Parmi les tsiganes installés dans les Balkans, au cours d’un périple qui mena les premiers d’entre eux de l’Inde du Nord à l’Espagne, les Roms de Roumanie excellent, comme leurs cousins des pays voisins, dans l’art des fanfares déjantées. Déjantées parce qu’elles jouent, lors des fêtes de village ou familiales, pendant près de 24 heures, à des rythmes infernaux, sans demander leur reste. Déjantées aussi parce que certaines d’entre elles continuent, malgré leur gloire internationale, à se produire à échelle locale. C’est cette « folie » qui respire dans l’album Iag Bari, enregistré en 2001 par la fanfare Ciocarlia, issue d’un village proche de la frontière moldave et réputée pour ses interprétations du répertoire traditionnel comme ses approches d’un monde davantage pop rock.