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Derrière le pseudonyme de Deadbeat se cache Scott Montheit, qui se construit un univers rien qu'à lui au fil des albums. Avec ce Journeyman's Annual, il retranscrit dans un electro-dub des plus efficaces les voyages qu'il a effectué aux quatre coins du globe. Pour mieux nous tansporter dans son monde, bien sûr.
Montheit a le dub dans la peau. Ses liens étroits avec Pole du label ~Scape et sa collaboration avec Stephen Beaupré sur CrackHause font de lui un des grands pontes de l'électro-dub mondial. Mais ça ne serait pas mérité sans son envie de passer le dub à toutes les sauces : techno minimal ou dancefloor sur Wild Life Documentaries, son très réussi premier album, ambiances roots sur Something Borrowed, Something Blue, son second opus, et trip-hop ou même calypso sur son troisième effort, New World Observer.
Ce n'est pas un hasard si ce quatrième album a encore un titre en rapport avec une vision globale de la planète, puisque Montheit parcours le monde à la recherche de musique nouvelle en exposant aux oreilles de qui veut bien l'entendre son electro-dub depuis plus de cinq ans maintenant.
Pour nous conter ses péripéties de globe-trotter, le canadien s'incline davantage vers le dubstep pour ce Journeyman's Annual, bien qu'il avoue "avoir éprouvé ses premières émotions musicales en découvrant les variations ambient-dub de The Orb, et plus tard, à la techno emplie d'échos de Basic Channel/Chain Reaction". Il prouve encore une fois son attachement à Gaïa avec " No Line On The Horizon. Bref, voilà ">Lost Luggage", "Deep In Country", "Night Train To Paris", "Melbourne Round Midnight" entre autres.
Ainsi le thème du voyage n'est pas qu'un effet d'annonce compris dans le titre et se ressent vraiment dans les basses, aussi lourdes et répétitives que le bruit d'une locomotive en marche. S'ajoute à cela des échos abyssaux des effets de reverbs erratiques, pour un effet "jet lag dub".
On se sent aussi perdu qu'un aventurier en pays inconnu, qui aurait perdu ses repères physiques et temporelles, mais Deadbeat, lui, sait très bien où il va. Dans la jungle mystérieuse de ses instrumentations, il contrôle chaque frémissement sonore et autres bruits étouffés.
Le chemin est parcouru à 2b/h (beat par heure) au début de l'album mais biens vite l'empressement se fait ressentir et la cadence rythmique s'accélère, comme sur "Refund Me", ou "Deep In Country" et nous fait entrevoir des décors plus urbains empreints de dubstep ("Turbulence", "Gimme A Little Slack"). Du bon gros son donc, qui donne envie de rester chez soi pour s'évader un petit peu, avec un casque sur les oreilles ou avec des basses emplissant la pièce.

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