| . | Entretien avec Chris Garneau |
| . | Entretien avec Do Make Say Think |
| . | Entretien avec Air |
| . | Entretien avec Hecuba |
| . | Entretien avec Mayer Hawthorne |
| . | Les interviews Musique |
| . | Les clips à vélo |
| . | Le live sur clé USB |
| . | La nuit parisienne à l'agonie |
| . | Portrait vidéo d'un sosie de Michael Jackson |
| . | Expo Miles Davis en vidéo |
| . | Articles Musique |
Quoi de plus chiant qu'un live sur CD ? Dominique A le reconnaît lui-même et sort Sur nos forces motrices, album live qui redéfinit les règles du genre et le magnifie. Avec ce disque, le chanteur-compositeur transforme l'exercice ingrat et expose son art du live.
Flu : Comment est né Sur nos forces motrices ?
Dominique A : On m'a forcé ! Non, en général les maisons de disques ne mettent pas le couteau sous la gorge pour faire un live. C'est venu progressivement et il y avait toujours cette frustration de ne jamais y parvenir. J'ai essayé plusieurs fois avec des groupes différents, soit l'argent venait à manquer, soit c'était la motivation.
Là, la motivation était plus forte car je travaille sur scène et sur disque avec les mêmes personnes depuis 3 ans en gros. On a développé un son de groupe. Et ce son produisait un effet, qui me plaisait, sur certains vieux morceaux, c'était parfois brut, plus aérien. L'envie était aussi partagée, par le groupe et par les autres personnes avec qui je travaillais, par exemple les salles de concerts.
Au début on a achoppé sur les questions financières, parce qu'Olympic arrêtait mais en même temps ils ont financé le disque, parce qu'on a une relation particulière depuis 15 ans. A priori il y avait une contrainte dans l'idée de resigner avec une nouvelle maison de disques qui est toujours intéressée par un disque studio et non live. Et c'est là que Cinq 7 a pris les choses à rebours en voulant commencer par un live.

Au sujet du public, c'est le grand absent, on l'entend peu, c'est voulu ?
Oui, enfin il fallait qu'il y en ait un peu pour que ça ne soit pas trop morbide. L'idée était d'enlever tout ce qui n'était pas strictement musical ; on a gardé juste une intervention que l'on trouvait marrante. Mon objectif était que les gens qui étaient là ce soir-là, soient moins présents sur le disque.
Entre le concert en lui-même et son enregistrement sur un support, il y a quand même une déperdition au niveau du son ? En studio, quel a été le travail ?
Reproduire le concert en lui-même sur un support, ça a été le travail de Dominique Brusson, l'ingénieur du son. Quand il mixe sur scène il fait énormément de manipulations, il amène des effets, les enlève. Son apport est déterminant pour le son, la musique ; il y a des tas de choses qu'on entend ensuite sur la bande et pas forcément sur scène. Là, le travail a été de recréer tous les effets qu'il envoie, ça a été un pur boulot de mix. Après en écoutant la bande il faut faire abstraction du souvenir du concert. Par exemple, pour le concert de La Rochelle, on avait le sentiment d'avoir joué timidement et en réécoutant la bande on s'est rendus compte que c'était bien joué ; ce qu'on avait juste ressenti comme de l'application ressortait sur bande comme une énergie. Et finalement on s'est dits que c'était peut-être mieux qu'un concert qui aurait été plus généreux sur le coup.
Tes versions live sont très différentes des versions studio. Ce disque est-il une façon de garder une trace un peu moins éphémère de tout ton travail sur scène ?
Oui, le but est de figer le truc et d'inviter à la fête ceux qui n'y étaient pas...enfin une fête, plutôt à la messe on va dire. En faisant ce disque, je pensais beaucoup aux gens qui ne m'ont jamais vu et éventuellement à ceux qui ne m'aiment pas. Je me suis dit que la plupart des gens qui ne sont pas venus me voir parce qu'a priori ils n'aiment pas ce que je fais, pourraient être supris par le son du groupe et réviser leur jugement. C'est très prétentieux, mais si j'avais pas cette prétention, je n'avancerais pas !
Ce live est-il une sorte de best-of ?
Non, pas spécialement, même si j'ai toujours dit que mon souihait c'était d'arriver à un beau best-of un jour. Evidemment je n'ai pas choisi les rogatons, le disque couvre un spectre de ma carrière assez large. Et l'objectif était de faire en sorte de ne pas pouvoir déterminer la période ou de quel album était tiré tel ou tel titre. On peut avoir l'impression que tout provient du même album, parce qu'il y a cette unité de ton donnée par le son du groupe.
Pire/meilleur souvenir de concert ?
En extraire un, dans un sens ou dans un autre c'est un peu dur, parce que des pires il y en a eu plusieurs et des meilleurs aussi. Sur cette tournée, il y a un moment que je cite toujours, un concert très gratifiant et très banal à la fois. On jouait dans un village en Sologne, dans une petite salle avec un public de 7 a 77 ans...on appréhendait assez. Et finalement le public a été très attentif, réactif et à la fin ils étaient tous debout en train de danser. Ils l'ont fait spontanément et ça a été un moment de joie totale.
D'ailleurs tu écoutes des lives chez toi ?
Non. Et justement en le faisant j'ai compris pourquoi c'était chiant.
Qu'est-ce qui m'emmerde dans un live enregistré ? Les applaudissements. Donc ça on peut les supprimer en studio.
Le but de ce projet ca a été d'essayer de contourner un exercice ingrat et d'en faire quelque chose de séduisant. Et j'ai bien aimé cet exercice-là.

Dominique A - Sur nos forces motrices
Chez Cinq 7/Wagram, octobre 2007.
- Exprimez-vous sur le forum Musique - Ecoutez Dominique A sur Radio Flu, Radio Chanson Française - Suivre les fils rock et chanson française sur le blog musique - Consulter le who's who du rock et le who's who de la scène française sur l'encyclo musique - Et lire Nos Petites Histoires de la Musique : Histoire du Rock, Histoire de l'Ambient...
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z