Bien que ses premiers amours aient été les
Kinks, les Jam ou les
Specials, Damon Albarn semble plus diriger sa carrière à la manière d’un autre grand,
David Byrne. Véritable hyper-actif, Albarn ne laissait pourtant pas présager un tel plan de carrière, malgré son intérêt précoce pour la musique. Enfant, il apprend le piano et le violon, et compose ses premières chansons. C’est en 1989 que les choses commencent réellement à prendre forme alors qu’il fonde le groupe Seymour avec Graham Coxon et Alex James, puis plus tard Dave Rowntree. Le groupe change son nom en
Blur, et sortent un premier album
Leisure en 1991, surfant sur la vague Madchester. Plus influencés par le pop-rock anglais des Kinks et des
Beatles, le son de Blur se démarque avec
Modern Life Is Rubbish (1993), et connaîtra son apogée avec
Parklife (1994) et
The Great Escape (1995) qui sonneront les heures de gloire de la brit-pop aux côtés d’
Oasis et
Pulp.
Blur prend alors un large tournant avec
Blur (1997), mais surtout
13 (1999) qui marquent des volontés plus ésotériques et expérimentales de la part du groupe, et surtout d’Albarn. A cette époque, Damon Albarn collabore sur l’album éponyme de Deltron 3030, et fait ainsi la connaissance de
Dan the Automator et Del tha Funky Homosapien. Avec son collocataire dessinateur Jamie Hewlett, Albarn fonde
Gorillaz – nommé Gorilla au départ, mais renomé avec le "z" pour faire référence à la faute délibérée dans le nom du groupe
The Monkees – et créent pour cela des membres fictifs : 2D, Noodles, Russel et Murdoc. Adoptant une imagerie de BD, le premier album éponyme
Gorillaz (2001), aux teintes électro, rock, pop et hip hop est un succès, se vendant à plus de 7 millions d’exemplaires. Leur second album,
Demon Days (2005) rencontre un succès encore plus important, remportant par la même occasion cinq Grammy Awards.
Entre temps, Albarn est un curieux insatiable et voyage beaucoup, notamment en Islande où il enregistrera la BO du film islandais
101 Reykjavik, et en Afrique, dont le Mali, où il enregistrera
Mali Music (2002) où il joue entre autres avec
Toumani Diabate, Afel Bocoum et d’autres musiciens locaux. Ces nombreuses expériences auront nettement influencées Albarn, et cela s’en ressentira sur le nouvel album de Blur,
Think Tank (2003), produit par
Norman Cook, et sans Graham Coxon, prié de voir ailleurs. En 2006, un nouvel épisode s’ouvre avec l’annonce d’un supergroupe fondé par Albarn, qui s’associe avec l’ancien bassiste des
Clash, Paul Simonon, l’ex-guitariste de
The Verve, Simon Tong et l’ancien batteur de
Fela Kuti,
Tony Allen, pour former
The Good, The Bad & The Queen. L’album éponyme, produit par Danger Mouse, sort en début d’année 2007 et rencontre un certain succès malgré la conceptualité abstraite de ce rock planant.
Cette même année, Damon Albarn et Jamie Hewlett travaillent de nouveau ensemble, avec le renommé metteur en scène Chen Shi-Zheng, sur l’adaptation théâtrale d’une nouvelle chinoise,
Monkey : Journey To The West. Sur le plan musical, Albarn prévoit de refaire son apparition en juillet 2008, pour la sortie d’un nouvel album mystérieux, sur lequel est annoncé la présence de plus de 100 musiciens, dont un chœur chinois et un orchestre symphonique.