre Diplo, Burial et les Neptunes. Voilà pour le name dropping.

Regardez plutôt ces deux clips, l'hilarant "Hustle Mode" (ci-dessous) qui pastiche les poses macho de certains rappeurs, avec un classe internationale, ou le "Monkey" ci-dessus, ébouriffant grime crunky. Yo Majesty est du genre à vous prendre par la peau des fesses pour vous jeter sur le dance floor à coup d'infra-basses coriaces et salaces. "Prêt à oublier tout ce que vous connaissiez ? C'est le moment, dit le Myspace des deux rappeuses. "Désormais, levez-vous et n'ayez pas peur !" M.I.A et Santogold peuvent se faire du souci, les Yo Majesty investissent les clubs, les garages et les block parties... En force et en même temps. Leur album (Futuristically Speaking… Never Be Afraid) est attendu en septembre. Alors, dude, prêt à faire exploser ton ghettoblaster ?




Rendez-nous Lauryn Hill !

Posté par Kris le 10.07.07 à 16:14 | tags : hip hop, live, pop, rap féminin

Comme je le disais donc plus tôt, l'attraction majeure du festival de Solidays 2007 était évidemment Lauryn Hill. Pour ma part, les derniers échos que j'avais eu de la diva soul était son apparition avec Wyclef et Pras des Fugees dans le Dave Chappelle's Block Party sorti il y a deux ans. Lauryn Hill était donc sortie de son pétage de plomb artistique et médiatique ("Pendant deux ou trois ans, je me suis écartée de toute interaction sociale"). Pourtant sur cette grande scène de Solidays où le public était là pour elle, sans aucun autre concert simultanément, Lauryn Hill déchante. On avait gardé en mémoire la magnifique voix de Lauryn sur "Doo-Wop", "Ex-Factor" ou "To Zion", on avait vibré face à l'émotivité et la fragilité de la jeune artiste et sa guitare sur le MTV Unplugged 2.0. Pourtant, c'était il y a presque 10 ans de cela qu'est sorti The Miseducation Of Lauryn Hill, et d'ici, on n'avait pas vu les ravages du temps faire son effet, on avait toujours en tête cette jeune et fraîche artiste, figure de proue d'une culture urbaine, certes promulguée par MTV et consorts.

Car sur scène débarque une intruse, une violation de la mémoire collective. Le choc est un peu rude. Sur une annonce surréaliste en anglais puis français, que l'on croirait tout droit sorti de Rocky IV ("Mesdames et messieurs, voici Miiiiss Lauryyyyn Hiiiiiiill !!"), déboule une allumée surexcitée, un mélange de Macy Gray et Yvette Horner en imperméable qu'elle ne quittera plus. Devenue excentrique, sa musique en a également pris un sacré coup. Lauryn Hill ne chante plus, elle rappe, elle gueule, elle jappe, elle ... en fait trop. Métamorphosée en toaster, rappeuse, celle qui se produit devant nous n'est plus celle qui pleurait sur sa guitare, celle dont la voix faisait trembler. En soi le concert n'était pas mauvais, quelques bons moments, mais entendre "To Zion" ou "Doo-Wop" se faire autant massacrer fait mal.

Finalement, après plus d'une heure de set, il faut bien se rendre à l'évidence. Lauryn Hill n'est plus. MC Lauryn Hill est en revanche. Mais on se rend bien compte que la personne a totalement englouti l'artiste qu'était Lauryn Hill. La vingtaine dans les années 90, elle était une jeune adulte en proie à ses craintes, à ses démons, qu'elle exorcisait magnifiquement dans sa musique. La trentaine dans les années 2000, après un break total et surtout l'éducation de ses quatre enfants, elle est devenue une mère craintive, paranoïaque du monde qui l'entoure, protectrice de ses enfants envers le monde malade qui les entoure, pour eux, elle devait être forte et inébranlable. Jeune, elle était fragile et émotionnelle, vulnérable et à fleur de peau ("J'ai dû me confronter à mes peurs et dominer chacune de mes pensées démoniaques à propos de mon inferiorité, de la peur d'être noire, jeune et talentueuse dans une culture occidentale"). Depuis, elle ne l'est plus. Le monde phallocratique qu'elle redoutait tant et sur lequel elle crachait si ardemment a fini par l'engloutir, en la transformant en homme, solide, droit et fier, troquant sa fragilité pour une arrogance et une aggressivité surfaite, rappant et grognant au lieu de chanter, Busta Rhymes avec une perruque quoi.

"Les enfants sont sans passé et c'est tout le mystère de l'innocence magique de leur sourire" a écrit Milan Kundera. Le monde a changé le sourire de Lauryn Hill, et pourtant c'était l'une des meilleures d'entre nous.




Diam's, Jamel, casting de rêve pour hip hop frelâté

Posté par Flyer le 17.10.06 à 13:13 | tags : hip hop, people, rap féminin, rigolo, vidéos musicales



La leçon du jour de Diam's :
Le mot "diamant" est une rime merveilleuse, qu'on peut utiliser par paquet entier sans problème.
Preuve ci-dessus.
(et un grand merci général à David Koresh !)





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