C’est sur un label disco, Private Stock, que signe, en 1976, l’un des groupes historiques du CBGB. Pourtant, Blondie n’enregistrera son premier tube disco,
Heart of Glass, que deux ans plus tard, une fois chez Chrysalis. Entre temps, le groupe se sera fait plus qu’une réputation sur la scène new wave.
Tout commence à New York, au début des années 70, quand
Debby Harry y pose ses valises pour conquérir la ville. Cela prendra un peu plus de temps que prévu. Elle sera tour à tour « Bunny » dans un club Playboy, serveuse au Max’s Kansas City, chanteuse folk, et sex symbol du groupe de reprises, The Stilettos (les talons aiguilles). C’est au cours de cette dernière expérience qu’elle rencontre l’amour et Chris Stein. Le couple ne tarde pas à monter Blondie et à écrire un répertoire fortement influencé par les sixties. Ils forment un duo de songwriters brillants, tout en étant les co-leaders d’un vrai groupe qui voit défiler des personnalités fortes : Jimmy Destri, Gary valentine et Clem Burke (que Dave Stewart récupérera quand il tentera de faire de
Eurythmics un groupe de rock – on en rit encore dans les garages de Detroit !).
Le premier album, sorti fin 76, vend suffisamment pour être remarqué par Chrysalis qui rachète leur contrat à Private Stock.
Plastic Letters sort donc en 77, contenant le tube Denis - une reprise, certes, mais qui assoit la réputation du groupe. Mais c’est avec Parallel Lines que l’on passe aux choses sérieuses, en termes de vente. Cette fois, Blondie joue dans une autre catégorie. Le single
Heart of Glass, ouvertement disco, est numéro 1 aux USA et en Grande-Bretagne.
La focalisation des médias sur le personnage de Debbie Harry, la « bombe platine », semble toutefois commencer à entraîner quelques tensions, au sein du groupe. Quand sort
Eat to the Beat, en 79, le groupe est rongé par les dissensions internes. A tort ou a raison, les musiciens se sentent considérés comme les « accompagnateurs » de Miss Debbie Harry et… ils n’aiment pas ça du tout !
Autoamerican, qui sort en 80, est encore tout à fait écoutable, quoique ressemblant à un catalogue de tous les styles musicaux du moment : rock, reggae, disco, rap, etc. Un bel exercice de style, quoiqu’on en ait dit à l’époque.
En revanche, le dernier album du groupe (avant la réformation de 98) est plus embarrassant. Déjà, cette pochette (Debbie avec une coiffure de « lionne » et une robe en léopard) !… La musique est à l’avenant. Un triste cocktail de l’air du temps. Du bon - et du gros - son mais des chansons peu inspirées. Où sont passées la grâce et la légèreté des premiers jours ? L’histoire de blondie s’achève donc tristement, en 1982, avec cet album qui ne vit le jour que pour honorer un contrat.
Une reformation inattendue (avec tournée et album), à la fin des années 90, ne tint pas ses promesses. On aimerait parfois rester sur un bon souvenir… et l’on tenta de fermer les yeux sur cette tentative de recréer une magie disparue vingt ans plus tôt. On ne resta pas sourd, en revanche, aux rumeurs qui circulèrent sur l’ambiance au sein du groupe. Cette fois, les choses étaient claires, il y avait bien deux patrons, Debbie et Chris, et des employés, payés pour faire le boulot quand on avait besoin d’eux et se taire le reste du temps.
Dommage de se quitter sur cette note désagréable, Debbie…