Buried at Sea a développé durant sa courte période d’existence un style proprement unique, faisant de l’écoute de leurs deux seuls disques une expérience déroutante tant ce doom apocalyptique ne ressemble à rien de connu.
Le groupe se forme au début des années 2000 à Chicago. Le guitariste Sanford Parker vient alors de quitter sa Floride natale, où il s’était illustré à travers de nombreux groupes punk de l’underground. Peu de temps après son déménagement en ville, il y rencontre Jason Depew (guitare) et Bill Daniel (batterie), tous deux fans comme lui des Skinny Puppy, Swans et de
Hawkwind ; il collabore avec le premier sur quelques projets vite avortés, tandis que le deuxième fait partie des Wicker Man, groupe avec lequel Parker entretient d’ailleurs de bonnes relations. La dissolution de la formation et l’arrivée à Chicago de Brian Sowell, bassiste avec lequel Sanford Parker a travaillé à de nombreuses reprises en Floride, se produisent dans une simultanéité confondante. La naissance de Buried at Sea arrive donc, pour ainsi dire, presque naturellement.
En 2003 sort
Migration, premier album monstrueux aux tonalités mortifères, cultivant pendant un peu moins de 40 minutes une ambiance des plus lugubres et désespérée. L’impact du disque sur le monde doom est assez considérable, les spécialistes du genre constatant qu’un nombre certain d’albums de doom qui ont suivis la parution de Migration avait largement puisé dans la sève noire de ce diamant sorti tout droit des catacombes. Malgré ce succès d’estime, des rumeurs courent déjà sur un éventuel split, sans toutefois qu’aucune d’elle ne se concrétise. Bon an mal an, un deuxième opus voit le jour 4 ans plus tard, intitulé
Ghost : composé d’un seul morceau de 30 minutes, cette œuvre dépressive sera toutefois l’acte final de Buried at Sea, qui officialise la séparation du groupe peu après la sortie de
Ghost.