Ma mère aime notre musique et mon père est très fier de nous, parce que c’est positif : on dit de bonnes choses et non des bullshiteries. ”
De La Soul naît en 1987, à l’époque où le rap à tendance « gangsta » est en plein essor, que les textes et les productions se radicalisent. Les trois lycéens de Long Island, Posdnuos, Trugoy The Dove et Pace master Mase, élevés dans le Bronx et à Brooklyn prennent la tangente de cette évolution en proposant un rap positif puisant ses inspirations dans la pop, le jazz, la musique psychédélique voire même la folk.
En 1988 ils montent une première maquette et l’année suivante, aidés par le DJ-producteur Prince Paul ils sortent leur premier album « 3 Feet high and rising ». Le disque, sur lequel les De La Soul s’affichent dans un décor coloré, affublés de chemises à fleurs pour parler d’amour et de paix est à mille lieues des conventions du genre et des histoires de ghetto. Bien aidé par les singles « Three, The Magic Number » et « Me, Myself & I » samplant « Knee Deep » de
George Clinton, « 3 Feet high and rising » s’écoule à 100 000 exemplaires, pas mal pour un début.
De plus en plus adulés mais aussi fortement critiqués par la branche conservatrice du rap, les De La Soul reviennent en 1991 avec l’ironique « De La Soul is dead » puis « Buhloone Mindstate », enregistré avec la section cuivres de
James Brown deux ans après, et affirment leur position de groupe hip hop alternatif. De 1993 à 1996 le groupe acquiert une grande reconnaissance, mais les ventes de leurs albums successifs ne décollent pas pour autant, malgré des tubes comme « Ring, Ring, Ring », « Saturday » avec Q-Tip et « 4 More » avec Zhane.
A l’arrivée du troisième millénaire, De La Soul se relance en entamant de fort belle manière la trilogie d’albums (toujours pas achevée à l’heure actuelle) « Art Official Intelligence » avec « Mosaïc Thump » (2000) et les hits d’envergure mondiale : « All Good » avec la star disco Chaka Kahn et « Oooh » en collaboration avec le rappeur du Wu Tang Klan
Redman. Le second volet, « Bionix » sorti en 2001, pourtant de très grande qualité rencontre un succès moindre. Après plus de dix ans d’activisme au sein de leur mythique label Tommy Boy, ce dernier leur propose d’aller voir ailleurs, jugeant leurs ventes insuffisantes.
A l’aube de 2004, le trio se retrouve chez Sanctuary Records, le label de Matthew Knowles, le père de
Beyoncé et lancent, après leur premier best of (2003) « The Grind date », un disque brillant dans la lignée de ce que propose De La Soul depuis 17 ans. A l’heure où j’écris cette biographie, la série « Art Official Intelligence » n’est toujours pas bouclée, en attendant les trois « plugs » se sont rappelés au souvenir du grand public en posant sur le hit de
Gorillaz « Feel Good Inc. ».