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Rock'n roll : depuis les années 50, type de musique qui excite les adolescents et énerve les parents.
A lire aussi sur Flu : notre histoire du rock. En écoutant quoi ? Yeah, notre radio rock. Heureux comme un Pete Doherty en libertéOn pensait ne pas le revoir de sitôt, la tournée de festivals des Babyshambles menacée, etc. Mais Pete Doherty a, comme souvent (rappelez-vous la juge amoureuse de lui) un bol de cocu dès qu'il s'agit d'échapper à la justice de son pays. Après seulement 29 jours de prison, émaillés d'un incident (le chanteur a été photographié à nouveau en train de se shooter dans sa prison de Wormwood Scrubs, alors qu'il partageait sa cellule avec un petit dealer et était théoriquement traité à la méthadone), Doherty devrait être libéré mardi. Sa peine de 14 semaines a été réduite de moitié et de 18 jours dans le cadre d'un plan de désengorgement des prisons et une autre remise de 2 jours accordée pour prendre en compte ses 2 jours de détention préventive au commissariat. Heureux comme un Doherty en liberté, l'ex-chanteur des Libertines ne devrait néanmoins pas se retrouver, comme ici, lors du festival de l'Ile de Wight, à jouer de la guitare acoustique dans un champ. Non, non, chat échaudé ne craint pas l'eau froide. Doherty a fait savoir, par un ami, qu'il donnerait un concert mystère dès sa sortie de tôle et enchaînerait par un programme d'abrutissement (entendez, retour à la vie normale) de 3 jours pleins : boire, se droguer et puis récupérer. Après ça, et s'il ne se fait pas pincer à nouveau, le chanteur pensera à reprendre les hostilités avec son groupe avec, en ligne de mire, et s'il tient jusque -à, une tête d'affiche à Glastonbury et de nombreuses apparitions annoncées en France. Et dire que l'affreuse Kate Moss ne s'est même pas inquiétée de son sort pendant tout ce temps. A cette date, possible que son ancien compère, Carl Barat, lui revole la vedette avec ses Dirty Pretty Things, dont le deuxième album est annoncé pour fin juin, avec en éclaireur un single baptisé "Tired of England", réponse du berger à la bergère, après le "Fuck Forever" des Shambles. On s'amuse comme on peut... mais le Scrubs veille du haut de son splendide portail, bâti en 1878, sur d'anciens pâturages servant à l'époque de terrain privilégié pour les duels entre amants. Romantisme quand tu nous tiens.... ![]() The Only Ones : retour majeur et Black OperationsOn avait parlé avec enthousiasme, il y a quelques mois maintenant, du retour gagnant des Only Ones, groupe mythique de la fin des années 70 et symbole effrayant de tous les excès du rock. On avait dit alors que le groupe sonnait bien et que son chanteur Peter Perrett avait gardé sa voix miraculeusement intacte après des années passées en dehors du circuit et malgré de sévères ennuis respiratoires causés par des décennies d'addiction. Depuis l'étape londonienne qui fera très bientôt l'objet d'un DVD exceptionnel (en vente prochainement), les Only Ones ont élargi le cercle de leurs opérations et entrepris une tournée internationale qui, malheureusement, ne semble pas pressée de les mener en France. Festival au Japon, étape en Suède, le groupe de Perrett, Perry, Mair et Kellie a aujourd'hui au moins aussi belle allure que les papys Rolling Stones. Preuve en est, cette version affûtée enregistrée lors de leur premier grand show télé en direct, d'une nouvelle composition : ""Black Operations. La rumeur d'un nouvel album commence à circuler à l'écoute de cette belle séquence paranoïaque à base de NSA, de FBI et d'hommes en noir. Il y a du William Burroughs et du Frank Black dans ce texte-là. Perrett est reparti comme en 1978, la séduction de la jeunesse en moins. Les papys de la section rythmique assurent. L'immense John Perry veille au grain et nous offre un passage de guitares qui rappelle que les solos n'ont pas que de mauvais côtés. Perrett est comme toujours incroyable. Ceux qui pensent que le gros Pete Doherty est l'incarnation de l'esprit rock, jetteront un oeil sur cette vidéo. Rappelons qu'il y a quelques années, les Babyshambles avaient accueilli sur scène Perrett pour un hommage appuyé lors d'une reprise d'Another Girl, Another Planet. A l'époque, c'était Perrett qui était au purgatoire et Doherty au pinacle. Le gros joufflu a encore du chemin à faire avant de rejoindre le clan des morts-vivants qui savent chanter. Le rock est là et pas ailleurs. A déguster sans modération. Coldplay, Scarlett Johansson : SuproductionC'est quoi le pire ? Scarlett Johansson, qui se paye Dave Sitek (TV On The Radio, Celebration, Yeah Yeah Yeahs) pour produire son disque de reprises de Tom Waits et qui avec ce premier single aussi insignifiant que sa chanteuse nous fait pousser ce cri qu'on croyait ne jamais pousser : "mais pouquoi pas d'Autotune ?!". Musicalement, on pense évidemment à TV On The Radio, un peu à The Jesus And Mary Chain que Scarlett aime tant (alors que, franchement, ils n'étaient pas si bons que ça) et curieusement à... This Mortal Coil. Quelque part dans mon imagination, Sitek a fait chanter Tunde Adebimpe sur les démos pour guider Scarlett avant d'entrer en studio et ces bandes feront surface sur le net très bientôt. C'est beau de rêver.
Le pire, donc, c'est une belle production et une belle chanson gachées par une voix, ou bien est-ce Coldplay qui offre son nouveau single gratuitement Violet Hill, ce qui va sans doute mettre à la rue la moitié des vingts derniers salariés d'EMI, et qui sonne presque intéressant, sans doute grace à la production de Brian Eno ? C'est quoi la suite, l'album de Cindy Sander produit par Diplo et Switch ? M Pokora qui emprunte à la mafia pour s'acheter un beat avarié de Timbaland ? 50 Cent qui, imputant son insuccès récent au manque de plomb neuf dans sa chair, recrute Phil Spector ? (attention, un seul de ces scénarios est vrai, les autres par contre sont de bonnes idées). Le Tibet n'a pas la primeure des moines révoltésIls furent l'un des plus influents groupes underground des années 60 en Allemagne, et pourtant ils étaient américains ! Si les Beatles furent un electrochoc pour les Allemands, The Monks eux, sont devenus une légende du rock sans qui le Krautrock n'aurait certainement pas existé. Créé par cinq GI's stationnés sur une base allemande, The Monks s'opposait à la guerre du Vietnam (comme à la guerre tout court d'ailleurs) avec un humour qui frisait l'hystérie. On peut en écouter le témoignage sonore sur l'album Black Monks Time (le seul à ce jour). Brièvement reformé en 2006, le groupe s'est aussi vu anobli par l'intelligentsia indé l'année dernière sur une double compilation hommage mélangeant aussi bien des artistes rock que des producteurs electros (voir notre chronique). Un petit coup d'œil sur youtube à leur vidéo endiablées, ainsi qu'un passage sur leur site est certainement bénéfique aujourd'hui, surtout à l'heure du grand n'importe quoi crossover et du "retour du rock qui est mort". Enjoy !
D'autres vidéos sont disponibles ici. Pourquoi écouter Charles Manson
Le public adore ça, mais parlez lui d’un type qui a ordonné la mort d’une poignée de bobos californiens et d’un fœtus qui a eu la malchance de se trouver dans l’un d’eux et voilà, le public est outré, il ne veut pas entendre une note de la musique de cet homme. C’est différent, dit le public, X ou Y n’ont jamais fait de mal qu’à eux-même. Le public n’a sans doute jamais eu un junky comme ceux qu’il admire dans son entourage. Qui sait de toute façon avec certitude si son artiste favori n’a pas ordonné quelques morts dans ses années de galère ? Il y avait tellement de pop stars et tellement de Kennedy assassinés dans les années soixante que la coïncidence de ces deux populations est plus que probable. Entre sa victoire à Roland Garros et "Saga Africa", Yannick Noah aurait eut le temps de faire bien des choses. Nous oublions trop facilement qu’on ne peut et doit juger que l’œuvre, pas l’artiste. Il n’y a aucune raison de ne pas prêter une oreille à l’album que Charles Manson a enregistré en 2005 dans sa celulle et qui vient d’être mis en ligne sous license Creative Commons. Il y a aussi plein de raisons d’écouter l’œuvre de l’ancien gourou d’une secte hippie meurtrière qui vit enfermé depuis quatre décennies. Elles ne sont pas toute bonnes, bien sûr, et l’album non plus. Death of the Neighbourhood : Stephen Jones, toujours parfaitStephen Jones, notre chouchou des Babybird, est de re-retour et toujours aussi farceur. Son nouveau projet après la bérézina commerciale de son dernier album solo s'appelle Death of the Neighbourhood, un nom de groupe taillé pour se faire un tas d'amis de proximité (la mort du voisinage) et qui sent bon l'electro expérimentale. Le nom en lui-même n'est pas nouveau puisqu'il avait déjà servi par le passé à baptiser quelques titres de chanson numérotées, notamment sur le rare Plastic Tablets. Les trois titres qui sont actuellement en écoute sur la page myspace du groupe sont assez intéressants, et notamment ce très joli clip de "Cokeholes" qui semble rencontrer un bon écho critique. Le premier album du groupe sera normalement dans les bacs début juin et accueilli sur la structure Atic fondée par l'excellent [/people_restrictif], du groupe [people_restrictif], avec lequel Stephen Jones avait déjà noué quelques collaborations croisées. Le disque est annoncé comme un double album, un disque en chant vocoder dans la lignée du bizarre Almost Cured of Sadness de 2003 et un disque entièrement instrumental, annoncé comme une musique d'un film non existant. Si l'électronica de Stephen Jones n'a, en soi, rien de novateur, elle dégage à l'instar de celle composée par son ami producteur, une intense émotion mélancolique, qui nous fait attendre ce disque imaginaire avec pas mal d'impatience. Coldplay : Achtung baby ou Kid A ?
Coldplay, sans doute fidèle au concept qui a fait son succès ("viser Radiohead, toucher U2") est parti enregistrer un album en Amérique du Sud avec Brian Eno. Billboard nous dit que "le groupe se libère fréquement des construction couplet/refrain/couplet, en partciulier sur "42" qui est composé de trois sections ditinctes apparement sans relations. "Yes" passe de violons et tablas rocks à une descente shoegaze tandis qu'un groove funky sort de nulle part au milieu de "Death And All His Friends". Mince, Coldplay aurait fait un disque intéressant ?! Certes, vous me direz que Achtung Baby s'est bien vendu mais sont-ce là le genre de disques qu'enregistrent un groupe socialement responsable comme Coldplay prétend l'être quand tant d'emplois en dépendent et que tout le monde attend de vous la même chanson que vous avez déja enregistrée dix fois par album depuis dix ans ?
EMI, il faut le dire, est actuellement la plus mal en point des majors du disque et a dépensé plus d'argent à se restructurer ces derniers mois qu'à promouvoir ses disques et surtout bien plus qu'elle n'en a gagné. L'une des premières mesures de la nouvelle direction a été de rentabiliser le dernier album de Robbie Williams en vendant les très nombreux exemplaires invendus à la Chine pour reboucher les trous dans ses routes (je ne plaisante pas, c'est vrai). Il reste tellement peu d'employés à EMI que certains des plus gros artistes maisons comme les [people_restrictifThe Rolling Stones]Rolling Stones[/people_restrictif] n'ont pas renouvelé leur contrat, prétextant qu'il n'y avait plus personne chez EMI pour vendre leur disque. Le seul côté positif de l'histoire, c'est que les dépenses ont effectivement tellement été réduites (après qu'elles aient très largement augmentés en 2008 à cause des coûts de restructuration) qu'un seul album très vendu comme peut-être le sera celui de Coldplay pourrait suffir à remettre EMI sur les rails. Situation pas vraiment inédite pour une major, l'intérêt d'EMI va à l'encontre de celui de l'Art : il leur faut espérer que Coldplay a enregistré son Achtung Baby, pas son Kid A. Steve Stevens vs Billy Idol : pas de quartiers sur le shredCela faisait un bail que je me posais la question : qu'est-ce qu'il y a de pire que Billy Idol finalement ? Plein de trucs forcément. Idol ne faisait-il pas partie après tout de l'un des premiers groupes punk anglais (Chelsea devenu assez vite Generation X) ? N'avait-il pas failli perdre la vie dans un accident de la route alors qu'il menait une vraie vie rock, susceptible de faire passer Nick Cave pour Yves Duteil ? Un type qui partageait à la perfection son rictus labio-facial avec Sid Vicious pouvait-il être complètement mauvais ? Billy Idol est un punk propre, un homme à la voix limitée mais d'or, capable d'éructer et de crooner comme Sissi Sinatra la seconde d'après. En 1984, par exemple, le voici en pleine vague new wave qui nous roucoule ce splendide "Eyes Witjout A Face", clairement francophile sur lequel, en tendant l'oreille, vous pouvez entendre le bel hommage cinématographique aux Yeux sans Visage. "Eyes Witjout A Face", pour le meilleur et pour le pire, est une chanson qui ne s'oublie pas. Une chanson qui fait rire et pleurer et dont le clip brillant pour l'époque (appréciez les visages qui s'emmêlent, la lumière sur la lèvre limaçonne de l'Idol) fut réalisé par le célébrissime David Mallet, réalisateur pour Queen et Bowie. Ce qui cloche ici et ce pourquoi on a du mal avec un tel génie, c'est parce qu'Idol a un super copain et que ce super copain est un shredder de première, qui dans le clip, il saute avec sa guitare dans le champ et vient saboter la ballade. Steve Stevens a été présenté à Idol par son manager de l'époque et allait changer sa vie, substituant au son punk de ses débuts un son dominé par une guitare qui sait jouer et un peu trop bien pour ce qu'on a d'oreilles. Steve Stevens est un New-Yorkais prolixe qui réussit à graver quelques disques solos et collabora avec les plus "grands" : Joni Mitchell, Ric Ocazek, Faudel ou Robert Palmer, ce genre de mecs qui se laissent pousser les cheveux au delà du raisonnable et qui jouent de la guitare plus vite que leur ombre. Lorsque Billy Idol rencontra Steve Stevens, ce fut comme un vrai coup de foudre personnel. Ils entrèrent du même pied dans l'histoire du rock, alignant succès sur succès et accédant à une renommée qui dépassait de loin l'addition de leurs deux talents. La divinidylle se poursuivit au moins jusqu'en 2005 et la sortie de l'affreux mais attachant Devil's Playground, presque entièrement composé par Idol. Comme Stevens n'a pas encore 50 ans, on se demande ce que le futur va nous réserver. Il y a sans doute beaucoup de tapping et de sweeping en réserve pour cet artiste là, et de quoi se coller une balle dans la tête. A bon enshredder salut... Rock en Seine 2008 : nouveaux noms et billeterie ouverte
![]() Rock en Seine avait annoncé au début du mois les premiers noms de la prog de son édition 2008. Après Amy Winehouse et R.E.M., d'autres artistes sont venus enrichir le line up. Depuis la semaine dernière, Rock en Seine a ajouté The Roots, Justice, The Do, The Streets, Kaiser Chiefs et Serj Tarkan (de System Of A Down).
A noter aussi : les forfaits 2 jours à 75 euros sont en vente dès aujourd'hui. Achetez vos places pour Rock en Seine sur la billeterie concert de Flu.
Les Femmes S'En Mêlent, 11ème édition![]() Chaque année en avril, le Festival Les Femmes S'En Mêlent propose une programmation 100% féminine. Du 16 au 29 avril en France et du 16 au 26 à Paris, ce sont les femmes qui portent la guitare, domptent les claviers et font résonner leur voix. L'événement existe depuis 1997 et pour sa 11ème éditon LFSM se propose encore une fois de réunir le meilleur de la scène musique indé représentée par les femmes. Cette année on pourra voir Moriarty, Robots In Disguise, Les France Cartigny, Phoebe Killdeer, Peaches, El Perro Del Mar, Laura Marling, Promise And The Monster... Féminine, mais pas commune, la prog fait cohabiter folk, pop, rock, électro... Le festival est aussi itinérant puisqu'il passera en province à Strasbourg, Grenoble, Bordeaux, Amiens et en Europe à Berlin, Madrid, Lausanne et Bruxelles. Vous voulez des places pour LFSM ? - Réserver vos places de concert
Et les nénettes chez Flu, elles chantent quoi, elle disent quoi ? - Retour des soeurs Deal : chronique de Mountains Battles des Breeders
Pour voir la prog complète, c'est sur le site de Les Femmes S'En Mêlent Modest Mouse, une mouche piégée dans mon bocalL'an dernier j'ai parfaitement détesté "We Were Dead Before The Ship Even Sank", le dernier album de Modest Mouse après lui avoir pourtant donné bien plus d'une fois sa chance. Quelques mois plus tard, toujours aussi incrédule quand à la capacité d'un de mes groupes favoris de se planter aussi totalement, j'y suis retourné une nouvelle fois et finalement We Were Dead... n'est probablement pas si calamiteux que ça. Pas à la hauteur des sommets passés mais loin de la catastrophe de mes souvenirs. Pourquoi donc ai-je autant détesté le disque à l'époque ?
Tom Vek, pionnier malgré luiQui se souvient de Tom Vek ? Ce jeune producteur originaire de Londres et dont les compositions crossover mêlaient allègrement punk et funk, electro et rock, pop et disco lo-fi. A priori pas grand monde. C'est dommage, parce qu'aujourd'hui, de Hot Chip à Neon neon, en passant par MGMT, Glass Candy, Midnight Juggernauts, Chromatics, Yacht ou Cut Copy, tout le monde fait du Tom Vek. Alors bien sûr, pas question ici de verser dans le "c'était mieux avant", mais juste de rappeler à quel point il est parfois dommageable pour un artiste d'avoir dix ans d'avance sur tout le monde (Trax "canal historique" ne s'était pas trompé et l'avait mit en couv' du mag à l'époque). Et ce n'est pas Helmut Geier, alias DJ Hell de Gigolo Records qui nous dira le contraire, lui qu'on accuse d'arriver après la bataille avec son fabuleux mix italo disco alors qu'il est clairement l'inventeur du mélange de new wave et de techno que d'aucun (à Paris comme à New York) nommèrent electroclash. Allez, juste histoire de se rafraîchir la mémoire et de rendre à César ce qui lui appartient, je vous propose de mater la petite vidéo de "Nothing But Green Lights" le titre le plus disco de l'album We Have Sound de Tom Vek l'oublié. Hot Chip ? Vous êtes toujours là ??
Scarlett Johansson chante Tom Waits![]() Scarlett Johansson s'apprête à sortir le 19/05 Anywhere I Lay My Head, un album de reprises de Tom Waits. C'est pendant l'été 2007 que l'actrice a réalisé ce projet en compagnie du producteur David Sitek. Ce dernier est connu pour avoir bossé avec les TV On The Radio et a accompagné Johannsson dans son entreprise. C'est dans les studios de Dockside Studios en Louisiane que Sitek a réuni autour de Scarlett Johannsson ses amis multi-instrumentistes. Les cinq semaines d'enregistrement ont donné naissance à un album de 11 chansons, dont une co-écrite par l'actrice et Sitek. C'est après avoir repris un titre de George Gershwin ("Summertime") que l'actrice s'est vu confier par la structure Rhino le projet de faire un album. A ce stade, Tom Waits n'avait jamais été évoqué ; c'est finalement Johannsson elle-même qui a donné cette direction à ce projet. On retrouvera sur l'album des vocaux de David Bowie et d'un membre de TV On The Radio, Tunde Adebimpe ainsi que Nick Zimmer, guitariste des Yeah Yeah Yeahs.
Chante ta chanson et fais comme si tu savais pas que tu chantes faux
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Possible qu'on en ait déjà dit un mot par le passé, mais les détours par le site Oh My Songs (http://www.oh-my-songs.com) sont toujours tout sauf du temps perdu. Le principe de cet espace d'accueil est de proposer des chansons célèbres réenregistrées par les internautes à partir des musiques originales. En clair, il s'agit d'un karaoké (sans le texte) chanté et mis en ligne par ceux que ça amuse. Evidemment ce n'est pas très sérieux, pas très bon souvent mais cela a le mérite de montrer : 1) qu'on ne s'improvise pas chanteur 2) que même les mecs dont on se moque parfois, ceux de la Nouvelle Star ou de la Star Ac', ont une belle voix comparée à la nôtre (enfin à la mienne) et savent s'en servir 3) que franchement, et quoi qu'on en pense, Kurt Cobain avait un grain de voix inimitable. Je ne parle même pas ici des reprises de Radiohead, qui font regretter le temps où je coupais la tête des poulets et les laissais se vider de leur sang avec mon grand-père.
Parmi mes chouchous du rire mais qui choisit généralement des titres intéressants, j'ai un petit faible pour l'ami Gyokusai et notamment sa très bonne livraison (je déconne) du "Delivery" des Babyshambles. Même Pete Doherty bourré et défoncé n'avait jamais réussi à la chanter comme cela. Le principe du site est évidemment comme dans tout bon skyblog de "lâcher des com" et de dire ce qu'on en pense. En attendant, c'est assez drôle et c'est complètement légal.
En écoute sur les radios de Fluctuat #4
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Quoi de neuf cette semaine ? Il a neigé à Paris et je me suis achetée deux belles chemises. Sinon quelques CD plutôt cools reçu à la rédac et d'autres carrément craignos. Les CD cool on les a passé à la moulinette et on vous sert le meilleur sur les Radio de Flu. Duffy on en parle dans notre dossier sur la Nu Soul Music (avec Adele, Amy Winehouse and co) et son premier album est en écoute sur nos radios. Neon Neon en interview et également en prog. Si on vous dit retour de la cocopop, vous pensez à quoi ? Lire la chronique de Diamond Hoo Ha de Supergrass. Et last but not least, les space-men de Midnight Juggernauts avec leur titre "Shadows" qui annonce leur album Dystopia. Petite découverte disco qui nous fait décoller comme des fusées ces temps-ci. Disco toujours avec le projet du DJ Andy Butler avec Antony Hegarty d'Antony And The Johnsons, Hercules and Love Affair et le titre "Hercules Theme".
Et en détails, ça donne ça :
Radio Flu : Duffy - Rockferry / Gnarls Barkley - The Odd Couple / Neon neon - Stainless Style / Midnight Juggernauts - "Shadows" / Hercules and Love Affair - "Hercules Theme" / Adele "Chasing Pavements" et "Cold Shoulder" / une sélection des titres de Remixes And Parts To Be Frickeled d'Apparat Radio Pop Rock : Supergrass - Diamond Hoo Ha / Neon Neon - Stainless Style / Adele "Chasing Pavements" et "Cold Shoulder" / Midnight Juggernauts - "Shadows" Et sur Radio Chanson Française, Bleu Pétrole d'Alain Bashung et Alister avec son titre "Qu'est-ce qu'on va faire de toi ?" sont toujours en écoute.
Bien sûr c'est peut-être juste parce qu'Ida Maria est jolieAu début des années 1960 le rock était mort parce qu'il avait plus ou moins été réduit au silence par une autorité morale qui pour la dernière fois de son histoire a pu vraiment faire quelque chose. Au milieu des années 1970 le rock était mort à cause de Pink Floyd et de Yes qui avaient trop de fric, de dope et pas assez d'énergie. Au début des années 1980 le rock était mort à cause du synthé. Dans la seconde moitié des années 1990 il était sans doute plus mort que jamais à cause de l'électro, du trip hop et de Oasis. Aujourd'hui peronne n'oserait faire une déclaration aussi dramatique que "le rock est mort" parce que, historiquement, ces mots sont généralement prononcés par ceux qui veulent le ressuciter et qu'on risque là de commettre le plus grand péché critique actuel : le rockisme, l'idée que le rock d'Elvis, des Rolling Stones, du Clash, de Nirvana ou même des Libertines, selon l'âge du "rockiste", représente une forme idéale et pure de la musique dont l'authenticité et la pureté sont les seules valeurs étalons à l'aune desquelles on doit juger des autres. Aujourd'hui on doit écouter M.I.A., Burial et Britney Spears et se féliciter de notre éclectisme. Je tombe moi-même totalement dans ce cliché anti-rockiste (le rockiste dira "bobo" en s'appropriant la terminologie marketing qu'il est censé détester) et ses péchés, bien qu'ils ne m'apparaissent pas évidents aujourd'hui, seront certainement jugés durement par l'Histoire.
Ida Maria plaiera certainement aux rockistes, ceux en tout cas qui aimaient PJ Harvey, Patti Smith voire Courtney Love quand elles étaient de superbes rockeuses castratrices. Aussi fatigué qu'on puisse être par les clichés du rock, il suffit pourtant parfois aux autres d'une fille avec une voix comme la sienne pour leur redonner une vie et une raison de la vivre. Après tout, le pire pour un "anti-rockiste" serait de laisser apparaitre qu'il accorde encore suffisamment d'importance au mythe rockiste pour ignorer une artiste comme celle-là.
Cétait "Oh My God" qui a le meilleur clip, mais comme souvent j'ai du faire face à un choix cornélien puisque c'est "Stella" la meilleure chanson. Faites-moi plaisir et allez l'écouter elle aussi. Rock en Seine 2008, Amy Winehouse et R.E.M.
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Rock en Seine vient de dévoiler les premiers artistes programmés pour sa 6ème édition qui se tiendra cette année sur deux jours : jeudi 28 et vendredi 29 août. R.E.M. et Amy Winehouse ont été confirmés. Le groupe de Michael Stipe, ne faisant jusque là que deux dates cet été pour promouvoir Accelerate, à Nice et à Lyon, contentera ainsi les Parisiens qui pestaient contre leur non-passage dans la capitale. Et pour Amy Winehouse, elle n'aura pas droit à l'erreur, l'année dernière elle avait déjà été programmée et avait du annuler son concert quelques jours avant pour cause de cure de désintox. Une trentaine de concerts sont annoncés pour le festival...on attend le reste.
Les forfaits 2 jours seront en vente dès le 15/04 au prix de 75 €.
Achetez vos places pour Rock en Seine sur la billeterie concert de Flu. Lire la chronique d'Accelerate Albums cultes des géants du bizarre #35 : Suicide – St
Avec un tel passif et un tel parcours, facile de deviner que Suicide est un projet culte et bizarre. Forcément leur discographie ne l'est pas moins. Pour illustrer cette chronique, je choisirais pourtant la première éjaculation électrique, le fameux album sanglant, celui que l'on connaît désormais sous le nom de Suicide l'album. Paru en 1977 ce disque est un choc pour l'industrie du disque et le public. Une électrocution. Tous les morceaux emblématiques joués live par le duo depuis 76 sont présents, sous une pochette digne du nom que se sont choisi ces deux mutants : une scarification ensanglantée sur fond "blanc lavabo". Plus qu'un disque, Suicide est le manifeste d'une ville malade mais libre, celle du No New York de Lydia Lunch, de James Chance, de DNA et Mars, des premières expériences de Jim Jarmush (Permanent Vacation), bref, celui de la No Wave à venir. Suicide sur scène est plus proche de la performance que du véritable concert. Alan est vêtu de noir, uniquement muni d'un micro et Martin arborant ses célèbres lunettes de ski géantes, se tient raide, en retrait, derrière un orgue électrique bricolé, voire parfois une simple boite de sa fabrication équipée de quelques touches. Il ne "joue" qu'avec une main, l'autre servant à rejeter les débris que le public lance sur la scène. La musique du duo fait immanquablement penser au célèbre tableau du peintre expressionniste Edward Munch, "Le Cri". Et le cri, c'est Vega bien sûr.
Sur l'éponyme Suicide, Alan Vega éructe, geins et hulule des textes parlant de motard fantôme ("Ghost Rider"), de chômeur désespéré exécutant toute sa famille avant de mettre fin à ces jours ("Frankie Teardrop") ou de bombes nucléaires frappant les Etats-Unis ("Rocket U.S.A"). Hypnotique. Envoûtant. Effrayant. De son côté, Martin Rev fait bourdonner ses machines, attise les infrabasses et développe des boucles hypnotiques pour une musique répétitive et robotique, qui annoncera avec 5 ans d'avance la scène industrielle et, plus loin encore, la techno. Je n'ai jamais rien entendu qui soit de l'avant-garde, déclare Alan Vega en 1980, en parlant de Suicide. Pour moi, c'était seulement le blues de New York City. Un blues urbain perverti par les machines, qui s'assagit malgré tout dés le deuxième album sobrement intitulé Alan Vega - Martin Rev. Avec des titres comme "Diamonds, Fur Coat, Champagne", "Shadazz" ou "Dance", Vega et Rev célèbrent les fêtes underground de New York et mélangent sans complexe l'esprit disco du Paradise Garage et du Studio 54 avec les remugles du punk et le désespoir de la new wave naissante. Encore un must, mais c'est une autre histoire...
Suicide - St (Ariola, 1977) + de multiples rééditions, dont une en double CD accompagnée d'un live. R.E.M. des premiers murmures à l'accélération du tempsCeux qui n’ont pas embrassé avec la langue, et de leur vivant, une fille, un mec ou même animal (majeur, s’entend) à la sortie d’une boîte de nuit en écoutant "Losing My Religion" ne comprendront jamais ce que R.E.M. a apporté au rock et à ceux qui l’écoutent. C’était il y a 15 ou 16 ans maintenant mais chacun s’en souvient comme si c’était hier : l’explosion médiatique et commerciale d’un groupe né, comme l’exigent les légendes, dans un magasin de disques d’Athens (Georgie) au début de l’année 1980. Peter Buck était derrière le comptoir et Michael Stipe, sorte de grand échalas (chevelu) et "supposément gay", venait lui acheter les disques qu’il avait tenté de planquer pour sa consommation personnelle. Treize albums ont passé depuis dont Out Of Time et Automatic For The People, leurs deux plus grands succès mais pas nécessairement les meilleurs (Murmur tient la corde, devant le cafardeux Fables Of The Reconstruction, moins connu et produit par le vétéran Joe Boyd). R.E.M. s’est remis de tout et de pas grand-chose. Il aura fallu dix ans et quelques albums moyens (dont le dernier Around The Sun, incroyablement décevant) au groupe pour oublier la perte de leur batteur Bill Berry, pour raisons médicales. Il aura fallu dix ans ou presque pour accepter l’idée d’être R.E.M. et de devoir faire ce qui était prévu par les plans des Dieux du Rock. (Myosotis) Et si Accelerate, sorti en mars 2008 était n'était rien d'autre qu'un album de R.E.M. et qu'il nous renvoyait l'image d'un groupe vieillissant du mieux qu'il peut. Analyse de l'album, grâce au track by track d'Accelerate, (long) portrait de R.E.M. et écoute des albums (Murmur, Out Of Time, Automatic For The People, New Adventures In Hi-Fi, Up et Reveal) sur la radio pop-rock. Côté actu, R.E.M. a balancé sur Youtube une conférence de presse sur les penchants sexuels de ses membres : Art of Albion, Pete Doherty expose![]() Pete Doherty, chanteur rockeur, Pete artiste expose certaines de ses oeuvres à Paris dans une galerie du 18ème. Après avoir été hissé au rang de Arthur Rimbaud rock'n'roll, l'ex-chanteur des Libertines et actuel Babyshambles a toujours voulu s'inscrire dans une démarche artistique en faisant de son songwriting, un pendant de la poésie et de ses pochettes de CD, des oeuvres d'art. C'est dans ses Books of Albion, ses carnets de notes qu'il ne quitte jamais, que le chanteur exprime sa sensiblité en écrivant poèmes et pensées et en dessinant croquis en tous genres. L'expo, Art of Albion, regroupera 32 oeuvres (toiles et dessins) où Doherty a fait usage de son propre sang. Une série d'oeuvres patchwork (faites à l'encre, au crayon ou à partir de collages de photos) où le chanteur se livre et revient sur son image par le biais d'auto-portraits, sur Kate Moss, sur la case prison, ses nuits blanches... Doherty avait déjà exposé à Londres, à Nothing Hill et avait vu ses oeuvres se vendre comme des petits pains (entre 800 et 45 000 £). Du 25/04 au 11/05 Galerie Chappe 21, rue Chappe - 75018 Tous les jours - de 14h à 20h Land 250, Patti Smitth à la Fondation Cartier
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A l'instar de David Lynch l'année dernière, c'est Patti Smith qui occupe à partir d'aujourd'hui l'espace de la Fondation Cartier. Avec Land 250, Smith présente du 28/03 au 22/06 une série d'oeuvres réalisées de 1967 à 2007, autant de pièces nécessaires pour saisir au mieux la dimension globale de la carrière de la chanteuse amércicaine. C'est en 1967 à son arrivée à New York qu'elle fait la rencontre du photographe Robert Mapplethorpe, et par la suite de Sam Shepard, William Burroughs... La jeune femme cherche alors un moyen de mêler poésie, théâtre, revendications politiques et musique. Implquée dans le mouvement punk au milieu des années 70, elle sort également de nombreux recueils de poèmes (Babel en 1977...), expose ses dessins (à la Robert Miller Gallery...) et livre au rock ses plus beaux disques (Horses, Easter...) et ses plus beaux hymnes ("Because the night", "People have the power"). Dessins, films, photos, manuscrits et trèsors personnels de la chanteuse seront exposés à la Fondation Cartier et une série d'évements off enrichiront la manisfestation :
Soirée Patti Smith/Virginia Woolf - ven 28/03 à 21h
Concert acoustique de Patti Smith - dim 06/04 à 21h
Concert de Tom Verlaine - dim 20/04 à 21h
Jusqu'à juin, d'autres Soirées Nomades Patti Smith consacrées à la musique et à la poésie sont organisées, ainsi qu'une série d'activités pour le jeune public.
Expo Patti Smith - Land 250 du 28/03 au 22/06 à la Fondation Cartier Les oubliés du... blues : Tony Mc Phee et les Groundhogs Ce n'est pas parce que Mark E. Smith et The Fall reprennent sur leur nouvel (et excellent) album, un titre des Groundhogs ("Strange Town"), qu'il ne faut pas en parler. Ceux qui aiment et n'aiment pas le blues (Steve Vai joue-t-il du rock ou du blues d'ailleurs) sauront de qui on veut parler rien qu'à les écouter : les Groundhogs sont peut-être l'un des secrets les mieux gardés de la planète blues, l'un de ces groupes légendaires toujours à la limite du supportable et de l'enchanteur qui hantent le circuit depuis maintenant près de 40 ans. Beach Boys du blues pour les uns ou stade ultime du catastrocapitalisme musical selon les autres, les Groundhogs sont un mystère pour le bon goût et la poésie. Si leur chanteur et guitariste en chef, Tony Mc Phee, et son ancienne section rythmique (Ken Pustelnik et Peter Cruishkank) se disputent aujourd'hui le droit de porter le nom du groupe originel, c'est parce que, sur scène, la simple évocation du groupe qui joua avec John Lee Hooker ou Champion Jack Dupree, mais aussi qui ouvrit pour les Rolling Stones (en 1971), suffit à faire entrer la money. Il se raconte même que, depuis leur création en 1963, Tony Mc Phee n'a pas pris un jour de congés, s'assurant concert après concert qu'une majorité d'êtres humains l'ont vu sur scène un jour. Si l'homme a pris un coup de vieux depuis qu'il a récupéré la serpillière qui servait de chevelure à Jay Mascis depuis la séparation des Dinosaur Jr, Mc Phee n'a pas tellement changé depuis leur premier album Scratching the Surface en 1968. Les Groundhogs n'ont cessé d'explorer les possibilités de la guitare électrique et les limites humaines au solo de guitares (de qualité). Bizarremment, c'est leur troisième essai, le bien nommé Blues Oblituary, qui reste aujourd'hui leur disque le plus fréquentable. Sur Light Was The Day, le dernier morceau de 7 minutes et quelques, Mc Phee n'est pas loin d'égaler la virtuosité psychédélique de Jimmy Hendrix. Son slide est monumental, se déployant dans l'espace comme une longue vague (très très longue) d'accords qui vous tombe sur la tronche, fait passer votre surf pour une péniche ailée et prend vite des allures hypnotiques. Heureusement Mc Phee sait aussi chanter et réussit entre Neil Young et... Marillion, à créer de splendides moments de grâce. C'est grâce à ce genre d'enregistrements et à d'autres délires moustachus que les Groundhogs sont devenus au fil des années l'un des groupes pré-progressifs et blues rock les plus célèbres des Iles Britanniques. Ceux qui ne sont pas prêts à franchir le pas du tout expérimental pourront aller faire un (petit) tour du côté de Thank Christ for the Bomb, album concept dont est tiré le "StrangeTown" de The Fall, et qui reste, peut-être leur album le plus accessible. Les chansons sont plus courtes qu'à l'accoutumée et mettent en valeur le jeu de guitares d'un Mc Phee étrangement sobre et peu volubile. Un Richard Cheese et ça repart : le roi de la cover loungeCeux qui pensaient que le Mike Flowers Pop et Nouvelle Vague étaient hypercools, ne connaissent sûrement pas les versions étincelantes des meilleurs titres des....meilleures musiques passées à la moulinette du fabuleux Richard Cheese and Lounge Against the Machine. Ces artistes de Los Angeles emmenés par le chanteur, comédien et showman Richard Cheese, alias Mark Jonathan Davis, sont assez réputés aux Etats-Unis où ils se sont taillé un franc succès depuis leur "invention" en 2000. Cheese est le seul membre permanent d'un groupe dont les membres sous pseudonyme doivent endosser le rôle du type qu'ils remplacent. Ainsi le piano est-il toujours tenu par Bobby Ricotta et les percussions par Frank Feta, la basse par Gordon Brie. Vous l'aurez compris, on a chez Cheese, la rigolade fromagère facile. (je vous passe le jeu de mots libidineux sur Richard "Dick" Cheese, référence argotique à la moisissure blanche qui se dépose entre le gland et la peau...lorsqu'on se nettoie mal le pénis...!). Côté fringues, Cheese est l'un des rares rockeurs (avec feu David Morena ?) à ne pas craindre le tee-shirt et le pantalon panthère, les mitaines en dentelle, la chemise à jabot et ce genre d'accessoires. Son single le plus célèbre reste l'amusant et sexuel "I'd Like A Virgin", détournement salace du hit de Madonna. Leur best-of, sorti en 2006, The Sunny Side of The Moon, donne une excellente idée du champ (étendu) de leur talent. On y trouve pêle-mêle des reprises de Nirvana, de U2, des Clash, de Snoop Dogg ou même de Radiohead (leur "Creep" est presque aussi réussi que l'original). Là où Nouvelle Vague la joue sérieux et bobo, Cheese la joue populo et kitsch mais sans ce brin de dérision et de méchanceté inhérente aux parodies. Surtout, et qu'il s'agisse de rap ou de rock, des Beastie Boys ou des Pink Floyd , le Lounge Orchestra est toujours aussi appliqué, virtuose et juste. Joyeux veinards, un album sort prochainement avec des reprises des Smiths, de Britney Spears, des Pussycat Dolls, de Radiohead (encore) et de Korn (toujours). La Brit Box : compilation indie de l'année ?
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Si vous pensez que le rock n'a rien connu de plus excitant depuis... les Smiths, le duel Oasis/Blur arbitré par Pulp en 1995-1996, si vous pensez que Kula Shaker est un groupe cool et de qualité et que la pop anglaise est la meilleure musique au monde, cette cabine téléphonique est faite pour vous. Cadeau des dieux inespéré lâché par Rhino Records, la maison qui fait les meilleures compilations historiques depuis quelques années, cette Brit Box est un "must-have" pour tous les fans de pop qui se respectent. Sous-titrée Uk Indie, Shoegaze & Brit Pop Gems of the Last Millenium, cette anthologie en 4 CDs et quelques 80 morceaux est tout simplement organisée chronologiquement pour nous offrir un tour d'horizon du meilleur (et parfois du pire) de la production anglaise de ces 25 dernières années. Le premier CD s'intéresse aux inventeurs historiques de la pop anglaise des années 80, ceux qui après les Beatles et la vague punk, vont reprendre le flambeau de la variét' pop et le porter au firmament des charts thatchériens. Les Smiths ouvrent le bal suivis par la crème de Madchester : les Happy Mondays, The Stone Roses, The La's, The Cure, Echo and the Bunnymen ou encore les disparus Sundays.
Le disque 2, un peu plus musclé, reparle de Ride, Lush (qui se souvient de Lush aujourd'hui ?) et My Bloody Valentine, mais aussi d'une multitude d'oubliés de la pop, comme Moose, les Dylans ou Family Cat. Le disque 3 est un hommage un peu trop appuyé à la Brit Pop avec The Boo Radleys, Echobelly, Suede et les autres qui rappellent que cette période, qu'on tend à mépriser, était aussi l'une des plus créatives de ces vingt dernières années. "Sleep Well Tonight" de Gene avait une sacrée gueule et Menswear avait un chouette look. Le disque 4 et dernier est un beau mélange de n'importe quoi entre Babybird, Placebo, Hurricane #1, Cornershop ou les Super Furry Animals. La plupart du temps, les types qui ont fait la sélection ont choisi les hits et les titres les plus connus des groupes référencés, ce qui rend le divertissement certes un peu moins précieux pour ceux qui ont vécu la période en direct, mais offre un joli panorama de chansons imparables et de mégahits. Ceux qui auront tenté une compilation "les meilleurs tubes français des années 80-90" comprendront pourquoi on répète sans cesse qu'il vaut mieux être anglais que français et pourquoi Laetitia Casta et les meilleurs footballeurs de la planète jouent à Londres et pas au PSG. (c'est une autre histoire).
L'objet dans lequel est présenté cette compilation est en plus de nature à embellir un intérieur de chambre bordélique. Il ne rentre dans aucun meuble range-CD et a une dimension hors norme et un joli livret qui achèvent d'enlever la décision : ruez-vous sur cette Brit Box si vous la trouvez.... ou trouvez la à -40% sur ebay. On se demande comment des êtres humains peuvent revendre une telle merveille mais bon...
The Kills : Boom Boom Tchack
La caution il faut bien le dire, le petit détail qui m'a poussé à réitérer l'essai, fut l'annonce d'un album en parti produit - pendant des sessions houleuses - par Alex Epton, alias Armani XXXChange de Spank Rock. Paradoxalement, c'est aussi un contre-argument. On pouvait s'attendre en effet à un énième disque de "rock qui danse", ou pire d'electro-rock, or il n'en est rien. Clairement, si Epton a apporté quelque chose à Midnight Boom, c'est une touche de modernité sexuelle au blues urbain, poisseux et vombrissant de The Kills. Le disque s'ouvre sur un "U.R.A. Fever" fiévreux (facile) aux guitares vicieuses, qui a déjà fait le tour du web en vidéo. On s'attardera donc plutôt sur la (very) noisy pop de "Sour & Cherry" et on s'arrêtera surtout, sur le classieux "Cheap and Cheerfull". Avec son refrain "I need you to be crazy 'cause you boring baby when your straigth, I need you to be crazy 'cause you stupid baby when your sane", je reconnais que ce titre m'aurait certainement sacrément fait bandé au milieu des années 80, surtout chanté par une fille aussi sexy qu'Allison. Nul doute qu'après une ou deux écoutes j'aurais rangé ce disque entre mon exemplaire vinyle du Psychocandy de Jesus and Mary Chain (dont The Kills reprennent sans le vouloir bien des gimmick, voir le chancelant et vénéneux, "Tape Song", très Darkland, ainsi qu'une certaine attitude laid back, agressive passive) et le premier Mazzy Star (que ne manque pas d'évoquer "Goodnight Bad Morning", ultime track qui clôt merveilleusement Midnight Boom). Globalement, la présence d'un Spank Rock aux manettes n'est pas évidente (ce que le duo explique longuement dans le magazine Trax, pour ceux que cela intéresse). C'est finalement sur un "Last Day of Magic" pourtant plutôt apaisé que la production d'Alex Epton se fait plus présente. Presque "Blondiesque" et donc oscillant entre disco, rock et new wave, ce titre répond a un "What New York Use to Be" presque electro, avec sa mélodie à la fois sautillante et tempétueuse. On ne peut pas ignorer non plus "Getting Down" et son refrain totalement addictif, ni le talent vocal d'Alison qui s'offre même une magnifique ballade, en l'occurrence un "Black Balloon" qui vient presque faire de l'ombre à Hope Sandoval des sus-cités Mazzy Star. C'est dire !
Pour finir j'ajouterais que l'option dansante étant tout de même présente de façon subliminale sur tout l'album ou presque (hé oui, qui dit "blues", dit quatre temps primitif qui donne envie de remuer des hanches et de taper dans ses mains), on imagine tout de même très bien notre Ivan Smagghe national ajouter à nouveau un titre de ce boom d'album à son tableau de chasse. A minuit, ou pas d'ailleurs. En attendant profitons du clip étonnant et magique de "Cheap and Cheerfull".
The Kills - Midnight Boom (Domino/Pias) |