Meet The Eels: Essential Eels 1996-2006 Vol. 1 de Eels



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Gloire au songwriting



La compilation Meet the Eels: Essential Eels 1996-2006 vol.1 est une démonstration de force sans équivalent du groupe Eels. En deux disques remplis à rabords, Mark Everettprouve que tout est bon dans l'anguille.
On avait légitimement fait tout un foin à la sortie du premier album des Eels, en 1996, en portant notamment aux nues le songwriting bizarroïde de son leader Mark Everett, E pour les intimes. Il faut dire que l'album, assez bien représenté ici, reste plus de dix ans après sa sortie, indémodable et l'un des exercices de pop décalée les plus marquants de l'époque moderne. Aveuglé par cette entrée en matière puis éclipsé par les dépressions bien réelles de leur meneur, l'accueil critique des Eels est devenu au fil des années de plus en plus discret et confidentiel. La sortie d'une sorte de Best-of décennal, Meet the Essentials (1996-2006), en 24 titres, vient rappeler à ceux qui l'avaient oublié que la place des anguilles DOIT absolument être réévaluée.

Qu'on se replonge dans les titres les plus connus (le tryptique sacré "Susan's House", "Novocaine for the Soul", "Beloved Monster") ou qu'on réécoute des morceaux moins évidents ("Last Stop : This Town" et sa construction alambiquée, le burtonien "Flyswatter", le triste "It's A MotherFucker" et ses 2 minutes 10 de mélancolie, le sautillant et extrapur "Fresh Feeling" ou encore l'énergique "Saturday Morning"), on est frappé par la virtuosité musicale d'un groupe qui évolue dans à peu près tous les registres rock-pop sans jamais perdre son identité et son inspiration. La poésie de E est aussi habile que les meilleurs twists d'un Babybird, suscitant l'émotion autour de "petits faits vrais" qui transforment la réalité en une bizarrerie faite d'accidents, d'épines dans le pied et déceptions.

Les chansons d'Eels finissent et commencent mal en général mais sont des chansons qui font systématiquement lever les yeux au ciel et toucher des oreilles un monde (musical) meilleur. L'équilibre entre le clavier omniprésent et la section rythmique (impeccable tout du long et qui donne au groupe sa dynamique si particulière, cette impression de s'épancher sans jamais s'étaler) est un miracle de positionnement sur chaque morceau. On pourrait passer trois pages à aligner les titres marquants de "Love of The Loveless" au magnifique "I Need Some Sleep"...

 

Cette double livraison place les anguilles quelque part entre XTC, Felt et les... Beatles sur la carte de la pop moderne, soit, avec Grandaddy peut-être et les Beach Boys, le meilleur groupe de vraie pop américaine jamais né et pas encore mort.

 


 

Benjamin Berton Le 23 January 2008

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