Didier Bourdon s'est fait connaître de la France entière en devenant l'un des membres du trio comique culte Les Inconnus. Né à Alger, sa famille s'expatrie en France durant son enfance. Très tôt passionné par le théâtre, il commence à monter quelques pièces avec ses amis au collège avant d'intégrer le Conservatoire et de faire diverses apparitions sur scène vers la fin des années 70. En 1982 il débute sa carrière au café-théâtre puis intègre la fine équipe du Petit théâtre de Bouvard où il fait la connaissance de
Pascal Légitimus et
Bernard Campan (ses futurs compères) ainsi que
Smaïn et Seymour Brussel. Parallèlement il fait ses premières apparitions au cinéma dans
Les Chômeurs en folie (George Cachoux, 1982) ;
S.A.S. à San Salvador (1983) du chef opérateur de la Nouvelle Vague, Raoul Coutard ; ou encore
Le Sang des autres (1984) de
Claude Chabrol. En 1985, la joyeuse bande qui s'est réunie chez Bouvard participe de concert au
Téléphone sonne toujours deux fois (Jean-Pierre Vergne), une comédie loufoque et absurde non dénuée de moments hilarants. Mais la carrière de Didier prend un vrai tournant en 1986 lorsque le producteur Paul Ledermann lui propose de former un trio avec Campan et Légitimus, Les Inconnus.
Le succès sera celui que l'on connaît, les trois zigotos feront rire la France entière avec leurs spectacles et bientôt leurs émissions télés aujourd'hui encore cultes. Tout le monde se souvient de leur parodie de clip de rap chez les bourgeois à Neuilly ou de leur pastiche de Bioman et autre quotidien d'un commissariat. Fort de ce succès, la petite bande se retrouve rapidement propulsée sur grand écran dans
Les trois frères (Bourdon/Campan, 1995) qui fatalement remporte un joli succès en salles malgré une inspiration ostensiblement à la baisse. Deux ans plus tard, Bourdon et Campan, sans Légitimus (le trio étant officiellement dissout) se mettent en scène dans
Le Pari (1997), une comédie autour de deux beaux-frères se lançant le pari de ne pas fumer durant 15 jours. Même moindre, le succès est encore au rendez-vous. En 2000 Bourdon se lance à la réalisation en solo en mettant en scène
Bernard Campan dans
L'extra-terrestre. Peut-être le film de trop car nettement moins inspiré, le film se fait laminer par la critique et s'avère être un échec commercial. Pour compenser et renouer avec le succès en faisant vibrer la corde nostalgique, le trio se reforme alors pour
Les Rois mages (Bourdon/Campan, 2001). Hélas la sauce ne prend plus, on rit très peu dans cette comédie qui semble s'être montée à trois un peu par opportunisme.
Didier met alors brièvement entre parenthèses ses velléités d'auteur/réalisateur pour se consacrer à sa carrière de comédien. On le voit dans
Fanfan la Tulipe (Gérard Krawzyk, 2003) aux côtés de
Vincent Perez, puis il revient à la réalisation avec la comédie
7 ans de mariage (Id) avec
Catherine Frot. Pour la première fois aux commandes d'un film sans Inconnus au casting, Bourdon livre un film drôle, tendre, caustique et parfois pertinent. L'année suivante, il partage l'affiche de
Madame Edouard (Nadine Monfils, 2004) avec
Michel Blanc, puis devient le héros de
Vive la vie (Yves Fainberg, 2005) où il joue un patron en pleine crise existentielle. En 2006, il rejoint le casting de l'injustement mésestimé
Une Grande Année de
Ridley Scott dans lequel il joue une partie de tennis mémorable face à
Russell Crowe ; puis passe à nouveau derrière et devant la caméra pour
Madame Irma (2006), une satire sociale peu inspirée où il fait équipe avec Pascal Légitimus.. En 2008 enfin il campe l'un des héros de
Bouquet final, premier film du scénariste Michel Delgado, auteur de quelques nanars mémorables tels que
L'enquête Corse ou
L'auberge rouge. Bourdon est également au casting de
Bancs publics (Versailles rive droite) de
Bruno Podalydès (Id), en compagnie d'une liste hallucinante d'autres comédiens célèbres.