Si je ne devais choisir qu'un seul interprète, ce serait Dionne [Warwick]. (BlogCritics, novembre 2005) ”
Figure incontournable de la pop-music américaine des 60’s, Burt Bacharach est sans conteste un des grands compositeurs de la deuxième moitié du XXe siècle, auteur de plusieurs mélodies dont la popularité ne s’est pas démentie depuis maintenant une cinquantaine d’années, tant chez le grand public que chez les critiques musicaux et spécialistes en tout genre.
Classicisme et rencontre fortunée
L’amour de Bacharach pour la musique s’est éveillé en lui à l’adolescence, devenant durant cette période un grand admirateur de jazz, et plus particulièrement de bebop, genre popularisé entre autres par
Dizzy Gillespie et
Charlie Parker et qui aura une influence notable sur les travaux encore à venir de l’Américain. Autre inspirateur évident du son unique et inimitable de Bacharach : le français Darius Milhaud, que Bacharach eut pour professeur à la Mannes School of Music de New York, et où il perfectionna ses talents de pianiste.
C’est en 1957 qu’il croise pour la première fois le chemin de celui avec lequel il collaborera pendant de longues et fertiles années et qui offrira aux mélodies aériennes et lancinantes du compositeur des textes à leur hauteur, et ce en la personne de Hal David. Ce partenariat artistique ne verra pourtant le jour que quelques années plus tard puisque, entre 1958 et 1961, Bacharach devient directeur musical de la tournée aux Etats-Unis et en Europe de la star américano-germanique
Marlene Dietrich.
Burt Bacharach - Hal David, duo d'orfèvres
1962 est une année faste pour la paire Bacharach-David, leur offrant non seulement leur premier véritable hit commun au Top 40 US avec
"The Man Who Shot Liberty Valance", mais aussi et surtout la rencontre de leur muse pendant les dix années qui vont suivre, Dionne Warwick. Le trio, en plaçant pas moins de 20 singles dans le Top 40 durant la période 1962/73 (dont l’inoxydable et ultra-plébiscité
"Walk On By"), connaît ainsi une période glorieuse, tant l’alchimie entre les trois esthètes semble fonctionner à merveille. L’aventure entre Bacharach, David et Warwick se finira piteusement devant les tribunaux, chacun poursuivant les deux autres, sonnant par là même le glas de leur pic artistique respectif.
Dans le même temps, le binôme Bacharach-David travaille, avec une régularité singulière dans la qualité des compositions, pour d’autres, tels
Tom Jones, Dusty Springfield ou encore B.J. Thomas, chacune de ces collaborations se finalisant par un succès commercial. Bacharach se tourne également vers la composition de musique de film, œuvrant notamment pour celle de
Casino Royale,
What’s New, Pussycat ? ou celle de
Butch Cassidy and the Sundance Kid, dont la chanson phare
"Raindrops Keep Falling On My Head" permet à son auteur de rafler deux Oscars.
Aujourd’hui encore, le nom de Burt Bacharach est inextricablement lié à ceux de ses deux acolytes, tant leur association demeure pour un nombre certain de critiques musicaux comme emblématique d’un âge d’or de la pop-music, celui des 60’s, où les grands esprits créatifs d’alors semblaient se faire une gageure d’allier qualité et succès commerciaux.