Un peu comme les stars américaines, Dennis Brown a commencé très très jeune. Né en 1957 à Kingston, en Jamaïque, il effectue ses premières prestations à 9 ans ! Evidemment, Dennis "Emmanuel" Brown est vite cornaqué par l'incontournable Clement Coxsone Dodd pour qui il signe son premier album sur Studio One,
No Man Is An Island. Ce sera aussi son premier tube, il a alors 12 ans. Et la pochette de ce disque nous montre un jeune black endimanché, aux cheveux courts… Le Dennis Brown tel qu'on le connaît, dreads aux vents et pétard à la bouche, apparaîtra au milieu des années 70s. Il aura, auparavant, travaillé avec
Joe Gibbs,
Bunny Lee, Errol Thompson… Et beaucoup avec
Niney The Observer (cf.
Deep Down en 1974). Ce qui ne l'empêche pas de continuer d'assurer les vocaux pour d'autres groupes comme les Fabulous Falcons et
Soul Syndicate en marge de sa carrière solo.
Sa renommée commence à s'étoffer avec
Just Dennis, un album publié chez Trojan. Dennis Brown s'y affirme comme un chanteur de premier plan au point de recevoir, quelque temps après, un "brevet" de référence de la part
Bob Marley himself… Flabba Holt, Bubbler,
Sly And Robbie, Barnabas et une toute une cohorte de musiciens, ingénieurs du son et producteurs assurent au mieux l'intendance sur ses nombreux singles (cf. l'anthologie
The Promised Land 1977-79 sur "
Blood & Fire") et albums (
Visions,
Joseph's Coat Of Many Colors,
So Long Rastafari,
Words Of Wisdom, etc.) qu'il dispensera dans la 2ème moitié des années 70s. Dennis Brown est alors à son zénith. Il connaît aussi le succès dans des tournées européennes immortalisées par le
Live At Montreux, en 1979, où il interprète notamment ses titres-phares :
"So Jah say",
"Wolves and leopards",
"The Drifter",
"Money in my pocket", etc. Il crée aussi son label DEB Music. Mais les années 80s pointent leur nez. Une nouvelle génération voit le jour. De nouveaux instruments, aussi. Et par conséquent un nouveau son, plus digital, qui fait vieillir prématurément les partisans du reggae-roots… Comme d'autres vétérans, Dennis Brown marque le pas. Pour autant, il se produit toujours en concert et sort des disques fort honorables (cf.
Revolution,
Slow Down,
Brown Sugar,
Exit…), parfois en forme de "clash" (
Wild Fire avec
John Holt,
Judge Not avec l'autre roi du lovers,
Gregory Isaacs,
Super Stars Meet avec
Horace Andy)
Les années 90s se partagent également entre de nombreux albums-studio (
Go Now,
Over Proof,
Beautiful Morning,
Cosmic Force,
Blood Brothers,
Temperature Rising,
Believe In Yourself, etc.), des confrontations (
Giants avec
Freddie McGregor,
Party Time encore avec
John Holt en 1994,
And Friends avec
Sugar Minott,
Hotter Flames avec Frankie Flames), des concerts (
Live In Montego Bay) et un rapprochement avec la mouvance dancehall :
Three Against War et avec
Beenie ManTristan Palma,
Blazzing avec
Shabba Ranks,
Cocoa Tea, etc. Cette liste se serait sans doute encore allongée si Dennis Brown n'avait trouvé la mort prématurément et brusquement en juin 1999. À défaut de fleurs, il a sûrement été enterré avec sa couronne de Prince du reggae…