Coleman Hawkins est considéré comme le premier grand saxophoniste de l'histoire du jazz. On peut dire que John Coltrane et Sonny Rollins lui doivent tout. Il fut celui qui marqua le pas vers un jazz hot plus dynamique et sera à l'origine de la première avant-garde, le bebop. ”
Né en 1904, le petit Hawkins montre très tôt ses facultés de musicien. En 1922, la chanteuse de blues Mamie Smith a le nez fin en le remarquant et l'engage momentanément dans le groupe Jesse Stone and his Blue Serenaders au théâtre de Kansas City, mais elle le débauche bien vite et l'invite à jouer dans son propre groupe Mamie's Smith Jazz Hounds avec qui il enregistrera même quelques disques. Coleman Hawkins les accompagne jusqu'en 1923, époque où il part pour rejoindre le big band de
Fletcher Henderson. Dix années durant, il continuera de jouer dans l'orchestre d'Henderson, mais cela ne l'empêchera pas d'enregistrer en tant que soliste aux côtés de Cotton Pickers et des Mound City Blue Blowers.
En 1934, il part pour l'Europe et y restera jusqu'en 1939. En Angleterre, il rencontre le chef d'orchestre Jack Hilton qui l'engage. Ensemble, ils voyagent et enregistrent à travers tout le continent européen. En 1937, il enregistre avec le fameux
Benny Carter et bien sûr
Django Reinhardt et
Stéphane Grappelli. Mais la seconde guerre mondiale commence et Hawkins retourne abruptement en Amérique. Là-bas, son enregistrement le plus fameux restera le célèbre "Body and Soul".
Passionné par les avant-gardes, Coleman Hawkins louera les services de
Thelonious Monk, au sein d'un quartet en 1944. Il initie au cours de cette session historique, dans laquelle jouait également
Dizzy Gillespie, ce qui deviendra le bebop. Il louera aussi les services des jeunes
Miles Davis et
Max Roach.
En 1946, il enregistre avec J.J. Johnson et Fats Navarro. Hawkins s'adaptait à toutes les innovations. Au début des années 50, il suit les jeunes
Lester Young et
Charlie Parker même si ceux-ci avouent que le style d'Hawkins leur semble un peu désuet. Toutefois Hawkins peut s'adapter à toutes les nouveautés du jazz et il le prouve. Malgré les assertions de Young et Parker, il enregistre au cours des années 50 et 60, avec les plus grands : Eric Dolphy,
John Coltrane,
Duke Ellington et
Sonny Rollins.
Il disparaît en 1969 en laissant un énorme héritage derrière lui.