Diabologum naît en 1990, lorsqu’à Toulouse quatre amis, à savoir Michel Cloup, Arnaud Michniak, Anne Tournerie et Pierre Capot, décident d’enregistrer chez eux une maquette qui convaincra par la suite Vincent Chauvier, fondateur du vénérable label Lithium, de signer le groupe. Passionnés de musique, la bande s’en tenait jusque-là à animer une émission de radio, « Infra », où tous les genres avaient droit de passage : rock, electro, jazz, musique concrète, exposant même à l’occasion des collages sonores de leur propre cru.
Leur entrée dans le monde de la musique est officialisée en 1993, avec la sortie de
C'était un lundi semblable aux autres..., premier album éclaté où se croisent Beach Boys,
Nirvana, néo-folk et
David Lynch (un dialogue extrait de
Sailor et Lula étant utilisé sur la chanson
"Sticky hair-pin"). Salué par la critique, ce coup d’essai vaut toutefois un groupe le qualificatif « intello » : trop cérébral, ne sentant pas assez la sueur,
C’était un lundi… péchait par ésotérisme assumé.
Le goût du jour, deuxième ouvrage de Diabologum, traduit la volonté du groupe de s’adresser à un plus grand nombre, lissant la forme mais gardant intact le fond, toujours aussi moite, sombre et contemporain que sur le précédent opus.
Une tournée suit la sortie de l’album, permettant au groupe de consolider son image ténébreuse, chacune de leur prestation se noyant sous un flot de larsens et de brumes. S’ils sont déjà considérés comme une formation très en vue de l’Hexagone, la sortie de
#3en 1996, va définitivement transférer Diabologum dans une autre dimension. Audacieux et déroutant, déchaînant les passions dans la presse spécialisée, acclamés par les uns, assassinés par les autres (on se souviendra de la violente chronique de Rock&Folk, le journaliste Alexis Bernier concluant son papier par un cinglant :
« Les Diabologum ne sont rien et leurs zélateurs moins que rien. »), ce disque marquera les esprits par sa modernité et sa radicalité, la noirceur de ses textes, de ces paroles plus parlées que chantées…
Parfait complément aux romans de
Houellebecq sur l’état de désespérance régnant sur cette fin de siècle,
#3 sera l’apogée et l’acte final de la carrière studio de Diabologum, le groupe se dissolvant en 1998, Cloup et Michniak, les deux moteurs de la formation, allant chacun monter un projet de son côté, respectivement Expérience et Programme.