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Actualité de l'industrie du disque, marketing...car oui, la musique c'est aussi une histoire de pépettes !

Myspace Music, l'union sacrée contre iTunes

Posté par 2goldfish le 30.09.08 à 11:59 | tags : myspace, music biz, web 2.0, news

Myspace Music vient d'être lancé aux USA et c'est censé être un événement. "Les majors du disque et le vieux réseau social malade et Amazon réunissent leurs forces pour vous prendre votre argent ! Youpi !". En gros, ça veut dire qu'il y a beaucoup plus de titres en streaming sur le site, souvent la discographie entière d'un artiste d'une major, et des liens pour les acheter en mp3 sans DRM via Amazon. Bref, on a à peu près exactement la même chose qu'avec Deezer, Jiwa, Last FM... Mais avec une intégration accrue du magasin mp3. Bon, et le fait que les artistes ont tous une page Myspace qui leur appartient, un gigantesque réseau déjà existant, que les millions d'utilisateurs de Myspace qui n'ont pas encore fuit se transforment en clients potentiels et que même les gens qui n'ont pas de Myspace ont souvent pris l'habitude d'utiliser le site pour y découvrir de nouveaux artistes. Ca fait du positif dans la balance pour l'argument "Myspace va sauver les majors".

 

Sur le plateau "contre" de la balance, il y a la situation des labels indépendants, grands "oubliés" de l'union sacré des ennemis de Steve Jobs. Et puis il y a le fait que tout ça a été mis en place dans l'urgence, il y a de gros trous dans le catalogue au lancement et semble-t-il des trous aussi dans le personnel : Myspace Music n'a toujours pas trouvé de PDG, personne de suffisamment expérimenté dans le domaine ne semble se battre pour ce poste, ce n'est pas vraiment bon signe.

 

Le vrai problème de Myspace Music, c'est que Myspace en tant que réseau social est en grosse perte de vitesse. L'interface est vieillote et sa customisation trop compliquée (on attend avec fatalisme les complaintes de tous ceux dont cette nouvelle update de Myspace aura foutu en l'air la page qu'ils avaient mis si longtemps à mettre en place). De nombreux artistes ont effacé leur page Myspace à cause des gros trous laissés béants dans l'interface de base et dont profitent de nombreux hackers... Moi ça ne me donne pas vraiment envie d'entrer mon numéro de carte de crédit.


Dear Science de TV on The Radio, déjà sur le réseau !

Posté par Maxence le 10.09.08 à 15:01 | tags : électro, rock, news, mp3, music biz

Cela n'étonnera personne, Dear Science, le prochain TV On The Radio, est l'album le plus attendu de cette rentrée. Il est donc normal de voir les internautes avides chercher désespérément le leak improbable sur les forums et les réseaux P2P de la planète. Cependant, à une époque où les labels et les groupes jouent gros en voyant leurs productions distribuées facilement 3 mois avant leur parution officielle, certains finissent par élaborer de curieuses stratégies et n'hésitent pas à balancer de faux albums en guise d'appât.

 

On se souvient de la polémique autour du troisième album de Boards of Canada. Trouvable sur le net bien avant sa sortie, l'objet s'est avéré un fake entièrement constitué de vieux morceaux datant de l'époque où le duo écossais balbutiait de magnifiques mélodies dans leur sous-sol. Notre collaborateur Myosotis a également fait les frais de ce type de supercherie avec le dernier album de Why?, dont la version "trouvable" gratuitement, n'était pas celle qui atterrit chez les disquaires 2 mois plus tard. Idem pour Nine Inch Nails à la sortie de l'attendu With Teeth, balançant sur le réseau un album de démos et de morceaux plus ou moins finis, sans compter l'aide, volontaire ou non, d'un groupe se nommant lui aussi With Teeth et proposant comme par hasard au même moment, quatre titres sonnant étrangement comme du Nine Inch Nails. Alors, "NIN, ou l'art de brouiller les pistes" ?

 

Reste qu'il est étonnant de voir les TV On The Radio, qui se sont justement acoquinés un temps avec Trent Reznor des même NIN et ont signé avec Interscope, le label du bonhomme (géré par Universal Music Group) pour ce troisième album, proposer déjà le même type de stratégie à l'époque de Return To Cookie Mountain. L'album était alors bel et bien trouvable 2 mois avant sa distribution dans les bacs, mais dans le désordre et avec des titres qui n'apparaissaient plus sur la version officielle. Il était donc prévisible que les fans se méfient de ce qu'ils pouvaient ramener cette fois, dans les mails du réseau. A suivre les discussions sur les forums ou sur Last FM, il semblerait bien que la stratégie ait fait long feu. C'est désormais officiel, Dear Science est aujourd'hui trouvable via rapidshare et megaupload (dont on ne signale pas assez l'importance dans le monde de la "distribution" parallèle). Un site perso lié à un blog du nom de Sordo Music, propose même une database de tous les albums leakés sur les différents blogs qui pratiquent la "promotion" ou le partage d'albums "retirés de la distribution" et sur lequel on trouve bien évidemment Dear Science. Bref, les fans sont rassurés, ils pourront enfin se faire une idée avant la chronique sur Fluctuat.net, et avant d'aller acheter l'objet chez leur disquaire bien sûr...


Internet mon amour, téléchargement mon chéri

Posté par 2goldfish le 08.09.08 à 11:07 | tags : music biz, news, politique, web 2.0

Le projet de loi "Internet et Création" qui doit passer devant le Parlement Français cet automne a, entre autres particularités amusantes, été rédigé sans la consultation des créateurs. Les industriels, les distributeurs et les politiques ont tous eu leur mot à dire (du moins le croyait-on jusqu'à ce qu'on apprenne les méthodes douteuses de Denis Olivennes et Christine Albanel pour obtenir des signatures) et il s'est bien trouvé a posteriori des artistes pour courageusement s'élever pour le projet de loi de leurs patrons et du gouvernement dans une tribune du Monde en juillet dernier intitulé "Culture ne rime pas avec gratuité". Alain Corneau, Costa Gavras ou Jean-Jaques Annaud n'ont pas un instant réfléchi que leurs noms non plus ne rimaient pas avec toute la culture mais ils semblent en tout cas certains que "gratuit" ne fait pas partie de leur vocabulaire.

Il y a des artistes qui ont envie de distribuer leur production gratuitement ou du moins qui refusent qu'on empêche sa circulation et son partage. Signataires de la pétition "Internet Mon Amour" ils veulent être pris en compte dans le projet de loi et demandent à être téléchargés, "piratés". Il semble que personne au gouvernement n'a entendu parler des licences Creative Commons et des artistes qui mettent volontairement leurs oeuvres sur les réseaux peer to peer ou des net-artistes qui créent des sites gratuits. Tous les modèles développés depuis des années par les artistes de demain (d'aujourd'hui même) sont simplement ignorés alors qu'ils pourraient être encouragés.


Il suffit de regarder un peu les chiffres publiés par Numérama il y a peu : aux USA et au Royaume Uni, les revenus reversés aux artistes par les équivalents locaux de la SACEM sont plus haut que jamais. ils n'ont jamais baissés et en France non plus même si la hausse est bien plus timide. C'est en fait l'explosion des moyens de diffusion des oeuvres, en particulier sur le net, qui fait que la chute des ventes de disques est largement compensée pour les artistes. Elle ne l'est évidement pas pour les maisons de disques ou les distributeurs traditionnels mais dans les pays anglo-saxons, plutôt que de ne s'adresser qu'à eux pour pondre des lois rétrogrades (ces pays en ont pourtant aussi leur lot) on n'a pas freiné le business du futur.


Le vide grenier d'Universal

Posté par 2goldfish le 10.08.08 à 13:45 | tags : news, web, music biz

Saluons pour une fois Universal qui a eu une excellente idée en lançant outre-manche le site Lost Tunes qui se propose d'être l'équivalent numérique d'un bon disquaire. Le site propose des albums vieux, souvent rares voire introuvables chez les marchands "physiques", et les accompagne d'un texte explicatif qui tient lieu de "conseils du disquaire". On pourra arguer que certains disques ne sont pas si rares ou s'insurger de telle ou telle omission flagrante : il n'y a pas encore beaucoup de choix comparé aux autres magasins en ligne, mais il y a des exclusivités. Le fait est qu'Universal est la première major à exploiter et mettre en valeur ainsi son fond de catalogue sur la toile. Une réédition physique des albums de The Tubes, par exemple, ne serait sans doute pas commercialement viable (ne serait-ce que parce que quand on tape "Tubes" dans Google ou sur Amazon, on tombe sur des horribles compilations de pop en hard discount). En tout cas, dans l'état actuel de la demande et des réseaux de distribution de CD, ce serait prendre un risque alors que sur Lost Tunes, les vendre ne coute pratiquement rien et fera forcément une poignée d'heureux.

Le prix par chanson est élevé mais c'est pour vous encourager à acheter les albums entiers, comme chez un vrai disquaire. Et pas la peine de se lamenter que ce site prenne la place des "vrais" disquaires : en ce moment je suis à au moins deux heures de routes du moindre disquaire correct, les vrais disquaires ont déjà pratiquement disparu et ce n'est pas ce petit site qui y changera grand chose.


Paul Westerberg solde son album à 49 cents

Posté par 2goldfish le 29.07.08 à 11:44 | tags : mp3, rock, music biz, news

Paul Westerberg était peut-être saoul quand il a eue l'idée de prendre une poignée des enregistrements qu'il accumule parait-il à un rythme effrenné dans son sous sol et de les mettre bout à bout dans un seul mp3 de quarante-neuf minutes. Il devait en tout cas sûrement être saoul au moment de faire le montage puisque les chansons se chevauchent ou sont coupées en plein milieu, signe certain que la main qui tenait les ciseaux tremblait et que celle qui était censée tenir la bande était déjà bien occupée avec un verre de scotch. Résultat, l'album/mp3 s'appelle "49:00... of your time life" et s'achète en ligne pour 49 cents de dollars (soit 33 cents d'euro) mais ne dure effectivement qu'un peu moins de quarante quatre minutes.

Peu importe, dans ce package tout sauf deluxe, on trouve quelques unes des meilleures compos récentes de l'ancien Replacements enregistrées à l'arrache, souvent juste en duo guitare/voix, ainsi qu'un pot pourri de reprises de classiques du rock.

Ironiquement, les distributeurs de musique en ligne qui pressent tout le monde pour baisser leurs prix, iTunes en tête, ont presque tous refusé de vendre un mp3 si peu cher. Il n'est donc disponible que sur le site Tunecore et celui d'Amazon (.com, même pas .fr). Vous ai-je déjà dit que qu'il y avait quelque chose de pourri au royaume du music biz ?


Avril Lavigne avec ou contre Youtube ?

Posté par 2goldfish le 22.07.08 à 15:11 | tags : web, music biz, news, rigolo, youtube

La musique payée par la pub, c'est ue super chouette révolution, n'est-ce pas ? C'est en tout cas un bon radeau pour l'industrie du disque en pleine tempête (une tempête passagère d'ailleurs si on regarde les tendances : la hausse des ventes numériques aura probablement compensé la diminutions des ventes physiques dans moins d'une décénnie). C'est super, sauf que c'est un sacré gros bordel pour l'instant.

Selon Wired qui a suivi toute l'histoire, le manager d'Avril Lavigne aurait déclaré que puisque la vidéo de "Girlfriend" est la plus vue de l'histoire de Youtube avec au moment où j'écris 93 millions de spectateurs au compteur, Youtube devrait deux millions de dollars à la punkette bubblegum. Mais comment cette vidéo a-t-elle pu être vue plus de fois que celle des deux "scientifiques" qui faisaient une chorégraphie à base de Coca et de Mentos, que celle de Ok Go qui dansaient sur des tapis roulant et celle de Tay Zonday qui chantait "Chocolate Rain" ? C'est totalement improbable et en vérité totalement faux : il s'agit juste d'une opération montée par les fans d'Avril Lavigne qui ont décidé de faire dépasser les cent millions de vues au compteur de "Girlfriend" sur Youtube. Pour ce faire ils auraient même créé un site qui si vous vous y connectez se rafraichit automatiquement toutes les quinze secondes et crée un visionnage "fantôme" du clip.

On savait déjà que certaines compagnies vendent aux artistes, qui veulent se faire signer, des inflations artificielles et automatiques de compteur Myspace et Youtube et que les compteurs des deux sites ne sont pas très fiables. En réponse aux déclarations du manager de Lavigne, un porte parole de Youtube a fait savoir que le site avait connaissance de ce genre de pratiques frauduleuses et avait les moyens de débusquer les tricheurs. Bien sûr, ces moyens n'ont pas été révélés et si on peut imaginer un moyen de repérer les bots (=robots) qui visionnent les vidéos automatiquement, dans le cas de gamines qui par millions cliquent sur "play" toutes les trois minutes, c'est plus difficile. Et puis ce n'est pas vraiment dans l'intérêt à court terme de Youtube de pourchasser trop férocement les pirates : Youtube aussi touche sa part de l'argent de la pub.

Les fans d'Avril Lavigne, qui ont mis en place le site de visionnage fantôme? déclarent maintenant que ce site ne fonctionnait pas mais servait juste à créer un buzz autour du projet "faisaons de Girlfriend la vidéo la plus vue de Youtube" et que les 93 millions n'ont été atteints qu'à la force de l'index des fans. Si c'est bien le cas (et on ne doute pas de toute façon que ce genre d'opération est mené "en vrai" par des fans d'autres artistes tous les jours), Youtube ne peut nier le fait que ces fans ont été exposés à la pub et donc qu'Avril Lavigne mérite ses deux millions. On en vient donc à un système où ce ne sont pas les artistes les plus populaires qui gagneraient de l'argent mais ceux dont les fans sont les plus dévoués : une différence notable qui pourrait mettre Nine Inch Nails et Tool loin devant, disons, Norah Jones. Un artiste pourrait faire fortune en se concentrant sur l'idée de plaire au fan plutôt qu'au grand public. Pas sûr que la musique soit meilleure pour autant.


Jeff Buckley, Nouvelle Star, Nouveaux Fans

Posté par 2goldfish le 10.07.08 à 11:00 | tags : rigolo, web, news, rock, music biz

Au cours de mes tribulations sur le web en tant que bloggueur sans cesse à la recherche de nouveau contenu à voler partager avec vous, je suis parvenu à une sentence simple : si sur ton site tu mets une vidéo qui n'est pas "embeddable", une image protégée contre la copie ou un texte que tu ne veux pas voir repris ailleurs (même avec citation de sa source), tu n'as rien compris à l'internet.

Il se trouve justement qu'un email m'est parvenu aujourd'hui avec une petite histoire, très classique somme toute (ce n'est ni la première, ni la dernière fois qu'elle se produit) qui nous rappelle qu'il y a "rien compris" et "rien compris du tout du tout, la vie d'ma mère je sais pas de quoi vous parlez". Sony/BMG a envoyé une sommation aux fans responsables du site JeffBuckley.fr parce qu'en "usurpant le nom de domaine qui selon eux devrait leur appartenir, ils ont "porté préjudice aux ayants-droit de notre artiste comme à [leur] société qui réalise d'importants efforts de promotion autour de Jeff Buckley".

Vous voyez, en créant un lieu accueillant où les fans du chanteur qui nageait très mal pouvaient se rencontrer, échanger des infos sur, par exemple, la dernière compilation de bootlegs de Jeff live sous la douche que maman Buckley et Sony/BMG mettaient généreusement à leur disposition dans un coffret deluxe en ivoire contenant le CD de vingt minutes et une vraie fiole d'eau du Mississipi, ces gens ont fait du MAL à la mémoire et à l'image de la marque Jeff Buckley. Ces gens sont une plaie. Jeff Buckley est beaucoup mieux servi par les gens de la Nouvelle Star qui génèrent des ventes en reprenant "Hallelujah" comme s'il l'avait écrite lui-même (qui se souvient de Leonard Cohen, vraiment ?. Il y a une nouvelle génération de fans à qui vendre et revendre l'oeuvre complète d'un type qui a sorti dix chansons dans sa vie. Il faut un nouveau site, un qui sera débarassé des vieux fans râleurs qui commencent à en avoir marre qu'on essaye de leur vendre n'importe quoi à n'importe quel prix.

On peut se moquer du romantisme de Jeff Buckley, l'âme en peine qui chantait d'une voix haute qui fait mouiller des culottes lycéennes depuis bientôt quinze ans avec le plouf tragique dans lequel il s'est éteint. La vraie tragédie, vraiment, c'est surtout celle de l'avarice des rapaces qui se sont accaparés ses restes.

 


Le MT9, c'est déjà hier

Posté par 2goldfish le 19.06.08 à 10:45 | tags : mp3, techno, music biz, ipod, news

Les maisons de disques vont rire, et elles en ont bien besoin en ce moment. Le mp3, originellement, c'était un grand méchant qui allait détruire tout et tout le monde... Jusqu'à ce que quelqu'un se rende compte qu'il vendait plein de graveurs de CD. On est passé à la vitesse au dessus avec les baladeurs mp3 qui ont réellement mis les majors dans le caca jusqu'au cou, parce qu'elles ont mis des années à investir le marché qui s'est organisé sans elles et parce que leur nouvel ennemi numéro 1 est devenu non pas le pirate (qui est aussi leur client) mais Apple, qui avec l'iPod et iTunes, s'est imposé comme un gentil/méchant géant dans la cour de récré.

 

En bref, le mp3, comme le CD et le DVD, ont jusqu'ici bien profité aux fabriquants de matériel. Sauf qu'il arrive un moment où le marché sature, où même votre grand mère a une clé USB qui lit les mp3 et où vous avez vous même un lecteur extra-fin qui tient dans la poche à couteau de votre jean slim et qui contient toute votre bibliothèque musicale. A ce moment là, les fabriquants vous expliquent généralement que ce super format que vous aimez tant est en fait très nul, que vous devez jeter vos vieux vinyls cassette CD mp3 et passer au... MT9.

 

Le MT9, un format musical inventé par des Coréens, vient d'être certifié par les gens qui s'occupent de certifier ce genre de choses, le groupe MPEG, comme le successeur officiel du mp3. Les premiers lecteurs MT9 pourraient arriver sur le marché à la fin de l'année. La particularité du MT9 n'est pas une plus grande qualité sonore (un choix judicieux, les gens se foutent complétement de la qualité médiocre de leurs mp3, l'argument ne fonctionne plus). Le MT9 a pour lui six canaux audios sur chacun desquels on pourrait entendre un instrument différent. L'intérêt ? Vous pouvez mixer vous même vos morceaux favoris en direct, n'écouter que la guitare ou que la batterie. Bref, à part pour les fans de karaoké, c'est un gadget idiot. Ca promet aussi de grandes facilités de sample pour les remixeurs amateurs, mais je vois mal le grand public se prendre de passion pour ces six canaux.

 

Ce qui a fait le succès du mp3, ce n'est ni sa qualité sonore, ni un gadget inutile, c'est ce qui a fait le succès de la cassette par rapport au vynil et du CD sur la cassette : il est plus pratique. Plus facile à copier, à transporter, à utiliser. On imagine mal un nouveau format faire mieux que le mp3 dans ces domaines. D'un point de vue darwinien, le mp3 semble parfait. Bonne chance au MT9.


Le bon Bono

Posté par 2goldfish le 21.04.08 à 10:59 | tags : news, music biz

Bien qu'elle soit au moins aussi liberticide et anachronique que la loi DADVSI en son temps, il semble qu'on parle beaucoup moins de la loi en préparation sur la "riposte graduée" de Christine Albanel inspirée par le rapport sur la propriété intellectuelle et internet  de Christophe Olivennes, patron de la FNAC (quelqu'un peut me rappeler la définition des termes "conflit d'intérêt" ? ). Rappelons que le rapport préconisait de suspendre voire supprimer la connexion de personnes prises en flagrant délit de violation de copyright par des ayants droits transformés en milices de l'internet tout en prenant bien soin de ne rien faire pour les droits du consommateur sur le web (sujet que la commission Olivennes était pourtant chargée d'aborder). Le message du rapport étant :  "Retournez achetez des disques à la FNAC ou on vous coupe l'accès au porno."

 

Le parlement européen, lui, vient de se voir présenter le rapport Bono. Ce rapport ne dit pas qu'on doit sauver le monde en jouant au golf avec George Bush et le pape : il a été écrit par un autre Bono, Guy Bono, qui en présentant son rapport devant le parlement a dénoncé "la position de certains États membres, dont les mesures répressives sont des mesures dictées par des industries qui n'ont pas été capables de changer leur modèle économique face aux nécessités imposées par la société de l'information"

"La coupure d'un accès internet est une mesure disproportionnée au regard des objectifs. C'est une sanction aux effets puissants, qui pourrait avoir des répercussions graves dans une société où l'accès à l'internet est un droit impératif pour l'inclusion sociale"

Christofer Fjellner et Michel Rocard ont été charmé et ont decidé d'apporter leur amendement au rapport qui "invite la Commission et les États membres à prendre acte du fait que l'Internet est une vaste enceinte d'expression culturelle, d'accès à la connaissance et de participation démocratique à la créativité européenne, qui rassemble les générations au travers de la société de l'information", et "invite dès lors la Commission et les États membres à éviter de prendre des mesures qui entrent en contradiction avec les libertés civiques et les droits de l'homme et avec les principes de proportionnalité, d'efficacité et de dissuasion, telles que l'interruption de l'accès à l'Internet."



Ca fait chaud au cœur de savoir que les politiques, quand on les prive du pouvoir (en les envoyant au parlement à Bruxelles notamment) peuvent réfléchir, avoir conscience des réalités du monde moderne et être libre de la pression des lobbys industriels.


Coldplay : Achtung baby ou Kid A ?

Posté par 2goldfish le 18.04.08 à 10:11 | tags : pop, rock, news, rigolo, music biz

Je sais, ça fait deux billets sur Coldplay la même semaine, mea culpa. Le potentiel tragi-comique de la situation vers laquelle EMI et Coldplay se dirigent ensemble est simplement trop amusant pour y résister : d'un côté nous avons Variety qui titre "Le plan financier d'EMI pour 2009 : Le succès de Coldplay ou la mort" et Billboard titre "Coldplay s'adonne à l'expérimentation sur son quatrième album".

 

Coldplay, sans doute fidèle au concept qui a fait son succès ("viser Radiohead, toucher U2") est parti enregistrer un album en Amérique du Sud avec Brian Eno. Billboard nous dit que "le groupe se libère fréquement des construction couplet/refrain/couplet, en partciulier sur "42" qui est composé de trois sections ditinctes apparement sans relations. "Yes" passe de violons et tablas rocks à une descente shoegaze tandis qu'un groove funky sort de nulle part au milieu de "Death And All His Friends". Mince, Coldplay aurait fait un disque intéressant ?! Certes, vous me direz que Achtung Baby s'est bien vendu mais sont-ce là le genre de disques qu'enregistrent un groupe socialement responsable comme Coldplay prétend l'être quand tant d'emplois en dépendent et que tout le monde attend de vous la même chanson que vous avez déja enregistrée dix fois par album depuis dix ans ?

 

EMI, il faut le dire, est actuellement la plus mal en point des majors du disque et a dépensé plus d'argent à se restructurer ces derniers mois qu'à promouvoir ses disques et surtout bien plus qu'elle n'en a gagné. L'une des premières mesures de la nouvelle direction a été de rentabiliser le dernier album de Robbie Williams en vendant les très nombreux exemplaires invendus à la Chine pour reboucher les trous dans ses routes (je ne plaisante pas, c'est vrai). Il reste tellement peu d'employés à EMI que certains des plus gros artistes maisons comme les [people_restrictifThe Rolling Stones]Rolling Stones[/people_restrictif] n'ont pas renouvelé leur contrat, prétextant qu'il n'y avait plus personne chez EMI pour vendre leur disque. Le seul côté positif de l'histoire, c'est que les dépenses ont effectivement tellement été réduites (après qu'elles aient très largement augmentés en 2008 à cause des coûts de restructuration) qu'un seul album très vendu comme peut-être le sera celui de Coldplay pourrait suffir à remettre EMI sur les rails. Situation pas vraiment inédite pour une major, l'intérêt d'EMI va à l'encontre de celui de l'Art : il leur faut espérer que Coldplay a enregistré son Achtung Baby, pas son Kid A.


De la musique sur Myspace ?!

Posté par 2goldfish le 07.04.08 à 11:02 | tags : music biz, myspace, news, web 2.0

Myspace vient d'annoncer que "Myspace Music" allait bientôt offrir avec l'accord de trois des quatre majors encore debout un truc révolutionnaire qui va tout révolutionner dans la révoltuion actuelle de la musique. Révolution révolution révolution. Ce truc, c'est, tenez vous bien... du streaming financé par la publicité et la vente de mp3 sans DRM. Comme d'autres rédactions ont les nécrologies de Jean Paul II Fidel Castro Amy Winehouse et Britney Spears, Playlist devrait peut-être d'ores et déjà rédiger le billet pour l'annonce historique que Facebook ne manquera pas de faire très prochainement.

Ce qu'on peut dire de particulier à propos de l'annonce de Myspace c'est que, bien que cela semble échapper à ses dirigeants, elle va à l'encontre de ce qui a fait une grosse part du succès du site jusqu'ici. Généralement, quand on annonce qu'on a signé avec les majors, on précise aussi, même si ça ne fait pas les gros titres, qu'on a signé avec un millier de petits labels indépendants. Myspace Music "pourrait les inclure" nous dit-on, mais la nature de l'accord avec les majors leur laisse peu de place : MM va devenir une entitée séparée de Myspace.com dont les trois majors (enfin, quatre, on a gardé une place pour EMI qui n'est pas encore à bord) seront actionnaires. Quelle que soit la place accordée aux labels indépendants, de toute façon, Myspace a fait son succès avec les milliers d'artistes non signés qui, grace à la "longue queue" attirent tout de même une grosse partie de l'audience et qui seront les laissés-pour-compte dans cette histoire. Oubliez la success story/légende urbaine du petit artiste sans label qui s'est fait connaitre via myspace, l'histoire du petit artiste sans label qui a fait gagner beaucoup de revenus publicitaires aux majors est encore mieux !


Pourquoi vous devriez recommencer à donner votre argent aux maisons de disque

Posté par 2goldfish le 05.03.08 à 10:27 | tags : music biz, rigolo, à lire

Et voici revenue l'heure de se moquer de l'industrie du disque comme si nous étions nous-même sans aucun reproche ! Aujourd'hui nous avons avec nous un intervenant extérieur venu nous expliquer comment ça se passait dans le monde joyeux des majors à l'époque lointaine où tout le monde avait de l'argent à jeter par les fenêtres plutôt que des employés. Cette époque, c'était les années 1990 et John Niven travaillait encore chez London Records (label spécialisé dans la pop kleenex). Il explique aujourd'hui à Times Online ce qu'il y faisait, histoire de promouvoir son livre qui vient justement d'être publié Outre-Manche :

 

 

"J'ai vite appris un des fondamentaux de la survie en réunion : tout dire avec la plus absolue des certitudes, comme si votre vie en dépendait". J'ai vu une figure très respectée de l'industrie (quelqu'un qui, selon toute vraissemblance, a signé et développé des disques que vous possédez) balancer le premier album des White Stripes par la fenêtre du quatrième étage avec les mots "Personne n'avalera jamais - jamais - ces putains de conneries".

J'ai été plus loin. Alors que les derniers accords d'une démo un peu chaude résonnaient encore j'ai brisé le silence dans la salle de conférence en déclarant "Quelqu'un voudra-t-il encore vraiment une autre pelletée de bêtises sous-Radiohead ?" tuant ainsi dans l'oeuf l'intérêt de notre compagnie pour Coldplay.

Comme vous l'avez probablement compris, il y avait un problème avec ma carrière dans l'A&R. J'étais complétement nul. Mais tous les autres aussi."

 

 

Je crois que je saurais faire ça, tiens, je serais même plutôt doué. Dommage que les années 1990 soient passées. Niven explique ensuite comment sa vie était passée entre conventions (comme le MIDEM à Cannes) et fêtes chez des stars, les deux n'étant pas très différent : des prétextes à la consommation de cocaïne et de vodka et à des notes de frais faramineuses, tout ça financé par les marges énormes prises sur les ventes de CD.

Aujourd'hui monsieur Niven est "romancier" et se voit sans doute bien en Frédéric Beigbeder anglais. Bonne chance à lui.


Nine Inch Nails : Ghosts In the Web

Posté par 2goldfish le 04.03.08 à 15:21 | tags : news, mp3, web, music biz, rock, ambient

Trent Reznor de Nine Inch Nails est content : libéré de toute obligation contractuelle, il peut maintenant faire des quadruples albums instrumentaux d'ambient expérimentale inspiré par Brian Eno et Einstürzende Neubauten et les distribuer gratuitement, les uploader lui-même sur les sites de peer to peer et proposer toutes sortes de packages payants (pour l'album en FLAC, un Blu Ray et sans doute même une version cassette ou 78 tours si vous lui demandez gentiment).

Ca s'appelle "Ghosts I-IV" et seul le "I" est disponible pour l'instant mais les "II", "III" et "IV" ne sauraient tarder. Ca sonne un peu comme les boucles qui passent au fond, loin derrière les grosses guitares dans les vieux albums de NIN. On peut saluer la démarche de Reznor même si, il faut bien le dire, le potentiel commercial de cet album est tellement réduit que le sortir "traditionnellement" n'aurait probablement rapporté à Reznor que quelques dizaines de milliers de dollars que même son comptable n'aurait pas remarqué sur son compte en banque.

Vous pouvez théoriquement télécharger "Ghosts I-IV" sur ce site officiel mais celui-ci est complétement surchargé va beaucoup mieux, merci pour lui, aussi je vous recommande plutôt d'utiliser ce fichier Bit Torrent (allez-y, ne craignez rien, Trent est d'accord) ou si vous êtes technologiquement handicapé, de passer par Rapidshare.


Mika et Christophe Willem sont trop maigres

Posté par 2goldfish le 14.02.08 à 14:43 | tags : top, news, music biz

Qu'est-ce qui s'est vendu en France en 2007 ? Pas grand chose de bon. Ce n'est pas véritablement une nouveauté mais ces tops de vente rassemblés par Jean Viot sont déprimants.

 

Top albums 2007 :

  1. Mika - Life in cartoon motion - 818 200 ex
  2. Christophe Maé - Mon Paradis - 708 600 ex.
  3. Grégory Lemarchal - La voix d'un ange - 604 000 ex.
  4. Christophe Willem - Inventaire - 530 000 ex.
  5. Les Enfoirés - La Caravane des Enfoires 2007 - 491 700 ex.
  6. Amy Winehouse - Back to black - 440 700 ex.
  7. Yannick Noah - Charango - 437 100 ex.
  8. Johnny Hallyday - Le Coeur d’un Homme - 396 600 ex.
  9. Vanessa Paradis - Divinidylle - 312 100 ex.
  10. Vitaa - A Fleur de Toi - 282 900 ex.

 

 

 

Top Single 2007 :

  1. Christophe Willem - "Double Je" - 306 500 ex.
  2. Koxie - "Garcon" - 282 100 ex.
  3. Kamini - "Marly-Gomont" - 196 500 ex.
  4. Grégory Lemarchal - "De temps en temps" - 189 400 ex.
  5. Patrick fiori - "4 mots sur un piano" - 162 800 ex.
  6. Yannick Noah - "Aux Arbres Citoyens" - 139 300 ex.
  7. Fatal Bazooka feat Vitoo - "Mauvaise Foi Nocturne" - 135 400 ex.
  8. Mika - "Relax (Take it easy)" - 133 600 ex.
  9. Sherifa luna - "Quelque Part" - 124 400 ex.
  10. Fatal Bazooka - "Fous ta Cagoule"- 123 000 ex.

 

 

 

 

Je déteste ça mais les chiffres sont là et ils m'obligent à prendre la position du journaliste snob qui explique au public qu'il a de la merde dans les oreilles. Véritablement, grand public, es-tu content de toi quand tu lis ça ? Bon, on peut trouver une consolation dans le fait que Mika et Christophe Willem sont loin d'être les pires. Et on se félicite aussi de voir que ces chiffres sont finalement très faibles : pas un seul disque n'aurait apparement approché le million d'exemplaires vendus ! L'album le plus vendu n'a été acheté que par deux Français sur cent. C'est rien du tout. Ca ne veut rien dire. A deux pour cent en politique, on peut toujours se brosser pour se faire rembourser ses frais de campagnes. C'est moins que le pourcentage d'azote dans votre organisme. Deux pour cent c'est suffisamment négligeable en termes de sucre ou de graisse pour qu'un aliment se prétende "léger" et soit marketé au près des obésophobes.

 

J'étais embêté par l'idée d'avoir quelque chose à trouver de signifiant à ces tops. Les deux numéros 1 sont grands et maigres. Ils sont vaguement disco. Ils s'adressent à la fois aux bobos et aux gamines. Qu'est-ce que ça veut dire ? Rien. On s'en moque : le top 50 n'a plus le poids suffisant pour être réellement significatif.


Amy Winehouse rafle les Grammy Awards

Posté par LovelyRita le 11.02.08 à 18:11 | tags : youtube, news, pop, soul, music biz
Amy Winehouse n'était pas à la cérémonie des Grammy Awards qui a eu lieu dimanche soir à Los Angeles et pourtant elle était bien présente ! La chanteuse qui a séduit la terre entière de son "They’re tryin to make me go to rehab" est donc finalemet allée en rehab ("cure de désintox") et a remporté cinq récompenses lors des Grammy ...la plus grosse mise de la soirée !! Meilleur espoir féminin et meilleur titre entre autre avec "Rehab". Elle s'était vue refuser son visa d'entrée aux Etats-Unis, mais on lui a accordé une petite sortie qui lui a permis d'interpréter en direct et par satellite deux titres pour la cérémonie. A la suprise générale, parmi les 5 titres qu'elle a remporté, celui du meilleur album lui a été ravi par Herbie Hancock . Enfin l'autre gagnant de la soirée, c'est Kanye West qui a obtenu quatre récompenses dont celle du meilleur album de rap pour Graduation.

QTrax et le Peer To Peer légal : don't Believe The Hype

Posté par 2goldfish le 29.01.08 à 11:04 | tags : music biz, news

Le web et même les médias traditionnels en parlent comme d'une révolution. Alors que la pauvre industrie du disque si mal en point se réunit pour une luxueuse célébration de tout ce qui ne va pas dans le business à Cannes, les annonces fusent en tout sens (on notera d'ailleurs une attitude un tout petit peu mieux avisée des majors face à leur situation actuelle mais on reste bien dans le "trop peu, trop tard" qui prévaut depuis longtemps). L'annonce soit disant révolutionnaire qui fait de l'ombre à toutes les autres donc, c'est celle de Qtrax, inventeur du slogan P2P2A : Peer To Peer To Artist.

 

En clair il s'agirait du téléchargement légal financé par la pub qui nous est promis depuis belle lurette par SpiralFrog. Qtrax promet rien moins que 25 millions de titres, plus qu'iTunes, Amazon ou n'importe qui, grâce à des accords passés avec toutes les majors. Il suffirait en effet à Qtrax de tenir à jour une liste de titres, puisqu'en se basant sur la technologie du peer-to-peer Qtrax n'a pas à se soucier de problèmes d'hébergement, de bande passante ou de simplement trouver et numériser les enregistrements.

Le premier problème, c'est que les mp3 offerts seraient bourrés de DRM Microsoft, les rendant impossible à lire sur un iPod (entre autres lecteurs). Le second problème, c'est que la version beta qui devait être mise en service hier se fait toujours attendre. Le troisième problème, surtout, c'est que Warner, EMI et Universal ont nié avoir signé avec Qtrax comme ceux-ci l'ont annoncé et que Sony n'a encore rien confirmé.

Aujourd'hui pourtant, à la machine à café, votre collègue vous expliquera qu'il a entendu "je sais plus où" que le téléchargement de musique était devenu gratuit et légal, que "il sait plus trop comment" ça sera financé mais que ça y est, ce soir il se met à Napster.


Last FM : trois streams et tu sors

Posté par 2goldfish le 24.01.08 à 11:49 | tags : news, music biz, mp3, web 2.0

Last FM vient d'annoncer une nouvelle plutôt bonne qui suscite une réaction chez nous quelque part entre une excitation modérée et un baillement dubitatif. Comment devrions nous réagir, vraiment ? Difficile à dire. Au cours d'une conférence de presse mercredi, les dirigeants de Last FM et CBS (propriétaires de la web radio 2.0 depuis mai dernier) ont annoncé avoir signé des accords avec tous les plus gros labels et 150.000 indépendants pour développer une offre de streaming financée par la pub. En clair les morceaux dont vous ne pouvez pour l'instant entendre que des clips de 30 secondes seront bientôt écoutables en integralité à la demande... trois fois, après quoi on vous orientera gentillement vers Amazon, iTunes et consorts. Last FM propose déjà plusieurs millions de chansons et compte continuer d'en ajouter tant qu'il restera un morceau de musique qui leur échappera.

Un bandeau de pub ciblé (last FM en sait un paquet sur vous, rappelons-le) financera ces trois premiers streaming en redistribuant une part des revenus aux ayant-droits... du moins à quelqu'un, puisqu'on ne connait pas le contenu des accords passés, différents pour chaque label nous dit-on, et ce n'est pas comme si les majors du disque avaient l'habitude de rémunérer équitablement leurs artistes, en particulier dès qu'il s'agit des revenus du numérique. Et puis Last FM lance cette annonce après que Deezer et Imeem aient fait à peu près la même et que SpiralFrog perd des sommes astronomiques en streamant du Universal qui devrait être payé par la pub depuis longtemps déjà. En tout cas, ça montre un changement d'attitude de la part des majors qui ont abandonné le vieux réflexe de taper à gros coup d'avocat sur tout ce qui bouge sur le net. Reste à voir si Last FM parviendra à tirer suffisamment d'argent de la pub pour satisfaire leur appétit ou si les majors vont juste sucer le sang de Last FM avant de l'abandonner dans le caniveau.

D'un autre côté un artiste sans label pourrait tout aussi bien profiter du streaming de ses titres directement, comme Rien, par exemple, excellent groupe français qui marche plutôt bien sur Last FM ou encore nos chers Ask the dust qui vont peut-être enfin être contents que je les ai poussé à s'inscrire. Les modalités de rémunération sont encore inconnues pour l'instant.

D'un autre côté encore, il n'y aurait selon Wired pas besoin d'être inscrit sur le site pour profiter du streaming, le décompte des trois streams seraient donc logé dans vos cookies et il suffirait de les effacer (ctrl+shift+suppr sous firefox) pour remettre le compteur à zéro et réécouter les chansons autant que vous voulez. Mais ça serait de la triche, évidemment.

 


Rapport Olivennes : la tôlée de la "réponse graduée"

Posté par 2goldfish le 24.11.07 à 16:30 | tags : news, music biz, dadvsi

En PDF : télécharger le texte du rapport Olivennes.

Avant de parler du contenu (et surtout du vide) du rapport remis par la mission Olivennes à notre über-Président, je voudrais vous faire un petit rappel des principes du libéralisme économique de base : les producteurs d'un côté et les consommateurs de l'autre se rencontrent sur un marché et discutent ensemble des modalités de l'échange (traditionellement ça donnait : "OK, j'te prends ton album de Linkin Park plein de fillers si ça me revient moins cher que trois CD singles avec les seules chansons qui m'intéressent"), l'Etat n'intervenant qu'un minimum pour empêcher les gens de se taper dessus. Nicolas Sarkozy a commandé un rapport sur la lutte contre le téléchargement illégal à Denis Olivennes, patron de la FNAC, et a décidé d'adopter les mesures qu'il propose en accord avec les maisons de disques, les fournisseurs d'accès internet et la SACEM. Hmmm, c'est moi ou on a oublié de demander l'avis de quelqu'un dans cette histoire ? Le consommateur, bien sûr ! Ah, et les artistes aussi, tout du moins une bonne part d'entre eux qui ne se sent pas vraiment représentée par la SACEM.

 

Le rapport lui-même a été rendu public ce matin mais la principale mesure était connue : la création d'une "haute autorité" qui inspectera les transferts de données des plus gros utilisateurs de bande passante à la recherche de téléchargements illégaux auquel cas viendra une "réponse graduée" (vous savez, comme celle que le conseil constitutionnel a virée du DADVSI) allant d'un simple avertissement à la résiliation de votre abonnement internet. Non seulement c'est donner à une administration le pouvoir d'un juge (le conseil constitutionnel risque de sourciller) mais ces mesures s'ajoutent aux précédentes ce qui pourrait donner des situations ubuesques où, si vous êtes pris en flagrant délit de téléchargement, on vous condamnera à trois ans de prison, trois cent mille euros d'amendes ET on vous enverra un mail d'avertissement pour vous dire que si vous recommencez, votre connection pourrait être suspendue. C'est disuasif, faut le reconnaître.

Répression sans contrepartie

 

En "échange" de cette inefficace mesurette (les logiciels de peer-to-peer se mettent au cryptage et comme d'habitude, ce sont les petits poissons, ceux qui ne sont au courant de rien et téléchargent avec des logiciels démodés qui risquent d'être victme des sanctions) la commission a parlé à nouveau d'interopérabilité parce que ça fait bien dans le reportage de France 3 (mais personne ne s'engage réellement à rien, bien sûr) et obtenu un seul engagement concret : les films seront disponibles en DVD et VOD six mois après leur sortie en salle. Ca reste beaucoup quand on sait qu'ils restent en moyenne trois semaines à l'affiche et surtout ça ne fait qu'un mois et demi de moins qu'avant. A côté de ça, rien sur la baisse des prix du numérique ou une hausse de la qualité, aucune mesure pour la rénumération des artistes... bref, rien pour encourager le téléchargement légal. Evidemment : Mr Olivennes est PDG de la FNAC, pas d'iTunes.

 

Ces propositions de la mission, qui devraient être directement incorporées dans une proposition de loi au printemps prochain, n'apportent finalement pas grand chose de nouveau. La loi DADVSI prévoyait en effet qu'une évaluation de son efficacité soit faite un an après le début de son application. L'évaluation n'a jamais été faite. On pourrait croire qu'une nouvelle loi sur le sujet serait une sorte d'aveu d'échec... sauf qu'elle continue exactement dans la même direction.

Alors, en attendant le printemps vous pouvez y aller, lancer des pétitions, écrire à votre député, manifester même... mais rassurez-vous, on ne vous écoutera pas.


Moins d'artistes, plus de profits

Posté par 2goldfish le 22.11.07 à 11:00 | tags : music biz, à lire, radio, news

Mardi dernier les patrons de toutes les grosses radios privées françaises ont tenu une conférence de presse pour expliquer leur opposition à l'augmentation des barêmes des rémunérations qu'elles versent aux artistes et producteurs de musique. Cette augmentation décidée par une commission paritaire présidée par un représentant de la Cour des Comptes serait une sorte de compensation accordée à une industrie du disque en crise. Les représentants de cette dernière rappellent eux que les radios françaises paient beaucoup moins que leurs voisines européennes et qu'elles sont pleines de frics. Les radios elles disent que ces augmentations sont scandaleuses et risquent de gravement gréver leurs maigres profit.

 

Les patrons des radios ont déclaré que cette augmentation des tarifs les pousserait à diffuser moins de musique. Axel Duroux de RTL a menacé de remplacer l'émission musicale de la nuit de George Lang par des rediffusions des Grosses Têtes. Pierre Bélanger, patron de Skyrock, déclare : "Les radios portent le risque, la diversité et la découverte. Vouloir les taxer est donc ahurissant et sucidaire". Là on commence à rigoler. Il suffit d'écouter un petit peu ces radios pour savoir que leur direction se fout bien de nous faire découvrir de la musique. Les mêmes morceaux des mêmes artistes sont diffusés en rotation ultra-lourde sur toutes les plus grosses radios et il y a fort à parier qu'une réduction du temps d'antenne consacré à la musique ne se traduirait pas par moins du dernier Pascal Obispo mais plutôt encore moins d'artistes et de morceaux différents. Le pire ? C'est peut-être bien ce que les maisons de disque souhaitent.

 

C'est ce qu'on apprend en tout cas à la lecture de cet article du New York Times sur les nouveaux "contrats 360" proposés aux artistes. 360 non pas comme dans "cinq jours de congés par ans, coco" (encore que...) mais "360 degrés" ou "vous êtes cernés". Ces contrats impliquent les maisons de disques dans l'organisation et les revenus non plus seulement des enregistrements d'un artiste mais aussi des concerts et des produits dérivés. En échange l'artiste reçoit un peu plus de royalties et la promesse d'être considéré comme un investissement à long terme qu'on aidera à acquérir une audience fidèle plutôt que comme une machine à produire des tubes qu'on abandonnera au premier raté. Cette promesse, évidemment, ne vaut que ce que la patience des actionnaires permettra et ces contrats sont avant tout une tentative désespérée des majors d'aller chercher le fric des artistes là où il est maintenant (c'est à dire hors des studios).

 

Ces contrats ont deux conséquences négatives prévisibles. La première c'est que les maisons de disques, puisqu'elles investiront plus dans chaque artiste, devront nécessairement réduire le nombre d'artistes signés. Je veux dire : les réduire encore plus qu'elle ne l'ont déjà fait ces dernières années. La seconde, c'est qu'elles pourraient mettre en oeuvre un système de bakchich similaire à celui qui leur permet de vérrouiller l'accès aux radios FM pour vérrouiller de même l'accès aux salles de concerts (comme si la situation n'était pas déjà suffisamment sombre comme ça).

On ne pourra en tout cas plus dire que la seule réaction des majors aux nouvelles technologies, c'est de faire des procès à ses clients. Youpi.


Saul Williams lâche Niggy Tardust

Posté par 2goldfish le 06.11.07 à 08:47 | tags : music biz, mp3, hip hop, rock

Trent Reznor avait été le premier à annoncer son intention d'imiter Radiohead et de publier les prochains albums de Nine Inch Nails directement sur le site du groupe. Ma première pensée fut : "super, on aura un autre album vendu à la In Rainbows en 2012, alors". On n'aura peut-être pas de nouveau NIN avant ça, mais à peine quelque jours après, était annoncée la sortie de The Inevitable Rise & Liberation Of Niggy Tardust, nouvel album de Saul Williams sur lequel Reznor aurait, nous a-t-on dit, beaucoup, beaucoup bossé.

Depuis Halloween l'album est disponible au téléchargement sur Niggytardust.com et nulle part ailleurs (a priori, il n'y aura pas de sortie "classique" comme pour In Rainbows). Vous pouvez choisir de payer cinq dollars (soit 3,45 euros à l'heure où je vous parle. Une misère, quoi.) pour le télécharger soit en mp3 d'une qualité supérieure à ceux de Radiohead soit en FLAC (fichiers compressés de qualité CD) ou bien choisir de ne rien payer et n'avoir "que" le choix des mp3. Dans les deux cas vous aurez aussi un PDF contenant l'artwork de l'album. La démarche semble un peu mieux pensée que celle de Radiohead (qui essuyait les plâtres, évidemment).

 

 

Ce qui saute aux oreilles à la première écoute, c'est le degré d'implication de Reznor. Il chante sur de nombreux morceaux, des guitares estampillées NIN s'entendent presque sur tout l'album, ainsi que des nappes de synthés et même quelques samples de vieux morceaux de The Fragile. Passé le choc de la première écoute on se rend compte que Williams a bien du faire quelques trucs sur son album mais le fait est que Niggy Tardust sonne comme du NIN jusque dans l'allusion à Bowie de son titre. La bonne nouvelle c'est que le résultat est beaucoup plus satisfaisant que Year Zero ou presque tous les disques que Reznor a jamais touché. Celui-ci n'a jamais réussi à dépasser les obsessions masochistes de ses débuts alors que depuis sa transformation en rock star en 1994, elles avaient de moins en moins d'objet. Sur son dernier album il en était à inventer un futur cyberpunk pour y trouver l'oppression qui lui manquait. En s'associant à Williams, il s'associe à des siècles de persécutions des noirs américain. Tant de souffrance semble lui avoir donné des ailes et Niggy Tardust est une merveille sonore. L'espace dans ces morceaux est utilisé avec un talent à faire rougir Philippe Demougeot et la richesse des textures employées ferait ramer une Playstation 3.

Saul Williams n'est ni un très bon chanteur, ni un très bon rappeur mais avec l'assistance de Reznor au chant, il est enfin parvenu à faire rentrer ses slams dans un contexte musical en alternant les trois disciplines (quatre même, si on compte le peu de beatbowing qu'il pratique en plus du slam, du rap et du chant). On a toujours l'impression qu'il nous frappe la tête de ses mots mais il ne le fait que par doses suffisament réduites pour être digestes. Williams se pose en sauveur des âmes des jeunes noirs américains. Il pourrait être une caricature de "rappeur conscient" et il est certainement suffisamment paternaliste pour ça mais sa maîtrise du langage est telle qu'on accepterait n'importe quoi de sa part. Avec mes habitudes de radin, j'ai téléchargé l'album gratuitement. Deux jours après, j'ai téléchargés les FLAC pour cinq dollars et, si on m'avait demandé mon avis, j'aurais donné plus.

Saul Williams - Niggy Tardust (nov 2007)


Naosol & Spidart : quand l'internaute devient producteur

Posté par fluctuat.net le 02.11.07 à 14:26 | tags : dailymotion, music biz
L'industrie du disque est en crise. Les concerts cartonnent et les sonneries pour téléphone portable rapportent des fortunes aux majors, mais celles-ci se disent sans le sou, et plus capables de financer les jeunes talents sur le dos des têtes d'affiches, surtout quand elles se font la malle comme Madonna ou Radiohead. Plus besoin de maison de disques, semblent prouver Thom Yorke et le dernier album du groupe distribué en ligne, au prix fixé par l'internaute. Mais Radiohead ne peut se permettre un coup pareil que grâce à une phénoménale notoriété.
Le marché se transforme, et les modèles de demain sont encore à dessiner. C'est dans ce flou artistique que Spidart vient de naître : premier label français à impliquer le public dans le financement de la production et à l'intéresser aux gains. Inspiré du site allemand SellaBand, Spidart se veut révélateur de talents et accélérateur de carrières.
L’artiste se présente sur le site, et l'internaute peut prendre des parts de production (10€ la part). Quand 50000€ sont réunis, un album est produit. Et s'il se vend bien, les gains sont partagés ainsi : 35 % pour l’artiste, 35% pour les internautes coproducteurs et 30 % pour Spidart.
Plus d'une vingtaine d'artistes sont déjà présentés. En tête des participations, Naosol, un jeune chanteur/guitariste qui a déjà acquis une petite notoriété sur Dailymotion. Avec plus d'une centaine de reprises devant sa webcam, un passage télé et beaucoup d'amis en ligne, son premier album sortira peut-être bientôt, grâce à des milliers de cyber-producteurs.

Naosol & PvNova - What is love? (Haddaway)
Merci à Jordan pour cette proposition

Oink ne grouinera plus

Posté par 2goldfish le 24.10.07 à 11:55 | tags : music biz, mp3, news, cimetière

C'était l'un des... que dis-je, LE meilleur site au monde pour découvrir de la musique, que ce soit des nouveautés en avant première ou des vieux disques oubliés de tous (en particulier des maisons de disques), Oink.cd vient d'être fermé suite à une plainte déposée par l'IFPI et le BPI contre son webmaster, un britannique de 24 ans et le site est maintenant remplacé par une page menaçante qui parle d'une improbable enquête menée sur les anciens utilisateurs. Oink était un site de partage un peu exclusif, auquel on n'accédait que sur invitation et qui avait une politique très sévère avec ceux qui prenaient plus qu'ils rendaient. Du coup, quand on avait finalement réussi à y rentrer, on s'assurait de ne pas se faire virer et tous les autres en faisant autant, la fiabilité, la richesse et la qualité du contenu était sans équivalent sur le net. Sans parler du fait qu'on trouvait toujours les albums sur Oink un peu avant partout ailleurs.

Oink faisait partie de ces sites sans lesquels un tas d'artistes "alternatifs" ou "indépendants" d'Arcade Fire à MIA en seraient encore à tenter de rameuter trois amis sur myspace et sans lesquels tout un tas de mp3blogs n'auraient rien à poster et personne ne lirait des sites comme Pitchfork, la Blogothèque ou celui-ci qui parlent de beaucoup trop de musique différente pour que vous l'achetiez tous. Evidemment, Oink opérait dans l'illégalité la plus totale et nous connaissions tous la règle du jeu. Sa fermeture n'est pas véritablement une surprise et les amateurs de musique trouveront de toute façon bientôt un nouvel endroit où se réunir et partager.

Il paraît, d'ailleurs, que les majors sont très en colère après leurs chasseurs de pirates car ceux ci resteraient inefficaces face à ce bon vieux Soulseek.


In Rainbows : premier bilan

Posté par 2goldfish le 15.10.07 à 15:37 | tags : news, rock, pop, electro, music biz
La semaine dernière Fabrice nous avait donné ses impressions à chaud du dernier album de Radiohead (lire le track by track de In Rainbows), aujourd'hui 2goldfish revient sur les répercussions de la sortie de cet album dans l'industrie musicale.

 

au fait, ça c'est la pochette de In RainbowsRadiohead vient à peine de faire son annonce et il est déjà temps de s'intéresser aux répercussions. On parle d'1,2 millions d'albums vendus sur Gigwise, rien d'étonnant à en juger par le niveau de surcharge du site (je n'ai jamais reçu mon code d'authentification et je n'ai pas réussi à accéder au site. J'ai fini par aller télécharger le disque ailleurs par les toujours fiables "méthodes alternatives"). Une étude menée sur trois mille acheteurs révèle que le prix moyen payé serait de quatre livres, avec cependant un tiers des acheteurs qui ont choisi la gratuité. On peut supposer qu'un certain nombre d'entre eux voulait entendre avant de payer, ou bien trouvait comme moi ridicule l'encodage en 160 kbps des mp3 (so nineties) ou bien encore qu'ils gardent leurs sous pour le CD.

Sur son site un fabricant de badges déclare avoir payé le disque mille dollars, histoire de se faire un peu de pub pas chère pour montrer combien vaut la musique pour lui. Si on lit entre les lignes d'une déclaration de Johnny Greenwood, le groupe n'entendait en fait pas secouer autant les choses, mais plutôt frapper préventivement contre le leaking de l'album en attendant la sortie du CD via l'une des quatres majors avec lesquelles le groupe serait en pourparler actuellement. Tant pis pour les fans qui ont mis dix livres dans le téléchargement avant d'en connaître la qualité et de savoir que sortira l'an prochain un CD, vraisemblablement enrichi de bonus tracks.

On aura aussi vu dans la semaine passée énoncer une liste d'artistes qui auraient décidé de suivre l'exemple de Radiohead. Il paraît prématuré de prendre une telle décision et dans les faits seul Trent Reznor de Nine Inch Nails a véritablement annoncé vouloir suivre l'exemple de Radiohead, une décision qu'il murissait certainement depuis longtemps. Le nom d'Oasis a été balancé à tort et à travers : actuellement sans maison de disque le groupe a effectivement mis en vente un single sur itunes sans passer par un intermédiaire mais ce ne serait qu'exceptionnel, un nouveau deal avec une major ne saurait tarder. On a parlé de Jamiroquai et des Charlatans, deux groupes qui n'ont encore rien déclaré mais qui de toute façon ont leur avenir financier sur scène et pas en studio et pour qui effectivement une maison de disque ne servirait peut-être plus tant que ça. A moins que nous n'ayons à faire à une manoeuvre pour faire monter les enchères lors du renouvellement des contrats de ces artistes.

Madonna a fait beaucoup de bruit mais si son mouvement est intéressant, il n'a rien à voir avec celui de Radiohead. Elle a en effet signé un deal avec LiveNation, le pendant "concerts" de Clear Channel (le géant de la radio qui vous veut du mal). Madonna court-circuite les maisons de disques pour ne plus travailler qu'avec son promoteur pour les concerts ET les disques. La nouvelle est au moins aussi mauvaise pour les majors que si elle avait imité Radiohead mais Madonna n'a pas du tout choisi l'indépendance.

Le moins que l'on puisse dire en tout cas c'est que l'avenir est sombre pour les maisons de disque. Si le succès du téléchargement d'In Rainbows est au rendez-vous, il est presque inévitable que d'autres groupes iront plus loin que Radiohead et abandonneront réellement les maisons de disque. Radiohead pourrait même changer d'avis. Si on consièdre les choses de leur point de vue, des artistes dans lesquels elles ont beaucoup investit et qu'elles ont rendu très riches les quittent pour profiter seuls des fruits d'un travail commun. Comment financeront-elles les futurs Radiohead ? On verra bien. En attendant, on peut jeter un oeil à cette liste récapitulative des modèles émergeants.


Radiohead : In rainbows track by track

Posté par Easywriter le 10.10.07 à 12:32 | tags : rock, uk, news, mp3, web, music biz

NB Easywriter : Fabrice Colin a téléchargé (légalement) le dernier Radiohead, il nous fait part de ses impressions, track by track :

 

15 step : ballade orientalisante assez surprenante. Commence comme un morceau électro-world avant qu'une guitare électrique très douce, surgie à 00:41, ne souligne la progression de l'ensemble. Puis des cymbales. Puis des synthés, extraterrestres un peu 80's, et des cris joyeux d'enfants. Magnifique.

 

Bodysnatchers : le 2+2=5 de l'album : un morceau très enlevé, toutes guitares dehors. Très rugeux dès le départ et procédant, comme beaucoup de titres, par accumulations successives entrecoupées de brèves et trompeuses accalmies. La fin, hystérique, prouve si besoin était que le groupe n'a rien perdu de son mordant (putain, voilà que j'écris comme un journaliste de Marie-Claire).

 

Nude : assez différente de la version entendue en live ; penser à Morning bell sur Amnesiac mais avec moins d'emphase. Un clip possible : une centrale nucléaire abandonnée en plan fixe. L'un des plus beaux morceaux jamais enregistrés par le groupe - de la trempe d'un Morning bell, justement, ou d'un No surprises.

 

Weird fishes / Arpeggi : encore un morceau souvent joué sur scène. Rapide, contemplatif. Le titre ne prend toute sa dimension quà 03:03, quand il s'enfonce dans des territoires souterrains, suffocants avant que, quarante secondes plus tard, la batterie ne re-émerge, accompagnée de plaintes séraphiques.

 

All I need : entrée de cordes crépusculaires pour une ballade gothique plombée de basses marécageuses. Un saurien, donc, magnifié par une orchestration inventive, et qui se termine en apothéose.

 

House of cards : parfois entendu en concert aussi ; un titre étrangement lumineux, avec une voix toute de reverbérations éthérées et une fin somptueuse. Encore des influences black, subtiles et joyeuses.

 

Faust arp : morceau d'une glaciale élégance, une voix plus une guitare sèche. Force est de reconnaître que le groupe aurait été incapable d'enregistrer une telle merveille il y a dix ans. Sidérant.

 

Reckoner : aurait eu sa place sur Kid A ou, plus sûrement, sur Amnesiac. Rythmique sautillante, voix aigüe, mode mineur. Et puis à 2mn25 le morceau s'arrête et se mue en une complainte angélique, gospel nappé de cordes - qui rappelle la fin de Paranoid Android - avant de retrouver sa route quasi funk.

 

Jiggsaw falling into place : Thom chante beaucoup moins haut. Encore un morceau rapide déployé en spirales, volutes & guitares sèches.

 

Videotape : déjà un classique, déjà entendu mille fois - ici, un piano, des choeurs obsédants, quelques filets de synthé, et une boîte à rythme trébuchante. Un morceau d'une mélancolie assez aveuglante.

 

Verdict : Au final ce qui frappe sur In rainbows, c'est d'abord une impression d'absolue cohérence (cohérence issue d'une sélection de titres méticuleuse & restreinte, nécessairement drastique et qui, d'une façon ou d'une autre, faisait défaut aux trois albums précédents), impression qui poussait déjà les fans hardcore du groupe à comparer In rainbows à OK Computer dix jours avant sa sortie.
Deuxième chose : la légerté de l'ensemble, l'aisance mélodique pleinement retrouvée, la rythmique en retrait, souvent jazzy, et l'allant naturel des morceaux (pour six d'entre eux au moins), leur enthousiasme, leur naturel bondissant. Il est évidemment un peu tôt pour dire si In rainbows se hisse à la hauteur de OK Computer : disons qu'il y ressemble, dix ans après - dans une version plus décomplexée et peut-être moins pesante, largement compensée par la noirceur apocalyptique des lyrics.


Amazon vend du mp3

Posté par 2goldfish le 03.10.07 à 15:06 | tags : web, mp3, news, ipod, music biz

Sans trompette, fanfare ou ne serait-ce qu'une grande conférence de presse internationale au sommet d'un volcan avec un robot Michael Jackson géant, la patrouille de France et un concert privé de Liberace comme d'autres l'auraient fait, Amazon a lancé son "iTunes killer" (aux USA seulement pour l'instant). Certes, il semble qu'on annonce l'ouverture d'un nouveau site de téléchargement de musique légal toutes les semaines paires (les semaines impaires, on annonce les fermetures) mais ce qui qui fait toute la différence de celui d'Amazon, c'est d'avoir quelques chances de succès.

Amazon a en effet l'avantage de disposer d'une large clientèle pré-établie, d'un prix de base de 89 cents la chanson et 8,99 dollars l'album simple (soit un cent/un dollar de moins que chez Apple), sans DRM ni watermark (ou presque) et les mp3 sont encodés en 256kbps, ce qui n'est pas mal du tout. Le catalogue est encore relativement limité (des majors, seul EMI propose tout son catalogue) mais risque vite de s'étoffer selon la rumeur.

Le seul hic, en fait, c'est que le "prix de base" ne s'applique pas à tous les morceaux : la plupart des nouveautés sont à 99 cents et le prix des albums va de 5 à 10 dollars. Contrairement à iTunes, Amazon accepte de varier ses prix. Tous reste abordable pour l'instant mais il va bien falloir convaincre les autres majors de venir et, si celles ci réclament à Steve Jobs la possibilité de varier les prix depuis des années, ça n'est pas que pour vendre moins cher.




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