Au départ, Digidub était le cri de ralliement d'un collectif informel regroupant Maxine Madness, Mashed, Mudskipper, Conjonctions, L.S.Diezel et Launch DAT. Soit une cohorte de musiciens bien allumés qui dispensait une mixture de dub lézardé de breakbeats, de samples et d'electronica comme seuls les Londoniens, nourris de toutes les influences musicales de ces 30 dernières années, peuvent le faire.
Un recueil intitulé
10th Millionth Of An Inch paru en 1995 sur le défunt label allemand Incoming!, qui se donnait pour tâche de cartographier le dub dans ses versions électroniques, montrait la diversité de leurs approches. La même année paraissait 2001-2008 : un album futuriste, déjà en prise sur la drum-n-bass, signé Transcend sur N-Tone, sous-division expérimentale aujourd'hui disparue de Ninja Tune.
Seuls quelques initiés firent à l'époque le rapprochement entre Transcend et le sound-system de DigiDub, LSD Zoo. Une redoutable machine de guerre sonore : les lascars utilisaient alors un tronçon d'oléoduc en guise de générateur d'infrabasses… Les choses finissant par se décanter, une figure émergea au milieu de tous ces activistes : Lee Berwick à l'oeuvre derrière la plupart de ces pseudos et projets (cf.
Five Years Of…).
Ensuite, le nom de DigiDub est directement associé à celui de Lee Berwick qui continue d'explorer le dub dans des "versions" downtempo et accidentées. De remixes (pour
Funki Porcini en 2003, par exemple) en collaborations (avec le Fairshare Unity Sound System et la chanteuse Helen McDonald dernièrement); tout en concevant la bande son d'une compagnie de danse suédoise contemporaine (Su-En Butoh) ou accumulant des
fields recordings pour des installations (
Yatra, Slice)…