Artisan d’une pop raffinée et aérienne, le trio Cocosuma œuvre depuis 2001 dans une confidentialité assez surprenante, en vue du succès rencontré par les autres orfèvres de la légèreté, comme les précurseurs
Saint Etienne ou Ivy, voire même des franchement moins bons Zero 7.
L’histoire débute à Paris, lorsque Jen. H.K., Fat Chimo du Japon et Chab the Jab décident de fonder Cocosuma, par amour pour les chansons éthérées et les mélodies ensoleillées et diaphanes. Leur premier album, sorti en 2002 et malicieusement intitulé
I Refuse to Grow Up, traduit parfaitement cette passion de la flânerie pop : musique de chambre maniant dans son vocabulaire musicale aussi bien les beats rebondissants de
De La Soul que l’élégance voluptueuse d’un
Burt Bacharach. On rapprochera souvent ce premier opus avec le
Since I Left You des Néo-Zélandais de
The Avalanches, tant l’usage du sample y est fait avec la même malice et la même inventivité.
Malgré le joli succès d’estime que rencontre
I Refuse to Grow Up dans la presse spécialisée française, Jen. H.K. quitte l’aventure peu après la sortie du disque ; elle sera alors remplacée par Kacey, jeune Suédoise résidant à Londres. Deux albums seront réalisés avec la nouvelle chanteuse,
Reindeer Show the Way (2004) et
We Were a Trio (2005), qui elle aussi abandonnera Fat Chimo et Chab à leur sort, malgré les éloges faites aux deux opus par une presse unanime, saluant une nouvelle fois cette pop lumineuse et érudite. Ce départ brutal, alors que le groupe était en plein enregistrement de leur troisième album, frappa durement les deux rescapés du groupe, incapables de pouvoir défendre
We Were a Trio sur scène, alors que le groupe profitait du succès de la série
Clara Sheller, qui utilisait une chanson du groupe (
"The Servant") dans son générique.
Cocosuma finira éventuellement par se relever, l’Anglaise Amanda venant intégrer le groupe, et sortira un nouvel opus,
We'll Drive Home Backwards, début 2008. Malgré les louanges adressées par la presse française à chaque nouvelle parution d’album, Cocosuma n’est toujours pas parvenu à s’exporter, tout comme il n’arrive pas à susciter un engouement auprès du public hexagonal.