Nous avons quand même un peu de pression par rapport aux jeunes car nous sommes un peu leurs portes-paroles et ce que nous disons doit être clair afin qu'ils ne l'interprètent pas à l'envers. II y a des artistes qui n'oublient pas ce qu'ils ont fait ou font toujours et ne pensent pas aux répercussions de leurs paroles sur les mômes. ”
Cypress Hill naît en 1988 dans le quartier « chaud » de South Central à Los Angeles. Au départ c’est un quatuor répondant au nom de DVX. Quand Mellow Man Ace le quitte pour partir en solo, le trio multi ethnique composé de Sen Dog, d’origine cubaine, Lawrence Muggerud ou plutôt DJ Muggs, italo-américain et du Mexicain Louis Freese alias B-Real se rebaptise en s’inspirant du nom d’une rue de South Central. Le combo commence à se produire devant un public à dominante latino et enregistre plusieurs démos dont « Phuncky Feel One » et « Trigga Happy Nigga » qui lui permet de décrocher un contrat au sein du label Ruffhouse en 1991. Leur premier album éponyme débarque en novembre de la même année. Atmosphères sombres, humour noir, incursions vers le rock, le disque dépasse largement le cercle des spécialistes du hip hop et la communauté latino : 2 millions de copies sont vendues rien qu’aux Etats-Unis. Rebelotte avec le second opus, « Black Sunday » en 1993. Même recette et mêmes effets pour Cypress Hill, qui retrouve le succès – bien aidé par le single « Insane the brain » - en ajoutant à ses propos une bonne dose d’apologie du cannabis, qui devient l’un des thèmes récurrents du groupe, en plus des histoires de gangsters et compagnie. Le groupe est désormais un poids lourd de la scène hip hop US ce qui lui vaut d’être intégré à l’impressionnant casting de Woodstock 94 et de jouer en première partie de
Rage Against the Machine. Cypress n’est véritablement pas un groupe de rap comme les autres, leur son est toujours le fruit d’une fusion des genres dont une forte dose de rock bien viril, ce qui les amène à collaborer avec des groupes comme
Sonic Youth,
Pearl Jam ou Anthrax. Chacun de leurs albums va plus loin dans le rapprochement rap-rock à l’image de l’album « Skulls et Bones » (2000) qui, après l’énorme succès de « IV » (1998) et son hit « Tequila Sunrise », à été enregistré en compagnie de pointures du métal : Chino Moreno de
Deftones,
Fear Factory, Brad Wilk de
Rage Against the Machine (encore) et Everlast. Résultat : un double cd, l’un avec 11 morceaux de rap hardcore : la face « Skulls », l’autre contenant 6 titres de néo métal bien chargé en testostérone : « Bones ». En 2001, le groupe revient avec un « Stone Riders » plus groovy, plus californien mais l’ensemble déçoit. Du coup Cypress Hill part vers de nouveaux horizons en explorant la musique jamaïquaine : dancehall, dub et ska sur « Till Death Do Us Part » (2004), leur dernier album en date. Comme toute formation mondialement connue qui se respecte, le crew latino sort son petit best of : « Greatest Hits from the bong » (encore une affaire de fumette) en 2006.