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L'interview perdue des Beatles (comment est-ce possible ?)
Réalisée par STV (pour une émission destinée aux enfants), cette interview représenterait le plus vieux document vidéo existant réunissant les 2 Beatles. Neuf minutes de sujet où John et Paul évoquent leur rencontre, leur succès et leur travail de composition. Un extrait de l'interview sur le site de la BBC L'interview sera rediffusée le 5 juillet à 15h30 sur BBC Radio 4.
Sachez qu'à Flu, on vient de passer au peigne fin tous les disques de dur de la rédac...au mieux on pourrait vous ressortir une interview des Dire Straits.
Quand Albion Eurostar rencontre Shane Mc Gowan...La vidéo (encore une fois salement filmée - hé, les gars, à quoi ça sert d'avoir des téléphones de plus en plus sophistiqués si c'est pour s'en servir comme ça!) est sous-titrée : combien est-il possible de faire tenir d'épaves sur une scène britannique ? La réponse : au moins deux, mais celles-ci sont calibre XXL. Il y a quelques semaines, lors d'un concert londonien, Pete Doherty et ses Babyshambles ont de nouveau appelé en renfort et en guest star l'un de leurs spectateurs les plus célèbres. Demie-surprise (ils avaient déjà joué la scène il y a quelques mois en Irlande) : l'ami qui monte sur scène n'est pas un inconnu mais le plus que fameux Shane Mc Gowan, ci-devant leader des Pogues et l'un de nos chouchous devant l'éternel. Comme il se veut, Mc Gowan, accompagné par le groupe le plus chaotique de sa génération, a entonné un "Dirty Old Town" des familles devant une audience survoltée. Côté promo, les Babyshambles et leur frontman Albion Eurostar (son nouveau nom de scène) sont plutôt fiers, avant un nouvel album annoncé pour la fin d'année, d'avoir sorti un CD/DVD d'un concert enregistré à Glasgow (Oh ! What A Lovely Tour - on en reparlera) lors de leur dernière tournée. Mc Gowan continue, quant à lui, en attendant un hypothétique nouvel album, de faire tinter le tiroir-caisse de son ancien groupe en alignant les concerts (des sorties fréquentes un peu partout sauf en France avec un tropisme irlando-japonais pour les fêtes de Noël) et les compilations. Pour les amateurs, un coffret 5 CD de plus de 100 titres rares et inédits, compilé par Phil Chevron, est sorti il y a quelques semaines : une vraie perle pour redécouvrir le groupe et les immenses qualités de composition de l'édenté. Sur son site, Mc Gowan adresse un petit message aux fans pour dire qu'il va bien, ce qui ne saute pas aux yeux compte tenu de son oeil torve et de son teint cireux. Le Kurt Cobain irlandais mettra sans doute 30 ans à mourir. Patrick Sébastien m'a tuer. Un petit tour sur le canal n'a jamais fait de mal à personne. Souvenirs d'outre-flu : http://www.fluctuat.net/dossiers/shanemacgowan/ Le NME, histoire d'une usine à hype
Qu'il soit adoré, conspué ou méprisé, le NME reste, qu'on le veuille ou non, une figure incontournable de la presse rock. Plus de 55 ans que ça dure, cette histoire : les appels de "une" délirants, les "nouveaux meilleurs groupes du monde de la semaine qui vont changer votre vie"… Mais aussi des découvertes, un nez creux qui révèle parfois des talents, comme récemment la "nu rave". Mais aussi un hebdo qui n'a pas peur de lasser ses lecteurs en mettant Pete Doherty ou Liam Gallagher en "une" au moins une fois par mois. Ennemi du bon goût comme des bonnes manières, le NME énerve autant qu’il fascine. Vulgaire et flamboyant, superflu et finalement incontournable.
A l'occasion de la soirée Club NME, le 27 juin à la Flèche d’Or, Flu se penche sur l'histoire du NME, dans un dossier qui ausculte les hauts et les bas d'un mag en perpétuelle réinvention. De la British Invasion au shoegaze en passant par la Brit Pop et la new wave, le New Musical Express aura connu toutes les mutations du rock, en les traitant plus ou moins à temps. Stimulé autant qu'aveuglé par l'éternelle quête du "next big thing", l'hebdo conserve aujourd'hui son autorité, malgré son aspect tabloïd.
Soirée Club NME à La Flèche d’Or, 102 bis, rue de Bagnolet, Paris 20ème (entrée libre) avec Bombay Bicycle Club, Bitchee Bitchee Ya Ya Ya et les DJ sets de South Central, Shitdisco et Vicarious Bliss. Site de la Flèche d'Or Les Wild beasts, sensation indie-glam à moustacheLa voix de falsetto maniérée, un style théatral, une moustache. Avec cet attirail un rien kitsch, Freddie Mercury a vendu des millions d'album de Queen. Pourquoi pas les Wild Beasts ? Nouvelle sensation d'Albion (= formation mentionnée quelque part dans le NME), plus précisément de Leeds, ces "bêtes sauvages" sont menées pas Hayden Thorpe, un jeune homme efféminé (clone de Vladimir Smicer, pour les footeux) qui n'a pas peur de montrer ses cordes vocales. Plus théâtral tu meurs, voix de fausset assumée, esprit cabaret à fond...A côté, Morrissey, c'est Grand Corps Malade. Passées donc les quelques secondes d'adaptation acoustique (on ne peut s'empêcher de songer à cet affreux groupe neo-glam anglais, là, avec un chanteur bouclé en moule-burne panthère...The Darkness !!!) les Wild Beasts se révèlent plutôt habiles pour trousser des pop songs. Témoin, le premier single, "Devil's Crayon", leur meilleure chanson - la plus sobre - dont le clip vous est gracieusement offert avec ce post.
Leur album Limbo, Panto, sorti en juin, est disponible. Years of Refusal : la rentrée avec MorrisseyMorrissey n'en finit plus de goûter au succès. Alors que de nouveaux concerts et festivals sont annoncés prolongeant indéfiniment la tournée triomphale du pourtant passable Ringleader Of The Tormentors et du dispensable Morrissey Greatest Hits (....des dernières années), l'ancien Smiths a annoncé que son prochain album était bouclé. Years of Refusal sortira en septembre 2008 et comptera 12 titres. Morrissey y est entouré par la même bande de musiciens que sur ses derniers albums : Boz Boorer, Jesse Tobias et Alain Whyte, notamment. On retrouve Jerry Finn à la production. Histoire d'occuper l'été, le chanteur s'offrira une réédition deluxe (agrémentée de 3 titres rares - vraies faces B ou inédits - les spéculations sont ouvertes) du mal-aimé et pourtant excellent Southpaw Grammar. La ressortie de Southpaw (1995) est programmée pour juillet. Pour le moment, il faudra se contenter du clip officiel d' All You Need Is Me, unique titre vraiment nouveau tiré du Greatest Hits précité avec "That's How People Grow Up" . Toute en couleurs, la vidéo a été tournée à la cool du côté de Los Angeles. Le morceau est plutôt réussi et sortira en single (avec un autre titre "Children In Pieces") dans les prochains jours. Les paroles de ce nouveau titre vous paraîtront peut-être anodines mais réservent quelques belles surprises ironiques : "There's a naked man standing, laughing in your dreams", chante le Moz, "You know who it is / But you don't like what it means / There's so much destruction / All over the world / And all you can do is / Complain about me / I was a small, fat child in a council house / There was only one thing I ever dreamed about / And Fate has just / Handed it to me - whoopee" On a vu mieux mais bien pire surtout... Pour être complet, ajoutons que Morrissey s'est séparé de son manager Merck Mercuriadis. Le bonhomme l'avait accompagné ces 5 dernières années et pouvait être considéré comme l'un des artisans du succès commercial retrouvé. Mercuriadis avait appliqué au produit Morrissey une stratégie marketing imparable, rompant avec les timides années Smiths. L'homme des tournées sans fin, des singles édités en 4 exemplaires, des compilations et de l'occupation permanente du terrain médiatique tire donc sa révérence. Chose singulière : Morrissey et lui ne sont pas fâchés. Stereolab : économiseur d'écran et de cerveauJ'ai parcouru l'internet dans tous les sens et je n'ai pas trouvé une seule vidéo potable à vous montrer cette semaine... avant de tomber sur celle du nouveau Stereolab intitulé "Three Women". Intellectuellement, je sais que ce ne sont que quelques formes géométriques simples qui dansent devant mes yeux, mais c'est juste ce qu'il me faut après une dure journée passée à s'user les yeux devant un écran plein de petits signes qui perdent leur sens si vous les fixez trop longtemps, ce qui n'est pas plus mal puisqu'une fois sur deux, ils racontent un horrible fait divers qui implique des parties dégoutantes de l'anatomie humaine, des personnes qui ne devraient pas être célèbres ou un fan de Star Wars, voire les trois à la fois dans les pires cas. Bien sûr les arrangements de cuivre merveilleusement délicats et le fait que youpi, c'est du Stereolab tout neuf, font aussi leur effet :
Dirty Pretty Things : Barat et Doherty sont dans un bateau...Carl Barat et Pete Doherty sont dans un bateau. Pete tombe dans la schnouffe. Que reste-t-il ? Les Dirty Pretty Things bien sûr. Après avoir mis le feu il y a quelques semaines au Palais de Tokyo à Paris (ci-dessus), le groupe de l'ancien leader-chanteur des Libertines vient de lancer, après l'annonce du premier single "Tired of England" (clin d'oeil malicieux au "Fuck Forever" de son double), un autre titre de son futur album "Hippy's son" dans la mêlée. Si la version live est encore un peu brouillonne (bien que sacrément efficace - mais où a-t-il caché sa VOIX ?), la version studio disponible en écoute et en téléchargement gratuit sur le site du groupe est impeccable de vitalisme et de précision punk-rock. Carl Barat n'est pas Brian Wilson, c'est un fait mais ses titres ont de l'allure et un caractère fringant qui contrebalance avec bonheur le côté ska sauvage de son ancien compère. Gary Powell est toujours aussi sûr de lui à la batterie et s'annonce comme l'un des moteurs du futur Romance At Short Notice dont la sortie est prévue le 30 juin de cette année. Les textes de Barat sont plutôt bien troussés, mélange de branchitude roublarde et d'ironie majestueuse : "I am a hippy's son, chante-t-il, I'm into porn and guns. I'm virile fertile. I scream when I come". On dirait du Bret Easton Ellis pour les nuls mais ça fait son petit effet. Heureux comme un Pete Doherty en libertéOn pensait ne pas le revoir de sitôt, la tournée de festivals des Babyshambles menacée, etc. Mais Pete Doherty a, comme souvent (rappelez-vous la juge amoureuse de lui) un bol de cocu dès qu'il s'agit d'échapper à la justice de son pays. Après seulement 29 jours de prison, émaillés d'un incident (le chanteur a été photographié à nouveau en train de se shooter dans sa prison de Wormwood Scrubs, alors qu'il partageait sa cellule avec un petit dealer et était théoriquement traité à la méthadone), Doherty devrait être libéré mardi. Sa peine de 14 semaines a été réduite de moitié et de 18 jours dans le cadre d'un plan de désengorgement des prisons et une autre remise de 2 jours accordée pour prendre en compte ses 2 jours de détention préventive au commissariat. Heureux comme un Doherty en liberté, l'ex-chanteur des Libertines ne devrait néanmoins pas se retrouver, comme ici, lors du festival de l'Ile de Wight, à jouer de la guitare acoustique dans un champ. Non, non, chat échaudé ne craint pas l'eau froide. Doherty a fait savoir, par un ami, qu'il donnerait un concert mystère dès sa sortie de tôle et enchaînerait par un programme d'abrutissement (entendez, retour à la vie normale) de 3 jours pleins : boire, se droguer et puis récupérer. Après ça, et s'il ne se fait pas pincer à nouveau, le chanteur pensera à reprendre les hostilités avec son groupe avec, en ligne de mire, et s'il tient jusque -à, une tête d'affiche à Glastonbury et de nombreuses apparitions annoncées en France. Et dire que l'affreuse Kate Moss ne s'est même pas inquiétée de son sort pendant tout ce temps. A cette date, possible que son ancien compère, Carl Barat, lui revole la vedette avec ses Dirty Pretty Things, dont le deuxième album est annoncé pour fin juin, avec en éclaireur un single baptisé "Tired of England", réponse du berger à la bergère, après le "Fuck Forever" des Shambles. On s'amuse comme on peut... mais le Scrubs veille du haut de son splendide portail, bâti en 1878, sur d'anciens pâturages servant à l'époque de terrain privilégié pour les duels entre amants. Romantisme quand tu nous tiens.... ![]() The Only Ones : retour majeur et Black OperationsOn avait parlé avec enthousiasme, il y a quelques mois maintenant, du retour gagnant des Only Ones, groupe mythique de la fin des années 70 et symbole effrayant de tous les excès du rock. On avait dit alors que le groupe sonnait bien et que son chanteur Peter Perrett avait gardé sa voix miraculeusement intacte après des années passées en dehors du circuit et malgré de sévères ennuis respiratoires causés par des décennies d'addiction. Depuis l'étape londonienne qui fera très bientôt l'objet d'un DVD exceptionnel (en vente prochainement), les Only Ones ont élargi le cercle de leurs opérations et entrepris une tournée internationale qui, malheureusement, ne semble pas pressée de les mener en France. Festival au Japon, étape en Suède, le groupe de Perrett, Perry, Mair et Kellie a aujourd'hui au moins aussi belle allure que les papys Rolling Stones. Preuve en est, cette version affûtée enregistrée lors de leur premier grand show télé en direct, d'une nouvelle composition : ""Black Operations. La rumeur d'un nouvel album commence à circuler à l'écoute de cette belle séquence paranoïaque à base de NSA, de FBI et d'hommes en noir. Il y a du William Burroughs et du Frank Black dans ce texte-là. Perrett est reparti comme en 1978, la séduction de la jeunesse en moins. Les papys de la section rythmique assurent. L'immense John Perry veille au grain et nous offre un passage de guitares qui rappelle que les solos n'ont pas que de mauvais côtés. Perrett est comme toujours incroyable. Ceux qui pensent que le gros Pete Doherty est l'incarnation de l'esprit rock, jetteront un oeil sur cette vidéo. Rappelons qu'il y a quelques années, les Babyshambles avaient accueilli sur scène Perrett pour un hommage appuyé lors d'une reprise d'Another Girl, Another Planet. A l'époque, c'était Perrett qui était au purgatoire et Doherty au pinacle. Le gros joufflu a encore du chemin à faire avant de rejoindre le clan des morts-vivants qui savent chanter. Le rock est là et pas ailleurs. A déguster sans modération. Stage of the Art #2 : Aidan John Moffat et Black Affair![]() Une passerelle entre Londres et Paris, voilà comment il faut comprendre le concept de l'évement récurrent Stage of the Art, qui organise entre les deux capitales une série de concerts. Le principe de l'événement est d'accueillir à l'ICA de Londres un concert d'un ou de plusieurs artistes françophones et d'en faire de même au Palais de Tokyo de Paris avec des artistes anglophones. La première édition de l'événement a eu lieu en février et l'ICA avait alors accueilli Sébastien Tellier ; de l'autre côté de la Manche, le Palais de Tokyo avait programmé Carl Barat des Dirty Pretty Things, Laura Marling et Paris Motel. Nombreux sont les Parisiens ou Londoniens qui font régulièrement l'aller-retour entre les deux villes dans l'unique but de voir un concert. Partant de ce constat et voulant faciliter les échanges culturels entre les deux scènes, Stage of the Art, grâce au soutien d'Eurostar London Coming, entend bien proposer tous les mois ou presque un nouveau plateau. Pour le mois d'avril, Stage of te Art #2 a donc invité à Londres Gonzales et Poni Hoax le 28/04. En France, on aura l'occasion de voir le 25/04, un bel aperçu de la scène pop écossaise avec Aidan Moffat (ex-Arab Strap) et Black Aaffair (Steve Mason, ex-The Beta Band). Compagnon de route de Malcolm Middleton au sein d'Arab Strap, Moffat continue maintenant en solo et présentera à Paris les compos de son album-concept I Can Hear Your Heart, sorte de recueil de poèmes érotiques en spoken-word. Et pour Black Affair, la bio sur son msypace nous laisse voir un personnage fictif (né à Paris, ayant vécu avec une tribu...). Tout ce que l'on sait finalement, c'est que Steve Mason propose avec cette nouvelle identité un projet électro sur fond de groove hip hop. Stage of the Art #2 Le 25/04 à 19h30 Palais de Tokio - 13, avenue du Président Wilson - 75016 Paris Vous pouvez réservez vos places pour Stage of the Art, sur notre billeterie concert. Plus d'infos, sur le site de Stage of the Art Art of Albion, Pete Doherty expose![]() Pete Doherty, chanteur rockeur, Pete artiste expose certaines de ses oeuvres à Paris dans une galerie du 18ème. Après avoir été hissé au rang de Arthur Rimbaud rock'n'roll, l'ex-chanteur des Libertines et actuel Babyshambles a toujours voulu s'inscrire dans une démarche artistique en faisant de son songwriting, un pendant de la poésie et de ses pochettes de CD, des oeuvres d'art. C'est dans ses Books of Albion, ses carnets de notes qu'il ne quitte jamais, que le chanteur exprime sa sensiblité en écrivant poèmes et pensées et en dessinant croquis en tous genres. L'expo, Art of Albion, regroupera 32 oeuvres (toiles et dessins) où Doherty a fait usage de son propre sang. Une série d'oeuvres patchwork (faites à l'encre, au crayon ou à partir de collages de photos) où le chanteur se livre et revient sur son image par le biais d'auto-portraits, sur Kate Moss, sur la case prison, ses nuits blanches... Doherty avait déjà exposé à Londres, à Nothing Hill et avait vu ses oeuvres se vendre comme des petits pains (entre 800 et 45 000 £). Du 25/04 au 11/05 Galerie Chappe 21, rue Chappe - 75018 Tous les jours - de 14h à 20h Foals, les nouveaux poulains pop anglaisFoals ! Des poulains d'Oxford qui avaient juste envie de danser, de danser sur de la bonne musique, plus pop et peut-être plus appronfondie que ce qu'ils pouvaient écouter en boîte. Constat, ras-le-bol général au sein de l'écurie et voilà que les cinq membres montent leur guitare et accouchent d'un premier album, Antidotes, sorti en mars 2008. Des titres à avaler comme des gorgées de sirop, des arpèges de guitare qui s'éparpillent dans l'air comme des pilules tombées au sol. Une musique certes "poppy" comme le dit, Yannis Philippakis, leader de Foals, mais attention, la musique d'Antidotes ne se chante pas, mais se danse plutôt à tue-tête. Avant même la sortie de leur premier album, Foals est passé en un éclair du statut de simple groupe à celui de demi-dieu. Des concerts anglais euphoriques, un premier concert parisien à la Maroquinerie qui l'était tout autant et un Trabendo à venir le 16/04. Foals, groupe à suivre ou pas, c'est selon votre envie ; on a suivi la notre et elle nous a mené à une interview avec Yannis Philippakis et Edwin Congreave. Interview vidéo avec Foals, bientôt en ligne sur Flu. Ecoutez leur single "Cassius" sur Radio Flu et Radio Pop Rock. Réservez vos places pour le concert de Foals, le 16/04 au Trabendo. Vidéo de "Balloons" La Brit Box : compilation indie de l'année ?
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Si vous pensez que le rock n'a rien connu de plus excitant depuis... les Smiths, le duel Oasis/Blur arbitré par Pulp en 1995-1996, si vous pensez que Kula Shaker est un groupe cool et de qualité et que la pop anglaise est la meilleure musique au monde, cette cabine téléphonique est faite pour vous. Cadeau des dieux inespéré lâché par Rhino Records, la maison qui fait les meilleures compilations historiques depuis quelques années, cette Brit Box est un "must-have" pour tous les fans de pop qui se respectent. Sous-titrée Uk Indie, Shoegaze & Brit Pop Gems of the Last Millenium, cette anthologie en 4 CDs et quelques 80 morceaux est tout simplement organisée chronologiquement pour nous offrir un tour d'horizon du meilleur (et parfois du pire) de la production anglaise de ces 25 dernières années. Le premier CD s'intéresse aux inventeurs historiques de la pop anglaise des années 80, ceux qui après les Beatles et la vague punk, vont reprendre le flambeau de la variét' pop et le porter au firmament des charts thatchériens. Les Smiths ouvrent le bal suivis par la crème de Madchester : les Happy Mondays, The Stone Roses, The La's, The Cure, Echo and the Bunnymen ou encore les disparus Sundays.
Le disque 2, un peu plus musclé, reparle de Ride, Lush (qui se souvient de Lush aujourd'hui ?) et My Bloody Valentine, mais aussi d'une multitude d'oubliés de la pop, comme Moose, les Dylans ou Family Cat. Le disque 3 est un hommage un peu trop appuyé à la Brit Pop avec The Boo Radleys, Echobelly, Suede et les autres qui rappellent que cette période, qu'on tend à mépriser, était aussi l'une des plus créatives de ces vingt dernières années. "Sleep Well Tonight" de Gene avait une sacrée gueule et Menswear avait un chouette look. Le disque 4 et dernier est un beau mélange de n'importe quoi entre Babybird, Placebo, Hurricane #1, Cornershop ou les Super Furry Animals. La plupart du temps, les types qui ont fait la sélection ont choisi les hits et les titres les plus connus des groupes référencés, ce qui rend le divertissement certes un peu moins précieux pour ceux qui ont vécu la période en direct, mais offre un joli panorama de chansons imparables et de mégahits. Ceux qui auront tenté une compilation "les meilleurs tubes français des années 80-90" comprendront pourquoi on répète sans cesse qu'il vaut mieux être anglais que français et pourquoi Laetitia Casta et les meilleurs footballeurs de la planète jouent à Londres et pas au PSG. (c'est une autre histoire).
L'objet dans lequel est présenté cette compilation est en plus de nature à embellir un intérieur de chambre bordélique. Il ne rentre dans aucun meuble range-CD et a une dimension hors norme et un joli livret qui achèvent d'enlever la décision : ruez-vous sur cette Brit Box si vous la trouvez.... ou trouvez la à -40% sur ebay. On se demande comment des êtres humains peuvent revendre une telle merveille mais bon...
British Sea Power aime la musique rock, et vous ? Ainsi voici venue une nouvelle fois la relève du rock anglais, le groupe des sept miracles, du retour du rock et des guitares, du panache et de la morgue. Les British Sea Power et leur Do You Like Rock Music ? étaient clairement attendus comme le Messie depuis leur précédent album Open Season.L'inquiétant et martial "All In It" annonce une révolution qui ne viendra pas tout à fait. "Lights Out for Darkier Skies" fait son effet avec un son saturé à la Editors, une splendide intro rythmique et un refrain qui fonctionne comme une vieille et bonne rengaine brit pop, avant de s'égarer dans un faux plat d'avant explosion qui est devenu depuis Interpol l'apanage des jeunes groupes ambitieux. Les deux dernières minutes du titre sont un désastre comme si on se trouvait projeté dans l'arrière-boutique d'un cover band de U2. Comment faire du neuf avec du vieux ? Faut-il laver deux fois le vieux pot avant de tourner une nouvelle soupe ? Les British Sea Power, quatuor de Brighton (ou de Kendal où ils ont grandi), semblent avoir ressuscités, avec un certain bonheur disons le, une recette éprouvée : celle du bon vieux rock à guitares, aux paroles suffisamment torturées pour attirer le respect et la curiosité mais à la structure assez simple et évidente pour dégager le chemin des stades. "No Lucifer" est un titre "zéro défaut", atmosphérique, romantique et taillé pour l'exploit. Le chant, délicat et un peu haut pour le genre de Yann (le chanteur n°1 du groupe, ici en retrait par rapport à son collègue chanteur n°2 Hamilton), est calé au millimètre sur des riffs précis et parfaitement agencés pour composer le crescendo incontournable.
"Waving Flags" se pose, comme son titre l'indique, en médiocre invitation à tirer le mouchoir en bannière, à sortir le briquet (avec la permission du service de sécurité) pour accompagner les têtes qui battent. On se dit alors que le BSP en fait un peu trop pour devenir la sensation du moment. Cela sent le phénomène à plein nez, la tentative de rafle sur le marché de l'ado bruitiste et fringué de noir. "A Trip Out" est sans conteste l'un des meilleurs moments d'un album qu'on aurait salué plus bas s'il n'arborait sur chaque séquence des allures de premier de la classe. Le pop rock est un genre que les Anglais maîtrisent si facilement que cela en devient agaçant. Les voix des 2 chanteurs disposent d'une belle variété qui ne daigne même pas apparaître sur l'instrumental et irréprochable "The Great Skua". "Atom" fait penser à un retour affreux de la New Wave of the New Wave, entre le glam et le pub rock en roue libre. Tout y est en définitive sauf l'émotion. "It takes something to be a man this day", entend-on sur le mélodique "Open the Door". Pour devenir un groupe de rock aussi et ce n'est pas le douzième titre, morceau de bravoure final et reprise du premier (le dissimulé "We Close Our Eyes"), qui viendra nous faire changer d'avis. On peut aimer la musique rock et attendre autre chose d'un jeune groupe que de poser d'emblée au classique. On peut aimer le rock depuis The Cure jusqu'à Joy Division, ne pas avoir l'esprit particulièrement aventurier et ne pas vouloir renoncer aux effets de surprise. British Sea Power pourrait, avec un peu de chance, devenir assez vite la "next big thing". Le groupe vaut peut-être mieux que Muse (moins pompier et moins baroque aussi) mais manque de corps et de rugosité pour faire autre chose que survoler (de trop haut) les débats.
Aidan Moffat : le retour du Grand SatyreSéparé pour de bon de son comparse Malcolm Middleton, Aidan Moffat, le grand gourou des Ecossais d'Arab Strap, se rappelle à notre bon souvenir avec un album intitulé I Can Hear Your Heart. Composé d'une vingtaine de morceaux originaux (la plupart ne dépassent pas la minute), ce premier véritable disque solo après l'expérience électro de Lucky Pierre et avant la mise sur orbite de son futur groupe The Best-Ofs, I Can Hear Your Heart est un album de spoken word érotique. Moffat y revient brillamment, souvent seul, mais accompagné d'une bande-son vintage entre musique de chambre, piano à queue et vieux film porno allemand des années 70, sur ses obsessions habituelles : le couple, sa décadence et surtout sa sexualité. Les quelques titres disponibles sur son site, dont le "Super Sexxxy Real Live" présenté ici, donnent un aperçu du travail salué unanimement par les critiques britanniques. "Moffat est le plus grand poète du Royaume" a-t-on ainsi pu lire dans un canard de référence. La poésie érotique et domestique de Moffat, qui faisait déjà la force d'Arab Strap, est ici exposée sans effet, nue et brutale, savoureuse et vénéneuse. Avec son physique d'instituteur pédophile et son début de couperose, le barbu provoque, dissèque et ne refuse aucune évocation, s'affirmant au fil des textes comme l'une des plus étranges et percutantes figures du romantisme moderne. Cerise sur le gâteau, Chemikal Underground a mis en place un mini-site dédié qui permet d'écouter quelques titres en ligne ainsi que de découvrir l'essentiel, le livret et les textes des chansons. Ca s'écoute et ça se lit ici mais on y revient très vite. Morrissey à l'Olympia : plus célèbre que Jésus ? Hier soir, Morrissey a pris d'assaut l'Olympia comme un vieux fauve fond sur sa proie : torse bodybuildé et étrangement bronzé de matador en avant, galoche et cheveux (gris) à l'offensive et...show devant.Formidablement en voix dès l'ouverture, Morrissey a salué les Parisiens avec l'un de ses nouveaux morceaux, le bien nommé "I'm Throwing My Arms Around Paris", avant de piocher un peu partout dans son répertoire. Evitant soigneusement les titres les plus emblématiques des Smiths ("There Is A Light" et autres "Meat Is Murder"), le roi de la pop anglaise a ainsi ressorti les indémodables standards rockab ("The Loop", "Sister I'm A Poet"), ses premiers hymnes solo ("Last of The Famous International Playboys" chanté comme du bon Bruel par la foule enamourée), le plus rare mais toujours bienvenu "Billy Budd" (hommage sensuel au roman éponyme d'Herman Melville ) ainsi que les singles les plus connus de ses deux derniers albums, le brillant "Irish Blood, English Heart", l'enthousiasmant "The First of The Gang To Die" (en rappel), l'efficace et énigmatique "I Want To See The Boy Happy" et le toujours facile "The World Is Full Of Crashing Bores". Les profanes s'étonnent d'un jeu de scène qui vire parfois au pantomime, micro-lasso qui fend l'air et manque lui couper la mèche, gong qui sonne la charge et jeux de mains emphatiques qui embrassent et enlacent à tout va. Morrissey sait y faire pour dresser une foule (tout) contre lui. "Thanks for being you", murmure un type du premier rang quasi en larmes, "I follow you since 1983". You're my only romance. You're the story of my life". Tout le monde applaudit. Les vieux routiers apprécient, entre les nouveaux titres inégaux (les moyens "Mama Lay By The Riverbed" et "That's How People Grow Up", les plus intéressants "All You Need Is Me" et "Something Is Squeezing My Skull"), une relecture cold wave ( ?) impeccable de "Death of A Disco Dancer" puis une version moins originale de "Stop Me If You Think You've Heard This One Before", histoire de rappeler à ceux qui l'auraient oublié que Strangeways Here We Come est AUSSI un très grand album. Mais le grand moment d'émotion vient un peu plus tard avec l'enchaînement sublime de "Life Is A Pigsty", le titre phare du dernier album, et d'une version dépouillée et qu'on n'attendait pas à cet endroit du magique "Stretch Out And Wait". Dans un registre assez similaire, Morrissey s'offre une première sortie torse poil avec le beau "Tomorrow" (époque Your Arsenal), avant de servir à son peuple fidèle un "Please, Please, Please Let Me Get What I Want" (devenu avec le temps un très sexuel Please Let Me Get Who I Want), tout en douceur et qui suffit à lui seul à justifier le déplacement.
Très disert et sûr de son affaire, l'ex-chanteur des Smiths suggère qu'on le bute si Hillary Clinton est élue Président des Etats-Unis, se lamente sur l'amour qu'on ne lui donne pas, fait la promo de son prochain single (pas un mot sur le Greatest Hits en revanche). Salut de théâtre du misérable groupe et du maestro. Faux rappel. Désordre. Lumière et c'est fini. On a beau ne pas y croire nous-même, mais, même après une quinzaine de fois, même gras et gris comme un Michel Polnareff sans teinture, l'effet Morrissey ne faiblit pas. C'est à chaque fois comme une première fois réussie et comme une dernière qui s'attarde : sauvage, doux et impérissable. C'est bon et ridicule, ça ne s'échange pour rien au monde et c'est aussi excitant avec mille personnes que tout seul chez soi. C'est anglais jusqu'au trognon et ça revient dans quelques mois avec un nouvel album.
Le mythe du Moz décrypté sous la forme d'un vrai/faux, c'est Morrissey, plus célèbre que Jésus ? sur le mag de Flu.
Morrissey - Greatest Hits - sortie le 11 février 2008. Ringo Starr : Liverpool 8 ou la revanche du batteur J'ai beau avoir longtemps été de ceux qui, pour se rendre intéressants, prétendaient que Ringo Starr était le vrai patron des Beatles, devant Paul, John et George, il faut se rendre à l'évidence : Ringo n'était pas le plus doué des 4 pour écrire des chansons. Il est de notoriété publique qu'il n'était même pas le meilleur batteur du groupe, mais c'est une autre histoire. Liverpool 8, son album solo, a été lancé à grand renfort de publicité autour du concept "Liverpool, capitale européenne de la culture", et d'un mégaconcert où l'on pouvait aussi entendre (on n'ose pas imaginer la chose en Sarkozie) Ian Mc Culloch et ses hommes-lapins en vedette américaine.Liverpool 8 (qui désigne un quartier de l'ancienne cité industrielle) est un album "à la manière des Beatles" qui ne pèse évidemment pas bien lourd comparé aux travaux des "originaux". Il ne doit pas, pour autant, être méprisé et pourrait avec un peu (beaucoup) d'indulgence rivaliser, sur ses bons moments, avec les travaux d'un McCartney de plus en plus cabotin. L'album s'ouvre sur un "Liverpool 8" particulièrement réussi (c'est le meilleur titre des 12) qui raconte rien moins que l'aventure des Beatles. Ringo parle de son attachement à la ville, du départ des Fab Four pour Hambourg et des années de jeunesse. C'est tendre, nostalgique et naïf à souhait mais c'est formidablement bien fait et emmené, suffisant en tout cas pour renforcer le batteur dans son personnage de héros modeste et campé sur sa normalité. La suite est moins folichonne : Ringo n'est pas un mauvais chanteur, loin de là, mais ses goûts le portent vers ce qu'on appelle souvent avec mépris le rock FM. "Think About You" est bizarrement défigurée par une guitare électrique envahissante et une batterie pataude. "For Love" fonctionne à merveille mais manque de subtilité, ce qui n'est pas tout à fait le cas du beau "Now That she's Gone away", histoire ultrabanale d'une rupture amoureuse qui laisse le pauvre Ringo exsangue dans un vieux pub de la ville.
Malgré les efforts louables de production (sur "Gone are the days" par exemple ou "Tuff Love"), une bonne moitié des chansons sont rattrapées par un côté rétro désagréable qui, entre le son à la Clapton ou celui d'un Genesis, les ramène sur terre et leur donne quelques décennies de trop. "Give It A Try", "Pasodobles" en mode quasi acoustique ou le jazzy "Harry's Song" viennent égayer une seconde partie d'album plus dépouillée et émouvante que la première. Ringo termine en beauté avec un superbe "Love Is Here" où sa voix de basse fait merveille. Un violon fait pleurer de tristesse tandis que l'ancien batteur vient saluer le retour de l'amour en sa chaumière avec de faux airs de torch singer. On passera sur la pochade bluesy "R U Ready" qui vient clore l'album pour ne retenir que l'essentiel : Ringo Starr est avec Mc Cartney l'un des deux Beatles survivants. C'est un homme épatant, un heureux veinard comme il le dit lui-même et un musicien accompli. Son album est l'un des plus beaux cadeaux que l'on puisse faire à... son papa pour fêter le quarantième anniversaire de mai 68 ou, à soi-même, pour se donner la conviction qu'on peut être et avoir été.
PS : pour ceux qui se posent la question, Ringo Starr a aujourd'hui...67 ans, soit 2 de plus que le dernier Beatles survivant.
Morrissey finance sa légende à coups de Best-of
Dans le même temps, et en attendant une tournée française en février (il reste toujours des places pour Clermont-Ferrand), Morrissey continue son bras de fer avec le NME, fournissant ses arguments avant un éventuel procès en diffamation qui pourrait lui rapporter pas mal d'argent et de capitaliser sur son succès en sortant en février un énième best-of. La nouvelle collection de chansons qui suit le World of Morrissey de 1995 épatant, le Suedehead Best Of de 1997 et le... Best-of de 2001 regroupe en grande majorité des titres récents et qui n'ont de best que le nom. Le Greatest Hits sortira en plusieures versions dont l'une agrémentée, semble-t-il, de titres live et sans organisation apparente. La tracklist principale a été dévoilée récemment et est des plus hasardeuses, incluant des reprises mineures comme "Redondo Beach" (Patti Smith), un inédit excellent "That's How People Grow Up", qui sort ces jours-ci en single, ainsi que des titres anciens et présents partout ailleurs comme "Suedehead", l'International Playboys ou le classique "Everyday is Like Sunday" ou plus récents comme "You Have Killed Me" ou l'affreux "I Want To See The Boy Happy". En bref, ce disque ne ressemble pas à grand chose et est servi par une iconographie surprise : une photo d'il y a 10 ou 15 ans d'un Morrissey jeune et fringant à des années-lumière de la beefy attitude actuelle. Le divorce n'est pas encore prononcé mais le long compagnonnage entre les fans que nous sommes et le King of Mopes a du plomb dans l'aile. Prochain rendez-vous en février à l'Olympia.
Tracklist du best of 1. FIRST OF THE GANG TO DIE Les oubliés de la pop : My Life StoryA une époque ancienne où le goût des cordes, des orchestrations échevelées et du transgenre musical n'était pas encore de mise dans la pop internationale, à une époque ancienne où le Neil Hannon de Divine Comedy était encore en culottes courtes (1991) et où on imaginait mal qu'un groupe comme Arcade Fire puisse représenter un jour un sommet de la branchitude et de la modernité musicale, les My Life Story de Jake Shillingford passaient pour un groupe atypique, baroque et souvent à la limite du ridicule mais aussi novateur et plein de promesses. Créés autour d'un leader omnipotent et tyrannique, beau et crâneur comme un mélange de Damon Albarn, dont il aura été l'un des challengers potentiels en pleine brit pop avant de se faire ratatiner, et Brian Jones, pour la coupe de cheveux, perdus dans la masse brit pop des années 1993-1995, les My Life Story ont inventé le croisement du groupe rock et de l'orchestre de chambre, proposant en singles et albums des titres dont on peut aujourd'hui se souvenir sans rougir. Le single "Girl A, Girl B, Boy C" bien qu'un peu agaçant reste un beau morceau et "You Dont Sparkle in My Eyes" (1994) l'une des plus belles chansons de désamour qu'on ait entendu. Après la relative gloire de leur meilleur et premier album Mornington Crescent, les 12 ou 13 membres du groupe abordent inquiets leur deuxième LP qui, bizarrerie, recevra un accueil excellent (ou un désastreux - les MLS ne sont jamais traités comme un groupe moyen), se glissant, certes timidement, à la 36ème place des charts en 1996-1997. L'album, Golden Mile, qui aligne 5 singles n'en reste pas moins truffé de défauts : Shillingford y cabotine un maximum mais sans céder sur son sens mélodique et la virtuosité des arrangements. My Life Story joue sur une exacerbation du glam et multiplie son potentiel baroque par cent. Shillingford agace, en fait des tonnes et devient un rival sérieux du Rondo Veneziano et d'André Rieu, le seul rocker capable (et désireux) de jouer de la musique classique rock dans des stades de football. De cette époque étrange, on retiendra le très beau "12 Reasons Why I Love Her", le "Sparkle", décalqué du précédent, mais aussi de beaux titres émouvants comme "Duchess" ou "November 5th". Quoi qu'il en soit, on peut aisément trouver son compte dans cette pop mainstream et devenue monstrueuse par la force de son leader. Comme le chante le groupe... à ceux qui jurent de ne pas l'oublier et...s'en détournent alors, If You Cant Live Without Me, Why Arent You Dead Yet ? En 2000, Shillingford annonce la séparation du groupe qui ne se reforme (comme tous les autres) qu'en début d'année 2006. Le concert affiche immédiatement complet et se voit gratifié de critiques élogieuses, signe que la roue de la fortune pourrait retourner dans le bon sens pour les mélomanes glam. Au lieu de transformer l'essai, Shillingford prend son temps et renonce à une tournée, se contentant de 2 autres dates fin 2006 et d'un concert exceptionnel (qu'on peut entendre sur quelques sites spécialisés) le 13 décembre 2007 à Londres. Au lieu d'annoncer un nouvel album, Shillingford annonce peu après qu'il a terminé un album solo acoustique, intitulé Written Large, qui sortira dans les prochains jours et dont on reparlera. Dans la période intermédiaire, le leader des My Life Story s'aligne sur un projet electro, lui aussi passé plus qu'inaperçu, Exilinside, qui propose une electro très basique inspirée des années 80. Pour découvrir My Life Story, on conseillera soit de se reporter à leur premier album Mornington Crescent, soit de se procurer l'excellent Best Of - Sex and Violins, sorti l'année dernière, et qui reprend les meilleurs titres du groupe. Ce best-of a été prolongé 6 mois plus tard par une collection de raretés, enregistrements live et faces B plus dispensable mais qui permet de plonger dans les dessous de cette bizarrerie historique. Grand Concours Amy Winehouse !![]() Le meilleur pire site internet et de la semaine ! Devinez la date de la mort d'Amy Winehouse et gagnez un iPod ! Franchement, et c'est pas juste parce que je suis plus préoccupé par le 1er de l'an en ce moment, je ne vois vraiment pas ce que je pourrais ajouter. Ah si, mon estimation à moi : le vendredi vingt-et-un Décembre 2012, comme nous tous. Bonne année ! Bonus de Noël (1) : I Want You par les Inspiral Carpets et Mark E. SmithLes Inspiral Carpets feront l'objet d'un "Oubliés de la pop" un de ces jours. Natifs d'Oldham dans la grande banlieue de Manchester, ils ont porté à eux seuls au tout début des années 90, un revival psychédélique imparable, emmenés par un clavier et un orgue Farfisa délirants et ultraspeedés. L'album Life de 1990 reste l'un des LP les plus précieux et méconnus de la période avec ces singles "Directing Traffic", "She Comes in The Fall" ou encore "Real Thing". Reformés depuis quelques années, ils assurent en Angleterre essentiellement des tournées qu'on raconte plutôt pas mal mais sans avoir, pour le moment, mûri le projet de réenregistrer sérieusement. Leur dernier album, le bon Devil Hopping, remonte à 1994. Notre cadeau de Noël spécial date d'ailleurs de cette époque. Le single "I Want You" se classe lors de sa sortie en 18ème position des charts britanniques et permet pour la première fois à Mark E. Smith, notre chouchou mésestimé, qui y apparaît pour assurer une mumbling party qu'il affectionne (les notes en main pour ne pas se rater) de faire sa première prestation devant une audience nationale familiale et massive (le fameux Top of The Pops). La chanson reste ainsi dans les annales et elle le mérite. Son refrain peut s'apprécier dans son canapé ou avant de sortir en boîte (bourré si possible) avec des amis ou encore en formule karaoké : "No one ever says it gonna be easy / a pain to tease me, the barrier's broken / climbing aboard on a white knucke, ride / churns my insides and the wheels are in motion / i want you, right now and forever (x3) / the barrier's broken (x4) and i want you" Hot Chip prêt à enflammer la piste2007 n'est pas encore fini, que nous rêvons tous de passer à autre chose, d'aller voir ce qui se passe de l'autre côté en 2008. Si seulement je pouvais choper une Delorean, aller dans le futur et me retrouver en plein mois de février, le 4, très précisément, pour la sortie de Made in the dark, nouvel opus des Anglais de Hot Chip... Un disque auto-produit dans leur home-studio à Londres, qui contient 13 titres et ce fabuleux, mais fabuleux "Ready for the floor". Les fidèles du groupe s'y retrouveront et les non-initiés ne pourront réister longtemps à la voix fluette d'Alexis Taylor qui chante "I'm hoping with chance, you might take this dance" et à la surdose de pop qui dope ce titre pour en faire un potentiel number one hit de 2008 ! Toi aussi, remplace Pete Doherty sur scène....Après le no-show spécialité maison qui consiste à ne pas venir à ses propres concerts et conduit souvent à une... annulation du spectacle sans préavis, Pete Doherty et l'un de ses amis des Babyshambles ont initié une nouvelle forme formule : le no-show with free substitute (soit le "je viens pas mais je me fais remplacer") qui permet de faire face à tous les imprévus. En matière de musique live, le NSFS est l'équivalent du livre dont vous êtes le héros dans l'univers de la fantasy. Vous achetez (cher) un billet pour les Babyshambles (cette fois, il s'agissait d'un show à Londres pour une quelconque remise de prix organisée par le NME) et attendez quelques dizaines de minutes que Pete Doherty, malade ou ayant une quelconque excuse béton (un pantalon sale, un accident de voiture, un deal à terminer, une cure à entamer) se fasse porter pâle. Là, et au lieu d'annuler tout simplement le spectacle, vous demandez à un fan (il y en a plein en réserve, d'ailleurs, ils sont venus pour vous voir) de venir sur scène et de remplacer le leader du groupe SUR TOUTE LA DUREE DU CONCERT. Généreusement, vous lui filez même la guitare ce qui lui permet d'assurer et les voix et la mélodie. Et vous n'avez pas à rembourser...... Le NSFS a été inaugurée par les Babyshambles à Londres et pourrait être étendu à d'autres groupes. Mark E. Smith, leader de The Fall, anime au sein de sa structure un groupe de travail sur ce thème qui pourrait aboutir dans les prochains mois : comment faire quand je suis trop bourré pour continuer à chanter après 12 minutes de concert ? The Pogues se seraient dits intéressés et il se raconte que Milli Vanilli et Seal, les fakes les plus célèbres de l'histoire du rock, soient en passe de reprendre du service pour remplacer qui, nul ne le sait ? En ce qui concerne les Babyshambles, qui seront bientôt en France (on est contents pour eux), le tour de passe-passe n'aura duré qu'une... dizaine de chansons. Certains spectateurs (arrivés en retard ?) ont juré ne pas avoir vu la différence. En vidéo, il ne faut pas être difficile et aimer la musique passée au compacteur. Si le "joyeux remplaçant" tente de chanter comme Doherty et même de gratouiller comme lui, il manque d'autorité sur le groupe pour se faire entendre. J'en profite pour vous donner mon
Top 5 des meilleures "conneries" de Pete Doherty de l'année 2007 : 1. Le chat au krach (ça c'est fort, mais pas prouvé) 2. la décision de la juge amoureuse de lui accorder une remise de peine parce qu'il était clean 3. la vente de dessins au sang pour 7 000 euros pièce 4. le NSFS (voir ci-dessus) 5. la transcription de son journal de cure sur le net où il développe style "développement personnel" les avantages et les inconvénients de continuer à se droguer. (6. la projection de sang avec une seringue sur une caméra tenue par des journalistes allemands ?) (7. la vidéo de Doherty en train de se piquer dans les coulisses des MTV Awards ou alors celle de la vidéo de lui en train de piquer une fan mineure ?) Possible que j'en ai oubliées.... Duran Duran se prend le pied dans sa Red Carpet
Avec eux et cette fois encore, c'est la luxure et la classe qu'on assassine. Duran Duran fait partie de ces groupes connus dont on ne sait pas trop s'il faut les aimer ou les haïr, les mépriser ou les adorer pour ce qu'ils auront réussi à faire et à défaire tout au long d'une carrière démarrée maintenant il y a 30 ans autour de John Taylor et Nick Rhodes. Le miracle du groupe (Rhodes, les 3 Taylor dont seul Andy est absent pour cette fois et l'improbable chanteur Simon Le Bon) aura été de parvenir à incarner entre 1983 et 1984, une certaine idée du fashion univers, d'avoir porté sur eux une sophistication vestimentaire, musicale et comportementale dont l'influence (la poule et l'oeuf) peut être tracée aussi bien dans la presse féminine, les séries TV que dans la littérature (on pense à Brett Easton Ellis et à ce mélange de jetset et de rock attitude). Fer de lance du mouvement des New Romantics monté sur l'alliance contre-nature du synthé, de la coupe mulet soufflée au zef force 10, du pantalon jaune à soie et de la cravate corsaire, les Duran Duran sont avant tout une curiosité culturelle dont la survie (la survivance) continue d'étonner. Comment est-il possible aujourd'hui d'aimer ce genre de trucs ? Comment ne pas se rendre compte que Simon Le Bon a toujours eu une voix... horrible ? Il y a bien des gens, me direz-vous, qui achètent l'intégrale de Miami vice - Deux flics à Miami en DVD.... On peut concevoir que certains prennent plaisir à sniffer aujourd'hui de l'Ovomaltine en chantant "Hungry Like the Wolf", à baiser sur un remix de "The Reflex", ou à rêver d'amour en écoutant le très très bon "Girls on Film". Le récent best-of nous avait confirmé qu'on pouvait, en cherchant bien, trouver quelques qualités à une petite douzaine de titres de ces trente dernières années. Il n'est pas certain qu'on puisse en dire autant de ce qui vient, même si on a l'impression que tant que Duran Duran existera, il restera toujours l'espoir d'un monde meilleur....
L'album démarre avec un titre curieux et pénible. The Valley est assez sombre, sans mélodie, ni rythme et défiguré par d'affreuses parties de guitares dégoulinantes. Les paroles sont absurdes et idiotes "yes, i need it, i can see it, i believe it". D'une certaine façon, on dirait du Radiohead pour Thé Dansant dominical : un morceau effrayant et qui donne le ton. Ambition quand tu nous tiens.... Le titre éponyme est tout aussi surprenant : voilà que Le Bon se met à chanter comme Damon Albarn (le mimétisme est étonnant) et nous sert une belle chanson pop au refrain enlevé et au thème ultrarabâché : stars, paillettes, on est à peu près dans ce que le groupe fait de mieux. L'effet Albarn marche à fond et on se dit que les choses s'arrangent. Nite Runner nous ramène à la raison : Le Bon feule comme un castor en rut tandis que le groupe sauce l'électropop qui structure le titre d'un nappage indigeste RnB. Comme les paroles sont toujours au ras des pâquerettes (can i get my hands on you tonight ? non, merci...), on se croirait dans un Macumba en train de se faire mettre la main dans la culotte par un vieux dragueur. Malheureusement pour nous, les 3 titres qui suivent ("Falling Down", "Box Full O' Honey" et "Skin Divers") ne sont guère meilleurs. Le premier ressemble à du New Order sans entrain : trop long, trop gland. Why has the sky turned grey ? Because i'm falling. Le deuxième rappelle Ryan Adams, sorte de rock romantique FM, qui parle solitude et usurpation du succès. Les textes ne sont pas loin d'être bons : "Are you laughing at me now ? in that circonstance when i wear your crown ?" Le troisième est un décalque des Pet Shop Boys en moins bien, assorti d'un rap hallucinant (et ridicule) pour... vendeurs d'aspirateurs. Que dire de plus ? "Tempted" et "Tricked Out" sont de beaux morceaux dans la débandade. Le premier est assez bourrin mais incisif, façon "fête du tuning sur la ZAC de quartier" avec un son énorme et des voix qui font "ouh, ouh". Le second s'appuie sur une belle montée instrumentale mi-électrique, mi-électro qui déménage. On tombe ensuite sur le meilleurs morceaux de l'ensemble : She's Too Much, où 5 minutes et quelques où les Duran Duran créent enfin de l'émotion dans leur registre de prédilection : amour, solitude, douleur, ou le malheur des petits hommes beaux et riches. Le personnage féminin a... trop la pression et se plaint. Pour la première fois depuis longtemps, Simon Le Bon chante comme un Dieu et réussit à nous faire croire à ce qu'il raconte. Les guitares sont belles à pleurer et les nappes synthétiques se débarrassent de leurs sonorités kitsch pour nous faire l'effet madeleine escompté. Cela fait évidemment peu pour un album de 12 titres mais "She's Too Much" prendra sa place en temps utile dans le best-of des chansons préférées du groupe. "Dirty Great Monster", avec un chant à la Oasis (!) abuse du saxo pour faire torturé mais n'est pas si mal. Ce qui n'est pas le cas du final bravache, "Last Man Standing", pas insupportable mais assez anodin. De ce parcours en Duran Duranerie, on retiendra qu'il est dur d'être après avoir été, mais encore plus dur d'être après n'avoir pas totalement.... été, que l'on ne fait pas toujours les meilleures soupes dans les vieux pots, ni les vieilles soupes dans les meilleurs...pots. Le groupe a beau avoir été le groupe préféré de la princesse Diana à son époque, il est peu probable qu'il réussisse aujourd'hui à emballer autre chose que des vieilles peaux à la Massimo Gargia. Cela n'enlève rien à la séduction d'un ensemble qui peut toujours s'appuyer sur ses qualités naturelles : une forme de simplicité dans la réussite, la belle gueule de Rhodes, de John Taylor et de Simon Le Bon, et un back catalogue devenu mythique. Assister à un concert de Duran Duran doit ressembler à un voyage exaltant dans sa propre existence (je connais des gens qui ont campé devant l'hôtel des Duran Duran dans les années 80 et qui sont encore en vie). Ecouter leur nouveau disque chez soi ressemble à un mauvais trip dont on n'est pas certains de sortir intacts... Mieux vaut y réfléchir à deux fois avant de se lancer dans ce genre d'expériences.
Morrissey est-il raciste ou la revanche du NME...
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Réconciliés depuis une série de couvertures offertes à l'ex-chanteur des Smiths pour la sortie de Ringleader of Tormentors, son dernier album en date, Morrissey et le NME sont à nouveau fâchés. L'affaire fait les gros titres de toute la presse britannique et a figuré en bonne place ces derniers jours dans les tabloïds comme dans les plus sérieux Guardian, the Independent ou le Daily Mail. Le chanteur n'avait plus déclenché pareille controverse depuis la fameuse couverture du Finsbury Park de 1992 où, après un concert de charité, on l'avait accusé de s'être enveloppé dans un drapeau britannique et de frayer de plus en plus dangereusement avec l'imagerie ultranationaliste. L'objet du délit, cette fois, et qui s'ajoute, pour ceux qui ont suivi les précédents épisodes, aux diverses polémiques soulevées dans les années 80 et 90, autour de titres comme "Asian Rut", "Bengali in Platforms" (il chantait alors "Bengali, Bengali, shelve your Western plans / Life is hard enough when you belong here" Indiens, indiens, remisez au placard vos plans vers l'Ouest / la vie est suffisamment difficile quand on est d'ici) ou "National Front Disco", est une interview donnée à un pigiste du journal pendant laquelle Morrissey aurait tenté d'expliquer pourquoi il ne se sentait plus prêt à vivre en Angleterre. Son imagerie homoérotique à base de boxeurs, de jeunes gars blancs et loubards, son goût pour le thé et l'eau de la Tamise, ses références historiques ont toujours fait du Moz un client parfait pour de telles accusations mais le procès à charge n'est pas sans fondement cette fois. Le roi des taupes aurait ainsi exposé :
La lecture complète de la transcription audio disponible depuis le site http://www.morrissey-solo.com/ peut au choix alourdir le dossier (Morrissey parle de l'Allemagne comme d'un pays où l'on n'a pas trop dilué la culture originelle... gloups !) ou considérablement l'alléger. Le journaliste du NME a, en effet, choisi d'élaguer des passages moins typés où le chanteur discute de la perte des valeurs d'Albion, sur un ton beaucoup plus subtil que les arguments retenus dans le magazine. Morrissey explique que la vie à Londres est devenue difficile pour tout un chacun à cause du coût de la vie, de la politique, du prix des loyers, de la tristesse ambiante. Il se demande alors dans une interrogation assez commune chez lui et qu'on trouve aussi chez d'autres "popeux" britanniques (Doherty, Ian Mc Culloch, Gallagher) ou écrivains (Self, Moorcock, Moore, Priest) comme |