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Rock à Saint Malo, larsens au bord de l'eau, les pieds dans la mer, les tympans en enfer. Festival estival très bien, écho(quillage) sur Playlist.
La Route du Rock 2008, intègre mais menacée![]() Est-ce que la pop est morte? Drôle de question, un peu saugrenue à l'heure de MGMT, Jamie Lidell et autres Santogold. Cette interrogation, lue sur la page d'accueil du site de La Route du Rock, découle d'une autre inquiétude. Financière. Le niveau musical de la production pop-rock actuelle n'est évidemment pas mis en cause. Non, d'ailleurs "le « spectacle vivant » ne s’est jamais aussi bien porté" lit-on plus loin. "Mais il rentre en crise… Et concernant les festivals de musique, les répercussions de la chute du disque (les artistes se rattrapent sur le live en exigeant des cachets surréalistes), la concurrence à coup de capitaux, les obligations administratives légitimes mais parfois incohérentes fragilisent sérieusement un secteur longtemps délaissé…" Un festival passionnant comme La Route du Rock, toujours audacieux et pointu dans sa programmation, qui met régulièrement à l'affiche - et avant tout le monde - des groupes indés comme TV On The Radio, Animal Collective ou The Coral, ce type de festival serait en danger. "Alors comment poursuivre notre chemin ? Comment s’adapter, résister et/ou survivre ?" S'interroge la direction du festival de St-Malo. "Et est-ce finalement utile de se donner tout ce mal ?" Les déficits atteindraient les 200 000 euros. Situation si périlleuse que "de nouvelles déconvenues en 2008" pourraient sonner le glas de l'évènement musical. C'est malheureux, mais pas si étonnant que ça, quand on sait, par exemple, que les Smashing Pumpkins ont demandé 120 000 euros de cachet pour l'édition précédente, soit 45% du budget artistique du festival...Festival qui, dos au mur, n'a pas d'autre choix aujourd'hui que de solliciter un appel au don.
Heureusement, ces problèmes de sous n'altèrent en rien la qualité de la Collection Eté 2008. Ne cédons pas au pathos ! Et courrons plutôt à cette 18e édition de La Route du Rock, qui se déroulera les 14, 15 et 16 août 2008 à Saint-Malo, voir Sigur Ros, The Do, The Breeders, Tindersticks, The Notwist,Foals, The Ting Tings, Fuck Buttons, Why?, Midnight Juggernauts, Bowerbirds ou encore Adam Kesher, déjà confirmés.
Voici le programme, pour l'instant: Jeudi 14 août : The Breeders, Tindersticks, The Do, Foals, Fuck Buttons, ...
Pour de plus amples infos: Putain de Sonic Youth![]() "Trop long ?!!" Cette phrase (à prononcer dans un étranglement), je l'ai répété quelques douzaines de fois après le concert aux gens qui me donnaient leur impression générale du set. Dix neuf ans après sa sortie dans le commerce, Sonic Youth joue Daydream Nation, ce monolithe, dans l'ordre et en live. Ces 70 minutes d'indie fondateur, passées à la moulinette des années, renaissent en live avec une fureur et une arrogance bienfaitrice. Tout a déjà été dit sur ce disque bien avant que je ne le découvre, et avec un groupe en aussi bonne forme, il paraît naturel que le live ait été aussi énorme. Les fans de Sonic Youth auront vu passer la performance comme un rêve, électrique et cotonneux à la fois, expérimental, rentre-dedans, frappant de bâtardise et de grâce. Les autres auront été destabilisés par les parties expérimentales du disque/set, et les violences que Thurston Moore inflige régulièrement aux cordes de sa guitare, pour en tirer de très diverses conclusions sur la qualité du concert. "Les vieux groupes qui marchent encore, c'est ceux qui ne se sont jamais arrêtés." Un addage récupéré dans le public des convaincus, alors que le groupe quitte la scène et que le public crie tout de même sa joie en masse. Les minutes s'écoulent, durant lesquelles certains descendent du nuage. Juste à temps pour voir revenir la bande et un nouveau venu, introduit par Moore avec cette phrase : "Back to the 21th century ! My boy is gonna play some songs with us." Et voilà le fiston de Thurston fraîchement débarqué, guitare en main, qui accompagne le groupe sur six titres de Rather Ripped. Parce que jouer Daydream Nation tout seul et se casser était vraiment trop chiant et opportuniste pour eux. Côté public, c'est la cerise sur le gâteau ou la goutte de trop. La vérité, que bien évidemment je suis le seul et unique à détenir, c'est que les deux heures durant lesquelles Sonic Youth a brûlé la scène, les amplis et les tympans font partie, avec LCD Soundsystem, des meilleurs moments de tout le festival. C'est pourtant pas si compliqué, le rock est question d'audace, de son et lei fameux "esprit rock" n'est qu'un synonyme d'"intégrité artistique". "I ripped your heart out from your chest, replaced it with a grenade blast." Comment ça "trop long" ? LCD Sounsystem, I Love You
En bref, LCD Soundsystem est juste un des meilleurs groupes actuels et, comme leur set de la Route du Rock l'a démontré, il n'y a pas à s'en étonner. Quand tout fonctionne parfaitement et quand le batteur joue très vite et très bien et quand le chanteur tire le maximum de ses capacités relativement limitées et que la basse fait bouger des milliers de fesses à l'unisson et que le set compte deux prétendants à la chanson de l'année avec "All My Friends" et "New York, I Love You" (manquait juste "Someone Great", donc) tout ça semble le plus naturel du monde. Bien sûr, c'est juste ça que tous les autres groupes auraient du faire ! Pourquoi n'y ont-ils pas pensé alors que ça parait si facile, si évident ? Ca ne l'est sans doute pas tant que ça mais qui a envie de savoir comment les saucisses sont faites ? Dans la fosse on oublie vite le côté "petit malin" du James Murphy studio qui empile les clins d'oeil comme des boîtes de conserve au supermarché. On retient juste un set ultra efficace, joué à fond et sans temps morts. Au moment de se dire au revoir, on s'est partagé les tâches avec Flyer. Je voulais Sonic Youth et lui aussi. "Je ne me souviens absolument pas de LCD Soundsystem" m'avoue-t-il en usant du ton de petit garçon grâce auquel il m'a déjà refilé les Smashing Pumpkins. Je comprends pourtant parce que j'ai moi-même plus de souvenir dans mon corps que dans ma tête. Outre la ferveur du public (qui pour cet ultime concert était, reconnaissons-le, dans un état qui facilitait grandement la tâche au groupe), ce dont je me souviens c'est de notre amie paralytique dont le stoïcisme n'avait pas été perturbé une seule fois du festival. Dansant comme un fou derrière elle, je lui jetais régulièrement un oeil et je l'ai bien vue, je vous promets, elle a remué doucement la tête. Electrelane, stoner romantique![]() Il n'y a pas grand chose de générique chez Electrelane si ce n'est leur propre musique. En quelques albums et à force de concerts implacables, les quatres Anglaises se sont imposées dans la liste fermée des chouchous de festivals, attendues avec délice et entendues avec ravissement sans coup férir. Une fois n'est pas coutume, leur noyau dur de fans, qui s'étend de plusieurs rangs chaque année, se déhanchait à s'en déboîter les os, tandis que la foule, au début clairsemée, gagnait en densité avec les troupeaux de curieux séduits par leur son. Ces nanas font du stoner, alignent les riffs, carrées et régulières comme des trains, et maltraitent la masculinité du genre par leurs voix, leurs paroles et leurs nappes mélodiques. Flottantes et suaves, elles insufflent une véritable romance dans leur tempête de rock à chaud. Mais ? Oui, un tout petit "mais". Même si leur set paraît (comme à chaque fois) très court, la vague qu'elle jette sur le public a toujours la même saveur. C'est exquis, certes, mais comme sur album, Electrelane n'est pas tant un groupe qui surprend qu'un groupe qui emporte. En tout cas, ces filles-là ont des tonnes de choses à apprendre à énormément de groupes de mecs en cuir ou en Armani qui jouent les rock stars du pauvre. Et oui, les crevards à guitare : la révolte est une affaire d'émotion. Route du Rock en JPEG, les têtes d'affichesRoute du Rock en JPEG, les amuseursLa Route du Rock en JPEGOn a loupé l'accréditation photo cette année pour vous ramener de beaux clichés du devant de scène, alors on fait avec les moyens du bord pour vous donner quelques idées de ce qui s'y passe.
Pictured by 2goldfish The Smashing Pumpkins : Heavy Metal Circus
Les Smashing Pumpkins, j'ai du mal à m'en défaire. J'ai été les voir par pure nostalgie au Grand Rex en mai, je les ai croisé par hasard à Barcelone en juin et là ils viennent dans MA Route du Rock comme si je n'avais pas assez entendu "Today" et "Zero" cette année. Une bonne chose donc, que le groupe se soit radicalement transformé en quelque mois. Exit les tenues de super héros et les robes de mariée, bonjour le look euh.. clodo-chic ? La setlist, si elle fait toujours la part belle aux vieux tubes (on est dans un festival après tout) laisse heureusement peu de place aux extraits du nouvel album qui sont cependant tout à fait corrects une fois défaits des artifices de production de Zeitgeist. Des vieilleries totalement réarrangées et d'autres raretés asurent le contentement de tous, du fan (venu en masse. en grosse, grosse masse) et du passant improbable, peut-être venu pour le concert annulé de Peter Bjorn & John. Même si les sentiments exprimés par Billy Corgan semblent aujourd'hui loin de nous, lui à quarante ans assume totalement ses paroles de goth de quatorze piges et des solos de guitare à la Van Halen entre quelques roulements de batteries spectaculaires de l'excellent batteur Jimmy Chamberlin. Avec l'âge, ils semblent avoir abandonné toute fausse modestie et se lancent dans des jams parfois prétentieux, souvent trop longs mais aussi terriblement satisfaisants par moments. Corgan et son nouveau guitariste Jeff Schroeder se lancent dans des duels de solos avec la jubilation d'un joueur débutant de guitar hero. La foule est devenue une masse compacte violemment secouée par le métal et unie par les hymnes universalistes pré-émo comme "Tonight, Tonight" ou "Disarm". Ces citrouilles sont peut-être le groupe le moins dansant de tout le festival mais qui pourrait danser, de toute façon, quand il se bat amicalement avec son voisin pour assurer son espace vital ? Situé un cran au dessus de toute considération esthétique, ce bon gros show rock a emporté le public et nous avec, nous vidant de toute notre énergie. On est vraiment désolé pour CSS, d'autant plus que le bruit court que Lovefoxx a terminé le show vêtue uniquement de paillettes. Un type bourré et nu me l'a dit, en tout cas. Fujiya & Miyagi résistent à tout
Certains pissent entre copains contre la barrière pendant les instrumentaux Kraftwerk-iens, mais recommencent à danser avant d'avoir refermé leur braguette. D'autres s'asseoient pendant les chansons funky/new-wave et ils ne peuvent pourtant s'empêcher de remuer la tête en rythme. Même quand je perçois avec étonnement une ressemblance avec INXS (c'est donc pour ça que Maxence les aime tant ?) je me dois de reconnaître que ça reste très bon. INXS est pourtant à ma connaissance toujours resté loin de l'esprit de tous les réhabilitateurs de la pop. Qu'y-a-t-il de si mal dans un peu de guitare funk à la javel ? Oui, Fujiya & Miyagi sont bons comme ça : j'ai presque envie d'écouter Suicide Blonde. Je n'en ferais rien, rassurez-vous. The Go! Team : Should I Stay or...
Sur disque comme sur scène, ils souffrent de toujours sonner pareil et surtout d'un songwriting faiblard qui n'est jamais caché qu'un temps par l'agitation qui l'entoure. Parfois pourtant, tous ces éléments que j'aime tant chez eux s'unissent en un tout consistant, la sauce prend - un peu par hasard semble-t-il - et le concert devient merveilleux. Ils s'échangent leurs instruments en courant, la rappeuse Ninja danse n'importe comment, le guitariste devient deuxième batteur, la choriste prend le devant de la scène et je me fends d'un de mes célèbres mouvements de danse tueurs, qui suscitent l'admiration de tous autour de moi. En tout cas l'ambiance est suffisamment enjouée pour que j'imagine cette admiration dans le regard des autres et ça me suffit amplement. Au final on reste sur une impression en demi teinte, hésitante, le concert était tour à tour moins bon et meilleur que je ne l'aurais cru, l'enthousiasme de toute l'équipe et les déclarations bancales entre les chansons de la part ailleurs charmante Ninja peuvent basculer de l'insupportable à l'irrésistible à la vitesse du vent qui fait flotter l'écran géant comme une bannière animée du futur. A la fin, l'écran aura disparu, peut-être s'est-il envolé et a-t-il pris aux pièges les VIP en dessous, peut-être a-t-il juste été décroché par l'organisation. Ainsi s'achève ce moment d'ambiguïté. Justice, c'est surfait de dire que c'est surfait
"C'est un album d'une modernité affolante, au tempo souvent lent, à la croisée du métal et de la techno, qui ravit autant les amateurs de house filtrée que les indie kids. Justice pour tous..." dit le Dossier De Presse. Menteur. Justice réanime la flamme Daft Punk avec une recette à peine mise à jour. On repassera pour la modernité. Mais est-ce que c'est mal ? Non. Est-ce que c'est pas mal ? Euh oui. Les filtres sont bidouillés, le mix balancé à la Route du Rock ressemble aux mix servis dans toute l'Europe, à un sample des Klaxons près. Pas d'avant-garde électro là-dedans. De toutes façons, ce n'est pas ce que quiconque y cherche.
Non, c'est pas nul, c'est très bien fait. Non, c'est pas bien non plus, leurs ficelles musicales ont des gueules de câbles pour paquebot. En une heure, on a le temps de danser, de sauter et de s'emmerder. Sans surprise (on est pas chez Fatboy Slim) mais avec conviction. On trouvera surtout chez Justice ce qu'on veut y trouver, du génie ou de l'escroquerie, parce qu'au fond ces mecs ne sont que des marchands de fun. Comme dans une montagne russe, tout l'intérêt réside dans la première fois. Art Brut, concert éthylique
Le groupe derrière joue un rock assez bateau, parfois avec les mêmes tics rythmiques que The National et toute l'Angleterre mais avec un flottement et une classe qui évoquent la technique de l'homme saoul de Jackie Chan. Tout semble joué à côté, tenir a peine debout et pourtant le groupe ne tombe jamais, il ne trébuche même pas. Il faut dire qu'il a le temps de retrouver son équilibre pendant les diatribes d'Argos qui nous raconte sa rencontre imaginaire avec Jay Z ou qui s'amuse à citer Morissey ou les Undertones. Je ne saurais dire s'il avait vraiment bu, ça fait longtemps que je sais que l'ivresse est la chose la plus facile à feindre, mais peu importe : il s'agissait d'un grand numéro de music hall. The Go! Team aura du mal à faire mieux. The National, de la boue jusque dans les oreilles
Ce qu'en dit le dossier de presse. "The National n'en finit plus de nous émerveiller : après un Alligator mordant, c'est au tour d'un Boxer racé de nous mettre KO. Avec une classe affolante, les New-Yorkais enchaînent les chansons d'une beauté fièvreuse, mélanges de spleen et d'espoir, aux éclats dramatiques." New York, New York... Il y a déjà trop d'adjectifs bidons dans ce dossier de presse pour être sincère. Je le sais, j'en écris aussi. Allez, je vous l'avoue, je n'ai jamais aimé The National. Deux albums qui ont la grâce d'un pet et trois concerts avec celui qui vient de s'achever à la Route du Rock : trois grandes plages d'ennui qui m'ont donné l'impression de gâcher mon temps, ma vie et mes oreilles. Qui aime The National ? Que faut-il faire pour aider The National à mieux jouer ? Route du Rock : Départ humide
Herman Dune, il n'y a pas grand chose à en dire : c'est gentil, parfois dansant, vaguement ennuyeux, un peu mignon. Leur ambition semble être de sonner comme la bande son d'un film de Tarantino. Ce qui veut dire un peu rétro, cuivré et (tant qu'ils n'apparaitront pas sur cette bande originale de film) totalement oublié. Objectif atteint. Echauffement du Rock 2007![]() Il n'y a que du journaleux qui hante le Fort de Saint Père pour l'instant. Les roadies s'amusent avec les instruments en faisant semblant de travailler, Goldfish et moi traînons nos guêtres dans l'espace presse encore désert et mangeons des bonbons France Inter qui rendent cultivé en espérant que Coca Cola nous installera une machine à soda comme l'année dernière. Qui a dit "parasite" ?!! A part ça, il fait beau, la tente est bien montée. C'est la fête et il n'y a pas de tempête prévue. A bientôt pour la suite des aventures. Route Du Rock 2007 : Homerpalooza !
Il aura fallu, à ma grande honte, que j'aille faire un tour sur le site non officiel de la route du rock (l'officiel et par là, tant qu'on y est) pour réaliser que le thème de cette année, c'est Homerpalooza, le mythique épisode des Simpsons qui réunissait entre autres Sonic Youth et The Smashing Pumpkins. La situation justifie d'imiter avec enthousiasme la voix d'Homer pour quelques "wou-ouh", "D'Oh" et "Wi-ti-ti". Allez y personne ne vous entendra. Route du Rock Hiver, la prog La Route du Rock Collection d’Hiver vient d’arrêter sa programmation. L’édition 2006 se tiendra du 16 au 18 février et toujours dans la cité malouine. Au programme, pas mal de beaux noms. Les américains de Low seront de la partie pour promouvoir leur 8ème album Drums and Guns, à paraître en mars. De l’électro allemande avec Saroos, le nouveau projet des membres de Lali Puna et de Notwist. Mais aussi The Blood Arm, Paula Frazer, Shannon Wright, Clinic, l'Islandais Johann Johannsson et encore quelques artistes à confirmer. La prog détaillée Les Grizzly Bear s'agitent en coulisse Apparement, moi, le patron et les vingt milles spectateurs de la Route du Rock n'avons pas été les seuls à nous amuser. Les New Yorkais de people]Grizzly Bear[/people] aussi. Ils étaient partout durant le week end : vendredi en concert, samedi invités sur scène avec TV On The Radio, et dimanche en remplacement des TV Personalities. Sans parler des conférences de presse et des séances d'autographe. Ils étaient partout, souriant et crevés, comme nous. En passant, je tiens à préciser que vouloir s'endormir pendant un concert ne veut pas toujours dire qu'il est mauvais. J'aurais bien voulu dormir pendant celui d'Isobel Campbell.Ce qu'on ne savait pas, c'est qu'ils s'activaient au moins autant en backstage, arrangeant les détails d'une tournée en première partie de TV On The Radio, buvant beaucoup de bière, gonflant le moral des Band of Horses avant leur concert (ça a marché) et coupant les cheveux des Pipettes. De Rose - la brunette - en tout cas. Ils ont pas intérêt à l'avoir raté. Bref, tout ça et plus encore, c'est sur le Tour Blog de Grizzly Bear. Apothéose : Band of Horses, au bout de la Route du Rock. Assis dans les transats de l'espace presse, le vent nous ammenant de lointains échos de DJ j'vousemmerde, le patron et moi échangeons des propos fatigués. Il y a du bilan dans l'air. On est plus que dubitatif quand à l'intérêt de Band of Horses, canadiens à guitare vaguement rattachés au Crazy Horse par un dossier de presse qui nous a joué trop de tours. "Je ne vois pas l'intérêt d'un groupe de pop à guitare" me dit le patron, dont je tente mollement de réveiller l'enthousiasme, "On en a déjà mangé pendant trois jours". J'aquiesce silencieusement alors qu'une machine vivante sortie d'un film de Cronenberg vomit de la glace derrière nous. Le bruit de fond du DJ s'éteint, nous nous levons courageusement. Le patron boîte derrière moi.Puis quelque chose se produit aux premières notes des dits canadiens. Nous sommes encore loin et seuls des échos nous parviennent, mais ils sont bons. Je m'enthousiasme : "Ah, un bon groupe de pop dépressive pour se finir la soirée, c'est tout ce qu'il nous faut !". Nous devisons sur l'aversion des gens normaux pour la tristesse, sur notre sentiment commun que la joie réelle ne peut naître que de la souffrance. La sécurité émet quelques réserves sur les étranges bouteilles que nous transportons, mais nous parvenons tout de même à rentrer sur la foi de notre prestigieux badge. Direction l'espace VIP, où nous pourrons apprécier le concert sur écran géant sans fatiguer le genou agonisant du patron. L'intrusion innoportune de flyer : Band of Horses nous apparaît rapidement comme un groupe à apprécier autour d'une bière. Je file derechef chercher un picon, et on s'installe confortablement devant l'écran géant. Et putain, qu'est ce que ça balance ! Nous sommes parmi les rares VIP présents à balancer la tête et à hurler entre les chansons. En plus, le chanteur a une bonne bouille velue et un sourire plein de joie pure plaqué sur la figure. Band of Horses se révèle n'être pas si dépressif que ça, et encore plus joliment musclé qu'on ne le pensait de prime abord... Malgré mon genou (qui fait la fête tout seul dans son coin), quand une fille débarque en demandant où est Katerine, on décide de bouger vers la grande scène. Le retour de 2goldfish : Peu importe si le patron se traîne et meurt derrière, j'avance en dansant. Le groupe colle parfaitement à notre conception protestante du bonheur durement gagné. Leur musique est cathartique, rien de moins. Le vrai public, meilleur juge sans doute que les VIP qui discutaient autour de nous, semble enthousiasmé. Il faudrait parler de la voix unique du chanteur, des rythmes implacables du batteur et de tout le reste. Il n'y a rien de terriblement original, ce n'est qu'un groupe de pop à guitare comme beaucoup d'autre qu'on a vus pendant ces trois jours, mais on s'en fout : ils sont meilleurs. Après un final trop vite arrivé et sans rappel (mais que jouer après ce titre là ?), nous préférons nous en aller que de risquer de gâcher ce final. Tant pis pour Chloé.On aura beau devoir chercher une voiture perdue dans le noir, s'égarer dans un sens interdit et se faire contrôler une dernière fois par les hommes en bleu, rien n'y fait, nous sommes heureux. Amen ! Franz Ferdinand assassine les gens Si ce qui fait un bon concert dépendait uniquement de la réaction du public, Franz Ferdinand serait le plus grand concert de la Route du Rock. Cela dit, ils ont commencé leur prestation sur quelques mesures de Neutral Milk Hotel, ce qui leur a tout de suite valu notre sympathie.Par la suite, les britons ont livré un concert très efficace, carré (peut-être un peu trop), et la foule les a suivi jusqu'au bout. Le rouquin me souffle : "Ils ont le génie de la foule, ces mecs". Et c'est vrai. Ils savent la mener, par leur son et leur jeu de scène (minimaliste mais précis). Ils savant la faire décoller, aidé par le fait que l'on aborde la fin du festival mais pas seulement. Leur recette fonctionne, tout le monde bouge les mains, tape du pied (sauf moi qui ait le genou dans un sale état), et ondoie au rythme de leur rock dansant. L'intermède de 2goldfish : Ils se sentent autant chez eux sur une grande scène que dans un club de Glasgow. Franz Ferdinand serait à l'aise à Sarajevo. Leurs tubes défilent (même sans connaître l'album, on reconnaissait presque toutes les chansons), les cris fusent à l'introduction de "Take me out". Rouquin me hurle dans les oreilles : "Ils ont un côté vachement Kinksien !"... Ah bon ? "Dans les passages calmes", me précise-t-il lorsque le son reflue. Ah ouais ! Ils filent. Sont acclamés. Reviennent. Enchaînent sur un rappel d'un quart d'heure. Sont re-acclamés. Reviennent à nouveau ! Jouent 3 heures !!! Font la pop expérimentale la plus merveilleuse jamais entendue sur la surface de la terre !!! !!! L'interruption nécessaire de 2goldfish : Ils ne sont pas vraiment revenus une deuxième fois. Flyer est par terre, en position foetale, les yeux révulsés. Il vomit du Coca Blak. J'en profite pour dire que je ne suis pas vraiment rouquin. Katerine vous veut du malAprès une conférence de presse de Grizzly Bear qui nous a ammené dans un état proche du sommeil (mais de façon bien moins agréable que leur concert), nous reprenons d'assaut le fort pour le concert de Katerine. J'ai de gros doutes quand à la qualité de ce qui va suivre : je connaissais vaguement quelques vieux titres rigolo de l'homme, et son récent succés "J'adore regarder danser les gens" pourrait être très fun en live ou très lourd.
![]() Un oeil bovin fixé sur l'écran géant récemment installé, nous avons vu Katerine se prendre pour Guy Bedos entre les chansons, chanter la vie d'un poulet qui l'a régalé et jouer les démagos avec la foule inexplicablement accrochée. Le patron se penche vers moi et lâche la comparaison qui tue : Anaïs. De mon côté je me dis qu'Isobel Campbell, c'était pas si mal. Le personnage est si pénible qu'on accueille avec un soupir de soulagement les rares moments où le groupe peut jouer sa pop lambda en paix. Les monologues reprendront bien vite, malheureusement. Quand arrive la fin, nous partons tagguer les toilettes, mais la menace d'un terrible "... et je remets le son" plane toujours au dessus de nous comme un nuage noir. Je vais faire des cauchemars cette nuit. L'addendum mesquin de flyer : Ca ressemblait aussi à Vincent Delerm par moments. KILL THE DJ !!! Jusqu'à présent, la plus grande partie des goupes qui ont défilé à la Route du Rock nous ont laissé de grandes impressions. Mais ce que vous ne lisez pas ici, et ce que nous subissons là-bas, c'est ce qui se passe entre chacun de ces concerts, tandis que les roadies pratiquent sur scène leur magie de câbles et d'instruments : DJ Amazon, l'homme qui a juré de ne jamais laisser s'écouler plus de trente secondes de la même chanson. Passant sans vergogne des Flaming Lips à l'acid-house la plus hors sujet, nous laissant sadiquement hurler "Va-a-aaa-seline !" dans le vide infini du ciel malouin, se faisant un défi personnel de diffuser les chansons les plus éloignées possible du groupe à venir et des attentes d'un public pop-rock. Des moues dépitées accueillent chacune de ses interventions, des soupirs désespérés percent les hululements du vent qui s'engouffre dans le fort, des malédictions sur sa descendance jusqu'à la onzième génération sont taguées par milliers sur les murs des toilettes chimiques... Si sa tour d'ivoire s'effondre dans la fosse, il n'y a aucun doute que le public se vengera.De l'autre côté, au Palais du Grand Large (en hommage à Pavarotti ?), le DJ local nous passe son unique compilation entre chaque tour de chant, nous permettant ainsi d'apprécier les qualités de "The Greatest" 37 fois par jour. Merci les DJ. Vive l'ambiance. Isobel Campbell : du sucre, encore du sucre... Elle a quitté Belle and Sebastian, elle est devenue Lassie. Soixante grands sentiments par chanson, dégoulinante de premier degré et de "souffrance d'artiste", interprète carrée, propre, à la voix aussi enchanteresse que son utilisation est sans reliefs. Isobel Campbell fut une plaie. Tendrement infligée, mais tout de même. Son groupe se composait d'une clavier, d'un bassiste et d'Eugène Kelly, le chanteur (talentueux) des Vaselines, le tout s'offrant une dizaine de compositions oscillant entre folk et country. Toutes les cordes étaient enregistrées, faisant paraître bien triste le violoncelle posé au centre de la scène et sur lequel Isobel n'a posé ses doigts qu'en de trop rares occasions. La miss ferait d'ailleurs presque figure de femme invisible, tant Eugène Kelly et le back band font du travail efficace. Le pire arrive lorsque le groupe s'essaye à un minimalisme folk : c'est l'ennui le plus plat qui filtre de leurs amplis. Dans la (courte) liste des bons moments, ce sont les chansons écrites par d'autres qui tiennent le haut du pavé : "Love Hurts", "Son of a gun" (une chanson des Vaselines qui a clôt le concert... "un bon rock qui réveille" me souffle le rouquin à l'oreille tandis que j'écris), et une chanson abandonnée par Mark Lanegan dans le répertoire d'Isobel... Enfin un moment où les amplis chauffaient. Le bororygme de 2goldfish : La plus chiante première partie des Vaselines que j'ai vu. Le plus court concert des Vaselines que j'ai vu. On s'en retourne au Fort Saint Père, sous la pluie tombante, roulant à fond la caisse pour attraper les Television Personalities sur la scène. Nous arrivons trop tard. Bonne nouvelle, ils n'étaient pas là. C'est Grizzly Bear qui les remplaçait. Dommage, cette fois-ci, je n'avais pas sommeil. El Perro Del Mar Echaudés par nos expériences précédentes avec les navettes, nous parvenons au Palais du Grand Large en avance grâce au seul pouvoir de notre volonté. El Perro Del Mar ouvre les festivités de façon minimaliste. Tout de blanc vétue, accompagnée d'un guitariste et d'un clavier, la suédoise chante d'une voix cristalline des paroles dont la simplicité n'a rien à envier à une chanson des Ramones. C'est bien sont seul côté punk cependant, la musique naviguant en eaux pop profondes. Il y a du tambourin, de la guitare accoustique, des shanananas. Pas grand chose à voir avec les Pipettes pourtant : ici les rythmes sont lents, la voix plaintive et les harmonies fantomatiques. Quand Sarah Assbring chante "This loneliness ain't pretty no more", c'est comme si elle s'enfonçait dans une baignoire, veines ouvertes, l'eau emplissant ses poumons. On regrettera l'abscence d'un vrai percussioniste (le tambourin dont Sarah joue d'un pied ne compte pas vraiment) sur quelques morceaux, même s'il n'aurait pas eu grand chose à faire. Le temps d'un dernier morceau aux paroles plus riches (mais suédoises) et c'est déja fini. Superbe façon de commencer la journée. Flyer fait son Mr Burns : "Excellent !" TV on the Radio presque parfait Leurs instruments ont été égarés à l'aéroport, ils sont arrivés en retard sur le site, harrassés et stressés. TV on the Radio est enfin à Saint Malo.Le roux et moi, on a respiré 3 kilos de poussière chacun, subis les violences homo-érotiques d'une cinquantaine de pogoteurs ivres et acharnés, et avons courageusement servis de tampons (involontaires) entre un tas de furieux frustrés de n'avoir pas pu pogoter de la soirée et de jeunes demoiselles qui ondulaient innocemment du bassin contre la barrière de sécurité, dernier rempart avant la scène. Cela valait-il le coup ? En réalité, oui et non. Oui parce que TV on the Radio est un groupe exceptionnel, qui déploie une audace et une folie bienvenues en live. Et non parce que le groupe nous a offert un set facile, très "festival rock", avec des titres qui pulsent et séduisent trop facilement pour un groupe de cette trempe. Ils ont néanmoins eu la classe de commencer sur "Ambulance" et d'enchaîner sur une version punk psyché adorable de "Wash the Day away", le titre qui clôt leur album Return to Cookie Mountain. De cet album génial pourtant, nous n'aurons que peu d'écho : "Playhouses", "Dirty Whirlwind" et "Province". "I was a lover", leur manifeste anti-guerre, aussi musical que conceptuel manquait cruellement à l'appel. Le concert est légèrement écourté à cause de leur retard, et la bande achève la foule surexcitée avec un énorme "Starring at the Sun". Fish et moi rentrons prendre du repos. Parce qu'après un concert comme celui-ci, n'importe quel bon groupe paraîtrait fade. Alors Radio 4, vous pensez ! Les deux mots de 2goldfish : TV on the Radio sonne comme des Bad Brains qui sauraient mélanger leurs ingrédients. Et qui auraient écouté My Bloody Valentine. Et un million d'autres trucs. Ils nous retournaient autant la tête musicalement que les pogoteurs nous secouaient. |
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