Si tout le monde se souvient des tubes planétaires
"Do You Really Want to Hurt Me ?" et
"Karma Chamaleon" interprétés par Boy George, peu en revanche ont en mémoire la carrière solo, dispensable et qui a suivi l’aventure
Culture Club, du chanteur, dont le look androgyne est aujourd’hui passé à la postérité.
Boy George – ou George Alan O’Dowd à la vie civile – doit son entrée dans le monde de la musique à Malcolm Maclaren, le supposé fameux pygmalion des
Sex Pistols, qui le repéra au début des années 1980 et qui a l’idée de l’associer à ses nouveaux protégés, le groupe Bow Wow Wow. La collaboration tourne toutefois court et permet à Boy George de fonder son propre groupe, Culture Club. Entouré du bassiste Mikey Craig, du batteur Jon Moss et du guitariste Roy Hay, Boy George va bénéficier d’un succès foudroyant amorcé par le hit générationnel
"Do You Really Want to Hurt Me ?", dont le clip – qui fera le bonheur de MTV – présenta à la face du monde ce personnage atypique, freak qui s’assume pleinement, phénomène socioculturel qui dépassera le simple cadre musical.
Avec une poignée de tubes pop et romantiques, Culture Club fera partie intégrante de la Second British Invasion qui verra, durant les 80’s, une ribambelle de formations anglaises, à l’instar de
Duran Duran ou
Depeche Mode, déferler sur les charts américains. Cette notoriété soudaine n’épargne toutefois pas Boy George, qui va développer durant ces folles années une forte dépendance à l’héroïne, et qui, en 1986, a raison du groupe, officiellement séparé. Cette addiction, qui causera ses multiples incartades futures avec la justice et contre laquelle il luttera une majeure partie de sa vie, ne l’empêche cependant pas d’enregistrer en 1987 son premier album solo, Sold, dont le succès britannique lui permet de sortir un temps sa tête hors de l’eau ; il marque aussi la fin du rêve américain pour Boy George, qui ne sera jamais plus capable de renouer avec le succès outre-Atlantique,
Tense Nervous Headhache (1988) et
Boyfriend (1989), ses deuxième et troisième opus, n’y ayant même pas trouvé de distributeur.
Boy George, motivé par ses rapports tendus avec sa maison de disque, créera en 1989 son propre label More Protein, sur lequel il sortira notamment
"Bow Down Sister" (qu’il attribue à son nouveau groupe, Jesus Loves You), morceau écrit suite à un voyage initiatique en Inde. Les années 1990 et 2000 – bien que remplies de quelques hits, tel
"The Crying Game" en 1992, produit par les
Pet Shop Boys – marquent le déclin semble-t-il définitif de l’ancienne gloire anglaise, chacune de ses nouvelles parutions se soldant par un échec commercial, désormais réduit au rôle de bête de foire et qui ne doit ces quelques couvertures publiques qu’à la presse people.
Icône pop des 80’s, Boy George aura surtout incarné aux yeux du monde entier une certaine
gay pride, symbole d’une décennie qui a vue nombre de tabous concernant l’homosexualité tomber un à un.