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Tous les billets consacrés à cette hérésie musicale qu'est le R'n'B...
James Brown était un indien
"Une nuit de l'été 2001, après qu'il l'ait recouverte de vaseline ("Il vous aimait complètement graissée",d it-elle. "Comme une côte de porc") et épuisée en essayant de jouir, il abandonna et quitta la pièce et Gloria s'est endormie. Quand elle s'est réveillée, M. Brown était debout au pied du lit, un long manteau de vison sur son torse nu, un chapeau de cowboy noir et un pantalon de pyjama en soie dont une jambe était fourée dans une botte de cowboy et l'autre pendait. Il avait un fusil à l'épaule et une bande blanche de crème sous chaque opeil. "Je suis un indien ce soir, bébé" annonça-t-il. "Viens, on va leur en donner." Puis il a laissé tomber un bocal de pièces sur le sol, lui a dit d'attraper une machette et est parti vers le garage. Il a pris la Rolls, conduit dix miles vers Augusta en zig-zaguant tout le long de la route, shootant des boites aux lettres, fumant encore plus de dope et criant qu'il était un indien."
J'ai hate de voir comment ils vont édulcorer ça dans le biopic. James Brown a été élevé dans un bordel. il considérait les femmes commes des objets, laissait même des "assistants" s'occuper des préliminaires. Il a aussi passé sa vie défoncé, se faisait régulièrement arrêté pour possession ou pour les comportements violents qu'entrainaient ses abus. Dans les biopics hollywoodiens de ces dernières années, l'idée principale est que ces types dont on nous parle ont le droit d'avoir plus de talent et plus de succès que nous parce qu'ils ont beaucoup souffert, ce qui leur donne aussi le droit de se droguer un peu et d'être un peu un salaud avec leur femme... du moment qu'ils finissent clean et gentils. James Brown ressemblait plus à un personnage de Scorcese. Aux dernières nouvelles Spike Lee devait faire le film, on peu espérer qu'il ne nous livrera pas une version trop expurgée du film mais avec toutes les personnes qui risquent de poursuivre le studio si elles n'aiment ce qu'elles voient d'elles à l'écran, on peut parier que les avocats du studio regarderont de près le scénario. Il va falloir marcher sur des oeufs. Albums Cultes des Géants du Normal #6 : Janet Jackson - Control
Control est son troisième album mais on peut le compter comme le premier pour pas mal de raison. Déjà, c'est le premier à être bon. Le premier aussi, ce n'est pas une coïncidence, qu'elle enregistre après s'être libérée de l'emprise de son père (personne n'a besoin que je lui explique que papa Jackson était un peu "sévère") et le premier qui lui permet de sortir de l'ombre de Son Frère et de celle de ses autres frères et soeur même, c'est dire si elle partait de pas bien haut. D'où le titre "control" qui veut dire "contrôle" et le thème de l'émancipation joyeuse qui parcourt le disque. Si j'écrivais pour une émission musicale de M6, je raconterais certainement que Control est une étape majeure de l'émancipation de la femme dans la musique pop à une époque où elle était encore attachée à ses fourneaux (le disque est sorti en 1986) mais en dehors de quelques neuneus persuadés que les Spice Girls ont inventé le féminisme, personne ne devrait entendre ce disque comme plus que l'innocente et adorable affirmation d'une gamine.
Voilà, c'est fait... On peut maintenant parler des auteurs, ceux qui ont conçu cet écrin pour la personnalité de la chanteuse : Control est l'oeuvre avant tout des producteurs Jimmy Jam et Terry Lewis, deux anciens protégés de Prince (on ne reste jamais longtemps le protégé de Prince) dans le groupe The Time. Ils ont bien retenu les leçons de Prince et concocté un album de R&B funky et pop presque entièrement joué au synthé. De bons vieux synthés eighties qui perdraient leur temps à tenter de sonner "naturel' et qui repousseront plus d'un auditeur d'aujourd'hui. Ils sont partout, de l'ouverture funk robotique de la chanson titre à la sensualité de papier glacé du R&B des derniers morceaux en passant par la pop plastique du milieu. Car en plus le disque est véritablement séquencé aussi simplement et clairement que ça et, curieusement, ça marche.
Alors que Janet est en pleine tentative de retour après le nipplegate et quelques albums calamiteux, ce n'est pas forcément une bonne idée de réécouter Control : il nous rappelle des temps plus innocents (dans "Control" elle chante "prenons notre temps", aujourd'hui elle chante qu'elle est "massive comme le premier jour des règles") et une réussite qu'on répète une fois (l'album suivvant Rhythm Nation 1814), pas deux. Allergique à Sean Paul
Selon le site du Daily News, un jour Stacey Gayle a réalisé que ses crises en apparence imprévisibles étaient en fait causées par la chanson "Temperature" de Sean Paul (mais aussi "Umbrella" de Rihanna et "Beautiful Girls" de Sean Kingston, autant de chansons difficiles à éviter). Elle souffrait en fait d'un cas très rare d'épilepsie "musicogène". Il n'y aurait que cinquante à cent cas repertoriés par la médecine moderne. Stacey Gayle est allée voir un neuro chirurgien plutôt dubitatif. Elle a lancé la chanson de Sean Paul et a provoqué devant lui une crise pour lui ôter le moindre doute. Le neurochirurgien lui a enlevé un petit bout de son lobe frontal et depuis mademoiselle Gayle dit être enfin capable d'apprécier la chanson de Sean Paul. Moi je n'aime toujours pas "Temperature" mais j'imagine qu'il serait de trop mauvais goût pour moi de suggérer qu'il faudrait me lobotomiser pour me faire aimer le reggaeton. Je dirais donc juste que même si je veux bien céder du terrain sur Diam's, même moi j'ai mes limites. Erykah Badu de pochette en pochette
Fin Février, Nu Amerykah Part One : Fourth World War sera le premier album d'Erykah Badu depuis Worldwide Underground en 2003 (et encore, il n'était pas censé compter comme album, juste comme Ep malgré ses 50 minutes). J'ai entendu les premiers leaks par la fenêtre d'une voiture voilée qui est passée devant moi à toute allure sans que j'ai le temps de relever son numéro, et le disque s'annonce plutôt bien. Dans le clip du premier single "Honey", produit par 9th Wonder, on la retrouve en plein délire soul-funk 70's comme d'habitude mais avec un côté plus léger, chaleureux et ludique qu'à l'accoutumée dans la voix, les mots et les images. Ce n'est pas déplaisant du tout. Bon, maintenant, avez-vous reconnu toutes les pochettes pastichées ? Sheryfa Luna : la possibilité d'un RnB français ? Il y a quelques temps tournait dans les milieux...alternatifs, une blague immonde. Qu'y a-t-il de pire que le RnB ? Réponse : le RnB français. (rires) Heureusement pour nous, M6, responsable de l'excellent programme (documentaire) PopStars et accessoirement ancienne machine à clips, s'était promis de remédier à cette horrible réalité en nous offrant un candidat télé-réel susceptible de concurrencer les Américains sur leur propre terrain : celui de la musique. A l'issue d'une longue sélection mais d'un niveau plutôt faible, le jury, parmi lequel le producteur historique du NTM, l'estimable Sébastien Farran, et la poudreuse Ophélaï Winter, sortait de son chapeau une candidate enceinte à l'insu de son plein gré, Sheryfa Luna. La très jeune femme se trouvait ainsi investie de la lourde charge : faire du RnB français quelque chose d'aussi percutant, sensuel et professionnel que le RnB international. Sorti quelques mois plus tard, l'album éponyme de Sheryfa Luna n'est pas loin de remplir son contrat.L'album confirme que le RnB est avant tout affaire de production. La structure qui est derrière Sheryfa Luna assure une mise en musique efficace, dernier cri et qui n'est pas sans rappeler les sons qui habillent ou déshabillent un poids lourd comme Kylie Minogue. "Aime Moi" repose sur un clavier mélancolique, des rythmiques 70s et un système ingénieux de reverb vocal qui en font une chanson réellement attachante. "Fais un pas" raconte l'une des premières soirées en boîte d'une Madonna, vécue comme une épreuve initiatique. Là encore, l'accompagnement musical vient au secours d'une voix qui manque alors de caractère. Les textes sont amusants et investissent le même registre que ceux de Lorie : celui du dépassement de soi et de l'individualisme méritant "si son cœur bat très fort / Elle est prête à faire l'effort / A se dépasser / t'as le feeling / te laisse pas impressionner". L'album prend un relief particulier sur son titre 3, lorsqu'on découvre enfin la vraie signature vocale de Sheryfa Luna, une voix un rien branque mais qui dégage, dans son phrasé parfois maladroit, une capacité à émouvoir qui fait de "Quelque Part" l'un des meilleurs titres du disque (ça tombe, c'est le 1er single). La jeune femme traîne sur les mots, va un peu moins vite que la moyenne des RnBistes et ouvre une direction inattendue : celle d'un teen RnB au tempo ralenti, romantique en diable et terriblement... français. "Il avait les mots" (single n°2) raconte la belle histoire d'une toute jeune fille qui se fait blouser par un homme marié, avec un panache qui repose du punch fatigant des Nadyîa et autres croqueuse de Diam's. On recommence à s'amuser avec l'ultrafragile et acoustique "Des Choses Qui Ne Se Disent Pas" sur l'amour père-fille, le beau "On Ressent" ("lorsque j'aime je me donne entièrement /... / parfois je dois être un peu collante / ne me fais pas culpabiliser / depuis que t'as pé-cho /../ t'es en train de prendre ton pied / rien que d'y penser, j'suis dégouttée / la roue tourne / Je ne vais pas éternellement galérer", du grand art) ou le dramatique "Au Revoir". L'extrême banalité des textes, leur réalisme et leur simplicité deviennent la principale qualité d'une collection de chansons qui, en ne cherchant pas à poser à l'universel y parvient presque.
Si l'ensemble reste globalement décevant, Sheryfa Luna mérite, sur ses qualités, de prolonger le rêve en autonomie, sur un deuxième album, qu'on espère plus rustique et dépouillé encore. Usher - Dat Girl Right There : RnB décadent
Rien de bien inhabituel dans les paroles : Usher voit une fille dans un club, passe en mode prédateur et lui explique qu'elle et la seule pour lui etc... Ludacris joue le rôle du pote resté au comptoir et qui commente, romantique, "Peu chère, celle là elle va se faire ramoner la cheminée ce soir". L'important bien sûr, ce n'est pas l'histoire mais comment elle est racontée et c'est le producteur Rich Harrison qui s'en charge. On savait qu'il était talentueux depuis "Crazy In Love", on avait découvert qu'il était bien plus malin encore avec "1Thing" et sur ce nouveau morceau il a l'air d'avoir décidé de nous montrer qu'il est aussi complétement dingue. Ca commence avec un gros synthé qui joue le rôle de la pulsion érotique primale ascendante. Mixé bien au dessous de tout le reste il tient lieu de basse mais la boucle monte aussi dans les aigües avec un son comparable à deux ballons de baudruches frottés l'un contre l'autre. Ce son est si choquant et dominant qu'on n'entend que lui pendant toute la chanson lors des premières écoutes (un peu comme avec "Yeah", souvenons-nous).
"Dat Girl..." c'est le son de types qui ont vendu suffisamment de disques pour s'enfiler tout ce qu'ils veulent dans le nez, le genre de pervers qui s'amuse à faire fumer des crapauds et à qui on laisse les clés du studio. Un morceau admirable, vraiment. Albums cultes des géants du normal #1 : Stevie Wonder - Fulfilingness' First Finale
La question que vous vous posez peut-être, c'est "pourquoi Fulfilingness' First Finale ?". Personne ne cite jamais cet album perçu (avec de bonnes raisons) comme un remake de Talking Book ou un brouillon de Songs In The Key Of Life. Je suis peut-être le seul qui vous dira que Fulfilingness' est le meilleur mais peu importe, c'est moi qui écrit. Cet album contient tout : l'intro pop parfaite "Smile Please" qui contrairement à d'autres ne vous fait pas penser à Cofidis malgré vous, le gospel spacial avec "Heaven Is 10 Zillion Light Years Away", un précoce et rare reggae américain réussi en "Boogie On Reagge Woman", un morceau samba, des chansons d'amour à pleurer et un sens de la mortalité rassurant (je ne sais pas vous, mais moi c'est plutôt les gens qui chantent des "never get old" et des "live forever" qui me font froid dans le dos). Ce qui fait la force des disques de Wonder des seventies et en particulier de celui ci, c'est que Stevie Wonder nous aime. Qu'il chante sur sa mort dans le sombre gospel "They Won't Go When I Go" ou qu'il pousse Nixon hors de la Maison Blanche avec le furieux funk "You Haven't Done Nothing" (avec les Jackson Five aux choeurs), Stevie garde toujours au coeur son indéfectible foi en la nature humaine. Je suis un pécheur et vous aussi et au moment de l'Ecstase ou de Ragnarok nous prendrons tous cher. Nous ne nous en sentons pas forcément pas digne mais Il nous aime. Cet amour, qui aurait chez un être moindre viré amer, aura donné à la suite de la carrière de Stevie Wonder des accents sirupeux mais peu importe, en 1974 cet amour a trouvé son expression parfaite. Je n'écoute jamais Fulfilling en été (qui est plutôt la saison d'Innervisions et Music Of My Mind) parce qu'en hiver il me tient littéralement chaud. Common : finding forever... mais quoi ? Petit rattrapage pour cette sortie de juillet qu'on avait lâchement zappé après quelques écoutes. Common a beau être un gars qui a la cote, un gars respecté de l'underground de Chicago, un gars qu'on a pu apprécier par le passé avec les Soulquarians ou sur son Like Water for Chocolate acidulé, Common est surtout et depuis son retour en forme commerciale avec Be dans le mainstream et les mégastores, devenu mou du genou. Produit lui aussi par Kanye West (j'aime pas Kanye West), Finding Forever est un peu trop r'n'b à notre goût, même si on accorde au rappeur qu'il s'affiche un soupçon plus lugubre et compliqué que son prédécesseur. Les textes de Common restent au dessus du niveau moyen qu'il s'agisse de ses récits de ghetto (des histoires de putes, de jeunes filles et de misère sociale) ou d'escapades narratives chez les bobos blancs qui pratiquent le yoga et baladent leurs clebs en manteau de fourrure (bonjour les clichés). Plus "profond" et conscient (sûrement un peu trop pour ce qu'il a à dire), on trouve d'assez fastidieuses séquences sur la morale, le rapport à la maman (Zidane sort de ce corps) et j'en passe, mais toujours torchés avec suffisamment de manière pour que ce ne soit pas là où le bât blesse. Ce qui lasse ici alors que c'était une des principales qualités du MC, c'est la façon dont il a lui même neutralisé son flot, jadis un peu plus varié, dans l'atone et le sirupeux. Finding Forever est plus doux, soul et r'n'b que ses précédents albums. Si l'on excepte l'électrique "Southside", on se situe ici presque toujours en terrain connu et sur une morne plaine musicale, certes agrémentée de jolies trouvailles (les pétillants et old school "Misunderstood" et "The Game", le dynamique "Close to Me"), mais un rien barbante sur la longueur. Sur "Drivin Me Wild", Common résume assez bien sa philosophie en chantant : "Love's not a mystery. It is everything" On peut trouver ça très cool mais aussi trouver ça un peu trop court pour asseoir un vrai travail de séduction. Il ne faut néanmoins pas en faire trop dans le lynchage, dans la mesure où c'est plus le genre que cet album là qu'on aime pas. Finding Forever, malgré l'excellent accueil critique qu'il a reçu, est un disque qui passe, qu'on écoute d'une oreille sensuelle (tout de même) mais qui ne restera pas dans les annales. Common n'évite plus les clichés du genre et nous fait trop respirer son savoir-faire pour qu'on adhère à ce qu'il faut désormais appeler une "formule".
Common - Finding forever (Universal, juill. 2007)
Youtube de l'été #48 : Gwen Stefani - Hollaback Girl (2005)Posté par LovelyRita le 03.09.07 à 15:41 | tags : youtube, tubes de l'été, vidéos musicales, pop, rnb
En 2005, nos soirées étaient animées par "Never Win" de Fischerspooner, de "Fa fa fa" de Datarock, du très beau "Sow Into You" de Roisin Murphy, mais aussi de Gorillaz avec "Dare" ou "Dirty Harry", mais celle qui a monopolisé une bonne partie de notre attention et de nos mouvements sur le dancefloor c'est Gwen Stefani. Stefani, l'ex-No Doubt qui revient de manière admirable sur le devant de la scène avec une nouvelle identité. Le nouveau son Stefani on le doit entre autre à André 3000 d'Outkast, aux Neptunes et à Pharrell Williams avec qui elle a co-écrit "Hollaback Girl". Fatal Bazooka, symptôme d'un rap français malade
Finalement, Fatal Bazooka et le rap FM se résument à ces dires de Sear, rédac' chef de feu le magazine Get Busy : "Reste le problème de la légitimité de Michael Youn. Là je me demande ce que certains lui reprochent le plus : se moquer du rap ou vendre plus de disques qu'eux ? De même pour Kamini. L'authenticité c'est quoi ? Être soi-même, parler de ce que l'on vit vraiment ? Kamini qui parle de son quotidien de Noir dans un bled à la cambrousse n'est pas moins authentique que tous les mythos qui nous balancent leurs vies imaginaires de dealeurs armés rois de la cité. Et puis parfois seul le résultat compte : si c'est drôle, c'est drôle. Point." Et ouais mec. Tu peux pas test "Pas de soucis, non pas de tiépi ici, pas de chichis, si tu dérapes on te chie dessus". Il est mort le hip-hop. Pour mieux renaître de ses cendres ? Clara Morgane chante avec la bouche La scène RnB reçoit un renfort de choix avec l'arrivée sur le marché de l'ex-star du X Clara Morgane (qui avait déjà lancé quelques sondes musicales sous forme de... sonneries de portable) et de son single J'aime. Disponible en écoute sur le site de la miss, J'aime est un titre efficace qui s'appuie sur deux atouts : un rythme arabisant soutenu par un beat puissant et très lourd ET la présence du très rocailleux Lord Kossity en contrepoint. Si les paroles font sourire comme souvent ("je ne suis pas celle que tu crois" et patati et patata ou encore un très élégant "je veux te caresser jusqu'à l'agonie"), le mélange des deux voix est finalement assez harmonieux dans le genre la Belle et la Bête. Le travail de production est suffisamment roublard pour nous faire croire que Clara Morgane sait chanter et pour donner à Lord Kossity de faux airs de Joey Starr. Si l'on ajoute à ça, le brin de sensualité et de stupre inhérent au recyclage d'une actrice qui est habituée à d'autres contorsions, le single fonctionne aussi bien que les productions américaines équivalentes, tendance dub aux Caraïbes. Lord Kossity, aussi vulgaire qu'il soit et englué dans une imagerie pourrie héritée du gangstarap, représente la seule vraie alternative française aux producteurs des Etats-Unis et de Jamaïque. S'il est encore loin de ses idoles, Dr Dre ou Public Enemy, Lord Kossity a en lui une évolution sonore qui permettrait de précipiter le RnB français dans une autre dimension en lui intégrant des éléments de dub et de soul, hérités de ses origines caribéennes. Quelques cours d'écriture (les paroles restent affligeantes) auraient pu faire de ce J'aime autre chose qu'une merde curieuse et porteuse de promesses. Avec deux minutes de moins au compteur, le titre aurait même pu faire figure de petite bombe et transformer Clara Morgane, chanteuse surimi, en une nouvelle Rihanna. |
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