Déjà DJ's, les deux compères Jonathan More et Matt Black émergent en tant que Coldcut au milieu des années 80. Ils produisent dans leur coin mais se font surtout connaître en remixant les "stars" de l'époque : Yaz, Lisa Stansfield, Junior Reid, Blondie, Eric B. & Rakim et Queen Latifah.
Mais ce qui les intéresse vraiment, ce sont les rythmes urbains : breakbeat, dub et jungle en tête. C'est dans cette veine qu'ils produiront leur premier EP "Hey, kids, what time is it?" qui sort en 1987. Le titre est un succès qui leur ouvre les portes de la radio : ils créent la désormais célèbre émission "Solid Steel" (nom maintenant repris pour les soirées du label Ninja Tune) sur la radio pirate Kiss FM.
Non contents de maîtriser les samples et l’antenne, Jonathan et Matt montent leur propre label au début des années 1990, qu’ils appellent Ninja Tune. Cette envie de mettre en place leur propre structure a été concrétisée lors d’un voyage au Japon, d’où le nom de baptême du label, désormais mythique et principal fournisseur en talents frais de la scène électronique mondiale.
Leurs différentes activités pour la radio et le label vont amener les deux musiciens à mettre parfois la carrière de Coldcut entre parenthèses pendant quelques temps. Néanmoins, après la parution de « What’s that noise ? » en 1989, un premier véritable album qui fait beaucoup parler de lui, le duo revient en 1993 avec l’album "Philosophy", et cartonne quatre ans plus tard avec "Let us play", notamment grâce aux titres " Space Journey" et "More Beats And Pieces". En 1999, Coldcut est de nouveau dans les bacs avec l’album de remixes "Let us replay".
En 2006, Coldcut revient, après des "vacances" plus que prolongées avec "Sound Mirrors" auquel ont collaboré les illustres
Roots Manuva et Saul Williams. Naviguant toujours entre l'électro, le hip hop, le rock et la folk, les deux ninjas se font un peu plus pop ("Walk a mile") mais impressionnent encore par leur inventivité et leur audace. En somme, Coldcut démontre à la nouvelle génération électronique que l’innovation est possible, même après vingt ans de carrière.