Django est un musicien extraordinaire, un improvisateur de génie, un virtuose incomparable. (Jean Cocteau) ”
Originaire d'une famille de musiciens manouches d'Europe centrale, Jean Baptiste Reinhardt, dit "Django", est né en 1910 à Liberchie en Belgique. Dés son plus jeune âge, Django présente un don saisissant pour la musique. Enfant déjà, ses prestations au violon éblouissent. Mais Django gagne réellement sa réputation de virtuose au banjo et à la guitare. Sa carrière commence très tôt, au sein de l'orchestre familial. Il enregistre son premier disque à 18 ans. Sur celui-ci on peut lire : "Jiango Renard, banjoiste". Malgré cette erreur typographique, le succès lui sourit rapidement. En 1929, Django Reinhardt est sur le point d'être engagé par le chef d'orchestre britannique Jack Hylton, le destin en décidera autrement. La veille de son départ, il est grièvement blessé dans l'incendie de sa roulotte, qui lui meurtrit la main au point de l'empêcher de jouer pendant 18 mois. Persévérant, après un long traitement, Django réapprend à jouer avec une main gauche en partie paralysée et seulement 2 doigts ! Ce jeu de guitare révolutionnaire restera, pour la postérité, comme le "style Django". A ce moment, le musicien abandonne définitivement le banjo pour une Selmer Maccaferri, guitare devenue mythique, construite dans les années 30 par Mario Maccaferri sous license Selmer, qui entrera avec lui dans la légende. A sa sortie de l'hôpital, en 1930, le monde de la musique s'est internationalisé, le jazz arrive en France et la guitare trouve enfin sa place au sein des orchestres. Au même moment, Django découvre les enregistrements de
Duke Ellington, Eddie Lang et
Louis Armstrong, c'est la naissance d'une vocation. Il jouera le jazz à la guitare ! A partir de 1931, accompagné du violoniste autodidacte
Stéphane Grappelli, Django Reinhardt prend l'habitude d'improviser sur les standards du jazz de l'époque. Les deux musiciens se trouvent malheureusement en butte à un problème technique. Leurs instruments correspondent mal au volume sonore imposé par les cuivres et la batterie des orchestres de jazz. Pourtant Django et Grappelli souhaitent réellement interpréter le jazz à leur façon. Pour se faire, ils ont besoin d'une nouvelle formule. Ils décident alors de monter leur propre quintet, le Hot Club de France, dont la rythmique était composée d'une contrebasse et de deux guitares pour l'accompagnement. De cette structure originale va naître une musique novatrice qui étendra son influence aux quatre coins du monde. En 1934, ils testent cette formation et enchantent les spectateurs de l'Ecole Normale de musique. C'est le succès ! Django Reinhardt et Stéphane Grappelli réussissent leur pari : créer un jazz foncièrement européen. Ils se font rapidement une réputation outre-Atlantique et leur virtuosité, alors bien supérieure à celle des musiciens américains, sera même une influence pour les jazzmen des Etats-Unis. Ils joueront avec
Coleman Hawkins,
Benny Carter et Bill Colemans. En 1946, Django partira même aux Etats-Unis et se produira en compagnie du grand
Duke Ellington. Django Reinhardt sera de tous les mouvements. Il interprétera le swing, mais aussi le bop. En 1953, il enregistre son dernier disque avec Martial Solal. Django s'éteint brutalement le 16 mai 1953, emporté par une congestion cérébrale. Un grand guitariste de jazz disparaît.