Ebony Bones




C'est pour bousculer sa carrière d'actrice qu'Ebony Thomas fait maintenant de la musique. C'est aussi pour bousculer sa carrière musicale qu'Ebony Bones (son nom de scène) s'est postée à la croisée de la pop, de l'entertainment, de la fête, du punk et de la mode. Du soap opéra à la sortie en juillet de son premier album, portrait de l'artiste.

Que ce soit visuellement, sur cd ou en live, Ebony Thomas se place comme une artiste en mouvement. Autrefois, actrice dans le soap anglais Family Affairs, elle s'est proclamée il y a quelques mois artiste chanteuse sous le nom d'Ebony Bones.

      Ebony Bones

Auteur d'un Bone of My Bones (sortie juin 2009) et entourée d'une bande d'amis qui l'accompagne sur scène, Ebony s'expose comme elle n'avait pas pu le faire auparavant. Energie débordante sur scène, chorégraphies, mélange des genres, Ebony Bones conçoit la musique comme une fête chaotique où se croisent Grace Jones, le Clash... Entre références populaires, inspirations des comic books et à l'avant-garde de la mode, Ebony Bones revient sur sa musique aux airs d'entertainment.

Ebony Bones, c’est comme une nouveau rôle ?

Ce n’est pas vraiment un personnage, non…Je présente au contraire mon aspect le plus authentique avec Ebony Bones. Jouer un personnage dans un show TV, c’est moins personnel, parce que ce sont les scénaristes qui définissent mon rôle, alors que maintenant j’arrive à produire et écrire ce que je fais, à jouer moi même de mes propres instruments, choisir mes propres musiciens, aller sur scène et assurer la performance. C’est plus pertinent pour moi, maintenant, que quand j’étais actrice TV.

Votre chanson "We know all about U" critique la politique sécuritaire anglaise ?

Pas seulement l’Angleterre, je parle du monde, qui devient orwellien. Comme dans 1984 de George Orwell, il faut des cartes d’identité, avoir des idées continuellement, mais ne pas forcément être humain à moins de le prouver avec une photo. En particulier à Londres, on a une obsession avec les caméras de vidéosurveillance. Le citoyen anglais moyen est filmé 300 fois par jour ! C’est ridicule, je ne savais pas ça, et quand je l’ai appris, je me suis dit : comment se fait-il que personne ne le sache ? Hello ! Pourquoi personne n’en parle ! C’est pourquoi j’ai écris cette chanson.

On vous compare souvent à Santogold, pour votre côté cross-over : ça vous agace ?

Je pense que beaucoup de comparaisons entre deux artistes, même s'ils sont de même talent, sont sans fondement. C'est si subjectif, si propre au point de vue d'une seule personne...Ce qui est intéressant, c'est que la comparaison est souvent basée sur le sexe, la couleur de peau, et pas vraiment sur le contenu musical. C'est comme si on écoutait la musique avec nos yeux. La "clash culturel" en musique n'a rien de nouveau. Les Clash l'ont fait en mixant reggae et punk, Prince l'a fait en mélangeant rock et soul...Donc je ne crois pas qu'il y ait ici une nouvelle école. Je pense qu'il y a surtout du journalisme paresseux là-dedans, avec ces comparaisons avec ce qui se ressemble visuellement, et pas avec ce qui est réellement exprimé. Mais je crois que ceux qui vont acheter l'album ne s'y laisserons pas tromper, et se feront leur opinion.

 

Rita Carvalho.