Le nom de ce projet mis en oeuvre par Scott Monteith a de quoi intriguer tous ceux pour qui le dub est encore une terre d'aventure sonore. Et avec lui, ils ne seront pas déçu… Cet artiste canadien s'inscrit en effet dans le prolongement des manipulations minimalistes et autres "clicks-n-cuts" chères aux "laptopeurs" pour qui le rythme importe moins que les textures…
Deadbeat a donc réussi à fusionner le dub avec les cliquetis de cette musique fragmentée et "impulsée" par les artistes qui évoluaient dans le giron du label Mille Plateau. Et sous l'influence du groove crépusculaire de Basic Channel / Chain Reaction… Le premier à avoir tenté ce genre de greffe était Stefan Betke aka
Pole.
Leur rencontre était inévitable. Elle eut lieu en 2002, lors du festival Mutek (le grand raout des musiques électroniques de l'Amérique du Nord). Après un premier album paru sur Intr_Version, Primordia, Deadbeat rejoint la plateforme de Stefan Bekte, ~Scape en publiant Wild Life Documentary en 2002.
Selon Scott Monteith, ses compositions relèvent à la fois de l'électronique pure et de l'électro-acoustique, d' «
un processus de création à la fois organique et introspectif qui repose sur une base progressive assez lente ». Dans ce contexte, le dub est aussi un «
flux émotionnel » d'où la nostalgie n'est pas exclue…
Mais sous des dehors ténus, intimistes et fragiles, ce minimalisme dubby ne le dispense pas de poser un regard acéré sur l'actualité : voir les titres "Little town of Bethlehem" et "Abu Graib" sur
New World Observer. Scott Monteith est également impliqué dans d'autres projets avec
Pole sous les initiales D.P. (In
Blue) et avec Stéphane Beaupré dans une veine "abstract-pop-house" via Crakhaus.