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BEST OF ! Les meilleures vidéos musicales de YouTube, façon Playlist.
![]() Premier réservoir mondial de vidéos, YouTube est une collection de tout, en tout genre. Idéal pour trouver n'importe quoi, surtout si vous ne le cherchez pas. Accros aux vidéos, jetez donc aussi un oeil du côté de Daily Motion, de la section vidéo du blog Aeiou ou de la collection You Tube du blog Cinéma.Vous pouvez aussi proposer vos trouvailles Youtube sur le forum musique de Flu ! Weezer sont-ils des trolls ?Le Snuggie, c'est un "drap avec des manches" qui est vendu aux USA via des infomercials. La cible du snuggie, c'est tout ceux qui aiment leur confort et n'ont pas peur du ridicule. C'est ce qui en a surement fait le produit dérivé idéal dans la tête de Rivers Cuomo, le leader de Weezer. Le résultat, c'est un infomercial totalement ridicule dans lequel les membres de Weezer ont l'air bien à leur place :
Parce que oui, Weezer se ridiculise constamment, ces derniers temps. Passons sur leurs albums précédents et concentrons-nous sur Raditude, celui qui vient de sortir. D'abord, il s'appelle "raditude". C'est déjà beaucoup. Ensuite, sa pochette, c'est ça :
![]() Et puis il y a les collaborations multiples et improbables : Dr Luke (producteur d'Avril Lavigne et Katy Perry), Lil Wayne ("best rapper alive"), Leighton Meester (actrice de la série Gossip Girl), Chamillionaire (auteur du célèbre "Riding") et Kenny G (le pape de la musique d'ascenceur). Weezer surfe habilement entre ridicule et génie. Parce qu'évidemment Rivers Cuomo rit avec nous. Evidemment ? Cette pochette ne peut pas être prise au sérieux. La collaboration avec Kenny G non plus. Le problème, c'est que ces blagues jettent le discrédit sur les bonnes idées comme la collaboration avec Lil Wayne. Ou pas. Surement que Cuomo joue de nos attentes, lançant plus de balles qu'on ne saurait en rattraper. Il essaye de nous perdre, c'est un truc à la Andy Kaufman, c'est ça ? Peut_être. Le vrai problème, en fait, c'est que ce n'est pas vraiment drôle. Non, attendez, le vrai problème, c'est que la musique est mauvaise. Très mauvaise. Au mieux, elle atteint le statut de médiocre sur les singles. Cuomo peut faire diversion autant qu'il veut, au final on se rendra toujours compte au bout d'un moment qu'il n'a pas écrit de bonne chanson depuis... En a-t-il déjà écrit une seule bonne ? Peut-être que la diversion marche un peu, finalement, parce qu'on n'arrive pas à se souvenir. Le buzz Bad Lieutenant est-il mérité ?Avec un large papier dans Libération, des chroniques par wagon et une présentation royale au festival des Inrockuptibles (retransmise en direct chez Lenoir sur France Inter), le buzz Bad Lieutenant bat son plein cette semaine en France comme si Bernard Sumner, son principal animateur, avait passé les dix dernières années dans une cage (de fer ou dorée au choix) et revenait nous prendre par surprise tel un joyau éclatant soudain ressorti de sa gangue (ouah l'image, la honte !). Il se fait étriller un peu partout ailleurs au motif que Sumner tout seul ne fait pas une tête de gondole.
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Le premier album de Bad Lieutenant qui sort cette semaine est à l'image de ce premier single très bien, sorte de prolongement naturel du travail de Sumner avec New Order, ni vraiment mieux ni moins bien, juste très cool à écouter et finalement assez vivifiant. Peter Hook, avec lequel Sumner est sévèrement fâché désormais, a été remplacé par Alex James de Blur qui tient sa place sans plus. La batterie est portée disparue et le(s) titre(s) tout en guitares. "Sink or Swim" est aérien porté par la voix d'un Sumner, qui à force d'être taxée d'impersonnelle et sans cachet, est devenue une vraie signature distinctive. Comment un mec qui n'avait rien ou pas grand chose (un physique à la C. Jérôme, l'air pâlot, une position de 2nd couteau chez Joy Division) en est-il arrivé là ? La question demeure. Qu'est-ce qui a fait que New Order est devenu New Order ? Etait-ce Hook qui faisait la différence ? Etait-ce Sumner qui avait du génie ? Morris ? L'alchimie entre la bande passée la disparition de leur leader ? On pourrait débattre de ces questions pendant des années et ne jamais trouver la réponse. New Order a navigué pendant des décennies sur une ligne fine, entre génie et ridicule parfois. L'électropop du groupe pouvait tutoyer le paradis de l'accessibilité pop ou taquiner l'innommable. La musique de Bad Lieutenant navigue dans les mêmes eaux mais avec bon goût, légère comme l'air et souple comme une liane de bananier. Le buzz autour de Bad Lieutenant est ainsi aussi mérité que les louanges (excessives) pour l'ancien groupe de Sumner (N.O bien sûr, pas le premier qui reste hors catégorie). Le boulot est propre, suffisamment emballant pour se laisser écouter, peut-être un peu morne et manquant de grands titres mais n'est-ce pas ce qu'on a reproché parfois à New Order ? Peut-on bâtir un univers si singulier et sans détacher sans cesse ? "Never Cry Another Tear" porte les textes de Sumner qui sont peu ou prou les mêmes que l'année dernière et l'année d'avant. Il n'a pas faibli (ni pris du poids) en route. Y a-t-il une alchimie qui a disparu avec la dissolution du groupe ? Ce n'est pas sûr. Pas sûr non plus que les réactions de défiance ne viennent pas d'un snobisme mal placé. Bad Lieutenant est vraiment bon.
Bad Lieutenant - Sink or Swim jj : african folk, love and ecstasy
Les plus vieux d'entre nos lecteurs se souviennent peut-être de la déferlante Soul ii Soul à la fin des années 80, surtout des fabuleux "Get A life" sur Vol. II (1990 - A New Decade) qui faisait suite à Club Classics Vol. One sur lequel figurait "Back to Life" (énorme), et qui annonçait sans le savoir Massive Attack, Tricky et toute la vague trip-hop de Bristol (ainsi que le Nu Jazz, eurk !). C'est à ces titres que l'on pense immédiatement en visualisant la vidéo de jj (en minuscule), groupe (?) suédois totalement inconnu dans nos contrées et à côté duquel nous sommes honteusement passés cet été au moment de la parution de leur album sobrement intitulé n°2.
Marina in the sky with Diamonds![]()
“2009, année de la meuf”. Ce slogan d’un goût douteux, que vous avez peut-être entendu beugler par un quelconque ami un peu éméché le jour de l'an, n’est pas si absurde qu’il en a l’air. Cette année a vu l’émergence, tout du moins de l’autre côté de la Manche, d’un certain nombre de nouvelles artistes féminines à succès : La Roux, Florence & The Machine, Little Boots... et Marina & The Diamonds. D’ailleurs, Marina n’est pas très fan de l’idée d’être mise dans le lot. Un peu comme ils l’avaient fait à l’époque avec les groupes estampillés Brit Pop, les journalistes anglais ont usé et abusé de ce label un brin simplificateur, et qui a eu pour résultat de donner l'impression aux potentiels auditeurs que s'ils en ont entendu une, ils les connaissent toutes. Ce qui n'est certainement pas le cas avec Marina & The Diamonds, qui est certainement la plus talentueuse de ces chanteuses pop cru 2009.
De son vrai nom Marina Diamandis (née en Ecosse, elle est d’origine grecque), Marina est bien une artiste solo, mais trouve son nom moins égocentrique tel quel. Si elle est accompagnée d’un groupe sur scène, la jeune chanteuse n’est pas prête pour autant à inclure qui que ce soit dans le processus d’écriture. Car c’est bien ça son dada : pour elle, les paroles sont ce qui vient en premier dans la composition ; elle les veut pittoresques, basées sur ses expériences personnelles. D’histoires d’amour qui tournent en rond aux tracas du quotidien, en passant par l’usage d’alcool en guise d'antidépresseur, Marina navigue entre l’ironie et la mélancolie avec un sens de la formule indéniable. C’est d’ailleurs en tenant un blog qu’elle s'est d'abord exprimée sur ses sujets de prédilection, et c’est aussi par ce biais qu’elle a été repérée par le petit et tout nouveau label new-yorkais Neon Gold, qui s’occupe aujourd’hui de Passion Pit ou encore de ses compatriotes de Yes Giantess.
Son premier single, "Obsessions", est littéralement ovniesque. Si il n’y a aucun doute que la pop est au cœur de la musique de Marina, ce morceau fait le grand écart entre une ballade au piano, un couplet super bouncy où les paroles sont quasiment rappées, et un refrain d’une efficacité diabolique. Tous les tracks de son premier EP, The Crown Jewels EP, sont dans la droite ligne de cette versatilité, et la voix bien particulière de Marina (qui peut faire penser à celle de Kate Bush, tout en hoquet mélodique) se prête aussi bien aux mélodies simples au piano ("I Am Not Robot") qu’aux morceaux plus complexes dans l’orchestration. Un des points forts de la belle, c’est la scène, comme elle l’a prouvé en enchaînant les apparitions marquantes à des festivals cet été, notamment celui de Glastonbury. En interview, elle n'a peur de rien, et n'hésite pas à dévoiler que sa préparation au live a consisté à regarder pas mal de shows de Britney Spears (période "avant", bien sûr), et qu’elle compte sur ses robes à sequins achetées sur eBay à des femmes fortes de l’Ohio pour que l'on se souvienne d'elle. Comme si on avait besoin de ça. Battles et Four Tet à Paris pour la dernière soirée Warp20Posté par LovelyRita le 30.10.09 à 14:56 | tags : youtube, vidéos musicales, news, anniversaire, live, agenda, électro, label
Warp a fêté ses 20 ans cette année, à renfort de sorties et de soirées à travers le monde. Pour clôturer les célébrations, le label anglais organise une dernière et très belle soirée le 8 décembre à l'Elysée Montmartre avec au line-up : Flying Lotus, Nice Nice, Four Tet et excusez du peu Battles.
Warp20, c'est une année entière de festivités qui a animé les grandes villes d'événements mêlant musique, art et vidéo. On a eu droit à de grosses soirées à Sheffield (ville du label), Tokyo, Londres, New York et Paris (en mai à la Cité de la Musique) et à la sortie cet automne de la Warp 20 Box Set, coffret rétrospectif. Du côté de Fluctuat, nous avons également proposé notre rétrospective des meilleurs clips de Warp.
Pour mettre un terme à cet annivesaire, une toute dernière soirée est organisée à Paris, ça sera le 8 décembre et à l'Elysée Montmartre. Au programme le math-rock de Battles dont le single "Atlas" fait partie du top 20 des meilleurs titres du label (voir le classement complet), Flying Lotus le producteur hip hop, l'électro exigeante de Four Tet et Nice Nice à découvrir ci-dessous avec le clip de leur titre "Pulp". A noter que Battles est actuellement en studio pour donner un successeur à Mirrored, probablement pour la fin 2010.
Morrissey brandit son Swords de faces BEn réunissant cette collection de faces B (agrémentée, en édition limitée, d'un excellent enregistrement live en 8 titres capté en Pologne sur sa dernière tournée), Morrissey indique qu'il faut compter avec lui et sûrement qu'il est redevenu un petit poids lourd de l'industrie discographique. Morrissey vend des disques et remplit les salles. Il n'a quasiment jamais fait aussi bien en 25 ans de carrière.
Sur le plan artistique, les titres de Swords confirment ce que l'on savait depuis longtemps : les faces B de Morrissey sont souvent supérieures à nombre des titres qui figurent sur les albums principaux. Cela vaut d'autant plus que les derniers albums You Are the Quarry, Ringleader Of The Tormentors et Years Of Refusal, abritaient quelques morceaux décevants. Si la démarche reste hasardeuse (pourquoi continuer de vendre des singles dont l'intérêt réside dans les faces B si c'est pour les rassembler un an plus tard ? à qui s'adresse cette compilation ? Tient-on désormais à essorer les fans jusqu'au dernier centime ?), le spectacle est total et soutient la dépense.
Certaines chansons sont excellentes et parmi les meilleures enregistrées par le Moz depuis son retour en 2002. On ne va pas se lancer dans une énumération rébarbative mais "Ganglord", "The Never Played Symphonies", "My Dearest Love", "Friday Mourning" ou "Shame Is The Name" sont grandioses et impeccables pour différentes raisons (les textes, les mélodies, la classe ou la grandiloquence au choix ou ensemble). Le bizarroïde "Sweetie-Pie" fait un peu tâche là-dedans rappelant les heures sombres du spirite "Ouija Board" de la fin des années 80. "It's Hard To Walk Tall When You're Small" gagne la palme de la laideur rockab. On se demande aussi ce que vient faire l'ancienne reprise live de Bowie, "Drive In Saturday", sur ce disque mais elle est bonne à prendre parce qu'elle est très très réussie et un bon signe pour le futur : Morrissey n'a pas changé tant que ça depuis le temps où il animait depuis Manchester le fan-club des New York Dolls. Pour ceux qui ne le savent pas encore, le chanteur revient en France en novembre avec Boz et sa bande de tatoués du biceps. Il sera à Paris le 12. On espère qu'il trimballera quelques raretés dans sa setlist et se présentera le glaive à la main.
Morrissey - Because of My Poor Education (Swords) Antipop Consortium : après la chronique, le clip !![]() On ne reviendra pas sur l'aspect futuriste du hip hop d'Antipop Consortium, on en parle déjà longuement dans la chronique que nous consacrons à Fluorescent Black, cinquième véritable album des new yorkais, et nouveau chef-d'oeuvre qui marquera certainement une fois de plus l'histoire du rap indépendant.
On profitera par contre de la sortie (attendue) de ce nouveau clip pour insister sur la reformation de ce combo mythique et sa redoutable efficacité. Si nous n'aurions pas forcément choisi "Volcano" comme single (le deuxième, entre parenthèse, puisque précédé par l'impeccable "Apparently" il y a un peu plus d'un mois), ni comme clip, impossible de nier que ce titre est emblématique du retour en majesté d'un trio majeur du hip hop américain (quatuor, si l'on compte la présence de leur indéfectible producteur, Earl Blaize). En image et en son, les quatres d'APC font preuves d'une synthèse toujours aussi efficace, la symbiose fonctionnant à plein sur cet hymne martial, chant et contre-chant, chacun y allant de son phrasé, son flow affuté, vif ou trainant, plus ou moins rythmé et influencé par les racines du genre (ragga, oldschool hip hop, slam) et ses perspectives (électroniques ! Toujours !)
Certain remarqueront également que le groupe creuse son esthétique véritablement post-moderne, mélangeant ancien et nouveau, en gros une fusion visuelle de Sun Ra, Parliament ou Herbie Hancock avec les néons débridés de Tron Legacy (celui du come-back, avec Daft Punk à la bande son) et des clichés, ici savamment détournés, du bon vieux Rn'B.
On concluera sur ces mots, un brin provocateurs : "Antipop Consortium, c'est un peu mieux que Kanye West non ?" ;-)
Dead Man's Bones, les Tim Burton du rock indéEn 2005, l’acteur canadien Ryan Gosling rencontre à Toronto Zach Shields, le petit ami de la sœur de la fille avec laquelle il sort (vous suivez?). Ce qui n'aurait du être qu'une corvée mondaine débouche sur une belle entente, quand les deux réalisent au détour d'une conversation qu’ils partagent une passion pour le moins particulière : le train fantôme de Disneyland.
Soucieux de garder la fraîcheur et l’amateurisme de leur musique, quelques règles sont posées d’emblée : les deux jouent tous les instruments eux-mêmes (Ryan touche un violoncelle et un piano pour la première fois de sa vie, Zach s’initie à la batterie), ils se limitent à trois prises et ne corrigent pas leur voix. Après deux ans de bidouillages et de tatonnements, les deux amis mystiques passent aux choses sérieuses : ils s’enferment en studio pour produire un premier album au titre éponyme (sorti aux Etats-Unis le 6 octobre), et créent dans la foulée leur propre label, Werewolf Hearts Records. Soyons honnêtes : Dead Man's Bones a tout du projet qui pourrait retomber comme un soufflé : le toujours difficile passage de star d’Hollywood à celui de musicien (n'est-ce pas, Joaquin ?), le recours à des chœurs d’enfants, l’univers fantasmagorique comme fil directeur omniprésent, le mélange des genres musicaux... Les écueils sont nombreux, et pourtant, l’équation fonctionne parfaitement. Mieux que cela, il se dégage de ce coup d'essai une atmosphère magnétique.
Pour ce qui est des influences, on ne manquera pas de penser à Arcade Fire ou à Grizzly Bear ; la comparaison est flatteuse, et même si le niveau technique n’est pas le même, elle reste pertinente. Le son est un patchwork de sonorités, du doo-wop, de la pop à synthétiseurs, de la folk gothique, un mélange qui donne pourtant un son particulièrement cohérent d’un bout à l’autre de l’album. L’instrumentation est simple, lo-fi, et compte le plus souvent sur un ensemble guitare, piano et voix, accompagné des fameux chœurs d’enfants. Ryan Gosling et Zach Shields se sont entourés de la chorale d’enfants du Silverlake Conservatory de L.A. ; si cette mode pourrait devenir lassante (Passion Pit, Karen O des Yeah Yeah Yeahs en ont usé récemment), leur présence est ici loin d'être gratuite. En contre-poids de l’atmosphère triste qui se dégage des mélodies et de la voix assez grave de Ryan, les chœurs joyeux apportent une légèreté qui se marie parfaitement à cet univers lugubre. Et même si le procédé n’est pas nouveau, le décalage entre la candeur de leur timbre de voix et les paroles ouvertement macabres ("comme un agneau à l’abattoir") fait toujours son petit effet.
Avec son côté artisanal et sa simplicité, le premier album des Dead Man’s Bones n’en est pas moins réellement habité, et il offre de belles surprises, voire même un ou deux morceaux qui pourraient faire office de sérieux concurrents au titre de tube indé de l’année (en particulier la chanson "Pa Pa Power", ou le premier single, "My Body’s A Zombie For You"). Dans la lignée de leur idée de départ qui était de faire une comédie musicale, chacun des 12 titres de l’album devrait être accompagné d’un clip. Le premier, celui de "Dead Hearts", est un bijou d'animation qui met en scène une des "sculptures mobiles" d'Arthur Ganson.
Frédéric Mitterrand s'indigne contre le nouveau clip de MorsayAprès avoir pris la défense, cet été, du rappeur OrelSan, Frédéric Mitterrand part en guerre, cette fois contre Morsay, du groupe Truand 2 La Galère. C'est le clip de son titre "J'ai 40 Meufs" qui a valu au ministre de la Culture une prise de position sur cette vidéo qu'il juge "intolérable". Une polémique, une de plus, dans le milieu, à ce sujet rappel des faits marquants avec les polémiques du hip hop français.
Hier c'est le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, qui a annoncé que la "liberté d'expression ne doit pas être le prétexte à des dérives incitant à la haine ou à la violence". Il appelle à présent "au sens des responsabilités des dirigeants de radios, de chaînes de télévision et de sites internet (...) et aux internautes, pour qu'ils ne cautionnent, ni n'encouragent de tels excès". Mitterrand réagit, donc après le SNPM et l'UMP, et au grand étonnement de certains qui l'avait vu défendre, au début de l'été, le rappeur OrelSan, accusé par la classe politique toute entière de propos mysogynes. Pour rappel, OrelSan avait été mis sur le bûcher pour les paroles de son titre "Sale Pute", Mitterrand avait à l'époque déclaré : "Orelsan exprime le dépit amoureux, avec des termes qui ne sont pas les miens, moi je ne parle pas exactement la même langue, mais il a tout à fait le droit de l'exprimer". S'il avait passé l'éponge sur le rappeur originaire de Caen à l'époque, Mitterrand ne lâchera sûrement pas celui du 95 pour le cumul de propos contre les forces de l'ordre, mysogynes et incitant à la haine.
Ida Maria dans la mauvaise idée du jour : le featuring d'Iggy PopCa fait plus d'un an qu'Ida Maria devrait être une star. Ses chansons "Stella, "I Like You So Much Better When You're Naked" et "Oh My God" sont suffisamment bonnes, elle a une personnalité débordante, tout un album (Fortress Round My Heart) vraiment pas mal... Elle a eu la "chance" outre atlantique d'être repérée par l'horrible Perez Hilton, le blogueur people qui se prend pour un découvreur de talent parce qu'il lit Popjustice. Malheureusement, Ida Maria s'est laissée embringuer dans la tournée "Perez Hilton Presents..." à travers les USA aux côtés de Ladyhawke et Sliimy, entre autres. Le résultat : des concerts dans des salles de 3000 places qui n'accueillent que 250 spectateurs, un désastre qui a fini par faire craquer Ida Maria. Il y a quelques semaines, elle s'arrête en plein concert et laisse tomber la tournée.
Aujourd'hui, Ida Maria revient avec un nouveau titre, une version d"Oh My God" réenregistrée avec Iggy Pop. On a bien sûr toujours beaucoup de sympathie mais après Préliminaires, le moins que l'on puisse dire c'est que l'iguane n'est pas en forme. Il gache la chanson, et l'animation gentillette du clip en totale décalage n'aide pas vraiment. La comparaison des deux vidéos fait peine à voir et à entendre. Ce n'est encore pas comme ça qu'Ida deviendra une star.
Literal Video, le mème du jourLes "Literal Versions" des clips les plus connus, c'est un mème qui a déjà engendré des tas et des tas de vidéos qui pullullent sur youtube.
Le principe, c'est de changer les paroles de chansons connues, généralement des tubes des années 1980, et de les faire coller mot pour image à leur clip. C'est un peu faire à l'envers ce que beaucoup de clips font à l'endroit : illustrer chaque parole par un plan de la vidéo (un très bon exempel au hasard : "Konichiwa Bitches" de Robyn).
Le tout premier des clips à avoir subi ce traitement est celui de "Take On Me", parait-il l'un des meilleurs clips de l'histoire du monde et de MTV à ses débuts et très certainement l'un des mieux adaptés par un type qui n'hésite pas à rajouter des paroles sur le solo de synthé pour le bien de la narration. Il est exceptionellement bien réalisé et ce n'est pas un hasard : plutôt que de trouver son origine dans les tréfonds de 4chan comme tant d'autres, ce mème a été lancé par un homme seul et identifié : Dustin McLean, réalisateur du journal TV animé "Supernews" pour Current TV. Ce type s'y connait forcément un peu pour doubler une vidéo.
"Take On Me", c'est donc un des meilleurs, mais il y en a aussi toute une floppée de très bons sur les forums de Flu grâce à Jyve.
''In Transit'' : les Strokes se filment backstageQuatre ans que les fans des Strokes attendent un successeur au 3ème album du quintet new-yorkais, First impressions of Earth. Chaque membre du groupe s’étant embarqué dans des projets solos, il semblerait tout de même, d'après les récentes interviews du leader Julian Casablancas, que leur quatrième opus puisse voir le jour dans un délai de temps raisonnable, probablement au cours de l’année prochaine. Considéré par beaucoup comme le groupe de rock le plus influent des années 2000, responsable de vocations chez nombreux de leurs jeunes auditeurs, il y a pourtant eu une époque pas si lointaine que ça où le nom de leur premier album était copieusement écorché sur la BBC écossaise... C'est, entre autres, ce que l'on peut voir dans un documentaire intitulé In Transit, présent sur la toile depuis un bon moment, mais qui est passé relativement inaperçu. "Home-movie" (c'est généralement l’un des musiciens du groupe qui filme) réalisé à l'occasion de leur toute première tournée européenne, il était destiné aux membres du premier fan-club stroksien. On est à l'été 2001, les New Yorkais ont sorti leur premier EP qui a fait l'effet d'une bombe dans le milieu de la musique, où tout le monde s’est joyeusement écharpé pour les faire signer avant les autres. En plein buzz donc, mais encore loin du niveau de notoriété qu’on leur connaît, les 5 garçons sont lancés dans une tournée européenne, en (bonne) compagnie des Moldy Peaches. Qu’on se le dise clairement : ce docu est réservé aux fans. Très peu d’extraits de live ou de répèts, encore moins de beaux plans ou d’interviews fleuve. Vous y verrez plutôt une bande d’ados qui ricanent dès que la caméra se fixe sur eux, draguent des filles à la sortie des concerts en leur montrant leurs affiches, fument des joints et charrient leurs mères respectives. Si ce n’était pour les déplacements en jet privé estampillé The Strokes, on en oublierait presque à qui on a à faire. Et c’est là une grande partie du charme de ce docu, finalement : brut de décoffrage, souvent drôle, c’est un témoignage comme on en voit rarement sur des groupes de cette envergure.
Les Arctic Monkeys réalisent leur fan video pour CornerstoneAprès "The Crying Lighting", les Arctic Monkeys viennent tout juste de sortir le clip de "Cornerstone", deuxième single de leur album Humbug.
Clip à budget très très faible, dans l'esprit des "fan videos" postées sur Youtube. Zéro pépettes ou presque pour cette vidéo qui aurait pu être faite par une groupie des Arctic Monkeys, avec une caméra posée dans sa chambre, parce qu'il n'y a personne d'autre pour lui filer un coup de main. Plan fixe, aucune coupe ou montage... parce qu'elle ne sait pas faire et qu'elle veut surtout centrer la vidéo sur son interprétation qu'elle pense être émouvante et unique. Alex Turner joue le jeu et se met en scène avec des touches d'humour ici-et-là. Regard rivé sur la caméra et à terme sur celui qui visionnera le vidéo, geste visant à reproduire les quelques faits décrits par les paroles, un regard dans le vague, un petit tour sur-lui même pour l'un des titres très réussis de ce nouvel album.
Coldplay et Oasis, grands vainqueurs des UK Music Video AwardsMardi dernier avait lieu la cérémonie des UK Music Video Awards à Londres, l’évènement outre-Manche qui récompense ce qui se fait de mieux en matière de collaboration entre le son et l’image : les vidéoclips certes, mais aussi les teasers de sorties d’album ou les synchros de publicités.
A l’honneur cette année, le groupe Coldplay, qui avec le trailer de son morceau "Strawberry Swing" a raflé le "gros" prix de la meilleure vidéo de l’année, mais aussi celui de la meilleure vidéo rock et de la meilleure animation. Depuis sa sortie, cette vidéo est sujette à de multiples controverses (accusations de plagiat, de mensonge sur la réalisation supposément faite entièrement à la main), mais l’œuvre du talentueux collectif Shynola vaut le coup d’œil.
Autre prix notable, celui accordé à la vidéo Dig Out Your Soul d’Oasis. Réalisée par The Malloys (clippeurs des White Stripes), elle retrace l’aventure des deux frangins qui avaient décidé en septembre 2008 de partir à New-York afin d’apprendre à des musiciens de rue quatre des morceaux de leur album qui n’était pas encore sorti. Une très belle vidéo en noir et blanc qui montre les répétitions et les performances, assez brillantes d’ailleurs, de ces musiciens de la Grosse Pomme.
Parmi les autres artistes récompensés, deux vidéos valent particulièrement le détour, celle, originale et très bien réalisée de Department Of Eagles, dans la catégorie Indie/Alternative, et celle du rappeur anglais Wiley pour son titre "Cash In My Pocket", à 1000 lieues des clichés des vidéos de rap US, mais à fond dans ceux des financiers de la City.
Ont aussi été récompensés : Speech Debelle pour le clip de "The Key", catégorie "budget video" (vidéo à petit budget), Lady GaGa et son "Paparazzi" pour la meilleure vidéo internationale, "If I Know You" de The Presets a raflé le titre de meilleure vidéo dance, et Will Young celui de la meilleure vidéo pop avec "Changes".
C'est une blonde qui rentre dans un studio...Percer dans la chanson, c'est difficile. Il faut des années d'acharnement, une détermination d'acier, il faut surmonter des obstacles multiples, il faut savoir se remettre en question, il faut savoir faire des concessions et aussi savoir garder son intégrité. Bref il faut savoir jusqu'où aller trop loin. Il faut travailler tous les jours, il faut investir toute sa personne. Il faut être prêt à tout sacrifier. Il ne faut rien lâcher. il faut tout donner.
Au final, il faut tout un tas de truc qu'on nous rabâche à longueur de Star Ac' et Nouvelle Star, mais il faut aussi, une fois dans le studio, savoir un tout dernier truc que cette jeune fille ne sait pas...
Les Gasoline Brothers sont sympas à écouterVoilà des mecs à qui on n'attribuerait pas facilement le titre de révélation indie de l'année 2009 : pas assez lookés, pas assez chevelus, pas assez démonstratifs, pas assez jeunes, pas assez anglais (ils sont hollandais). Et pourtant.... The Gasoline Brothers ont sorti, le 10 octobre, un album qui n'est pas mal du tout comme l'illustrent ces deux extraits.
Les Brothers sont ce genre de groupe dont on dira partout au quotidien : "Ouais, c'est pas mal, ça rappelle un peu...", "Ca me dit quelque chose", "Ca pourrait être super, si seulement...". Pas très original ? Pas une révélation ? Oh, bon sang, le nombre de bons groupes sur lesquels on a lu ça et qui pourtant offrent du réconfort et du plaisir à des dizaines (centaines ?, milliers ?) de fans clandestins..... Les Gasoline Brothers sont des espoirs de la Ligue 2 du Rock Indé, ceux qui permettent aux vedettes de se mettre en valeur et de faire la une des journaux. Même dans le rock indé (surtout dans le rock indé), il y a un championnat des sans grades, des obscures, des laborieux, des épicuriens.
Comme tous les titres de l'album Tsk!, les Gasoline Brothers s'amusent à picorer à tous les râteliers indie rock, lorgnant tantôt vers Pavement, tantôt vers Echo and The Bunnymen. Leur précédent album, Hm!, est en ce moment en téléchargement gratuit sur leur site. Les Hollandais ont fait fuiter celui-ci plus ou moins sur les plateformes de téléchargement illégal, ce qui leur a valu un nombre de téléchargements (gratuits) incroyable. En attendant, ils tournent en boucle dans leur beau Pays-Bas et pourraient bien faire parler d'eux dans les prochains mois.
Comme dirait l'autre : "ça c'est de la découverte".
The Gasoline Brothers - Psychosomatic heart failure
The Gasoline Brothers - Sleeping Pills and Asteroids Charlotte Hatherley, la guitariste de Charlotte HatherleyIl est peut-être temps d'arrêter d'introduire Charlotte Hatherley comme "l'ex-guitariste d'Ash". Elle va en effet sortir son troisième album solo, et puisqu'elle joue sur sa dernière tournée, on pourrait peut-être aussi bien l'appeler "la guitariste de Bat For Lashes". Sauf que pas grand monde n'a écouté ses deux premiers album solos et qu'on ne voit pas pourquoi ça changerait avec New Worlds, le prochain, puisque même s'il est très bon, les deux autres l'étaient aussi.
On va donc continuer à parler d'Ash, mai c'est peut-être une erreur parce que visiblement ça n'arrive pas à activer la curiosité des fans du groupe et ça suscite chez les autres des préconceptions erronées sur le genre de musique qu'elle joue. Ash, c'était un groupe de gamins qui jouait du rock pas transcendant mais terriblement efficace. Charlotte Hatherley en solo, ça reste du rock, et ça garde un côté nineties très prononcé mais c'est un peu plu complexe, un peu plus posé et réfléchi. Hatherley est une sorte de guitar heroine discrète, qui sait très bien jouer de son instrument mais met à profit son talent pour en tirer des choses plus originales que demonstratives. L'air de rien, elle fait prendre des tournants inattendus à ses chansons. On avait presque oublié que le rock pouvait être inattendu. Les deux ou trois surprises qu'on découvre en écoutant "Alexender" par exemple excusent largement sa tenue dans le clip.
Quand à "White", clip sorti un peu plus tôt, voit la blanche Charlotte soumise à un bukkake arc en ciel, un gimmick toujours un peu ringard/nineties mais qui acompagne un vrai bon morceau qui aurait pu être l'oeuvre de la moins idiote des riot grrrls.
Health : le bruit et les couleursImaginez Liars converti au disco, Nine Inch Nails s'abandonnant aux rondeurs funk ou Animal Collective jammant avec les visqueux improvisateurs d'Excepter ou les bordéliques Japonais de Boredoms (toutes hypothèses valables et envisageables vous remarquerez) et vous obtenez Get Color, nouvel album de Health, dans les bacs depuis hier ! Un groupe et un disque que l'on appréciera autant pour ses qualités que pour ses faiblesses.
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Dub noise, industrial disco, hardcore funk, electro rock tribal, c'est donc ce que propose Health, quatuor originaire de Californie (Los Angeles Pour être exact), auteur d'un premier album éponyme déjà remarqué en 2007 bien que se voulant plus révolutionnaire qu'il n'était réellement. Le combo passe pourtant le démultiplié avec Get Color, un disque qui gagne exponentiellement en couleurs, en texture et en intérêt, sur une belle poignée de morceaux hargneux et inventifs parmi lesquels le mini-hit "Die Slow", le sidéral "In Heat", "Death+" ou encore "We Are Water" et le rêveur "Before Tiger". Ces amis du duo electro über-hype Crystal Castles, avec qui ils collaborèrent sur le titre "Crimewave" (le seul vraiment bon titre de ce duo "un poil surestimé" ?), font partie de la bruyante génération qui vient, celle qui s'avoue sans complexe héritier du shoegaze et du krautrock. C'est particulièrement évident sur ce Get Color que vous découvrirez certainement un peu partout dans les jours qui viennent. Leur tube no wave, "Die Slow", banger track à la vidéo à la fois baroque et glacée (à déconseiller aux épileptiques), illustre parfaitement le paradoxe Health, un pied dans la dance, un dans l'univers fluo, l'autre dans le noisy rock. Cela fait trois ? Et alors ? Health est un animal à trois pattes en effet, un hybride étrange, tout de synthés grinçants, de break metal et de rythmiques explicites. Si l'on ajoute à cela un don pour les surprises atmosphériques, un goût peu évident pour les polyrythmies africaines et la voix très en retrait évoquant autant le Manchester Sounds of the 90's que My Bloody Valentine (facile) et les Spacemen 3 (déjà mieux), Health a tout du monstre qui séduira même les plus réticents. Seul reproche, une imagerie un peu trop lisse et "générationnelle" malgré l'envie (évidente dans la vidéo de "Die Slow") de choquer l'ado moyen, et une production finalement très propre qui nous laisse penser qu'on pourrait un jour entendre Health dans une publicité pour les produits cosmétiques pour cheveux... Mais qui sait, se sera peut-être dans un film de Larry Clark ? A suivre donc...
Prince fait sa revue de tubes au Grand PalaisC'était évidemment l'événement du weekend pour les 11 000 personnes qui avaient réussi à décrocher un billet (très cher) pour l'un des deux concerts de Prince et un sujet de curiosité pour tous les autres. 11 000 places vendues en 77 minutes : pas mal pour la France mais pas si remarquable que ça, disaient les mauvaises langues si l'on considère que Prince n'était pas venu à Paris depuis longtemps et que l'événement avait bénéficié par ricochet (la mort de qui vous savez) d'un maximum de publicité.
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Si les spectateurs lambda s'enthousiasment dans la presse matinale ("super, que des tubes" et blabla, "c'est un génie, il a revisité toutes mes chansons préférées en les déstructurant à mort" ouais), les forums de fans sont plus mitigés : usine à tubes, sorte de best-of composite, peu de chansons du dernier né Lotus Flow3r, son assez médiocre et public Mickey Donald et moi. Un premier concert d'un peu moins de deux heures et un second qui était beaucoup plus efficace et intime paradoxalement. La magie était bien là et Prince a pu montrer aux Parisiens qu'il restait le meilleur entertainer du monde. "This Is It", hurlaient certains intelligemment à la sortie du Grand Palais. "This Is It" ! Les set lists des 2 concerts qu'on reproduit ici en attestent : Prince a offert à Paris une cargaison de tubes plus grosse que le Ritz, traversant les époques comme un Leprechaun à guitares, fonçant vers son arc-en-ciel pourpre en Monsieur Loyal des après-midi finissantes. Spectacle ou grand spectacle. Spectaculaire ou show-off comme on dit d'une roucoulade superflue de Ronaldo ou d'un manteau panthère trop haut porté. A vous de choisir, quel Prince vous êtes.
Les optimistes sont ressortis avec le sentiment d'avoir vécu un moment rare et exceptionnel (ils ont eu raison), les sceptiques et rabats joie auront eu le sentiment de passer sous un rouleau compresseur (ils ont eu raison). Y a-t-il une alternative, lorsqu'on a trente ans de carrière derrière soi et qu'on connaît le succès international, à produire ce genre de spectacles ? On répondra que Prince n'a pas changé ses pratiques depuis des années. Une exploration sommaire des milliers de concerts que l'on peut trouver sur la toile en atteste : il a toujours joué de cette manière, panachant les créations du jour, les tubes, les vieux titres, sans réfléchir à un agencement particulièrement marketing.
L'après-midi : 1999
En soirée : 1999 (incomplète)
Miike Snow, animal à trois têtesMiike Snow, comme son nom ne l’indique pas, est un trio. D’un côté, on retrouve les compositeurs et producteurs suédois Christian Karlsson et Pontus Winnberg, qui forment le groupe Bloodshy & Avant. Partageant un background commun de DJs et de membres au sein de groupes électro et new-wave, ils ont ensuite fait ensemble la plus rare transition vers des succès commerciaux, avec des artistes de l’acabit de Madonna ou Kylie Minogue. Leur fait d’armes le plus connu : être à l’origine du tubissime "Toxic" de Britney Spears, probablement le meilleur morceau de la popstar.
De l'autre côté, face à ses génies de la prod, on trouve l’Américain Andrew Wyatt. Artiste solo signé chez Columbia, il forme avec un ami l’éphémère groupe les Funkraphiliacs à 18 ans ; quelques années plus tard, il est bassiste et compose quelques uns des meilleurs titres de The A.M., aux côtés de Parker Kindred, l’ancien batteur de Jeff Buckley. Pas vraiment de la même trempe donc, les trois futurs Miike Snow se rencontrent sur un projet commun, et commencent à sévir à partir de 2007, à grands coups de remixes bien sentis (Vampire Weekend, Peter Bjorn and John…). Finalement, le trio décide de s’enfermer à Stockholm dans une vieille maison, l’ermitage résultant dans l’enregistrement d’un premier album. Sorti en mai 2009 sur l’excellent label Downtown Records, le trio qui souhaitait simplement s’amuser en faisant de la musique ensemble est vite dépassé par le succès de cet album éponyme.
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Compte-tenu de leurs backgrounds bien différents, il était assez difficile de prévoir à quoi ressemblerait le résultat de leur collaboration ; en un mot comme en mille, l’association fonctionne à merveille. Si vous cherchez un successeur à "Toxic", passez votre chemin ; c’est le genre d’album qui s’appréhende comme un ensemble, harmonieux, pop, plus qu’une compilation de hits . Beaucoup de synthés, de pianos, et de batteries live en fond : Miike Snow évite l’écueil d’une électro-pop scandinave froide et calculée, sans pour autant abuser des effets dance/techno qui auraient pu rendre le tout un peu indigeste. Les arrangements soignés et le songwriting assez noir de Wyatt permettent d’avoir ce résultat grisant où des refrains entêtants, et somme toute assez simples, se voient contrebalancés par une certaine mélancolie. Le morceau "Cult Logic", avec son refrain imparable, fait irrésistiblement penser à Passion Pit, même si dans son ensemble, cet album ressemble plus à du Animal Collective, à l’image de titres comme "Animal" ou "Burial". Mais Miike Snow s’essaye aussi avec brio à la ritournelle midtempo sur "Faker", et délivre un épique morceau de 6 minutes qui réussit à passer de la ballade au tube taillé pour le dancefloor, "Silvia".
S’il n’est pas parfait et souffre de quelques passages moins réussis, il n’en reste pas moins qu’il fait partie de ces albums dont la découverte est un vrai plaisir. Les trois compères, qui ont pour habitude de cacher leurs visages (masques chirurgicaux pour une photo promo, recouverts de glace dans le livret de l’album), n’avaient pas prévu de tournée consécutive à la sortie de l’album. Mais leur participation à celle de Lykke Li et leurs rares apparitions aux festivals estivaux (Loopalooza et Osheaga) ayant été de francs succès auprès du public, Miike Snow se sont fait une raison, et ils tournent en Europe jusqu’à la fin de l’année.
Des nouvelles de Massive Attack
Après maintes rumeurs de séparations, de cessation d'activité, de poursuite en solo puis finalement de tournées, Massive Attack surprend une nouvelle fois tout le monde en balançant le vidéo clip bizarre de "Splitting The Atom".
Tauromachie, s'interroge plus d'un internaute ? Et pourquoi donc ? Certains optent pour une dénonciation de ce sport décrié alors que le groupe va bientôt se produire à Lisbonne au Campo Pequeno (rien à voir avec les habitants de nos campagnes), d'autres au contraire s'offusquent que l'emblème de Bristol persiste dans sa tournée alors qu'il devrait annuler la date en question pour montrer à quel point il combat ces jeux barbares... Bref, sans déclaration du groupe, difficile d'y voir clair. Reste le morceau lui-même, "Splitting The Atom" donc, un peu en deçà de la moyenne tout de même, au regard de leur répertoire.
Une nouvelle beaucoup plus intéressante tout de même nous vient de Clash Magazine, il s'agit de la future collaboration entre Burial, le mystérieux projet dubstep du label Hyperdub dont nous encensions l'album Untrue, de l'an passé. C'est le site de référence Resident Advisor qui reprend les propos de Daddy G déclarant : " je ne sais pas si je dois en parler... Bon, vous vous souvenez de ce disque que nous avons fait avec Mad Professor (No Protection en 1995, NDA) et bien cela reprendra à peu près le même principe. Burial va remixer une bonne partie de nos nouveaux titres et d'autres nombreux morceaux que nous avons faits. "
Connaissant le son à la fois très sombre et très riche de Burial, c'est en effet une très bonne nouvelle pour les fans de la dark side de Massive Attack. Surtout que Daddy G. ajoute : "Nous avons déjà écouté beaucoup de choses qu'il a faites avec nos morceaux, et c'est simplement hallucinant ! La façon dont il empile les couches de sons, dont il pose ses rythmes et tout ses trucs. Le dubstep est vraiment une chose étonnante. Il y a beaucoup de gens vraiment bons dans cette scène - Kode9 est très talentueux aussi. Ces garçons sont tout simplement incroyables et nous voulons faire partie de cela. "
Même si le projet n'a pas encore de date fixe ni de calendrier établi, autant dire que nous sommes sur les dents ! A suivre (avec impatience) donc ! Babybird reviendra bien en 2010Stephen Jones nous avait annoncé la nouvelle lors de l'interview qu'il nous avait accordée à l'occasion de la sortie de l'album Death Of The Neighbourhood : il y aura bien un album de Babybird en 2010, en février même. L'album devrait s'intituler Ex-Maniac et comportera une douzaine de titres dont 3 sont déjà diffusés en écoute streaming sur le site tout nouvellement créé pour l'événement. Le premier single de ce nouvel album devrait se trouver parmi ces 3 compositions de très bonne facture : "Handsome Bastard", "Roadside Girl" et le magnifique "Unloveable" (difficile à imaginer en tête de gondole d'un album à succès tout de même). L'album sort sur le label américain Unison et bénéficiera de l'appui promotionnel non négligeable d'un clip réalisé par Johnny Depp en personne. Comme nous l'avait confié Stephen Jones l'année dernière, le chanteur compositeur a fait équipe sur ce disque enregistré à Los Angeles avec l'un des amis personnels de l'acteur et membre de son ancien groupe de rock, d'où la connexion inattendue pour un type condamné à la clandestinité et à un relatif anonymat depuis des années.
Une bonne nouvelle n'arrivant jamais seul, Babybird a annoncé quelques concerts en Angleterre en novembre de cette année et ajouté en bonus toujours sur le site un film de 7 minutes et quelques pour rappeler à ceux qui ne le connaîtraient pas l'univers dans lequel il évolue avec brio depuis ses débuts. Aucune autre information n'a filtré encore mais il ne serait pas impossible que l'on aperçoive de nouveau l'oisillon du côté de Paris où il n'a pas joué depuis plus de 10 ans si ma mémoire est bonne (1998). Pour la bonne bouche, extrait de sa précédente rentrée en 2006 et du single Old Skin, tout en délicatesse, tiré du très bon Between My Ears There's Nothing But Music, dont on avait dit, comme à chaque fois, le plus grand bien.
Stephen Jones Babybird - Old Skin Live Yacht, Kumisolo et Girls au Club Folamour #1Le 6 octobre aura lieu au Point Ephémère la première édition des soirées mensuelles du label Super!, le Club Folamour. Pour ouvrir le bal, une programmation éclectique et pointue : YACHT, Girls et Kumisolo.
YACHT, le duo électro-pop estampillé DFA, a sorti l’album See Mystery Lights, qui a bénéficié d’un beau succès critique. Un peu entre LCD Soundsystem et Architecture In Helsinski, ils réussissent à produire un patchwork d’influences qui fonctionne parfaitement, et calibré pour faire danser les plus récalcitrants. Un album qu’il fait bon savourer ou découvrir en live, pour les performances barrées de Jona, le fondateur de YACHT.
Girls, c’est la nouvelle sensation pop venue de San Francisco, un duo composé de Christopher Owens et Chet JR White, et dont le premier album est ce qui se fait de plus rafraîchissant, estival et Beachboyesque ces derniers temps. Une chouette balade en perspective.
Kumisolo, Japonaise exilée à Paris et ancienne membre du Konki Duet, se lance en solo avec un premier album intitulé My Love For You Is A Cheap Pop Song. Un univers bariolé, à la fois 60’s et mâtiné de sonorités électroniques, comme un jeu vidéo aux décors rose bonbon.
Réservez vos places pour le Club Folamour #1 Tiny Vipers : la chanteuse dont on tombe amoureux ?Après son Hands Across The Void, d'il y a deux ans, Jesy Fortino aka Tiny Vipers a sorti, en juillet, un deuxième album magnifique qui s'appelle Life On Earth. Toujours sur le label Sub Pop, la guitariste qui chante en s'accompagnant de sa guitare acoustique a enrichi sa palette musicale : elle chante mieux, s'est trouvée un groupe fantôme pour le studio (qu'on entend assez peu) et est toujours habile à chanter sa peine. En 11 titres cette fois (le précédent était plus bref, moins poli), Tiny Vipers réussit un quasi sans faute, taquinant à la fois toujours la veine des chanteuses pleureuses émotionnantes à la Catpower/ Kristin Hersh mais aussi la force naturaliste d'un Neil Young. Autant qu'avec ce deuxième album, il se pourrait bien que Tiny Vipers plante ses crocs en première division.
"Dreamer", son single, est une merveille et l'album évolue en eaux sussurrantes secouées, en plein milieu, par un titre éponyme spectral de plus de 10 minutes. Côté textes, on ne se situe pas dans le déshabillage autofictif mais dans un entre-deux de confessions, lamentations et de visions poétiques de bonne facture. Tiny Vipers (qui semble avoir pris quelques kilos) est, de surcroît, de plus en plus belle comme on peut le constater sur ces quelques vidéos, diaphane, maigre, sans âge, sans formes. Appliquée à la guitare (rappelons qu'elle gagnait sa vie en jouant dans des bars et en faisant des petites boulots), habitée par son chant, Jesy est sans nul doute la chanteuse qu'on aimerait avoir chez soi en 2009, la chanteuse qui ne pleure pas mais délivre des prestations d'intensité retenue, la chanteuse qui aime ne pas nous aimer. Tout ceci sent bon l'absence, le manque de l'être aimé, toutes ces choses que nous les fans sommes prêts à donner. Toutes les époques ont ce besoin d'une chanteuse sensuelle et perdue : on a parlé de Hope Sandoval. Il fut un temps où certains vénéraient Beth Orton (la grande asperge chiantissime). 2009 est l'année des vipères mignonnes. 2010 aussi sans doute. On l'espère, du moins.
Tiny Vipers - Dreamer
Tiny Vipers - Eyes Like Ours The Big Pink voit la vie en noir... doréLe premier album des Londoniens de The Big Pink était l'un des plus attendus de la planète indie en cette rentrée 2009. Sorti le 14 septembre, il n'a pas déçu la planète rock qui s'était montée la tête à coups de buzz shoegaze, de nappes bruitistes et de rumeurs de ressemblances avec les premiers travaux de My Bloody Valentine.
L'album, pour un premier essai s'entend, est une surprise énorme : illustration sublime, production impeccable, album concept qui tourne autour de... l'amour (A Brief History Of Love) et une atmosphère romantique qui transpire sur chaque note de guitare. Le duo à la manoeuvre ici, Robbie Furze et Milo Cordell, a enregistré pour 4AD à New York où il a pu bénéficier de la production de Rich Costey, l'affreux jojo roublard qui a piloté pas mal de trucs qui marchent ces derniers temps comme le 3ème album d'Interpol, Glasvegas, Mew et surtout Muse. Costey qui est connu avant tout pour son efficacité (il a taquiné tous les gens du gothique My Chemical Romance/Bloc Partouze, à la crooneuse Fiona Apple), réalise pour The Big Pink une cathédrale sonore un peu froide mais qui donne une dimension majestueuse aux chansons du groupe. Le tout est si bien emballé que l'album passerait facilement (bien ou mal ?) pour un seul titre élégiaque, porté à bout de guitares.
Qu'il s'agisse de cette version incandescente sur scène de "Velvet" ou du moins intéressant single "Dominos", la dynamique Big Pink s'appuie sur des guitares et des voix emmêlées. La ressemblance avec le MBV des premières années est patente. Parfois c'est Massive Attack qui rencontre les Cocteau Twins qui rencontrent Bloc Party option math-rock, Pivot qui rencontrent les Smashing Pumpkins en forme. La musique de Big Pink ne sonne pas radicalement neuve mais dans sa manière de se poser là donne le sentiment de figurer une forme de modernité. A côté de titres fébriles ou qui font tâche dans cet environnement séduisant (le merdique "Tonight"), le groupe propose (avec "Velvet", "Count Backward from Ten", "At War with the Sun", "Crystal Visions",...) quelques uns des morceaux les plus excitants de ces derniers années. Histoire de calmer les enthousiasmes sur ce groupe à découvrir, le groupe sera en ouverture des affreux jojos de Muse sur sa tournée britannique, après avoir fait sur une date en octobre l'ouvreuse pour les Pixies à Londres. The Big Pink - Velvet (Live in Bruxelles) |
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