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Tous les billets débarquant de chez l'Oncle Sam des Zétazunis, sur Playlist.
Eels s'enfonce
Maintenant nous avons à nous mettre sous la dent un premier extrait du prochain album offert contre une adresse e-mail (mais que font-ils de nos adresses e-mail, tous ces artistes qui nous offrent leurs mp3 ?) : "Little Bird" est une ballade fragile chantée par un homme blessé qui kiffe s'apitoyer sur son sort. Bref, c'est à peu près la même chanson que toutes les autres chansons d'Eels et, encore une fois, on s'en doutait au titre, qui est le troisième de la discographie du groupe avec "bird" dans le titre.
Il arrive toujours un moment dans la carrière d'un artiste ou on a envie de lui dire d'arrêter de se plaindre, qu'il a de la chance de pouvoir vivre de son art et qu'il est trop vieux pour chanter des complaintes d'ado émo. Ca, pour Eels, malheureusement, c'était il y a un ou deux albums. Aujourd'hui, on a à nouveau envie de plaindre Mark Oliver Everett, mais surtout parce qu'on n'a plus envie de l'écouter. ''Cousins'', le premier clip du nouvel album de Vampire WeekendLes Vampire Weekend nous prouvent une fois de plus qu’ils savent maintenir leurs fans en haleine avant la sortie de leur 2ème album, Contra, le 12 janvier prochain. Après avoir diffusé sur leur site internet un compte à rebours qui annonçait la mise en ligne de leur premier single, l’excellent "Horchata", les New Yorkais preppy viennent de sortir un clip réalisé pour leur deuxième single, "Cousins". Derrière la caméra, on retrouve le jeune réalisateur anglais Garth Jennings, à qui l’on doit notamment le clip de "Coffee & TV" de Blur (vous savez, le périple de la brique de lait à la recherche d’un Graham Coxon porté disparu). Devant la caméra, les 4 garçons s’en donnent à cœur joie tandis qu’ils sont filmés d’avant en arrière dans une rue étroite par des mouvements de caméra rapides qui collent parfaitement à l’énergie punk du morceau. Vivement la suite.
Bob Dylan fait son clip de NoëlCela faisait une dizaine d'années que Bob Dylan n'était pas apparu dans l'un de ses clips, voire qu'il ne faisait pas de clips du tout. C'est chose faite pour ce mini-non-événement de saison : Dylan tient le premier rôle dans cette vidéo de Must Be Santa, l'un des morceaux et le "single" de son album de Noël. Il s'habille presque en Père Noël (un chapeau) et déambule dans une fiesta en bois massif. Le résultat est évidemment assez surprenant, tant sur le plan cinématographique (réalisation Nash Edgerton) que sur le plan musical où la chanson mélange les traditions de Noël et festives des cultures nordiques, saxonnes avec un brin de culture juive. Pour ceux qui aiment les détails, Nash Edgerton est le frère du réalisateur plus connu Joel Edgerton. Nash, auteur d'un unique film, faisait office de doublure d' Ewan Mc Gregor dans son interprétation d'Obi WanKenobi sur la saga Star Wars : Episode 1 - La Menace fantôme prequel. Ca alors ! Cela vous permettra de poser à vos amis fans de Dylan (ou de la Guerre des Etoiles) une belle colle :
- Quel est le rapport entre Dylan et la Guerre des Etoiles ? - Nash Edgerton. (autre réponse plus satirique : ils ont tourné la fin avant le début).
L'album lui-même est tout aussi étonnant. Christmas in the heart regroupe quelques classiques du genre pour un ensemble qu'on peut qualifier, en étant gentil, d'assez... horrible. Pas sûr du moins que les gamins aient intérêt à écouter ces versions de standard par un Dylan nasillard au possible et visiblement artistiquement bourré sur ce coup-là. La meilleure nouvelle, c'est qu'on tient un nouvel ensemble de chansons à fourrer dans nos tops marronniers de fin d'année. Sinon, la pochette est chouette...
Bob Dylan - Must Be Santa
Le clip nudiste des Flaming Lips"Watching The Planets" est un des nombreux morceaux chaotiques du double album Embryonic. La mélodie est réduite à sa plus simple expression mais les "oh oh oh" et "yes yes yes" que chantent Wayne Coyne sont sans doute ce qu'il y a de plus catchy sur un album très pauvre en refrains et autres éléments accrocheurs alors pourquoi ne pas en faire un single ?
Embryonic n'est certainement pas un disque facile à vendre, mais on peut compter sur les Flaming Lips pour la mise en scène. Dans ce clip réalisé par Wayne Coyne et George Salisbury, une foule de jeunes gens nus émerge d'une énorme boule poilue par une ouverture qui ressemble fort à l'origine du monde, et ça n'est que le début de leurs aventures. Les gens nus, évidemment, ça marche toujours, vous avez forcément envie de les regarder. Lady Gaga vit une Bad Romance artySi Lady Gaga a aujourd'hui piqué des parts de marché à Paris Hilton, Madonna et Michael Jackson, c'est autant pour sa musique que pour son sens de la provocation et son opportunisme artistique.
Avec ce nouveau clip, Lady Gaga qui tutoie sans cesse le mauvais goût démontre toute l'intelligence ambigue de sa stratégie (tragédie) : alimenter les tabloïds tout en laissant croire que ses déviances relèvent aussi de la pose et de l'attitude arty. Dernier exemple donc, cette réalisation confiée à Francis Lawrence, l'homme derrière Constantine, le film avec Keanu, et Je suis une légende, le film avec Will, qui lorgne vers le film de monstres et adresse des clins d'oeil appuyés à Matthew Barney, l'homme à la tête de couille. Côté musique, on ne change pas une formule qui gagne : nappes synthpop horripilantes cotoyent beat rétro façon début des années 90. Au final, cela donne un son puissant et une rythmique de laboureur tout à fait adaptée à ce qu'elle décrit : la naissance d'un monstre enfanté par la célébrité... Mouais. Ajoutez un refrain imparable et on tient tout de même un titre assez convaincant pour qui aime ça : dansant, faussement sulfureux et pas si idiot qu'il a l'air de ne pas l'être (idiot). "Bad Romance", mais pas pour tout le monde.
Lady Gaga - Bad Romance Magic Kids, pop-psyché de MemphisAprès l'écoute de "Let's Go Surfing" (de The Drums) on ne saurait trop vous conseiller l'écoute de "Hey Boy", petit tube jovial des Magic Kids.
Merci à Goner Records.
Le batteur de !!! victime d'un accident mortel![]()
Gerhardt Fuchs, batteur au sein des groupes !!! et The Juan MacLean est mort hier matin, à l’âge de 34 ans. Coincé dans un ascenseur alors qu’il partait d’un gala de charité, il aurait tenté de sauter à l’étage d’en-dessous, mais est finalement tombé de quatre étages. Figure respectée de la scène de Brooklyn, les hommages se sont succédés depuis la triste nouvelle ; James Murphy, notamment, a salué l’un des plus grands batteurs qui lui ait jamais été donné d’entendre. Coïncidence macabre, c'est la deuxième fois qu'un batteur au sein de !!! meurt tragiquement : en 2005, Mikel Gius était victime d'un accident de vélo.
Voir aussi Lire notre interview avec Chk Chk Chk et la chronique de leur album Myth Takes Liars : L.A. ConfidentialLa rumeur enfle sur le net concernant Sisterworld, le prochain album de Liars, qui devrait sortir début 2010 chez Mute. En effet, une fois n'est pas coutume, ce mystérieux opus s'inscrit dans un concept global illustrant une "certaine idée du monde selon Liars" (remember Drums Not Dead qui nous plongeait déjà dans les méandres d'un album concept énigmatique à souhait).
Après un exercice de haute-voltige consistant à créer en étant séparé par plusieurs continents (Allemagne, Australie, Angleterre, USA), ce nouvel opus est annoncé comme enregistré pour la première fois entièrement aux Etats-Unis, plus exactement à Los Angeles, aux côtés de Tom Biller (collaborateur de Jon Brion qui s'est illustré sur les albums de Robyn Hitchcock, Evan Dando (The Lemonheads), Fiona Apple, Rufus Wainwright, mais aussi Kanye West et Beck). Tout mystérieux qu'il peut encore être à l'heure où vous lisez ces lignes, Sisterworld s'annonce aussi comme un défi. Les membres du groupe ayant en effet déclaré qu'ils s'étaient donnés pour contrainte de rester totalement en dehors de l'influence que peut avoir Los Angeles sur les artistes, et en particulier sur les musiciens, ignorant donc le mythe L.A., son Sunset Boulevard, Venice Beach, Hollywood, le désert, Laurel Canyon, Mulholland Drive et toute la mythologie "rock" entourant la ville. Aaron, Angus et Julian, nos trois Liars, se sont donc enfermés en studio pour créer leur propre univers, le "sisterworld". Un lieu encore bien mystérieux, isolé du monde, qui pourrait faire référence à la nature (Gaïa ?) au vu des petits clips présentant l'album sur le site officiel, mais rien n'est moins sûr, les Liars n'étant jamais là où on les attend comme on a pu le constater sur l'étourdissant Liars, album éponyme de 2007.
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Voir notre interview vidéo avec Liars Health brise le mur du son au Nouveau CasinoSamedi dernier, c'était Halloween, mais si vous habitiez Paris, il y avait beaucoup plus excitant à faire que de vous badigeonner de faux sang. Le groupe Health était de passage au Nouveau Casino pour la dernière date de leur tournée européenne, et nous y étions pour filmer deux titres. Fatigués les californiens? Ils n'en avaient pas l'air en tout cas. Venus présenter leur deuxième album Get Color, sorti sur l'excellent label Cityslang, les quatre garçons ont livré un show électrique d'un bout à l'autre. Leur son, un mélange de rock noisy, de dance, de shoegaze, est porté pas une voix androgyne qui lui confère une ambiance tout à fait particulière.
Health a l'indéniable qualité (devenue rare) de ne ressembler à aucun groupe, si ce n'est un petit peu à Animal Collective, pour l'aspect tribal de ses percussions. Sur scène, c'est une véritable déflagration, une alternance de bruit pur et de mélodie, portée par des musiciens bondissant, s'agenouillant, transpirant, dans un mouvement perpétuel. 45 minutes de show : ils ne peuvent probablement pas donner beaucoup plus d'eux-mêmes, et ce n'est pas sûr que nos oreilles puissent le faire non plus. Si seulement ils avaient pu éviter de nous souhaiter un "happy halloween", on en aurait presque oublié le jour qu'on était.
Les Foo Fighters en live... sur FacebookPour célébrer les 15 ans d'existence du groupe et la sortie de leur compilation Greatest Hits, les Foo Fighters offrent à leurs fans un concert à suivre en live sur internet. Pas grand chose à voir cependant avec la démarche de U2 le week-end dernier, qui avait retransmis en temps réel sur YouTube leur concert de 97 000 personnes au Rose Bowl Stadium de Los Angeles. Dave Grohl et sa bande ont choisi une option bien plus low-key, en décidant de jouer en direct de leur propre studio (le Studio 606), sans public. La performance sera retransmise sur leur "Fan Page" Facebook.
S'ils n'ont pas indiqué quelle sera la technologie utilisée, il est fort à parier qu'ils feront appel à la Live Stream Box que le réseau social avait lancé en juin dernier. Mise en place pour la première fois à l'occasion de l'inauguration d'Obama, elle permet aux personnes connectées sur la page en question d'avoir accès à une vidéo en streaming live, mais aussi de poster des commentaires en temps réel, et donc d'interagir entre eux et si l'évènement le permet, avec ce qu'ils voient à l'écran. C'est en tout cas ce qu'ont promis les Foo Fighters, en invitant leurs fans à communiquer avec eux via Facebook et Twitter pendant le concert. Pour voir l'unique date des Foo aux Etats-Unis avant que Dave ne retourne à sa batterie au sein de Them Crooked Vultures, branchez-vous sur leur page cette nuit aux alentours de 3h du matin, décalage horaire oblige.
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Julian Casablancas au Tonight Show, la sortie pop du leader des StrokesAprès Albert Hammond Jr, Fabrizio Moretti et Nikolai Fraiture, voilà que Julian Casablancas, leader des Strokes, se met aussi à l'aventure solo avec la sortie de son premier et très attendu album, Phrazes For the Young, le 2 novembre. En extrait vidéo, "11th Dimension", 1er single, interprété sur le plateau de Conan O'Brien.
Les 8 titres de l'opus circulent déjà sur le net et Casablancas sera de passage au Bataclan (Paris le 8 décembre). Le chanteur entame aussi en novembre une résidence Downtown Palace Theatre à Los Angeles et était hier soir sur le plateau du Tonight Show présenté par Conen O'Brien sur NBC. Alors que l'album des Strokes devrait, selon le groupe, devrait voir le jour courant 2010, Casablancas explore en 2009 son côté pop à l'image de ce premier single. Des guitares moins présentes au profit de claviers et boites à rythme, le tempo s'emballe moins que sur un opus du groupe, mais le phrasé traînant de Casablancas est toujours là.
Chris Garneau et Jeremy Jay à la Maroquinerie, la pop US en vidéo liveD'un côté la pop précieuse de Chris Garneau, de l'autre le groove nonchalent de Jeremy Jay. Les deux musiciens américains étaient, début octobre, à la Maroquinerie à Paris. Retrouvez des extraits vidéos de ce concert.
Assez étonné de voir Chris Garneau en première partie de Jay, malgré les liens noués avec la France (sa seconde patrie), on profite de l'occasion de voir sur la même scène deux musiciens qui nous font aimer la pop américaine actuelle. Timide et réservé dans ses mots, Garneau s'expose beaucoup plus sur disque ou en live, tantôt seul ou accompagné d'un batteur (une nouveauté) et de sa fidèle violoncelliste. Auteur d'un nouvel album, El Radio un poil moins introspectif que son prédecesseur Music For Tourists, Garneau ouvre le concert avec le titre "Hands On The Radio", à voir en live ci-dessous. Après ce set intimiste, Jeremy Jay prend la tengeante rock et nappe les titres de son dernier album en date, Slow Dance, de guitares là où l'attendait plus languide. En extrait vidéo "In This Lonely Town". Voir la suite du concert en vidéo : Jeremy Jay - Where Could We Go Tonight (live à Paris) et Jeremy Jay - Breaking The Ice (live à Paris)
The Drums, le revival surf music
Bien sûr, avec The Drums, c'est totalement différent puisque ces revivalistes surf sont de Brooklyn et qu'ils ont presque déjà sorti un EP presque déjà hype. On y croit vraiment : "Let's Go Surfing" a une ligne de basse sautillante irrésistible, "I Felt So Stupid" intègre de façon assez maline des samples vocaux dans une new wave bondissante, "Down By The Water" est l'obligatoire morceau lent pour les moments où la planche de surf se retourne et leurs deux autres morceaux sur leur myspace sont tout aussi surftastiques.
Bref, il est tôt pour s'enflammer pour The Drums, et l'histoire nous a appris à être prudent, mais vous pouvez aller écouter "Let's Go Surfing" sur Radio Flu, c'est franchement pas désagréable si ce n'est que ça nous rappelle que l'été est bel et bien fini.
Vampire Weekend dévoile quelques nouveaux morceaux au Nouveau CasinoLe deuxième album des garçons preppy de Vampire Weekend sort le 11 janvier prochain, mais ils ont su faire monter le buzz depuis quelques mois déjà. Depuis cet été, ils ont profité des quelques dates qui ont rythmé l’enregistrement de leur album pour offrir à leur public un avant-goût du tant attendu Contra, en jouant plusieurs de ses morceaux sur scène. Le public français avait notamment eu l’occasion d’en découvrir quelques uns lors de leur passage à Rock en Seine en août. Le 5 octobre dernier, la blogosphère s’agitait sur le sens d’un mystérieux compteur sur leur site officiel ; après des interprétations plus ou moins farfelues, on a pu découvrir avec une certaine extase le premier single en libre téléchargement, l’excellent "Horchata".
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Apothéose de cette promo au compte-goutte : une série de concerts intimistes en guise de tour de chauffe avant la date de sortie fatidique, et l’inévitable tournée qui suivra. Après New-York et Londres la semaine dernière, les Vampire Weekend ont investi hier soir la scène du Nouveau Casino. Malgré l’heure tardive (concert prévu à 23h30, début sur les coups de 00h45), la file d’attente était celle des grands jours de la salle d’Oberkampf. Dans un Nouveau Caz plein à craquer et moite, les garçons ont immédiatement planté le décor : oui, vous alliez entendre une bonne moitié du futur album, et non, vous n’alliez pas être déçus. Le quator de Brooklyn nous a offert un savant mélange de nouveaux morceaux et de leurs tubes du précédent album éponyme, le tout au cours d’un set d’un peu moins d’une heure.
On a pu observer un public attentif aux nouvelles chansons, le plus souvent emballé (le refrain entêtant de "Cousins" n’a pas tardé à être repris en cœur), mais qui ne se déchaînait vraiment que sur les bon vieux hits ("A-Punk", "Cape Cod Kwassa Kwassa", "Oxford Comma" et les autres), interprétés à la perfection. Une setlist particulièrement bien dosée et rythmée par un Ezra Koenig en bonne forme, parlant dès qu’il en a l’occasion en français, un exercice dont il s’en sort bien mieux que la majorité de ses compatriotes, comme il nous l’avait prouvé avec sa reprise de "Ca plane pour moi" à la Cigale il y a un an. C’est à l’occasion du rappel que le tant attendu "Horchata" déboule, ou plutôt, arrive tranquillement. Le claviériste Rostam s’asseoit, un curieux petit clavier sur les genoux, et la chanson est lancée, pour une version un peu moins rapide que l’originale, mais définitivement sublime. Un ultime pogo sur "Walcott", il est presque 2h du mat’, et les happy few quittent la salle, conscients d’avoir eu la chance d’entendre une bonne moitié de ce qui s’annonce d’ores et déjà comme l’un des meilleurs albums de 2010.
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Kanye West + The Noisettes = Wild Young Heartbreak
A l'écoute de la mixtape, on se rend compte que... c'est bien le cas. Les Urban & Boogie auraient pu tirer n'importe quels autres noms de leur chapeau, les producteurs chargés des remixes (parmi lesquels Double O, 6th Sense ou Apple Juice Kid) ont de toute façon totalement réarrangés les beats de Kanye pour coller avec les vocalises de Shingai Shoniwa, la chanteuse des Noisettes. Rien ne prédisposait ces deux albums à se rencontrer et la mixtape n'en n'est que plus impressionante. Il n'y a vraiment aucune raison pour que ça marche si bien, si ce n'est que ces gars là doivent être plutôt doués. Dead Man's Bones, les Tim Burton du rock indéEn 2005, l’acteur canadien Ryan Gosling rencontre à Toronto Zach Shields, le petit ami de la sœur de la fille avec laquelle il sort (vous suivez?). Ce qui n'aurait du être qu'une corvée mondaine débouche sur une belle entente, quand les deux réalisent au détour d'une conversation qu’ils partagent une passion pour le moins particulière : le train fantôme de Disneyland.
Soucieux de garder la fraîcheur et l’amateurisme de leur musique, quelques règles sont posées d’emblée : les deux jouent tous les instruments eux-mêmes (Ryan touche un violoncelle et un piano pour la première fois de sa vie, Zach s’initie à la batterie), ils se limitent à trois prises et ne corrigent pas leur voix. Après deux ans de bidouillages et de tatonnements, les deux amis mystiques passent aux choses sérieuses : ils s’enferment en studio pour produire un premier album au titre éponyme (sorti aux Etats-Unis le 6 octobre), et créent dans la foulée leur propre label, Werewolf Hearts Records. Soyons honnêtes : Dead Man's Bones a tout du projet qui pourrait retomber comme un soufflé : le toujours difficile passage de star d’Hollywood à celui de musicien (n'est-ce pas, Joaquin ?), le recours à des chœurs d’enfants, l’univers fantasmagorique comme fil directeur omniprésent, le mélange des genres musicaux... Les écueils sont nombreux, et pourtant, l’équation fonctionne parfaitement. Mieux que cela, il se dégage de ce coup d'essai une atmosphère magnétique.
Pour ce qui est des influences, on ne manquera pas de penser à Arcade Fire ou à Grizzly Bear ; la comparaison est flatteuse, et même si le niveau technique n’est pas le même, elle reste pertinente. Le son est un patchwork de sonorités, du doo-wop, de la pop à synthétiseurs, de la folk gothique, un mélange qui donne pourtant un son particulièrement cohérent d’un bout à l’autre de l’album. L’instrumentation est simple, lo-fi, et compte le plus souvent sur un ensemble guitare, piano et voix, accompagné des fameux chœurs d’enfants. Ryan Gosling et Zach Shields se sont entourés de la chorale d’enfants du Silverlake Conservatory de L.A. ; si cette mode pourrait devenir lassante (Passion Pit, Karen O des Yeah Yeah Yeahs en ont usé récemment), leur présence est ici loin d'être gratuite. En contre-poids de l’atmosphère triste qui se dégage des mélodies et de la voix assez grave de Ryan, les chœurs joyeux apportent une légèreté qui se marie parfaitement à cet univers lugubre. Et même si le procédé n’est pas nouveau, le décalage entre la candeur de leur timbre de voix et les paroles ouvertement macabres ("comme un agneau à l’abattoir") fait toujours son petit effet.
Avec son côté artisanal et sa simplicité, le premier album des Dead Man’s Bones n’en est pas moins réellement habité, et il offre de belles surprises, voire même un ou deux morceaux qui pourraient faire office de sérieux concurrents au titre de tube indé de l’année (en particulier la chanson "Pa Pa Power", ou le premier single, "My Body’s A Zombie For You"). Dans la lignée de leur idée de départ qui était de faire une comédie musicale, chacun des 12 titres de l’album devrait être accompagné d’un clip. Le premier, celui de "Dead Hearts", est un bijou d'animation qui met en scène une des "sculptures mobiles" d'Arthur Ganson.
We Were Once A Fairytale, Spike Jonze filme la rédemption de Kanye WestC'est une vidéo étrange qui vient tout juste de sortir : We Were Once A Fairytale, qui associe le clippeur Spike Jonze et le rappeur Kanye West. Pendant 11 minutes, la caméra suit la star lors d'une soirée en boîte, qui vire un peu au cauchemard. Descente aux enfers, prise de conscience d'être allé trop loin... le réal a très bien réussi à cerner les excès et les questionnements de celui qui se prétend être l'un des plus grands musiciens actuels.
Le court-métrage aurait été tourné avant l'incident de Kanye West aux MTV Video Music Awards, qui d'une part a fait rire une bonne partie des gens et d'autre part a sacrément entaché la réputation de Kanye West, déjà connu pour ses nombreux excès et les conneries sorties à tout bout de champ. Le rappeur est devenu en quelques années, et malgré la qualité de ses disques, l'équivalent hip hop et US, des frères Gallagher d'Oasis. People, mégalomane, grande gueule et comédien à ses heures perdues, on a pu le voir sur le plateau de Jay Leno quelques jours après la cérémonie des VMA pour réitérer ses excuses. L'interview atteint des sommets de dramaturgie quand le présentateur demande au musicien ce qu'aurait pensé sa mère (décédé en 2007) de cet incident... s'en est suivi un long silence gênant, pas de larmes, mais presque et un geste de compassion de Leno.
Avec la caution de Jonze, réalisateur respecté de clips, entre autres, et avec qui il avait déjà bossé sur la vidéo de son titre "Flashing Lights", West poursuit son oeuvre de rédemption grâce à We Were Once A Fairytale, petit objet filmique qui suit sa descente aux enfers. Un samedi soir à Los Angeles, peut-être, dans une boite huppée, Kanye West fête son anniversaire. Champagne et gâteau payés par le propriétaire du lieu, Kanye West bourré sort de ses poches des billets en pagaille. Entre regards gênés des clients, ricanements et vacillements, la star se représente seule, comme le boulet de la soirée, qui ne connaît personne et qui tente l'incruste à tout va. Ca se termine dans les toilettes de la boîte, la tête barbouillée... limite science-fiction. Voir We Were Once A Fairytale ce-dessous.
Echos de New York : DFA danse encore (la house)
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DFA, le label de James Murphy (Mr LCD Soundsystem), emblème incontournable du New York punk funk et post-disco tient décidément la grande forme depuis six mois ! Une influence que la structure doit en particulier au grand retour d'un genre pourtant longtemps dénigré, la house, la vraie, la moite, celle qui sue (sur le dancefloor) et fait remuer du bassin (un peu partout, de la chambre au salon).
Après The Juan McLean et The Future Will Come, un disque qui s'inscrira certainement en lettres d'or dans les Top Albums de l'année, Gavin Russom et son projet Black Meteoric Star, un hommage - selon les termes de son créateur - "à la house futuriste des années 80/90", paru cet été. Le duo Yacht et son album See Mystery Lights, bardé de tubes mystiques et dansants ("Summer Song", "Psychic City", "Ring The Bell"). Shit Robot (aka Marcus Lambkin) et "Simple Things", hymne proto-house à la fois minimal et fervent étonnamment interprété par l'iconoclaste Ian Svenonius, activiste de Washington DC et ex-leader du combo hardcore punk Nation of Ulysses (oui, oui !), c'est au tour de Still Going de nous balancer une vraie bombe house, imparable.
Avec "Spaghetti Circus", Olivier Spencer et Eric Duncan alias Still Going, signent en effet un killer track, le genre de morceau soulfull porté par une voix black mature digne du meilleur funk des 70's, et soutenu par une rythmique mutante, démarrant krautrock (Klaus Dinger es-tu là ?) et enchainant sur un 4x4 four to the floor qui prouve une fois de plus que le genre expérimental allemand et la dance music américaine des 90's ont toujours fait bon ménage !
Grand connaisseur du disco des origines (Duncan est entre autre la moitié du duo Rub N Tug qu'il forme avec Thomas Bullock ), Still Going était déjà à l'origine de l'influent "Still Going Theme" il y a un an. Spaghetti Circus, leur second EP fera date dans la production DFA, autant que les minis-tubes underground "Happy House" de The Juan McLean ou le suscité "Simple Things" de Shit Robot !
La house est de retour et nous ne nous sentons plus de joie ! Qui l'eut cru ? Certainement pas moi ! (on en reparlera...)
Still Going - Spaghetti Circus :
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Modest Mouse et le chant des baleinesEncore un clip de Modest Mouse, le troisième pour la collection de faces B No One's First, And You're Next. Celui là n'est pourtant pas celui de trop, c'est même carrément le meilleur. Déjà, "Whale Song" est le meilleur morceau de tout le lot, sa longue intro au rythme lancinant et aux guitares cheloues rappelle les débuts dépressifs du groupe et le clip, réalisé par la société de production BENT, empile les effets visuels tordus. Animation image par image, prises de vues réelles, filtres numériques et techniques non identifiées s'enchainent à partir du moment où on voit Isaac Brock s'asseoir pour utiliser un spirographe qui semble avoir été conçu par l'inquisition espagnole.
Chaque image qui a jamais pu être associée à la musique de Modest Mouse a droit à son petit moment : monstres lovecraftiens, guitares vaudous, groupe de zombie, dépressions patiales... Ca pourrait être le clip de toutes leurs meilleures chansons. Ca pourrait être leur dernier clip.
Ulrich Schnauss porte plainte pour plagiat contre... Axl RoseIndependiente et Domino viennent de déposer une plainte contre Interscope/Geffen A&M, les Guns N'Roses et Axl Rose, demandant un million de dollars de dédommagement pour l'utilisation de samples non autorisée de non pas un, mais deux morceaux d'Ulrich Schnauss dans "Riad'n'The Bedouins", un morceau de l'album Chinese Democracy. A l'écoute des morceaux concernés, on se dit que les avocats de Rose auront du mal à le sortir de ce coup là.
Tout d'abord d'Ulrich Schnauss vous prenez "Wherever You Are" :
Ensuite vous ajoutez un peu de "A Strangely Isolated Place" :
Vous mélangez et vous obtenez les premières secondes de "Riad'n'The Bedouins" des Guns'n'Roses :
La question qui se pose bien sûr, c'est pourquoi donc Rose n'a pas pris la peine, soit d'obtenir l'autorisation de Schnauss (ce n'est pas comme si Chinese Democracy avait été sorti dans la précipitation) soit d'enregistrer sa propre petite intro au synthé (si c'était une question d'argent). Pour le peu qu'on en entend dans le morceau, ça n'aurait pas été si dur. La théorie la plus probable ? Quelqu'un, à une étape de l'interminable production de Chinese Democracy, a bricolé vite fait ce petit mash up d'Ulrich Schnauss pour donner une idée à Axl de ce qu'il envisageait pour l'intro, puis ce quelqu'un a été viré, comme tous les gens qui ont travaillé un jour ou l'autre sur l'album, et personne n'a pris le temps de chercher d'où venait cette intro quand il l'a retrouvé trainant dans le studio. Ce quelqu'un (on parierait volontiers sur Moby) doit bien rigoler aujourd'hui.
Voir aussi Enfin un clip pour Let Love Rule, le remix du tube de Lenny Kravitz par JusticeIl est rare qu’un clip de Justice passe inaperçu… celui-ci ne devrait pas faire exception. En avril dernier, Lenny Kravitz faisait appel à Gaspard Augé et Xavier de Rosnay pour remixer son "Let Love Rule", à l’occasion du 20ème anniversaire de son tube. Le résultat ? Un bon remix, sans surprises certes, mais efficace et franchement plus péchu que l’original. Quelques mois plus tard, une vidéo officielle accompagne enfin le titre, une idée originale et drôle qui met en scène une sorte d’ersatz de Marty McFly (de Retour vers le futur). A la réalisation, Keith Schofield, à qui l’on doit notamment l’excellent clip "Bad Blood" de Supergrass ("Best Rock Video" aux MTV UK Music Video Awards en 2008), ou encore le "Move" de CSS.
Horchata, nouveau single de Vampire Weekend en écouteAnnoncé pour janvier, le prochain album de Vampire Weekend sortira sous le nom de Contra. Depuis hier, le groupe a dévoilé sur son site son premier titre, "Horchata" à écouter ici.
Un compte à rebours animait le site de Vampire Weekend ces derniers jours, prenant fin hier et dévoilant "Horchata", nouveau titre des Américains. Un morceau qui commence doucement par ces paroles de Ezra Koenig : "In December drinking horchata / I look psychotic in a balaclava" et qui se poursuit entre percussions en tous genres, choeurs et un trait de cordes... un titre et un album fortement influencés par la Californie, selon le groupe. Après avoir, de manière virale et mystérieuse, diffusé la pochette de leur album Contra, sans aucune indication, sans aucun titre, Vampire Weekend continue son buzz avec ce premier extrait. Ecoutez "Horchata" ci-dessous.
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![]() No Age : L'âge de déraison![]() Un guitariste, un batteur ! Formation minimale et effet maximal. De fait nous ne sommes toujours pas remis de la déflagration soft de Nouns, deuxième album de No Age. Alors que l'on annonce un peu partout la sortie le 6 octobre prochain du EP Losing Feeling on se dit qu'il est encore temps de se pencher sur le cas de ce jeune duo angeleno (Randy Randall et Dean Allen Spunt), responsable avec cet album d'une des mini-crises cardiaques soniques de l'an passé (9,2 sur l'échelle de Pitchfork quand-même !)
Transfuge de Fat Cat, Randall et D.A. Spunt sont désormais hébergés chez Sub Pop en 2008, signant peu ou prou la renaissance du label ou au moins un regain d'intérêt pour ses productions. Sur Nouns, les deux garçons mélangent avec bonheur blizzard électrique post-shoegaze à haute tension ("Teen Creeps", "Errand Boy"), mélodies douloureuses (le magnifique "Things I Did When I Was Dead" ou l'éthéré "Impossible Bouquet"), ballades slacker à la Pavement ("Eraser", "Cappo", pour la voix) et hardcore punk façon Washington DC période 1990 ("Miner", "Sleeper Hold" ou un "Brain Burner" de moins de 2 minutes).
No Age, c'est donc l'union de l'héritage punk des Fugazi et consort, avec une sensibilité pop qui fait merveille sur des titres comme "Keechie". Les deux Américains en pleine extase sonique pour un morceau blindé de saturation (relegué en arrière-plan cette fois) et portée par une mélodie d'une douceur désarmante. Après une année très active : un remixe pour Bloc Party et une tournée en compagnie de Dean Deacon et Deerhunter, le duo revient donc en octobre avec un nouvel EP comprenant le fameux "You're a Target" qui a déjà fait le tour de la blogosphère.
En plus de savoir manier le bruit et la mélodie, nos deux No Age prouvent également qu'ils ont un sens esthétique affirmé malgré leur jeune âge. En temoigne le clip de "Keechie" justement. Une vidéo dirigée par Andy Bruntel - qui réalisa également la vidéo du titre "Eraser", ainsi que celles de Modest Mouse, The Mountain Goats, Saint Vincent, Bonnie "Prince" Billy ou Stephen Malkmus -, l'une des plus belles et mystérieuses vidéos de 2008.
La preuve par l'image :
A noter que Losing Feeling est proposé en écoute en streaming aux abonnés du site Sub Pop ! Bonne écoute ! Tiny Vipers : la chanteuse dont on tombe amoureux ?Après son Hands Across The Void, d'il y a deux ans, Jesy Fortino aka Tiny Vipers a sorti, en juillet, un deuxième album magnifique qui s'appelle Life On Earth. Toujours sur le label Sub Pop, la guitariste qui chante en s'accompagnant de sa guitare acoustique a enrichi sa palette musicale : elle chante mieux, s'est trouvée un groupe fantôme pour le studio (qu'on entend assez peu) et est toujours habile à chanter sa peine. En 11 titres cette fois (le précédent était plus bref, moins poli), Tiny Vipers réussit un quasi sans faute, taquinant à la fois toujours la veine des chanteuses pleureuses émotionnantes à la Catpower/ Kristin Hersh mais aussi la force naturaliste d'un Neil Young. Autant qu'avec ce deuxième album, il se pourrait bien que Tiny Vipers plante ses crocs en première division.
"Dreamer", son single, est une merveille et l'album évolue en eaux sussurrantes secouées, en plein milieu, par un titre éponyme spectral de plus de 10 minutes. Côté textes, on ne se situe pas dans le déshabillage autofictif mais dans un entre-deux de confessions, lamentations et de visions poétiques de bonne facture. Tiny Vipers (qui semble avoir pris quelques kilos) est, de surcroît, de plus en plus belle comme on peut le constater sur ces quelques vidéos, diaphane, maigre, sans âge, sans formes. Appliquée à la guitare (rappelons qu'elle gagnait sa vie en jouant dans des bars et en faisant des petites boulots), habitée par son chant, Jesy est sans nul doute la chanteuse qu'on aimerait avoir chez soi en 2009, la chanteuse qui ne pleure pas mais délivre des prestations d'intensité retenue, la chanteuse qui aime ne pas nous aimer. Tout ceci sent bon l'absence, le manque de l'être aimé, toutes ces choses que nous les fans sommes prêts à donner. Toutes les époques ont ce besoin d'une chanteuse sensuelle et perdue : on a parlé de Hope Sandoval. Il fut un temps où certains vénéraient Beth Orton (la grande asperge chiantissime). 2009 est l'année des vipères mignonnes. 2010 aussi sans doute. On l'espère, du moins.
Tiny Vipers - Dreamer
Tiny Vipers - Eyes Like Ours Big Star : l'anthologie, enfin !
Avertissement : ceux qui ne connaissent pas encore Big Star et s'en tiennent depuis des années à l'intégrale du Velvet, des Byrds et des Beach Boys, peuvent immédiatement se caler solidement les doigts entre le chambranle de la porte de leur chambre - ou de leur bureau - et claquer celle-ci bien fort (au besoin, faites-vous aider d'un collègue ou d'un membre de votre famille). Courrez ensuite chez votre disquaire favori (il en reste si, si !), la main enveloppée dans un linge propre, ou ruez-vous sur le site grâce auquel vous alimentez votre discothèque (dans ce cas vous taperez avec un doigt) et achetez l'anthologie Keep An Eye On The Sky de Big Star.
Oublions donc un instant les Beatles dont une moitié se voit aujourd'hui exhumé de force pour venir hanter un jeu vidéo, tandis qu'on réédite l'intégrale remastérisée, pour se pencher sur le cas Big Star, un des plus grands groupes méconnu/oublié (et pourtant, osons le dire ici, "séminal") des années 70. Séminal en effet, car peu de groupes peuvent se targuer d'avoir véritablement ensemencé de manière aussi discrète que vivace toute la scène indé dans ce qu'elle compte de meilleur. De Teenage Fanclub en passant par Wilco, Gravenhurst, R.EM., Super Furry Animals, The Posies, Lemonheads ou Yo La Tengo, c'est toute une frange amoureusement lettrée du rock et de la pop des 80's et des 90's, qui paie régulièrement son tribut au groupe d'Alex Chilton (et de Chris Bell !). Et ce n'est que justice.
Peu de groupes, il est vrai, peuvent se targuer de mériter le statut de culte comme cette formation de Memphis. Impossible alors, de ne pas se réjouir à l'heure où paraît enfin dans les bacs l'anthologie tant attendue de cette étoile noire du rock des 70's en 4 Cd pour 98 morceaux. Un groupe qui, malgré des péripéties communes à beaucoup de rock stars d'alors (dépression, addiction, destruction) a passé un peu moins de trois ans à aligner les morceaux aux mélodies imparables, digne de Beatles américains justement, mais des Beatles hantés, gangrénés de l'intérieur par la dope et la haine de soi.
Des premiers balbutiements de Chris Bell en studio des 68 au premier album (#1 Record, en 72 sur lequel Bell, maniaco-dépressif lui aussi, était déjà absent), puis à l'incandescent Radio City (1973) jusqu'au chant du cygne de Third / Sister lovers en 1975, tout est réuni sur Keep An Eye On The Sky, avec en bonus démos et versions live inédites, aussi indispensable que les originaux. De quoi se laisser entrainer, encore une fois, avec Chilton et son équipe à l'arrière du "Big Black Car" : " Driving in my big black car / Nothing can go wrong / I'm going and I don't know how far / So, so long. Sunny day, highway/ If it rains it's all the same/ I can't feel a thing/ I can't feel a thing. I've got a big black car. "
Et nous, nous avons enfin l'anthologie d'une big black star ! |
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