Cassadaga de Bright Eyes



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Apprendre à aimer Conor Oberst



Derrière ce projet se cache les yeux brillants de Conor Oberst, sorte de sex symbol pour prépubère en mal d’idoles indés comprenant sa douleur profonde. Bref, c’est le genre de types agaçants qui font de la musique pour avoir un max de minettes à déflorer. Et le pire c’est qu’il est doué, le sagouin.

Ultra-productif, il compose aussi bien de l’électro-pop chiadée que de la folk lo-fi ou du rock rentre-dedans. Avec toujours une particularité qui fait de lui une vraie tête à claques, un frémissement dans la voix qui la rend aussi reconnaissable que celle de Francis Cabrel. Sauf que l’américain est visiblement féru de bonne musique même s'il a une facheuse tendance à opter pour des choix artistiques discutables.

Même s’il n'oeuvre pas dans le nu-folk à proprement parler, il s’efforce de faire de son parcours celui d’un folkeux typique du 21ème siècle, et enregistre ses morceaux les plus intimistes dans des conditions déplorables sur 4 pistes K7, histoire de se donner cet air écorché, triste et romantique qui fait suer les mini-gothiques.

Bref, le gars fiche les abeilles à pas mal d’esthètes du rock et c’est bien dommage. Car c’est en vérité un compositeur dans la plus pure tradition du folk américain qui ne dénoterait pas (si ce n’était de son vibreur coincé en permanence au travers de la gorge) aux côtés de L.Cohen ou de Daniel Johnston. C’est en les écoutant qu’il s’est constitué son éducation musicale et cela cette qualité s’entend sur Cassadaga. Et en plus, il nous fait la bonne surprise de mettre le holà sur ses exaspérantes poussées chevrotantes.

Les instrumentations ambitieuses font penser à celles de Randy Newman, avec hautbois, orgue Hammond et bien sûr l’incontournable violon yankee. L’ambiance lorgne donc plus sur les ranchs texans que sur les cahiers intimes d’écolières et l’on se sent vite immergé dans la cave d’un bar avec les yeux du batteur contemplant les grosses planches de vieux bois pendant qu’il fait glisser mécaniquement ses balais sur les charleys. On obtient donc un bon vieux disque d’americana pas original pour deux sous mais bien sympathique tout de même.

Maxence Grugier Le 01 January 2009
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