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En sortant de l'enregistrement de God Only Knows, Wilson a l'intuition, alors que les Beatles lancent l'impeccable Rubber Soul, que le futur de la pop passera par l'extension du travail de fourmi qui l'avait amené à « gérer » plus de 60 pistes (sans ProTool évidemment) sur certains titres au fil d'un album entier. SMILE devient pour Wilson le moyen d'introduire l'idée du concept album, d'une part, idée reprise ensuite sur le Sergent Pepper des Beatles, le Tommy des Who, ou le Soft Bulletin des Flaming Lips, et d'autre part, d'inventer, dans une certaine mesure, le travail multipistes qu'on retrouve aujourd'hui partout, de Radiohead aux... Link Up.
Le barre est placée immédiatement très haut (trop haut) quand émerge le premier titre de SMILE : le single Good Vibrations. On découvre alors que le travail de Wilson est extraordinaire et éminemment complexe. Plus de soixante mouvements sont composés pour couvrir une même section sonore. Wilson et son parolier Van Dyke Parks (20 ans au compteur contre 24 à Wilson) assemblent les morceaux à l'oreille au cours de sessions dont ils ne verront jamais la fin. L'année 1966 est passée en studio. Mc Cartney vient espionner le duo, jouant de la courge et de la carotte (il frappe des légumes les uns contre les autres sur Vegetables, l'un des 17 titres de Smile !), avant de retourner en studio avec Lennon et de doubler les Américains sur tous les tableaux autour d'une même idée directrice avec Sergent Pepper. En mai 1967, puis en juin, Wilson et Van Dyke Parks sont toujours au boulot.

Smile est mort avant d'être né. La légende naît d'un album avorté qui aurait pu changer la donne de la pop. Peut-être. L'un des plus grands génies de la musique du XXème siècle, dixit Léonard Bernstein, s'enfonce dans les ténèbres. Il n'en ressortira, malgré quelques tentatives solo, qu'en 2000 pour un Pet Sounds Tour incroyable qui le voit reprendre en intégralité, sur scène, les titres du chef d'œuvre. En mai 2003, Wilson annonce son intention de jouer Smile sur scène, complété, et dans une version jamais entendue. Personne n'ose y croire. Et pourtant... (lire le compte rendu du concert).
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