His mama told him someday he would be a man,
And he would be the leader of a big old band.
Many people coming from miles around,
To hear him play his music when the sun go down,
Maybe someday his name would be in lights,
Saying Johnny B. Goode tonight. ”
Il passe son enfance baignée par la musique gospel dans un quartier noir de Saint Louis dans le Missouri. Adolescent il imite ses idoles stars du blues
Nat King Cole,
Louis Jordan et
Muddy Waters et rêve de pouvoir, un jour prendre leur place sur scène. Bien que n’étant pas issu d’un milieu particulièrement défavorisé, celui qui se fait désormais surnommer Chuck cumule les mauvaises fréquentations. Ce qui devait arriver arriva, en 1944 il est arrêté pour vol et agression, il écope de trois années de prison.
Une fois libre il arrondit ses fins de mois en travaillant pour General Motors mais il ne songe qu’à se lancer dans la musique. Il se procure une vieille guitare d’occasion et un magnétophone pour immortaliser ses premiers morceaux. En 1952, Chuck joue dans un club de Saint Louis et fonde le Chuck Berry Combo. Trois années plus tard il rassemble ses économies et se rend à Chicago pour assister aux concerts de plusieurs bluesmen dont
Muddy Waters. A la fin de l’un d’entre eux il parvient à glisser deux mots à ce dernier et lui demande où enregistrer ses chansons. Waters lui indique la maison Chess Records à qui il soumet bientôt un démo.
Leonard Chess, boss du label est séduit. Le 21 mai 1955 Chuck Berry enregistre ses premiers titres « Wee wee hours » et « Ida red » qui, une fois rebaptisé « Maybellene » devient un véritable succès pointant à la cinquième marche du Billboard. Deux mois après le « Rock around the clock » de Bill Haley, un nouveau hit rock vient secouer les pistes de danse et fatiguer les juke-box. Ce tube lui vaut de signer un contrat de trois ans pour Chess Records et de partir pour une tournée où il dévoile au public son célèbre pas : le « duckwalk » (la marche du canard). Entre 1956 et 1959 il enfile les tubes comme des perles avec successivement « Roll Over Beethoven », « Memphis Tennessee », « Rock and Roll Music », « Sweet Little Sixteen », et l’inoubliable « Johnny B. Goode » véritable hymne du rock’n’roll qui sera même envoyé dans l’espace en 1977 par la sonde Voyager 1.
Alors à l’apogée de sa gloire, la justice le rattrape en 1959. Berry est condamné à cinq ans de prison pour avoir enrôlé une jeune fille apache de 14 ans dans la boîte de nuit qu’il vient de monter à St. Louis, le Berry's Club Bandstand. Il est libéré au bout de deux ans, son image est ternie et avec elle celle du rock’n’roll, mais il parvient à sortir la tête de l’eau en sortant deux hits «
No Particular Place To Go » et «
You Never Can Tell ». Les groupes émergeants de la nouvelle génération,
The Rolling Stones et
The Beatles en tête recyclent à gogo son répertoire. La relève est assurée. En panne d’inspiration, Chuck Berry se fait de moins en moins productif dans les années 70 naissantes.
Devant l’immense succès remporté par ses contemporains venus d’Europe, il continue à tourner en se contentant d’interpréter ses vieux standards. Une histoire de gros sous lui vaut en 1979 un nouveau passage en prison de quatre mois. A sa sortie il lance son dernier album en date
Rock it. Depuis, Chuck Berry gère tranquillement sa fin de carrière, entre les concerts qui lui rendent hommage et son restaurant de Wentzville. A maintenant 80 ans, celui qui aurait pu lui aussi être appellé le « king » aura laissé une trace indélébile dans l’histoire de la musique.
John Lennon a même dit à son propos : «
Si vous essayez de donner un autre nom pour le rock’n roll, vous devriez l’appeler Chuck Berry ».