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DJ, producteur electro, label manager et globe trotter, David Carretta est un peu notre Giorgio Moroder, sans la mégalomanie. Rencontre autour de ses diverses activités à l'occasion de la parution de son nouvel album.
Tu es à l'origine du son Gigolo (mix de disco, new wave, techno et EBM). Comment un gars de Tarbes se retrouve impliqué dans l'histoire d'un des plus importants labels electro de Munich ?
David Carretta : Dans la vie tout est souvent une question de rencontres, peu importe l'endroit. J'ai certainement rencontré les bonnes personnes au bon moment et le travail, le feeling, a fait le reste.
D'où te vient cette passion du disco ?
J'ai la passion de la musique en général depuis tout jeune. Le disco fait partie de mes influences au même titre que le reste. C'est un genre incontournable qui a marqué son époque et qui influence encore aujourd'hui beaucoup d'artistes comme on peut le constater avec le retour des pionniers du disco underground. Le disco représente mon coté positif et joyeux alors que la new nave ou l'EBM (Electro Body Music) représente mon coté plus sombre, plus hanté.

Non, j'ai commencé a en écouter au milieu des années 80, dans le sud, bien avant de connaître Peter Wacha de Disko B. Avec des amis nous avions un groupe de musique industriel et d'EBM bien sombre, qui s'appelait Art Kinder Industrie. On jouait en tenue militaire avec des masques à gaz. Le label Disko B n'existait pas, d'ailleurs, à l'époque.
Niveau look, les poils, c'est ton côté gars du sud ou c'est une manière de rendre hommage à la pilosité des grands du disco Moroder, Cerrone etc... ?
Je ne les ai pas rajoutés en cours de route (enfin sauf la moustache, NDA). Les poils, c'est comme ça, on en a, ou on n'en a pas. Moi j'en ai alors j'en profite pour les montrer. Je ne vais pas les cacher quand même !
L'élaboration de ton nouvel album Rodeo Disco ?
Je suis parti assez classiquement d'une feuille blanche, comme d'habitude et après quelques essais plutôt moyens, j'ai fait le morceau "Dance Machine". Ma femme m'a dit : "c'est ça, continue dans cette direction !". Et puis l'inspiration est venue comme dans un scénario avec différentes parties. Les morceaux de l'album se sont succédés et j'ai eu envie de les relier avec des petits intermèdes, comme pour un film.
Il y a une tonalité plus "spacey" sur cet album que sur tes deux précédents, plus cosmic aussi qu'auparavant, qu'en penses-tu ?
Tout a fait, j'ai voulu changer d'univers sur cet album, mais je ne savais pas du tout ce que cela allait donner avant de commencer. Pourtant, une fois parti dans cette direction, j'ai puisé dans mes références cinématographiques, littéraires et musicales favorites. C'est comme ça que c'est devenu de plus en plus space au fur et a mesure que j'avançais. En fait, je me suis vraiment bien éclaté a faire cet album !
Quel est ton opinion sur le retour de la disco underground, la redécouverte de l'italo et du son cosmic aujourd'hui ?
Je trouve tout ça plutôt cool, mais j'espère que ça ne sera pas trop récupéré par le business. Il faut s'en inspirer, c'est formateur, mais ne pas se contenter de copier ces styles sans imagination.
Ne trouves tu pas ironique que beaucoup se soient moqués de l'electroclash qui n'était rien d'autre qu'un mélange plutôt malin de new wave, de techno et de disco, et qu'aujourd'hui ce soit un son qui prédomine ? Finalement 2008 aura été plus électroclash que jamais non ?
Bien sûr, mais je n'aime pas trop cataloguer les musiques, ce n'est jamais très bon. J'essaye toujours de rester en dehors de tout mouvement de mode et de construire mon univers musical, même si je ne peux pas tout contrôler. Le tout c'est de faire ce que j'aime, en restant moi-même. Finalement, quand je regarde en arrière, je pense y être arrivé.
Peux-tu nous parler un peu de ton label Space Factory et des artistes que tu y héberges ?
C'est un label de musique électronique avant tout. Au départ j'ai contacté des amis comme The Hacker, Plastique de Rêve ou Kiko, pour avoir des tracks exclusifs et aussi lancer de nouveaux artistes. Des gens comme Exchpoptrue, Crackdown ou Dancepig. Maintenant nous sommes mieux structurés, je gère ça de chez moi avec Gigi Succes, ma femme, et nous avons aussi un bureau à Paris pour rester en contact avec les distributeurs, la presse et pour la promotion.
Nous sommes présents en digital, en cd mais aussi en vinyl. Nous continuons toujours à en fabriquer car nous aimons ce support. Le vinyl est un bel objet. On peut le collectionner. Nos prochaines sorties sont l'album d'Adriano Canzian et celui de Plastique de Rêve ainsi qu'un maxi de Gesaffelstein, un jeune artiste français très prometteur. Il y aura aussi des remixes de Rodeo Disco par Workerpoor, Romina Cohn et Alexander Robotnik.
Ils sont dj et/ou producteurs, et ils font la musique électro - Lire notre article sur l'électro française à l'étranger
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