De la moiteur à l'incandescence (JOUR 010)Posté par éèëê le 04.07.06 à 11:25 | tags : live, rigolo, électro, siestes électroniques, mp3, remix, musique, audio
Où nous retrouvons éèëê, parachuté à Toulouse pour les Siestes Electroniques... Entre deux roupillons et trois verres, voilà ce qui se tramait dans la capitale du Sud Ouest.
I. Moiteur. Les réflexes, forgés par les ans, emplissent d'un parfum de retrouvaille le parc Raymond VI. Ici on se repose (quand le niveau sonore le permet), on papote avec les amis amassés autour des jus de fruits. Les plus organisés sortent leur dinette d'insondables sac-à-dos. Zonards et filles en goguette dont les expressions faciales disparaissent sous le maquillages ; bambins rieurs et quinquagénaires vaguement dubitatifs. Et la musique, évidemment. Tellemake ouvre le bal immobile de ses samples graves - "sinistres", arguent mes volubiles voisines. Electronica arythmique, cordes triturées et paysages sonores désolés, le premier set sera le moins accessible de la journée. L'écoute ne peut se contenter de la paresse, c'est dans ce paradoxe que les Siestes ont forgé leur caractère. Puis survient une intrusion acoustique : A Hawk and a Hacksaw, projet klezmerisant du batteur actuel de Broadcast. Gentiment mené par l'homme orchestre (accordéon, batterie, grelots) et sa compagne (?) au violon, le second volet de l'après-midi vaut surtout pour les acrobaties loufoques du batteur, qui s'est greffé sur un chapeau ou sur le genou des baguettes afin de frapper cymbale et rimshot. Certes, les instrumentaux ne brillent pas par l'originalité du traitement des thèmes juifs ou tziganes, mais la prestation garde son aspect sympathique. L'air s'épaissit, on brûle sous les nuages toulousains lorsque c'est au tour de Toshiyuki Yasuda de prodiguer ses chansonettes bossa nova surannées. Cet homme vénère de façon égale les tics musicaux sud américains et son vocoder. De légère et rafraichissante, sa prestation monotone devient ennuyeuse - ouf ! les potes ont ramené des bières. Justus Koehnke ferme l'éclectique programmation avec un set pile poil entre électro minimaliste et virgules club : un régal !!! 20h45, fin abrupte de la musique. L'équipe nationale doit en découdre. II. Bouffée de chaleur. Dix heures ont passés et la foule a crié très fort au Capitole. III. Incandescence. Pour les assoiffés de danse, rendez-vous était donné au Liquid Club pour une soirée électro-booty bass alléchante. Contre un billet rose (clin d'oeil géographique?), les plus déchaînés des siesteux ont remué leur popotin au son de France Copland, Modeselector ou encore Koyote & Goon. Les premiers se sont montrés assez peu communicatifs avec un parterre en nage (il devait faire environ 235° ce soir-là). Leur live électro n'a pas complètement captivé, mais l'envie de décharger les tensions accumulées lors du match France-Brésil était solide. Les allemands de Modeselektor ont, à l'inverse d'un match de la Mannschaft, proposé un set frénétique et redoutablement génial. Nappes jouissives, montées de beats ragga, hip hop ou house, vocaux de TTC hachurés, les clubbers ont hurlé à la mort pendant une heure. Certains ont définitivement éliminé leurs toxines avec Koyote & Goon, mais pour moi c'était : "Vous soufflez tant que vous entendez le signal sonore... Merci. Vous avez la carte grise du véhicule ?" Who's just wanna have fun ? 101 tubes des années 80 en gracieux download, pour se déhancher comme un damné en ce lundi morne et triste. Il y en a pour tous les goûts, du "Beat it" de Jacko (que j'écoute en ce moment) à Cindy Lauper en passant par "The rythm of the night" à travers les New Kids on the Bloc et Devo. La fulgurance du n'importe quoi, parfois traversé de génie, c'est les années 80. Proverbe du lundi matin : "Il n'y a que les gens ennuyeux qui s'ennuient". |
Discussions en cours sur le forum musique :
|