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Tous les billets consacrés à cette hérésie musicale qu'est le R'n'B...

Kanye et Rihanna sont Paranoid

Posté par 2goldfish le 02.06.09 à 09:58 | tags : usa, hip hop, videos musicales, people, rnb
Kanye West est le co-auteur d'un livre intitulé "Thank You And You're Welcome" et il le vend comme ça : "Parfois les gens écrivent des romans et ils sont si verbeux et si auto-suffisants... Je ne suis pas fan des livres. Je ne voudrais jamais d'autographe sur un bouquin. Je suis un fier non lecteur de livres. J'aime obtenir des informations en faisant des trucs comme réellement parler aux gens et vivre une vraie vie.". En d'autres termes, les livres, c'est pour les nuls et les geeks et Kanye n'est certainement ni l'un ni l'autre. Mais alors, son livre à lui, c'est quoi ?
 
 
Le livre fait cinquante deux pages. Certaines sont blanches, sur d'autres ne sont imprimés que quelques mots. Il n'en faut pas plus pour résumer la philosophie de Kanye : "La vie c'est 5% de choses qui arrivent et 95% de comment tu y réagis" ; "Je hais le verbe haïr". Pour écrire ces "Kanye-isms" comme il les désigne lui-même, il a tout de même eu besoin d'un collaborateur.
 
 
N'oublions pas que malgré tout Kanye est une sorte de génie, capable d'un excellent morceau comme ce "Paranoid", espèce de vieux Depeche Mode hip hop sorti du magnifique 808's & Heartbreak et capable aussi d'inviter Rihanna à être l'héroïne de son clip. Et même si elle n'y danse pas très bien, qu'elle joue encore moins bien la comédie et qu'elle ne chante même pas, elle est simplement parfaite pour le rôle.
 
 


- via -
Voir aussi
- la chronique de 808's & Heartbreak



R'n'b des Balkans : Miss Platnum reprend Justin Timberlake en vidéo

Posté par LovelyRita le 04.04.09 à 10:26 | tags : cover, rnb, pop, live

Faut-il vous dire que l'on aimait déjà beaucoup "Sexy Back" de Justin Timberlake et que c'est coup double quand c'est Miss Platnum qui se charge d'en faire une reprise avec la mélodie de "Ya Rayah" en fil conducteur.

 

Miss Platnum, chanteuse allemande d'origine roumaine, essaye, depuis des mois, de nous faire croire que le duo r'n'b/musiques traditionnelles des balkans est une valeur sûre au même titre que le poire/chocolat. Certains ont du rire au début, mais force est d'avouer que son album Chefa (à sortir le 20/04) atteint en bonne partie ses promesses avec les titres "Chefa", "Life", "Mercedes Benz" ou "Do You". Petit événement lors des dernières Transmusicales, Miss P également a mis le feu à la Bellevilloise.

 

Mêler l'air popularisé par Rachid Taha à l'un des tubes du golden boy, ça peut effectivement provoquer une descente d'organe sur le papier, mais tout est à sa place dans la vidéo ci-dessous, filmée par le staff de Grandcrew. Pour voir le reste de sa prestation aux Nuits Zebrées, c'est ici.

 

 

Lire aussi

- notre portrait de Miss Platnum
- Black Lips en live intégral sur GrandCrew !
- Metronomy, séance cardio au Trabendo







Abonnez-vous à Prince

Posté par 2goldfish le 28.03.09 à 10:02 | tags : pop, funk, rnb, news, web, music biz
 

Prince avait, semble-t-il, bien une idée derrière la tête quand il s'est mis à poursuivre tous ceux qui empiétaient sur son copyright sur la toile, y compris ses plus grands sites de fans.

 

C'est même une idée plutôt louable : LOTUSFLOW3R, le site longtemps annoncé, qui vient d'être lancé, propose de s'abonner pour 77$ par an à un flux constant de vidéos, photos et enregistrements inédits de Prince. Et ça commence assez fort avec trois nouveaux albums disponibles exclusivement sur le site une semaine avant leur sortie dans le commerce. Le site est en flash, ce qui est assez ennuyeux, et pour s'inscrire la démarche est assez compliquée : il faut cliquer un peu partout jusqu'à ce que s'affiche un ticket sur lequel vous devez remplir deux cases avec "1986" et "Los Angeles", ce qu'on ne vous explique clairement nulle part sur le site lui même.

Le premier album s'appelle LOTUSFLOW3R, comme le site, et ressemble aux derniers albums du nain de Minneapolis : un peu de tout ce que Prince sait faire, sutout avec sa guitare, la fraîcheur des années 1980 en moins. Mplsound est plus funky, fait pour les clubs. ou les chambres à coucher. Elixer, enfin, est un album de sa dernière protégée en date, Bria Valente, et Prince l'a clairement expliqué, il l'a enregistré parce que Sade ne fera plus d'autre album.

77$, c'est une grosse somme, mais sur un an, et avec déjà trois albums, des vidéos (seulement en streaming, malheureusement), des photos et surtout la promesse de nouveau matériel régulièrement pendant l'année, ça n'est vraiment pas si cher. Et les fans de Prince sont sans aucun doute prêts à payer. Avec cette offre, Prince se place aux côtés de Trent Reznor en tête des artistes qui ont de bonnes idées pour faire de l'argent avec leur musique au XXIème siècle.

Bien sûr, ce nouveau modèle n'est valable, comme d'habitude, que pour les artistes avec une notoriété pré-établie... On imagine cependant qu'un groupe au succès bien plus modeste pourrait tout à fait proposer un abonnement annuel à dix euros à ses fans et s'en tirer pas trop mal. Sinon, il reste toujours l'alternative pour laquelle vient d'opter le groupe Celebration : distribuer toute sa musique gratuitement.




Single Ladies (Put A Ring On It), Beyoncé en clip

Posté par LovelyRita le 15.10.08 à 10:30 | tags : vidéos musicales, rnb, pop, news, youtube

Après le clip de "If I Were A Boy", extrait de son album à venir I Am, Beyoncé propose le clip-chorégraphie de "Single Ladies (Put A Ring On It)". Du noir et blanc tout comme pour la première vidéo, un clip simple à savourer pour la prestation de la chanteuse accompagnée de ses deux danseuses et pour le rythme entraînant du titre. De quoi rappeler le cultissime "Crazy In Love".

La sortie de son album est pour le moment prévue pour le 18/11 et Beyoncé est attendue aux Vidéo Music Awards qui se tiendront le 6 novembre prochain à Liverpool.

 

 

 




Solange a décidé...

Posté par 2goldfish le 25.08.08 à 13:09 | tags : pop, rnb, vidéos musicales, youtube

 

 

 

Je ne comprends pas toujours les décisions des maisons de disque. Tout le monde sait que les américains sont des brutes, des rustres sans aucunes des bonnes manières que le vieux continent a su affiner au fil des siècles comme un fromage ou un bon vin. C'est pratiquement une insulte à notre art de vivre que de sortir la version des Neptunes du nouveau single "I Decided" de Solange seulement aux USA et de la remplacer chez nous par un grosier remix des britanniques Freemasons intitulé "I Decided Part 2". L'un est tout en staccato, un peu comme une intro qui ne s'arrêterait jamais (les Neptunes pensent sans doute que les premières secondes de "Baby Love" sont les meilleures... et ils ont raison) tandis que la version européenne joue la carte de la facilité avec un gros beat simplet pour ceux qui ne savent rien danser.

Du coup, le clip si excellent en VO par son côté outrageux devient juste de mauvais goût avec les Freemasons. Aux USA, le côté glam/psyché donné aux images de guerre et d'émeute a un côté joyeusement décalé, en Europe le remix démago rend le détournement plutôt malsain. Apparement, et ce n'est pas une surprise, le single a plus de succès au Royaume Uni que dans les colonies. Il faut dire que si nous ne sommes pas des rustres, nous sommes quand même vachement décadents.




Isaac Hayes est mort

Posté par 2goldfish le 11.08.08 à 10:21 | tags : cimetière, funk, news, rnb, soul

 

Sans lui le label Stax aurait eu deux cent chansons de moins dont il pourrait être fier. Sans lui on jouerait sans doute la soul beaucoup plus vite aujourd'hui. Sans lui on se souviendrait de Dionne Warwick. Sans lui on n'aurait peut-être jamais eu l'idée de rapper et on aurait en tout cas eu beaucoup moins à sampler. Sans lui le terme "bling" n'aurait jamais été inventé. Sans lui Pink Floyd n'aurait jamais vendu tant de millions de son Space Rock. Sans lui Otis Redding aurait eu moins de tubes. Sans lui un million de bébés n'auraient jamais été conçus. Sans lui Mr T, Barry White et Samuel L. Jackson ne seraient rien. Sans lui on n'aurait peut-être jamais eu l'idée de mettre des violons dans le disco. Sans lui les musiciens noirs ne se seraient peut-être jamais lancés dans une course à l'égo. Sans lui, pas de Hot Buttered Soul.

 

 

 

Il va falloir faire avec, Isaac Hayes, 65 ans, a été retrouvé mort chez lui dimanche après midi.




Le clip de Kiss Kool : parce qu'ils sont jeunes et c...cools??

Posté par Slick Rick le 29.07.08 à 16:56 | tags : rigolo, rnb
Kiss Kool avec un "K" rageux, c'est pas des bonbons mecton : "C'est le nouveau groupe belge du moment" peut-on lire sur le site...des Kiss Kool. Alors, "attendez-vous à ce que ca décoiffe sur les podiums !", parce que Julien, Julien ("appelez-le Juju"), Jérôme et Gillian (tiens, un "G"!) sont les quatre Kiss Kool. "Et vous allez adorer".


Et de fait, "Parce qu'on est jeune", le premier clip de ces "ados" belges ( ils prétendent être au lycée), on adore. Avec cet extraordinaire single qui évoque les regrettés 2be3, en version prépubère, ce mini boys band revendique un look audacieux et hybride, entre hip hop, tektonik et La Redoute-Enfants. Autant dire qu'ils ont la classe. Tous "danseurs et célibataires", les Kiss Kool chantent leur rage adolescente ( le déjà culte : "Parce qu'on est jeune on n'fait pas d'erreur, on vit la vie à 200% à l'heure.") avec une plume trempée dans le vitriol. Checkez plutôt cette phase de barbare : "Viens avec nous oui c'est parti / Oui viens danser dans les boum parties / parce qu'on est jeunes nous on en raffolle / mais c'est pas grave on sèche pas l'école !" Attention, c'est du hardcore.


Mais les quatre lascars savent aussi montrer leur face tendre et "love", n'hésitant pas à user de métaphores simples et funky, bien de notre temps : "sa photo couleur me fait trop kiffer / elle me dit j'aimerais tant te parler". Trop craquant ! Une modernité dans les lyrics qui se traduit également par une ouverture à la "screet culture" avec un featuring rap qui n'est pas sans rappeler les grandes heures de Yannick (auteur du classique "Ces soirées là"). Pas de doute les filles, "la tèntèchieune va nous rendre fous!" Qui a dit "blague belge?"

 

 




Réhabilitons Mariah Carey

Posté par 2goldfish le 23.06.08 à 14:48 | tags : pop, rnb

Mariah CareyTout le monde a besoin de quelqu'un à regarder de haut. Il y a des blogueurs qui méprisent Madonna et des internautes qui méprisent les "pseudo-journalistes" qui méprisent Madonna. Il y en a qui aiment Justin Timberlake et qui pour se défendre affichent leur dédain pour M Pokora. Il y en a qui adorent les Neptunes mais regrettent qu'ils ne travaillent pas qu'avec Kelis... Et tout en bas de cette échelle du mépris subjectif, il y a Céline Dion et Mariah Carey. Je n'ai rien de bien à écrire sur Céline, mais je dois dire qu'avec le temps j'ai de plus en plus d'admiration pour Mariah.

 

"Touch My Body", son dernier single en date, n'est pas réellement une bonne chanson selon mes critères habituels. Le beat est mou, la voix de Mariah poncée jusqu'à être plus lisse que le visage de Michael Jackson et les paroles, le petit riff de piano qu'on croirait samplé chez Richard Clayderman, jusqu'au petit clin d'œil dépassé à Youtube (si tu veux faire un clin d'œil aux gamins, cite au moins Facebook), tout est fait pour sonner comme l'équivalent de l'image "Mon Petit poney" tout en rose bonbon et paillettes d'une pochette de Mariah. Quand on y réfléchit, c'est un tour de force. L'esthétique peut nous rebuter, elle est parfaitement cohérente. Trop de producteurs américains font de la musique pour petites filles sans en avoir jamais vu aucune.

 

Ce qui est admirable chez Mariah Carey, surtout, c'est sa longévité. Après ses débuts il y a bientôt vingt ans, quand elle était chanteuse romantique à voix et à col roulé, elle est devenu bimbo R&B aux airs stupide au milieu de sa carrière et semble avoir trouvé là sa véritable nature, l'expression visuelle et musicale de son "moi" profond. Tous les snobs la prennent pour une idiote, la méprisent, tout ça parce qu'elle ne tente pas de faire plus que ce dont elle est capable. Les cagoles romantiques et les gamines qui jouent encore à la barbie ont bien le droit elles aussi d'avoir leur musique, pourtant. Pendant que Madonna se donne des airs important, cherche à travailler avec Timbaland comme si c'était courageux et tendance, alors que c'est déjà à nouveau dépassé (il a produit les gagnants de l'eurovision, merde) et se donne des ordres de mission comme "4 minutes to save the world" pour entretenir son propre mythe, Mariah reste modeste. Confortablement à sa place dans ce que d'autres considèrent snobement comme un caniveau culturel, elle vend des disques à la pelle comme si de rien n'était. Même quand elle travaille avec les Neptunes, elles ne cherche pas à avoir l'air cool. Que peut-on vraiment reprocher à cette demoiselle ?




James Brown était un indien

Posté par 2goldfish le 18.04.08 à 13:00 | tags : funk, rnb, soul

Sur le site de GQ (je suis aussi étonné que vous de ce lien) Gloria Daniel, une des dernières ex de James Brown raconte cette petite anecdote :

 

"Une nuit de l'été 2001, après qu'il l'ait recouverte de vaseline ("Il vous aimait complètement graissée",d it-elle. "Comme une côte de porc") et épuisée en essayant de jouir, il abandonna et quitta la pièce et Gloria s'est endormie. Quand elle s'est réveillée, M. Brown était debout au pied du lit, un long manteau de vison sur son torse nu, un chapeau de cowboy noir et un pantalon de pyjama en soie dont une jambe était fourée dans une botte de cowboy et l'autre pendait. Il avait un fusil à l'épaule et une bande blanche de crème sous chaque opeil. "Je suis un indien ce soir, bébé" annonça-t-il. "Viens, on va leur en donner." Puis il a laissé tomber un bocal de pièces sur le sol, lui a dit d'attraper une machette et est parti vers le garage. Il a pris la Rolls, conduit dix miles vers Augusta en zig-zaguant tout le long de la route, shootant des boites aux lettres, fumant encore plus de dope et criant qu'il était un indien."

 

 

J'ai hate de voir comment ils vont édulcorer ça dans le biopic. James Brown a été élevé dans un bordel. il considérait les femmes commes des objets, laissait même des "assistants" s'occuper des préliminaires. Il a aussi passé sa vie défoncé, se faisait régulièrement arrêté pour possession ou pour les comportements violents qu'entrainaient ses abus. Dans les biopics hollywoodiens de ces dernières années, l'idée principale est que ces types dont on nous parle ont le droit d'avoir plus de talent et plus de succès que nous parce qu'ils ont beaucoup souffert, ce qui leur donne aussi le droit de se droguer un peu et d'être un peu un salaud avec leur femme... du moment qu'ils finissent clean et gentils. James Brown ressemblait plus à un personnage de Scorcese. Aux dernières nouvelles Spike Lee devait faire le film, on peu espérer qu'il ne nous livrera pas une version trop expurgée du film mais avec toutes les personnes qui risquent de poursuivre le studio si elles n'aiment ce qu'elles voient d'elles à l'écran, on peut parier que les avocats du studio regarderont de près le scénario. Il va falloir marcher sur des oeufs.




Albums Cultes des Géants du Normal #6 : Janet Jackson - Control

Posté par 2goldfish le 06.03.08 à 14:55 | tags : culte et normal, pop, rnb

Bon, c'est son nom sur la pochette et c'est elle qui chante. Elle est même sans doute pour quelque chose dans l'excellence de l'album, qui sait, alors on va commencer par parler un peu de Janet Jackson.

 

 

Control est son troisième album mais on peut le compter comme le premier pour pas mal de raison. Déjà, c'est le premier à être bon. Le premier aussi, ce n'est pas une coïncidence, qu'elle enregistre après s'être libérée de l'emprise de son père (personne n'a besoin que je lui explique que papa Jackson était un peu "sévère") et le premier qui lui permet de sortir de l'ombre de Son Frère et de celle de ses autres frères et soeur même, c'est dire si elle partait de pas bien haut. D'où le titre "control" qui veut dire "contrôle" et le thème de l'émancipation joyeuse qui parcourt le disque. Si j'écrivais pour une émission musicale de M6, je raconterais certainement que Control est une étape majeure de l'émancipation de la femme dans la musique pop à une époque où elle était encore attachée à ses fourneaux (le disque est sorti en 1986) mais en dehors de quelques neuneus persuadés que les Spice Girls ont inventé le féminisme, personne ne devrait entendre ce disque comme plus que l'innocente et adorable affirmation d'une gamine.

 

Voilà, c'est fait... On peut maintenant parler des auteurs, ceux qui ont conçu cet écrin pour la personnalité de la chanteuse : Control est l'oeuvre avant tout des producteurs Jimmy Jam et Terry Lewis, deux anciens protégés de Prince (on ne reste jamais longtemps le protégé de Prince) dans le groupe The Time. Ils ont bien retenu les leçons de Prince et concocté un album de R&B funky et pop presque entièrement joué au synthé. De bons vieux synthés eighties qui perdraient leur temps à tenter de sonner "naturel' et qui repousseront plus d'un auditeur d'aujourd'hui. Ils sont partout, de l'ouverture funk robotique de la chanson titre à la sensualité de papier glacé du R&B des derniers morceaux en passant par la pop plastique du milieu. Car en plus le disque est véritablement séquencé aussi simplement et clairement que ça et, curieusement, ça marche.

 

 

Alors que Janet est en pleine tentative de retour après le nipplegate et quelques albums calamiteux, ce n'est pas forcément une bonne idée de réécouter Control : il nous rappelle des temps plus innocents (dans "Control" elle chante "prenons notre temps", aujourd'hui elle chante qu'elle est "massive comme le premier jour des règles") et une réussite qu'on répète une fois (l'album suivvant Rhythm Nation 1814), pas deux.




Allergique à Sean Paul

Posté par 2goldfish le 20.02.08 à 12:42 | tags : reggae, rigolo, rnb

Certaines chansons nous sont totalement insupportables. Moi par exemple j'ai envie de me suicider à chaque fois que j'entends "Owner Of A Lonely Heart" de Yes ou "Europa" de Santana. J'ai aussi un dégoût passager pour "Confessions Nocturnes" de Diam's et Vitaa, car même si Flyer a réussi à me faire admettre qu'il s'agit en fait bien d'une euh... "bonne" ? "intéressante" ? "chanson" ? (nous ne nous sommes pas vraiment fixés sur l'adjectif adéquat) bref même si j'ai fini par admettre qu'il y avait "quelque chose" là dedans, ce n'est qu'après que Flyer m'a bassinné avec ce morceau pendant tout un week end et mon dégoût inital a laissé la place à un dégoût second, différent en théorie mais pas en pratique. Bref, certaines chansons nous insupportent tous mais pas autant qu'à Stacey Gayle, une jeune américaine épileptique dont aucun médicament ne semblait parvenir à stopper les crises.

Selon le site du Daily News, un jour Stacey Gayle a réalisé que ses crises en apparence imprévisibles étaient en fait causées par la chanson "Temperature" de Sean Paul (mais aussi "Umbrella" de Rihanna et "Beautiful Girls" de Sean Kingston, autant de chansons difficiles à éviter). Elle souffrait en fait d'un cas très rare d'épilepsie "musicogène". Il n'y aurait que cinquante à cent cas repertoriés par la médecine moderne. Stacey Gayle est allée voir un neuro chirurgien plutôt dubitatif. Elle a lancé la chanson de Sean Paul et a provoqué devant lui une crise pour lui ôter le moindre doute. Le neurochirurgien lui a enlevé un petit bout de son lobe frontal et depuis mademoiselle Gayle dit être enfin capable d'apprécier la chanson de Sean Paul.

Moi je n'aime toujours pas "Temperature" mais j'imagine qu'il serait de trop mauvais goût pour moi de suggérer qu'il faudrait me lobotomiser pour me faire aimer le reggaeton. Je dirais donc juste que même si je veux bien céder du terrain sur Diam's, même moi j'ai mes limites.




Erykah Badu de pochette en pochette

Posté par 2goldfish le 18.02.08 à 10:46 | tags : funk, rnb, vidéos musicales, youtube

 

 

Fin Février, Nu Amerykah Part One : Fourth World War sera le premier album d'Erykah Badu depuis Worldwide Underground en 2003 (et encore, il n'était pas censé compter comme album, juste comme Ep malgré ses 50 minutes). J'ai entendu les premiers leaks par la fenêtre d'une voiture voilée qui est passée devant moi à toute allure sans que j'ai le temps de relever son numéro, et le disque s'annonce plutôt bien. Dans le clip du premier single "Honey", produit par 9th Wonder, on la retrouve en plein délire soul-funk 70's comme d'habitude mais avec un côté plus léger, chaleureux et ludique qu'à l'accoutumée dans la voix, les mots et les images. Ce n'est pas déplaisant du tout.

Bon, maintenant, avez-vous reconnu toutes les pochettes pastichées ?




Sheryfa Luna : la possibilité d'un RnB français ?

Posté par Myosotis le 15.02.08 à 15:16 | tags : chanson française, rnb
Il y a quelques temps tournait dans les milieux...alternatifs, une blague immonde. Qu'y a-t-il de pire que le RnB ? Réponse : le RnB français. (rires) Heureusement pour nous, M6, responsable de l'excellent programme (documentaire) PopStars et accessoirement ancienne machine à clips, s'était promis de remédier à cette horrible réalité en nous offrant un candidat télé-réel susceptible de concurrencer les Américains sur leur propre terrain : celui de la musique. A l'issue d'une longue sélection mais d'un niveau plutôt faible, le jury, parmi lequel le producteur historique du NTM, l'estimable Sébastien Farran, et la poudreuse Ophélaï Winter, sortait de son chapeau une candidate enceinte à l'insu de son plein gré, Sheryfa Luna. La très jeune femme se trouvait ainsi investie de la lourde charge : faire du RnB français quelque chose d'aussi percutant, sensuel et professionnel que le RnB international. Sorti quelques mois plus tard, l'album éponyme de Sheryfa Luna n'est pas loin de remplir son contrat.
 

L'album confirme que le RnB est avant tout affaire de production. La structure qui est derrière Sheryfa Luna assure une mise en musique efficace, dernier cri et qui n'est pas sans rappeler les sons qui habillent ou déshabillent un poids lourd comme Kylie Minogue. "Aime Moi" repose sur un clavier mélancolique, des rythmiques 70s et un système ingénieux de reverb vocal qui en font une chanson réellement attachante. "Fais un pas" raconte l'une des premières soirées en boîte d'une Madonna, vécue comme une épreuve initiatique. Là encore, l'accompagnement musical vient au secours d'une voix qui manque alors de caractère. Les textes sont amusants et investissent le même registre que ceux de Lorie : celui du dépassement de soi et de l'individualisme méritant "si son cœur bat très fort / Elle est prête à faire l'effort / A se dépasser / t'as le feeling / te laisse pas impressionner". L'album prend un relief particulier sur son titre 3, lorsqu'on découvre enfin la vraie signature vocale de Sheryfa Luna, une voix un rien branque mais qui dégage, dans son phrasé parfois maladroit, une capacité à émouvoir qui fait de "Quelque Part" l'un des meilleurs titres du disque (ça tombe, c'est le 1er single). La jeune femme traîne sur les mots, va un peu moins vite que la moyenne des RnBistes et ouvre une direction inattendue : celle d'un teen RnB au tempo ralenti, romantique en diable et terriblement... français. "Il avait les mots" (single n°2) raconte la belle histoire d'une toute jeune fille qui se fait blouser par un homme marié, avec un panache qui repose du punch fatigant des Nadyîa et autres croqueuse de Diam's. On recommence à s'amuser avec l'ultrafragile et acoustique "Des Choses Qui Ne Se Disent Pas" sur l'amour père-fille, le beau "On Ressent" ("lorsque j'aime je me donne entièrement /... / parfois je dois être un peu collante / ne me fais pas culpabiliser / depuis que t'as pé-cho /../ t'es en train de prendre ton pied / rien que d'y penser, j'suis dégouttée / la roue tourne / Je ne vais pas éternellement galérer", du grand art) ou le dramatique "Au Revoir". L'extrême banalité des textes, leur réalisme et leur simplicité deviennent la principale qualité d'une collection de chansons qui, en ne cherchant pas à poser à l'universel y parvient presque.

 

Si l'ensemble reste globalement décevant, Sheryfa Luna mérite, sur ses qualités, de prolonger le rêve en autonomie, sur un deuxième album, qu'on espère plus rustique et dépouillé encore.




Usher - Dat Girl Right There : RnB décadent

Posté par 2goldfish le 23.11.07 à 15:14 | tags : hip hop, rnb

Une fois n'est pas coutume, j'ai envie de vous parler d'une simple chanson. Il s'agit du premier extrait leaké du futur album d'Usher : "Dat Girl Right There" (featuring Ludacris). Même au milieu d'un RNB moderne souvent complétement barré, ce morceau sort du lot. On imagine que la fuite est intentionnelle, destinée à prendre la température pour un éventuel succès dans la lignée de l'innatendu "Yeah" en 2004 mais là, et c'est peut-être le grand père en moi qui parle, ce truc est vraiment trop bizarre pour ça

Rien de bien inhabituel dans les paroles : Usher voit une fille dans un club, passe en mode prédateur et lui explique qu'elle et la seule pour lui etc... Ludacris joue le rôle du pote resté au comptoir et qui commente, romantique, "Peu chère, celle là elle va se faire ramoner la cheminée ce soir". L'important bien sûr, ce n'est pas l'histoire mais comment elle est racontée et c'est le producteur Rich Harrison qui s'en charge. On savait qu'il était talentueux depuis "Crazy In Love", on avait découvert qu'il était bien plus malin encore avec "1Thing" et sur ce nouveau morceau il a l'air d'avoir décidé de nous montrer qu'il est aussi complétement dingue. Ca commence avec un gros synthé qui joue le rôle de la pulsion érotique primale ascendante. Mixé bien au dessous de tout le reste il tient lieu de basse mais la boucle monte aussi dans les aigües avec un son comparable à deux ballons de baudruches frottés l'un contre l'autre. Ce son est si choquant et dominant qu'on n'entend que lui pendant toute la chanson lors des premières écoutes (un peu comme avec "Yeah", souvenons-nous).

L'énormité de ce son de basse laisse aux percussions le loisir de partir dans tous les sens et de multiplier les breaks pour commenter la mélodie, chantée par un Usher démultiplié. Celle-ci est malheureusement assez banale et Usher empile les effets pour nous le faire oublier, laissant le refrain tenter péniblement de tenir tout seul debout. Heureusement le couplet de Ludacris est plus intéressant, Harrison s'amusant avec les boutons du pitch et de la stéréo sur chaque fin de vers. Arrivé au pont, les ballons de baudruche s'arrêtent enfin pour laisser la place à une guitare acoustique et des violons synthétiques. Usher passe en mode romantique, chante l'amour dans son coeur mais au bout de dix secondes à peine le gros méchant synthé revient. Les cordes ne partent pas cependant et la chanson se termine sur une question : sont-elles le déguisement qu'Usher a choisi de donner à cette pulsion animale qui l'anime ou a-t-il a réellement réussi le marriage improbable de l'amour et de la luxure ?

"Dat Girl..." c'est le son de types qui ont vendu suffisamment de disques pour s'enfiler tout ce qu'ils veulent dans le nez, le genre de pervers qui s'amuse à faire fumer des crapauds et à qui on laisse les clés du studio. Un morceau admirable, vraiment.




Albums cultes des géants du normal #1 : Stevie Wonder - Fulfilingness' First Finale

Posté par 2goldfish le 13.11.07 à 14:52 | tags : culte et normal, funk, rnb, soul

Un sourd pourrait s'étonner de me voir entamer avec Stevie Wonder cette nouvelle rubrique consacrée à la musique normale des gens normaux, qui aiment leurs parents et le monde et qui ont vendu des disques à la pelle ou, comme on dit nous les critiques, "auraient du". Sur le papier, ça ne peut pas être "normal" un gamin noir aveugle qui a connu le genre de starification infantile qui a fait péter les plombs à Michael Jackson et qui dans les années soixante-dix, à peine agé de vingt ans, a décidé de s'enfermer en studio pour enregistrer en jouant lui même de tous les instruments (personne ne faisait ça, à l'époque) et des synthétiseurs (bis) des disques à l'ambition démesurée, mêlant gospel, funk, R&B, pop et apparement tout ce qui passait à portée d'oreille. Sauf que nous ne sommes pas sourds et il est évident dès qu'on entend une note des albums de Stevie Wonder des années 1970 que nous sommes tous bizarres. Lui seul est normal. Les nombreux publicitaires qui ont profité de son talent (avant que ce soit la mode d'utiliser des groupes branchés dans les pubs) et les rappeurs family friendly qui l'ont samplé sont là pour en attester.

 

 

La question que vous vous posez peut-être, c'est "pourquoi Fulfillingness' First Finale?". Personne ne cite jamais cet album perçu (avec de bonnes raisons) comme un remake de Talking Book ou un brouillon de Songs In The Key Of Life. Je suis peut-être le seul qui vous dira que Fulfilingness' est le meilleur mais peu importe, c'est moi qui écrit. Cet album contient tout : l'intro pop parfaite "Smile Please" qui contrairement à d'autres ne vous fait pas penser à Cofidis malgré vous, le gospel spacial avec "Heaven Is 10 Zillion Light Years Away", un précoce et rare reggae américain réussi en "Boogie On Reagge Woman", un morceau samba, des chansons d'amour à pleurer et un sens de la mortalité rassurant (je ne sais pas vous, mais moi c'est plutôt les gens qui chantent des "never get old" et des "live forever" qui me font froid dans le dos).

Ce qui fait la force des disques de Wonder des seventies et en particulier de celui ci, c'est que Stevie Wonder nous aime. Qu'il chante sur sa mort dans le sombre gospel "They Won't Go When I Go" ou qu'il pousse Nixon hors de la Maison Blanche avec le furieux funk "You Haven't Done Nothing" (avec les Jackson Five aux choeurs), Stevie garde toujours au coeur son indéfectible foi en la nature humaine. Je suis un pécheur et vous aussi et au moment de l'Ecstase ou de Ragnarok nous prendrons tous cher. Nous ne nous en sentons pas forcément pas digne mais Il nous aime.

Cet amour, qui aurait chez un être moindre viré amer, aura donné à la suite de la carrière de Stevie Wonder des accents sirupeux mais peu importe, en 1974 cet amour a trouvé son expression parfaite. Je n'écoute jamais Fulfilling en été (qui est plutôt la saison d'Innervisions et Music Of My Mind) parce qu'en hiver il me tient littéralement chaud.




Common : finding forever... mais quoi ?

Posté par Myosotis le 18.10.07 à 15:35 | tags : hip hop, rnb
Petit rattrapage pour cette sortie de juillet qu'on avait lâchement zappé après quelques écoutes. Common a beau être un gars qui a la cote, un gars respecté de l'underground de Chicago, un gars qu'on a pu apprécier par le passé avec les Soulquarians ou sur son Like Water for Chocolate acidulé, Common est surtout et depuis son retour en forme commerciale avec Be dans le mainstream et les mégastores, devenu mou du genou. Produit lui aussi par Kanye West (j'aime pas Kanye West), Finding Forever est un peu trop r'n'b à notre goût, même si on accorde au rappeur qu'il s'affiche un soupçon plus lugubre et compliqué que son prédécesseur. Les textes de Common restent au dessus du niveau moyen qu'il s'agisse de ses récits de ghetto (des histoires de putes, de jeunes filles et de misère sociale) ou d'escapades narratives chez les bobos blancs qui pratiquent le yoga et baladent leurs clebs en manteau de fourrure (bonjour les clichés). Plus "profond" et conscient (sûrement un peu trop pour ce qu'il a à dire), on trouve d'assez fastidieuses séquences sur la morale, le rapport à la maman (Zidane sort de ce corps) et j'en passe, mais toujours torchés avec suffisamment de manière pour que ce ne soit pas là où le bât blesse. Ce qui lasse ici alors que c'était une des principales qualités du MC, c'est la façon dont il a lui même neutralisé son flot, jadis un peu plus varié, dans l'atone et le sirupeux.

Finding Forever est plus doux, soul et r'n'b que ses précédents albums. Si l'on excepte l'électrique "Southside", on se situe ici presque toujours en terrain connu et sur une morne plaine musicale, certes agrémentée de jolies trouvailles (les pétillants et old school "Misunderstood" et "The Game", le dynamique "Close to Me"), mais un rien barbante sur la longueur. Sur "Drivin Me Wild", Common résume assez bien sa philosophie en chantant : "Love's not a mystery. It is everything" On peut trouver ça très cool mais aussi trouver ça un peu trop court pour asseoir un vrai travail de séduction. Il ne faut néanmoins pas en faire trop dans le lynchage, dans la mesure où c'est plus le genre que cet album là qu'on aime pas. Finding Forever, malgré l'excellent accueil critique qu'il a reçu, est un disque qui passe, qu'on écoute d'une oreille sensuelle (tout de même) mais qui ne restera pas dans les annales. Common n'évite plus les clichés du genre et nous fait trop respirer son savoir-faire pour qu'on adhère à ce qu'il faut désormais appeler une "formule".

 

 

Common - Finding Forever(Universal, juill. 2007)

 

 




Youtube de l'été #48 : Gwen Stefani - Hollaback Girl (2005)

Posté par LovelyRita le 03.09.07 à 15:41 | tags : pop, rnb, tubes de l'été, vidéos musicales, youtube
En 2005, nos soirées étaient animées par "Never Win" de Fischerspooner, de "Fa fa fa" de Datarock, du très beau "Sow Into You" de Roisin Murphy, mais aussi de Gorillaz avec "Dare" ou "Dirty Harry", mais celle qui a monopolisé une bonne partie de notre attention et de nos mouvements sur le dancefloor c'est Gwen Stefani. Stefani, l'ex-No Doubt qui revient de manière admirable sur le devant de la scène avec une nouvelle identité. Le nouveau son Stefani on le doit entre autre à André 3000 d'Outkast, aux Neptunes et à Pharrell Williams avec qui elle a co-écrit "Hollaback Girl".
 



Fatal Bazooka, symptôme d'un rap français malade

Posté par Kris le 16.07.07 à 18:26 | tags : hip hop, rigolo, rnb

"Il est mort le hip-hop" scandait Le Klub Des Loosers. Aujourd'hui, on adule un rap français claudiquant tiraillé entre la street-credibility et le marketing de l'industrie musical. Entre les deux ? Fatal Bazooka. Michael Youn a su s'infiltrer dans la brèche, dans la faille d'un univers où la musique n'est plus l'atout principal d'un artiste...musical. On surfe sur ce qui marche et ce qui plait, adaptant la forme quitte à sacrifier le fond. En parfait thermomètre de cette évolution du rap français, la radio première sur le rap : Skyrock bien sûr. A la fin des années 90, alors que la vague rap IAM/NTM avait posé ses jalons du rap à la française, la relève squattait les ondes et l'on pouvait aussi bien kiffer sur "Sans Rémission" que découvrir Rocca à quatre heures de l'aprèm. Maintenant, le slogan a changé, la radio rap s'est muté en radio hip-hop r'n'b, se résignant à passer en rotation lourde du hip hop et r'n'b ricain au dam du rap français. Car le rap français aujourd'hui ne fait plus vendre, et ce depuis un bon moment.

Michael Youn et son Fatal Bazooka est donc en pleine bourre, parodiant un genre, le rap du haut de l'iceberg, qui n'était de toute manière plus qu'un pastiche de l'ensemble, Diam's et Sinik masquant Medine, La Rumeur et autres Casey. En parodiant un rap spectacle, un rap se crachant dessus mutuellement d'un extrême à l'autre, le public néophyte (et pas forcément musicalement infirme) s'y perd et désavoue ce genre instable. Et comme bien souvent, c'est au sein même du genre que les critiques se font les plus les plus virulentes et parfois justes (qui a dit le Parti Socialiste ?), on ne sera donc pas surpris que les Svinkels soient en ghostwriting sur cet album de Fatal Bazooka. Tout ça pour dire que l'excellent webzine hip-hop Abcdrduson.com publie un dossier sur les réactions de divers figures du rap français (Rocé, Psykick Lyrikah, le co-fondateur de 45 Scientific etc.) quant au succès de Fatal Bazooka. "A une époque où les ventes de disques sont médiocres, notamment dans le hip-hop, une parodie d'album de rap vient d'être certifiée disque d'or en moins d'une semaine, avec quatre singles consécutifs programmés sur les ondes. Qu'est-ce que ça t'inspire et qu'est-ce que ça augure pour la suite ?".

Finalement, Fatal Bazooka et le rap FM se résument à ces dires de Sear, rédac' chef de feu le magazine Get Busy : "Reste le problème de la légitimité de Michael Youn. Là je me demande ce que certains lui reprochent le plus : se moquer du rap ou vendre plus de disques qu'eux ? De même pour Kamini. L'authenticité c'est quoi ? Être soi-même, parler de ce que l'on vit vraiment ? Kamini qui parle de son quotidien de Noir dans un bled à la cambrousse n'est pas moins authentique que tous les mythos qui nous balancent leurs vies imaginaires de dealeurs armés rois de la cité. Et puis parfois seul le résultat compte : si c'est drôle, c'est drôle. Point." Et ouais mec. Tu peux pas test "Pas de soucis, non pas de tiépi ici, pas de chichis, si tu dérapes on te chie dessus".

Il est mort le hip-hop. Pour mieux renaître de ses cendres ?




Clara Morgane chante avec la bouche

Posté par Myosotis le 16.03.07 à 12:24 | tags : chanson française, dub, rnb, soul
La scène RnB reçoit un renfort de choix avec l'arrivée sur le marché de l'ex-star du X Clara Morgane (qui avait déjà lancé quelques sondes musicales sous forme de... sonneries de portable) et de son single J'aime. Disponible en écoute sur le site de la miss, J'aime est un titre efficace qui s'appuie sur deux atouts : un rythme arabisant soutenu par un beat puissant et très lourd ET la présence du très rocailleux Lord Kossity en contrepoint. Si les paroles font sourire comme souvent ("je ne suis pas celle que tu crois" et patati et patata ou encore un très élégant "je veux te caresser jusqu'à l'agonie"), le mélange des deux voix est finalement assez harmonieux dans le genre la Belle et la Bête. Le travail de production est suffisamment roublard pour nous faire croire que Clara Morgane sait chanter et pour donner à Lord Kossity de faux airs de Joey Starr. Si l'on ajoute à ça, le brin de sensualité et de stupre inhérent au recyclage d'une actrice qui est habituée à d'autres contorsions, le single fonctionne aussi bien que les productions américaines équivalentes, tendance dub aux Caraïbes. Lord Kossity, aussi vulgaire qu'il soit et englué dans une imagerie pourrie héritée du gangstarap, représente la seule vraie alternative française aux producteurs des Etats-Unis et de Jamaïque. S'il est encore loin de ses idoles, Dr Dre ou Public Enemy, Lord Kossity a en lui une évolution sonore qui permettrait de précipiter le RnB français dans une autre dimension en lui intégrant des éléments de dub et de soul, hérités de ses origines caribéennes. Quelques cours d'écriture (les paroles restent affligeantes) auraient pu faire de ce J'aime autre chose qu'une merde curieuse et porteuse de promesses. Avec deux minutes de moins au compteur, le titre aurait même pu faire figure de petite bombe et transformer Clara Morgane, chanteuse surimi, en une nouvelle Rihanna.





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