Crystal Antlers




Après un premier EP, les Crystal Antlers confirment leur talent fou dans Tentacles. Une bombe noise et psychée, défoulante et subtile, intègre et qui mérite de se vendre par palettes de douze. A l'occasion de cette sortie, nous avons échangé quelques mails avec Jonny Bell, le frontman à la voix addictive, qui nous raconte des histoires de ramoneurs, de coupes de cheveux et de cassettes audio.

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Que signifie votre nom, "Crystal Antlers" (NDLR "les cornes de cristal" en français) ?

Jonny Bell : Ça ne veut rien dire de précis, chacun peut l'interpréter comme il veut. Un jour un journaliste belge m'a dit qu'il avait lu dans un livre sur l'interprétation des rêves que rêver de cristal est synonyme de fragilité et que les cornes représentent la virilité...

Et que signifie "Tentacles" ?

J : Je sais pas... Ça veut dire quelque chose de différent à chaque fois que je le chante.

Ikey Morris a produit votre premier EP, mais vous avez choisi d'assurer la production vous-mêmes pour Tentacles. Comment ça s'est passé ?

J : En fait Tentacles n'a pas été produit. C'était juste nous qui jouions live et notre pote Joe Goldring qui enregistrait. On a essayé de conserver un esprit simple et live le plus possible. Tentacles a été enregistré et mixé sur cassette pour éviter de trop dénaturer la musique sous une tonne d'arrangements. On enregistre tout sauf le piano, les bois, les cuivres et un peu de voix, et on essaye toujours d'utiliser les premières prises. Pour Tentacles, on a enregistré l'album en seulement une semaine sans vraiment quitter le studio...

Votre album mélange punk, noise, psyché, rock progressif, mathcore en ajoutant des touches soul ou jazzy, et tout cela semble pourtant parfaitement cohérent à l'écoute. Comment définiriez-vous votre son ?

J : J'essaie de ne pas trop y penser. Chacun peut y voir ce qu'il veut.

En parlant d'homogénéité, on sent vraiment que vous apportez un soin particulier à la cohérence dans l'enchaînement des morceaux...

J : On est un peu impatient lorsque le moment d'écouter les morceaux arrive, alors nous aimons prendre notre temps pour les agencer de la meilleure manière possible, afin que l'écoute de l'album soit la plus intéressante possible. Tout comme Key (NDLR Key = Ikey Morris de The Mars Volta), on prête une grande attention aux changements de rythmes et de tempos. Cela permet de garder un son frais et surprenant. Ceci dit, il ne s'agit pas d'un album concept ou d'un album nécessitant de s'écouter d'une traite. On espère que les chansons sont capables de se suffire à elles-mêmes, mais c'est vrai que lorsque tu écoutes l'album en entier tu comprends un peu mieux d'où viennent les chansons.

Comment travaillez-vous la setlist pour les live ?

J : En live c'est un peu la même idée que pour l'album, mais on mélange les vieux et les nouveaux morceaux ensemble. On prend parfois des bouts de différents morceaux dont l'enchaînement paraît fluide et on les combine pour créer quelque chose de nouveau.

La présence du clavier et des percussions est plutôt originale pour un groupe noise. Comment vous êtes-vous retrouvé avec ces instruments ? Était-ce un choix dès le départ ?

J : Le synthé et la percu sont apparus comme des nécessités plus qu'autre chose. Le synthé est un cadeau de mon ancien patron quand nous travaillions en tant que ramoneurs. C'était un gros fan des années 60 et il essayait de nous faire jouer des reprises de Remains. Finalement, Victor a appris à en jouer (après à peu près un an passé à faire n'importe quoi) et intégra donc le groupe pour y faire les claviers. Damian était notre tourneur et il avait apporté quelques percussions pour jouer un peu dans le van lors des tournées. Lors du premier spectacle à Oakland, je lui ai dit de monter sur scène et de commencer à jouer, ce qu'il continue à faire depuis.

Votre musique semble refléter l'énergie du désespoir. Vous considérez-vous comme des héritiers de l'esprit grunge ?

J : Je pense que nous avons notre propre esprit. Je devrais peut-être me couper les cheveux pour éviter la confusion... En tous cas je n'apprécie pas du tout la notion de "revival".

Quels sont vos projets après la tournée ?

J : Pendant les prochains mois, nous allons beaucoup tourner aux Etats-Unis et en Europe. On travaille actuellement sur un nouvel album et aussi sur la B.O. d'un long métrage qu'on a fait avec Michael Reich de Videothing pendant notre dernière tournée européenne. Le film devrait être fini début 2010.

Camille Verron.

Voir l'interview video d'Oxmo Puccino ; Explorer la galaxie du label PIAS ; Voir le clip du single"Andrew", issu de Tentacles