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Minimale, progessive, trancey ou druggy, toutes les musiques à danser dérivées du disco, de la house et de l'electro, sur Playlist.
Vitalic, moins vital mais tout de même de beaux restes![]()
C'est clair désormais, le trop rare Pascal Arbez, aka Vitalic, ne rééditera pas son exploit de 2001 avec Poney EP. Sa techno dark d'alors, ultra-énergique et tendue, fortement teintée d'electro, n'est plus dans la ligne de mire du Dijonnais. Après près de 15 ans de carrière dans l'électronique, "De l'An-fer to Chicago" comme titrait un de ces CD mix, un passage chez les Munichois de Gigolo et un album remarqué (Ok Cowboy en 2005 chez Different Recordings/Pias), Vitalic se tourne de plus en plus vers les mélodies synthétiques proto-disco et les tracks surcompressés qui font le bonheur d'une certaine french-touch actuelle.
Sur Flashmob, on ne retiendra donc que quelques morceaux, parmi lesquels "Poison Lips", fabuleux moment de mélancolie futuriste comme seule la techno sait nous pondre tous les 2 ans. Vénéneux, comme son titre l'indique ouvertement, "Poison Lips" est certainement le meilleur titre du nouvel album du français. Chanté par Linda Lamb, sa comparse au sein du projet The Silures, le morceau superpose les harmonies vocales psychédéliques langoureuses de l'une et la rythmique disco "moroderesque" de l'autre avec le même bonheur. Un track entêtant, à la fois classe et nostalgique, qui s'inscrit rapidement dans les esprits et risque de devenir aussi emblématique que le fameux "Poney Part.1" qui fit les beaux jours d'International Deejay Gigolo.
Quant à sa vidéo sous influence Millennium Mambo (remember Shu Qi, aah), elle symbolise à elle seule toute la mélancolie inhérente à la techno depuis ses débuts à Detroit, spleen et futurisme glacé, inextricablement mêlé...
Lusine : créateur de pop industrielle depuis... avant hier !
Etonnant Jeff McIlwain ! Alors que le bonhomme officiait encore dans les années 90 sous différents pseudonymes (de Lusine icl à L'usine tout court) dans un mélange de techno sous influence Detroit (la ville d'origine du producteur) et d'électronica post-warpienne, oscillant entre coup de génie (Iron City, sublime, Condensed, profond) et ennui (Podgelism en 2007), on le retrouve aujourd'hui à nouveau chez Ghostly International en producteur électropop sous le pseudo de Lusine cette fois, avec A Certain Distance, un disque pop rempli de mini-symphonies electronica.
Un reclassement plutôt réussi, en témoigne ce très beau "Two Dots" chanté par Vilja Larjosto, où l'Américain compose avec la table des éléments electropop pour accoucher d'une mélodie toute mathématique en parfait équilibre, un peu comme si Monolake se mettait à la pop, ou Stephen Hawkins à l'électro. Même si elle ne fut jamais vraiment pop auparavant, la musique de McIlwain a toujours été une combinaison d'émotion et de technique. Ses albums très cinématiques dispensent toujours des ambiances fortes et très imagées, portées sur l'abstraction autant que la mécanisation de l'humain et de son environnement.
C'est Britta Johnson la réalisatrice des vidéos d'Andrew Bird ou de Grizzly Bear, entre autre, qui signe le clip de ce single de Lusine. Une chanson, une vraie, qui illustre les relations et les analogies existantes entre la trigonométrie et la composition musicale. "Two Dots" est un parfait mélange d'humanité et de technologie, la métaphore de ce que nous sommes en quelque sorte : des animaux techniques faits de carbone capables des plus belles harmonies. Y aurait-il donc encore de l'espoir pour nous sur cette terre ? Méditons là-dessus en regardant ces images aussi abstraites qu'émouvantes...
Gus Gus : Pas des Gogos![]()
Avec 24/7, les Islandais de Gus Gus débarquent chez les Allemands de Kompakt (quand on vous disait que ce label phare de l'électro germanique intensifie son mouvement vers l'international !). Moins de deux ans seront donc passés entre un Forever oubliable - et vite oublié - et ce nouvel album rempli de langueurs techno, de lentes montées en boucle et de mini-hymnes dansants sur lequels President Bongo, Biggi Veira et Daniel Ágúst nous embarquent dans leurs habituels rêves humides toujours un rien narquois.
Crowhead anime la rentrée chez Atic RecordsCrowhead - The Bends
Je suis l'une des rares personnes que je connais (un peu) à m'intéresser toujours de très près aux sorties du label Atic d'Andy Turner (Aim) et consorts. Si le maître des lieux se contente depuis quelques temps de faire du remix et du DJing, le label ne cesse de dénicher de jeunes et moins jeunes talents, plus ou moins déjà installés sur les scènes club d'Angleterre. La dernière trouvaille en date s'appelle Crowhead et n'est pas un perdreau de l'année mais l'un des fers de lance discrets (obscurs, méconnus) de la scène rave des années 90-2000. Christian Wood (le vrai nom de Crowhead) a déjà 20 ans de musique derrière lui alors que son premier véritable album Born With Teeth ne sort que dans quelques semaines (le 12 octobre). Après un passage en 2003 chez Grand Central Records, la grande franchise trip-hop de Rae and Christian, où il sortit 2 maxis sous le nom de The Nudge, Wood a continué à écumer les clubs où (je n'y vais pas assez pour savoir si c'est vrai) sa réputation est, dixit sa maison de production, très grande.
A l'écoute de ce second single, "The Bends", on se dit que ce Crowhead est un auteur à suivre, à la fois parce qu'il a du talent et parce qu'il a le sens de ce qui est beau, original et détraqué. Le clip utilise les ressources de la téléphonie/photographie moderne et utilise pas moins de 30 bouches pour post-synchroniser le texte de la chanson. Le résultat est assez fascinant. Sa musique est efficace, lourde en basses, chargée de la mélancolie post-ouvrière (Wood est de Salford, la patrie de Mark E. Smith) qui caractérise le label et qu'on avait eu plaisir à retrouver chez notre ami de Death In The Neighbourhood l'année dernière. Sur le titre, Crowhead fait appel à la Björkette underground Niko pour les voix. La chanteuse compagnon de label est toujours un vrai plaisir à entendre, à écouter et à voir. On n'attend du reste toujours son premier album sans cesse annoncé et différé. A noter qu'un premier single, tout aussi bon, "Best Kept Secret" était sorti cet été.
Le tout se télécharge (en payant) en ligne sur le site du label. On attend évidemment la suite avec impatience. - Mais The Bends, c'est pas déjà pris comme titre ? - Ah bon, je savais pas. Pour le plaisir des oreilles, je ne résiste pas à représenter ici le très beau "Let The Funk Ride" de Aim et Niko, paru sur la compilation de singles et raretés "Means of Production", il y a quelques années.
Aim ft Niko - Let the Funk Ride live Kompakt Total, 10 ans : aux origines d'un mythe
Voilà aujourd'hui 10 ans que Kompakt nous abreuve chaque année du meilleur de sa production grâce aux fameuses compilations à pois multicolores, répondant au nom de "Total" !
Dix ans de Kompakt Total, déjà ! Comment ne pas se sentir nostalgique à l'évocation d'une décennie passée à écouter les productions de l'excellent label de Cologne ? Ceux qui comme moi ont eu la chance de suivre le parcours de l'emblématique structure fondée en 1998 par Jürgen Paape, Wolfgang Voigt, Jorg Burger et Michael Mayer se souviennent : Kompakt, symbole du désormais mythique "Son de Cologne", mélange de techno minimale et d'une pointe de pop.
Une techno toujours mélodique, toute en nappe et rythme régulier, dont certains ignorent peut-être qu'elle fut découverte en 1994 par l'anglais DJ DB, activiste au sein du label Home Entertainment, au cours d'une visite touristique à Cologne. Epoustouflé par le dynamisme de la scène locale, alors plutôt versée dans l'acid house et composée d'un réseau très actif de DJ, producteurs et "303 junkies", selon ses propres termes, il compilera pour la première fois sur son propre label, Smile Communication, un morceau de chacun de ses artistes sur Acid Resistant en 1995. Un album qui fera date !
A l'origine, c'est l'obsession déclarée des artistes de Cologne pour le son de la préhistoire de la techno alliée à une version synthétique de funk syncopé qui permet à cette scène d'acquérir une réelle importance dans l'évolution de la musique électronique du début des 90's. Plus linéaires, minimalistes et expérimentales que sa cousine de Francfort, les productions de Khan, Dr Walker, Jammin' Unit, Jürgen Paape, Reinhard Voigt, son frère Wolfgang, Jorg Burger , œuvrant tous sous d'innombrables pseudonymes, gardent en elles les traces d'un certain romantisme hérité de la ville d'origine : Detroit. A l'image de "l'axe Detroit/Berlin" initié par Basic Channel, elle forme le triangle Detroit/Berlin/Cologne, reliant une fois de plus les Etats-Unis et l'Allemagne. De nombreux artistes originaires de Detroit tels Richie Hawtin, Juan Atkins ou Carl Craig se disent d'ailleurs extrêmement admiratifs du travail effectué par les activistes de Cologne.
Aujourd'hui Kompakt est devenu l'entité que l'on sait. Qu'il s'agisse de promotion, distribution ou tout simplement de productions, Kompakt est sur tous les fronts. Et si l'avant dernier opus des compilations Total nous avait un brin déçu, force est de constater que le volume 10 est de toute beauté. En prenant le pari d'investir le champ de la pop mondiale tout en signant de nombreux artistes hors du territoire allemand, le label se diversifie sans perdre de son identité.
The DJ : le trip lubrique et drolatique de DJ Hell featuring P.Diddy![]()
Impossible de passer à côté de ce clip de DJ Hell qui, pour le coup, retrouve le "DJ" précédant son patronyme ! Normal, c'est aussi le titre d'un des meilleurs morceaux de Teufelswerk, son dernier album. "The DJ", un track sur lequel le rappeur P. Diddy est invité à se lancer dans une longue et virulente déclaration sur laquelle il harangue à sa manière tous les DJ de la planète en les incitant à jouer de plus longs tracks, à exploiter l'hypnose et la folie du dancefloor, que génère un DJ set bien contrôlé. Un vrai morceau de bravoure qui valut au morceau d'être taxé de "the most ridiculous, brilliant things you will have heard in a long time." par le Guardian.
Outrancier, profondément malsain, mais drôle aussi, le clip censé illustrer "The DJ" est produit dans un style home made (et même "home made amateur porn") que notre confrère 2Goldfish qualifierait certainement de "réalisé avec Windows Movie Maker et une paire de moufles". Flash d'images dérangeantes à peine animées, semi-pornographiques et extrêmement inquiétantes, tous les éléments de la vidéo de "The DJ" (clown rigolard, postures obscènes, ambiance de backroom) s'inscrivent pourtant parfaitement dans l'esthétique macho-travelo-beauf de DJ Hell. Un penchant pour la décadence et le mauvais goût que le Munichois et son label cultivent depuis de longues années. En effet, qu'il s'agisse des pochettes estampillées de silhouettes de Schwarzenegger et Sid Vicious, de l'apparition récurrente de l'icône trash Amanda Lepore (née Armand Lepore !) ou de la mulette que le bonhomme arborait avec des santiags (!) il y a quelques années, DJ Hell et International DJ Gigolos, ont toujours su manier avec humour, culte du kitsch, déclin des valeurs morales et ambiance de bains turcs surchauffé (et ne vous baissez surtout pas pour ramassez le savon !)
Cela mis à part, on appréciera aussi "The DJ" pour son texte (à écouter au casque), une évocation qui nous ramène à la période disco, époque où les premiers DJ réceptifs à la transe qui envoûtait les danseurs dans les soirées new yorkaises et chicagoan, se mirent à trafiquer les morceaux, enregistrant les premiers edits, rallongeant les parties rythmiques, les poussant jusqu'à 10 ou 12 minutes (quand ce n'était pas 18 ou 20), inventant même les maxi-45t pour arriver à leurs fins !! Bref, "The DJ" est aussi une leçon de djing promulguée par un rappeur, et ça, c'est assez marrant pour être souligné. A noter que Hell vient également de terminer le shooting du single "U Can Dance" (feat. Bryan Ferry) et ça aussi nous l'attendons avec impatience !
Luciano paie son tribut au soleil
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Celui-là était facile, je vous l'accorde, mais que dire d'un album aussi radicalement tourné vers le soleil, les tropiques, la cadence du rythme africain, les roulements de hanches sud-américains ? Et puis bon, le nouveau Luciano, à paraître le 05 octobre prochain, s'appelle Tribute To The Sun, et après tout, ce n'est pas pour rien !
Les amateurs de rythmes druggy, d'hypnose organique et d'explose (oui, j'invente le terme) cérébrale, seront aux anges ici. Le bonhomme nous a déjà habitué à nous faire vibrer sur scène, cette fois il réitère sur l'exercice, pas facile il faut bien le dire dans le domaine qu'il occupe, de l'album. Un format qui a ses contraintes et ses lois. Que l'on adhère ou non, il faut avouer qu'à ce petit jeu l'Helvético-Chilien Lucien Nicolet, alias Luciano assure comme un pro, passant par tous les spectres de la techno, de l'acid house à la kora sénégalaise avec Ali Boulo Santo.
Pour vous en convaincre, un petit trailer de "La Ruta del Sol" offert par Module et Cadenza :
Visitez la joyeuse maison de The Juan Maclean![]()
Tout n'y est que légèreté, strass, laser et paillettes ! "Happy House" ou "comment transformer un hymne house moderne en quintessence de l'esprit space disco qui hante la pop actuelle (lyrisme mais aussi humour, besoin de transcendance, nostalgie mais créativité, etc.) dans une vidéo !"
On a déjà beaucoup, beaucoup écrit sur The Future Will Come de The Juan MacLean, rappelons cependant que le morceau "Happy House", originalement étalé sur une durée de plus de 9 minutes, est certainement l'un des meilleurs titres (avec "Simple Life") du dernier album de The Juan MacLean. Cette nouvelle vidéo proposant un edit de l'original vient confirmer le talent du bonhomme, capable de transformer un long runner en ritournelle pop spatiale, baroque et joyeusement kitsch adapté à la radio.
Evidemment, certains regretteront que les Américains n'aient pas décidé de présenter ce space trip dans son intégralité, avec son intro krautrock (Neu!, Can, êtes-vous là ?), son pont piano house et sa folle montée acid disco. Mais qu'importe, plaquer de nouvelles images sur l'un des vrais purs moments de bonheur de 2009 est un plaisir que l'on ne se refuse pas ! Les autres peuvent retourner se prendre le bourrichon sur de l'electronica grisouille, 2009 aura été (et restera) définitivement space disco.
Lire aussi : Le Futur selon The Juan Maclean The Juan Maclean : Futur antérieur
Le nouveau Boys Noize en mode power !![]()
Disons le tout net, nous ne pensions jamais écrire ses lignes, mais il faut bien l'avouer, le nouvel album de Boys Noize (à paraître le 7 octobre prochain) est vraiment très bien !
Nouvelle ascension pour Moritz Von Oswald
Impossible d'ignorer le grand retour de celui qui fut (et est encore pour de nombreux producteurs dans le monde entier), l'un des plus influents et mystérieux maître à penser de la techno berlinoise des années 90 en duo avec Mark Ernestus sous le nom de Maurizio ou comme patron des labels Basic Channel et Chain Reaction (entre autre).
La sortie annoncée le 2 septembre prochain de Vertical Ascent est une bonne nouvelle pour tous les fans de Moritz Von Oswald, maître d'une techno minimale inspirée par le dub, et ce, à plus d'un titre puisque qualités artistiques misent à part c'est avant tout pour le signe d'une convalescence réussie pour le producteur allemand . Celui-ci avait en effet été victime d'un grave malaise cardiaque l'an dernier. Une attaque encore compliquée par le fait qu'il se trouvait dans un avion à plusieurs milliers de kilomètres du sol et qui l'avait laissé paralysé durant de longs mois. L'évènement faisait suite à une année extrêmement chargée pour le musicien pourtant encore jeune. Von Oswlad venait de clore la tournée organisée pour le trio qu'il formait alors avec le géant de la techno de Detroit Carl Craig et le pianiste virtuose Francesco Tristano à l'occasion de leur adaptation de morceaux phares de Maurice Ravel et de Modest Mussorgsky, Maurice Ravel & Modest Mussorgsky - ReComposed By Carl Craig & Moritz Von Oswald.
L'Allemand revient donc en septembre avec un nouveau trio composé cette fois du producteur (et batteur) finnois Vladislav Delay, pionnier du click'n'cut (technique de copier-coller numérique, voir notre Histoire de l'electronica), également grand amateur de dub, de jazz et d'improvisation, ainsi que du Munichois Max Loderbauer (membre du collectif ambient techno Sun Electric). Derrière une façade plutôt ambient, Vertical Ascent s'annonce en fait comme l'un des disques les plus influencés par le jazz jamais produit par Von Oswald. Mais c'est aussi un hommage subtile aux explorations magnétiques des premières oeuvres musiques électroniques. Ecrit sur la base de trois longues pièces flottantes et vibrantes, Vertical Ascent n'est pas sans évoquer un Karlheinz Stockhausen (pour les percussions métalliques) rencontrant les structures rythmiques contrapuntiques et libérées d'un Charles Mingus par exemple.
Un album hypnotique et envoûtant, même si pas forcément très facile d'accès, qui vient pourtant compléter à merveille la série de disques expérimentaux sortie par le producteur depuis plus d'un an. Moritz Von Oswald étant de ceux qui rattachent la techno à d'autres genres musicaux plus cérébraux, offrant ainsi une perspective académique à une musique encore trop souvent considérée comme uniquement destinée au dancefloor.
Mort de Les Paul
Les Paul, né Lester William Polfuss, est mort ce jour des suites d'une pneumonie. Il avait 94 ans.
Ivan Smagghe au Robert Johnson, la France botte en "touch"
Vous me pardonnerez certainement ce petit jeu de mot foireux du milieu de l'été. Smagghe n'ayant vraiment rien à voir avec la French Touch, c'est sûrement l'enthousiasme qui réduit mon quotient de réflexion à zéro !
Bref, les jeux sont fait, c'est donc la figure christique de l'électro française, Ivan Smagghe, qui succèdera à Prins Thomas pour un nouvel opus des fameux "live @ Robert Johnson" à paraître en septembre. Rappelons que le très célèbre (et encore tout jeune) club de Francfort est l'un des lieux les plus prisés par la génération des producteurs qui montent. Fondé par Ata, le patron de Playhouse, accessoirement l'un des plus excitants labels electro actuels, l'endroit reçoit régulièrement les éloges des plus grands. Prins Thomas par exemple, interviewé par votre serviteur, en disait ceci dans Trax ce mois : "Aaaah, j'adore le Robert Johnson. Pour moi c'est exactement ce qu'un club devrait être. Un bel endroit, intime, avec un excellent soundsystem, d'excellents DJ résidents et des hôtes merveilleux. C'est le rêve d'Ata (Playhouse), devenu réalité, et le mien aussi. Le public là-bas est génial. L'atmosphère est très amicale et même quand tu dois négocier avec des types qui veulent de la house 4X4 sans originalité ça tourne toujours à quelque chose de magique."
Le club est aussi l'occasion de laisser s'exprimer de nombreux DJ, qui viennent y mixer live (d'ou le nom des compilations produites par le label). On déjà été capturé sur CD, Chloé et Prins Thomas justement. Le duo Thomas Hammann/Gerd Janson (Liquid) est actuellement cité comme successeur de Smagghe. Stay tuned !
Tracklist : The Field : Le chant des possibles![]()
Quand le Suédois Axel Willner aka The Field reprend "Everybody's Got to Learn Sometime", l'incunable tube 70 de The Korgis, il se hisse au niveau de Seefeel, de Cocteau Twins, de My Bloody Valentine, de Slowdive. Il accède au sublime. Normal pour celui qui intitulait justement son premier album From Here We Go Sublime.
Avec Yesterday & Today, il reprend le travail là où il l'avait laissé, retrouve le chemin de sa techno mélodique et mélancolique, bâtie sur de microscopiques tranches de samples, répétées à l'infini, pour une musique monochrome et cotonneuse à souhait. Surdoué le Suédois ! Et pas coincé dans le schéma classique du producteur techno trop nerd pour sociabiliser. Après une tournée mondiale aux côtés de pointures aussi différentes de son univers que !!! ou LCD Soundsystem qui l'ont adopté au passage, Willner à invité deux amis à lui sur son nouveau disque, amenant au passage un peu de robustesse rythmique, des basses plus organiques et une batterie plus ronde (celle du track éponyme est même jouée par John Stanier de Battles).
Reste sur cet album, cette fabuleuse reprise, mais aussi "The More That I Do" sur laquelle il sample Cocteau Twins (après avoir utilisé Kate Bush sur From Here We Go Sublime), deux sommets de techno contemporaine, sans oublier "Sequenced", tunnel disco de plus de 15 minutes. Tout le reste est de cette trempe et The Field est déjà dans les bacs. Vous savez ce qu'il vous reste à faire ?
Résultat du concours vidéo Louderbach-M_nus : Shine
On en parlait il y a peu, Autumn du duo Louderbach est certainement l'un des albums minimal techno les plus surprenants qui soit. Futur "culte et bizarre", ce disque au groove dépouillé et rampant produit par l'Américain Troy Pierce et soutenu par les textes sombres de son comparse angeleno Gibby Miller, s'impose comme une évidence tout en faisant le lien entre deux scènes généralement peu réputées pour s'entendre, la cold wave et la techno.
Un album de "Minimal wave" pourrait-on dire (ce que Troy Pierce ne renie pas : "Cela sonne très bien minimal wave, ou minimal post-punk. C'est très pertinent aujourd'hui alors que tout le monde redécouvre cette époque. Ce genre d'étiquette est toujours un peu stupide bien sûr, mais cette scène est pour une bonne part de ce que nous sommes devenus. C'est assez évident si tu écoutes Plastikman, Baby Ford ou Gary Numan et Japan par exemple." éclairera t-il au cours d'un entretien qu'il nous a accordé pour le magazine M&CD)
Organisé par le duo et M_nus, le label de Richie Hawtin, le concours vidéo visant à illustrer la superbe electro-pop désespérée de "Shine" (certainement le meilleur morceau de ce diable d'album) a remporté un franc succès, à l'image de celui de M83 dont nous vous parlions il y a peu. Le robinet à tube propose ainsi de nombreuses versions de cette histoire triste de couple en stase, et comme c'est souvent le cas, ce n'est pas forcément la lauréate qui nous convainc le plus. Parmi celles qui n'ont pas eu la chance d'être choisi, la deuxième que nous vous proposons ici était tout aussi pertinente.
Ceci étant, nous vous laissons seul juge : à vos comment. Prêts ? Partez !
Gagnant : Shine (Directed by Alex Grazioli)
Récalé (et pourtant très bon) le Shine de xepha242 Scratch Massive : Plaisir d'offrir, Joy de recevoir![]() Difficile de suivre l'actu au jour le jour actuellement, la saison des festivals nous empêchant de nous faire l'écho de tous les disques dont nous souhaiterions vous parler. Ceci étant, ce n'est pas une raison pour en oublier. Je profite donc d'une pause dans les festivités pour vous annoncer la sortie de Joy, nouveau mix album du duo français Scratch Massive, le deuxième à ce jour, après un CD/DVD live, deux albums et un travail d'habillage pour le film Broken English (sur lequel ils reprennent superbement le titre éponyme de Marianne Faithfull).
C'est toujours un réel plaisir de retrouver Seb et Maud, leur sélection étant souvent le reflet d'une scène clubbing en plein bouleversement et permettant, à ce titre, de suivre avec attention l'évolution du dancefloor contemporain de manière toujours extrêmement fine et intelligente.
Joy, puisque c'est son titre, présente donc un line-up éclectique du rock à l'electro, la new wave et le punk funk, croisant le "The End" de John Carpenter, Matyas Agayo, WhoMadeWho ("TV Friend" remixé par Hot Chip), l'electro pop pompière de Tears For Fears, les frenchies Poni Hoax (Chloé remix) et Kalabrese (pour n'en citer que quelques-uns). L'ensemble étant également (c'est une constante chez ces deux-là) toujours profondément hypnotique et à leur habitude, extrêmement sensuel (voir le titre de Kalabrese qui devrait se renommer "Kala-braise", et le remix de "Like You Said" par la faussement sage, Chloé)
Histoire d'en remettre une couche en matière d'érotisme et d'electro, on se repasse le magnifique clip du fameux "Like You Said", véritable petit film réalisé pour Scratch Massive par Zoe Cassavetes (excusez du peu) avec Joanna Preiss et Sagamore Stevenin.
Hell, de jour comme de nuitCôté jour, voilà ce qui est certainement l'un des morceaux les plus étranges de Teufelswerk, le dernier album (double !) de Hell, alias " DJ Hell " (à une autre époque, en d'autres temps et peut-être toujours actuellement dans d'autres dimension plus "clubby"). En apesanteur inquiète, "Angst" porte bien son nom et incarne la facette "rock" du Munichois, une nouveauté.
Guitare, rythme downtempo, ambiance et un final légèrement techno... On pourrait presque parler de krautrock en version 2009 et c'est ce qui plaît le plus sur ce nouvel album bicéphale. Les détracteurs et les amateurs de techno pure et dure râleront certainement, toujours est-il qu'il règne une indéniable atmosphère sur cet edit du second titre de Teufelswerk réduit à 4 minutes 40 (l'original faisant en réalité, une douzaine de minutes, initialement suivi par "Angst 2 ", une courte séquelle quasi-symphonique qui enchaîne le track avec "Carte Blanche"). A noter que le titre bénéficie d'un remix du dieu de la house allemande Henrik Schwarz. Absolument magnifique, deep et hypnotique avec une touche vocale froide, c'est dispo en écoute sur youtube et il serait dommage de s'en priver.
Côté nuit, youtube, le robinet à images propose aussi "U can Dance" qui bénéficie d'un featuring de Mr Roxy Music en personne, j'ai nommé Bryan Ferry. De quoi vous donner une bonne idée de l'ensemble, "Night and Day". Globalement, Teufelswerk est certainement l'un des meilleurs albums de Hell, et il semble bien, un de ceux qui restera pour la postérité.
- Tiga : Comeback techno pop Dusty Kid : Here comes the techno en vidéo
Tiga : Comeback techno pop![]()
Tiga Sontag ne chante pas, contrairement à ce qu'annonce l'intéressé lui-même, et tous les médias qui se penchent actuellement sur le cas Ciao!, son nouvel album à paraître le 27 avril. Sur ce nouvel opus, c'est tout juste si le Canadien annone, répète ou slam à sa manière quelques mélodies electro (ou techno) pop. Les plus accros diront que c'est une façon de chanter, et en effet, mais nous sommes tout de même loin du travail de songwriting annoncé ici ou là.
Ceci étant, ça n'a aucune importance car ce qui est plaisant dans l'univers de Tiga, n'est pas forcément traduisible en mots. Prenez par exemple l'acid track saturé de "Mind Dimension" qui a déjà fait le tour du net depuis quelques mois, hormis une phrase répétée à l'envie "Everytime I Look into Your Eyes I See The Future", pas de chanson ici, et on s'en fout d'ailleurs, l'intérêt est clairement ailleurs. Dans les références, les thèmes, l'ambiance, tous les clins d'oeil à une acide culture estampillée 80/90, avec ses fractales, sa dimension spirituelle, son côté prophétique à la Tron, l'évocation d'un cyberespace possible, un psychédélisme digital, bref, une certaine vision du futur qui fleurissait dans l'imaginaire techno il y a une dizaine d'années. C'est pour cela qu'il est d'autant plus important d'apprendre que ce clip a été réalisé par Jeff Minter et Ivan Zorzin de Llamasoft, fameuse société de jeu vidéo fondée en 1982 et dont les spécialistes se souviennent certainement avec émotion (remember Tempest 2000). Sans un mot, juste avec ces visions d'un autre âge, Tiga fait référence au trip que se sont tous pris un jour les technohead de la première heure.
C'est un tout autre trip sur "Shoes", l'hymne electroclash branché "chaussures et coiffures". L'esthétique clairement 80 fait plutôt référence à une certaine idée du luxe, ainsi qu'aux obsessions récurrentes (mêlées d'humour second degré) du Canadien, pour la mode et l'apparence. Son amour des groupes de synth-pop comme Duran Duran, Ultravox, Visage ou Flock of Seagull, également.
Deux clips qui présentent finalement assez bien l'univers de Tiga sur Ciao! Un album qui, s'il est hétéro, est avant tout "hétérogène", balançant entre pop et techno sans réellement choisir. On aime ou on déteste, mais il faut bien avouer que le bonhomme nous fait bien rire à défaut d'autre chose.
Tiga - Mind Dimension
Louderbach in a dark techno room![]()
C'est un événement en soit car en plus d'être un excellent album de techno noir (technoir ?) à prendre ici dans le sens de "roman noir", qui fait suite au non moins bon Enemy Love, Louderbach est véritablement un cas à part dans l'univers actuel de la dance music. Principalement inspiré par les musiques industrielles et la cold wave des années 80 (Coil, Throbbing Gristle, Fad Gadget, Joy Division par exemple), ce duo minimal techno s'affirme comme complètement indépendant du retour aux sources hédonistes, néo disco, electro rock, house et balearic, qui sévit aujourd'hui dans ce domaine.
Drivée entre Los Angeles, où réside Gibbly Miller, et Berlin, où s'est exilé Troy Pierce, la musique de Louderbach est bâtie sur les textes du premier, mi-lus, mi-chantés (avec parfois une voix qui rappelle vraiment celle de Ian Curtis) et la programmation ascetique pleine d'échos du second. Hypnotique, introspective et sombre jusqu'à l'effroi, Autumns reprend les thèmes d'Enemy Love et continue d'explorer la dégradation des sentiments, le tombeau des illusions, la manipulation, les faux-semblants inhérents aux rapports humains (particulièrement en ce qui concerne l'amour) avec une économie de moyens qui n'en est pas moins intensément expressive. Si Autumns est un disque dans lequel il est difficile de pénétrer, les plus audacieux se rendront vite compte qu'il est tout aussi difficile d'en sortir. Mention spéciale à "Shine", véritable hymne, synthétique et entêtant, de ce deuxième opus, sur lequel les internautes ont été appelé à réaliser eux-mêmes une vidéo lors d'un concours proposé par M_Nus. Le résultat devrait être bientôt présent sur youtube et autres robinets à image. L'album quant à lui sort le 24 avril. On en reparle alors.
Lire aussi Audion : Séance d'electrochoc mensuelle
Matthew Dear, aka Audion se lance dans un grand et généreux projet : poster sur son site un morceau au format digital (mp3) par mois, et ce pendant une année entière.
Pour avoir le droit de télécharger et d'écouter, puis de compiler les morceaux mensuels, c'est facile, il suffit de s'inscrire sur son site, de donner son mail et d'attendre bien sagement que le serveur de Ghostly International, le label de Matthew Dear, vous envoie le lien sur lequel vous pourrez récupérer le track. Les DJ ne sont pas oubliés puisque l'Américain promet de compiler périodiquement 3 morceaux pour les sortir en vinyl 12". Selon Dear, il s'agit de la nouvelle façon de construire un album. Une manière originale, que l'auditeur peut suivre tranquillement toute l'année comme un parfait work in progress. Le premier titre, viriloïde, s'appelle "I Am The Car" et sonne plutôt, voire même franchement, dark. Beaucoup plus ambient que les productions habituelles du producteur sous ce pseudonyme, "I Am The Car" rappelle le meilleur de Plastikman période Consumed. Les connaisseurs apprécieront. De fait, il est difficile de se faire clairement une idée de là où l'Américain veut nous emmener et ce morceau, lent et sombre, en déstabilisera plus d'un, c'est peut-être là justement qu'est tout l'intérêt du projet : rarement producteur electro aura vu sa production autant attendue auparavant. Ne ratez pas votre dose d'Audion mensuelle donc, c'est gratuit et c'est une manière de suivre l'évolution du bonhomme, qui est, rappellons-le, un des artistes électroniques parmi les plus passionnants du moment. Pour s'inscrire et recevoir le lien vers le morceau d'Audion, c'est par là.
Lire aussi John Lord Fonda : Le bastonneur des Lilas
A l'image de ses collègues du label Citizen mais au contraire du poinçonneur de la chanson, John Lord Fonda n'est pas le genre de gars "que l'on n'remarque pas". C'est même plutôt l'inverse. A ce titre, la plupart de ceux qui ont déjà vu le bonhomme en live s'en souviennent, et pour longtemps. Comme son compère et boss de label Vitalic, John Lord Fonda tabasse méchamment et on a tôt fait de finir la soirée, non plus sur des jambes, mais sur des moignons. Dans le genre, la team Ed Banger peut aller se rhabiller, car dans le domaine du beat qui défonce et de la saturation salace, le Français était là bien avant comme on dit : "ce n'est pas à un vieux singe qu'on apprend à terrasser un dancefloor" (sic).
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Signe particulier : ce show hebdomadaire plébiscité par James Murphy, Lindstrøm ou Morgan Geist est également diffusé en podcast à l'échelle mondiale grâce à la magie du net. Sweeney est de l'école des 2 Many DJ's, Optimo ou Rub n Tug. Sur Rvng Prsnts Mx3 by Tim Sweeney, son mix album paru en 2005, ce New Yorkais d'adoption fait se télescoper le "Bbydhyon Chord" d'AFX avec un extrait du E2- E4 de Gottsching, "Vitamin C" de Can (revisité par Unkle), "Nurtur" de LFO, "Techno City" de Cybotron, "Walking In The Rain" de Grace Jones et "Free" de Cat Power. Festival Tilt : pixels et musiques électroniques en folie à Perpignan
Bel exemple de constance et de dynamisme régional, le Tilt Festival de Perpignan est le symbole d'une ville qui vibre chaque année pour les arts numériques et les musiques électroniques.
Salle de spectacle high tech, située au cœur de Perpignan, El Mediator, s'inscrit cette année encore à la pointe de la création contemporaine. Spectacles multimédia, djing, vjing, cinéma, débats & conférences, nuit électronique, soirée sound system, spectacles et performances, du 12 au 15 mars l'évènement mêle pointures et jeunes pousses avec le même enthousiasme.
- Prefuse 73 : Hip hop non-stop - Moderat : la réunion d'Apparat et de Modeselektor - DJ Hell : Retour de l'enfer Podcast du week-end : Shadow Dancer, I feel electric !
Mais la foi ne fait pas tout, un bon background sonore, une culture open minded est aussi importante. Duo érudit, les Anglais nous prouvent qu'ils connaissent leurs classiques, tous genres confondus, sur ce podcast imparable créé pour le magazine XLR8. En vrac, Grace Jones, LFO, Zoot Woman, Franz Ferdinand (remixé par Beyond the Wizard's Sleeve), Pet Shop Boys, Daft Punk, Visage, Telex, New Order, Prince, Herbie Hancock, et c'est toute l'internationale new wave-pop-punk-funk et electro qui s'emballe sur pas moins de 42 titres en seulement 51 minutes. Du grand art !
Shadow Dancer XLR8 podcast, c'est par là !
Tracklist: 01. The Parallax Corporation - "Whore of the Floor" DJ Hell : Retour de l'enfer
L'enfer, c'est celui du quasi-anonymat dans lequel était injustement tombé DJ Hell depuis quelques années. Alors que son excellent mix italo disco nous secoue encore les os un an après sa parution (voir la chronique de Hellboys Mixed, Helmut Geier revient en avril avec un double CD intitulé Teufelswerk ("L'oeuvre du démon" en VF).
Au programme, nuit et jour : une face "Night" et une face "Day". La première étant (logiquement dans le monde de la nuit qu'est la culture électro) réservée aux morceaux les plus dansants, la seconde étant une relecture personnelle de l'histoire de la musique électronique allemande, du Krautrock à la techno. Une histoire déjà évoquée sur "Night" dans le sublime morceau "Electronic Germany", où Hell s'amuse à passer en revue les capitales de la techno allemande, Munich, Francfort, Dusseldorf et bien sûr Berlin. Vocoder, réminiscence kraftwerkienne, évocation de Detroit et Chicago, ambiance techno disco moite, "Night" invite même le crooner Bryan Ferry le temps d'un hymne club classieux, "You Can Danse", ainsi que P. Diddy sur "The DJ". Côté "Day", l'auditeur découvre un Hell inspiré, presque cosmique (sur un "Germania" aux accents de Cluster et Harmonia), souvent ambiant et, surprise, instrumental ! ("The Angst part 1 & 2"). Epaulé pour l'occasion par les musiciens Christian Prommer et Roberto Di Gioia, Elmut Geier s'autorise même une reprise des Anglais space-rock Hawkwind et rend ici hommage aux pionniers de la musique électronique et expérimentale allemande en redonnant vie avec audace à l'esprit Krautrock des origines. Un son qui a bercé toute la jeunesse du Munichois. A noter que Teufelswerk est produit par le chantre du trip hop viennois Peter Kruder. En attendant, ce double album est d'ores et déjà l'un des disques les plus prometteurs du printemps.
Voir la tracklist de Teufelswerk
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