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Ressources online, online fun, fun plein de ressources. (Presque) tout ce que vous avez toujours voulu trouver sur le web sans jamais oser le demander.
Deezer se rabiboche avec UniversalIls se faisaient la gueule, ils se sont retrouvés. Le géant du disque Universal music a finalement signé le 14 mai un accord portant sur 35 pays (Europe, Maghreb, Moyen-Orient) avec le géant du streaming musical Deezer. L'internaute peut désormais écouter gratos des artistes tels que Portishead, Amy Winehouse, Kanye West, Bashung. Un million de titres supplémentaires sont disponibles.
![]() Les deux fondateurs de Deezer, leader du streaming en France, ne cachent pas leur joie : "Cet accord unique démontre encore une fois, qu'il existe des solutions et des démarches positives pour répondre à une nouvelle configuration de la demande, reposant sur un accès libre et légal à la musique." Pascal Nègre, PDG d'Universal Music France, aussi : « Les services d'écoute de musique financés par la publicité font partie de ces nouvelles offres qui permettent au plus grand nombre de découvrir les artistes et leurs oeuvres, tout en respectant le droit des artistes et des producteurs ». Tout le monde est content, les oiseaux chantent. Mais avant de s'envoyer des mots doux, les deux géants s'étaient un peu frités. On se souvient qu'Universal n'avait pas trop apprécié que ses artistes figurent sur la plate-forme de streaming gratuit, sans rien percevoir en retour. En septembre dernier, la major avait même menacé Deezer de représailles judiciaires. Depuis, Deezer a tout fait pour légaliser et légitimer son offre, d'abord en signant un accord avec la Sacem (pour les droits d'auteur), puis avec Sony BMG, et enfin avec la SPPF, qui représente les labels indépendants, en octobre dernier. Universal est content, Deezer est content. Mais les artistes ? Les artistes aussi, puisqu'ils touchent de 15 à 20% sur leur passage en web radio, et jusqu'à 50% pour l'écoute à la demande. Personne n'y trouve à redire, Deezer poursuit sa conquête effrénée, actuellement en négociation avec Warner et EMI. Et le perdant dans l'histoire, parce qu'il y en a forcément un...toujours le même: ce bon vieux CD, cet abracadabrant anachronisme à l'heure de l'i-pod, encore défendu par une curieuse race, mais en voie d'extinction : le disquaire. Souvent reconnaissable à son look de nerd débraillé, sa barbe de trois jours, ses goûts pointus, et à son désir de propager la bonne parole... Désormais, le disquaire est presque un antiquaire. Attention aux dents de Pitchfork TV
On ne manquera pas de remarquer qu'entre Pitchfork, le site de critique musicale, Pitchfork le festival et maintenant Pitchfork TV, il y a de gros risques de conflits d'intérêt que le patron de tout ça, Ryan Schreiber, ne fait rien pour dissiper. Peut-on obtenir l'exclusivité du streaming d'un DVD des Pixies qui va attirer une foule de Visiteurs Uniques et dans le même temps critiquer le groupe avec la conscience tranquille ? Nul doute que les gens de Pitchfork sont des gentils gars bien intentionnés et qu'ils se lancent là dedans avec la plus grande des candeurs (au moins en interview) mais les mois vont passer et les choses vont forcément se compliquer. Pitchfork finance entièrement Pitchfork TV, conservant ainsi l'indépendance qui ferait sa force... Mais dans quelques mois ou années Pitchfork TV pourrait très bien devenir le gros méchant monstre qui imposera sa loi à Pitchfork Canal Historique. Bien sûr je peins les choses en noir ici, mais l'une des règles de base du journalisme (que peu de monde n'a ou ne se donne les moyens de respecter, il est vrai), c'est que non seulement il faut se garder de toute corruption, il faut aussi se garder de toute apparence de corruption, sans quoi le lecteur ne peut jamais être certain de ce qu'il lit.
Stéréo Ga Ga
Le site du New Scientist a dressé une liste de cinq illusions sonores saisissantes. De la stéréo qui crée plus de deux dimensions sonores aux mélodies fantômes, c'est plus psychédélique qu'un mauvais Pink Floyd et beaucoup plus crédible qu'une protest song de Will.I.Am. L'illusion la plus intéressante de la liste pour moi, c'est celle là : une série de syllabes sans sens qui vous sont bombardées dans les oreilles que votre cerveau transformera forcément en mots au bout d'un moment. Un véritable test de Rorschach sonore. Je ne vous dit pas tout de suite ce que moi j'ai entendu de peur de vous influencer, mais vous, amis commentateurs, qu'avez vous entendu ? Nine Inch Nails : Ghosts In the Web
Ca s'appelle "Ghosts I-IV" Vous pouvez théoriquement télécharger "Ghosts I-IV" sur ce site officiel mais celui-ci Velvet Underground ! Inédit ! Téléchargez !![]() Le blog Dead Flowers vient certainement de faire exploser son compteur de visiteurs uniques en postant un bootleg inédit tout récemment du Velvet Underground en 1967, dans lequel le groupe jouait peut-être bien pour la toute première fois "Sister Ray" à un public qui ne savait pas ce qu'il attendait (le reste du concert n'était pas tellement plus long que les dix neufs minutes de cette version). Peut-être mieux encore, le set s'ouvre sur "Im not a young man anymore", une légendaire chanson jamais réentendue depuis quarante ans. Elle est loin d'être géniale : ce n'est qu'un simple riff sur lequel Lou Reed bêle le titre de la chanson pendant sept minutes, mais le niveau bruit produit est bien conforme à nos attentes. Pour un bootleg perdu pendant quarante ans, la qualité sonore est correcte, ce qui veut dire qu'elle est tout à fait médiocre : on n'entend que la guitare et la voix, mais au moins on les entend, c'est déjà ça. Peu importe, il y a fort à parier que beaucoup de monde va écouter cet enregistrement mais qu'aucun ne formera un groupe (en tout cas pas à cause de lui). Le syndrome de l'écureuil
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Paul Mawhinney, le monsieur barbu et bedonnant de la photo, souffre du syndrome de l'écureuil : au cours de sa vie, il n'a jamais cessé d'accumuler les disques. Tous les disques qu'il trouvait, sans distinction de qualité. Beaucoup trop de disques pour les écouter tous. Je ne le juge pas : je viens justement de monter une nouvelle étagère pour ma propre collection et d'après une estimation au pifomètre, au rythme où je vais je finirais sans doute ma vie au milieu d'une bonne dizaine de millier de disques (et encore, imaginez si je ne me débarassais pas de tous les mauvais CD qu'on m'envoit... ou que j'achète, ça m'arrive). Ce monsieur est tout de même bien plus gravement atteint : sa collection compte trois millions de vynils et trois cent mille CD. Soucieux que sa collection, la plus grande du monde, ne soit pas dispersée et trouve sa place dans un musée, il n'a rien trouvé de mieux pour la mettre en vente que de passser par ebay. Je ne suis pas certain que ce soit le meilleur moyen... en même temps il est américain et je ne sais pas s'ils ont encore un budget pour la culture après huit années de George W. Bush. Je crois aussi que ce monsieur avait envie de frimer un peu avec sa collection, de la montrer à tout le monde avant de s'en défaire. C'est compréhensible. Bon, les enchères ont commencé à trois millions de dollars. Ce n'est vraiment pas cher quand on sait que rien que le disque que monsieur Mawhinney a dans les mains sur la photo est un très rare Rolling Stones estimé à dix mille dollars. C'est quand même beaucoup d'argent pour vous, je sais, et de toute façon la collection a été achetée au prix final de :
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Talk to Charlie par Charlie Mars et BoogersCopinage. Les lecteurs de Playlist connaissent sans doute le travail de vidéaste et de clippeur de Charlie Mars, qui avait déjà fait un petit carton avec J'habite dans le beat de Joe la Mouk. Il récidive avec le clip "Talk to Charlie" de Boogers, qui a été mis en orbite sur Dailymotion il y a une quinzaine de jours. Même univers graphique décalé, mêmes gimmicks Fluo Kids revus à la sauce weird... Ca tombe bien, puisque Charlie est actuellement invité du blog Aeiou pour une carte blanche consacrée à ses goodies vidéos dénichés sur Dailymotion. Vous pouvez même venir lui dire " Yukulélé, j'adore ce que tu fais " ici ou là, ou là. Toute la série en cours de Charlie Mars sur Aeiou. Punk Instantané![]() Le principal attrait du punk dans les années 1970 c'était l'idée que n'importe qui, même vous, pouvait prendre une guitare, une basse, une batterie et deux potes et jouer sa première chanson une heure plus tard. C'était révolutionnaire à l'époque mais franchement, dans ce nouveau siècle qui est le nôtre où un groupe ne peut jamais être qu'un des nombreux onglets ouverts dans l'explorateur de notre vie et où on fait passer notre speed du petit déj' avec du Red Bull importé illégalement juste pour pouvoir tenir le rythme de productivité minimal requis sans perdre la trace de ce que font nos deux cent potes sur Facebook, qui de toute façon habitent tous très très loin et n'ont pas plus de temps à y consacrer que vous, qui peut encore consacrer une heure à la formation de son groupe punk ? Punk-O-Matic et heureusement là pour combler vos envies d'accords simples, d'arrangements minimalistes et de plans usés jusqu'à la corde, tout ça sans quitter votre bureau. Les "vrais" groupes punk encore en activité ne sont pour la pluaprt pas meilleurs que ce petit jeu flash. Joujou Lo FiSoundtoys, c'est un jeu musical en flash complétement lo-fi et barré. L'interface est cheap et un peu mystérieuse : vous avez deux fenêtres (W1 et W2) et vous choisissez un instrument pour chacune d'entre elles : séquenceur, platine, clavier, cloche, noix, poulet... A partir de là, il y a un menu d'aide mais vous allez de toute façon devoir tatonner et c'est ça qui est marrant. Difficile de produire quelque chose d'écoutable mais c'est secondaire. Soundtoys, c'est un peu l'équivalent musical du jeu vidéo Wario Ware : un gros n'importe quoi très distrayant et inventif qui part dans tous les sens. En plus je suis persuadé que l'album de Yacht a été fait avec. Leaks frauduleux : d'où sort ce solo d'accordéon ?
On dirait une idée de Bill Drummond de KLF et il semble que nous soyons sensés en tirer une réflection ou un débat sur la musique, les téléchargements et toutes ces choses. Moi franchement je ne vois pas et la lecture du manifeste du comité ne m'aide pas beaucoup : ils écrivent beaucoup pour ne dire finalement que ça leur semblait un truc cool à faire. Vrai ou pas, donc, nous n'avons à faire qu'à une blague de potache. Dommage que quelqu'un de plus malin qui aurait pu broder une philosophie pour habiller sa démarche n'a pas eu l'idée en premier. Au moins quand KLF avait brulé un million de livre sterling sans savoir pourquoi, ils avaient eu la décence de partir en quête d'une raison à leurs actes ensuite. Les jeunes d'aujourd'hui ne respectent plus rien. SoundsCool, blind test vicieux![]() SoundsCool n'est pas le premier blind test en ligne que je vous présente mais c'est jusqu'ici le plus addictif grâce à un petit détail qui fait toute la différence : vous concourrez en direct contre d'autres internautes et vous pouvez voir votre classement en direct. Le connard en moi apprécie beaucoup, même s'il n'a pas encore réussi à dépasser la dix-neuvième place. Il faut dire que le blind test est particulièrement difficile pour les gens de bon goût comme vous et moi puisque non seulement il vous sera demandé de reconnaître Kyo, Zazie (facile) ou Sean Kingston ("qui ça ?" me direz vous) mais en plus de nommer leur chanson. Etes vous capable de reconnaître un titre de Placebo d'un autre titre de Placebo ? C'est vraiment vicieux de nous demander ça. Vous l'aurez compris, la playlist ressemble à celle de NRJ et c'est ça qui rend le jeu si difficile et donc cool. A moins que vous n'écoutiez NRJ, bien sûr, auquel cas je ne peux rien pour vous. Radiohead : L'Empereur Est Nu ?
Alors que le CD est maintenant disponible dans le supermarché le plus près de chez vous, que tout le monde ou presque a placé In Rainbows dans son top de fin d'année au moins par prudence ou pour saluer le "geste" de Thom et ses amis, que devient la petite aventure du "It's Up To You" ? Eh bien elle disparaît. Si vous voulez In Rainbows maintenant, vous payez une quinzaine d'euros pour un CD ou une dizaine pour des mp3 sur iTunes. Viva La Revolucìon !
L'initiative de Radiohead n'était pas de nous faire payer ce que nous voulions pour son dernier album mais plutôt de faire casquer les fans pour le leak. Pourquoi pas après tout... Il aurait juste fallu prévenir avant, comme pour le coup des 160 kbps : les fans hardcore qui ont payé le prix fort pour ce qu'ils croyaient être le véritable nouvel album de leur groupe préféré devraient l'avoir mauvaise maintenant qu'ils vont devoir payer pour un second CD de bonus pas génial (paraît-il) et une qualité audio plus correcte. Sauf que Radiohead cultive sa mystique, Radiohead a le culte du secret et ne communiquera pas non plus les résultats de l'expérience. "C'est comme notre linge sale" confiait Yorke à David Byrne chez Wired. Dommage pour les groupes qui souhaiteraient les imiter, ils vont devoir se lancer à l'aveuglette.
Rien de tout ça n'est si grave, juste regrettable. L'important, c'est la musique, non ? Depuis le 10 Octobre le net me semble pris de folie. D'un côté, le monde entier qui semble amoureux de In Rainbows, de l'autre moi et toutes les personnes que je connais réellement en vrai qui sommes loin d'être impressionnés. Pourquoi ne lit-on que l'avis de ces personnages probablement fictifs ? Je ne reviendrais pas sur un album déjà traité sur Playlist en temps normal mais après trois mois de ce régime, je me dis qu'il est temps de parler pour nous, les schtroumfs grognons.
Moi aussi j'ai plutôt bien aimé l'album aux premières écoutes. Je tapais sur mon clavier en l'écoutant distraitement et ses textures m'ont plutôt plu. Puis je suis monté dans un train avec l'album dans les oreilles et rien d'autre à faire que l'écouter attentivement. Un album comme ça méritait une véritable écoute sérieuse, tout de même. Qu'ai-je entendu ? Rien. Rien de plus que ces jolies ambiances que l'écoute distraite m'avait révélées. Des paroles cryptiques et surtout vides marmonnées ou gémies avec le même désintérêt que depuis trop longtemps par un Thom Yorke qui a oublié comment chanter autrement (le summum du ridicule étant atteint sur "Videotape", une ode aux petits bonheurs familiaux chantée comme un râle d'agonie. Ne me dites pas qu'il ironise, ce serait pire). Des chansons qui ne vont nulle part, sans refrain, sans pont, sans progression. On parle du "génie" d'un groupe qui se serait libéré de la structure traditionnelle de la chanson, comme si ça n'avait pas déjà été fait un million de fois auparavant (je sais pas... Bo Didley, ça vous dit quelque chose ?). Moi j'entends un groupe infoutu de composer et qui habille ses jams en dimanche.
Ils jouent bien, certes, ils ont plusieurs bonnes idées d'arrangement et on a vu beaucoup de groupes vieillir plus mal. Si Radiohead avait continué dans sa course à l'ambition au lieu de lever le pied comme sur In Rainbows, il aurait pu nous commettre un de ces glorieux et graves accidents du rock, un double concept album sur lequel il se serait essayé à la samba et à la cithare électrique. Au lieu de ça In Rainbows est juste un peu chiant, un peu charmant, comme un vieux qui radote. J'aurais probablement préféré un drame, je suis jeune et j'ai encore un millier de groupes excitant à écouter et j'aurais apprécié le spectacle. Vous savez, "It's Better to burn out than to fade away" etc... On aurait pu en tout cas attendre une résurrection post-traumatique. Au lieu de ça In Rainbows promet plutôt de bonnes siestes à venir. The Jingler : Le Joujou Musical de NoëlVous vous êtes déjà demandé ce que donnerait une chanson de Noël de Radiohead, Motörhead ou Aphex Twin ? The Jingler a la réponse ! Ce site génialement idiot vous propose d'uploader un mp3 et il se charge tout seul de le transformer en chanson de Noël, en ajoutant des grelots, des cloches et un peu de "ho ho ho". Ca fonctionne surtout sur les titres plutôt minimalistes où il reste un peu de place pour les grelots (j'ai essayé sur du Animal Collective, c'était pas beau) et les titres avec une base rythmique stable (encore une fois, Burial... pas beau). Spoon et les productions des Neptunes passent par contre plutôt bien. J'ai aussi été agréablement surpris par ce petit Deerhunter de Noel que je vous mets en exemple sur le blog. Bon en fait c'est un peu horrible, c'est toujours un peu horrible. Je vous laisse à vos expériences, faut que je trouve un mp3 de Boards of Canada là...
Rap Graphique![]() ![]() Un petit malin anonyme a créé une page pleine de raps traduits en graphiques. Il y en a approximativement dix mille et c'est beaucoup trop mais l'idée est trop maline pour ne pas faire le tour du web. En plus si vous êtes à moitié inculte dans le domaine, comme moi, il y a des liens vers tous les morceaux sur youtube. Inévitablement, quelqu'un va piquer cette idée et l'appliquer à d'autres genres. Laissez moi essayer d'être le premier :
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Vous avez trouvé ? Mais où est passé le top 50 ?
Les statistiques de Gracenote ne sont pas plus complètes que d'autres. Gracenote, c'est une de ces bases de données que votre ordinateur contacte sans souvent que vous vous en rendiez compte pour identifier un CD audio lorsque vous l'insérez dans votre ordinateur pour qu'il puisse vous dire que vous n'écoutez pas "Track 1" de "Unknown Artist" mais bien "96 Tears" de "? and The Mysterians". L'avantage du top de Grace Note par rapport à d'autres, c'est qu'il est présenté pays par pays sur une mappemonde en flash et qu'il donne envie de savoir ce qu'on écoute sur les Iles Caïman ou en Birmanie. Quelqu'un de plus intelligent que moi pourrait y ajouter les données pondérées de Last FM, Mediatraffic, Billboard, iTunes, Amazon et quelques sites de torrent pour produire un top 50 vraiment fiable, céer un petit site autour et devenir riche. Je serais très heureux d'aller sur son site toutes les semaines, moi. Rock et Racisme
L'article de Frere-Jones commence très mal en prenant l'exemple d'Arcade Fire. Certes, la musique des Canadiens ne comporte que très peu des signifiants traditionellement associés à la musique "noire". On pourrait s'arrêter là et dire "et alors ?". Y-a-t-il beaucoup d'artistes blacks qui prennent la peine d'essayer de sonner comme Arcade Fire ? Ce n'est pas pour faire mon Jean-Pierre Pernaud mais pour qu'il y ait la "fusion" à laquelle Frere-Jones aspire, il faut bien tout d'abord des courants musicaux distincts, un terroir qu'on doit entretenir et laisser évoluer indépendament. On pourrait aussi remarquer qu'Arcade Fire est largement influencé par les Talking Heads et Bruce Springsteen, et que même si en dehors du saxophoniste du E Street Band tous ces gens sont blancs comme neige, ils s'inspiraient du rythm & blues, du funk et des polyrythmies africaines. Et puis Frere Jones n'a pas du entendre Haïti.
Adieu Stylus, je t'aimais bien...
J'ai déjà écrit tout le bien que je pense de Stylus il n'y a pas si longtemps. Stylus était en quelque sorte un fantasme de journaliste, bourré d'articles aussi longs qu'ils le voualient sur des sujets aussi ésotériques ou aussi obscurs qu'ils le voulaient, de chroniques de singles à la chaîne, de listes et tops improbables, de papiers-confessionaux, de podcasts et de tout un tas d'autres choses qui n'intéressent que les gens qui aiment autant écrire sur la musique que l'écouter. On dit que plusieurs contributeurs de Stylus vont probablement être accueillis par Pitchfork (un certain nombre travaillait déjà pour les deux) mais la perte de Stylus est la perte d'un espace unique et il convient de verser une petite larme. Avant de s'en aller, le site offre une orgie de listes de fin d'année/de décade prématurées. A l'heure où j'écris ces lignes nous sommes hier et les listes musicales "importantes" n'ont pas encore été publiées et tout ce vers quoi je peux vous diriger c'est une liste des meilleures rééditions de l'année, des meilleurs films du millenium (ce qui sonne beaucoup que "des sept dernières années") et surtout un best-of de Stylus Magazine lui même, plein de liens vers des articles essentiels sur Mariah Carey, des listes des plus définitives aux plus inconséquentes et puis, côté inédit, les ultimes critiques en haïku, une idée à voler au plus vite. Let's Get Technical Il y a un article sur Stylus qui tente de réintroduire la notion de technique dans la critique musicale après sa réinsertion façon ours dans les Pyrénnées par toute une série d'artistes tels que Battles et Marnie Stern. C'est intelligent et intéressant aussi certainement beaucoup trop pour que la plupart d'entre nous le lise, aussi je vais vous le résumer de façon honteusement grossière : 1- Nous ne sommes plus dans les années 1970 et les charts ne sont plus dominés par des super-musiciens et il n'y a plus a priori de raison de les détester. Et on devrait parler de la technique des groupes qui n'en font pas forcément la démonstration. 2- Stylus continue à produire du porno pour critiques (ce qui est trop pas con au niveau marketing quand tout le monde se croit critique, même moi). Bref, c'est promis je me souviendrais dans ma prochaine chropnique d'album que derrière les instruments il y a des hommes et des femmes qui travaillent et je ne dirais plus que le prog rock c'est nul par principe, juste par expérience. Et puis j'expierais mes péchés passés en m'entraînant tous les jours à jouer de l'instrument impossible, la véritable raison d'être de ce billet est le joujou le plus geek du monde dans un monde qui en est déjà rempli : le séquenceur rubik's cube. Via MusicThing, bien sûr. Moby est un vendu, OK. Mais les autres ?
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Le Washington Post, auquel on ne connaissait pas une telle propension à la déconne, vient de créer le Quotient Moby, soit le résultat d'une équation complexe qui nous permet de déterminer avec précision à quel point on doit être scandalisé de l'usage d'une chanson dans une pub. Le quotient est bien sûr nommé d'après Moby, l'homme qui refuse de porter des chaussures cuir mais qui vend sa musique au premier fabriquant de voitures venu. Vous aussi, calculez le quotient Moby du Velvet Underground dans une pub pour Renault ou de KT Tunstall pour Alice Télécom et découvrez lequel est le plus grave ! Vous pouvez même vous en servir pour estimer le rapport coût en crédibilité, gain en chèque géant avant d'accepter cette offre d'un marchand d'arme pour votre chanson de Death Metal. Radiohead : In rainbows track by track![]() NB Easywriter : Fabrice Colin a téléchargé (légalement) le dernier Radiohead, il nous fait part de ses impressions, track by track :
15 step : ballade orientalisante assez surprenante. Commence comme un morceau électro-world avant qu'une guitare électrique très douce, surgie à 00:41, ne souligne la progression de l'ensemble. Puis des cymbales. Puis des synthés, extraterrestres un peu 80's, et des cris joyeux d'enfants. Magnifique.
Bodysnatchers : le 2+2=5 de l'album : un morceau très enlevé, toutes guitares dehors. Très rugeux dès le départ et procédant, comme beaucoup de titres, par accumulations successives entrecoupées de brèves et trompeuses accalmies. La fin, hystérique, prouve si besoin était que le groupe n'a rien perdu de son mordant (putain, voilà que j'écris comme un journaliste de Marie-Claire).
Nude : assez différente de la version entendue en live ; penser à Morning bell sur Amnesiac mais avec moins d'emphase. Un clip possible : une centrale nucléaire abandonnée en plan fixe. L'un des plus beaux morceaux jamais enregistrés par le groupe - de la trempe d'un Morning bell, justement, ou d'un No surprises.
Weird fishes / Arpeggi : encore un morceau souvent joué sur scène. Rapide, contemplatif. Le titre ne prend toute sa dimension quà 03:03, quand il s'enfonce dans des territoires souterrains, suffocants avant que, quarante secondes plus tard, la batterie ne re-émerge, accompagnée de plaintes séraphiques.
All I need : entrée de cordes crépusculaires pour une ballade gothique plombée de basses marécageuses. Un saurien, donc, magnifié par une orchestration inventive, et qui se termine en apothéose.
House of cards : parfois entendu en concert aussi ; un titre étrangement lumineux, avec une voix toute de reverbérations éthérées et une fin somptueuse. Encore des influences black, subtiles et joyeuses.
Faust arp : morceau d'une glaciale élégance, une voix plus une guitare sèche. Force est de reconnaître que le groupe aurait été incapable d'enregistrer une telle merveille il y a dix ans. Sidérant.
Reckoner : aurait eu sa place sur Kid A ou, plus sûrement, sur Amnesiac. Rythmique sautillante, voix aigüe, mode mineur. Et puis à 2mn25 le morceau s'arrête et se mue en une complainte angélique, gospel nappé de cordes - qui rappelle la fin de Paranoid Android - avant de retrouver sa route quasi funk.
Jiggsaw falling into place : Thom chante beaucoup moins haut. Encore un morceau rapide déployé en spirales, volutes & guitares sèches.
Videotape : déjà un classique, déjà entendu mille fois - ici, un piano, des choeurs obsédants, quelques filets de synthé, et une boîte à rythme trébuchante. Un morceau d'une mélancolie assez aveuglante.
Verdict : Au final ce qui frappe sur In rainbows, c'est d'abord une impression d'absolue cohérence (cohérence issue d'une sélection de titres méticuleuse & restreinte, nécessairement drastique et qui, d'une façon ou d'une autre, faisait défaut aux trois albums précédents), impression qui poussait déjà les fans hardcore du groupe à comparer In rainbows à OK Computer dix jours avant sa sortie. L'annonce bidon d'Arcade Fire
Or, et je ne vous apprends sans doute rien vu que si vous êtes intéressé vous avez sûrement déjà cliqué sur BeOnlineB.com et que si vous n'êtes pas intéressé vous ne lisez sans doute déjà plus, tout ce qu'on a eu, c'est une espèce de mini clip interactif en flash pour la chanson titre de l'album/site d'Arcade Fire. Une chanson qu'on connaît depuis des mois et quelques animations sympas qui montrent que le groupe a soit un peu plus d'humour que ce qu'on croyait (pas difficile) ou peut-être beaucoup moins encore, atteignant ainsi un niveau digne de celui de U2 sur l'échelle du non-drôle. Quoi qu'il en soit, pas de quoi surexciter le passant ou contenter le fan qui surveillait le site à minuit (heure canadienne). C'est un peu, beaucoup même, la faute à Radiohead. Ils ont augmenté la mise et celui qui met encore maintenant un compte à rebours bidon pour annoncer qu'il a filé deux cent euros à un pote au chômage qui connaît un peu flash, celui là ne peut pas suivre et ferait mieux de se coucher. Même si In Rainbows est nul, il aura au moins eu ce mérite de ridiculiser par comparaison toutes les prochaines annonces événementielles du prochain groupe à avoir l'idée révolutionnaire d'un green screen contest, la générosité exceptionnelle d'ofrir deux remixes en streaming pendant 24 heures ou l'exclusivité pour ses amis Myspace d'un extrait de trente secondes de son prochain single. Certains, heureusement, ont toujours la classe, comme Blur qui vient de confirmer sans faire de manières les rumeurs selon lesquelles le groupe se réunirait, Graham Coxon inclus. Ils se sont en effet retrouvés tous les quatre pour... déjeuner ensemble. Tant mieux pour eux. Amazon vend du mp3
Amazon a en effet l'avantage de disposer d'une large clientèle pré-établie, d'un prix de base de 89 cents la chanson et 8,99 dollars l'album simple (soit un cent/un dollar de moins que chez Apple), sans DRM ni watermark (ou presque) et les mp3 sont encodés en 256kbps, ce qui n'est pas mal du tout. Le catalogue est encore relativement limité (des majors, seul EMI propose tout son catalogue) mais risque vite de s'étoffer selon la rumeur. Le seul hic, en fait, c'est que le "prix de base" ne s'applique pas à tous les morceaux : la plupart des nouveautés sont à 99 cents et le prix des albums va de 5 à 10 dollars. Contrairement à iTunes, Amazon accepte de varier ses prix. Tous reste abordable pour l'instant mais il va bien falloir convaincre les autres majors de venir et, si celles ci réclament à Steve Jobs la possibilité de varier les prix depuis des années, ça n'est pas que pour vendre moins cher. Drive XV : A Tribute To Automatic For The People
Il y a encore une fois du beau monde, avec les Meat Puppets (dont on ne sait trop s'ils se moquent ou pas de "Everybody Hurts"), Shout Out Louds (qui jouent à Donkey Konga dans son "Man On The Moon" parce que "Andy Kaufman était un super joueur de bongos"), The Wrens (qui ont choisi "Night Swimming" comme moi je l'aurais fait) ou Dr. Dog (qui fait du joli avec "Find The River". Ils sont spécialistes en joli ces gars-là). Chaque chanson est accompagnée de quelques mots des "repreneurs" et aussi de Mike Mills et un petit essai accompagne le tout, bref, les choses sont très bien faites et surtout, donnent une grande envie d'aller ressortir mon vieil Automatic For The People, l'original, pour une écoute anniversaire. Subteranean Homesick RemixDepuis toujours, j'avais un rêve. Je l'ignorais mais grâce à la promotion du prochain best of de Bob Dylan, je sais maintenant que ce rêve, c'était d'écrire sur les panneaux du clip de Subteranean Homesick Blues.
Vous pouvez aussi faire la même chose, ou bien écouter le prévisible remix de "Most likely you'll go your way and i'll go mine" par Mark Ronson et même en regarder le prévisible clip. Dire que ce truc va finir sur un best of de Dylan. Ah la la, je retourne écrire des bêtises sur les panneaux, moi. 404 303
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Splice est un site rigolo, qui permet de perdre un peu de temps au boulot en faisant des remixes via un séquenceur en ligne. C'est très bien et tout, vous pouvez faire plein de trucs, y compris des trucs très bien j'en suis certain mais, pour ma part, j'ai un envahissant problème de glaire en ce moment et je me sens comme PJ Harvey qui avorte. Du coup tout ce dont je me sens capable, c'est de jouer avec le 303 de la page d'erreur 404 de Splice. C'est primitif, hypnothique, tout ce qu'il me faut. Je pense que je vais encore passer une heure ou deux à tourner des boutons. Si vous voulez bien m'excuser, je serais moi même une erreur 404 pour un temps indéfini. |
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