Mon album est sinistre, inaudible et chiant : c'est mon meilleur. ”
Héros et héraut de la pop à la Française, Etienne Daho a su imposer dès le début des années 1980, un style unique.
Né en 1957, il vit à Oran en Algérie jusqu'à six ans, partagé entre l'insouciance d'une enfance en bord de mer, et l'abandon de son père. Il écoute en boucle
Françoise Hardy et
Sylvie Vartan, avec lesquelles il chantera souvent durant sa carrière. En 1965, la famille emménage à Rennes. Il découvre alors les Rolling Stones, les
Kinks, le
Velvet Underground,
Lou Reed,
David Bowie,
Brian Eno. Un séjour à Londres à 19 ans confirme son amour pour le rock et le punk, alors en ébullition. Il arrête ses études d'anglais et d'arts plastiques pour se consacrer à la musique.
C'est lors des Transmusicales, dont il connaît le fondateur, qu'il fait ses premiers pas sur scène en 1979 et 1980. Entre les deux fils dénués de la dynamo, puis entouré des musiciens du
Marquis de Sade. Sa maquette enregistrée avec l'aide de
Franck Darcel du groupe pré-cité est repérée par Virgin. Son premier album
Mythomane, produit par
Jacno, sort en décembre 1981 : critiques excellentes, mais succès confidentiel. Il faut attendre l'opus
La Notte la Notte, sacré disque d'or en 1985, pour conquérir le cœur du public. Son premier tube est
"Tombé pour la France".
L'année 1986 voit la naissance de la "Dahomania" : le chanteur devient l'emblème de la mouvance. Son album
Pop Satori, enregistré à Londres réaffirme son talent, ainsi que
Pour nos vies martiennes en 1988. Dans la même période, il joue dans un film d'
Olivier Assayas,
Désordre, produit de nombreux artistes tels Les Valentins,
Sylvie Vartan et
Lio, et chante en duo avec
Al Green et Chris Isaacs. Il part enregistrer
Paris ailleurs à New York, sacré disque d'or avant sa sortie, puis disque de platine (500 000 exemplaires). L'album marque un tournant dans sa carrière : un disque d'amour, autobiographique. Les critiques, dithyrambiques, n'hésitent pas à le comparer à un nouveau
Gainsbourg. En 1992, il mène le projet
Urgence, un album au profit de la lutte contre le sida qui réunit
Jean-Jacques Goldman,
Michel Jonasz,
Francis Cabrel…
En 1994, il produit
Faux témoin, l'album de
Jacno qui fut son premier producteur, puis celui de
Brigitte Fontaine Genre Humain, et écrit un duo pour
Jacques Dutronc (
Tous les goûts sont dans ma nature). Avec le mini album
Reserection, il répond à une rumeur qui affirme que le chanteur serait malade du sida. Parmi les cinq titres, on en trouve deux en Anglais
'Accident' et
'He's on the phone' qui font fureur outre-manche, où Daho passe alors le plus clair de son temps. A 40 ans, il sort l'album
Eden, synthèse réussie entre jungle, pop et bossa nova, sur lequel chantent notamment Astrud Gilberto et
Elli Medeiros.
En 2000, sort
Corps et armes, co-réalisés par Les Valentins, et enregistré dans les studios mythiques d'Abbey Road. Encore un album introspectif, autobiographique, poétique. L'année d'après, il publie un duo avec
Dani sur une reprise d'un inédit de Gainsbourg
"Comme un boomerang". Suit
Réévolution, neuvième album studio, qui confirme la veine exploitée par Daho depuis ses débuts : des thèmes mélancoliques, des harmonies bien pensées et une attitude romantique. En 2002, celui qui incarne le visage de la pop française devient Chevalier de l'Ordre National du mérite.
En 2007, il enregistre un nouvel album entre New York, Londres, Barcelone et Ibiza, et donne naissance à
L' invitation, son neuvième album. 11 titres ensoleillés, emprunts d'une nouvelle spiritualité. L'opus se place numéro 2 des ventes dès sa sortie et devient rapidement disque d'or. Il est nommé aux Victoires de la Musique dans les catégories "Chanteur de l'année" et "Album pop/rock de l'année" qu'il remporte en 2008.