|
Musique en images (qui bougent). Vidéo, clips à voir en ligne ou à télécharger.
Charlotte Gainsbourg et Beck ont un bon clip pour ''Heaven Can Wait''L'album de Charlotte Gainsbourg et Beck qui sort le 7 décembre s'appellera IRM, ce qui n'est pas très logique puisque l'album est en anglais et qu'en anglais, on dit "MRI". Ce n'est pas très grave, de toute façon, parce que ça s'annonce plutôt mauvais : le premier extrait, qui s'appellait lui aussi "IRM" était sans intéret, le nouveau, "Heaven Can Wait", imite passablement Feist qui imite Spoon. Il ne fallait pas en attendre plus de la collaboration entre un type qui sort d'une décennie léthargique et d'une actrice française, condamnée dès le départ par sa condition.
A ce tarif, on doit plutôt être reconnaissant de tirer de tout ça UNE très bonne chose : un clip réalisé par un certain Keith Schofield, auteur du clip du remix de Let Love Rule par Justice, qui s'amuse ici à accumuler les plans absurdes rigolos. Bien sûr on peut y voir un plagiat du travail de Spike Jonze dans les années 1990 mais il y a un moment où il faut arrêter d'être critique et jouir un peu du peu que le monde a à nous donner.
''Cousins'', le premier clip du nouvel album de Vampire WeekendLes Vampire Weekend nous prouvent une fois de plus qu’ils savent maintenir leurs fans en haleine avant la sortie de leur 2ème album, Contra, le 12 janvier prochain. Après avoir diffusé sur leur site internet un compte à rebours qui annonçait la mise en ligne de leur premier single, l’excellent "Horchata", les New Yorkais preppy viennent de sortir un clip réalisé pour leur deuxième single, "Cousins". Derrière la caméra, on retrouve le jeune réalisateur anglais Garth Jennings, à qui l’on doit notamment le clip de "Coffee & TV" de Blur (vous savez, le périple de la brique de lait à la recherche d’un Graham Coxon porté disparu). Devant la caméra, les 4 garçons s’en donnent à cœur joie tandis qu’ils sont filmés d’avant en arrière dans une rue étroite par des mouvements de caméra rapides qui collent parfaitement à l’énergie punk du morceau. Vivement la suite.
Washed Out : Îles flottantes
Alors que le genre néo baléaric semble souffler toujours un peu plus son air tiède sur l'hiver, gageons d'entrée de jeu que nous allons bientôt entendre parler un peu partout de Washed Out (si si, tapez ce nom dans Google !), projet d'Ernest Greene, un jeune américain originaire de Caroline du Sud et vivant actuellement à Macon en Georgie (patrie de l'excellent écrivain Harry Crew).
A l'écoute de son premier EP, Life of Leisure, et des vidéos qui l'accompagnent, il semblerait qu'Ernest ait trouvé là le paradis sur terre. Sa musique, mélange de pop shoegazeuse et de disco lo-fi, s'inscrit irrémédiablement dans le genre néo baléaric, mais cela ne semble pas être une volonté affirmée de la part de son créateur.
La recette du son Washed Out c'est en constant décalage. Des morceaux qui semblent tous composés de couches dépareillées et mal calées, donnant à l'ensemble l'impression d'écouter Cocteau Twins jouant une samba impromptue à la radio ou d'entendre My Bloody Valentine céder à l'hédonisme disco (les saturations en moins) la tête sous l'eau. Solaire, lumineuse, mais aussi brumeuse à cause de la proximité de l'océan, Greene fabrique une pure musique sudiste, et Life of Leisure est un petit bonheur languide que l'on ne veut pas voir s'arrêter et qui nous donne envie d'en écouter plus !
Alors, à quand l'album ??
Joss Stone fait n'importe quoiOn avait, avouons-le, totalement oublié l'existence de Joss Stone. Au début de la décennie, autant dire il y a une éternité, elle était la première des chanteuses anglaises rétro à voix, longtemps avant qu'Amy Winehouse ne débarque dans le jeu avec sa stratégie de la terre brûlée.
Joss Stone, donc, son truc c'était la soul américaine. Elle se prenait pour Aretha. Et elle n'a pas arrêté. Il lui faut du R.E.S.P.E.C.T. parce que contrairement à toutes les Duffy et Adele du royaume, elle c'est une "authentique". Elle a donc enregistré en 2008 un album intitulé Colour Me Free, un album plus "libre" que les précédents, enregistré live en une semaine avec de vieux pros du funk de studio. Le résultat, sans être si dingue que ça, n'est pas désagréable à l'oreille, mais EMI n'avait pas envie de vendre Stone comme ça et a trainé des pieds pour sortir l'album. Pendant plus d'un an, Stone a lutté, allant jusqu'à offrir publiquement deux millions de livres pour racheter son contrat et pouvoir sortir l'album. Finalement celui-ci est bien sorti chez EMI il y a un mois, se vendant pas trop mal, mais Joss Stone a toujours autant envie de regagner sa liberté. Ce qui explique surement ce nouveau clip terroriste rigolo qui nous plaît beaucoup :
Le clip nudiste des Flaming Lips"Watching The Planets" est un des nombreux morceaux chaotiques du double album Embryonic. La mélodie est réduite à sa plus simple expression mais les "oh oh oh" et "yes yes yes" que chantent Wayne Coyne sont sans doute ce qu'il y a de plus catchy sur un album très pauvre en refrains et autres éléments accrocheurs alors pourquoi ne pas en faire un single ?
Embryonic n'est certainement pas un disque facile à vendre, mais on peut compter sur les Flaming Lips pour la mise en scène. Dans ce clip réalisé par Wayne Coyne et George Salisbury, une foule de jeunes gens nus émerge d'une énorme boule poilue par une ouverture qui ressemble fort à l'origine du monde, et ça n'est que le début de leurs aventures. Les gens nus, évidemment, ça marche toujours, vous avez forcément envie de les regarder. Ready, Able en pâte à modeler pour Grizzly BearEncore un clip en pâte à modeler ! Pour "Ready Able", Grizzly Bear a certes opté pour cette technique, mais avec une esthétique assez différente des clips habituellement réalisés avec ce matériau. Pas d'animaux qui parlent, pas de sucreries, mais des créatures étranges pour cette vidéo réussie et réalisée par Allison Schulnik.
Après avoir fait appel au peintre William J. O'Brien qui avait réalisé les pochettes aux allures de kaleidoscope de l'album Veckatimest et du single "While You Wait For The Others", le groupe continue de s'associer aux artistes contemporains avec le clip de "Ready, Able", l'un des plus beaux titres (le plus beau ?) de leur opus. Pour la vidéo, l'artiste californienne a mis en scène son personnage de "Hobo Clown" qu'elle a déjà peint ou animé par le passé pour ses projets purement personnels. Ci-dessous, le premier film d'animation avec pour bande-son "Granny Diner" des Grizzly.
Pour "Ready, Able", retrouvailles avec le "hobo clown", mi-homme des forêts, mi-clown, dans un sous-bois et sur le point de se faire enlever. Mélange de matériaux, de textures, rappel de l'univers kaleidoscopique, apparition d'un vaisseau spatial et en fil conducteur le motif du visage difforme du clown, repris tout au long de cette vidéo, une des plus belles de l'année.
Voir notre interview vidéo avec Grizzly Bear et lire la chronique de Veckatimest Rappel : Grizzly Bear en concert le 21/11 à la Cigale Los Campesinos! jouent les funambulesLe troisième album de Los Campesinos ne sortira que le 1er février 2010, soit quinze mois après le second, We Are Beautiful, We Are Doomed et vingt-trois après le premier Hold On Now Youngster.... Ils ont doublé leur délai inter-album. Sauf qu'ils ont fini d'enregistrer Romance Is Boring en juin dernier, et que le ralentissement n'est qu'une illusion bien pratique pour un groupe pour lequel le plus fort danger est la surexposition.
Si vous détestez déjà Los Campesinos! ça n'y changera bien sûr rien mais les membres du groupe sont visiblement assez malins pour savoir que leur mélange d'indie-pop hyperactive, de paroles ultra détaillées et d'une poignée d'autres éléments qui méritent tout autant de superlatifs à double tranchant pourraient provoquer une overdose chez le plus fervent de leur fans. Le groupe est prudent, donc, et ça s'entend dans "The Sea Is A Good Place To Think About The Future", l'excellent extrait de l'album qu'ils ont révélé en premier : c'est toujours aussi affecté, surtout dans la façon dont le chanteur Gareth Campesino tente de faire rentrer ses paroles trop détaillées dans une mélodie qui a du mal à en supporter autant, mais c'est carrément moins acidulé, puisqu'il est question d'une histoire d'amour mal barrée avec une anorexique et que le refrain en choeur, la signature du groupe, se retrouve réduit au strict minimum pour ne pas gêcher l'atmosphère relativement aride de la chanson.
Le groupe a cependant bien du mal à se retenir, puisqu'il a déjà filmé un deuxième clip pour un autre extrait de l'album, "There Are Listed Buildings". A ce rythme là on aura un clip pour la moitié des chansons de l'album avant sa sortie. Cette deuxième chanson voit le groupe retrouver le son de son premier album : guitare + violon + glockenspiel + choeurs montés sur ressort pendant toute la chanson, comme si le groupe ne s'était jamais rendu compte qu'il avait trop de membres pour qu'ils jouent tous toujours en même temps. Heureusement on reste toujours du bon côté de la frontière qui sépare la musique de la cacophonie, mais si ces deux premiers extraits sont plutôt très bons, on ne peut s'empêcher d'avoir peur pour Los Campesinos! A jouer les funambules sur la limite entre réussite et catastrophe, ils nous tiennent en haleine mais c'est au moins en partie à cause de notre côté voyeur qui n'attend qu'une chose : les voir tomber.
Health brise le mur du son au Nouveau CasinoSamedi dernier, c'était Halloween, mais si vous habitiez Paris, il y avait beaucoup plus excitant à faire que de vous badigeonner de faux sang. Le groupe Health était de passage au Nouveau Casino pour la dernière date de leur tournée européenne, et nous y étions pour filmer deux titres. Fatigués les californiens? Ils n'en avaient pas l'air en tout cas. Venus présenter leur deuxième album Get Color, sorti sur l'excellent label Cityslang, les quatre garçons ont livré un show électrique d'un bout à l'autre. Leur son, un mélange de rock noisy, de dance, de shoegaze, est porté pas une voix androgyne qui lui confère une ambiance tout à fait particulière.
Health a l'indéniable qualité (devenue rare) de ne ressembler à aucun groupe, si ce n'est un petit peu à Animal Collective, pour l'aspect tribal de ses percussions. Sur scène, c'est une véritable déflagration, une alternance de bruit pur et de mélodie, portée par des musiciens bondissant, s'agenouillant, transpirant, dans un mouvement perpétuel. 45 minutes de show : ils ne peuvent probablement pas donner beaucoup plus d'eux-mêmes, et ce n'est pas sûr que nos oreilles puissent le faire non plus. Si seulement ils avaient pu éviter de nous souhaiter un "happy halloween", on en aurait presque oublié le jour qu'on était.
Vitalic, moins vital mais tout de même de beaux restes![]()
C'est clair désormais, le trop rare Pascal Arbez, aka Vitalic, ne rééditera pas son exploit de 2001 avec Poney EP. Sa techno dark d'alors, ultra-énergique et tendue, fortement teintée d'electro, n'est plus dans la ligne de mire du Dijonnais. Après près de 15 ans de carrière dans l'électronique, "De l'An-fer to Chicago" comme titrait un de ces CD mix, un passage chez les Munichois de Gigolo et un album remarqué (Ok Cowboy en 2005 chez Different Recordings/Pias), Vitalic se tourne de plus en plus vers les mélodies synthétiques proto-disco et les tracks surcompressés qui font le bonheur d'une certaine french-touch actuelle.
Sur Flashmob, on ne retiendra donc que quelques morceaux, parmi lesquels "Poison Lips", fabuleux moment de mélancolie futuriste comme seule la techno sait nous pondre tous les 2 ans. Vénéneux, comme son titre l'indique ouvertement, "Poison Lips" est certainement le meilleur titre du nouvel album du français. Chanté par Linda Lamb, sa comparse au sein du projet The Silures, le morceau superpose les harmonies vocales psychédéliques langoureuses de l'une et la rythmique disco "moroderesque" de l'autre avec le même bonheur. Un track entêtant, à la fois classe et nostalgique, qui s'inscrit rapidement dans les esprits et risque de devenir aussi emblématique que le fameux "Poney Part.1" qui fit les beaux jours d'International Deejay Gigolo.
Quant à sa vidéo sous influence Millennium Mambo (remember Shu Qi, aah), elle symbolise à elle seule toute la mélancolie inhérente à la techno depuis ses débuts à Detroit, spleen et futurisme glacé, inextricablement mêlé...
Battles et Four Tet à Paris pour la dernière soirée Warp20Posté par LovelyRita le 30.10.09 à 14:56 | tags : label, électro, agenda, anniversaire, live, news, vidéos musicales, youtube
Warp a fêté ses 20 ans cette année, à renfort de sorties et de soirées à travers le monde. Pour clôturer les célébrations, le label anglais organise une dernière et très belle soirée le 8 décembre à l'Elysée Montmartre avec au line-up : Flying Lotus, Nice Nice, Four Tet et excusez du peu Battles.
Warp20, c'est une année entière de festivités qui a animé les grandes villes d'événements mêlant musique, art et vidéo. On a eu droit à de grosses soirées à Sheffield (ville du label), Tokyo, Londres, New York et Paris (en mai à la Cité de la Musique) et à la sortie cet automne de la Warp 20 Box Set, coffret rétrospectif. Du côté de Fluctuat, nous avons également proposé notre rétrospective des meilleurs clips de Warp.
Pour mettre un terme à cet annivesaire, une toute dernière soirée est organisée à Paris, ça sera le 8 décembre et à l'Elysée Montmartre. Au programme de Pure Warp le math-rock de Battles dont le single "Atlas" fait partie du top 20 des meilleurs titres du label (voir le classement complet), Flying Lotus le producteur hip hop, l'électro exigeante de Four Tet et Nice Nice à découvrir ci-dessous avec le clip de leur titre "Pulp". A noter que Battles est actuellement en studio pour donner un successeur à Mirrored, probablement pour la fin 2010.
Basement Jaxx brise le coeur de Lightspeed ChampionEn tout cas c'est ce qui semble se passer si on regarde ce clip. Et qu'on présume que les ours hip hop qu'on voit s'attaquer au pauvre coeur de l'indie folk rockeux Lightspeed Champion représentent les deux Basement Jaxx. Le fait est qu'ils ont fait appel à lui pour poser sa voix sur un beat aussi énorme que chargé en émotions.
Sur "My Turn", les Jaxx réussissent à obtenir un rapport gros son/subtilité de l'émotion proche de 1. Pour les nuls en maths, ça veut dire que les deux sont égaux. Comme dans cette reprise accoustique de "Ayo Technology" de 50 Cent et Justin Timberlake qui passe en boucle sur toutes les mauvaises radios en ce moment, sauf que là, les valeurs des deux données sont beaucoup plus élevées. Si vous êtes toujours nuls en maths, ça veut dire que les reprises acoustiques de tubes hip hop, c'est nul mais que "My Turn", c'est bien. Ces reprises sont sans doute aussi un peu racistes, mais pas Basement Jaxx, mais ça nous n'avons pas d'équation pour le prouver.
Bref, on ne l'aurait pas cru il y a encore relativement peu de temps mais Basement Jaxx va finir par nous faire chialer. En dansant. Scars, leur nouvel album, est bourré de ce genre d'électro douce amère qui fait shaker le booty et de featurings bien sentis de Santigold à Yoko Ono en passant par Yo Majesty. Après un Crazy Itch Radio "en demi teinte" c'est ce qu'on appelle dans le métier un "retour en forme". On peut aussi utiliser les termes "album de la maturité". Quel beau métier.
Hecuba, musique curieuse, en concert en FranceNotre découverte ovniesque de cet été, Hecuba, se fend cet auntomne d'une tournée européenne, qui s'arrêtera le 6 novembre à Paris, au Panic Room. Album révélation de cette rentrée, avec Paradise, tube de l'été 2009 avec "Suffering", le groupe revient aussi avec un nouveau clip, celui de "The Magic".
Les deux musiciens ont aussi la bonne habitude d'accompagner leurs singles de très belles vidéos, revendiquant toujours un univers particulier et convoquant références en tous genres. Après les avoir vus en rockeurs fifites dans le clip de "Suffering", Isabelle et Jon se projettent, pour "The Magic", dans une villa au designe luxueux et dans un futur peu rassurant : elle dans la peau d'une femme désoeuvrée, lui en larbin.
Lire la chronique de Paradise et l'interview avec Hecuba
Excepter, un DVD et une poignée de remixes![]()
Cela faisait un petit moment que l'on n'entendait plus parler des New Yorkais allumés d'Excepter, le groupe free-form électronique mené par le quasi-gourou John Fell Ryan.
De retour fin 2009 sur Paw Tracks, le label de Panda Bear, ceux-ci annoncent la parution d'un nouvel EP doté d'une magnifique pochette, Black Beach. L'intégralité de cette oeuvre (car c'en est une) inclut un DVD présentant une performance du groupe réalisée en plein air à Big Sur (lieu mythique de la culture beat et alternative US en général, depuis plus de 50 ans) produit par Harrison Owen. Des bonus vidéos présentent également un concert complet d'Excepter à Los Angeles.
La bande son du DVD sort séparément en vinyle édition limitée, le tout étant accompagné d'une étrange vidéo dont on ne sait pas vraiment s'il s'agit d'un teaser pour présenter l'ensemble de cette production iconoclaste ou d'un vrai clip. "Castle Moro", premier morceau issue de Black Beach, est un mélange typiquement "Excepterien" d'ambient rampant, de field recordings zarbis, de rythmes profondément hypnotiques et de transe immobile. Mais l'ensemble est porté, cette fois, par une apaisante ambiance post-estivale. A la fois zen et solitaire, "Castle Moro" évoque un souvenir de vacances mélancolique, une épave de musique abandonnée sur la plage par un musicien fatigué, un état que soulignent merveilleusement les images du groupe dans un esprit do-it yourself bienvenu en ces temps de surenchère d'effets spéciaux et de néons rutilants.
D'un autre côté, Excepter reste toujours aussi imprévisible avec la sortie simultanée d'une poignée de remixes explosifs, dont un de JG Thirlwell alias Foetus, un autre de Jack Danger (Meat Beat Manifesto) et pour finir, cerise sur le space-cake, de Chris Carter et Cosey Fanni Tutti, un symbole vivant et une égérie, pionniers de la new wave, tous deux désormais quinqua (héé oui) des fameux C.T.I., Chris & Cosey, et surtout Throbbing Gristle.
La vidéo de "Shot Ring" issue de Debt Dept en désappointera plus d'un. Il faut bien attendre 1 minutes et demi pour retrouver un peu d'Excepter dans ce gloubiboulga techno indus, mélangeant l'electro post-acid house fleurant bon la rave des 90's et l'inclassable dub-rock industriel du combo de Brooklyn. L'ensemble est bien évidemment bizarre, tout comme les sont Carter et Cosey. Leur rencontre avec les foldingues d'Excepter ne pouvait donner que quelque chose qui le soit plus encore.
Julian Casablancas au Tonight Show, la sortie pop du leader des StrokesAprès Albert Hammond Jr, Fabrizio Moretti et Nikolai Fraiture, voilà que Julian Casablancas, leader des Strokes, se met aussi à l'aventure solo avec la sortie de son premier et très attendu album, Phrazes For the Young, le 2 novembre. En extrait vidéo, "11th Dimension", 1er single, interprété sur le plateau de Conan O'Brien.
Les 8 titres de l'opus circulent déjà sur le net et Casablancas sera de passage au Bataclan (Paris le 8 décembre). Le chanteur entame aussi en novembre une résidence Downtown Palace Theatre à Los Angeles et était hier soir sur le plateau du Tonight Show présenté par Conen O'Brien sur NBC. Alors que l'album des Strokes devrait, selon le groupe, devrait voir le jour courant 2010, Casablancas explore en 2009 son côté pop à l'image de ce premier single. Des guitares moins présentes au profit de claviers et boites à rythme, le tempo s'emballe moins que sur un opus du groupe, mais le phrasé traînant de Casablancas est toujours là.
Chris Garneau et Jeremy Jay à la Maroquinerie, la pop US en vidéo liveD'un côté la pop précieuse de Chris Garneau, de l'autre le groove nonchalent de Jeremy Jay. Les deux musiciens américains étaient, début octobre, à la Maroquinerie à Paris. Retrouvez des extraits vidéos de ce concert.
Assez étonné de voir Chris Garneau en première partie de Jay, malgré les liens noués avec la France (sa seconde patrie), on profite de l'occasion de voir sur la même scène deux musiciens qui nous font aimer la pop américaine actuelle. Timide et réservé dans ses mots, Garneau s'expose beaucoup plus sur disque ou en live, tantôt seul ou accompagné d'un batteur (une nouveauté) et de sa fidèle violoncelliste. Auteur d'un nouvel album, El Radio un poil moins introspectif que son prédecesseur Music For Tourists, Garneau ouvre le concert avec le titre "Hands On The Radio", à voir en live ci-dessous. Après ce set intimiste, Jeremy Jay prend la tengeante rock et nappe les titres de son dernier album en date, Slow Dance, de guitares là où l'attendait plus languide. En extrait vidéo "In This Lonely Town". Voir la suite du concert en vidéo : Jeremy Jay - Where Could We Go Tonight (live à Paris) et Jeremy Jay - Breaking The Ice (live à Paris)
Unitxt : le chant de la machine
Qu'il collabore avec Andy Moor, le guitariste du collectif punk avant-jazz The Ex, ou comme ici avec Carsten Nicolai, alias Alva Noto, l'Allemand spécialiste d'une musique électronique abstraite, direct reflet de notre époque sur-technologique, Anne-James Chaton est à l'origine d'un art singulier, entre le slam monocorde et la poésie sonore. Cet artiste montpellierain également directeur et curateur de la cinquième édition du Festival Sonorités ("Du texte au son"), qui se tenait du 6 au 9 octobre dernier à Montpellier, est l'incarnation de l'inventivité et de la créativité d'une scène qui se nourrit de sons et de mots sans tomber dans aucun des clichés des arts suscités (ni slam, ni hip hop, ni poésie mise en musique.
Avec l'Allemand Carsten Nicolai, il nous livre ici un vrai petit film : un court métrage tout simplement bluffant évoquant les ambiances angoissantes et/ou décalées des réalisateurs japonais Takashi Miike (Audition, Dead Or Alive I, II & III, Ichi The Killer, etc.) ou Kiyoshi Kurosawa (Cure, Scéance, Kaïro, Loft...) qui illustre si parfaitement son travail que les mots sont inutiles. On expliquera pourtant : Unitxt est le fruit de l'exploration d'un nouveau territoire de sons, un concept bâti autour de textes lus par Anne-James Chaton, et recombinés sur une grille de 120 pbm par Noto, variant selon différentes unités ou modules rythmiques. En découle, la litanie obsédante, toute de saccades et de heurts accidentels, de ce qui semble n'être que des données numériques, une suite de chiffres élaborés à partir du nombre d'or sur une base mathématique complexe, dictée d'une voix impersonnelle et robotique.
Le chant d'un autre monde, celui d'un futur qui fait rêver les plus audacieux d'entre nous, mais qui fait peur aussi. Le chant de la machine d'un monde en voie d'hybridation et de mécanisation avancée... Scotchant !
Ida Maria dans la mauvaise idée du jour : le featuring d'Iggy PopCa fait plus d'un an qu'Ida Maria devrait être une star. Ses chansons "Stella, "I Like You So Much Better When You're Naked" et "Oh My God" sont suffisamment bonnes, elle a une personnalité débordante, tout un album (Fortress Round My Heart) vraiment pas mal... Elle a eu la "chance" outre atlantique d'être repérée par l'horrible Perez Hilton, le blogueur people qui se prend pour un découvreur de talent parce qu'il lit Popjustice. Malheureusement, Ida Maria s'est laissée embringuer dans la tournée "Perez Hilton Presents..." à travers les USA aux côtés de Ladyhawke et Sliimy, entre autres. Le résultat : des concerts dans des salles de 3000 places qui n'accueillent que 250 spectateurs, un désastre qui a fini par faire craquer Ida Maria. Il y a quelques semaines, elle s'arrête en plein concert et laisse tomber la tournée.
Aujourd'hui, Ida Maria revient avec un nouveau titre, une version d"Oh My God" réenregistrée avec Iggy Pop. On a bien sûr toujours beaucoup de sympathie mais après Préliminaires, le moins que l'on puisse dire c'est que l'iguane n'est pas en forme. Il gache la chanson, et l'animation gentillette du clip en totale décalage n'aide pas vraiment. La comparaison des deux vidéos fait peine à voir et à entendre. Ce n'est encore pas comme ça qu'Ida deviendra une star.
Literal Video, le mème du jourLes "Literal Versions" des clips les plus connus, c'est un mème qui a déjà engendré des tas et des tas de vidéos qui pullullent sur youtube.
Le principe, c'est de changer les paroles de chansons connues, généralement des tubes des années 1980, et de les faire coller mot pour image à leur clip. C'est un peu faire à l'envers ce que beaucoup de clips font à l'endroit : illustrer chaque parole par un plan de la vidéo (un très bon exempel au hasard : "Konichiwa Bitches" de Robyn).
Le tout premier des clips à avoir subi ce traitement est celui de "Take On Me", parait-il l'un des meilleurs clips de l'histoire du monde et de MTV à ses débuts et très certainement l'un des mieux adaptés par un type qui n'hésite pas à rajouter des paroles sur le solo de synthé pour le bien de la narration. Il est exceptionellement bien réalisé et ce n'est pas un hasard : plutôt que de trouver son origine dans les tréfonds de 4chan comme tant d'autres, ce mème a été lancé par un homme seul et identifié : Dustin McLean, réalisateur du journal TV animé "Supernews" pour Current TV. Ce type s'y connait forcément un peu pour doubler une vidéo.
"Take On Me", c'est donc un des meilleurs, mais il y en a aussi toute une floppée de très bons sur les forums de Flu grâce à Jyve.
Coldplay et Oasis, grands vainqueurs des UK Music Video AwardsMardi dernier avait lieu la cérémonie des UK Music Video Awards à Londres, l’évènement outre-Manche qui récompense ce qui se fait de mieux en matière de collaboration entre le son et l’image : les vidéoclips certes, mais aussi les teasers de sorties d’album ou les synchros de publicités.
A l’honneur cette année, le groupe Coldplay, qui avec le trailer de son morceau "Strawberry Swing" a raflé le "gros" prix de la meilleure vidéo de l’année, mais aussi celui de la meilleure vidéo rock et de la meilleure animation. Depuis sa sortie, cette vidéo est sujette à de multiples controverses (accusations de plagiat, de mensonge sur la réalisation supposément faite entièrement à la main), mais l’œuvre du talentueux collectif Shynola vaut le coup d’œil.
Autre prix notable, celui accordé à la vidéo Dig Out Your Soul d’Oasis. Réalisée par The Malloys (clippeurs des White Stripes), elle retrace l’aventure des deux frangins qui avaient décidé en septembre 2008 de partir à New-York afin d’apprendre à des musiciens de rue quatre des morceaux de leur album qui n’était pas encore sorti. Une très belle vidéo en noir et blanc qui montre les répétitions et les performances, assez brillantes d’ailleurs, de ces musiciens de la Grosse Pomme.
Parmi les autres artistes récompensés, deux vidéos valent particulièrement le détour, celle, originale et très bien réalisée de Department Of Eagles, dans la catégorie Indie/Alternative, et celle du rappeur anglais Wiley pour son titre "Cash In My Pocket", à 1000 lieues des clichés des vidéos de rap US, mais à fond dans ceux des financiers de la City.
Ont aussi été récompensés : Speech Debelle pour le clip de "The Key", catégorie "budget video" (vidéo à petit budget), Lady GaGa et son "Paparazzi" pour la meilleure vidéo internationale, "If I Know You" de The Presets a raflé le titre de meilleure vidéo dance, et Will Young celui de la meilleure vidéo pop avec "Changes".
Charlotte Hatherley, la guitariste de Charlotte HatherleyIl est peut-être temps d'arrêter d'introduire Charlotte Hatherley comme "l'ex-guitariste d'Ash". Elle va en effet sortir son troisième album solo, et puisqu'elle joue sur sa dernière tournée, on pourrait peut-être aussi bien l'appeler "la guitariste de Bat For Lashes". Sauf que pas grand monde n'a écouté ses deux premiers album solos et qu'on ne voit pas pourquoi ça changerait avec New Worlds, le prochain, puisque même s'il est très bon, les deux autres l'étaient aussi.
On va donc continuer à parler d'Ash, mai c'est peut-être une erreur parce que visiblement ça n'arrive pas à activer la curiosité des fans du groupe et ça suscite chez les autres des préconceptions erronées sur le genre de musique qu'elle joue. Ash, c'était un groupe de gamins qui jouait du rock pas transcendant mais terriblement efficace. Charlotte Hatherley en solo, ça reste du rock, et ça garde un côté nineties très prononcé mais c'est un peu plu complexe, un peu plus posé et réfléchi. Hatherley est une sorte de guitar heroine discrète, qui sait très bien jouer de son instrument mais met à profit son talent pour en tirer des choses plus originales que demonstratives. L'air de rien, elle fait prendre des tournants inattendus à ses chansons. On avait presque oublié que le rock pouvait être inattendu. Les deux ou trois surprises qu'on découvre en écoutant "Alexender" par exemple excusent largement sa tenue dans le clip.
Quand à "White", clip sorti un peu plus tôt, voit la blanche Charlotte soumise à un bukkake arc en ciel, un gimmick toujours un peu ringard/nineties mais qui acompagne un vrai bon morceau qui aurait pu être l'oeuvre de la moins idiote des riot grrrls.
Ombre et lumière pour The XX au Point Ephémère, les vidéos du liveThe XX, la sensation cold wave de cette rentrée débutait sa tournée européenne à Paris, le 9 octobre au Point Ephémère. Retrouvez des vidéos de ce concert.
Le groupe s'est notamment fait connaître avec sa reprise de "Teardrops" (titre de Womack & Womack des années 80), puis a essaimé ça et là des singles, comme "Basic Space", compo disco-organique et condensé de leur savoir-faire. Une musique qui souffle le chaud et le froid, savamment rythmée sans tomber dans la surenchère de beats et jouant à cache-cache entre lumière et obscurité.
Dejà de passage en avril au Point Ephémère avec The Big Pink, The XX avait, dit-on, quelque peu volé la vedette à la tête d'affiche. Le bouche-à-oreille des blogs a fait son effet et a bati une solide réputation au groupe londonien. Avec, XX, un premier album dépouillé, le jeune quatuor a réussi à se poser comme la grosse révélation de cet automne 2009. Complet en assez peu de temps, ce concert inaugurait la première vraie tournée du groupe, qui les emménera dans toute l'Europe, aux Etats-Unis avant de les déposer en mars 2010 à la maison (à Londres) dans la salle du Sheperds Bush Empire.
On s'y attendait : un show minimal, des titres joués dans une quasi obscurité rompue de temps à autre par des néons suspendus et par des X de lumière. Sobre, dans la continuité de leur album, The XX donnera ce soir là une heure de concert, jouant uniquement des titres de leurs opus et la reprise de "Teardrops". Ci-dessous à voir en vidéo, les titres "Crystalised", "VCR" et "Islands".
Voir aussi Modest Mouse et le chant des baleinesEncore un clip de Modest Mouse, le troisième pour la collection de faces B No One's First, And You're Next. Celui là n'est pourtant pas celui de trop, c'est même carrément le meilleur. Déjà, "Whale Song" est le meilleur morceau de tout le lot, sa longue intro au rythme lancinant et aux guitares cheloues rappelle les débuts dépressifs du groupe et le clip, réalisé par la société de production BENT, empile les effets visuels tordus. Animation image par image, prises de vues réelles, filtres numériques et techniques non identifiées s'enchainent à partir du moment où on voit Isaac Brock s'asseoir pour utiliser un spirographe qui semble avoir été conçu par l'inquisition espagnole.
Chaque image qui a jamais pu être associée à la musique de Modest Mouse a droit à son petit moment : monstres lovecraftiens, guitares vaudous, groupe de zombie, dépressions patiales... Ca pourrait être le clip de toutes leurs meilleures chansons. Ca pourrait être leur dernier clip.
Des nouvelles de Massive Attack
Après maintes rumeurs de séparations, de cessation d'activité, de poursuite en solo puis finalement de tournées, Massive Attack surprend une nouvelle fois tout le monde en balançant le vidéo clip bizarre de "Splitting The Atom".
Tauromachie, s'interroge plus d'un internaute ? Et pourquoi donc ? Certains optent pour une dénonciation de ce sport décrié alors que le groupe va bientôt se produire à Lisbonne au Campo Pequeno (rien à voir avec les habitants de nos campagnes), d'autres au contraire s'offusquent que l'emblème de Bristol persiste dans sa tournée alors qu'il devrait annuler la date en question pour montrer à quel point il combat ces jeux barbares... Bref, sans déclaration du groupe, difficile d'y voir clair. Reste le morceau lui-même, "Splitting The Atom" donc, un peu en deçà de la moyenne tout de même, au regard de leur répertoire.
Une nouvelle beaucoup plus intéressante tout de même nous vient de Clash Magazine, il s'agit de la future collaboration entre Burial, le mystérieux projet dubstep du label Hyperdub dont nous encensions l'album Untrue, de l'an passé. C'est le site de référence Resident Advisor qui reprend les propos de Daddy G déclarant : " je ne sais pas si je dois en parler... Bon, vous vous souvenez de ce disque que nous avons fait avec Mad Professor (No Protection en 1995, NDA) et bien cela reprendra à peu près le même principe. Burial va remixer une bonne partie de nos nouveaux titres et d'autres nombreux morceaux que nous avons faits. "
Connaissant le son à la fois très sombre et très riche de Burial, c'est en effet une très bonne nouvelle pour les fans de la dark side de Massive Attack. Surtout que Daddy G. ajoute : "Nous avons déjà écouté beaucoup de choses qu'il a faites avec nos morceaux, et c'est simplement hallucinant ! La façon dont il empile les couches de sons, dont il pose ses rythmes et tout ses trucs. Le dubstep est vraiment une chose étonnante. Il y a beaucoup de gens vraiment bons dans cette scène - Kode9 est très talentueux aussi. Ces garçons sont tout simplement incroyables et nous voulons faire partie de cela. "
Même si le projet n'a pas encore de date fixe ni de calendrier établi, autant dire que nous sommes sur les dents ! A suivre (avec impatience) donc ! Lusine : créateur de pop industrielle depuis... avant hier !
Etonnant Jeff McIlwain ! Alors que le bonhomme officiait encore dans les années 90 sous différents pseudonymes (de Lusine icl à L'usine tout court) dans un mélange de techno sous influence Detroit (la ville d'origine du producteur) et d'électronica post-warpienne, oscillant entre coup de génie (Iron City, sublime, Condensed, profond) et ennui (Podgelism en 2007), on le retrouve aujourd'hui à nouveau chez Ghostly International en producteur électropop sous le pseudo de Lusine cette fois, avec A Certain Distance, un disque pop rempli de mini-symphonies electronica.
Un reclassement plutôt réussi, en témoigne ce très beau "Two Dots" chanté par Vilja Larjosto, où l'Américain compose avec la table des éléments electropop pour accoucher d'une mélodie toute mathématique en parfait équilibre, un peu comme si Monolake se mettait à la pop, ou Stephen Hawkins à l'électro. Même si elle ne fut jamais vraiment pop auparavant, la musique de McIlwain a toujours été une combinaison d'émotion et de technique. Ses albums très cinématiques dispensent toujours des ambiances fortes et très imagées, portées sur l'abstraction autant que la mécanisation de l'humain et de son environnement.
C'est Britta Johnson la réalisatrice des vidéos d'Andrew Bird ou de Grizzly Bear, entre autre, qui signe le clip de ce single de Lusine. Une chanson, une vraie, qui illustre les relations et les analogies existantes entre la trigonométrie et la composition musicale. "Two Dots" est un parfait mélange d'humanité et de technologie, la métaphore de ce que nous sommes en quelque sorte : des animaux techniques faits de carbone capables des plus belles harmonies. Y aurait-il donc encore de l'espoir pour nous sur cette terre ? Méditons là-dessus en regardant ces images aussi abstraites qu'émouvantes...
Sorcerer : Fan des années 80![]()
Sorcerer ne pouvait voir le jour qu'en Californie dans les années 2000. Il faut être né à la fin des années 80 en effet, et être passé à côté du principal de cette décennie aussi immorale, clinquante et politiquement conservatrice que subversive et puissamment créative, pour être nostalgique à ce point d'une ère que l'on a pas connue.
Sorcerer est le projet solo de Daniel Judd - moitié du duo Windsurf qu'il forme avec Sam Grawe de Hatchback, un duo dont la musique est déjà profondément sous-tendue de références 80 (voir le vidéo clip évocateur de " Weird Energy " maniant avec un bonheur évident tous les clichés que l'on associe généralement à cette période). Un Daniel Judd dont nous célébrions déjà le premier album, White Magic, il y a un an, encensant son mélange de funk blanc, de krautrock, de balearic, d'italo disco et de pop instrumentale. Avec Neon Leon, nouvel album au titre dadaïste qui vient d'atterrir dans les bacs, Sorcerer se vautre une nouvelle fois dans la coolitude de pacotille d'une époque où le bon goût avait laissé la place au goût du luxe. Pour donner une comparaison extra-musical, disons que les vibrations hédonistes qui résonnent sur les disques de Judd sont aussi évidentes et subtiles que les refrains entêtants accompagnant les héros et héroïnes des séries télévisées de l'époque.
En effet, pour réellement apprécier Neon Leon, nul besoin d'avoir vu l'intégral de Magnum, Hawaï Police d'Etat, K2000, l'Agence Tout Risque, l'Amour du Risque et Miami vice - Deux flics à Miami, mais ça aide. Surtout qu'en ce qui concerne ces références justement, Judd est visiblement gavé jusqu'aux oreilles de BO de série d'époque. Sa musique est un hymne continu au riffs de guitares jazzy et synthétiques, aux batteries électroniques et aux boites à rythme les plus cheap enregistré sur K7 Chrome, sans oublier ça et là, un fantasme de saxophone hantant parfois ses tracks languides et déhanchés. Parcouru d'accélérations équivoques et de plages de béatitudes maritimes (le mot " plage " étant à prendre au sens propre, ici, Daniel Judd glissant toujours ça et là un sample de vague léchant le sable, histoire de nous rappeler aux bons souvenirs de son mini-tube, " Surfing At Midnight "), Neon Leon évoque une ballade nocturne en Ferrari Fiorano 599 GTB, les cheveux dans le vent sur une autoroute côtière Californienne.
De quoi reprendre son souffle entre deux rendez-vous de la rentrée. Autant dire qu'en ces temps de stress et d'obligations incontournables, la musique de Sorcerer est à la fois une bulle d'air, et une machine à voyager dans le temps dont on ne saurai se passer. Illustration en image avec la vidéo de ce "Push To Freeze" réellement délectable, un hommage aux séries Japonaises qui hantèrent notre enfance/adolescence, cette fois (souvenirs, souvenirs) :
|
Discussions en cours sur le forum musique :
|